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Le petit monde de Donald (21) : les mis à l’écart de la Convention

Le grand cirque des copinages éhontés déployé, la famille réunie au complet ou presque venue témoigner, cela aurait dû selon Donald remonter sérieusement la confiance du pays en sa personne. Peine perdue : les opinions favorables à Trump, qui stagnaient à 32% avant la Convention, sont descendues d’un point à 31%. Toute cette frénésie médiatique, cette semaine complète d’occupation des postes télé pour rien !!! Sa gestion catastrophique de la pandémies est en train de ruiner tous ses espoirs. Et pourtant : il a quand même écouté des conseillers qui lui ont suggéré de mettre en veilleuse des partisans trop zélés mais prêtant trop facilement le flanc à la critique… un recul, chez lui, chose rare. Les voici donc, ces oubliés !

Un grand absent (viré cet été)

Un homme manque visiblement le premier à l’appel : un grand barbu à la voix haute qui haranguait les foules en expliquant comment faire des barbecues : encore un intellectuel. C’était Mr IT chez l’équipe Trump, qui à force d’avoir un peu trop pompé sur les budgets a été proprement… viré, au prétexte de mauvais sondages et d’une stratégie pas efficace pour relever le désastre ambiant provoqué par la gestion calamiteuse de la pandémie par Trump. Brad Pascarle (étudié ici en détail), nommé en février responsable de campagne, a donc tenu à peine 5 mois : il a été éjecté le 15 juillet, remplacé sur le tas par le vétéran Bill Stepien; Faut-il y voir l’influence de Jared Kushner, le beau-fils sous-doué lui aussi, c’est possible. Sont revenus dans le giron Jason Miller, Susie Wiles et sembe-t-il aussi une revenante, Hope Hicks. Pour expliquer l’éjection de Parscale, on peut sélectionner je pense sa monumentale erreur d’avoir mis en vente en ligne des tickets de réservation pour la réunion de Tulsa, et d’avoir trop vite annoncé que la salle serait archi-peine au vu des ventes, alors que des petits malins sur les réseaux sociaux en avaient pris en masse sans désir aucun de s’y rendre pour torpiller l’événement, ce qui s’était effectivement produit. Le fiasco ayant été monumental (et moqué ici). La chanteuse Pink, opposante de longue date à Trump, s’était fendue d’un tweet moqueur (ici à droite) en glissant que « moi, je remplis des salles comme ça en 5 minutes » !!!! Trip drôle ! L’homme qui se prétendait le grand gourou du net et même d’avoir fait gagner Donald en 2016 grâce aux réseau sociaux s’est fort bêtement fait avoir par ces mêmes réseaux sociaux et ses activistes deux fois plus jeunes que lui (fédérés il est vrai par une active blogueuse de 51 ans appelée Mary Jo Laupp, qui avait soutenu Pete Buttigieg) !!! Un comble ! Lui qui prétendait avoir « rajeuni » le parti républicain en le traînant à marche forcé vers les réseaux est tombé subitement de haut…. et ses salaires mirobolants avec, on suppose.. (adieu l’aspirateur à billets !). Celui qui avait siphonné le GOP a été mis au rancart ! La dernière phrase du second article sur lui, paru le 13 juillet dernier était, rappelez-vous « Parscale fait face à un « déclin de la confiance », du cercle restreint de Trump, a ajouté le conseiller »… de la Maison Blanche. Deux jours plus tard, il était écarté… A noter que les jeunes s’étaient passé le mot via Tik-Tok… et l’actuelle campagne de dénigrement soi-disant « chinoise » à son égard n’est rien d’autre qu’une vengeance diligentée par Donald Trump qui ne supporte pas la défaite. Il est extrêmement rancunier, on le sait et ça se confirme. L’histoire d’un Tik-Tok comme espion chinois est bien de la balle complète !

L’autre grande absente

Celle-là aussi, que l’on avait vu hanter le salon ovale de la Maison Blanche, aurait dû venir nous sortir logiquement son couplet pro-Trump. Elle s’appelle Mary Ann Mendoza et était initialement prévue au casting en effet, mais a été virée peu de temps avant d’enregistrer sa déposition. Membre de Women for Trump, créé par cette autre folle d’Amy Kremer (cf l’épisode 19 ici, qui a aussi fondé Tea Party Patriots), Mendoza doit sa notoriété aux circonstances du décès de son Brandon Mendoza, un policier hispanique de Mesa, en Arizona, tamponné et tué en 2014 par la voiture d’un immigrant illégal (Raul Silva-Corona, natif e Chihuahua,) roulant  en état d’ébriété qui en prime avait conduit dans le mauvais sens pendant 35 miles d’affilée. Les deux véhicules avaient pris feu après leur collision frontale. Circonstance aggravante, Raul Silva avait été emprisonné en 1994 à Adams County et n’avait pas été déporté à sa sortie de prison, rendant furieux la mère du sergent tué, fort remonté à son décès contre … Obama. Mendoza était dans la police depuis 13 ans et unanimement respecté. Corona n’avait aucun papier, pas de N° de sécurité sociale , pas de permis de conduire, mais avait pourtant réussi à acheter un véhicule et le conduire à Maricopa County en Arizona. Comme quoi plusieurs facteurs avaient joué, y compris… les vendeurs de voiture peu regardants sur les propriétaires. Détestant Obama et les émigrés, Mary Ann Mendoza n’avait pu que plaire à Donald qui l’avait reçue à la Maison Blanche en 2019 lors d’une réunion sur la sécurité des frontières (photo ici à droite). Pour elle, le sommet d’un combat pour la mémoire de son fils, et devenue alors pour beaucoup l« angel mom« . Mais devenue aussi active sur Twitter que son nouvel admirateur, elle a commencé à se répandre en invectives… antisémites, s’en prenant régulièrement aux Rothschild, séduite par le faux manifeste des Protocoles des Sages de Sion dont elle a relayé des extraits entiers : elle était effectivement tombée sous l’influence du groupe diffus QAnon, qui regroupe toutes les sortes de complotistes, dont pas mal d’antisémites, justement. Pour mieux se nourrir de thèses complotistes, elle avait même téléchargé la Thread Reader app qui regroupe tous les sujets sur le même thème, ce qui l’a trahie : en somme elle renforçait chaque jour un peu plus son délire.  Sur son compte Twitter pas supprimé elle continue à égrener les meurtres commis uniquement par des émigrés en une véritable obsession morbide, ou récemment elle s’en est pris aux émeutiers ou a relayé les propos de l’incroyable Bernard K Kerick venu charger le maire de Portland pour sa gestion des heurts. Kerick, ancien voleur devenu policier (et ami de Rudolf Giuliani), puis homme de main de G.W.Bush en Irak avec ses mercenaires, a été condamné à 4 années de prison en 2010 pour fraude fiscale.  Il a été complètement absous par Donald Trump en février 2020 !!!  On reste constamment dans le petit monde de Donald, qui ici a utilisé à son profit le chagrin inextinguible d’une mère éplorée !!! Par pur calcul : il est incapable d’empathie et on le sait !!!

Une énième oubliée

Marjorie Taylor Greene, je ne vous la présente plus (c’est ici). Le 11 août elle rayonnait et a failli je parie tirer une salve en l’air avec son AR-15 : cette prétendante républicaine, fan d’armes et de crossfit, a en effet battu son adversaire des primaires pour devenir la candidate officielle en novembre à la Chambre des représentants dans un endroit où elle est sûre de battre son adversaire (dans le 14eme district contre l’insignifiant Kevin Van Ausdal). Ce dernier, John Cowan, un neuro chirurgien lucide, a eu ce soir le mot qui la résume très bien : « elle n’est pas conservatrice, elle est folle« . Trump lui n’a pas trouvé puisqu’il l’a chaudement félicitée comme une gagnante normale en ces termes :  « forte sur tous les points et n’abandonnant jamais, une vraie GAGNANTE ! ». C’est peut-être Donald qui ne l’est pas, normal, remarquez… à ne pas voir le grain qu’elle se trimballe. Initialement, elle avait été invitée elle aussi, comme Mendoza. Au 25 juillet, c’est ce qu’elle clamait encore : « Je suis honorée et ravie d’être invité à assister au discours d’acceptation du président Trump jeudi soir à la Maison Blanche », a tweeté Greene. « Je suis également ravie de voter à nouveau pour lui le 3 novembre, et je travaille dur partout en Géorgie pour l’aider à gagner. » Mais ce n’était plus déjà qu’être invitée à applaudir Donald et non à l’ouvrir derrière un pupitre et devant des caméras. Car comme Mendoza, la porte-sulfateuse de Georgie avait elle aussi trop applaudi les QAnonnistes, dont elle s’était réclamée en postant 57 tweets à leur gloire. Dans une vidéo, elle clamait ouvertement leur influence : « il y a une occasion unique de sortir cette cabale mondiale de pédophiles adorateurs de Satan, et je pense que nous avons le président pour le faire ». Exactement le résumé des délires de QAnon !!! Le 18 juin Politico avait surtout révélé les vidéos (ici à gauche) postées par Greene montrant un contenu hautement raciste, islamophobe et antisémite : la totale !

Et comme elle ne sait pas s’arrêter, dans l’ignominie et la bêtise crasse, la voici qui poste ce 4 septembre une image sidérante d’elle en armes, déguisée en une sorte de Rambo féminine ridicule en ray-bans et fusil à lunette avec ces trois cibles désignées ; les trois représentantes musulmanes au Congrès, Alexandria Ocasio-Cortez, Ilhan Omar, et Rashida Tlaib toutes trois démocrates et décrites comme étant « socialistes » ! Avec comme commentaire « Nous avons besoin de chrétiens conservateurs forts pour attaquer ces socialistes qui veulent déchirer notre pays »... » On n’est même plus dans l’allusion, là, mais bien dans l’incitation au meurtre !!! scandaleux et ignoble !

L’islamophobe de Mar-a-Lago 

Après Mary Ann Mendoza et Marjorie Taylor Greene, il ne manque plus que … Laura Loomer, autre déjantée complotiste d’extrême droite qui se vante elle-même d’être avant tout islamophobe et aperçue aussi rapidement dans un épisode précédent (c’est ici). « Autre caricature vivante, ancienne assistante de James O’Keefe, venue du magazine canadien The Rebel Media. Pour elle, les derniers attentats perpétrés dans les écoles (Santa Fe, au Texas, et Parkland, Floride,) sont par exemple des falses flags ! » avais-écrit. Virée à la fois de de Twitter, Facebook et Instagram (pour islamophobie maladive et propagation de fake news, elle s’est réfugié depuis sur Parler « où tout le monde peut-être raciste ») elle a été investie par le GOP et a même elle aussi gagné les primaires dans le 21e district de Floride, dans un comté fort spécial : c’est celui de Mar-a-Lago, la résidence de Donald et son adresse de vote par correspondance aussi, tiens…. dont il vient d’être débouté  (pour ne pas avoir remis ses papiers à temps) !!! Trump avait célébré en Tweet sa victoire. « Andrew Kaczynski de CNN a noté à quel point une approbation présidentielle pour Loomer devrait être stupéfiante. « Il est remarquable de voir un président approuver un candidat qui a déclaré que les musulmans n’auraient pas dû être autorisés à occuper une fonction publique et a qualifié l’islam de » cancer de l’humanité «  », a-t-il tweeté. « Dans une administration normale, ce serait une histoire énorme, mais elle sera à peine mentionnée. » Malgré cela, on a pu voir cette bonne copine de Roger Stone (une de plus !)  poser (en haut de ce chapitre) en compagnie de …Lara Trump, la belle fille de Donald (la femme d’Eric) qui elle est venue déposer à la Convention, pour ne rien dire de folichon : elle est aussi transparente que son mari, Eric, qui a du mal à aligner deux phrases correctes.

Jerry Falwell Jr, le pasteur pris la braguette ouverte

Au pays du président hypocrite qui se prend pour un dictateur de république bananière, on trouve un prince, ou plutôt un chambellan, nommé conseiller aux affaires religieuses, car là-bas, on le sait, sans religion rien n’existe, pas même le pays. Un leader évangélique plutôt bien de sa personne, âgé de moins de 60 ans, responsable d’une Université fort stricte, et qui en 2016, à la surprise générale avait choisi de supporter Donald plutôt que Ted Cruz (ici à gauche avec le psychorigide Pence). Un Donald peu apprécié pourtant dans le milieu, notamment pour ses écarts et ses frasques à caractère sexuels dont un homme détient le secret : Michael Cohen son avocat, aujourd’hui sous les barreaux. Or c’est lui, justement, qui aurait mis notre évangélique appelé Jerry Falwell JR en relation avec Donald qui s’était vite fendu d’un communiqué célébrant leur précieuse et nouvelle amitié : « non seulement c’est une personne de grande qualité, avec une famille formidable, pour laquelle j’ai beaucoup de respect – je le considère aussi comme un très bon ami et son soutien compte beaucoup pour moi » avait affirmé l’orangé enragé de la Maison Blanche. Falweell, digne héritier de son père, qui dans les années 60 arpentait déjà le pays en mission évangéliste… à bord des premiers  jets privés (ici à gauche) ! Falwell présentant plutôt bien aurait fait un excellent intervenant à la Convention Républicaine. En fait c’est Franklin Graham, l’héritier richissime de l’empire de son père Billy Graham qui  est intervenu à sa place. Graham a gagné par exemple via son organisme Samaritan’s Purse 414 030 085 dollars durant l’année 2010 ! Parmi ses revenus, la vente de t-shirts à 15,99 dollars à l’effigie de Donald Trump ( « Pray for 45 » ) pendant l‘impeachment !!! Ce qui peut faire un peu cher la prière d’intro à une Convention, avouons-le. Surtout qu’il ne sait pas non plus à ce tarif là utiliser un prompteur et a passé l’intégralité de son précieux temps d’antenne la tête baisse à lire ses notes de papier. Il a en effet gardé la tête levée… 3 secondes, le temps de dire bonjour (la photo à gauche est prise à la seconde 4) ! Une des pires prestations de la série !!! Bon il est vrai qu’il était remplaçant choisi à la dernière minute; faute de l’abandon de dernière minute du sémillant Falwell !

La piscine fatale du Fontainebleau

Tout cela se passait bien pour lui, pourtant, à ce Falwell, jusqu’au 7 août dernier où notre directeur d’Université réputée pour ses règles strictes se retrouve contraint à prendre la porte par son conseil d’administration. La cause ? Un scandale sexuel comme on ne pouvait s’y attendre, avec au cœur du problème un hôtel renommé, son jeune garçon de piscine, la femme de Falwell, Becki, et… Michael Cohen ! Tout a démarré au Fontainebleau, à Miami, en effet…

« Plus tôt cette année-là (en 2012), M. Falwell et son épouse, Becki, avaient séjourné au Fontainebleau – la grande dame de la scène hôtelière de Miami Beach et un lieu de vacances un peu improbable pour le chancelier d’une université dont le code étudiant interdisait les jupes courtes, les visites de dortoirs mixtes. et le sexe en dehors du mariage «ordonné bibliquement».  Autrefois lieu de rencontre glamour pour John F.Kennedy, Frank Sinatra et Elvis, le Fontainebleau était maintenant le terrain de jeu des Kardashian, Paris Hilton et Lady Gaga, connus pour permettre des bains de soleil seins nus et pour une discothèque caverneuse qu’un guide de voyage décrit comme «30 000 pieds carrés de plaisir pur.  » De la musique techno était diffusée dans ses 11 piscines, où des serveuses en maillot de bain à pois servaient des boissons et des hommes en uniforme blanc apportaient des serviettes fraîches et des parapluies positionnés pour obtenir des conseils ». A l’hôtel prestigieux travaillait Giancarlo Granda, un  jeune homme d’une vingtaine d’années, un garçon de piscine (à gauche ici présenté à Donald Trump, dont on peut se demander ce qu’il sait donc exactement de l’affaire… à se remémorer ce que faisait Jeffrey Epstein du contenu de ses caméras !). Or ce dernier est allé raconter récemment à Politico ses aventures… sexuelles en trio avec le couple Falwell !!! Pour améliorer l’image, le pasteur posait lui-même sur Instagram, à se demander pourquoi (une erreur de manip ?) une photo fort dérangeante de vacances prise sur un yacht avec une jeune assistante enceinte au ventre visible avec lui à ses côtés, braguette descendue…

Et pire encore avec un dénommé Gordon Bello (ou Jesus Fernandez Jr. Bello, ), ami de Granda qui avait joint Cohen pour lui dire qu’il avait des photos compromettantes de Becki et Giancarlo, que Jerry cherchait bien sûr à intercepter pour éviter le scandale !!! Le début de ce qui ressemble fort à un chantage ! Une histoire aux relents financiers : entre-temps, les Falwell avaient acheté un autre hôtel à South Beach, pour 4,3 millions de dollars, dont Bello aurait facilité la vente. L’évangélisme, ça rapporte gros ! Et ce n’est pas un autre pasteur (James Bakker; lire ici le cas) qui a fait de la prison qui va me dédire… ni Andrew Brunson, cet autre pasteur revenu de Turquie où il avait été retenu prisonnier, qui a intercédé le 13 octobre 2018 une intervention divine pour Donald pour lui octroyer une « sagesse surnaturelle » : il fait bien ça, tant il en est démuni naturellement ! Pour ajouter au surréalisme, on apprenait il y a peu qu’un autre pasteur noir (Darrell Scott, ici à l’extrême droite de la photo ci-dessous où l’on distingue aussi Michael Cohen et Mike Pence !), celui qui avait directement distribué à ses ouailles l’argent refilé par Donald (lire ici l’épisode) venait de se voir refuser des exemptions d’impôts attendues par l’IRS fédéral ... décidément Dieu est bien peu amène avec Donald, ces derniers temps !!!

 

Pas de Chanel Rion ? Pas de OAN ?

L’une des autres grandes absentes est aussi « la dame à la chaise », qui avec son look travaillé et entretenu de mannequin aurait eu un peu plus d’allure que des intervenantes comme Karen Pence, la dame bénie oui oui du casting. Pourquoi donc n’était-elle pas là ? Ivanka aurait-elle été jalouse de son apparition ? Connaissant la pimbêche devenue princesse Trump, on peut l’imaginer en effet. En tout cas, Chanel Rio, la miss OAN, s’est bien rattrapée en interviewant sur place les pires du lot, à savoir les deux fils Trump, dont JR, qui est toujours à bomber le torse sur les photos finales (ici à droite), et n’a rien à dire, pas davantage que son frère Eric en tout cas, ou comme ce bon vieux Rudy qui pour une fois ne s’emporte pas pour rien. Il vieillit à vue d’œil ! L’interviewer, c’est aujourd’hui visiter un Ehpad à résident unique (ici à gauche) ! OAN, il n’empêche, ce sont des petits moyens de production : le studio sent le cheap de partout, la table est une simple plaque de verre, les éclairages sont ratés et le décor des rideaux tirés maintenus par des baguettes à deux francs six sous (cf c’est visible avec Eric Trump) ; le tout donnant des images baveuses car le décor blanc rouge bleu est trop contrasté. Question caméra, il n’y a pas de grand angle de disponible, si bien que lorsqu’on filme JR, on passe alternativement d’un fauteuil à l’autre, ce qui sent l’interview remonté fissa après des questions posées autrement… et filmées après coup. Bref, un salmigondis de production visible palpable et… pénible. La chaîne qui soutient le plus Donald est faite de bouts de ficelles, et ses éléments visibles les plus onéreux sont les foulards Hermès autour du cou de Chanel Rion, toujours aussi pauvre en questions, en gestuelle et en mimiques. Bref encore un beau raté !

Les mêmes manquements de prises de vue et de focales réapparaissent chez elle dans son interview diffusée le 28 août, cette fois du président lui-même, qui débute par un long  gros plan … de l’intervieweuse, au make-up qui fond littéralement ce jour-là, la rendant luisante, toujours enfermée dans ses questions trop longues (sa spécialité) : une minute rien que pour formuler la première !! Une question qui est assez sidérante, car elle y flingue sa propre profession en évoquant des journalistes trop mordants, ce que l’autre en face reprend évidemment de volée. Ça sent la connivence et la question tellement mal formulée qu’on la croirait sortie du calepin de Donald en personne : Rion ne questionne pas, elle tend la perche uniquement !!! Et Donald de flinguer dans la foulée toute la presse devant la potiche qui ne réagit pas, l’occasion étant trop belle : « NBC is horrible », ce qu’il répète deux fois, CNN est « pire« , etc…  et d’enchaîner sur la « peste (pleague) qui vient de Chine contre laquelle nous luttons petit à petit.. » bref une non-interview totale ! On s’endort… heureusement, en arrière plan de Donald il y a des jardiniers venus défaire ce qu’avait fait Michèle Obama et Jackie Kennedy, saccagé par Mélania (on parle de « cimetière » à la place chez certains !) et qui passent avec leur tondeuse, ou s’asseoient et se refont les cheveux, fument et discutent, téléphonent, remettent leur masque, pour nous dérider un peu. De vrais vidéo-bombers à l’œuvre !!! Ça se termine (enfin) sur une question téléphonée là encore sur l’âge de Biden, où Trump en entendant le nom remue le torse de satisfaction : il peut enfin rappeler qu’il est quatre années plus jeune que le candidat démocrate (ce qui est vrai) !! Et d’encenser pour terminer  les manifestations patriotiques du 4 juillet, « bien plus imposantes qu’en 1960 selon lui « (?) … ce qu’il fait qu’il y voit lui une « adhésion » à sa politique : le roi de la statistique inventée sur le pouce à encore frappé, pour conclure !!! Merci Chanel pour ce chef d’œuvre de cirage de pompes encore une fois !

Le phénomène Qanon, le sparadrap collé au pied de Donald

Vous vous souvenez de la scène d’octobre 2018 de Donald en train de monter à bord d’Air Force Two avec un bout de papier toilette resté accroché à son talon ? Une sorte de sparadrap du capitaine Haddock, en plus ridicule et plus affligeant encore : eh bien un mouvement né sur le net est ce sparadrap ou ce bout de papier toilette pur Trump, qui a un moment joué avec, car il le flattait, mais que ses conseillers ont recommandé de l’écarter car ils ne représentent pas des gens sérieux: des complotistes puissance XXL nés on l’a vu du cerveau imaginatif d’une blogueuse bien atteinte et de deux webmasters en quête de remonter les audiences d’un site internet parti en quenouille (lire ici l’origine du truc). Leur « croyance » car ça en est une, comme une vrai secte est en effet ahurissante de débilité. Trump a eu le tort de laisser entendre qu’il en était ou qu’il les appréciait, un de ses ex conseillers, l’ineffable général Flynn, pas deux sous de jugeote de plus, a montré qu’il semblait apprécier le mouvement (avec tout sa famille !), résultat, il lui est aujourd’hui fort difficile de s’en défaire alors qu’il est désastreux pour son image de marque. Avoir comme admirateurs des imbéciles avérés ne grandit pas l’homme en effet. Lors une conférence de presse récente (le 20 août), Donald avait éludé une question, à leur propos, en disant « qu’il ne connaissait pas bien le mouvement mais qu’ils l’appréciaient, lui, et qu’il en était flatté… « ce sont des gens qui n’aiment pas ce qui se passe à Portland, Chicago, New-York et d’autres villes » avait-il dit et « ils aiment leur pays » et « qu’il souhaitent que ces problèmes dans ces villes disparaissent »… sa façon de bouger le bassin et de s’appuyer sur son pupitre révélant un malaise certain à parler de ce groupe dont il avait déjà repris en public les private jokes, preuve qu’il les connaît très bien ! Mentir, mentir, mentir… le moto de toute la gouvernance Tump !

La nébuleuse QAnon (voir ici) émanation des fantasmes bien crétins de Tracy Diaz , après les événements de Kenosha s’est littéralement à nouveau déchaînée ces dernières semaines en remplissant Facebook de posts notamment, notés minutieusement par Buzzfeed, grâce à l’outil maison CrowdTangle. La suppression la semaine précédente de 790 groupes, 100 pages, et 1 500 publicités liés à QAnon n’a donc rien changé à la chose, au contraire : Facebook demeure leur lieu de communication privilégié, via un laxisme qui se perpétue, à croire qu’il n’y a personne pour modérer non plus ce truc, alors que chez Twitter on n’a pas hésité à supprimer des milliers de comptes Qanon.

Quand Donald finit par faire sienne des sornettes 

Cette influence du monde « conspi », Donald baigne dedans. A croire tout et n’importe quoi, car s’il y a bien quelque chose qui lui manque, outre quelques neurones vieillis ou déjà morts, c’est bien le recul. Il prend tout au premier degré. Comme il zappe continuellement le soir venu sur des chaînes TV peu crédibles (ou regarde son ami de Fox News Tucker Carlson), son esprit, ou ce qu’il en reste, ingurgite des choses qui deviennent chez lui plus ou moins floues et qu’il régurgite un jour lors d’une de ces divagations pendant un discours électoral. Le dernier exemple en date est un hoax à propos de la fameuse Convention Républicaine, que « certains », entendons les démocrates, auraient tenté selon lui de torpiller… alors qu’elle a coulé d’elle-même au fond du peu de choses qu’avaient à apporter ses invités, comme on l’a vu. C’est cette fois lors d’une interview surréaliste fort récente chez Fox News (le 30 août) par la serveuse de louche Laura Ingraham, qu’il a soudain exprimé… cette vision (floue) de véritable illuminé, dite sur le ton faussement inquiet, sourcils froncés : selon lui, « on a eu quelqu’un qui a pris l’avion dans une certaine ville ce week-end, et cet avion, était presque complètement rempli de voyous, portant ces uniformes sombres, ces uniformes noirs, avec du matériel et ceci et cela… » selon lui toujours il seraient venus pour perturber la Convention Républicaine, une affaire qui serait « sous enquête en ce moment » selon Donald. Evidemment, aucune preuve à l’appui, ne demandez pas à Donald d’en apporter !!! Cet homme ment avec un incroyable aplomb tout le temps !! Qu’est ce que cette histoire abracadabrantesque encore chez lui ??? Donald, quand il ne dresse pas des tableaux apocalyptiques de banlieues qui brûlent ou de hordes d’antifas qui cassent tout en est réduit à inventer une avion rempli de mercenaires tous habillés en noir pour venir perturber un événement… qui ne l’a pas été !!! Imagination débordante, rêve de fou, cauchemar éveillé, on ne sait. Et ce n’est pas bien sûr Ingraham qui lui a tiré les vers du nez pour en savoir davantage !!! A peine a-t-elle osé demander un peu plus d’explications, ou même s’enhardir à glisser le mot « théorie du complot ? » pour s’entendre répondre « je vous le dirai un de ces quatre »… d’un air entendu ! Et la présentatrice de rester bouche bée, donc ! Trump ayant quand même dit ailleurs qu’il y a « des gens qui sont dans l’ombre » et « des gens dont vous n’avez pas entendu parler » qui « contrôlent le candidat démocrate Joe Biden. »  Ajoutant sur Fox une réflexion toute personnelle et toute aussi mystérieuse : « ce sont des gens qui sont dans la rue. Ce sont des gens qui contrôlent les rues »… Autrement dit la thèse Quanon bien connue du fameux « deep state« , à laquelle adhère donc pleinement Trump !!! Chez Gizmodo, la rédactrice Whitney Kimball elle aussi en est restée bouche bée… citant aussi d’autres phrases au passage telles que «Portland brûle depuis de nombreuses années, depuis des décennies, elle brûle», a déclaré Trump dès le départ. Ce n’est même pas exact au sens figuré. Il a ajouté que les manifestants étaient payés par «des gens stupides qui gagnaient beaucoup d’argent», une accusation qu’il a portée contre ses détracteurs pendant des années ». Des agents destructeurs payés par des millionnaires ? Encore un peu et il lâchait le nom de George Soros, là, la bête noire de l’extrême droite ! Incroyables théories ! Une façon d’agir et de dire très bien décrits dans le livre de Jennifer Mercieca « Demagogue For President: The Rhetorical Genius of Donald Trump« , qui résume parfaitement le fait que plus on va s’approcher de la date fatidique et plus Donald s’accrochera à ses théories de la conspiration car il n’a en fait aucune programme électoral sérieux à proposer à ses concitoyens (même le fameux mur « mexicain », plutôt en rade !) : seul l’affaiblissement de l’adversaire par des racontars ou des manipulations comme celles des manifestation et de leurs dégâts, devant lesquels il est venu complaisamment poser 10 minutes, les bras ballants, peut le sauver désormais :  voilà pourquoi Trump est un récipient à sornettes (ici à gauche, il y a eu 25 magasins détruits ce soir là à Kenosha et il est venu devant le plus représentatif alors que des propriétaires de magasins détruits ont refusé de le rencontrer) !

Des journalistes  (de NBC News, que Trump déteste cordialement) ont cherché heureusement à savoir d’où pouvait bien venir cette histoire à dormir debout…. pour finir par la retrouver. Ils l’ont découverte dans un post sur Twitter en juin dernier d’un homme d’Emett dans l’Idaho qui affirmait avoir vu « au moins une douzaine d’hommes descendre de l’avion à Boise depuis Seattle, habillés de noir de la tête aux pieds,  » le posteur ajoutant « soyez prêts pour les attaques du centre-ville et des zones résidentielles » en ajoutant qu’un passager avait « un tatouage qui disait Antifa America sur son bras ». » Evidemment le téléphone arabe avait vite amplifié la (fausse) nouvelle sans jamais la vérifier bien sûr. Vu 3000 fois sur Facebook, le message s’était vite enrichi de racontars supplémentaires dont plusieurs, note NBC, ajoutés par la milice d’extrême droite des Three Percenters, dont je vous ai aussi déjà parlé ici (représentés ici sur les trois clichés). Un des messages  transformé était devenu «les Antifas ont envoyé un avion chargé de leurs hommes», en faisant croire que « le shérif du comté de Payette l’a confirmé », bien sûr sinon cela n’aurait pas été drôle ! Quelques jours plus tard, ce même pauvre shérif (Chad Huff, ici à droite), assailli de demandes de confirmation, étant obligé de nier catégoriquement l’info, la caractérisant clairement de « ‘fausse nouvelle ». Trump remis en place par un simple shérif !!! Des zozos arriveront même armés à certains endroits de ralliement décrits, prêts à en découdre avec ces antifas zombies !! C’est exactement l’histoire racontée par Trump, tombé dans le panneau lui aussi… un Trump qui se nourrit donc des infos véhiculées par les Three Percenters et les QAnonnistes ! Sidérant de bêtise !!!

Le 2 juin dernier, Twitter avait pourtant annoncé la découverte du pot-aux-roses : un compte Twitter prétendant appartenir à une organisation nationale «antifa» et qui appelait aux émeutes et à la casse était en fait celui du groupe nationaliste et suprémaciste  blanc « Identity Evropa » (du raciste  Nathan Damigo ici à droite et dirigé un temps par Elliott Kline; à gauche deux exemplaires du mouvement!!! « Alors que des manifestations se déroulaient dans plusieurs États des États-Unis Dimanche soir, le compte nouvellement créé, @ANTIFA_US, a tweeté: «Ce soir, c’est la nuit, camarades», avec un emoji brun au poing levé et «Ce soir, nous disons« F — The City »et nous déménageons dans les zones résidentielles … les cagoules blanches… et nous prenons ce qui est à nous… » Autrement dit, c’est bien l’extrême droite qui attisait la haine et les destructions !! Celles que Trump attribue aux seuls antifas !!! Cela ou la perturbation du réseau pour éviter la communication pendant les manifs :  « deux hashtags diffusés dans le monde entier sur Twitter ont prétendu à tort qu’il y avait eu un « arrêt » ou une « panne » des manifestations à Washington, DC, du jour au lendemain. Les deux semblent insinuer que les manifestants avaient été réduits au silence d’une manière ou d’une autre, peut-être par une panne secrète d’Internet. Twitter dit qu’il a été obligé de supprimer sa section «sujets de tendance» en raison de «tentatives coordonnées pour perturber la conversation publique» autour des manifestations. Twitter a déclaré avoir suspendu plusieurs centaines de comptes et enquêté sur la propagation virale du hashtag, qui, selon lui, a été stimulée par « des centaines de comptes de spam ». Le résumé de la pensée du leader Damigo qui tient tant au « freeom of speech » et fait donc tout pour empêcher les gens de communiquer (de son vrai nom Nathan Lodge ici à gauche en bleu) ? Ceci : «L’Amérique a été fondée par des Blancs. Il a été fondé pour les Blancs. L’Amérique n’a pas été fondée pour être une société multiraciale et multiculturelle. Les fondateurs étaient bien conscients de l’importance que joue l’identité dans la constitution d’une nation. Et à quel point c’était fondamental pour les progrès et le succès futurs de ce peuple. «  Après cela, rideau, en effet !

Jamais une Convention Républicaine n’aura laissé une telle image désastreuse derrière elle : la faute à Donald, à son leadership inexistant et sa proximité évidente avec l’extrême droite !

 

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