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Le petit monde de Donald (10) : la harpie reaganienne et le pizzaiolo golfeur

A ce jeu particulier du Tweet vengeur journalier auquel se livre Donald Trump, son activité vraiment phénoménale inquiète ou pose question.  Manifestement, il ne peut pas à lui seul assumer tout ce débit. C’est une évidence, confirmée par la découverte de celui qui se cache derrière cette méthode pour le moins inédite de communiquer pour un président.  A notre grande surprise, on a trouvé un homme qui n’a rien d’un communicant professionnel, ce qui explique beaucoup de choses sur ces tweets, jusqu’à la laideur insondable de certains graphismes joints, ou la pratique devenu virale des « Memes », emprunté à des sites… classés X !  Avec Donald, en effet, la politique est devenue tout simplement pornographique !

K. T. McFarland 

Trump sélectionne ses hommes (et ses femmes) selon un seul critère : ce qu’il a pu en voir sur ses écrans de télé, le soir ou la nuit (en sirotant son hydroxychloroquine ?).  Ça donne souvent un grand n’importe quoi, qui peut devenir gênant pour la politique étrangère, où il est lui même une bille complète (« acheter le Groenland » rappelez vous !). Exemple ici avec une dame bien particulière. Elle s’y croyait (enfin) arrivée à un poste au ministériel, l’ambitieuse »KT ». La lumière, enfin, pour elle, après 40 années passées dans l’ombre des plus grands. KT, pour Kathleen Troia McFarland, entrée jeune, en 1970 (à 19 ans) à la Maison Blanche, au service de Nixon pour taper de nuit les mémos à présenter le matin au président. Puis elle est passée au service de Gerald Ford et après chez Ronald Reagan, devenant membre Senate Armed Services Committee après avoir rédigé un mémoire sur l’armement nucléaire (rédigé sur plusieurs années), elle est devenue « naturellement » porte-parole du Pentagone et ce jusqu’en 1984. Politiquement c’est elle qui a remplacé au pied levé Jeanine Pirro lors de l’élection de 2006 perdue contre Hillary Clinton (cf notre épisode N°2 ici), une campagne teintée de fausses accusations contre son opposant républicain à la nomination, ou contre Clinton, et des erreurs manifestes comme celle d’adresses différentes d’habitation : du grand amateurisme de sa part. Imbue d’elle-même, elle ne s’était en effet pas intéressée à ces détails. Elle se fera doublée par John Spencer qui sera au final lui largement battu par Clinton.

En 2009, on la rencontre à Time Square, à une réunion du Tea-Party, évoquant le problème de la dette US détenue par Pékin et clamant vouloir s’en libérer comme par magie. Pour Politico, à ce moment là, comme en 2016, elle n’avait donc pas les reins assez solides pour jouer à nouveau un rôle politique, alors qu’elle semblait pressentie dans l’équipe de Trump. Pas de carrure, pas de charisme, le sens du vent uniquement. La voici en attendant recyclée en 2010 commentatrice chez Fox News, vous vous en seriez douté,  pour un talk-shaw au nom très guerrier « Defcon 3″, dans lequel elle énonce ses idées de droite bien frappées, sa haine de l’islam ou des attaques continuelles contre Obama : bref, un vrai faucon femelle (ici à droite ci-dessous de ses invités et ami, Michael Flynn, venu enfoncer Hillary Clinton pour éviter d’avoir à parler de ses contacts russes dont on n’entendra pas un mot bien sûr durant l’entretien. Il reviendra plus tard parler avec elle de la situation en Irak. Tout est visible ici. Des interviews pour ahaner des banalités sans aucun intérêt : c’est du vide complet, de la géopolitique de quartier faite avec beaucoup de prétention surtout et préparée par-dessus la jambe avec des image d’archives prises sur une étagère. En 2008, elle devient membre de la Jamestown Foundation, là encore sans surprise; c’est bien barre à droite toute chez elle.  S’y ajoute chez elle d’applaudir au Brexit bien sûr, de souhaiter raser l’Iran (ici avec Joel Rubin, le Deputy Assistant Secretary for House Affairs) où elle franchit le Rubicon en déclarant un soir que Vladimir Poutine devrait avoir le prix Nobel pour son action en Libye (ici elle est à droite avec Fiona Hill qui viendra déposer lors de l’Impeachment) !

En novembre, elle reçoit un coup de fil d’un de ses admirateurs sur Fox (un admirateur du vide ?). Le téléphone est celui de la Maison Blanche, car Trump vient de décider sur un de ses coups de tête de la nommer conseillère ou Deputy National Security Advisor exactement « McFarland a également attiré l’attention de Trump lui-même, selon des sources. « En tant que gars qui regarde Fox tout le temps, je pense qu’il l’a essentiellement vue là-bas, a vu à quel point elle était présente », a déclaré le conseiller politique républicain Ed Rollins, qui a conseillé la campagne 2006 de McFarland. Il a ajouté que McFarland «est devenu proche des deux fils – en particulier Eric (Trump), qui est beaucoup là-bas. C’est comme ça qu’elle a développé sa connexion. »  En fait elle a été portée à ce poste sur les recommandations d’Henry Kissinger, mais aussi de Michael Flynn, qu’elle connaissait très bien depuis longtemps.

Une fois arrivée en place, elle a déployé un zèle peu commun, vantant tous les jours les mérites de « son » nouveau président. La flatterie, il n’y a que ça qu’il connaisse et elle le sait très bien. Quelqu’un ici l’a résumé parfaitement :  «Ce n’est pas un penseur – mais, plus important encore dans ce travail, pas une faiseuse (elle ne crée rien et ne propose rien de neuf)  … Quiconque a regardé son émission sait qu’elle est une sorte de suiveuse, quelqu’un qui obtient tous ses points de discussion sur la page Web du Comité national républicain.. ». Encore une fois, on retombe sur ce système circulaire qui fait que l’un est le miroir de l’autre : les aspirations politiques font les choix éditoriaux des chaînes TV et les commentateurs se muent en ministre, décidant à la place des politiques qui ne font plus que mettre en œuvre des directives imaginées sur les plateaux de télévision et inversement.  Avec FoxNews et Trump la frontière journalisme-politique n’existe plus !!!

Ecartée

C’et le New-Yorker qui raconte la suite : »pendant la transition, McFarland a forgé une relation de travail étroite avec Flynn. Quand ils n’étaient pas en réunion ensemble à Trump Tower, Flynn et McFarland communiquaient fréquemment par téléphone et par e-mail. En décembre 2016, Kislyak a contacté Flynn pour discuter des sanctions imposées par l’administration Obama pour punir le Kremlin pour s’être ingéré dans l’élection présidentielle américaine. Flynn a consulté McFarland sur ce qu’il devait, le cas échéant, transmettre à l’ambassadeur de Russie. Pour des raisons qui restent obscures, Flynn a faussement déclaré au vice-président Mike Pence et au F.B.I. qu’il avait jamais discuté des sanctions avec Kislyak. Ces erreurs ont conduit à la démission de Flynn et, plus tard, à son plaidoyer de culpabilité pour avoir fait de fausses déclarations au F.B.I ».

Après le départ de Flynn, McFarland a tenu la boutique espérant bien sûr devenir vizir à la place du vizir. Mais le  20 février, Trump choisit H.R.McMaster en remplacement de Flynn, qui souhaite son propre adjoint, et non McFarland. Trump lui propose alors comme (gros) lot ce consolation le poste d’ambassadeur à Singapour… une façon aussi de l’écarter, c’est évident, de l’enquête en cours sur Flynn. Pour certains observateurs, la décision de l’envoyer à Singapour ne venait même pas de Trump qui ne comprenait même pas à ce moment-là ce qu’on pouvait lui reprocher, pas plus qu’à Flynn d’ailleurs (pour Trump, offrir des secrets d’Etat aux russes était un processus normal!)  !!! Le 1er décembre (2017), tout s’accélère avec le rapport de Mueller qui la met dans le même sac que Flynn, avec au passage Jared Krushner : ils ont tenu ensemble une réunion à trois à la Trump Tower pour « briefer » Flynn sur ce qui devait être dit ou pas sur le contact avec les russes en cas d’enquête du Congrès ou du FBI : la voici devenue une des clés de l’affaire !!! La pression devient alors trop forte ; le 2 février 2018, elle abandonne l’idée de devenir ambassadrice à Singapour, ce qui serait alors perçu comme une fuite. Trump salue « sa décision courageuse« , bien entendu. Sa carrière s’arrête là…

Enfin pas tout à fait : le 22 avril, la revoici encore sur FoxNews, décidément, chez Lou Dobbs, bien endormi, affirmer que Trump est vraiment « brillant«  face à l’Iran en ayant menacé de tirer sur ses bateaux, et ressortir la parole divine de Washington qui dit que la Chine est la grande responsable de la pandémie…une « arme biologique » (« The Wuhan virus ») ! Elle cite même du Eastwood, en ressortant la célèbre « Make My Day » aux chinois…  Elle souhaite une guerre mondiale, cette harpie : c’est incroyable !!! Au passage elle réussit surtout à faire la promo de son bouquin sur laquelle elle a mis son visage.. d’il y a un paire de décennies !!! Son sous-titre : « Why i join the Trump révolution« ... rideau, là !!!

Entre-temps elle s’était illustrée comme « conseillère » avisée de Trump, en citant des couvertures de Time qu’aurait réalisées son Donald durant sa fabuleuse carrière pré-présidentielle, dont une parlant déjà des effets du réchauffement climatique  : or il s’agissait de deux vieux fakes qui circulaient depuis des années !! Prise sur le fait, cette quiche véritable tentera de se défendre en parlant de « fake, but accurate » !!! Vox aura la dent dure avec l’événement : « Trump est une ardoise vierge entourée de scribes idiots », écrira le magazine :  McFarland – une «analyste» de Fox News que Trump a choisi comme conseiller adjoint à la sécurité nationale, a continué même quand cela lui a coûté son premier choix pour un conseiller à la sécurité nationale (pour remplacer Michael Flynn) et a finalement été rétrogradée ambassadeur à Singapour – trouve que les «scientifiques ont prédit le refroidissement global dans les années 70» convaincant. En fait, elle trouve cela si convaincant qu’elle pense qu’il faut le porter d’urgence à l’attention du président des États-Unis. Trump est tombé après d’accord. Il n’a pas hésité. Et puis après son personnel a couvert pour lui le non-sens du «faux mais précis». C’est le cycle que décrit l’article de Politico: Trump l’ardoise vierge, menée par des idiots saisissants, protégé des conséquences par des facilitateurs. C’est un véritable gâteau d’incompétence et de mensonge ». 

Plus sidérant encore : des couvertures fausses de Time… il y en a en fait plein dans les salons de ses clubs de Golf, à Donald (la seule vraie est ici elle date de 1989) !!! Même chose à l’entrée de Mar-a-Lago, avec celle citée par McFarland, justement ! Celui qui nous bat les oreilles de « fake-news » à son encontre en étale lui-même dans ses propriétés !!!

Quand Trump patinait

L’une de ses récentes sorties vaut le détour:  c’est à lire ici. Ça s’intitule « La réponse du coronavirus de Trump pourrait être sa meilleure heure ». Non vous ne rêvez pas et vous avez bien lu. On a dépassé les 100 000 morts, mais Trump n’y est pour rien, il a tout bon, selon elle ! C’est du tragi-comique à vrai dire. Pour étayer l’idée d’un Trump grand organisateur, elle cite le cas du quartier de Wollman Rink à New-York. Elle le présente comme un quartier de dealers dans les années 80 (« panhandlers and vagrants »), plein de seringues, alors qu’à cet endroit, en fait un parc, avait lieu des festivals de jazz ou de réputés, qui a été aussi montré en film, dont Love Story. Trump avait négocié dans les années passées avec le maire Kock, la rénovation des lieux en peu de temps… à un prix raisonnable… en ordonnant à HRH Construction de ne pas faire de bénéfices sur ses travaux (en échange de faire de la pub pour eux pour leur « civisme »)…  La patinoire déjà présente et une fois rénovée et sa concession est accordée à Trump… et le prix de son ticket d’entrée doublé (on y patine d’octobre à avril). Pour elle, c’est cela la réussite chez Trump : d’avoir construit une patinoire marchant grâce à un système « génial » plus simple, emprunté en fait aux stades de hockey canadiens. La mairie de New-York étant elle partie sur l’usage du fréon, coûteux et pas au point. C’est ce qui lui sert de comparaison tirée par les cheveux pour affirmer que la gestion de la crise du Covid par Trump est aussi sinon plus efficace encore…. « Personne ne sait à ce stade si le coronavirus ravagera notre nation, causera des ravages prolongés sur le marché boursier ou conduira à un ralentissement économique d’une ampleur considérable. Mais jusqu’à présent, les actions de Trump ont toutes les marques de son approche de la marque de fabrique. Le président a institué des contrôles aux frontières et des interdictions de voyager dès le début, malgré les critiques selon lesquelles il agissait prématurément (c’est celle-la la meilleure je pense car c’est le contraire qu’on lui reproche !!). Il a créé une approche pangouvernementale pour faire face à la crise, a pris des mesures pour calmer un marché boursier nerveux et fait pression pour de nouveaux tests plus précis et la création d’un vaccin. Contrairement à la plupart des politiciens professionnels, Trump n’a pas peur des crises. Je pense honnêtement qu’il les savoure (ça c’est exact, car il a même dit qu’à moins de 50 000 morts ce serait un « bon job » de sa part et qu’il s’en réjouirait !!!). Il n’y a rien qu’il aime plus que de se charger personnellement d’un défi apparemment insurmontable, en particulier lorsque d’autres se tordent les mains ».

On vient de dépasser 100 000 morts, et je pense plutôt que face au Covid19, Trump patine sec… plutôt ! McFarland n’est décidément pas très attentive : elle aurait un peu plus regardé en détail le projet de rénovation de la fameuse patinoire, qu’elle serait tombée sur cette photo à droite. Celle de Donald avec à ses côtés un père richissime… le vrai financier de l’opération, qui avait vite compris que c’était l’endroit rêvé pour faire faire au fiston ses premiers pas en politique !

Dan Scavino Jr

Pour mélanger tout cette tambouille infecte, il fallait un cuisinier. Oh, pas un trois étoiles Michelin : avec ce que connait Donald de la gastronomie (burgers et coca) un simple pizzaiolo, par défaut, suffira. Un fils d’immigrants italiens, qui, ça tombe bien, a aussi bossé (brièvement) pour Coca-Cola !!! Enfant, il a démarré à 16 ans caddie sur le golf du Briar Hall Country Club, devenu le Trump National Golf Club de Westchester. C’est là où il a rencontré Donald, qui a acheté le golf. Il a fini par en devenir le responsable ! Son prédécesseur était une femme, Carolyn Kepcher, (ici à gauche) qui a eu la mauvaise idée de s’inscrire à l’émission
The Apprentice, comme assistante de Donald, et non comme candidate, mais qui a fini par s’en faire virer elle aussi et en même temps perdre sa place au golf: chez Trump, la peine est souvent double. Il en avait aussi profité ce jour-là pour se passer de George H.Ross et mettre à sa place  Ivanka et Don Jr Trump : non non vous ne rêvez pas c’est bien ce qu’il a fait… la famille d’abord chez lui !

Don Scavino est recruté comme responsable médias de la campagne de Donald en 2015, alors que personne ne l’a jamais vu aux commandes d’une caméra.  En revanche il ne lâche jamais son téléphone portable Apple et utilise régulièrement des ordinateurs (un Apple encore). Comme son patron n’utilise que Twitter (aucun ordinateur de présent dans les différents bureaux de Donald) ça tombe bien. « Le compte Twitter de Trump, plein de réflexions aléatoires, de points d’exclamation, d’insultes grossières et de fautes de grammaire, est une extension sans faille de son personnage public. Ses publications, qui peuvent changer le cours de cycles d’actualités entiers, enfreignent à peu près toutes les règles de campagne. Alors que le précédent candidat présidentiel républicain, Mitt Romney, avait une équipe de plus de 20 conseillers examinant chaque tweet, les réflexions de Trump sont souvent non filtrées, directement de la source. Scavino n’entend souvent parler d’elles qu’après les avoir vues  via une alerte sur son téléphone ». Ceci pour les interventions « live », mais il y en a d’autres on s’en doute, celles qui sont rectifiées depuis l’épisode hilarant du « covfefe » du 31 mai 2017 (« coverage » au départ !) … Le jour de l’erreur, le porte-parole Spicer était allé raconter à la presse que ce n’était PAS une erreur, mais « un code connu de quelques uns seulement », ou comment dissimuler une connerie par une théorie du complot !!!; D’autres donc bossent dans l’ombre à la Maison Blanche ;  « lorsque le candidat travaille à Trump Tower à New York, a déclaré Scavino, il dicte généralement ses tweets aux membres du personnel qui sont assis près de son bureau. « Quand il veut sortir quelque chose, il le dictera aux filles », a déclaré Scavino. En campagne, Scavino lui-même prendra la dictée et la postera pour lui. Cette approche est peut-être à la fois une source de succès et une faiblesse pour Trump. Les partisans trouvent cela authentiquement rafraîchissant dans un monde d’opérations présidentielles autrement désinfectées, mais les messages de Trump sont souvent entachés de fautes d’orthographe et de fautes de grammaire – comme quand il appelait son rival Marco Rubio « leightweight chocker »au lieu de « lightweight choker. » D’autres insultes vont trop loin ou incluent des erreurs embarrassantes, comme lorsque son compte a posté une image de ce qui était censé être un soldat américain devant un drapeau américain, mais était en fait une photo d’adeptes de la reconstitution en uniformes militaires nazis allemands (ici à droite), bien que cet incident se soit produit avant que Scavino ne rejoigne la campagne. (Trump a semble-t-il des problèmes avec le drapeau US… et il fait fabriquer ceux de sa campagne en Chine : si ça se trouve, ce sont ses drapeaux qui ont importé le Covid19 !).

Le caddie Tweeteur en chef

Qui Tweete de la Maison Blanche donc ?  Trump ou Scavino ? Les deux en fait !!! Une information a fuité à ce propos le 5 octobre 2017 avec ce qui semble bien avoir été une fausse manip’ : « Une petite erreur de manip’ qui offre une vue plongeante derrière la communication de Donald Trump. Un message du président américain, posté mercredi sur Twitter, est apparu au même moment sur un autre compte – avant d’être effacé presque immédiatement –, suggérant que la même personne était, à l’occasion, derrière les deux.  Le tweet en question, toujours visible sur le compte officiel du milliardaire, est une réponse à une information de la chaîne NBC News, selon laquelle le secrétaire d’Etat de Donald Trump, Rex Tillerson, aurait traité son patron de « crétin » en juillet dernier, et envisagé de démissionner. « NBC News #FakeNews est encore plus malhonnête que CNN. Ils sont une honte pour le journalisme. Pas étonnant que leurs audiences soient en chute libre. » Une accusation de fake news contre les médias et une vanne sur les audiences, jusque-là rien d’anormal pour un tweet de Donald Trump… sauf que le même message a été posté simultanément sur celui de Dan Scavino, le chef des réseaux sociaux à la Maison Blanche. Une bourde qui laisse penser que « l’homme de réseaux » du président est sans doute derrière un certain nombre de posts du milliardaire ».

« Dan Scavino, que le site Politico qualifiait en juin « d’autre @realdonaldtrump », « d’alter-ego » et de « mini-moi » du président, a commencé à travailler pour Donald Trump comme caddie sur les parcours de golf, avant de devenir l’un de ses hommes de confiance. « Il tape souvent les tweets sous la dictée de Trump, et a le chic pour imiter son patron sur Twitter », raconte Politico. Homme de l’ombre, il a pourtant déjà été impliqué dans des polémiques déclenchées par les réseaux sociaux, comme ce tweet en juillet 2016 d’une photo d’Hillary Clinton sur fond de billets de 100 dollars accompagné du message « la candidate la plus corrompue de tous les temps », dans une bulle en forme d’étoile de David. L’illustration sélectionnée par le responsable des réseaux sociaux, jugée antisémite, avait finalement été retirée et l’étoile remplacée par un cercle. Pendant l’ouragan Irma, Dan Scavino avait aussi posté sur son compte Twitter personnel une vidéo censée montrer l’aéroport de Miami sous les eaux, qui s’était avérée être un fake ».C’était une vidéo de l’aéroport de Mexico du mois précédent. Pour quelqu’un qui descend régulièrement à Miami avec Air Force One depuis que son ami Donald joue au golf… avouez qu’il n’est ni très observateur ni très fûté, le grand timoniers des médias US !!! Pas fichu de repérer ça, avouez qu’il faut le faire exprès.. ou être idiot !

Lors de la campagne électorale, en effet, plusieurs dérives ont été notées, la plus significative étant celle de l’image postée attaquant Hillary Clinton, ornée d’une étoile à 6 branches une image retirée et remplacée par la même avec un rond. Comme il est en plus rancunier (très !), en 2016, le 7 juillet, Trump tweetera une image de la Reine des glaces (ici à droite) avec une étoile à 6 branches en s’interrogent si ça aussi c’était antisémite. En oubliant que Disney, lui, ne se présentait pas à la présidence ! Il a vraiment tendance à tout confondre et tout mélanger !

Ce rôle insidieux de Scavino, quelqu’un en est persuadé en tout cas. Une animatrice de télévision et commentatrice politique sur Fox News, qui a rejoint NBC News en  janvier 2017, dont elle a été licenciée le 26 octobre 2018, « Megyn Kelly a déclaré mardi soir que l’un des plus proches collaborateurs de Donald Trump était en partie responsable de la vague de menaces violentes qu’elle et d’autres journalistes avaient reçues en ligne ces derniers mois (avant son licenciement avec sa déclaration sur le « black face » dont elle avait en fait minimisé la portée) » La grande majorité des partisans de Donald Trump ne sont pas du tout ainsi  », a déclaré Kelly lundi soir lors d’une signature de réservation à Washington DC selon le Guardian. « C’est le coin le plus éloigné d’Internet qui profite vraiment de la méchanceté et des menaces et, malheureusement, il y a un homme qui travaille pour Donald Trump, dont le métier est de remuer ces gens et cet homme doit cesser de faire ça. » Elle a ensuite ajouté: « Son nom est Dan Scavino. » Trump est avant tout rancunier, on le sait, et il en voulait à Kelly de sa présentation au début des primaires qui l’avait vexé (elle l’avait attaqué sur son rapport -violent- avec les femmes), et il a lâché son chien de garde sur elle... C’est très bien décrit ici . Et c’est glaçant ! L’ancien garçon de golf est en fait le chef de meute d’un Trump qui ne supporte en rien d’être critiqué. Et comme le roi des loups n’a aucune culture, comme d’ailleurs son maître qui n’a jamais lu un seul livre de sa vie, ça donne des effets désastreux. La communication de la première puissance mondiale est en résumé gérée par ce qu’on peut appeler sans hésiter… un « beauf « !!!

Il est vrai aussi qu’il a besoin de quelqu’un en garde-fou, pour ses Tweets, Donald, : il est d’un bêtise insondable on le sait et on peut donc facilement le piéger. Un comédien anglais dénommé Philip Bradbury, alias « feckhead », l’a particulièrement ridiculisé le 29 septembre 2014 en l’amorçant avec une phase anodine sur la mort de ses parents dont il souhaitait que Trump re-tweete le nom en hommage. Ce qu’il s’était empressé de faire, croyant y gagner en empathie, son plus gros déficit connu. Le problème c’est que la photo montrée était celle du pire couple d’assassins ayant jamais existé, les époux Rose, Fred et Rose, qui avaient violé et tué 11 enfants entre 1973 et 1979. Le temps de s’en rendre compte et le Tweet avait disparu, Trump menaçant de faire un procès et le net sombrant à la suite dans un délire des plus hilarants en proposant qui, Joseph Staline en Uncle Joe, ou qui, « papa » Dark Vador, ou même comme grand-père… Hitler, à célébrer lui aussi  !

Le danger des « mèmes » 

Des tweets agrémentés parfois de montage photos d’un goût douteux, issus d’une culture beauf patente. A chaque fois ces montages paraissent fort amateurs, et plutôt de mauvais goût. L’équipe de graphistes recrutée par Scavino ne sort pas d’une école d’art, mais d’une salle de geeks de jeu vidéos, à l’évidence. Mais on n’a encore rien vu avec eux. En 2o17, un utilisateur anonyme du site Reddit, très prisé comme on le sait par l’extrême droite, publie, sous le pseudonyme « Deepfakes », plusieurs vidéos pornographiques qui ont comme caractéristique d’avoir les visages d’acteurs remplacés par d’autres acteurs d’Hollywood mais aussi… par des politiciens. Le principe est simple, avec un seul logiciel c’est suffisant, on y arrive : FakeApp, basé sur TensorFlow, de Google on peut en effet modifier les films en faisant calculer les ‘frames » nécessaires dans le Cloud, désormais et non plus chez soi. Ici à droite c’est « bébé Elon Musk », comme résultat, par exemple !

En décembre, le magazine Vice, qui appartient à un fascisant notoire Gavin McInnes (leader du groupe fasciste Proud Boys), donne la recette du procédé dans un long article, ce qui donne des idées à des tas de gens. La déferlante peut commencer.  A noter qu’un logiciel vocal permet aussi de modifier les voix des gens, le premier à tenter l’expérience étant… Mark Zuckerberg pour une publicité !!! Les premières tentatives sont plutôt amusantes en fait, mais c’est bien Trump qui s’en sort le mieux à chaque fois ! Celle-ci signée Mad « Meme Warrior » Liberals est plus réussie et drôle mais est meilleure en noir et blanc, voici l’original).  Des marrants mettront la tête de Cruz à tous ses danseurs !

En avril 2016, c’est le premier essai… déjà violent avec le détournement de Gladiator, où l’on pu apercevoir au détour d’une scène un Obama en turban, charge raciste bien sûr. Bizarrement on y voit aussi… Kalr Rove (et Megan Kelly) en adversaire à tuer ! Pour Gladiator, une autre tentative similaire mais simplifiée d’habillage en sous-titres circulera aussi en mai 2017. 

L’obsession pour les romains a une origine en tout cas : le 1er juin 2019, on avait appris que Steve Bannon, viré de l’équipe mais exerçant toujours à distance une emprise sur l’équipe Trump, associé à Benjamin Harnwell -ici à gauche- du Dignitatis Humanae Institute, souhaitait ouvrir une « école de gladiateurs » dans un monastère italien »… ses « gladiateurs » étant bien entendu des « nationalistes d’extrême droite » !!! En Italie, où un carnaval avait érigé une statue de Trump en empereur romain ! Or ce projet, un temps bloqué, vient de nouveau (le 27 mai dernier) d’être autorisé par la justice italienne : » la très attendue « Académie judéo-chrétienne pour l’Occident » s’ouvrira le 1er juin qui, pour l’instant, sera un enseignement à distance en ligne, géré et réalisé directement par les États-Unis » a indiqué Harnwel, Bannon ajoutant : « Nous sommes restés fidèles au monastère, à la communauté et à l’Italie pendant cette pandémie, alors qu’il aurait été facile de partir. Nous lançons maintenant le programme d’apprentissage et de formation qui rendra le monde plus prospère, plus sûr et plus sain pour tous »… un monastère, réservoir à nazillons !

Ce n’était rien encore, avec cette extrême droite toujours à l’affût. Le New York Times, le 13 octobre 2019, révèle une vidéo appelée « The Trumpsmen: The Maga Service », qui a été projetée en boucle à Mar-A-Lazgo, le fief de Trump, lors d’une soirée intitulée American Priority, où l’invité principal (en 2020) était Trump Jr et sa nouvelle conquête. On y voit un détournement d’une rare violence du film « Kingsman: Services secrets », une comédie d’espionnage britannique sortie en 2015, dans laquelle le visage de Trump est celui de l’assassin qui abat des dizaines de visages de journalistes estampillés du nom de leur chaîne honnie et qui s’en prend aussi au Sénateur McCain, décédé l’année précédente, sa famille ayant décrété la présence de Trump comme n’étant pas indispensable et ça ne lui a donc pas plu du tout. Sont assassinés clairement dans le clip Mit Romney, bête noire républicaine de Trump, Bernie Saunders, Barrack Obama et Hillary Clinton !!! « Ce n’est pas la première fois que des partisans du président font la promotion de la violence contre les médias dans une vidéo qu’ils semblent trouver amusante, mais c’est de loin la pire », a tweeté CNN. La chaîne de télévision a estimé que Donald Trump, la Maison-Blanche et son équipe de campagne devaient dénoncer ce clip faute de quoi cela pourrait « être considéré comme un soutien tacite à la violence . Selon l’organisateur de l’événement, intitulé « American Priority » et qui s’est tenu la semaine dernière dans le club de golf de M. Trump à Miami, le clip a été montré dans le cadre d’une exposition sur les Internet memes (en français les « mèmes Internet », des contenus repris et déclinés en masse sur Internet). Le 14 octobre 2019, Twitter suspend le compte d’un dénommé Carpe Donktum pour violation du droit d’auteur selon Universal Music Group. (sur le film original).

L’auteur de l’horreur graphique a en effet été repéré, il s’appelle « Carpe Donktum« (un pseudo, bien sûr, son vrai nom est Logan Cook, révélé par le Washington Post) et sa page Twitter le présente comme un « Eternally Sarcastic Memesmith specializing in the creation of memes to support President Donald J. Trump« . L’homme est particulièrement imbu de lui-même et bien sûr n’a que des amis … d’extrême droite, comme ici Laura Loomer, autre caricature vivante, ancienne assistante de James O’Keefe, venue du magazine canadien The Rebel Media. Pour elle, les derniers attentats perpétrés dans les écoles (Santa Fe, au Texas, et Parkland, Floride,) sont par exemple des falses flags ! Le 18 mai 2020, nouveau détournement, moins violent mais beaucoup plus ridicule avec celui d’Independence Day,
toujours du même auteur, déjà un superbe navet au départ, un film promu en premier par… Trump Jr !. On y voit défiler tous les soutiens de Trump, dont une qui va retenir notre attention bientôt… Le créateur du compte « Mad-Liberals » qui a diffusé la première vidéo a bien rencontré Trump dans le bureau ovale en juillet 2019 avec son associé créateur de mèmes Carpe Donktum. Et Trump les a qualifiés de «génies» ce jour-là…. quelle pitié ! Un « génie » fort apprécié de Scavino, visiblement, qui lui renvoie le 5 juillet 2019 en Tweet un énième montage ou Carpe Donktum est mis en scène... par le dénommé Power Tie cette fois, en détournant Forest Gump ! Le slogan de « Power Tie », (où on retrouve sans surprise Cernovitch et Jack Posobiec ! ) qui s’affiche  pro-Trump lui aussi ? « Notre mission est de créer un public plus informé, mis au défi et revigoré par une compréhension plus profonde des vidéos stupides »... soit exactement le contraire de ce qu’il propose ! C’est un vrai gang de désinformateurs cette Trump Troll Army !

La facho Academy à la Maison Blanche

Plus gênante est la photo (ici à droite) du fameux « Carpe » Cook, en costume, aux côtés de… Mike Pence, l’évangélique (ex catho), que les scènes de violence ne semblent donc aucunement gêner… (la Bible en est pleine il est vrai !).  La photo, en prime, a été prise au Social Media Summit qui s’est tenu à la Maison Blanche le 11 juillet 2019. Une invitation surprise mais qui montre que ces vidéos idiotes et sanglantes plaisent beaucoup à Donald (et à Scavino !) , comme le décrit The Verge  : « le sommet a plutôt été peuplé de fabricants de mèmes, de fondateurs de réseaux sociaux alternatifs et d’activistes conservateurs. La liste des invités est si éloignée du sommet politique de la Maison Blanche avant l’ère Trump que même les invités n’étaient pas sûrs que l’invitation soit réelle. Voici le reportage d’Elizabeth Culliford pour Reuters: Lorsque le créateur de mèmes conservateur Carpe Donktum a reçu une invitation à un sommet de la Maison Blanche, il pensait que l’e-mail pouvait être du spam. « J’ai posé la question parce que je ne savais pas si c’était une affaire de marketing de masse », a déclaré le père au foyer qui vit à Kansas City, Missouri, refusant de donner son vrai nom de peur d’être harcelé dans sa famille. Bien sûr, le fait que Facebook et Twitter ne soient pas invités (incroyable !) ne signifie pas qu’aucun réseau social ne sera présent. Par exemple, le sommet comprendrait le PDG de Minds.com, qui, euh … quelqu’un me rappelle qui est Minds.com?  Oh oui: « Une enquête précédente de Motherboard a révélé que des groupes militants néonazis liés à la division Atomwaffen – un groupe de haine américain violent lié à plusieurs meurtres – utilisaient Minds comme plate-forme pour recruter et diffuser de la propagande. Les responsables de Minds ont finalement interdit les comptes lorsque Motherboard les a montrés à la plate-forme, mais la modération modérée du contenu de l’entreprise leur a permis de proliférer sans contrôle pendant des mois. Hmmm, cela commence à ressembler à une affaire assez sombre… » conclut The Verge. Le 27 févier 202o, le fondateur d’Atomwaffen, groupe néo-nazi violent, John Cameron Dento, a été arrêté par le FBI !! « Les autorités l’accusent d’avoir proféré des menaces lors d’une campagne de swatting (canular consistant à faire intervenir le SWAT chez quelqu’un qui n’a rien commis) contre une université, une église et plusieurs autres cibles. Le FBI a déclaré que John Cameron Denton (ici à gauche dans sa posture favorite) a participé activement à des campagnes de swatting avec John William Kirby Kelley également arrêté il y a peu de temps. »   Pour mémoire, c’est chez Minds, créé par Bill Ottman, qu’est installé le Patriot Front, groupe de nationalisme blanc, associé au néonazi qui a tué Heather Heyer, en 2017, lors du rallye « Unite the Right à Charlottesville….   En résumé, en plein été 2019, la Maison Blanche a organisé un pseudo-forum sur les réseaux sociaux, sans y inviter Google, Facebook ou Twitter mais dans lequel on a pu rencontrer tout le gratin de l’extrême droite virulente sur le net, y compris des néo-nazis ! Il y avait un beau gratin de fachos réuni sur place à ce qui ressemblait plutôt à une réunion de motivation des troupes fascisantes pour préparer 2020  : le supporter de QAnon, Bill Mitchell, Ali Alexander, de « Cul+++ure », autre azimuté de service, le fondateur abject de Project Veritas, James O’Keefe, celui de Turning Point USA, Charlie Kirk (on les retrouve tous !), et même l’ancien reporter viré par BuzzFeed News pour plagiats à répétition, Benny Johnson (à gauche ici invité par Carlson chez Fox il bossait pour son Daily Caller !). A vous de vous demander pour quelle raison exactement ceux-là et pas d’autres !!! Et pourquoi cette sélection et ce tri !!!

Johnson est un marrant dans son genre, il est vrai : ces derniers temps, il a applaudi à tout rompre aux propos de Donald qui condamnait les « antifas » comme étant les seuls organisateurs des émeutes raciales en cours en ce début juin . Le 31 mai, Donald avait même menacé de les déclarer organisation terroriste (ce qu’il ne peut même pas faire, juridiquement parlant !). Or le fameux Benny est aussi le  » Chief Creative Officer « chez Turning Point USA, le site de Charlie Kirk, celui qui avait affirmé qu’en France les gilets jaunes criaient qu’ils souhaitaient avoir Donald Trump chez eux, ce que cet abruti de président avait bien entendu cru et re-tweeté. Le slogan du site de Kirk est à lui seul tout un poème : « Big Government Sucks ». Or le 1er juin, Johnson a eu la désagréable surprise de voir son compte Twitter annoté. C’est à la suite d’un post, envoyé la veille, en écho au Tweeet présidentiel,  et ainsi rédigé : «nous sommes prêts pour les terroristes, je suis prêt à recevoir ici les antifas  ici, mr. le président. Faites nous plaisir. «  (c’est « make my day« , la célèbre phrase de l’inspecteur Harry qui a été utilisée : sous-entendu nous allons les descendre !). Ça c’est pour le texte. Mais il était accompagné d’une photo, et celle-là, aujourd’hui, vaut tout l’or du monde, puisque c’est celle de Johnson trônant pouce levés au milieu des miliciens d’extrême droite du mouvement Boogaloo (lire ici) lors de leur « visite » armée du Parlement du Michigan le 16 avril dernier : on les reconnaît très bien, grâce à leurs fameuses chemises !!! Le 2 juin également un des députés républicains de Floride, ex soutien du Tea Party, soutien inconditionnel de Donald, Matt Gaetz, voyait le sien de compte annoté également d’un « glorifie la violence » pour avoir écrit l’impensable « maintenant que nous voyons clairement Antifa comme des terroristes, pouvons-nous les traquer comme nous le faisons au Moyen-Orient ? «  Encore un appel au meurtre et cette fois d’un élu !

Ce bon copain Marc

Le contrôle des medias du net est vital pour Trump et il le sait. Sa dernière tirade contre Twitter dissimule en fait son autre penchant ou son autre préférence, décrite ici avec brio par Media Matters For America : « Zuckerberg n’est pas dupe de la droite; il en fait partie. Il est révélateur que le premier instinct de Zuckerberg ait été de prendre parti pour Trump dans sa dernière tirade sur Twitter et de courir vers Fox News pour défendre la décision (ici à gauche). Ce n’est pas surprenant, mais c’est tout de même révélateur. Fox News est l’endroit où Trump sera sûr de le voir, et Zuckerberg se plie à son public. En octobre, Zuckerberg a rencontré secrètement Trump pour un dîner à la Maison Blanche. C’est à chacun de deviner ce dont les deux ont discuté, mais il n’y a que peu de temps à consacrer pour dire à Trump qu’il est «N°1 sur Facebook.  » L’année dernière, Politico a rapporté que Zuckerberg s’était connecté discrètement avec des commentateurs conservateurs, des dirigeants de médias et des politiciens lors d’une série de réunions privées. Ceux d’entre nous à l’extérieur devraient voir cela pour ce que c’est. Aussi persistant que soit le stéréotype libéral de la Silicon Valley, ce n’est pas Zuckerberg qui rencontre ses opposés idéologiques. C’est Zuckerberg dans son élément, avec ses amis, s’apprêtant à réélire le président. C’est ce qu’est Mark Zuckerberg, et c’est pourquoi il a donné un laissez-passer à Trump tout ce temps. » Si l’un est président et menteur, l’autre est tout simplement le pire des hypocrites existants ! Celui qui OSE afficher comme slogan « The future is private », alors qu’il pompe depuis des années les donnée des gens pour en faire un commerce fort profitable pour lui ! Dans les détails de ce pillage, on relèvera celui-ci :  « le fournisseur de recherche russe Yandex a été autorisé à indexer l’identité des utilisateurs à partir de pages et de publications publiques pour améliorer ses résultats de recherche après que Facebook ait empêché d’autres candidats de poursuivre l’activité »…

Le moment de lui rappeler son audition au Congrès pendant laquelle il avait affirmé qu’il retirerait n’importe quel post appelant à la violence « même venant d’un politicien… »  En octobre 2019, il avait eu un réunion secrète avec Trump (1), accompagné de l’ultra droitier Peter Thiel, un libertertarien affiché selon The Guardian : « Ce dîner d’octobre était le deuxième en deux mois au cours duquel Zuckerberg a dîné avec Trump. Il a suivi une série de dîners au domicile de Zuckerberg en Californie avec des experts conservateurs et des militants comme le suprémaciste blanc Tucker Carlson de Fox News. Récemment, Zuckerberg a averti ses employés que l’élection potentielle de la sénatrice libérale Elizabeth Warren à la présidence constituerait une menace « existentielle » pour son entreprise. Et lorsque le sénateur Bernie Sanders a suggéré de taxer ses collègues milliardaires pour financer des programmes gouvernementaux essentiels, Zuckerberg a répondu que les milliardaires savaient peut-être mieux que les scientifiques parrainés par le gouvernement comment déployer des ressources aussi précieuses que des fonds pour la recherche ». Parmi les autres invités d’autres diners  ; Mary Katharine Ham de CNN et Townhall Magazine, Ben Shapiro, représentant la droite dure conservatrice, Matt Continetti éditeur du Free Beacon, un magazine ayant été à la base de l’enquête de Christopher Steele sur Trump, l’éditeur Tom Hall et Guy Benson de Fox News, plus Brent Bozell, fondateur de Media Research Center et membre de la Catholic League for Religious and Civil Rights, un raciste notoire ou encore le Sénateur Lindsey Graham, grand copain de Trump. Pas un seul gars à gauche note The Intercept !

Facebook, clairement anti-Soros 

Et que dire des employés révoltés par ce qu’on leur a demandé de faire, révélé ici par Business Insider ? L’opération claironnée de « nettoyage » par des fact-checkers de contenus a été une fake-news complète selon eux. « Brooke Bujnowski, ex-rédactrice en chef du site de fact-checking Snopes qui a un partenariat avec Facebook depuis deux ans, a dit que Facebook « les avait en fait utilisés pour faire de la communication de crise ». Brooke Binkowski a quitté Snopes et est désormais aux commandes de son propre site de fact-checking, qui n’a pas de partenariat avec Facebook. « Ils ne prennent rien au sérieux. Ils sont avant tout intéressés par le fait de renvoyer une belle image d’eux-mêmes et rejettent toute responsabilité… Ils ne s’en soucient clairement pas », a-t-elle ajouté. Une autre ancienne de Snopes, Kim LaCapria, a dit au Guardian que Facebook voulait avoir « l’air d’essayer d’empêcher de faire des dégâts mais sans vouloir réellement faire quelque chose. » Les attaques de l’extrême droite, avec menaces de mort contre eux ? La direction de Facebook a fait comme si elles n’existaient pas !!! « Brooke Binkowski a décrit sa frustration par rapport à la manière dont Facebook a géré la crise des Rohingyas au Myanmar, en disant que malgré le fait qu’elle ramenait le sujet sur la table à plusieurs reprises, Facebook y était « complètement imperméable ». « Je pense vraiment que cela fait partie de leur modèle économique de diffuser des fake news pour le compte de puissances étrangères hostiles et de gouvernements autoritaires », a-t-elle dit. » Et pire encore, avec cette grave accusation d’ingérence dans les contenus en favorisant ouvertement certains et pas n’importe lesquels  : « La nouvelle concernant le fait que Facebook a recruté le cabinet d’études Definers pour pousser des contenus qui discréditaient le milliardaire George Soros, qui est sujet à de nombreux théories complotistes antisémites, a aussi inquiété les fact-checkers. « Pourquoi devrions-nous faire confiance à Facebook quand on sait qu’il pousse les rumeurs mêmes que les fact-checkers appellent fake news? », a dit un journaliste fact-checker sous couvert d’anonymat au Guardian. « Ça vaut la peine de demander comment ils traitent les contenus sur Georges Soros sur la plateforme, sachant qu’ils paient spécifiquement des gens pour essayer d’associer des ennemis politiques à ce dernier?« ; tout était parti d’une longue enquête du New York Times, sous le titre « Delay, Deny and Deflect », qui avait en effet démontré par l’exemple que Facebook avait ouvertement dénigré Soros… en novembre 2018, seul Elliot Schrage, de Facebook exprimait des « regrets » d’avoir eu recours à Definers…  mais sans pour autant reconnaître avoir favorisé les contenus dénigrant Soros !!!

Trump, lui, ayant complètement assimilé le principe des « Memes » pour se glorifier, au point le 28 novembre 2019 d’envoyer lui-même le sien en Tweet. Auparavant en 2015 déjà, dans 4Chan était apparu un Trump en Empereur de Warhammer. En décembre, un YouTuber appelé Talo avait proposé un vidéo « Donald Trump Emperor of Mankind », mélangeant différentes représentations, et d’autres avaient suivi en se réclamant appartenir à la « troll army » présidentielle « C’est une véritable croisade menée par des trolls aux motivations très diverses, que ce soit par sympathie pour l’alt-right –la nouvelle extrême droite américaine–, par désir de vengeance sociale, par agacement vis-à-vis des libéraux ou par simple envie de semer le chaos. » note ici Slate. Trump lui Tweete donc et entre dans leur jeu en proposant son propre Meme : il a choisi l’image flatteuse de… Stalone dans Rocky III, au physique bien plus avantageux que celui de  » l’obèse morbide » qu’il est . C’était pour répondre à des rumeurs sur un « check » cardiaque vite fait qui avait inquiété ses partisans…

Le 23 février 2020, avant de se rendre en Inde, Trump envoie lui-même en Tweet un énième montage de mauvais goût, cette fois signé « SolSec » autre fournisseur de « memes »,  pire encore que le précédent, et fort amateur, avec comme commentaire « Look so forward to being with my great friends in INDIA!, » c’est le morphing d’un film de Bollywood appelé Baahubali joué par l’acteur Prabhas au départ, dans lequel à nouveau la violence règne en maître. On y voit les « enfants » (Ivanka et Jr) ou même Melania en carrosse !!! Les dirigeants indiens sont eux aussi « morphés », au passage, sans leur consentement on s’en doute : c’est ça la diplomatie façon Trump, qui la fait au bulldozer, à l’évidence. C’est complètement ridicule, crétin tout ce qu’on veut : du Trump, quoi ! Il prend ouvertement les indiens pour des cons, la veille de se rendre dans le pays ! Et il y en a d’autres encore de « Memes », comme celui de Trump à la baguettte d’un Big Band : pour un  « Big Bide » à venir en novembre prochain ?

Sur son site, Carpe a ajouté depuis une énième production touchée à la va-vite : c’est Braveheart qui fait les frais de ses tripatouilles sans talent.  Et c’est à nouveau violent bien sur !!!  Pire : on y distingue, outre les « héroïnes » de Trump que sont les deux fêlées de Diamond and Silk;  surtout Alex Jones car le film est produit par InfoWars ! Le copain de Pence est bien un fascisant !!! Un de plus ! (InfoWars, diffusé grâce à la compagnie française Steamroot de Pierre-Louis Théron, Axel Delmas, et Nikolay Rodionov racheté par Centurylink !

Le 8 mai dernier, nouvelle production, en noir et blanc cette fois, accompagnée par la musique d’un auteur qui se fait appeler Yellow Red Sparks (en réalité il s’agit Joshua Hanson, un prétentieux qui s’y croit – beaucoup malgré sa voix insupportable  !) et qui signale dans sa page Twitter que l’auteur du film est « son ami ».  Il invite également à aller regarder sa dernière interview de… Laura Loomer, déjà vue ici comme énième fêlée fascisante. Il fait aussi la promotion de Michael Cernovitch, un anti-féministe et conspirationniste notoire lui aussi. Ce n’est pas comme ça je pense qu’il risque de réussir dans la chanson, le bougre…  étiqueté déjà le « Trumper new troubadour, sa carrière risque de se bloquer en 2021 !!!  Le précédent « troubadour » de Trump a abandonné : il s’estime aujourd’hui trahi !

Un société en faillite, une famille ruinée, un conseiller divorcé…

On peut largement supposer que ces horreurs ont été vues et contrôlées par le pizzaiolo golfeur chargé de la communication de la Maison Blanche. C’est de son goût, il n’est pas allé très loin dans les études… cinématographiques.  Sa culture est celle des films de sérieB voire Z, ou des blockbusters (c’est du Tarantino en quelque sorte !). On se dit aussi qu’il a dû s’en mettre plein les poches depuis sa nomination.  Aussi on est très sursis quand on apprend en juin 2017 que la famille Scavino va devoir quitter sa grande maison de 270 m2 de style colonial d’Hopewell Junction, dans l’Etat de New York (ici à gauche) et revendre sa Mercedes Benz GL550 et rendre également sa Toyota Avalon de location, parce qu’elle est ruinée, elle s’est en effet déclarée en faillite, et ce, depuis 2015. Le couple vit en effet un drame familial : Jennifer Scavino souffre en effet depuis des années du syndrome de Lyme, (Chronic Inflammatory Polyneuropathy Disease) et la famille a déjà dépensé près de 300 000 dolars pour sa santé. Pour sa campagne de 2016, Scavino avait reçu 65 000 dollars. Les dernières factures font foi de 10 000 dollars pour des soins dans une clinique spécialisée. « Malgré la position extraordinaire de Dan, les Scavino sont, dans leurs problèmes financiers, typiques. Ils ont enduré quelque chose qui arrive à des milliers de familles par an. Les factures médicales insurmontables provoquent plus de faillites aux États-Unis qu’autre chose. Alors que le Sénat s’efforce de vider la loi visant à faciliter les soins de santé, il semble particulièrement poignant que l’un des employés les plus proches et les plus dévoués du président soit un exemple vivant de la facilité avec laquelle les choses peuvent aller de côté, de la façon dont même un milliardaire un propriétaire d’entreprise confidentiel qui vit dans une maison d’un demi-million de dollars peut presque tout perdre sur quelque chose hors de son contrôle. Le président Trump n’était  (jusqu’ici) clairement pas intéressé par l’American Health Care Act. Il a déclaré aux participants à une réunion à huis clos le 13 juin qu’il pensait que la version de la Chambre du projet de loi était «méchante». Et ce serait nocif pour les gens, exactement comme pour Dan Scavino vers 2015. Le matin après la fuite des remarques «méchantes», le panéliste de Morning Joe (et chroniqueur du Daily Beast) Mike Barnicle a plaisanté: «Ce qui s’est probablement passé, c’est que le président était dans l’un de ses clubs de golf ce week-end et que son caddie s’est peut-être plaint de la facture de soins. C’est comme ça que ça marche.  » C’est comme ça en effet que ça marche chez Donald ! Le 18 janvier  2018, Jennifer a demandé le divorce, et on ignore à ce jour si c’est lié à la situation financière de la famille, ou à l’abandon de l’Obamacare par le patron du mari !

 

PS : le 29 mai, en bon chien fidèle à son maître aboyeur, Scavino tweetait à propos des émeutes raciales en cours à Minneapolis ceci :

« Full of Shit  » ? Mais ça l’inclut pourtant, son président et lui ! Et largement ! Le plus gros tas, de « shit » c’est lui : 49 397 Tweets !  Comment peut-on être aussi bête ? Et scier la branche sur laquelle est assis son maître, qui vient lui aussi de mettre en route sa scie à chaîne envers Twitter ? Mais comment peut-on être aussi con ?

(1) le « secret », c’est une des pierres de fondation du système Trump. Quand le frère d’un député démocrate (Joaqim Castro) révèle au Texas la liste des principaux donateurs de Trump, disponible officiellement pourtant, dont le propriétaire d’une chaîne de restaurants « BBQ » très connue (« Bill Miller BBQ »), le fils aîné vient hurler à la télé que cette liste diffusée est un liste de dénonciation qui incite à tuer !!! Non non, vous ne ne rêvez pas : il la compare à celle de Connor Stephen Betts, le tueur du tueur de la fusillade de Dayton du  … !! Incroyable tentative de manipulation crasse de la part du fils du président !! On n’est vraiment pas capable d’assumer, chez les Trump ! Pendant les émeutes du Minnesota, Trump a effectivement  téléphoné à Zuckerberg. 

Quelques chiffres:

http://www.trumptwitterarchive.com

http://www.trumptwitterarchive.com/archive

dernier chiffre au 1er juin 2020 :

48 974 Tweets

https://www.tweetbinder.com/blog/trump-twitter/

Parmi les sujets les plus tweetés par Trump en 2009 déjà :

Barack Obama 795
Fox News 735
Fox & Friends 628
CelebApprentice 425
Mitt Romney 352
CNN 350

En 2017 Donald Trump a posté celui qui a le mieux marché, celui où il tabasse pour de faux son vieux compère de catch en remplaçant la tête de ce dernier par le logo de CNN News. Il atteindra  324 000 retweets et 529 000 « likes »…

 

 

 

https://www.statista.com/chart/19561/total-number-of-tweets-from-donald-trump/

Une de ses principales cibles et une des rares à lui avoir constamment résisté  : l’humoriste Rosie O’Donnell :

http://www.trumptwitterarchive.com/archive/@rosie/ftff

https://edition.cnn.com/2015/08/07/politics/donald-trump-rosie-odonnell-feud/index.html

 

Le journal citoyen est une tribune. Les opinions qu’on y retrouve sont propres à leurs auteurs.

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