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Le petit monde de Donald (6) : la tentative ratée et la fille à la chaise

Aujourd’hui, on va rencontrer un personnage bien mystérieux, surgi au sein même de la Maison Blanche en la personne d’une jeune fille se prétendant journaliste, et ayant bousculé toutes les règles élémentaires de communication présidentielle par un comportement outrancier… favorisé par l’équipe de Trump, qui ne respecte rien, on le sait.  La représentante d’une minuscule chaîne câblée devenue depuis quelques mois la préférée de Donald, qui trouve désormais que Fox News n’en fait plus assez à son égard. Cette fille va rester célèbre, c’est sûr, en gardant le surnom de « fille à la chaise ».  Chez Trump, en effet, même quand on n’est pas invité, c’est ainsi qu’on s’impose… en apportant soi-même de quoi s’asseoir !

James O’Keefe

L’un des pires soutiens à Donald, vous le connaissez déjà. Il s’appelle James O’Keefe, je vous ai expliqué qui il était ici-même déjà et quelles méthodes infectes il utilise. Le bonhomme est lui-même absolument infect. Trump a été élu en 2016, et l’une de ses aiguilles dans le pied ce sont les journalistes on le sait… et parmi eux ceux du Washington Post que Trump a en ligne de mire : ils s’intéressent beaucoup à ses comptes bancaires et ses déclarations d’impôts, dont on va peut-être connaître un jour les aboutissants, ce que Donald refuse toujours de révéler. La situation de leurs relations épineuses a depuis largement empiré… Chez O’Keefe une idée de déstabilisation va donc germer. Contre le journal.

L’affaire débute avec une élection cruciale pour le début de mandat de Trump, celle de l’élection en Alabama d’un sénateur, un juge controversé appelé Roy Moore. Ce dernier est un réactionnaire tendance XXL, qui a déjà énoncé que le la criminalité, la corruption, l’immoralité, l’avortement, la sodomie, les perversions sexuelles dévastent notre pays« . Evangélique conservateur, il estime que « l’homosexualité devrait être illégale » et a fait jadis poser devant son tribunal d’Alabama un monument de 2,5 tonnes figurant « Les Dix Commandements  qu’un juge fédéral fera enlever malgré ses cris et ses plaintes. Comme supporter principal, Moore a dégoté … Chuck Nooris : pas sûr que ce soir d’une grande aide. Pour Trump il est indispensable que Moore gagne pour lui conserver une majorité au Sénat. Moore doit reprendre le siège de l’ancien sénateur Jeff Sessions, devenu procureur général des États-Unis dans l’administration de Donald Trump (ils sont très fâchés depuis…).

Au meeting de Pensacola le 9 décembre 2017 c’est en tout cas ce qu’il clame avec sa moue habituelle de gars sûr de lui. C’était sans compter avec le W.Post qui un mois avant les élections balance un dossier à charge terrible sur Moore, qu’il accuse d’avoir agressé quatre femmes dans les années 70, preuves à l’appui  d’attouchements et de comportements déplacés. Elles étaient encore mineures et lui trentenaire. Trump a lui accepté en un premier les dénégations du prétendant au fauteuil sénatorial (en connaisseur de la question ?). C’est alors que l’infâme O’Keefe décide d’agir. Téléguidé par Trump ou son équipe ? On ne le saura jamais, mais c’est bien dans leurs cordes. Son but ? Montrer que l’enquête du W.Post repose sur des « fake news« . Et pour ça en créer une, tout simplement ! Moore lui se défendant en mettant tout le monde mal à l’aise et encore plus Trump, car il cite pour sa défense le comportement de Brett Kavanaugh, dont Trump a à tout prix besoin aussi à la Cour Suprême pour contrôler encore plus le pays… Bref, Moore devient un paria pour tout le monde y compris chez les républicains !

Le 27 novembre 2017, le Washington Post constate en effet qu’une femme avait demandé  à les contacter (par mail tout d’abord) en affirmant que Roy Moore l’avait mise enceinte à l’âge de 15 ans en 1992 et qu’elle avait ensuite avorté.  En somme, une cinquième victime. Ça aurait pu marcher pour cette envoyée déguisée de l’ignoble O’Keefe, mais les journalistes du Post ne sont pas nés de la dernière pluie et ont flairé le piège : l’un d’entre eux a en effet découvert une page du site GoFundMe sur laquelle une personne du même nom que la femme qui s’est présentée chez eux (sous le nom de Jaime Phillips) et qui avait déclaré: « j’ai accepté un emploi pour travailler dans le mouvement des médias conservateurs pour lutter contre les mensonges et les tromperies (sic) du MSM libéral. » Ils filment et enregistrent donc l’entretien avec Phillips (cf ci-dessus à gauche) et retrouvent même des photos d’elle dans un meeting de soutien à Trump-Pence. Elle se fait bêtement pincer aussi sur Twitter avec son compte pro-Trump où elle se fait appeler « J’aime Covfefe”. Pire encore ils découvrent que l’infect O’Keefe avait enregistré sur des répondeurs sollicités un message, se faisant passer pour Lenny Bernstein, reporter au W.Post:  il cherchait des femmes entre 54 et  57 ans pour « nuire », à Moore contre 5 000 à 7 000 dollars.  Un procédé immonde ! Bref, l’opération d’infiltration de O’Keefe avait  échoué !

Devant les preuves accablantes, Trump est obligé de laisser tomber Moore, certain qu’il sera battu, ce qu’il affirme dans deux tweets le 29 mai 2019 même s’il maintient (encore) globalement sa confiance à ce dernier. Celui-ci au lieu de se retirer se maintient. Le résultat final est là : le siège sénatorial envié échappe ainsi aux Républicains pour la première fois depuis 1992. Et O-Keefe a raté son coup ! Trump, depuis, n’a toujours pas digéré la claque mise par le Washington Post :

Chanel Rion

Ici, avec ce personnage, on commence à aborder le pire du pire. Avec une image qui va rester dans l’histoire de la déflagration politique trumpienne ayant amené l’extrême droite au premier plan, à la Maison Blanche elle-même : c’est elle « la fille à la chaise » ici à droite. Une image incongrue et surréaliste ; celle d’une jeune fille repartant de la Maison Blanche avec sa propre chaise, apportée car elle ne disposait même pas d’un siège de correspondant officiel pour poser des questions au Président. Elle est pourtant passée au travers car on l’a laissée faire et laissée entrer, trop content de la voir apparaître en fait. Et quand je dis « on »,  c’est le tout petit cercle autour de la personnalité présidentielle, aussi dérangé que lui. Elle s’appelle Chanel Rion (enfin en ce moment) et si elle amené sa chaise c’est parce que l’association officielle des correspondants de la maison Blanche lui en a refusé une, parmi les bleues attitrées de la salle de conférence journalière de la James Brady Briefing Room,  car elle n’avait pas de carte officielle et avait refusé de respecter les règles de distanciation acceptées par tout le monde sur place. La Madame Sans-Gêne posant alors ses questions directement à Donald Trump, qui la cherchait visiblement du regard sur le côté de la salle, inratable ce jour-là  avec son manteau rouge, où elle s’était réfugiée en paria assumée des autres. Envers elle, le ressentiment a vite été unanime chez les journalistes accrédités : cette fille se comportait surtout comme une mal élevée. On va voir que c’est en effet le cas… sans oublier la nature de ses interventions, plus loufoques que sérieuses ou fort orientées à droite  : elle avait en effet attiré l’attention lorsqu’elle a comparé le nombre de décès par coronavirus au nombre «d’enfants tués par leur mère par des avortements électifs (cf par choix personnel) chaque jour» pour ensuite poser comme question à Trump : «Êtes-vous d’accord avec les États qui placent les victimes de coronavirus au-dessus des avortements électifs ?»…

Rion-Ryan, La fille à papa bouée de sauvetage de Trump

Pourquoi donc est-elle devenue celle que recherche autant du regard désormais Donald ? C’est simple : c’est celle qui va lui poser les seules questions qui ne le dérangeront pas, étant donné que désormais c’est toute la salle qu’il s’est mise à dos en étant odieux, voire raciste ou mysogine avec les correspondants officiels (1). Donald est à bout, à bout d’arguments avec la crise du Covid19 et il a tout prix besoin de bouées de sauvetage pour s’accrocher, et Rion en est une, parfaite pour la TV US, vu son look de mannequin, née d’une mère coréenne et d’un père… texan, et plutôt particulier, disons comme on va le voir. Sa fille qui se prétend du Missouri est née en réalité au Texas, en avril 1990, et elle s’appelle de son vrai nom Chanel Nmi Dayn-Ryan, et non Rion. Pourquoi a-t-elle modifié ce nom ?  Oh, peut être bien pour faire comme son père, par habitude… une particularité familiale en effet.

Celui-ci en effet s’appelle Dann O Ryan, ou Dan Preboth, ou Christopher Preboth, ou Dan Ryan, ou bien Danford Dayn-Ryan, ou Michael David Ryan, David Michael Ryan, ou encore Dann Ryan, c’est selon…. Des changements de noms nombreux qui ne présagent rien de bon, car effectivement, il traîne derrière lui une longue liste d’escroquerie notoires. Il est inscrit, ou sa femme, comme responsable de dizaines d’entreprises dans les deux comtés de Harris and Montgomery Counties, une bonne cinquantaine en tout, toutes enregistrées de façon anonyme dans le Delaware bien sûr. Comme les entreprises d’avions faisant circuler de la cocaïne au Mexique, au Honduras, au Guatemala ou au Belize. Et là, chez lui, la technique était toujours la même raconte ici le site très bien renseigné  bobbycourtlandsykes : « Ryan (ou un associé, parfois Alfred Antononi, surnommé le «seigneur des taudis» de Houston) achètait des appartements bon marché, délabrés, dans des quartiers pauvres et criminels. Ils étaient à peine habitables, souvent vacants et sous séquestre. Beaucoup ont été détruits par le feu ou des dégâts d’eau et condamnés pour démolition par les autorités de la ville ou du comté. Ryan plaçait des annonces pour ces appartements dans des journaux lointains pour attirer des investisseurs peu familiers avec l’immobilier au Texas. Essentiellement, Ryan a agi comme courtier en ventes. Les appartements étaient annoncés à des prix qui étaient généralement plus du double de leur valeur réelle et grâce à de fausses déclarations, de fausses allégations et des omissions de fait, Ryan incitait les gens à les acheter (2). Ryan disait aux acheteurs que les revenus locatifs étaient beaucoup plus élevés qu’ils ne l’étaient en réalité alors qu’en fait, ces propriétés perdaient des dizaines de milliers de dollars chaque mois. Ryan sous-estimait le montant des privilèges et des charges sur les propriétés, de sorte que les acheteurs subissaient des coûts imprévus après l’achat. » Pire encore : les contrats signés cachaient des clauses cachées de réparations à réaliser dans des délais impossibles, vue l’étendue des réparations nécessaires. Si bien que l’acheteur venait à manquer à ses engagements.  La propriété était saisie et revenait à Ryan, qui pouvait recommencer un autre cycle de vente-saisie avec le même bâtiment !!! Effarant ! « Antonini et Ryan ont potentiellement gagné des millions de dollars en effectuant des transferts fictifs à la société de Ryan et un réseau élaboré d’actes de fiducie et de billets hypothécaires » conclut le site. Un père escroc ! Les déménagements successifs qu’a connus Rachel étant ceux pour éviter les poursuites ou le condamnations en changeant d’Etat ! A noter que dans une déclaration au DailyMail, ses changements restent bien flous : Rion a déclaré « qu’elle avait déménagé en France avec sa famille en 1997 ». Or dans un procès des années 1990 au cours duquel son père a été poursuivi par la ville de Houston, celui-ci avait déclaré être resté dans la ville du Texas « en dehors d’un voyage à l’étranger entre la mi-avril 1996 et la mi-août 1996 ». A défaut  de mentir, c’est avant tout une poseuse, reine du selfie qui s’admire pour se regarder dans son miroir moderne.

Rion-Rion (jaune)

Comme fait d’armes, aujourd’hui, elle ne dispose d’aucun diplôme de journaliste et prétend avoir été « directrice artistique » et « illustratrice principale » pour la société Cloverstone Publishing (en fait celle fondée par sa sœur Channing !), dans son site The Left Edge auto-publié.  Des dessins de fort piètre qualité, dignes d’une gamine de 6eme et reprenant les thèmes trumpiens comme « le Pizzagate » ou des attaques contre George Soros, aux traits aux forts relents antisémites, ou des caricatures ratées comme celle de la pétulante Rachel Maddow, présentée comme « bullshevik » au stylisme fort anti-homo !!! Affligeant  en tout, en qualité comme en contenu ! La boîte d’édition elle-même est en fait un fake : « les dossiers de la société montrent que l’éditeur est en fait enregistré à l’adresse d’un magasin d’alimentation asiatique à Springfield, Missouri et a été dissous par l’État du Missouri en 2015 pour avoir omis de déposer un rapport d’enregistrement. Le seul livre répertorié sur le site Web de la société d’édition est un roman semi-autobiographique écrit par le père de la femme, sous le nom de « Dann O Ryan ». » Elle semble avoir hérité génétiquement du don de tout falsifier. Elle semble aussi et surtout bien imbue d’elle-même et de son art puisqu’on la trouve en train d’offrir à une de ses idoles (Steve Bannon, que l’on ne présente pas !) un de ses portaits – pas reconnaissables du tout-, ce qui ne semble pas trop le déranger (ni le ravir non plus). Le portrait, si on peut appeler ça, est visible en plus  grand ici (et il est particulièrement raté) :

Idéologiquement, ces gribouillis, c’est du Tea Party, car elle s’en prend à plusieurs reprises à Mitch McConnell, leader du sénat républicain et allié indispensable de Trump, pourtant. Le gouvernement fédéral est également attaqué en caricature. C’est aussi fort complotiste, comme ici avec l’infortuné Seth Rich, victime d’une cabale de l’extrême droite car il travaillait pour Hillary Clinton (lire ici le récit affligeant). Tout ceci, en tout cas, ne vole pas très haut. L’attaque sur Meryl Streep est déplorable de bêtise crasse , l’affaire Epstein, sujet en or, est l’objet du plus mauvais gribouillis, la presse est vilipendée comme chez Trump, l’un des principaux visés étant le New-Yorker, à savoir le plus intello de tous, révélant en miroir chez son auteur une grande lacune intellectuelle, donc. Le sommet du ratage graphique visant Elisabeth Warren.

Et comme… ça ose tout ce genre de personnage.  Elle se présente sur son site en parlant comme Trump, le fait aussi d’elle à la troisième personne et en s’encensant tout seule : « Chanel est devenue le meilleur illustrateur politique du pays pour les causes constitutionnelles conservatrices et anti-gauchistes et le guerrier graphique le plus fidèle du président Trump contre le gauchisme. Chanel a souvent été décrite comme l’un des « pires cauchemars » d’Hillary Clinton parce qu’elle se présente comme un ennemi féroce de tout ce qui est Clinton, de tout ce qu’est Obama, et comme une ennemie totale et implacable du libéralisme académique de gauche et de la rectitude politique n’importe où – qu’elle est prête à rentrer dedans.  Chanel embrouille l’ennemi, par ce qui peut être une poussée puissante – parfois choquante, toujours articulée – de joyaux linguistiques et graphiques qui frappent au cœur de la folie de la gauche politique ». Cette fille est folle, tout simplement ! La preuve cette phrase extraordinaire un peu plus loin sur certains de ses « ouvrages », indéfinis : « les livres de Chanel, qui contiennent chacun plus de 1000 mots d’aides à l’amélioration du vocabulaire, sont proposés comme formateurs de langues dans des lieux d’apprentissage de l’anglais dans des pays ou c’est négligé, dont la Chine et la Corée du Sud. » Complètement folle ! Elle est fêlée (à gauche elle nous révèle sa deuxième admiration : celle pour Ivanka Trump, celle de droite celle pour Jr Trump)!!!

Plutôt cool, les études !

Qui se ressemble s’assemble, car elle vit avec Bobby Courtland Sykes, qui a tenté de se faire élire au  Sénat en 2018, un macho qui est surtout connu pour avoir attaqué des féministes comme étant «des diablesses« . Son cas est tout aussi étonnant. En fait ils mentent tous les deux sur tout ou presque : lui prétend l’avoir rencontrée au cours de sa dernière année à Harvard alors qu’il suivait un cours non diplômant de l’Extension School.  Une école plutôt particulière : « l’Extension School, fondée en 1910, qui propose des cours dispensés sur le campus de Harvards, souvent par des professeurs de Harvard. Mais les places dans un cours d’Extension School sont loin d’être aussi compétitives, et le processus d’admission est beaucoup moins rigoureux. Alors que le Harvard College a un taux d’acceptation de 4,6%, les cours de l’Extension School sont «ouverts au public et la plupart ne nécessitent aucune demande», selon le site Web de Harvards. Les frais sont toutefois facturés au prix coûtant sans aucune exonération ni réduction. Les cours à l’Extension School peuvent impliquer «l’enseignement à distance», où les étudiants étudient en ligne et n’ont pas besoin d’être sur le campus de Cambridge, Massachusetts« . « Les étudiants des écoles de premier cycle qui terminent leur cours reçoivent un baccalauréat ès arts libéraux en études d’extension (ALB), tandis que les étudiants du plus prestigieux Harvard College reçoivent un baccalauréat ès arts (AB). » Selon le site Web de Harvard, les étudiants de l’Extension School doivent payer l’intégralité des frais et ne sont pas éligibles pour des dérogations ou des réductions. Rion a passé cinq ans à l’école, ajoutant un cours d’études supérieures d’un an à son baccalauréat, et a obtenu son diplôme en 2015. Rion a déclaré que son cours à Harvard était «un diplôme universitaire complet de Harvard» et que «90%» de ses cours étaient «dispensés par des professeurs de Harvard», mais elle a dit qu’elle avait suivi environ 18 mois de cours à distance ». En somme, elle a BAC plus un, comme niveau d’études, et par correspondance : la belle vie que voilà !

Ailleurs , elle a aussi menti sur leur rencontre, affirmant que « The couple met for the first time at a CIA recruitment event at Harvard University ».  Il prétend aussi avoir servi en tant que spécialiste du renseignement dans l’US Navy, « mais les photographies de son uniforme et de ses médailles publiées sur Facebook montrent son grade de maître de première classe, et ses médailles ne semblent pas étayer sa prétention d’avoir servi dans une zone de combat » (en prime ce ne sont pas les mêmes selon les photos !). Tout est étrange dans ce couple, dont on ignore surtout totalement les revenusLui s’annonce comme responsable d’une société très floue appelée Talosorion (Talos-Orion), du type mercenaires, mais annonce dans la presse qu’il n’a encore aucun client et son adresse est celle d’une maison vide à vendre.. comme celle qu’affectionne tant le père de Chanel . C’est une complète coquille vide en effet (4).  Rien n’a été enregistré au Missouri sous ce nom ! Quels sont à partir de là ses revenus ?  C’est le flou total, alors qu’ils affichent un mode de vie dépensier, avec un énorme appartement bizarrement meublé à l’ancienne ; est-ce vraiment le leur, on en doute. « L’absence totale d’informations sur lui avant sa campagne est alarmante et incroyablement suspecte. C’est presque comme si, il y a un an, il n’existait presque pas. Mais c’est une vraie personne humaine, donc cela ne peut évidemment pas être vrai. Quel est le problème ? Les informations disponibles sur Sykes sont rares » écrit Medium en janvier 2018. On retrouve quand même une interwiew qui nous en apprend un peu plus : il affirme ici le 1 août 2018 dans l’émission « Ozarks Tonight » avoir fait parti du « National Security Council Transitional Team » de Trump en 2016, où il « a pu observer ce qui se passait à Washington »… ce qui ne veut rien dire et est invérifiable, ce soir-là par le journaliste. Il y dit aussi que l’argent injecté en Irak n’a servi à rien, puis il glisse sur le thème de l’immigration… où il répète « que l’on a besoin d’un mur » selon lui. C’est flou de partout ! Et que penser donc de ses slogans de campagne (4 ici) qui font tout… sauf politique, et bien davantage produit marketing: jeune couple, aimant les armes à feu, faux cow-boy, se réclamant de George Washington pour pomper les slogans de Donald ;  rien ne tient debout dans cette démarche et ce positionnement ! Comment voulez-vous vendre à des électeurs le couple « maga top fighters » par exemple ?

Plus gênantes pour Sykes sont ses photos avec Steve Bannon, lors de sa campagne électorale ratée, ou pire encore celle où il discute dans le bureau du juge controversé et prédateur Roy Moore (ici  à droite), et sa campagne désastreuse maintenue, qui avait tant excédé toute l’équipe de Trump… Des photos avec Bannon donnent une piste.  Qui se cache derrière eux ? Ou plutôt d’où vient donc leur argent ?

Oh là c’est simple à trouver : Sykes fait en fait partie du « MAGATeam6 » en fait un groupe de collecteurs et de donateurs d’argent destiné à la campagne de Trump. Son responsable (et financier) s’appelle John Krueger, en compagnie d’Adam Gingrich de « MAGA Coalition« … Leur but premier avait été de soutenir Roy Moore, le fameux juge outrancier que Trump avait été obligé de laisser tomber.

Ci-contre à gauche c’est justement Adam Gingrich dans son émission de radio régulièrement avec un compteur pour moquer Jeff Sessions, la nouvelle bête noire de Trump. Le 12 août 2017, MAGA Coalition avait réuni à Alpharetta, en Georgie Adam Gingrich, le pasteur Mark Burnset… Roger Stone. C’est un tout petit monde en fait !!! Et toujours Stone aux commandes, dans l’ombre ! En novembre, une deuxième réunion a eu lieu en Californie, nom de code : « Covfefe Fest » ! Ce sera en fait le début de ce qui sera appelé plus tard QAnon… Or la femme de Krueger s’appelle Ann Vandersteel, c’est la veuve d’un baron du pétrole (très) fortuné et celle qui a promu des théories du complot comme celles sur le meurtre de Seth Rich et le « Pizzagate » !!!  Dans les années 90, elle a travaillé comme « residential liaison » pour Trump Plaza à West Palm Beach. Et c’est la présidente de la radio  YourVoice America ! Le 18 janvier 2019, elle a reconnu que QAnon doit bien partie d’une stratégie pro-Trump !

Elle aussi sa vie n’est pas très claire et son activisme droitier flagrant a pris des chemins de traverse. En août 2017, elle avait été citée dans une étrange affaire de détournements de listes électorales. Un dénommé Logan, en réalité l’activiste Dan Sandini de Project Veritas (à savoir du fameux O’Keefe), lié à Breitbart, avait infiltré la League of Conservation Voters de la démocrate Carol Browner, en lui promettant de lui verser jusqu’à 4 millions de dollars, le but étant de récupérer la liste de ses affiliés. Un des ses complices aurait pu être James O’Keefe III justement; Sandini ayant lui son nom au générique du film de Steve Bannon « Occupy Unmasked« … la troisième larron de l’affaire ayant étant.. Vandersteel, présentée comme « Ann Steel  » dans le projet !

En février 2020, la même Vandersteel, grande copine de l’infâme Bill Mitchell, présentateur vedette de Your Voice America (ici à gauche, c’est un bien petit monde, je vous dis !), a déclaré sur cette radio « avoir vu le Christ » dans la descente de l’Escalator de Trump lors du lancement de sa candidature. « Lorsque le président Trump est descendu de l’escalator avec Melania Trump à côté de lui, j’ai vu le Christ émaner de cet homme », a-t-elle déclaré à Perkins. « Il y a eu quelque chose qui m’a tellement frappé que je ne l’oublierai jamais en 2015. » Que voulez-vous ajouter à ça ? Ce n’est plus de l’admiration à ce stade, c’est de la dévotion !

En France, c’est aussi à noter, le supporter sur Twitter de Vandersteel s’appelle Benjamin Cauchy, porte-parole des gilets jaunes, ancien élu UMP de Laon et passé à Debout la France depuis ! Mais aussi l’ami de personnes douteuses : «  Le « gilet jaune » aurait des contacts avec des représentants d’un groupe d’ultra droite.  L’UCODEL se revendique comme un groupuscule « nationaliste » et dément toute inclinaison « néo-nazie ». Même si plusieurs photos, prises lors de concerts organisé par l’UCODEL, montrent des saluts nazis. «  La liaison avec les néo-nazis est universelle !

En tout cas, sûr de ces liens baptismaux chez les trumpistes, « Chanel et Bobby » ont assisté ensemble à l’inauguration de Trump en janvier 2017, selon des photos des médias sociaux, et Rion a publié des photos d’une fête au complexe présidentiel Mar-A-Lago en décembre de la même année (ici à droite et ci-dessous). L’un des contacts direct de Chanel étant ici à gauche … Rudy Giuliani ! Ils vivent selon un mode de vie frayeux et ostentatoire  (grand appartement, voiture ancienne de collection) et dispendieux, mais dont on a aucun explication sur la provenance de leurs fonds : Chanel l’explique en affirmant « avoir un œil sur les bonnes affaires » ce qui parait bien mince, comme explication. « Tout le monde en Amérique porte des vêtements de marque, séjourne dans des hôtels et peut parfois faire du ski nautique », a déclaré Rion. «Je fais des achats comme tout le monde et je suis aussi belle que possible avec les choix que je fais.»

Evidemment, on la comprend un peu : avouer qu’elle bénéficierait par exemple de l’argent des escroqueries paternelles est plus dur à révéler, il faut bien l’avouer… Pour « Bobby » on n’a aucune idée en fait… ce qui demeure très, très très étonnant. Des journaux laissent même entendre qu’il aurait lui aussi modifié son nom.. comme l’a fait son beau-père pour fuir ses créanciers…

A noter qu’elle semble aussi le faire exprès : lors de la soirée à Mar-a-Lago, elle a posé ostensiblement avec Eddie Gallagher, cet exNavy Seal viré de l’armée pour avoir tué au couteau et avec préméditation un prisonnier afghan adolescent blessé et anesthésié, d’avoir abattu aussi froidement deux civils irakiens désarmés, une jeune fille et un vieil homme, et qui a été défendu puis même absous par Donald Trump !!! Ses propres coéquipiers l’avaient taxé de « taré dangereux« . Ce qu’il est en effet. L’un des rares à le défendre avait été l’expert de FoxNews depuis 2014 Pete Hegseth, de Vets For Freedom, un groupe largement payé par les frères ultra-conservateurs Koch. Et un des grands supporters de Trump et lobbyiste de la libération de Gallagher! La piste des Koch est aussi à suivre en ce qui ce qui les concerne, donc.

Début d’une carrière de désinformatrice… entretenue 

Elle ne s’est pas arrêtée à ça et a été aperçue voyageant en compagnie de Rudi Giuliani, l’homme des coups tordus de Donald. Pour produire une série télévisée (avec quel argent ?) appelée »One America News Investigates » présentant trois enquêtes réalisées, quel hasard, en Ukraine avec comme invité spécial…  Rudy Giuliani (qui d’autre ?). Au programme on se serait douté : Hunter Biden et l’ancienne ambassadrice américaine Marie Yovanovitch (pour les dénigrer tous les deux). Au passage, également, rencontre de Victor Shokin, (ici à droite) ex procureur viré pour avoir justement bloqué toutes les enquêtes de corruption dans le pays !! 

Mais aussi une enquête chapeautée par Michael Caputo, un raciste notoire nommé par Trump Assistant Secretary for Public Affairs at Health and Human Services, sur les soit-disantes révélations de Andrii Telizhenko, amateur de cigares et de whisky (et de casquette MAGA, ici à gauche), témoin peu fiable attiré par l’argent avant tout, tour simplement un « escroc » selon Borys Tarasiuk, l’ancien ministre des affaires étrangères de l’Ukraine !!! L’homme à la carrière devenue météoritique depuis fort peu, grâce encore à Giuliani, qui s’est retrouvé aussi, quel hasard encore, sur le plateau d’InfoWar d’Alex Jones (interviewé par David Knight) : on reste toujours dans le même petit noyau d’extrémistes de droite qui ne cessent de se coopter ! Telizhenko, en prime a travaillé comme lobbyiste pour Pavel Fuks, qui voulait faire une Trump Tower à Moscou ! Un Telizhenko qui a en plus rencontré David Nunes, grand supporter de Donald ! Quel petit monde de petits esprits partisans et obtus !

Autre invité « de qualité » par l’outrancière trumpiste : Andriy Viktorovych Artemenko (ici à droite). Celui-là aussi vaut son pesant de cacahuètes : il est aujourd’hui considéré comme un traître en Ukraine ! Et en effet : fin janvier 2017, il avait rencontré Felix Sater, un proche de Trump, et Michael D. Cohen, l’avocat personnel de Donald Trump (aujourd’hui en prison), au Loews Regency de Manhattan pour discuter d’un plan de levée des sanctions contre la Russie. Le plan qu’il proposait, téléguidé visiblement par Moscou, consistait en un retrait des russes de l’est de l’Ukraine… mais en échange, l’organisation par l’Ukraine d’un référendum sur l’opportunité d’abandonner la Crimée à la Russie pour 50 ou 100 ans !!! Artemenko avait alors remis la proposition à… Michael T. Flynn (ah tiens !). En l’apprenant, Valeriy Chaly, ambassadeur d’Ukraine aux États-Unis était parti dans une colère mémorable pour répéter qu’Artemenko n’était « pas autorisé à présenter des plans de paix alternatifs au nom de l’Ukraine à aucun gouvernement étranger, y compris à l’administration américaine ». Le 2 mars aussi = mourait d’un cancer Alex Oronov, 69 ans, lié à Donald Trump (et à Michael Cohen dont il était parent – il est ici à gauche), qui avait aussi participé aux négociations. C’était le 6eme diplomate russe à décéder ces derniers mois…

Elle se vantera aussi de ça au passage sidérant (sur son propre site !) : « plus récemment, via Twitter, Mme Rion serait la première journaliste à avoir signalé que le vol ukrainien 752 au-dessus de l’Iran avait été abattu par les forces iraniennes malgré les allégations initiales du gouvernement iranien concernant des problèmes mécaniques« . Et là encore c’est complètement faux : son tweet datant du 9 janvier commençait bien par  « si » l’avion avait été abattu par un missile « comme le dit le Pentagone« … Dès le 9, on avait déjà tout découvert sur le réseau Telegram, en plus, avec la vidéo du missile et de son impact sur l’avion sur le net : elle ment effrontément une nouvelle fois ! De la récupération pure et simple ! De là, elle nous mène à son employeur actuel, One America Network News autrement dit OANN, ex Herring Networks, Inc, une minuscule chaîne câblée US qui a déjà au moins un spectateur assidu : Donald Trump ! Le 7 août 2019, lassé de FoxNews, plus assez à droite pour lui, ou plus assez obséquieux à son égard, c’est décidé, en effet il avait déclaré divorcer et ne plus regarder que « OAN » :

Normal que ça lui plaise : OAN est une simple manche à air toujours tournée dans le sens du vent de Trump !!! Et Chanel est bien aussi fêlée que lui ! Ainsi en mars, où la société de médias a fabriqué et fait présenter par la miss hypermenteuse un documentaire appelé « Exposing China’s Coronavirus: The Fears, The Lies and The Unknown »celui qui accuse la Chine seule, une idée qui est celle aussi depuis peu d’un Trump qui en a fort besoin pour dissimuler son incapacité totale à lutter contre la pandémie chez lui. OAN est désormais son relais de désinformation privilégié : le roi de l’anti fake-news se nourrit de… fake-news ! Le système est circulaire et tourne donc en rond sur lui-même. Trump a besoin de fausses nouvelles ?  On lui en fournit sur un plateau et lui les reprend comme certitudes en tweet, ce que reprend ensuite OAN en disant « comme le dit le président »... (4) Là dans le fameux reportage sur la Chine, Rion avait même suggéré que le coronavirus provenait d’un «laboratoire de niveau 3 de biosécurité en Caroline du Nord» et qu’il avait ensuite été introduit en contrebande en Chine par des employés de ce laboratoire. En citant comme seule source un «citoyen enquêteur»…Dans le but, bien sûr « d’affaiblir Trump » !!! affligeant de bêtise et de conspirationnisme à deux sous !

Une collusion qui est évidente, comme cette copie d’écran la montrant en compagnie d’un encravaté qui n’est pas un inconnu ; c’est Marc Lotter, l’ex Director of Strategic Communications for the Team Trump, l’ancien Special Assistant de « Real Donald Trump », et l’ex secrétaire de presse de Mike Pence. L’homme a tenu huit mois dans la maison de fous, pardon à la Maison Blanche. Une collusion qui amène à des stupidités sans nom, comme ici lorsqu’elle a posé comme question à Trump : “pensez-vous qu’il est raciste de dire que l’on « commande chinois » parce que cette nourriture est née en Chine ? Parce que les grands médias de gauche sont de mèche avec le gouvernement chinois pour vous qualifier de raciste parce que vous parlez du « virus chinois »... une liaison bien tirée par les cheveux d’ange, il me semble… étrange rhétorique et super louche tendue à Donald surtout ! La phrase et la comparaison sont totalement stupides, mais regardez-bien Donald y répondre avec un sérieux… affligeant !

Jenn Pellegrino

Après la brune voici la blonde : le commando d’extrémistes de droite de l’OAN qui a pris possession de la salle de conférence de la Maison Blanche ne se limite pas à une seule personne. A croire que les cons ça vole toujours en escadrille. La grande copine de Rachel a aussi joué des coudes pour se retrouver en ligne de mire de Trump, qui peut ainsi répondre aux questions en disant qu’elles sont « bonnes », car celles-là lui ont été communiquées avant.  C’est devenu une pièce de Boulevard journalière., ou un épisode à répétition des Simpsons !

La blonde a un CV aussi bien fourni que la précédente comme expérience journalistique : avant de rejoindre OANN, Jenn Pellegrino a été stagiaire chez Bill O’Reilly, ancien de Fox écarté pour harcèlement envers 5 femmes, chez un fournisseur pour le télé-achat QVC, et assistante de production chez Fox News, entrecoupée d’emplois de vente et de développement commercial ici et là. Recrutée comme la précédente pour servir de passe-plats à la conférence journalière. Ainsi cet échange : « Monsieur le Président, vos notes d’approbation sont les plus élevées ainsi que les notes sur votre gestion du virus », a-t-elle demandé. « Pourtant, certains réseaux disent qu’ils débattent de l’opportunité de diffuser ces briefings en direct. Pensez-vous qu’il existe un lien entre les deux ? « « Eh bien, je ne sais pas », a répondu Trump. « Je sais que…, c’est une bonne question. Merci beaucoup. » Ici, grâce à Pellegrino, il revient le 21 mars sur sa haine du Washington Post et du New-York Times alors qu’il remercie à contrario OAN pour le traitement « fair » de son « great job » à lui : ahurissante sélection !!! Pellegrino est alors tout au bout de la salle et intervient devant ses collègues… incrédules ! Derrière, lui, on remarque Fauci mais aussi l’ineffable Ben Carson, celui aux pyramides-hangars (et autres fadaises). Un gage de sérieux chez Donald ! Le 22 mars, à savoir le lendemain, les deux, le président et la blonde, se laissaient bêtement surprendre à se congratuler sur Twitter… Cela faisait « merci d’être venu me sauver » … Pellegrino y allant d’un grand coup de cirage de pompes : depuis quand des « journalistes » agissent-ils ainsi en propagandistes ou en sycophantes du pouvoir ? Même en Corée du Nord on n’est pas à ce stade de veule soumission !!!

OAN est arrivée récemment comme une aubaine en effet, pour Trump : car les autres chaînes, lasses des interminables shows télévisés d’autopromotion qu’étaient devenues les conférences sur le Covid19, avaient cessé de les diffuser tous les jours. Et OAN s’était engouffré dans la brèche laissée ouverte pour s’incruster et devenir la championne du nombre d’heures diffusées consacrées à la parole trumpienne, comme l’indique ici le Tweet de Jenn reprenant à la volée la phrase sur la lassitude de Fox exprimée par Donald en personne le 11 avril dernier. Mais Jenn, au passage, a oublié une chose : c’est qu’elle a elle-même participé à l’idée d’un Trump n’ayant pas saisi toute l’importance du danger du coronavirus, en diffusant une image se vouant à la gloire de son héros… montré nonchalant face à la crise ; celle en effet d’un Donald parti jouer tranquillement au golf, en pleine crise…. le 1er février… le jour où l’on a détecté le 8eme cas dans le pays (et le lendemain 3 de plus déjà… le premier mort survenant le 6 en Californie). En janvier, Trump a déjà reçu 12 mémos sur la pandémie qui vient, lors de ses briefings quotidiens, mais il n’en a pas lu un seul… ou ne sait pas lire comme on le sait aussi.

Le 2 mai, Trump réitère sur Twitter son admiration pour OAN en termes fort appuyés. Le lendemain on ressort la boîte à cirage avec Jenn célébrant cette fois la sortie en bateaux des supporters de Trump célébrant (déjà) la fin du confinement en Floride, en défilant devant Mar-a-Lago !!! Car c’est bien tout une frange extrémiste qui a envahi Twitter, qui na rien vu venir ou n’a rien fait pour se laisser autant spoiler. Les pires politiciens l’ont bien compris, comme ici l’infâme Paul Gosar, représentant républicain de l’Arizona, élu grâce au soutien du Tea Party . En 2018, six de ses frères et sœurs, écœurés par lui, avaient demandé de voter pour son concurrent démocrate (dans une vidéo !), c’est dire l’individu ! L’unanimité familiale contre lui ! Sur Twitter il avait alors écrit que « comme tous les gauchistes, ils font passer leur idéologie politique avant la famille. Staline serait fier ». Aujourd’hui il soutient bien sûr la chaîne OAN lui aussi sur Twitter…

OAN et la désinformation… russe

Le 5 juin dernier, sur le Niagara Square de Buffalo, un homme de 75 ans s’avance vers la police. Il est aussitôt projeté à terre par deux policiers, sa tête cogne sur le pavement et se met à saigner. Il reste inconscient au sol pendant que les policiers passent, indifférents à sa blessure visible : scandaleux ! Les deux policiers (Robert McCabe et Aaron Torgalski) seront arrêtés et suspendus peu après pour mauvais comportement. Trump, au lieu de dénoncer l’acte, monte dans le wagon du complotisme idiot le 9 juin, en racontant une histoire hallucinante comme quoi le vieil homme, Marin Gugino est un « vieux provocateur » et qu’il essayait avec ce qu’il avait à la main de « scanner » les fréquences des policiers : c’est tout simplement hallucinant comme thèse !!! Gugino avait à la main droite… son téléphone tout simplement, qu’il a continué à serrer contre lui une fois évanoui (ci-dessous à droite, on le distingue très bien, passé à la main gauche). Dans l’autre main, il avait son casque de scooter (tombé au sol à ses pieds). C’est un vieil homme engagé dans la vie de quartier, faisant partie du Western New York Peace Center, et qui est aussi membre du mouvement « PUSH Buffalo » qui mobilise les résidents des quartiers en difficulté et « tente d’élargir les possibilités d’embauche locales ». Trump aura mis 4 jours à réagir à cet événement et il ne le fait qu’au lendemain d’une intervention sur OAN, sa chaîne de TV préférée désormais avec Jack Posobiec et Chanel Rion, qui lui a dicté cette théorie abracadabrantesque du « scanner ». Et le pire c’est qui lui inculqué ça.  Le jeune homme auteur de l’idée s’appelle Kristian Brunovich Rouz, (ici à droite),  c‘est un présentateur … qui est en fait toujours de nationalité russe.  Il est né à Novosibirsk, ça ne s’invente pas en effet, et qui bosse aussi pour Sputnik depuis décembre 2014 !!  En prime, l’idée ne vient même pas de lui, mais du Conservative Treehouse, torchon fascisant sur Facebook, disséminateur de fakes news . En ce moment, ce sont les tas de briques « déposées partout par les antifas » ou les « démocrates » par exemple .… 

Sur Instagram, il s’est inscrit sous le nom de « Kristiaan Roos »: un vrai caméléon ! En 2019, The Daily Beast avait noté déjà que Rouz avait parlé  « d’un «peloton» d’extrême gauche accusant le président Trump de racisme » entre autres histoires dont des fakes news. « L’un des reportages de Rouz visait le financier milliardaire juif George Soros, l’accusant de collaborer avec les nazis pendant la Seconde Guerre mondiale lorsque Soros était un adolescent en Europe de l’Est. Cette théorie a été réfutée à plusieurs reprises, mais les antisémites continuent de le jurer dans le but de salir une figure juive de premier plan. Rouz a également affirmé que Soros a utilisé sa vaste richesse pour financer les caravanes de migrants qui se dirigeaient vers les États-Unis. Une autre histoire de Rouz a attaqué une cible préférée de Trump, Hillary Clinton, affirmant qu’elle avait utilisé 800 000 dollars de ses fonds de campagne pour soutenir les manifestants antifa (antifascistes). L’histoire, qui n’a aucune base ni preuve légitime, prétend que Clinton a donné aux manifestants de l’argent qui «allait à des choses comme des briques, des marteaux, des battes et des chaînes» (et tout ça relevé en 2019, bien avant les émeutes dans les mêmes sujets sont revenus !) . » En France, pendant la crise des gilets jaunes on reprenait sa prose anti-Clinton dans Facebook !!! Un compte pro-Trump bien sûr.

 

(1) Raciste mais aussi plus que rancunier : dans cette vidéo retrouvée datant du 19 avril, il s’était DEJA confronté à la journaliste de CBS News, Weijia Jiang qui l’avait questionné sur sa passivité en février. Il lui avait alors répondu d’un gros mensonge, comme quoi lorsqu’il avait décidé l’état d’urgence (« the ban ») le 13 mars « il n’y avait alors aucun mort aux USA », selon lui . Or il en avait déjà 41 à cette date et 1700 infectés déclarés ! Il ment avec un aplomb incroyable et se défausse de la question !!!

La politique sous Trump est devenue infecte, mais aussi l’éthique journalistique. Il aura tout dévasté, tel ce tweet balancé à propos de la journaliste citée et appelée ici le 7 avril dernier « Youyou »… de façon raciste, à l’évidence, par un dénommé Herring qui l’accuse de « propagande chinoise ». Or ce Robert Herring n’est autre que le patron de OAN, l’employeur de Chanel Rion et de Jenn Pellegrino : la honte complète !

(2) « Un procès de 1998 a montré que Ryan avait fraudé des commerçants de plus de 2 millions de dollars en faisant la promotion de l’ensemble d’appartements délabrés à trois reprises, a prétendu ensuite que ses clients étaient sans le sou, puis  les à forçés à des saisies et en les achetant à nouveau à des prix extrêmement bas à chaque fois. Le médecin de San Francisco, Paul Lynn, a payé à Ryan 1 795 000 dollars pour les résidences de Capetown, dans le comté de Harris, au Texas, en 1993, mais les a découvertes en plein délabrement, a indiqué le procès. Les documents autorisés ont déclaré que Ryan avait saisi la propriété en mars de l’année suivante, forçant le Dr Lynn à fermer ses portes. Ryan l’a ensuite vendu à Robert Moore et à son frère le Dr Elwin Moore de Seattle, Washington en novembre 1994. Le procès a affirmé que les frères ne savaient pas que quelques-unes des 164 villas avaient été « complètement détruites par un incendie et n’existaient pas au moment de la vente  », et que les réparations coûteraient 8000 dollars par villa, au-dessus des 300 dollars que Ryan leur avait dit. »

(3)*https://www.talosorion.com

(4) Voici le texte hallucinant qu’elle a placardé sur une vitre de son bureau en réponse à un courier anonyme reçu :

19 mars 2020

Cher anonyme:

Les questions n’interrompent ni ne font progresser les virus, et ne le peuvent, bien sûr; mais de fausses nouvelles et de fausses accusations contre le président Trump faites par des griffonneurs comme vous font avancer la panique publique À PROPOS des virus et rétrospectivement, la panique se révélera pire que le virus – ma question disait la vérité, et vous travaillez tous les jours pour la supprimer. a en être témoin:

Ce président agissant avec une efficacité remarquable sous une pression extraordinaire dans une crise sans précédent travaille sans relâche pour apaiser la panique alors que les médias de gauche, à New York et au sous-sol de la Maison Blanche. déterminé à réinstaller le misérable Obama en réélisant l’hésitant Biden incitent à la panique publique et entravent les efforts de gestion de la crise herculéenne du président Trump.

Si toute l’Amérique devait craindre la peur de la vague elle-même, ce serait bien mieux que l’Amérique d’avoir à craindre un média partisan corrompu qui ment, supprime, manipule et invente constamment la mode et obscurcit les faits et les sources pour inventer son propre programme de récits de gauche.

Je ne me soucie pas de savoir si les sensibilités vraisemblablement délicates du Parti communiste chinois meurtrier sont offensées ou non – et apparemment, le président Trump non plus. C’est à jamais le virus de la Chine pour toujours et vous êtes les fausses nouvelles pour toujours.

Vous perdez parce que vous mentez et quand les fausses nouvelles perdent. L’Amérique gagne.

Et oui, anonyme. Je parle de vous.

Signé : Chanel Rion

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