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Le petit monde de Donald (20) : les clowns, les ex-trafiquantes, les menteurs et un avion particulier

Le défilé a donc duré toute une semaine avec l’omniprésence de la famille Trump, filles et belles-filles comprises. Les Trump auraient eu un chien qu’il serait vu nous expliquer tout le bonheur qu’il avait à vivre avec un maître aussi génial ! Même la première dame est venue, après avoir remisé ses sécateurs à outrages floraux (1). Parmi ceux qui ont défilé, je vous en ai rendu quelques uns parmi les plus significatifs et ajouté un oublié qui aurait pu venir en jet privé à Washington : le sien, ou celui de sa femme, vu que l’homme fait payer ses trajets au parti républicain… alors qu’il est milliardaire !!!

Le plus hilarant

On commence par le rigolo de la bande. On ne savait pas l’homme des médias de Donald, cet ancien pizzaiolo golfeur bombardé informaticien, atteint de strabisme. L’homme est plus doué pour les textos ou pour rectifier ceux de son maître que pour prendre la parole. Mais son apparition, en train de suivre péniblement le défilement de son prompteur réglé trop vite pour lui, a donné lieu à une scène hilarante de deux billes oculaires en train de se battre pour tenter de lire un texte comme s’il hallucinait à chaque phrase. Donnant l’impression d’un encravaté sous LSD ! Accentué par des mouvements de cou uniquement le transformant en marionnette articulée digne de figure à l’arrière des voitures, cela a donné un show dans lequel son côté grotesque a empêché que l’on s’intéresse à ce qu’il disait : « fighting spirit », « great things », blah blah blah… (ou « communism »  à un moment… pour faire peur, encore) « des mots ronflants ahanés avec le regard du serpent Kaa de Mowgli : le plus grand décalage visible et audible de cette Convention devenue farce !!!  « Aie confiance… » semblait-il vouloir nous dire ah ah ah !!! Impayable Scavino !!! Pour parfaire la farce, la programmation financière des campagnes lui a joué un vilain tour: pendant qu’il parlait, Fox News, qui a pourtant énormément supporté Donald, l’a interrompu pour passer une pub !!! Et manque de bol pour lui, c’était un des clips de campagne de Biden qui a été diffusé : génial !!! Hilarant et ridiculisé de bout en bout !

L‘ex organisatrice d’une réseau de cocaïne devenue star médiatique

Une de celles qui est intervenue en fin de semaine est aussi représentative du système Trump, qui privilégie l’apparence ou le pathos aux faits (on y a eu droit, elle a raconté en pleurnichant sa sortie accueillie par ses petits enfants), et qui remet en cause l’équilibre de la justice. L’une des invités prévues à la convention fait en effet partie à sa façon d’un show médiatique, celui tournant autour de la personnalité de Kim Kardashian qui s’est prise de passion soudaine pour le sort des prisonniers et prisonnières aux USA, une activité chez elle très médiatisée qui comble le vide de ses interventions d’influenceuse (parler des courbes de ses fesses a dû la lasser à force). Son nouveau dada étant de réformer à elle seule les prisons. Elle a pris pour cela sous sa coupe une femme, Alice Marie Johnson prisonnière depuis 21 ans, qui a elle-même mis en contact la Kim avec d’autres prisonnières, toutes recommandées par la première et graciées depuis par Donald Trump, ce qui dénote déjà d’en iniquité flagrante : pourquoi celles-ci et pas d’autres ? (Parce qu’elle déteste Obama, tout simplement !!!).

Je vous ai expliqué ici le par de cas le plus honteux, celui de Judith Negron, qui a grugé les fonds publics, avec sa société bidon American Therapeutic Corporation (ATC), installé en Floride du Sud, connue comme lieu de villégiature pour personnes âgées dont, on le sait aussi, un plus fort taux là qu’ailleurs de cas d’Alzheimer comme je vous l’avais dit. Avec trois principaux complices, Lawrence Duran, Marianella Vale, et Margarita Acevedo, elle avait monté un gigantesque système de détournement de fonds provenant du Medicare gouvernemental et volé ainsi plus de 205 millions à l’aide sociale en Floride, étalés sur 10 ans. Libérée, elle n’a pas hésité à parader à sa sortie avec un drapeau Trump 2020 avant d’être reçue avec les autres à la Maison Blanche, en compagnie des deux grands admirateurs de Kardashian : Ivanka Trump (la « princesse » de la Maison Blanche , rivale de Mélania) et Jared Kushner le beau fils manipulateur !!! C’est oublier aussi, tout ce cirque médiatique sur sa personne, que cette même Alice Marie Johnson elle-même arrêtée en 1993 n’était pas du menu fretin, et était bien à la tête d’un réseau de cocaïne colombienne et de blanchiment qui a manipulé à plusieurs reprises des livraisons de 2 et 3 tonnes de coke. Sa condamnation avait été la prison à vie avec impossibilité de sortir en quoi que ce soit : pas le genre de sentence donnée à une petite trafiquante !!! On veut bien croire à sa rédemption comme prisonnière modèle, il n’empêche : d’autres qu’elles croupissent toujours en cellule pour des faits similaires sinon moindres. La seule raison de son élargissement, c’est bien l’effet médiatique voulu et créé par Kim Kardashian devenue madone des prisons et rien d’autre ! Et en prime c’est un très mauvais signal donné aux trafiquants de coke qui ravagent la jeunesse de plusieurs pays, dont les USA !!! Pire encore, puisque dans son élargissement le fait qu’elle ait été noire a été jugé comme circonstance atténuante, vis à vis des minorités désavantagées car plus emprisonnées que les blancs. Bref, un mauvais exemple à plusieurs niveaux, même si, je le répète, on veut bien essayer de croire à sa sincérité et vouloir s’amender. Sous Obama, sa libération avait été refusée, rappelons-le. Ce qu’elle a martelé bien sûr lors de son apparition de soutien à Donald « qui l’a tant aidée ». Rangez les mouchoirs !

Pam, La « great womem » de Floride et ses mensonges outranciers

Au troisième jour de la Convention est apparue au pupitre une dame qui a elle aussi eu droit à un Tweet resté en mémoire  (ici à droite) : celui du 17 novembre 2019 de Katrina Campis, ancienne participante à ‘The Apprentice » (toujours ce petit monde qui se coopte) présentant donc Pam Bondi, recrue de poids pour l’équipe Trump car procureure générale de Floride jouant énormément de son look pour séduire les médias. Trump ce jour-là, tout émoustillé, avait écrit en tweet « womem » à la place de women, devant une nouvelle fois  la risée du net. Un tweet de John Whistle avait aussitôt suivi avec l’hilarant « Does this womem drink covfefe? You klutz. » MDR. Bondi venait juste d’être recrutée comme lobbyiste par l’équipe de Trump pour sa réélection. Comme intro pour commencer à bosser pour Trump il y avait mieux ! Le problème étant que la miss bombardée conseillère en droit de l’équipe de réélection traîne derrière elle un double boulet. Le premier est qu’elle avait accepté un don de 25 000 dollars de la fameuse fondation Trump pour sa campagne pour se faire ré-élire procureure et dans l’autre sens qu’elle avait aussi minimisé les appels pour fraude (22 au total) reçus à propos du scandale de la Trump University (du flan complet, créée en LLC); et ce, juste après avoir reçu les 25 000 dollars ! L’Université de Trump n’avait que le nom, et sera accusée de pratiques d’affaire illégales et de fausses déclarations (elle n’avait pas de licence scolaire).

Ah, la fausse université de Donald ! Le procureur new-yorkais Schneiderman l’avait repérée  « et accusé Trump d’avoir dupé plus de 5 000 personnes » dont certaines avaient payé « 35 000 dollars pour leur apprendre ses techniques d’investissement immobilier » (cf Wikipedia). Une étudiante, Tarla Makaeff, avait payé par exemple  37 000 dollars avant de faire un procès pour cours inexistants et le gagner : le tribunal avait fait cracher à Trump  798 774,24 dollars en retour en frais de procédure lors de l’enquête menée sur son cas pendable d’escroquée ! Il s’en prive bien d’un parler depuis le « génial entrepreneur » !!! La réponse de l’équipe de Trump aux accusations avait été ridicule : selon elle, l’argent arrivé chez Bondi était destiné à une organisation du Kansas appelée »Justice for All » et avait donc été « envoyé à la mauvaise adresse » !!! Le déni est toujours grotesque chez Donald, on le sait, il n’est même pas « plausible »  ! Les impôts (IRS), en 2016 ont pourtant condamné Trump à rembourser l’argent offert à Bondi ! Preuve qu’il était bien impliqué dans cette escroquerie !

En même temps, remarquez, celle-ci recevait des dons de l’Eglise de Scientologie et voyageait beaucoup en Californie, Wyoming, Michigan (pour un séjour sur Mackinac Island) et au Mexique ou Israël en avion privé aux frais de la princesse, à savoir la Republican Attorneys General Association. Elle semblait for priser les jets privés. Pour un total de 51 000 dollars, hébergement et repas compris (plus un interprète)… Autre boulet que traîne la miss Pam : elle a déclaré n’avoir jamais rencontré Lev Parnas, arrêté le 9 octobre 2019 à Washington avec son compère Igor Fruman. Il sont tous les deux poursuivis pour violation des règles du financement de campagne électorale (celle de Trump). Un oubli que l’avocat de Parnas s’est empressé de lui rappeler par deux photos montrant le contraire : pour une procureure, mentir de la sorte fait plus que tâche… mais dans l’univers quasi parallèle des Trump, il est vrai, cela paraît… normal de mentir ainsi !!!

Les voyages des politiciens en Floride, toute une histoire

Ces voyages privés interpellent, car le Parti Républicain a réglé un grand nombre de facture les yeux fermés un peu partout dans le pays. En Floride, le gouverneur Rick Scott, grand ami de Donald, n’a pas fait mieux que Pam : il a voyagé sur le Cessna Citation appartenant à sa femme Ann Scott...(l’avion incriminé étant enregistré chez Columbia Collier Management à Naples), mais en faisant payer la note, là encore, au Parti Républicain (227 000 dollars). Le parti vache à lait !!! L’avion était le N401AS (« AS » pour Ann Scott) aujourd’hui N365EG. Pas gêné, en 2011, Rick Scott, milliardaire, avait revendu deux avions de l’Etat une bouchée de pain, au prétexte de faire des économies : un Cessna Citation 550 Bravo de 2003 N104FL (ci-dessous à gauche) vendu à une firme mexicaine de pétrole, Transportes Internacionales Tamaulipecos (et devenu XB-MNV), pour 1.9 million de dollars et un King Air 350 de 2000 1,77 million à JNC Aircraft Sales de Washington, D.C. Le Citation avait été acheté par Jeb Bush en 2003 au prix de 5.3 millions. Mais en gardant le sien, bien sûr, le Hawker Beechjet 400A N997RS de Columbia Collier Properties, LLC… qui est lui aussi à ses initiales vous l’avez remarqué !!! Les amis de Donald sont comme lui : des profiteurs, à tous les niveaux ! Ironie du sort, son successeur Ron DeSantis (qui voyage en avion sans masque en plein Covid19), 10 jours après avoir pris l’avion tombe en panne avec à Tampa Bay. Une porte qui se ferme mal a empêché la pressurisation et les masques sont alors tombés automatiquement du plafond ! On s’aperçoit ce jour-là que c’est « un vieux Beechcraft » qui a « été saisi à de trafiquants de drogue » (selon la presse) et que l’on a tenté de remettre à neuf après l’avoir acheté aux enchères après sa saisie en 2016 pour 10 000 dollars seulement (ce n’est donc pas celui montré ci-dessus à gauche à la télévision qui appartient à Wheels Up, dont le patron Kenny Dichter est plutôt supporter de… Bill Clinton (2) !). Il est alors enregistré chez J&D Petroleum Co, une boîte postale, celle d’une firme qui doit alors 230 000 dollars de taxes à l’Etat pour 162 500 à peine de revenus annuels !  On venait alors de dépenser 400 000 dollars pour « mettre à jour son avionique » dont une « caméra rétractable de surveillance » parait-il ! 600 000 dollars  au total l’auraient été pour rénover son intérieur ! Ce qui fait beaucoup (c’est presque le prix de l’avion nu !). Etrangeté de l’affaire: au moment de l’incident, on ne montre aucune photo de l’avion de De Santis (ici  gauche) à la presse. Bizarre (3) !

Un avion mystère défectueux 

Cet avion mystère, invisible en photo dans le articles sur Ron DeSantis (on redemande pourquoi au départ mais vous allez le comprendre) on finit par savoir en effet pourquoi on nous le dissimule autant. L’avion a en effet une histoire plus complexe que celle évoquée rapidement comme ayant été quelque temps un simple appareil de dealers de coke. Il a commencé N6173K (FL-373) en 2003 pour devenir N357RL chez 357 LLC (mis en cause judiciairement ici pour avoir construit un immeuble qui prenait l’eau !) puis passer chez Korab Acquisitions LLC (en  2007) et ensuite chez L3 Communications Advanced Aviation LLC en 2008 pour y être modifié en plusieurs fois (et plusieurs équipements consécutifs marqués par des antennes différentes ou un « panier » inférieur de deux types différents comme on peut le voir !), chez cette firme contactante de l’armée bien connue ici, et pour le voir arriver tout ré-équipé sur la base de l’US Special Operations Command de MacDill AFB en 2013. Il a donc aussi un passé militaire (si on regarde bien son équipement on s’aperçoit qu’il a même été équipé de 4 détecteurs de départ de missiles, visibles ici à droite et à gauche). Ils laissent entendre qu’il a été envoyé en mission dans des endroits équipés des Manpads pouvant le mettre en danger. Les hélicoptères des contactants en Afghanistan de chez AWS, travaillant pour la CIA ont les mêmes…  (à constater ici). Avion probable de la CIA, on comprend mieux les réticences à nous le divulguer ! Il est ici photographié à Prestwick (Glasgow) le 29 septembre 2011, l’aéroport étape relais européen vers l’Afgnaistan. Décommissionné (du moins c’est ce qu’on peut imaginer), il a alors été acheté par J&D Petroleum Co. de Tallahassee en 2016… qui serait donc la fameuse société qui a trafiqué, pour être saisi aussitôt et racheté à bas prix aux enchères (une excellente affaire donc, qui sent fort la magouille), puis remis à neuf pendant au moins deux ans par le Florida Department of Law Enforcement (autrement dit la Police) de Tallahassee qui en a pris possession le 10 octobre 2019 seulement. En lui ayant donc refait tout l’intérieur, déjà démonté une première fois par les militaires pour y installer leurs nombreuses modifications ! Malgré l’incident de 2019, il semble avoir intéressé depuis une autre entreprise de surveillance aérienne, Sunshine Land Survey LLC de Tallahassee, qui l’a acheté le 31 juillet 2020, c’est tout récent donc, pour qu’il reste N357RL !!! Un avion de surveillance de plus dans le ciel US : je reviendrai bientôt sur le phénomène qui est loin d’être isolé !!! Mais DeSantis n’en veut désormais plus, il a demandé à étudier l’achat d’un Cessna Citation à la place. Idée remise à plus tard, car il a déjà trop pompé le budget de l’Etat à promener ici et là sa famille à bord des avions de la Floride…

De janvier à juin 2019, un rapport au vitriol a en effet montré que 1311 personnes ont effectué 311 vols sans payer, aux frais de l’Etat de Floride, dont le gouverneur et des membres de sa famille ! Depuis, DeSantis voyage plutôt dans le Bombardier Global 5000 immatriculé N954L, de Jeffrey Soffer,  propriétaire de l’hôtel Fontainebleau à Miami Beach et du Big Easy Casino à Hallandale Beach !!! DeSantis ayant bénéficié déjà du soutien pour sa campagne de deux autres poids lourds financiers : Sheldon Adelson et Rebekah Mercer ! C’est cela l’Amérique de Donald : aucune éthique !!!

Un peu d’histoire avec Air Alex

En janvier 2019, un article orné d’un dessin de gros Beechcraft attire mon attention dans The Capitolist : il s’intitule « l’histoire véritable de la décision de Rick Scott de vendre les avions de l ‘Etat ». Bien documenté, il nous plonge dans les arcanes du pouvoir local avant son arrivée. Un vrai marigot, où l’on détourne à qui mieux mieux l’argent du contribuable : ce que les fans de Trump appellent le « swamp », le marécage des coups tordus. A l’époque, deux personnalités, une démocrate et une républicaine émergeaient du lot de prétendants au pouvoir : le procureur général républicain Bill McCollum, et la directeur financière Alex Sink, bien plus que le gouverneur du moment Charlie Crist (battu en , par le républicain Marco Rubio). Seulement voilà : le 25 juin 2009, l’influent St Petersburg Times les a mis en une de couverture avec deux caricatures annonçant les frais pour les contrubuables : 413 334 dollars pour Alex et 280 189 pour McCollum. Leurs dépenses en frais d’avion pendant leur mandature. Plutôt choquant ! Une vidéo balancée aux médias moque ouvertement « Air Alex », la compagnie imaginaire de la représentante démocrate dispendieuse (une vidéo plutôt hilarante). Une autre s’en prend à McCollum, qui n’a pas lui de problème d’embouteillage en effet : puisqu’il les survole ! Le directeur de campagne de Scott, le roué Tony Fabrizio, qui se cachait derrière ces révélations, pouvait sourire : il avait là de quoi les écarter facilement du titre : « étant donné que l’économie de la Floride était en ruine, avec un chômage à deux chiffres et un marché du logement en plein essor, Fabrizio savait déjà que les électeurs n’aimeraient pas entendre que les responsables de l’État avaient abusé de leur accès à des avions à usage officiel pour effectuer des voyages personnels aux Bahamas, ou à des collectes de fonds politiques, ou simplement pour se rendre à la maison pour le week-end. » (en France, rappelez-vous on avait fait de même avec Fillon embarquant dans les avions du Glam devenu Etec, l’Escadron de transport, d’entraînement et de calibration, pour se rendre dans son château dans la Sarthe -27 000 euros l’aller-retour- en fait une « tradition » républicaine dont avait aussi usé et abusé Roland Dumas pour aller voir sa maîtresse Christine Deviers-Joncour !). Il avait trouvé le bon angle d’attaque politique, en se faisant conseiller par le renommé Nelson Warfield, « un agent politique de longue date, un stratège, un expert en communication et maintenant, un créateur de publicité ». A deux ils ont concocté une courte publicité de 30 secondes, qui expliquait ses dépenses en trajets d’avions (celle fort moqueuse !), face aux plusieurs millions de dollars investis par McCollum en pub politique ! « Ça a marché. Surfant sur une vague d’insatisfaction des électeurs envers les politiciens de carrière et la direction de l’économie, Scott a battu McCollum le 24 août 2010. En quelques semaines, Fabrizio avait déjà dirigé la phase 2 de l’attaque, cette fois axée sur l’opposant de Scott aux élections générales, la démocrate Alex Sink « . Et là, Fabrizio a enfoncé le clou : avec l’esprit des électeurs amorcé par de nouvelles images de Sink circulant dans l’État dans un avion privé payé aux frais des contribuables, Fabrizio a préparé le coup de grâce: « début septembre, le candidat Scott a annoncé aux journalistes qu’il pourrait contribuer à réduire le le budget de l’Etat en vendant les avions de l’Etat. La réaction des médias a été typique, sinon sceptique. Scott était-il prêt à payer la note de ses propres vols pendant son mandat de gouverneur? Fabrizio lui avait déjà posé la question et connaissait la réponse. Non seulement Scott vendrait l’avion d’État et utiliserait son propre jet à ses propres frais, mais Scott a également déclaré qu’il n’accepterait pas de salaire » (Etant milliardaire, ce n’était pas un gros sacrifice pour lui !). Résultat, une fois encore ça a payé. Scott s’était bien gardé de préciser que voyageant sur son propre avion ça ne lui coûterait certes qu’à lui, mais que circulant sur celui d’une société tiers les contribuables devraient payer. Sans savoir que cet avion appartenait, on l’a vu, à sa femme, le couple continuant donc à s’enrichir sur le dos des contribuables, et doublement même, car les fonctionnaires de Floride, privés d’avions officiels pour sillonner la région non équipée de trains rapides, ont dû faire appel à des locations d’avions privés… dont ceux appartenant à la femme de Scott !! Ou comment rouler dans la farine les électeurs et creuser un peu plus profond encore le swamp, le marécage des politiciens véreux devenus gras crocodiles ! Scott au final avait battu Sink mais d’une marge fort étroite néanmoins. Tous les électeurs n’avaient pas été dupes de sa singulière roublardise ! Celle de la méthode évoquant beaucoup un certain Donald Trump, rompu à présenter aux électeurs un seul côté des choses seulement comme cette façon ignominieuse d’affirmer que s’il n’avait pas été là ce sont « des millions d’américains qui seraient morts du Covid19« ; façon pour lui de minimiser l’affreux score des personnes décédées, plus de 180 000 à ce jour ! Rick, lui a continué à se faire offrir depuis des vols : « les dossiers financiers de la campagne du Sénat montrent que Rick Scott a reçu environ 952 909,24 dollars en services d’affrètement aérien «en nature» depuis avril 2018, lorsque Scott a officiellement annoncé sa tentative de renverser le président démocrate sortant Bill Nelson. » Près d’un million de dollars de dépenses !

Ce si bon Rick, grand absent de la Convention 

On se rappellera aussi que Rick Scott, ce climatosceptique aujourd’hui sénateur de Floride avait fait un discours à la Convention de 2016 (4), en se présentant comme « ami de Donald Trump » (en essuyant alors quelques lazzis),  avec des mots et des phrases réentendus cette semaine : les « radicaux » qui veulent détruire les USA, ces « gauchistes » aidés soi-disant par les démocrates « pour atteindre le sommet de la colline «  (du pouvoir), ou bien que le « prochain président devra détruire », en dressant un tableau apocalyptique de la présidence Obama, avec du chômage et une économie mal en point, etc et la phase-clé (à 3;50 du début de son discours : « cette élection est à propos de la survie du rêve américain », qui a décidément bon dos et que l’on ressort à toutes les sauces et sous tous les assaisonnements chez les Trumpistes (comme cette semaine encore par Trump en personne !) laissant entendre que tout le monde peut devenir riche… en partant de rien alors que Donald a démarré assis sur l’épais matelas fabriqué pa son père, qu’il a vite dilapidé pour vivre toute sa vie à crédit. Et Scott de voler on l’a vu avec ses avions, mais subventionnés par ses concitoyens !!! Quel bel exemple de réussite pour ses concitoyens ! Ou annonçant encore ce jour-là « vouloir virer les politiciens », et souhaiter un président « incorrect », dans « un pays qui aurait des frontières, « un président qui ne rechignerait pas à dire que les islamistes radicaux alimentent le terrorisme » la salle éclatant alors sous les applaudissements au nom d’Hillary Clinton qui a failli selon lui…. et s’écriant « lock her down », le slogan des ultras de la campagne de Donald ! Les gens dans la salle ignoraient sans doute que Scott, l’année précédente, l’homme qui a fait fortune chez  Hospital Corporation of America, la plus grande entreprise d’assurance-santé aux États-Unis (5), le contraire même de l’Obamacare, avait autorisé la firme russe Kalachnikov à produire ces armes en Floride et lui avait même facilité la tâche en l’allégeant fiscalement: une version de « make russia great again » sans doute ! Sans oublier d’avoir facilité l’installation d’un firme profiteuse de guerre comme Draken, qui vole aujourd’hui français, sur Mirage F1 Dassault (ici à droite) !!!

Rick Scott n’était donc pas là à cette Convention en forme de chambre d’enregistrement à unique candidat. Il n nous a pas trop manqué. D’autres aussi étaient absents que nous verrons demain si vous le voulez bien…

(1) même si on semble un peu avoir exagéré les « dégâts ». Surtout chez les russes !

(2) il en possède toute une flotte, acquise en 2014 et 2015 : N881UP, N848UP, N817UP, N841UP, N879UP, N820UP, N862UP, N824UP, N863UP, N826UP, N847UP, N834UP, N825UP, N833UP, N820UP, N868UP, N823UP, N830UP, N890UP, N833UP, N832UP, N802UP, N843UP,N842UP, N860UP, N808UP, N854UP, N805UP, N858UP, N838UP, N829UP, N821UP et N822UP.

(3) l’exemple vient d’en haut de ces bizarretés volantes  : l’autre avion utilisé en 2015 et 2016 par Trump dans sa campagne présidentielle n’était pas en règle cette dernière année-là avec la FAA !! Le Citation X 750 de 1997, immatriculé N725DT, (ex N923VP et N923QS), enregistré chez DJT Operations CX (il en descend ici à droite), avait en effet une licence de vol non renouvelée à la FAA : elle avait expiré au 1er février 2016 !! Donald n’avait même pas le droit de voler avec !

(4) dixit Scott : « Nous avons besoin d’un président politiquement incorrect et qui le dira tel qu’il est, nous avons besoin d’un président qui n’a pas peur de Washington, nous avons besoin d’un président qui ne croit pas que le gouvernement est la réponse à tous les problèmes. qui reconnaît que les grands pays ont des frontières. Nous avons besoin d’un président qui ramènera des emplois américains en Amérique. Nous avons besoin d’un président qui n’a pas peur de dire «terrorisme islamique radical». Et nous avons besoin d’un président qui effacera Daech du visage de la Terre. »

(5) il en a été débarqué en 1997 à la suite d’un scandale financier, qui a vu la firme accepter de payer1,7 milliard de dollars de dommages-intérêts à l’État fédéral pour avoir fraudé Medicare ! La plus large fraude de l’histoire à l’époque !!! Sans jamais pour autant avoir été poursuivi judiciairement ! Sidérant !!! En 2010 il est élu en dépensant la somme astronomique de 75 millions de dollars pour sa  campagne ! De là à « le choisir comme responsable du remplacement de Medicare par Trump est un mauvais gag »avait écrit dans le Los Angeles Times Michael Hiltzik. (…) « au cours des neuf dernières années, ces attaques ont glissé sur Scott comme s’il était du Téflon. Lors des élections de 2010, 2014 et 2018, il a contrecarré des millions de dollars de publicités sur l’affaire de fraude avec un message hyper-discipliné soutenu par sa propre richesse personnelle. Il a dépensé environ 150 millions de dollars de sa fortune au cours de ses trois tentatives électorales, sortant victorieux – par la plus mince des marges – dans chacune. Scott a ignoré les allégations de fraude comme étant liées aux actions des personnes en dessous de lui. Dans son rôle de sauveur de la santé de Trump, il s’appuie sur son expérience à Columbia / HCA (pour Hospital Corporation of America et son Healthcare, la firme possédait 350 hôpitaux avant de se planter !). «J’ai dirigé la plus grande entreprise hospitalière», a déclaré dimanche lors d’une apparition sur CBS ‘Face the Nation. « Je me soucie du coût des soins de santé et c’est ce sur quoi je me suis concentré. » Scott a toujours comparu de concert avec Trump pour vouloir abroger la loi sur les soins abordables, la réalisation législative historique du président Barack Obama. Avant même de se présenter aux élections du gouverneur, il a lancé un groupe politique pour lutter contre les réformes d’Obama. En 2011, Scott a défendu le procès de la Floride pour annuler Obamacare et a sapé les efforts visant à étendre Medicaid en vertu de la loi, refusant à des millions de Floridiens à faible revenu des soins de santé. » Et aujourd’hui encore, le milliardaire Scott, pas plus que Trump, n’a le souci des plus pauvres : « À l’heure actuelle, la Floride est le pire État du pays en matière de paiement en temps voulu des travailleurs sans emploi. Les données préliminaires indiquent que seulement 27% des demandeurs ont été payés à temps au cours des trois derniers mois. L’année précédant CONNECT, le taux de paiement à temps était de 78%. »

 

Le journal citoyen est une tribune. Les opinions qu’on y retrouve sont propres à leurs auteurs.

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