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Le m?dia citoyen comme partie prenante d’un nouvel ?cosyst?me m?diatique

Le pr?sent document veut servir de pr?misse ? la consolidation et l’am?lioration de Cent Papiers comme m?dia citoyen du Qu?bec. Il constitue une ?bauche qui devrait servir de base ? une r?flexion ? laquelle l’ensemble des participants du site pourra participer par l’entremise du nouveau wiki de Cent Papiers.

Nous situerons d’abord le m?dia citoyen dans le contexte de la soci?t? de l’information, d’une demande accrue pour la participation citoyenne, et de la crise des m?dias. Nous verrons ensuite comment il s’ins?re dans un nouvel ?cosyst?me m?diatique, et quels sont les param?tres qui permettent de mener ? bien ses objectifs.

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1. La soci?t? de l’information et la participation citoyenne

Avec l’arriv?e d’Internet, la production et la diffusion de l’information ne sont plus les seuls faits de ceux qui ont les moyens de poss?der une station de t?l?vision, de radio, ou un journal. Cette nouvelle donne pose plusieurs questions quant au contr?le de l’information et ouvre de nombreuses opportunit?s, particuli?rement dans le domaine de la participation ? la vie d?mocratique. Une de ces ouvertures r?side dans l’implication de la population ? la publication de nouvelles et de chroniques par l’entremise de m?dias citoyens. Il convient d’examiner cette perspective sous l’angle de la crise actuelle des m?dias traditionnels, de la d?mocratie participative et de la nouvelle ?conomie de l’information.

La soci?t? de l’information peut se d?finir comme une soci?t? o? les technologies de l’information et des communications jouent un r?le central et qui est tributaire de la diffusion et de l’?change de donn?es. Cette nouvelle r?alit? pose de nombreuses questions quant ? l’utilisation et au contr?le de cette information, de son offre et de sa demande. La lutte pour l’appropriation sociale des moyens de production s’est transform?e en lutte pour le contr?le des moyens d’informations (Laulan, 1985, dans Harvey, 2004). Certains y voient donc « une nouvelle forme de lutte des classes entre ceux qui d?tiennent les moyens de production et de diffusion des informations et ceux qui, jusqu’alors consid?r?s comme spectateurs, lecteurs ou usagers passifs, prennent une part croissante aux processus plan?taires de cr?ation et de distribution d’informations » (Rosnay, 2005, p.11). Nonobstant les id?ologies que promeuvent ces penseurs, une vision plut?t manich?enne, entre contr?le de l’information et objectivit? de l’information, se d?gage de cette nouvelle donne. Cette r?alit? convie ? une analyse des rapports de force dans la soci?t? de l’information, et plus pr?cis?ment, dans le cas qui nous concerne, de ceux qui ont cours dans l’espace public m?diatis?.

2. La crise des m?dias

Plusieurs chercheurs s’entendent pour dire que les m?dias vivent une crise « occasionn?e par leur d?pendance envers les ?lites des pouvoirs politiques et ?conomiques, par la pr?sence lourde de la parole publicitaire et par la marchandisation des contenus m?diatiques informatifs et culturels » (Gusse, 2006, p.11). Les m?dias seraient donc beaucoup plus pr?s de l’appareil id?ologique que de la sph?re publique.

2.1 De la sph?re publique ? l’appareil id?ologique

Pour Anne-Marie Gingras (2006), les m?dias se situent entre l’id?al de la sph?re publique telle que conceptualis?e par Jurgen Habbermas :

« Dans le concept de la sph?re publique, les m?dias constituent un lieu de d?lib?ration des enjeux de soci?t? marqu? par la rationalit?, l’accessibilit? et la transparence. Une opinion ?clair?e se forme au contact d’un vaste ?ventail de points de vue sur les politiques publiques et plus globalement sur l’orientation du gouvernement. Dans la perspective de la sph?re publique, l’opinion ?clair?e na?t gr?ce ? la diversit? des points de vue rendue possible par la libert? d’expression. La vision contemporaine de la sph?re publique nuance la rationalit? des individus ; on reconna?t qu’il s’agit d’une facult? relative et, en cons?quence, on assigne une mission de responsabilit? sociale aux m?dias. Ces derniers, per?us comme un des maillons du syst?me d?mocratique, doivent offrir ? l’?lectorat toutes les informations pour qu’il s’autogouverne. » (Gingras, 2006, p.40)

et l’appareil id?ologique :

« Le concept de l’appareil id?ologique se fonde sur plusieurs id?es : le r?le d’outil au service des pouvoirs politiques et ?conomiques que jouent les m?dias n’est pas tant le produit d’un complot que le r?sultat de la situation juridique et ?conomique dans laquelle se trouvent les entreprises de presse ; l’organisation du travail dans les m?dias (temps r?duit, ressources limit?es, formation continue rare, rapports hi?rarchiques, etc.) limite la marge de libert? des journalistes ; la culture journalistique et la concurrence homog?n?isent le travail des journalistes ; la d?pendance vis-?-vis des sources politiques institutionnalis?es force la r?v?rence et nuit ? l’esprit critique. » (Gingras, 2006, p.46)

D’une part, les m?dias seraient d?pendants des pouvoirs politiques, et d’autre part, des pouvoirs ?conomiques. Les journalistes se contenteraient souvent de reproduire les informations ?manant des institutions : « en reproduisant le message officiel sans « interf?rer », c’est-?-dire sans commenter, le journaliste se transforme en haut-parleur de l’autorit? » (Gingras, 2006, p.67). De plus, le fait que les m?dias appartiennent pour la plupart ? de grandes entreprises influe n?cessairement sur les contenus qu’ils diffusent, et ce, de fa?on visible et invisible.

D’abord, en commandant des articles, des sondages ou en sanctionnant leurs journalistes, les propri?taires contr?lent directement ce que les m?dias diffusent. Ensuite, le fonctionnement routinier des m?dias implique un contr?le invisible : « Un premier niveau d’organisation mat?rielle est dict? par les propri?taires ; il s’agit de d?terminer le rendement financier, les sources de financement, les revenus et les d?penses. Vient ensuite un second niveau correspondant ? l’affectation des ressources humaines et mat?rielles qui d?termine le cadre de travail des journalistes ; le ton du m?dia, ses manchettes, ses priorit?s, la longueur de ses textes ou le temps accord? ? ses reporters constituent autant de caract?ristiques ? l’int?rieur desquelles les journalistes apprennent ? travailler naturellement. » (Gingras, 2006, p.162).

Cette situation a des effets certains sur la diversit? des points de vue. Bien que l’on ne puisse douter de l’int?grit? des journalistes employ?s par ces m?dias ? la structure imposante, il demeure que les objectifs de leurs patrons rel?vent de moins en moins de la responsabilit? civique et sociale, qui demeure leur raison d’?tre, que de la logique commerciale. L’exemple extr?me de cette situation est d?crit dans les propos de Patrick Le Lay, grand patron de la cha?ne de t?l?vision fran?aise TF1, qui d?clarait en 2004 qu’? « la base, le m?tier de TF1, c’est d’aider Coca-Cola, par exemple, ? vendre son produit […]. Or pour qu’un message publicitaire soit per?u, il faut que le cerveau du t?l?spectateur soit disponible. Nos ?missions ont pour vocation de le rendre disponible : c’est-?-dire de le divertir, de le d?tendre pour le pr?parer entre deux messages. Ce que nous vendons ? Coca-Cola, c’est du temps de cerveau humain disponible ».

Cette opposition entre logique commerciale et responsabilit? sociale et civile refl?te les d?fauts et les qualit?s des m?dias de masse. On ne peut en effet douter que le professionnalisme des grandes salles de nouvelles des m?dias traditionnels leur permette de jouer tr?s efficacement leur r?le de chien de garde, et que leur visibilit? leur assure de promouvoir les ?v?nements pouvant ?tre susceptibles de contribuer aux d?bats de soci?t?. Toutefois, comme nous avons expliqu?, cette ind?pendance est toute relative lorsque l’on consid?re la n?cessit? pour les entreprises m?diatiques de financer leurs activit?s en privil?giant ce qui plaira ? la masse pour augmenter les revenus publicitaires dont ils d?pendent.

De plus, la diversit? des points de vue est remise en cause par les effets n?gatifs de la concentration des m?dias, tels qu’?nonc?s dans le Rapport du comit?-conseil sur la qualit? et la diversit? de l’information au Qu?bec en 2003 :

« – l’alt?ration de la recherche d’une information compl?te et de qualit? caus?e par la subordination de l’information aux imp?ratifs ?conomiques en raison d’objectifs de rentabilit? ;

- la diminution d’une information compl?te et de qualit? ainsi que du pluralisme des voix ;

- l’uniformisation et la standardisation des contenus, au d?triment d’un large ?ventail de sujets ;

- la centralisation et plus sp?cifiquement, la montr?alisation des informations ;

- la monopolisation du march? publicitaire par les grands groupes et la fragilit? accrue des m?dias ind?pendants et des petits m?dias ;

- la perte d’autonomie possible des salles de r?daction ou la fusion des salles ou de la r?daction en chef. » ( Gusse, 2006, p.33)

Selon Isabelle Gusse (2006, p.23), un m?dia assumant sa responsabilit? sociale devrait adopter les caract?ristiques suivantes :

« – le droit du public d’acc?der ? la culture, aux moyens de diffusion, ? l’information et ? ses divertissements ?clairants, enrichissants, significatifs et diversifi?s, de mani?re ? d?velopper les identit?s culturelles individuelles et collectives ;

- la libert? de circulation de l’information et de la culture et la libert? d’expression ;

- le droit d’acc?s aux m?dias pour les minorit?s et des opinions diverses librement exprim?es ;

- la pr?servation de la diversit? des sources d’informations ;

- l’ind?pendance des m?dias vis-?-vis du pouvoir ?conomique et politique ;

- le droit au pluralisme culturel, ? la cr?ation et ? l’expression culturelle ;

- le droit ? des m?dias formateurs garants d’une participation citoyenne dans l’espace public et de d?mocratie. »

Ces conditions devraient servir de pr?misses au fonctionnement d’un m?dia citoyen qui se veut un moyen d’offrir une tribune ? tout un chacun afin de faciliter son nouveau r?le d’?metteur dans un ?cosyst?me m?diatique diversifi?.

2.2 Le d?clin des m?dias imprim?s

Les m?dias vivent un autre d?fi quant ? la survie de leur version imprim?e. En ce moment, on remarque que tous les grands quotidiens ou magazines poss?dent une vitrine en ligne. Une r?cente ?tude de Nielsen/NetRatings r?v?le que la moyenne mensuelle de visiteurs des sites Web des journaux ?tats-uniens a presque augment? du tiers dans la premi?re moiti? de l’ann?e 2006 pendant que le lectorat de certains grands journaux chutait. C’est vrai aussi pour la t?l?vision, puisqu’aux ?tats-Unis, NBC vient d’annoncer qu’elle se tournait r?solument vers le Web au d?savantage de ses autres moyens de diffusion. On ne peut conclure ? la disparition prochaine des m?dias imprim?s et de la t?l?vision, mais force est de constater que leur pendant sur Internet gagne en l’importance.

L’internaute peut maintenant avoir acc?s ? la plupart des journaux du monde entier et d?finir lui m?me ce qu’il d?sire lire. De plus, les petites annonces ne sont plus le monopole des journaux et il est bien plus facile de les consulter en ligne, en m?me temps qu’il est peu co?teux (g?n?ralement gratuit) de les produire. Ce sont l? certaines des qualit?s du Web avec lesquelles devront se battre les journaux sur papier. Pour Michael Kinsley du magazine Time, « les journaux sur papier sont en voie de disparition. Que les compagnies qui poss?dent ces journaux soient aussi en voie de disparition, cela d?pend. Certains trouveront une solution. D’autres vont se d?grader au rythme des cong?diements ».

Pour Steve Rubel de Micropersuasion, les journaux devront se transformer radicalement pour survivre et miser de plus en plus sur leurs lecteurs pour cr?er une valeur ajout?e ? l’information qu’ils proposent. « Les journaux devront se servir de leurs images de marque et de leurs imposants sites Web pour permettre ? leurs lecteurs d’en profiter ?motivement et mon?tairement : en vendant des produits de pairs ? pairs, en leurs permettant de s’exprimer, en d?veloppant de nouvelles technologies, et en favorisant les rencontres en ligne et hors ligne ».

Le papier est un support qui ne dispara?tra probablement pas de sit?t. L’organisation et la hi?rarchisation de l’information qu’il offre peuvent difficilement ?tre reproduites sur le Web. Cela dit, l’interactivit? offre une exp?rience toute diff?rente. Le journalisme a toujours d? s’adapter aux changements sociaux et technologiques et on peut penser que la fonction journalistique est pr?sentement en mutation.

3. Le m?dia citoyen comme ?l?ment d’un nouvel ?cosyst?me m?diatique

3.1 Vers une d?mocratie de la communication ?

Lorsque que l’on admet que les m?dias de masse, en raison de la logique de march? qui les force ? s’agglom?rer, perdent une part de leur sens civique, et lorsque l’on constate que le contr?le de l’information est et sera l’enjeu principal de l’?re num?rique, il convient de voir si des solutions peuvent ?tre mises en place pour que la circulation de l’information soit d?pourvue du biais que lui impose la n?cessit? de productivit? et de rentabilit?. Consid?rant que le citoyen ressent de plus en plus le besoin d’?tre consult? et inform? sur les questions relatives ? la gouverne de l’?tat, les technologies de l’information et des communications deviennent une fa?on de faciliter cette participation.

La gouvernance participative privil?gie une citoyennet? incorpor?e et concr?te, favoris?e par la participation aux associations de la soci?t? civile. Jusqu’? r?cemment, la difficult? de produire et distribuer l’information laissait peu de place aux m?dias en marge ou s’adressant ? un auditoire trop restreint. Le pouvoir de diffusion que poss?de Internet change totalement la donne dans un monde o? les blogues ind?pendants prennent une place toujours grandissante, il ne fait pas de doute que le pouvoir de cette soci?t? « civile », regroupement d’entit?s individuelles ou organisationnelles de toute nature, ne peut plus ?tre n?glig?.

Si certains croient que la participation est la solution principale au d?sengagement de l’?tat parce que « la d?mocratie peut difficilement s’?panouir dans un monde o? le profit est la seule mesure, et o? la t?l?vision et la publicit? sont contr?l?es par les m?mes forces des march?s qui isolent l’?tre humain l’emp?chant d’entreprendre des activit?s collectives. L’atomisation actuelle du tissu social par les m?dias est antid?mocratique » (Barsalo, Cartier et Dumais, 2004, p.6). D’autres ?mettent des r?serves quant ? son avenir : « Que ce soit par le pouvoir homog?n?isant des m?dias, par leur pouvoir de pousser au conformisme ou par le r?le r?cup?rateur des institutions massem?diatiques et gouvernementales ? plusieurs niveaux de soci?t?, nous avons vu, non pas dans une perspective ? court terme, mais ? plus ou moins long terme, que certaines d?rives d?mocratiques nous permettraient de mettre en doute l’id?ologie de la participation » (Harvey, 2004, p. 155). Cette influence des m?dias de masse est toutefois de plus en plus concurrenc?e par un Web o? l’information ne d?pend pas toujours des entreprises m?diatiques qui la diffuse.

Pour certains, nous nous dirigeons vers une d?mocratie de la communication o? entrent en sc?ne les m?dias des masses : « Les m?dias des masses, seuls v?ritables m?dias d?mocratiques, vont radicalement modifier la relation entre le politique et le citoyen, et, par voie de cons?quence, avoir des impacts consid?rables dans les champs culturel, social et politique. » (Rosnay, 2005, p.9). Les m?dias sont un ?l?ment primordial ? la bonne marche de la d?mocratie. Qualifi?s de quatri?me pouvoir, ils sont avec l’?ducation le vecteur qui permet aux id?es d’?tre partag?es : « c’est l? essentiellement, ? travers l’indispensable libre circulation des id?es, des informations, des faits, des interpr?tations et des analyses que se joue, dans une importante mesure, la poursuite de la conversation d?mocratique » (Baillargeon, 2006, p.59). Le pouvoir que d?tiennent les m?dias de masse ne peut alors ?tre conjugu? ? une quelconque d?pendance envers l’entreprise priv?e, au gouvernement ou ? toute autre entit? ali?nante. Les probl?mes inh?rents qui sont attribu?s aux m?dias traditionnels en plus d’une certaine volont? de la population ? participer au d?bat public sont les principaux facteurs pr?sidant ? l’av?nement d’une alternative au mod?le actuel de production et de diffusion de l’information. Ce d?placement vers une ?conomie de l’information en r?seau pourrait devenir une des principales raisons qui forcera les grands m?dias ? r?pondre ? leur responsabilit? civile et sociale.

N?anmoins, il ne faut pas voir les outils informatiques comme une fin en soi. Dans l’esprit de la communautique, Cent Papiers et les m?dias citoyens veulent se servir des technologies comme levier social. Comme le dit Anne-Marie Gingras (2006, p.206), « l’innovation doit au contraire ?tre comprise comme la r?sultante de l’action simultan?e de la logique technique (le potentiel technologique), la logique sociale (l’utilisation qu’en font les gens), la logique ?conomique (les int?r?ts sous-jacents ? la construction des technologies m?diatiques) et la logique politique (le fonctionnement des institutions politiques et les rapports entre la soci?t? civile et l’?tat) ».

D’apr?s elle, « pour que le potentiel technologique se r?alise, les individus doivent s’informer ? de multiples sources, comparer les informations, et en ?valuer la pertinence et la cr?dibilit?. Ils doivent situer les informations dans des contextes sociopolitique, ?conomique, voire historique. Ces exigences sont ?normes… » (Gingras, 2006, p.246). Force est d’admettre que ces assertions sont bien fond?es, et c’est pourquoi Cent Papiers implantera des outils permettant d’?tudier plus en profondeur certains dossiers ? l’aide de wikis, comme nous en discuterons plus tard. Il faut aussi pr?ciser que le journaliste citoyen n’a pas les m?mes contraintes de temps que les journalistes professionnels ce qui leur permet de fouiller plus en d?tail certains sujets sans inqui?tude de manquer l’heure de tomb?e. En plus, ces citoyens ne sont mus que par l’int?r?t qu’ils vouent ? un sujet, et non pas par des imp?ratifs li?s ? l’actualit?, ou les directives de la direction.

3.2 Une nouvelle g?n?ration d’internautes

Il faut aussi consid?rer le fait que la g?n?ration montante, que certains appellent « natifs du num?rique » (digital natives) parce qu’ils sont n?s ? l’?re des consoles de jeux, du t?l?phone portable et d’Internet, commence ? prendre sa part ? la conversation d?mocratique. Une r?cente ?tude du R?seau ?ducation-M?dias tend ? confirmer cette constatation : « Du c?t? des jeunes, la perception d’Internet est fort int?ressante. Pour eux, Internet fait partie int?grante de la vie sociale. Ils comprennent mal qu’on leur demande comment Internet a chang? leur vie, puisqu’ils estiment qu’Internet a toujours ?t? pr?sent dans leur vie ! ». Pour Howard Reignhold, « l’acte de communiquer, qu’il soit ou non d?lib?ratif et rationnel, reste l’?l?ment fondamental de la vie civique et politique » (source), et c’est pourquoi l’?nergique implication des jeunes et leur habilet? ? ?voluer en r?seau devraient ?tre canalis?es vers l’engagement dans la soci?t? en tant que citoyen.

Michel Cartier ?voque l’histoire des outils d’information et de communication pour exposer la rupture soci?tale que nous vivons. Alors que l’apparition de ces principaux outils comme le langage, l’?criture ou l’imprimerie est s?par?e par plusieurs g?n?rations, les nouveaux d?veloppements sont si rapides que leur ma?trise n’est plus interg?n?rationnelle. Il faut s’interroger sur la capacit? de nos gouvernements ? faire le pont. Michel Cartier est pessimiste : « L’?tat-nation perd beaucoup de son pouvoir ? cause des politiciens de l’ancienne g?n?ration qui n’ont pas encore compris les d?fis d’adaptation qu’imposent les nouvelles technologies et la nouvelle ?conomie ? leurs institutions ».

Pour Steven Johnson, auteur de « Everything bad is good for you », ce qui effraie les vieilles g?n?rations est ce qui rend les plus jeunes plus intelligentes : « leurs habilet?s cognitives s’am?liorent, elle ne se d?grade pas ». Il faut quand m?me noter qu’une ?tude de comScore Media Metrix vient de r?v?ler que la grande majorit? des utilisateurs des sites de r?seautage social comme MySpace, Friendster ou Facebook avait plus de 25 ans, ce qui laisse supposer que le ph?nom?ne est plus global.

Dans tous les cas, il convient de pr?parer les jeunes ? user de cette aisance pour se servir du r?seau ? bon escient. En ce sens, il faudrait leur enseigner les rudiments du journalisme : « La premi?re ?tape devrait ?tre de d?velopper des moyens pour ceux qui participent ? ce nouveau mod?le de finalement voir comment ont (les journalistes) travaillent et ce qui guide nos d?cisions » (Kovach et Rosenstiel dans Bowman et Willis 2003 p.54). Cent Papiers tentera de constituer un base de connaissance pour aider les journalistes citoyens ? orienter leur travail.

On peut penser que les m?dias sont beaucoup plus au fait que les politiciens de ces changements anticip?s. La plupart des grands m?dias du Qu?bec sont entr?s de plein pied dans l’univers des blogues, parfois avec succ?s, d’autres fois de fa?on maladroite. Justement, certains des blogueurs journalistes les plus populaires, comme Patrick Lagac? ou Dominic Arpin, rendent bien compte des ?tapes qu’ils empruntent pour mener ? bien leurs enqu?tes, et sollicitent r?guli?rement l’avis ou l’aide de leurs lecteurs.

3.3 Le Web ? deux sens

Depuis peu, on utilise l’expression Web 2.0 pour d?signer une utilisation du Web « qui s’oriente de plus en plus vers l’interaction entre les utilisateurs, et la cr?ation de r?seaux sociaux rudimentaires, pouvant servir du contenu exploitant les effets de r?seau ». Ainsi, il n’y a plus un ?metteur et plusieurs r?cepteurs puisque ces derniers participent ? la cr?ation du contenu et deviennent aussi des ?metteurs d’information. Un des effets de cette tendance prend la forme de l’approvisionnement par la foule (crowdsourcing) qui consiste ? « utiliser les internautes pour cr?er des contenus, r?pondre aux questions d’autres visiteurs, voire participer ? la conception du site » (Journal du Net). Dans certains cas, l’id?e est que les ressources offertes par les visiteurs r?duiront les co?ts de production des ?diteurs. Dans d’autres cas, comme pour ce qui est des m?dias citoyens, il s’agit plut?t de miser sur la mutualisation des connaissances pour offrir une information diversifi?e.

? une ?poque o? le « 15 minutes de gloire » est devenu un « 15 megaoctets de gloire », les opinions divergent quant aux b?n?fices du contenu g?n?r? par les utilisateurs. Certains comme Michael Moritz, un investisseur de capital de risque qui a contribu? ? Google et Yahoo !, croient qu’en « 1931 ? Munich, il aurait ?t? si facile de diffuser un message que les Nazis auraient pris le pouvoir bien plus rapidement ». De m?me, Paul Saffo croit que « si nous pouvons tous cr?er notre propre jardin m?diatique emmur? qui nous berce d’informations r?confortantes, nous nous ?loignons de toute opinion contraire ? la n?tre ». Enfin, certains pensent que les nouveaux m?dias mettent en p?ril la r?flexion, la grammaire et cr?e des d?ficits d’attention chez les jeunes.

? l’inverse, Lee Rainie, directeur du Pew Internet & American Life Project, croit que les participants ne sont pas moins, mais plus au fait des arguments contraires, puisqu’une opinion divergente n’est souvent qu’? un hyperlien de distance. Aussi, les jeunes sont de plus en plus habiles ? juger de la pertinence de l’information et ? mettre de c?t? ce qui n’est pas cr?dible. On peut esp?rer que s’ils sont bien guid?s, la quantit? d’information qu’ils lisent et produisent contribuera ? conserver une certaine qualit? de la langue.

Pour le journaliste de The Economist, g?n?ralement, ceux qui ont confiance en la d?mocratie sont ouverts aux m?dias participatifs et ceux qui ont des r?serves quant ? la d?mocratie seront nostalgiques de la certitude que leur offrait les m?dias de masse. En d?finitive, il ne faut pas voir le ph?nom?ne comme une menace. Comme le dit Dan Gillmor, « mes lecteurs en savent plus que moi et ce n’est pas une menace mais une opportunit? » (Gillmor dans Bowman et Willis, 2003 p. 13).

3.4 Un nouvel ?cosyst?me m?diatique

Yochai Benkler d?crit l’?conomie de l’information en r?seau (networked information economy) comme le fruit du plus grand r?le que prend l’action d?centralis?e d’individus qui coop?rent et se coordonnent selon des m?canismes externes au march? (Benkler, 2006, p.3). Selon lui, dans le monde des m?dias de masse, une entreprise m?diatique produit une nouvelle, lui donne de la cr?dibilit? en la diffusant ? heure de grande ?coute (par exemple), et la distribue par le m?me fait. Internet permet une d?composition de ces diverses fonctions. Un individu, une association ou une entreprise a la possibilit? de produire une nouvelle qui sera reprise par d’autres. Ce sont ces autres personnes, selon leur statut ou leur nombre, qui donneront une certaine cr?dibilit? ? cette nouvelle. On peut d?sormais voir les m?dias non plus comme un petit groupe donnant la mesure ? une sph?re publique d?sagr?g?e, mais comme le produit de la foule diversifi?e des citoyens. La diminution des co?ts des infrastructures de r?seau fait en sorte que cette information peut ?tre diffus?e selon une perspective du tous vers tous plut?t que du haut vers le bas.

D?j?, les blogues commencent ? jouer un r?le important au sein de l’opinion publique. Les blogueurs journalistes et les journalistes blogueurs participent activement aux d?bats en pr?sentant l’information selon des points de vue diff?rents, en pointant vers des nouvelles in?dites ou en rendant compte d’erreurs commises par les m?dias traditionnels. Certains penseurs croient que d’ici peu, les m?dias traditionnels troqueront leurs correspondants ? l’?tranger pour plut?t miser sur des groupes de blogueurs locaux. L’environnement informationnel prend une nouvelle forme o? « quelques-uns sont lus par plusieurs, mais o? des faisceaux de sites lus de fa?on mod?r?e fournissent une plateforme pour une tr?s grande quantit? de diffuseurs qui n’?taient pas ?cout?s dans l’environnement des m?dias de masse. » (Benkler, 2006, p.242). L’id?e des m?dias citoyens telle qu’incarn?e par le site Cor?en OhMyNews et le site Fran?ais AgoraVox se base en partie sur cette assertion. L’objectif est de miser sur cette r?alit? pour agr?ger le produit diversifi? des diffuseurs et leur donner une audience plus large afin de contribuer au d?bat public.

Le journalisme participatif que tente d’exercer les m?dias citoyens pourrait se d?finir comme « le fait, pour un citoyen ou un groupe de citoyen, de jouer un r?le actif dans le processus permettant de collecter, rapporter, analyser et diss?miner les nouvelles et l’information. L’objectif de cette participation est de fournir l’information ind?pendante, fiable, v?ridique, diversifi?e et pertinente, n?cessaire ? la d?mocratie » (Bowman et Willis, 2003). Une des particularit?s des m?dias citoyens r?side dans la mani?re de v?rifier l’information puisque le filtrage se fait principalement apr?s la publication. « Dans ce d?placement de la lecture ? la conversation, la publication (ou la t?l?diffusion, ou n’importe quoi) n’est pas la fin. Elle se situe plut?t quelque part au milieu d’un syst?me ?mergent o? nous apprenons et enseignons constamment ». Nous verrons plus loin quels sont les m?canismes qui pr?sident ? cette v?rification post publication.

L’id?e n’est surtout pas de promouvoir les m?dias citoyens au d?triment des m?dias traditionnels, mais de partager les responsabilit?s. Cinq responsabilit?s seraient assign?es aux m?dias :

- pr?senter un compte rendu des ?v?nements v?ridique, complet et intelligible dans un contexte qui leur donne un sens ;

- ?tre un forum d’?change ;

- projeter une image repr?sentative des groupes constitutifs de la soci?t? ;

- pr?senter et clarifier les buts et les valeurs de la soci?t? ; et

- fournir un acc?s total aux informations du jour. (Gingras, 2006, p.41)

De ces responsabilit?s, certaines ne peuvent ?tre ad?quatement r?alis?es par les m?dias traditionnels, d’autres par les m?dias citoyens. C’est l? que r?side la compl?mentarit? qui pourrait se concr?tiser au sein de l’?cosyst?me m?diatique diversifi? qui prend forme.

Dor?navant, m?dias traditionnels, blogues, m?dias citoyens et communaut?s en ligne se c?toient et se compl?mentent pour contribuer ? la diversit? d’une information qui n’est plus immuable. « Ce qui ?merge, ce sont des communaut?s qui produisent un journalisme participatif, des reportages citoyens, qui annotent l’information, qui commentent l’actualit? et v?rifient les faits que les m?dias traditionnels alimentent, construisant des regroupements de conseils, de sources et d’id?es » (Bowman et Willis, 2003, p.13). Pour que le m?dia citoyen joue son r?le de compl?ment aux m?dias traditionnels et assume sa responsabilit? sociale, des moyens doivent ?tre mis en oeuvre pour assurer sa cr?dibilit?.

4. Les param?tres des m?dias citoyens

Cent Papiers est un m?dia citoyen en ce sens qu’il a pour dessein de permettre au citoyen de participer ? la production de l’information sous toutes ses formes, par tous et pour tous. Ainsi, toute personne peut s’inscrire ? Cent Papiers et soumettre des articles, photographies, fichiers vid?os et audios. L’id?e est d’offrir un espace en ligne qui permettra d’une part de r?guler les soumissions de r?dacteurs selon certains crit?res et d’autre part d’ouvrir le contenu informationnel citoyen ? une plus large audience en regroupant les r?dacteurs sous une m?me banni?re.

La nature citoyenne, et par cons?quent b?n?vole et non professionnelle, de l’exercice force l’inclusion de m?canismes permettant d’assurer la cr?dibilit? et la pertinence de l’information, ainsi que d’?l?ments pour propulser la motivation des participants. Pour le fondateur de JotSpot, « l’ancien mod?le m?diatique supposait qu’il n’y a qu’une source de v?rit?. Le nouveau mod?le propose plut?t qu’il a de multiples sources de v?rit?, et que le public se chargera de trier le grain de l’ivraie ». On pourrait dire, ? ce moment, que le m?dia citoyen est affaire d’ind?pendance, de motivation et de filtrage. Il convient donc de d?finir ces diff?rents points pour ensuite mieux d?crire comment ceux-ci se traduiront dans le cas concret du m?dia citoyen qu?becois Cent Papiers.

4.1 L’ind?pendance

La d?pendance, par rapport ? la publicit? ou ? l’?tat, est un des principaux probl?mes de l’environnement m?diatique actuel. Plusieurs possibilit?s s’offrent au m?dia citoyen pour se soustraire de cette d?pendance. Si pour l’instant les co?ts d’exploitation de Cent Papiers sont n?gligeables, on ne peut douter que ses activit?s prennent de l’ampleur et que les frais d’h?bergement augmentent. De plus, des am?liorations techniques au site seront indubitablement requises et des co?ts li?s ? la promotion sont certainement envisageables. Puisque la publicit? sur le Web est souvent per?ue comme une nuisance et que Cent Papiers a pour objectif de repr?senter la masse, il est exclu d’afficher une quelconque forme de publicit?. Il faut aussi pr?ciser que le site ne pourrait en aucun cas donner l’impression de se servir du citoyen pour engranger des revenus.

Plusieurs m?dias participatifs misant sur les internautes pour cr?er leur contenu ont tent? d’implanter un mod?le d’affaire qui permettrait ? leur organisation d’engendrer des revenus. Il semble toutefois que pour l’instant, seul le tr?s populaire OhMyNews soit arriv? ? subvenir ad?quatement ? ses besoins et m?me ? engranger des profits depuis qu’il y a quelque temps, l’entreprise a d?cid? de ne plus ?tre sans but lucratif. On voit difficilement comment cette strat?gie peut s’agencer avec l’id?al de se soustraire ? la d?pendance ?conomique des m?dias. Il faut de plus constater que la publicit? en ligne g?che souvent l’exp?rience de navigation.

C’est pourquoi il est envisag? de mettre sur pied un mod?le publicitaire d?centralis? o? les « sympathisants » du site offriraient un espace publicitaire ? revenus sur leurs propres sites afin de financer les activit?s de Cent Papiers. Par exemple, un blogueur pourrait ins?rer un bandeau publicitaire utilisant une publicit? « Google Ads » encadr?e d’un logo de Cent Papiers et de la mention « Je participe au financement de Cent Papiers ». L’id?e, s’inspirant en partie de projets comme SETI@Home, est de faire financer par la communaut? un m?dia communautaire exempt de publicit?s, sans que personne ait ? d?bourser un sou. Il serait aussi envisageable de concevoir des v?tements/articles promotionnels qui pourraient ?tre vendus via un site permettant le versement de ristournes pour chaque pi?ce vendue. ?videmment, une telle initiative devra ?tre support?e par la constitution d’une structure juridique sans but lucratif et de la publication des budgets du site. Il faut de toute fa?on savoir que les d?penses annuelles d’un site Web g?r? par une foule de b?n?voles sont peu ?lev?es puisque distribu?es.

N?anmoins, nous ne sommes pas contre le fait de r?tribuer les r?dacteurs de Cent Papiers. Il est bien s?r qu’advenant le cas o? les revenus du site d?passeraient les co?ts d’exploitation et de promotion, la diff?rence devrait ?tre remise aux r?dacteurs. Mais d’autres possibilit?s de r?tribution sont aussi envisageables. Le site Citizen Bay, par exemple, qui donne la possibilit? aux citoyens de publier de courtes nouvelles locales sur n’importe quelle ville du monde, offre aux dix meilleurs contributeurs quotidiens, pour un espace g?ographique donn?, des montants allant de 2$ ? 10$. ?videmment, il faut pour en arriver ? un tel syst?me avoir suffisamment de fonds pour payer les participants, ce qui ne serait pas le cas de Cent Papiers.

D’autres comme OhMyNews permettent aux lecteurs de verser un pourboire aux r?dacteurs. Avec 700 000 visiteurs ? chaque jour, on peut imaginer que ce m?canisme du site Cor?en soit parfois tr?s profitable pour ceux qui produisent les meilleurs textes. « Une des plus grandes innovations de OhMyNews est ?conomique. Le site propose un syst?me de pourboire qui invite les lecteurs ? r?compenser les bons textes avec de petits dons. Tout ce qu’il y a ? faire est de cliquer sur un petit bouton « pourboire » pour voir son compte de cr?dit d?bit?. Un article particuli?rement bon peut produire l’?quivalent de 30,000$ US en seulement cinq jours ».

On peut se demander si ce syst?me n’encourage pas un certain type d’article et n’agirait pas en d?finitive sur l’ind?pendance des r?dacteurs et il conviendrait d’examiner plus en profondeur cette question avant d’implanter un tel syst?me sur Cent Papiers. Ceci n’emp?che en rien le fait qu’il s’agisse l? d’une proposition tr?s int?ressante qui encouragerait certainement quantit? de r?dacteurs ? produire des articles de qualit? en quantit?. Il reste ? voir si ce type de marchandisation qui n’est pas li?e ? des performances de vente aurait le m?me effet que dans les m?dias traditionnels o? elle « cristallise le triomphe de la consommation sur la citoyennet? » (Gingras, 2006, p.132).

On peut m?me se demander, en supposant que la popularit? de Cent Papiers augmente drastiquement, si ce syst?me de dons ne pourrait pas servir ? financer des reportages de journalistes (citoyens ou pas). Par exemple, un individu poss?dant une bonne r?putation sur le site et int?ress? par un sujet donn? pourrait soumettre une id?e de reportage ? Cent Papiers qui ferait appel ? des dons des lecteurs pour le financer, avec promesse de publication sur le site. L’addition de petites sommes d’une foule de contributeurs pourrait permettre ce genre d’initiative sans ruiner personne.

Pour ce qui est de l’ind?pendance politique, il faut noter qu’un m?dia citoyen, de par sa d?finition, n’endosse aucune cause : « Le journalisme citoyen associ? ? Agoravox ne se d?finit pas par une logique ?ditoriale d?di?e ? un th?me, une ?thique, une vision politique, un engagement militant, comme IndyMedia. Au contraire, il se caract?rise par la notion de responsabilit? et d’inscription dans la vie de la cit?, sans orientation politique pr?d?finie ou impos?e » (Rosnay, 2005, p.121). La philosophie derri?re Cent Papiers est la m?me, et le comit? ?ditorial ne jugera jamais un texte selon la vision politique qu’il incarne. On peut aussi esp?rer que la somme des apports diversifi?s de tous les participants puisse constituer une sorte d’objectivit? globale, sans bien s?r pr?tendre atteindre cet id?al journalistique.

De toute fa?on, certains croient comme Dan Gillmor que la recherche de l’objectivit? est un objectif louable au sein d’un ?cosyst?me m?diatique peu diversifi? : « si quelques voix supplantent toutes les autres, il y a un int?r?t ? pr?senter des histoires pr?tendument neutres », mais qu’avec la multiplication des sources d’information de toutes all?geances, on peut penser que d’autres principes comme l’exactitude, l’ind?pendance et la transparence permettront d’aller au-del? de l’objectivit?.

4.2 La motivation des participants

Le m?dia citoyen offre un avantage pr?cieux par rapport aux entreprises traditionnelles puisque les r?dacteurs ne sont soumis ? aucune contrainte de temps ou de choix des sujets. Contrairement ? plusieurs journalistes professionnels, les amateurs peuvent choisir des sujets qui les int?ressent et ?crire quand ?a leur pla?t. Il s’agit certainement d’un facteur contribuant ? leur motivation, et Cent papiers tentera de miser sur ce fait en constituant sous la forme de wikis, des dossiers sp?ciaux sur des sujets particuliers. Ces dossiers pourront ?tre constitu?s de l’amalgame des articles publi?s sur le sujet ainsi que d’informations g?n?rales qui pourront servir ? la r?alisation de futurs articles. Dans le m?me ordre d’id?es, il serait envisageable de convertir en wikis les pages des diff?rents lieux g?ographiques associ?s aux articles afin de constituer une base d’information pertinente pour le journaliste citoyen.

Dans la nouvelle ?conomie qui se dessine autour d’Internet, la motivation des participants est de moins en moins le fait de r?compenses financi?res. La r?putation et la reconnaissance par les pairs sont certains des ?l?ments qui contribuent le plus ? la cr?ation du capital social d’un individu, c’est-?-dire aux ressources qu’il mobilise et qui prennent leur source dans les relations sociales. De fait, comme le dit Yochai Benkler (2006, p.96), « ce qu’il faut comprendre, c’est que pour n’importe quelle culture donn?e, une personne pr?f?rera r?aliser certaines actions non pas pour de l’argent, mais pour un statut social, la reconnaissance, et probablement, ultimement, pour des valeurs instrumentales qu’elle ne peut obtenir autrement qu’en agissant ? l’aide de transactions sociales plut?t que par l’entremise du march? ». Le succ?s des blogues, des m?dias citoyens et des autres r?seaux sociaux de diffusion en ligne ne laisse aucune ambigu?t? quant ? la pr?dominance de ce type de motivation.

En r?sum?, pourquoi les gens participent-ils en ligne ? Pour Bowman et Willis (2003, p.38), plusieurs raisons motivent les participants :

- pour acqu?rir un statut ou se forger une r?putation ;

- pour d?velopper des liens (en ligne ou pas) avec d’autres personnes ayant des int?r?ts similaires ;

- pour tenter de donner un sens ou de mieux comprendre un sujet ;

- pour informer et ?tre inform? ;

- pour divertir et ?tre diverti ;

- pour cr?er ;

Comme nous l’avons expliqu?, il n’est pas dit que Cent Papiers n’offrira jamais aux r?dacteurs une motivation financi?re. Il faut toutefois ?tre pleinement conscient que dans cette ?ventualit?, l’objectif principal devra ?tre de miser sur le capital social bien plus que sur le capital financier.

Certains auteurs parlent d’in?galit? participative pour identifier le ph?nom?ne par lequel une faible proportion des utilisateurs participent aux syst?mes en ligne ouverts ? tous. On dit que g?n?ralement, 90% des gens sont des utilisateurs passifs, 9% contribuent un peu, et 1% fait la plus grande partie du travail. Il s’agit bien souvent l? du probl?me de toutes les formes de participations citoyennes, en ligne ou pas. On ne peut ?videmment pas dire que les r?sultats de la participation sont repr?sentatifs de la population en g?n?ral lorsque les contributeurs sont peu nombreux. Toutefois, les technologies de l’information et des communications permettent de se soustraire d’une certaine d?pendance au temps et ? l’espace pour r?duire en d?finitive quelques contraintes ? la participation.

Pour Jakob Nielsen, bien que l’on ne puisse ?liminer l’in?galit? participative, il est possible d’en att?nuer les effets. Il s’agit d’abord de faciliter l’action de contribuer en r?duisant les technicit?s superflues. Ensuite, il peut ?tre utile de transformer la participation en effet secondaire, c’est-?-dire de faire de leur contribution le r?sultat de quelque chose qu’ils font d?j? de toute fa?on. Nielsen donne comme exemple le syst?me d’Amazon qui permet de voir ce que ceux qui ont achet? un produit se sont aussi procur?. Il propose aussi de r?compenser les participants selon le nombre de contribution, sans toutefois exag?rer pour ne pas que le 1% des contributeurs prolifiques ne le deviennent encore plus. Enfin, Nielsen croit qu’il est important de promouvoir les meilleures contributions pour encourager la qualit? plut?t que la quantit?.

Le m?dia citoyen compte donc donner de la visibilit? aux participants du site ainsi qu’? leur site Web ou blogue personnel. Il s’agit l? d’une source suppl?mentaire de motivation puisqu’un lecteur int?ress? par les textes d’un contributeur particulier pourra ?tre facilement dirig? vers son site et ainsi augmenter le nombre des visiteurs de ce dernier. Comme Cent Papiers permet aux auteurs de reprendre des textes qu’ils ont d?j? publi?s sur leur blogue ou ailleurs, tout auteur le d?sirant peut ajouter un lien ? son article vers l’endroit de sa publication initiale. De plus, il est possible pour chaque auteur de mettre un lien vers son site qui sera repris ? c?t? de chacun de ses articles. Un r?dacteur a donc int?r?t ? publier un article sur Cent Papiers parce qu’il sera probablement lu par une grande quantit? de personnes, et aussi parce qu’une partie de ce trafic pourra ?tre emmen? vers son propre site. Dans un avenir proche, Cent Papiers offrira une plus grande visibilit? aux sites de ses meilleurs r?dacteurs par l’entremise d’un palmar?s ? la une du portail.

Bien qu’il ne soit pas ?vident de mesurer le capital social ou ce qui le forme, comme la r?putation, la reconnaissance par les pairs ou les interrelations, les technologies de l’information et des communications permettent l’utilisation d’une foule d’indicateurs, certainement pas parfaits, mais ? tout le moins utiles. Il s’av?re que les principaux m?canismes permettant d’agir sur la motivation des participants sont aussi les outils qui permettent de filtrer l’information afin d’en juger la cr?dibilit? et la pertinence, deux des enjeux primordiaux du m?dia citoyen. Voyons donc ces indicateurs qui serviront au filtrage, et en d?finitive, contribueront aussi ? la motivation des r?dacteurs citoyens.

4.3 Le filtrage de l’information

Dans les m?dias traditionnels, on fait confiance au journaliste parce que l’on fait confiance au journal. Comme la cr?dibilit? d’un m?dia citoyen peut ?tre r?duite ? la cr?dibilit? individuelle de chacun de ses contributeurs, la confiance se construit individuellement, par la base : « un individu anonyme entre dans cet environnement sans r?putation et doit gagner la confiance des autres selon son comportement et les informations qu’il fournit » (Bowman et Willis, 2003, p.43). De plus, le fait que l’information est filtr?e apr?s sa publication plut?t qu’avant implique que des m?canismes doivent ?tre implant?s pour juger de la r?putation des participants et de la justesse des nouvelles qu’ils rapportent.

4.3.1 Les nouveaux outils

Comme nous l’avons dit, Internet pr?sente plusieurs atouts pour ?valuer tous les aspects d’un texte d’information soumis ? un m?dia citoyen comme Cent Papiers. Le premier outil, qui n’est disponible qu’au moyen de sondages pour les m?dias traditionnels comme la radio, la t?l?vision ou les journaux, et qui n’est presque jamais rendu public pour les instances en ligne de ces m?dias, rel?ve des statistiques de visites. Tout site Web a la possibilit? d’obtenir des statistiques de visites assez pr?cises, et ce, pour l’ensemble du site comme pour une page pr?cise, donc pour chaque article publi? dans le cas des m?dias en ligne. ?videmment, il est important d’?tre tr?s prudent et de ne pas se servir de ces donn?es pour juger de la qualit? d’un article ou de l’int?r?t port? par les lecteurs. En effet, l’affluence li?e ? un article peut souvent ?tre le fruit de la redirection outranci?re d’un moteur de recherche vers un texte particulier pour des mots-cl?s populaires. Par exemple, l’article actuellement le plus visit?, et de loin, sur Cent Papiers s’intitule « Le chien le plus laid du monde ». Il s’av?re que le moteur de recherche Google dirige la plupart des gens faisant des recherches pour « le chien le plus laid du monde » ou « le chien le plus beau du monde » vers cet article. ?a ne veut certainement pas dire que cet article soit le plus int?ressant du site, ou le plus appr?ci? des visiteurs.

N?anmoins, les statistiques de visites lorsque analys?es judicieusement, peuvent r?v?ler qu’un article a ?t? repris ? de nombreux endroits qui lui ont accord? une cr?dibilit? ou une pertinence certaine. Parce que dor?navant, ce que nous connaissons rel?vera beaucoup plus de ce que l’on peut croire, et aussi de qui d’autre le croit. On peut penser que devant la multiplication de l’offre d’information, le lecteur devra se fier ? l’intelligence collective par l’entremise d’outils de filtrage collaboratifs, mais aussi aux « leaders d’influence » qui auront gagn? leur respect. Il s’agit l? d’une forme de r?vision par les pairs, en ce sens que la reprise d’un article t?moigne de sa qualit? (ou du contraire, d?pendamment de ce qu’en dit la personne qui fait un lien vers cet article), et que la cr?dibilit? de celui qui reprend la nouvelle est un indicateur suppl?mentaire pour juger du texte original.

On peut aussi croire qu’un article qui obtient beaucoup de visites ? sa publication est coll? sur l’actualit? puisque de nombreuses personnes s’y int?ressent ? ce moment. D’ailleurs, le logiciel de publication utilis? par Cent Papiers, Spip, permet de lister les articles les plus populaires pour une p?riode donn?e selon le nombre de visites qu’il re?oit relativement aux autres articles du site. Enfin, une raison faisant qu’un article est plus visit? que d’autres peut ?tre qu’il traite d’un sujet qui n’est pas souvent abord? par d’autres sites ou m?dias en ligne. On peut alors se servir des statistiques pour juger (sous toutes r?serves) du caract?re in?dit d’un texte. C’est pourquoi Cent Papiers publie les statistiques compl?tes du site ainsi que le nombre de visiteurs pour chaque article. ?ventuellement, il faudra d?tailler l’origine des visites pour chaque article.

Pourtant, les statistiques de visites seraient inutiles sans autres indicateurs pour filtrer l’information comprise dans les nouvelles d’un m?dia citoyen. Les autres atouts d’Internet sont li?s ? la possibilit? que ce nouveau m?dium offre d’interagir entre r?dacteurs et lecteurs. D’abord, Cent Papiers, comme d’autres, permet au lecteur d’?valuer les articles selon une ?chelle de un ? cinq. Cet outil sert ? juger de l’appr?ciation des lecteurs face ? un texte et il devient possible d’obtenir un palmar?s hebdomadaire (ou sur toute autre p?riode) des articles les plus appr?ci?s par les lecteurs. On peut bien s?r penser que ce syst?me puisse servir d’exutoire ? ceux qui ne partagent pas les id?es de l’auteur de l’article, mais en g?n?ral, les votants semblent avoir une bonne compr?hension qu’il s’agit ici d’un vote sur la qualit? de l’article.

Un des ?l?ments les plus importants pour v?rifier l’information r?side dans la possibilit? de commenter les articles. Dans son livre, Yochai Benkler (2006, p.77) rapporte les explications des gestionnaires du site Slashdot pour expliquer comment l’information est v?rifi?e par la communaut?. ? la question « comment v?rifiez-vous la v?racit? des informations soumises ? Slashdot ? », ils r?pondent « On ne la v?rifie pas, vous le faites ». Ainsi, le comit? de Slashdot ne publiera pas une information qui semble totalement loufoque et v?rifiera bien quelques sources, mais s’appuiera surtout sur la responsabilit? des commentateurs. Il devient donc tr?s important de v?rifier les commentaires des articles pour ?tre mis au fait de corrections ou de pr?cisions apport?es par la communaut?. Cent Papiers utilise une approche semblable, tout en privil?giant des modifications aux articles ? la demande de leurs auteurs si n?cessaire. Il ne s’agit certainement pas d’un concept nouveau :

« J’ai rencontr? un jour un griot, un homme ?g?, circulant de village en village, racontant depuis toujours des histoires interminables, notamment sur les ?pop?es des familles nobles de son pays, des histoires fourmillant de d?tails. Et je lui demandai comment il faisait pour se souvenir de cet ensemble de d?tails, pour n’en oublier aucun. Il me dit alors qu’il y avait toujours dans l’assistance, quelqu’un qui lui-m?me avait ?t? berc? avec ces m?mes histoires, les avait entendues depuis son enfance, et le corrigeait d?s qu’il faisait une erreur ou oubliait quelque chose. » (Affordance.info via Martin Lessard).

Cette « stabilisation ?ditoriale » est toutefois grandement facilit?e par Internet. Il reste que la gestion des commentaires peut devenir un exercice fastidieux. De nombreux probl?mes cr??s par ceux que l’on appelle les « trolls », qui se servent des commentaires aux articles pour propager leurs messages haineux ou pour atteindre ? la r?putation de certains individus, peuvent se produire. C’est d?j? le cas chez Agoravox et sur les blogues de quelques journalistes au Qu?bec. Une des prochaines ?tapes sur Cent Papiers sera d’instaurer un syst?me d’?valuation des commentaires et des commentateurs ainsi qu’une proc?dure pour rapporter des probl?mes ou pour faire de plaintes en regard de certains commentaires. Il faudra aussi penser ? int?grer des statistiques sur les commentateurs afin de mieux juger de la pertinence de leurs commentaires.

Les statistiques de visites, l’?valuation des lecteurs et les commentaires pris ensemble servent ? juger de la cr?dibilit? et de la pertinence de l’information, mais agissent aussi sur la motivation des r?dacteurs. La note globale de chaque auteur est disponible sur la page de ce dernier et ? droite des articles qu’il publie sur Cent Papiers. On peut donc savoir comment les lecteurs ont ?valu? la somme des articles du r?dacteur. De plus, on peut voir le nombre de visites et de commentaires pour chacun de ces articles sur sa page. Ainsi, le lecteur pourra juger sommairement de la qualit? globale des articles propos?s par cet auteur et ainsi accorder une plus grande ou moins grande importance ? ces articles. Il ne s’agit pas d’instaurer une comp?tition entre les auteurs, mais plut?t d’encourager les journalistes citoyens ayant une bonne r?putation ? continuer leur bon travail, et les moins bons, ? modifier leur comportement. Si ces ?l?ments sont les trois principaux m?canismes publics pour juger d’un article publi? sur Cent Papiers, le comit? ?ditorial reste le premier moyen permettant de filtrer les articles.

4.3.2 Le comit? ?ditorial

Le comit? ?ditorial de Cent Papiers sert ? v?rifier sommairement les articles soumis au site selon trois crit?res, soit la qualit? de la langue et de l’orthographe, la possibilit? de v?rifier l’information, et le respect d’autrui. Comme il est difficile de v?rifier la totalit? des informations pr?sent?es dans un article, Cent Papiers mise sur la contribution des lecteurs pour assurer la fiabilit? de l’information. Fait ? noter, le comit? ?ditorial agit aussi sur la r?putation des r?dacteurs du site en d?cidant de pr?senter ou non ? la une les articles qu’il juge de meilleure qualit?. Le fait qu’un article ait s?journ? ? la une reste identifi? sur la page de l’auteur.

Le fonctionnement du comit? ?ditorial reste assez simple. Pour l’instant, compte tenu du relativement faible flot d’articles propos?s, ce comit? est compos? de trois personnes qui assurent la v?rification et la correction des articles. Prochainement, le comit? ?ditorial sera compos? de dix membres responsables de sections. Lorsqu’un article sera soumis au site, les membres du comit? auront la possibilit? de voter sur cet article et d’?mettre des commentaires avant sa publication. Afin d’acc?l?rer le processus de publication, l’article pourra ?tre publi? quand la moiti? (cinq) des membres du comit? auront vot? sur l’article. Si l’article obtient une note sup?rieure ? trois sur cinq, le responsable de la section dans laquelle se trouve l’article s’assurera qu’aucune faute d’orthographe ne subsiste et publiera l’article. Si la note est inf?rieure ? trois sur cinq, un courriel sera envoy? ? son r?dacteur pour modification ou pour expliquer la raison du refus. Une note sup?rieure ? quatre rendra l’article ?ligible ? une publication en Une.

Pour devenir membre du comit? ?ditorial de Cent Papiers, le candidat devra avoir publi? au moins dix articles sur le site et obtenu une ?valuation moyenne sup?rieure ? quatre sur cinq. La ma?trise du fran?ais et une certaine familiarit? avec le logiciel de publication Spip seront aussi consid?r?es. D’ici ? ce que le comit? ?ditorial compte ses dix membres, ces conditions suffiront, mais ?ventuellement, les membres du comit? devront ?tre ?lus par les r?dacteurs du site au moment d’?lections ? tous les six mois. Il s’agit l? d’un syst?me semblable ? celui utiliser chez Agoravox tel que d?crit par Jo?l de Rosnay (2005, p.131) : « De cette mani?re s’instaure un cercle vertueux d’intelligence collective : plus un r?dacteur ?crit d’articles de qualit? correspondante ? l’approche ?ditoriale du site, plus il a de chances de devenir mod?rateur, et plus il a tendance ? valider des articles correspondants le mieux ? cette ligne ?ditoriale ». En ce sens, il est clair que la diversit? des membres sera garante de l’absence d’appartenance ? quelconque id?ologie ou ? une certaine subjectivit? politique.

Un article soumis ? Cent Papiers ne sera pas publi? si :

- il pr?sente de fausses informations ;

- il utilise un langage vulgaire ou offensant ;

- il nuit ? la r?putation d’une personne en divulguant des informations relatives ? la vie priv?e ;

- il fait la promotion d’un ?v?nement ou d’une organisation affili?e ? son auteur ;

- il est mal ?crit ou confus.

D’autre part, la publication d’un article sur Cent Papiers implique que :

- les textes soumis pourront ?tre modifi?s l?g?rement par le comit? ?ditorial ou renvoy? ? l’auteur pour corrections ;

- aucune modification majeure ne sera effectu?e sans le consentement de l’auteur ;

- les textes publi?s pourront ?tre r?utilis?s, avec l’accord de l’auteur, par des partenaires ?ventuels de Cent Papiers.

5. Les objectifs de Cent Papiers

Les objectifs de Cent Papiers seront d?battus au sein d’un conseil d’administration qui sera constitu? sous peu.

5.1 Le conseil d’administration

Afin de s’assurer d’?tre toujours ? la fine pointe de la technologie et au fait des nouvelles tendances d’Internet et des m?dias, Cent Papiers compte constituer un conseil d’administration, sorte de regroupement de sages qui guidera la destin?e du site. Ce conseil, compos? de dix membres qui pourraient se r?unir virtuellement de fa?on mensuelle en plus de contribuer au wiki de Cent Papiers, aura pour mission d’apporter de nouvelles id?es en ce qui a trait ? la gestion, la technique et la promotion du site. Ce conseil pourra aussi voter sur les ?ventuels budgets de gestion de l’organisme sans but lucratif qui sera constitu? pour administrer le m?dia. Comme Cent Papiers est un m?dia citoyen qui vise ? rester ouvert ? tous, il convient qu’il soit administr? par des citoyens et qu’il ne reste pas le fait de ses membres fondateurs.

Les revenus engendr?s par Cent Papiers devront obligatoirement ?tre investis d’abord dans l’h?bergement du site et dans l’am?lioration des performances du serveur, ensuite dans l’implantation d’innovations techniques et, finalement, dans la promotion de Cent Papiers partout au Qu?bec.

5.2 Les objectifs ? court, moyen et long termes

L’objectif ultime de Cent Papiers est de s’imposer comme le m?dia citoyen du Qu?bec, de tout le Qu?bec, et de souscrire le plus possible ? la d?finition de m?dia assumant une responsabilit? sociale. ? court terme, le principal dessein de Cent Papiers sera de se faire conna?tre afin d’augmenter autant la masse des lecteurs que le nombre des r?dacteurs. Particuli?rement, il faudra que la promotion cible l’ensemble des r?gions du Qu?bec qui sont souvent mal servies par les grands m?dias et qui se retournent de plus en plus vers Internet pour s’informer. Lorsqu’une masse critique de r?dacteurs aura joint les rangs du m?dia citoyen, il conviendra de cr?er des portails r?gionaux qui permettront aux citoyens du Qu?bec d’?tre inform?s par leurs concitoyens de nouvelles locales et r?gionales.

Cet objectif n’exclut en aucun cas la perspective d’avoir aussi des portails nationaux dans la mesure o? des citoyens qu?b?cois ou des francophones de partout, pourraient agir comme correspondants ? l’?tranger. Cent Papiers est accessible de partout dans le monde et accorde une grande place ? l’information internationale. Des blogueurs locaux de partout pourront donc alimenter le site.

De plus, avec la d?mocratisation des moyens de production et de diffusion de l’information, on peut pr?voir que Cent Papiers ne s’en tiendra pas uniquement au journalisme ?crit, mais produira aussi un contenu multim?dia qui se conformera aux m?mes r?gles que les articles soumis ? Cent Papiers. D?j?, des fichiers vid?o ou audio ont ?t? soumis ? Cent Papiers. Il reste toutefois ? am?liorer la structure d’int?gration de ces ?l?ments multim?dias au site.

En d?finitive, il faut rappeler que l’id?e n’est pas de supplanter les m?dias traditionnels qui restent des sources d’information fiables et constantes, au contraire. Nous cherchons plut?t ? combler certains de leurs d?fauts en devenant un compl?ment plut?t qu’une alternative ? leur produit. Il fait peu de doute qu’?ventuellement, ces deux formes de journalisme s’allient (c’est d?j? le cas) pour offrir ? la population une information diversifi?e et de qualit?.

Bibliographie

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