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Le LR en surchauffe ? c’est l’effet Peltier (4 )

L’arrivée de Guillaume Peltier à l’UMP se fait en passant sous l’aile de J-F Copé, qui va vite lui apprendre comment cela fonctionne depuis qu’il en a pris la tête. A savoir de l’avoir transformé en pompe à fric électorale. Peltier héritant d’emblée de cadeaux de bienvenue avec des prestations de formation tarifées bien au delà des chiffres habituels. De l’argent qui vient parfois de loin comme on va le voir, avec un Peltier qui après en avoir largement bénéficié n’hésitera pas à laisser tomber son protecteur dès que celui-ci sera en difficulté, appliquant à la lettre son principe de fonctionnement dûment siglé : SPV pour, on le rappelle, « Souvent Peltier Varie », un surnom hérité à Tours comme on l’a vu… Ce qu’avait surtout appris Peltier de Copé et de Sarkozy ? De mêler ouvertement business et politique !

Guillaume Peltier, encore alors ce jeune renardeau aux dents déjà bien affûtées, a lui trouvé un beau fromage avec les sondages vendus à des gens de l’UMP déguisés en corbeaux grugés. « Son carnet d’adresses s’étoffe et Guillaume Peltier développe sa petite entreprise. Deux ans après sa fondation, le chiffre d’affaires est déjà de 462 000 euros. En 2011, le business s’accélère et le chiffre d’affaires double à plus d’un millions d’euros. En 2012, celui-ci augmente encore à 1,1 million, avant de retomber en 2013″ explique Rue 89. Mais on est bien en peine de trouver avec qui il travaille : « on ne trouve pas grand-chose non plus dans le catalogue des marchés publics, puisque, de l’aveu même de Guillaume Peltier, Com1+ s’arrange pour décrocher des contrats moins onéreux afin de s’éviter des procédures complexes… Les quelques prestations visibles concernent en tout cas des collectivités de droite. En 2010, Com1+ assure une « veille médiatique et conseil en stratégie de communication » pour le conseil général de l’Indre, présidé par l’UMP, Louis Pinton (nota : décédé le 17 novembre 2016). Coût : 39 600 euros. Depuis, les deux hommes ont visiblement appris à se connaître… En août 2011, il conclut un contrat pour une « prestation d’accompagnement et d’aide à la prise de décision dans l’appréhension territoriale de la Lozère ». Le commanditaire étant le conseil général (UMP), dont le président était invité aux mêmes séminaires que Peltier. Montant affiché pour trois ans : 90 000 euros (au maximum). Un an plus tard, Com1+ approche Corbeil-Essonnes, la bonne ville de Serge Dassault, pour la « réalisation d’une opération » de télémarketing. Tarif : 19 725 euros ». Mais ce n’est rien encore au vu du contrat suivant… Dassault étant plus rationnel, disons, en allant distribuer lui-même sur place les biffetons. A droite la visite à Châteauroux le

Un taux horaire de prestation stratosphérique pour Peltier

Guillaume Peltier a en effet très vite compris la tirelire façon Copé, qui se remplit de partout d’un côté mais ne se vide que dans un seul sens : « selon une information révélée par Le Point, le vice-président de l’UMP Guillaume Peltier a tenté de vendre à ses camarades candidats aux européennes des kits « clé en main » pour mener campagne pour des montants forfaitaires pouvant atteindre 200 000 euros selon l’ampleur de la communication souhaitée (1). Dans le devis produit par l’agence de Guillaume Peltier COM1+, figure notamment un site de campagne facturé 30 000 euros minimum. Or, Renaud Muselier, candidat tête de liste dans le Sud-Est, a fait son site pour seulement 15 000 euros. Dans le Sud-Ouest, Michèle Alliot-Marie dit avoir « tout fait » pour 8 000 euros ».

Rappelons que Marine le Pen avait fait exactement la même chose lors de l’élection présidentielle (2), ses « kits » ayant été fabriqués par François Chatillon, ancien du Gud fricotant avec la Syrie, et distribués dans le théâtre de Dieudonné ! Peltier tient des propos d’extrême droite mais agît aussi sur le modèle de Marine LePen ! Et ceci n’est qu’une partie de l’iceberg : le 28 mai 2014 on apprenait que Guillaume Peltier donnait aussi de sa personne, pour des formations facturées jusqu’à 21 120 euros la journée (?), avec lui seul comme intervenant au sein de L’Association nationale pour la démocratie locale (ANDL), dirigée par une députée UMP des Alpes-Maritimes, Michèle Tabarot. Ce qui n’est pas sans surprendre… la brigade financière, surprise de ce montant horaire faramineux.  Le problème de l’UMP sous Copé… c’est l’argent. Pour plus de 20 000 euros la journée !

J-F C, une ambition « pathologique » avec pour moteur fondamental l’argent

Car JF-Copé gagnait davantage qu’un Sarkozy président : c’est un constat simple, mais il est réel. Peltier grassement payé par l’UMP, c’est donc bien un problème récurrent… de l’UMP, où J-F Copé à installé sa marque, qui semble … financière avant tout. L’avocat d’affaires n’a jamais rendu son tablier, quitte à provoquer des conflits d’influence constants, ce qu’ont montré Solenn de Royer et Frédéric Dumoulin.  « Les deux journalistes ont longuement enquêté sur les activités de l’avocat Jean-François Copé. Car le député-maire de Meaux, président du groupe majoritaire, trouve le moyen de consacrer trois demi-journées par semaine à ses activités de conseil au cabinet Gide-Loyrett-Nouel. Spécialisé dans les affaires, ce cabinet compte parmi ses clients les plus grandes entreprises françaises ». Ce qui lui procure des revenus importants  : « faute d’informations précises de l’intéressé (« no comment, c’est privé ») les auteurs estiment que Copé dispose de 30 000 euros de revenus mensuels (20 000 comme avocat, 9730 comme élu), soit nettement plus que le président de la République. « Un jour il y aura une affaire » prédit un haut fonctionnaire qui ne s’explique pas que Jean-François Copé « prenne le risque » du mélange des genres. Le député-avocat ne voit pas le problème. Il se dit prêt à affronter de nouvelle « campagne de presse ». La précédente n’avait pas empêché sa confortable réélection à la mairie de Meaux. N’est-ce pas l’essentiel ? ». La prophétie s’est depuis réalisée. Chez Copé, son souci essentiel, n’est pas le parti, mais l’argent, ce qu’il avoue en plus facilement : « selon Copé, le métier de politique est trop mal payé. En tant que ministre, maire et député, il plaidera partout pour des augmentations. Solenn de Royer et Frédéric Dumoulin révèlent qu’après son entrée au gouvernement en 2002, il cédera son siège à son suppléant mais gardera la main sur deux des enveloppes financières accordées aux députés : les frais de mandats et l’enveloppe destinée à rémunérer les collaborateurs. »

Copé en avait montré la réalité lorsqu’il avait dû batailler pour reprendre Meaux à la gauche, en laissant sur la touche son colistier : « pour prendre Meaux à la gauche, Copé s’est appuyé en 1995 sur un élu local de droite, Ange Anziani. Mais le pouvoir ne se partage pas. Et cet élu municipal en fera l’humiliante expérience en 2002 quand Copé, devenu ministre, lui céda son fauteuil de maire. Défenseur militant du cumul des mandats, le député de Meaux ne cède rien à son ami Ange : ni son bureau de maire, ni sa voiture avec chauffeur. Humiliation suprême, le malheureux n’aura même pas la petite consolation de voir son nom gravé sur le marbre où sont listés, dans le hall de l’hôtel de ville, tous les maires de Meaux »… Peltier, fils puiné de Sarkozy est aussi par son fonctionnement le fils adoptif, financièrement, de J-F Copé !

D’étranges liens avec des anciens de l’OAS

En 2011, pour 6 journées, seulement, Peltier a ainsi empoché 100 965 euros, réglés par le conseil régional de Provence-Alpes-Côte d’Azur… Région où règne aussi Michèle Tabarot, une proche de J-F Copé, maire du Cannet, une ville à l’étrange obsession sécuritraire (et aux choix culinaires surprenants). Or, on l’a oublié depuis, Michèle Tabarot a également été visée en juillet 2013 pour les agissements de son frère, Claude Roch Tabarot et son groupe Riviera Invest. Les Tabarot, c’est toute une saga là-bas, depuis que le père pied-noir, partisan ouvert de l’OAS, est parti se réfugier en Espagne à la suite de sa condamnation pour indignité nationale. C’est à Alicante (Espagne), qu’est née le 13 octobre 1962, Michèle Tabarot, qui se définit pourtant depuis comme une « Française d’Algérie », où elle n’a pourtant jamais mis les pieds. Une députée restée bien à droite, fort à droite, et bien « pied-noir » : « lors de l’élaboration du projet de loi en faveur des rapatriés, en 2004, MichèleTabarot a défendu l’indemnisation des quelques centaines d’anciens membres civils de l’OAS qui avaient fui à l’étranger pour échapper à la justice française. L’article 13 de la loi du 23 février 2005 leur permettra de récupérer les points de retraite non acquis au cours des années 60. « En plus de l’effort d’indemnisation des harkis, il était normal de réparer cette injustice », estime Michèle Tabarot. Elle considère sans doute également comme “normal” le fait que l’ami Athanase Georgopoulos ait été nommé, le 30 décembre 2005, membre de la commission chargée de gérer cette indemnisation. Cet ancien membre de l’OAS, élevé à la dignité de Commissaire aux gratifications, au côté d’un conseiller d’Etat, a ainsi portes ouvertes aux ors des ministères. Nul doute que, au moment de l’examen de sa propre demande, ses pairs apportent [aient apporté ?] une juste compensation financière à son « inactivité » exercée tant dans le cadre de l’OAS à Oran, que dans celui de sa florissante boite de nuit, l’Eldorado, à Torremolinos » ; indique la LDH.« Michèle Tabarot a soutenu sans hésiter l’amendement de Christian Vanneste qui demandait aux programmes scolaires de souligner « le rôle positif de la présence française outre-mer, notamment en Afrique du Nord » « Il y en a marre de la repentance permanente ! dit-elle. Tant que nous ne serons pas fiers de notre histoire, nous ne pourrons pas favoriser l’intégration des jeunes générations » ; explique, outrée, la LDH, de Toulon. Son frère Roch étant mis en examen pour une escroquerie immobilière de 72 millions d’euros en Espagne, à Grenade et Murcie (ici droite lors de son arrestation). Il se retrouve visé par deux procédures judiciaires, à Madrid et à Grasse, pour « escroquerie en bande organisée ». Ce que nie farouchement l’intéressée qui évoque des «  non-lieux » à propos de son frère. Plus grave encore : « L’une des victimes françaises, Roberta Garcia, ancien proche de la famille Tabarot, évoque notamment un transfert de trois millions d’euros en liquide vers les Alpes-Maritimes « à l’occasion des élections municipales de 2008″ note le Figaro. « C’est sur ce volet de l’affaire que Michèle Tabarot pourrait être inquiétée, selon Mediapart. Les autorités judiciaires pourraient être amenées à enquêter sur son train de vie et le financement de ses activités politiques. Cette députée proche de Jean-François Copé, désignée secrétaire générale de l’UMP en novembre 2012 à l’issue de l’élection à la présidence du parti, est maire du Cannet (Alpes-Maritimes) depuis 1995. Or l’un de ses plus proches conseillers dans le département, Franck Mezzasoma, trésorier adjoint de la fédération UMP, a été, selon Mediapart, l’un des actionnaires du holding de Roch Tabarot ». Un conseiller ayant quitté la Mairie juste au moment des premiers soupçons pour s’occuper de représenter sur place J-F CopéLe système Copé aurait-il eu des répercussions jusqu’en Espagne ? Frank Mezzasoma, était en effet l’un des actionnaires de la holding de Roch Tabarot en Espagne, Riviera Coast invest !!

Le bateau qui coule, qui tire sur son commandant ? Peltier, bien sûr.

Au pays de la traîtrise, on l’a vu, Peltier est roi, à l’avoir vu jouer à saute-moutons chez les leaders durant sa carrière politique. C’est donc sans surprise qu’il va vite enterrer Copé… qui l’avait fait lui-même roi en lui ouvrant une manne financière à l’UMP. Il avait été au préalable le premier à fuir Buisson dès que ses enregistrements avaient été connus : « je ne suis pas dans l’intime, et dans l’intimité de Patrick Buisson », insiste-t-il encore alors qu’une personnalité de l’UMP, l’ancien ministre François Baroin, qualifiait dans le JDD Guillaume Peltier de « subordonné » de Patrick Buisson. Un « bébé Buisson » pour Mediapart qui rappelait que Guillaume Peltier avait été « déniché » par Brice Hortefeux et Patrick Buisson ». Il sera le premier à ne rien dire et s’éclipser discrètement lors de la mise en procès de JF-Copé lors de la réunion du comité exécutif de l’UMP, criant au préalable quand même que c’était Sarkozy qu’on attaquait ainsi…  Le même Peltier, qui vantait encore en décembre 2012 un Copé comme « homme de rassemblement‘.

Copé, plombé par Bygmalion, abandonne L’UMP à un triumvirat composé de François Fillon, Alain Juppé et Jean-Pierre Raffarin, le 15 juin 2014 : « Copé a lâché prise. Interrogés à la sortie, les élus présents au bureau politique ont pris le temps de saluer la décision de Copé. Mais il y en a un qui a expédié la chose en moins de deux minutes, c’est Guillaume Peltier. Le maire de Neung-sur-Beuvron et co-animateur de la Droite forte n’a pas voulu en faire trop. Il faut « laisser la justice faire son travail », « tourner la page de cette épreuve », a-t-il simplement concédé, sans soutenir franchement Copé, mais encore moins l’équipe de transition. Manière de botter en touche ? Sans doute ». Marianne peut en sourire, de l’abandon rapide sinon de l’enterrement express signé Peltier : « et, plus gênant, c’est également aux côtés de ce sulfureux parrain qu’il a eu accès aux commandes de certaines collectivités locales, à l’instar des communes de Menton ou Levallois-Perret… Alors, quand devant les caméras de télévision il ose un : « Nous avons le devoir de refonder l’UMP sur une nouvelle génération et des idées nouvelles », on se pince… Ou on se marre. Au choix »….

Un enterrement sans classe aucune…  Dans une interview au Figaro, il avait déjà choisi son propre candidat pour l’UMP : « Copé a le statut de challenger, mais depuis l’été, par ses prises de positions, il a mené et gagné la campagne des idées. Or, ce qui compte pour les militants, ce sont les idées. À ce titre, il est dans le prolongement de l’aventure sarkozyste. Le débat télévisé a parachevé cette dynamique. Il a frappé fort et juste ». Un compliment en forme de couronne mortuaire. A l’époque on savait que Fillon n’offrait pas de formations grassement payées à Peltier, mais que Copé, si, via sa copine du Cannet !!! L’enthousiasme de l’ex-frontiste se résumait à une simple reconnaissance du ventre ! Un enthousiasme vite enterré, le jour-même de l’annonce de la démission de J-F Copé, son enterrement politique immédiat lui ouvrant un boulevard politique personnel, ce qu’il avait très vite compris. Mais pour ça il lui faudrait une implantation électorale, une vraie…

Le président d’une république de 1200 habitants

A l’UMP, les gens qui le détestent, dont François Baroin, lui avaient vertement rappelé qu’il n’avait jamais été élu. L’épisode de Tours avait fait de lui un tocard, brocardé par les caciques élus du parti qui lui avaient conseillé d’aller se faire d’abord « élire chez les ploucs« . Le hic, c’est qu’entre temps il avait pris le mot à la lettre et était devenu le maire de Neung-sur-Beuvron (désolé pour ses administrés !). Il s’était trouvé 478 personnes sur 1210 inscrits (et 802 exprimés) pour voter pour lui. Le spécialiste de la manipulation des chiffres qu’il était devenu à l’UMP (Fillon n’en est toujours pas revenu !) claironnant alors que « la participation est monumentale : près de 82%. C’est vingt points de plus qu’au plan national. […] Cela me donne une vraie légitimité« ... Ce qui était surtout de la vantardise pure et simple avec sa poignée électorale de 400 clients. Une vantardise flagrante lorsqu’il ajoutera que « mon élection a été la première de l’UMP à être annoncée dans les JT dans lesquels j’ai été interviewé en direct »… A droite le château de Villebourgeon de Neung-sur-Beuvron.

Voici donc Neung-sur-Beuvron devenue sa petite république à lui, comme Meaux était devenu la république de Copé. « Le plus si jeune Peltier (37 ans), propulsé à la vice-présidence de l’UMP par la grâce de Jean-François Copé, devait de toute urgence se trouver un fief, si modeste fût-il. Il s’en est donc fabriqué un, avec la complicité des barons du Loir-et-Cher, notamment l’UMP Claude Beaufils et l’ex-ministre Maurice Leroy, centriste ultra-sarkozyste. Neung-sur-Beuvron, village rural au milieu des étangs de Sologne, était une cible sûre. On y vote toujours « massivement » à droite, l’ancien maire ne se représentait pas et la population vient tout juste de passer les 1 000 habitants, seuil au-delà duquel la loi prévoit un scrutin de liste. » Dans la presse, on ajoute « Guillaume Peltier ne manquera pas de chercher à se faire élire sur des circonscriptions plus larges telles que pour les législatives. Il ne fait qu’atterrir, il devrait bientôt redécoller. Cap sur le palais Bourbon ?«   Voici Neung-sur-Beuvron  transformé en Cap Canaveral électoral de la fusée à étages Peltier !

« Les conditions d’un confortable parachutage étaient donc réunies. « Une commune à sa mesure » ironisent ses adversaires« , écrit Libération. Sarkozy était devenu il est vrai maire de Neuilly, avec il est vrai un peu plus d’habitants (60 fois plus), neuf ans plus jeune… alors que Peltier n’était lui que le président de la République de Neung. Une république fort Villieriste ; à peine si certains avaient remarqué le nom de son 4eme adjoint à la mairie : un dénommé Mathieu Spiesser. Celui-là même qui avait déposé le nom de domaine « ladroiteforte.fr » (de façon anonyme) le 7 mai 2012, au lendemain même de la défaite de Sarkozy !!! Comme son maître, c’est un ancien de la campagne de De Villiers de 2007 : « le Mouvement pour la France de Philippe de Villiers a également eu recours à « une étude qualitative pour notre profession de foi qui nous a coûté 10 000 euros », dixit Mathieu Spiesser » avait-on pu lire sur les frais électoraux engagés par les candidats. A Neung, il avait récidivé, en ne mettant le paquet que sur cette profession de foi, imprimée en quadrichromie avec de gros moyens. Ceux dont l’ancien maire était dépourvu.

L’entreprise familiale et la vie de château

« Dans la belle maison bourgeoisie, qu’il vient à peine de racheter par le biais de la SCI GMC opinion à Neung-sur-Beuvron  pour y installer le siège de sa boîte de communication COM +, laquelle lui a valu une récente  convocation par un juge d’instruction, Guillaume Peltier prépare sa future candidature  aux prochaines régionales. Celui qui s’est fait élire péniblement  à la tête d’une commune de 1200 habitants après plusieurs échecs dont un retentissant aux  dernières législatives à Tours espère obtenir  la tête de liste de l’UMP dans le Loir-et-Cher où la droite se fait élire dans un confortable fauteuil » peut-on lire. Ici à droite la bâtisse vue de Google Earth.

« Ce communicant de la ligne Buisson, ancien villiériste et ex-Front national animateur de la Droite Forte pro sarkoziste, né en 1976  en région parisienne est en pleine préparation des élections régionales de 2015. A cette fin il s’est doté d’une garde rapprochée qui comprend essentiellement  deux personnes. Sa belle sœur  et assistante, Clémence Delebecque, née en 1985,  qui fut membre de la cellule communication du candidat de Villiers à la présidentielle de 2007.  Elle est Trésorière nationale de l’association de financement de la Droite Forte créée en avril 2013 destinée à récolter des fonds pour alimenter  ce courant dont Guillaume Peltier et son grand ami Geoffroy Didier sont les principaux animateurs. Matthieu Spiesser, son bras droit, lui aussi ancien villieriste qui présida l’association pour le financement de la campagne de Philippe de Villiers en 2007. Né en 1975 cet ami très proche figurait en septième position sur la liste Peltier aux municipales de Neung-sur- Beuvron se présente comme « conseiller en entreprise ». Le trio est cogérant de la société civile immobilière GMCopinion enregistrée à Tours. »

Chez De Villiers en compagnie de Spiesser il y avait on le rappelle Jacques Bompard, ex FN, chargé des relations extérieures, les jeunes Aurélien Martin, et Jean-Baptiste Doat (le fondateur de @MdameMichu sur les réseaux sociaux  (3) !!!), Paul-Marie Couteaux, Conseiller politique, Bruno Retailleau, Conseiller économique et Alexandre Varaut (l’avocat qui a défendu Bob Denard !), comme Conseiller juridique… A gauche c’est Peltier avec Bompard : ce dernier rompra plus tard avec De Villiers pour MPF pour fonder et présider la Ligue du Sud, parti d’extrême droite sur le modèle italien très implanté dans la partie nord du département de Vaucluse. Bompard avait commencé sa carrière par adhérer aux Comités Tixier-Vignancour pour filer ensuite rejoindre Ordre nouveau en 1968 après la dissolution d’Occident !!! Quel cursus ! Et ce n’est pas tout chez lui : le 25 mars dernier, la cour d’appel de Nîmes l’a condamné à cinq ans d’inéligibilité pour prise illégale d’intérêt. Il a aussitôt formé un pourvoi en cassation pour rester maire d‘Orange !!!  L’affaire dure depuis… 16 ans maintenant !!! Il peut bien rire avec Peltier et le conseiller sur ce qu’il faut faire pour tenir longtemps quand on a des problèmes !!

Avec Peltier, c’est le spectre de 1998 qui resurgit

Peltier n’a pas laissé que des amis à Tours (voir notre premier épisode ici). Ceux-là se rappellent avec ses déclarations récentes, la terrible crise au sein de du RPR, futur UDF, en 1998, lors des élections régionales également, tiens, funeste hasard, qui avaient vu cinq ténors de la droite offrir un strapontin chez eux à des candidats frontistes en acceptant leurs voix pour se faire élire présidents de région. Sans aucun remords !!! L’affaire avait fait grand bruit !!! Un séisme véritable au sein de la droite, fracturée profondément !!! On avait parlé de traîtrise à ce moment-là. Ils avaient pour nom Charles Millon, en Rhône-Alpes, Jean-Pierre Soisson, en Bourgogne, Charles Baur en Picardie, Jacques Blanc en Languedoc-Roussillon et Bernard Harang, un proche de Jacques Douffiagues, dans le Centre.  Ce dernier avait été critiqué et combattu par le vaillant François Bordry, élu dans l’ombre du cabinet de Simone Weil, venu tenir tête à ce qui était pour beaucoup une trahison lamentable des principes gaullistes. Au passage il avait été rejoint par un certain tourangeau appelé Renaud Donnedieu de Vabres, étudié ici dans notre tout premier épisode comme fervent opposant à la candidature locale de Guillaume Peltier (et soutenu par Maurice Dousset): le souvenir de 1988 était resté trop vif chez lui, c’est évident ! Bordry, un centriste éclairé, la figure régionale du centrisme plutôt (il avait présidé les jeunes démocrates sociaux). Un européen, assurément, qui dirigea le bureau du Parlement européen à Paris (de 1982 à 1989) puis ensuite à Strasbourg et Bruxelles et qui deviendra présidant des VNF (les Voies navigables de France) de 1994 à 2008, Mais aussi un homme cultivé, qui a aussi été le premier président du FRAC (Fonds régional d’art contemporain). Il dirige aujourd’hui la Biennale de Lyon !  On le voit ici dans une manifestation avec la gauche contre Bernard Harang. Suspendu de l’UDF cf la photo ci-contre), ce dernier démissionnera le 28 mars 1998 après un dernier appel à le faire d’Alain Madelin (un ancien du GUD pourtant !). L’Humanité s’était permis un titre façon Libé pour se féliciter de son départ. Il n’y aura que Marie-France Stirbois pour venir le défendre !!! Au final, devant une droite divisée, c’est Michel Sapin qui héritera de la présidence comme on l’a vu. Avant lui, en intérim il y aura eu Lydie Gerbaud « dans le viseur du FN«  selon « La Nouvelle République« .. C’est l’ancienne attachée de presse de Jacques Chirac, de 1975 à 1995 : « elle est vue comme l’une de ceux qui ont fait capoter l’alliance.« J’ai été malmenée physiquement dans les escaliers, je faisais attention de ne pas me retrouver toute seule, se rappelle-t-elle. Sur le plan politique, ce sont les moments les plus difficiles de ma vie. J’ai eu peur pour ma sécurité. »  Chez Millon, c’est la centriste Anne-Marie Comparini qui sera élue… grâce au soutien de la gauche après une décision du Conseil d’Etat invalidant l’élection ! (et le retrait de J-CH Qeyranne) ! « La droite explose » avait-on entendu durant cette période folle, comme on vient de l’entendre à nouveau après les monstruosités régurgitées par Peltier  !!! Sans surprise non plus, on retrouvera Harang en page Chic et Choke, ici à droite (jeu de mots de chasseur !) dans le magazine Jours de Chasse d’Olivier Dassault, édition de septembre 2010. Encore un chasseur d’oies et non plus de bulletins électoraux ! Le titre de Libération de 1998 pouvant s’adapter parfaitement aujourd’hui à Guillaume Peltier et à son « cynisme de second couteau » !!!

Une implication présidentielle directe

Mais on avait oublié un épisode dans ce long feuilleton post-électoral, lors du crêpage de cheveux entre Fillonnistes et Copéens. Une petite phrase, une de plus, prononcée par l’ancien trésorier de l’UMP, Dominique Dord, qui en sait des choses, et qui intéresse d’autant les policiers de la brigade financière : « autre moment chaud de ce rendez-vous, l’opposition entre le trésorier (filloniste) Dominique Dord et Jean-François Copé. Objet de leur joute violente : les 180 000 euros demandés par Christine Boutin dans le cadre de son accord électoral avec Nicolas Sarkozy. « Je trouve très audacieux de dire que j’ai bloqué le remboursement alors que c’est toi qui l’a bloqué », a reproché Dominique Dord à Jean-François Copé, qui avait publiquement critiqué son trésorier à ce sujet. « La preuve, tu as fait une lettre le 25 septembre » pour demander l’étalement du remboursement, a-t-il conclu. » Une petite phrase qui pèse lourd aujourd’hui, prouvant que J-F Copé en personne avait le regard (et la main) sur les paiements au sein de l’UMP, contrairement à ce qu’il est venu dire un soir sur TF1, la main sur le cœur. Et en même temps prouvait que Sarkozy annonçait directement les tarifs à verser à ceux qu’il choisissait, en l’occurrence ici à Christine Boutin en personne ! Pour se retrouver avec une vieille rivalité avec JF-Copé, qui aurait bloqué l’argent !

Un cadeau royal à 680 000 euros !

Sommet de ces malversations, de l’argent versé alors que la personne ne s’était même pas présentée à l’élection pour se mettre en travers de Nicolas Sarkozy ! Un cadeau royal, pour ne pas être venue mettre des bâtons dans les roues à sa campagne, c’est ce que révélait en tout cas l’ineffable Christine Boutin !!! « La présidente du Parti chrétien démocrate (PCD), Christine Boutin, dit avoir touché 680 000 euros de l’UMP, en guise de remboursement de ses frais de campagne, après le retrait de sa candidature au profit de Nicolas Sarkozy à la dernière présidentielle ». L’ex-ministre, candidement, dévoilant tout le système géré par Nicolas Sarkozy en personne, passant lui-même au dessus des financiers de son propre parti (4): « l’ancienne ministre du logement espère que le principal parti d’opposition va lui verser au total 800 000 euros. Elle a assuré à l’hebdomadaire Valeurs actuelles, paru jeudi 4 octobre, avoir déjà « touché trois chèques » de 60 000 euros chacun (soit 180 000 euros). » Le montant correspondant à ce qui avait été dénoncé lors de la réunion houleuse, mais en trois versements cette fois !!! « De plus, Mme Boutin a précisé à l’AFP, avoir déjà perçu 500 000 euros de l’UMP en juin dernier. Et elle espère percevoir encore 120 000 euros du parti. La loi sur le remboursement des frais de campagne prévoit un remboursement de 800 000 euros pour les candidats du premier tour ayant obtenu moins de 5 % des suffrages exprimés. La présidente du PCD n’a pas été candidate, mais dit qu’elle comptait sur cette somme ».Tout cela tout droit sorti des comptes… opaques de l’UMP, et sur ordre sarkozien, car ni Copé ni le trésorier Dord n’avaient pris cette décision de leur chef ! 800 000 euros ne figurant bien sûr pas dans le décompte de campagne de Nicolas Sarkozy ! Près d’un million d’euros sortis de nulle part, le 1/20 eme de l’ensemble de sa campagne  ? « Le trésorier de l’UMP, Dominique Dord, s’est dit « surpris » et choqué par cette annonce. Le député de Savoie dit ne pas voir « quelle pièce justificative permettrait de verser 180 000 euros à Mme Boutin ». Selon M. Dord, les versements précédents relèvent « d’une convention comme l’UMP en a avec d’autres personnes morales, clubs ou partis associés ». Le trésorier affirme cependant ne pas connaître la nature exacte de cette convention ». Boutin, l’hégérie catho de Peltier, avait révélé le pot aux roses à la presse dès novembre 2012 !!! On pouvait sortir de l’argent de l’UMP sans que son trésorier ne soit au courant ! En appelant cela une « convention » ? C’est bien Sarkozy en personne qui gérait la caisse noire de l’UMP !!!

Un autre soutien de Sarkozy viendra témoigner sur ces étranges arrangements : « Frédéric Nihous, le président de CPNT, qui s’est lui aussi retiré de la présidentielle pour soutenir Sarkozy, nous a également confié avoir eu des frais remboursés par l’UMP, pendant la présidentielle et les législatives qui ont suivi : « Quand je devais faire un déplacement, j’appelais l’équipe de campagne et on me remboursait mes frais au coup par coup. Depuis, notre partenariat a été officialisé et son volet financier est effectivement censé compenser une partie de mes frais de campagne. » Frédéric Nihous explique encore qu’il s’agit d’un accord global, encore en cours de négociation avec l’UMP. » Un « accord global » ???

De l’argent qui sentait la violette ?

Les comptes de campagne de Sarkozy invalidés, ce n’étaient pas les ténors de l’UMP qui allaient renflouer les caisses, allons-donc ! Direction le porte-monnaie sans fond des militants, poussés par Copé à participer à un renflouage grotesque vite surnommé « Sarkothon » par la presse. Pour cela, il faut de l’esbrouffe, pour remuer des partisans pas mal échaudés.  Peltier et Copé vont s’atteler avec d’autant plus d’enthousiasme que sauver l’UMP, c’est sauver leur trésorier-payeur. Voilà donc que naît dans la tête de Peltier l’idée de la « Fête de la violette », un détournement de la fête de la rose socialiste. Ce qui deviendra évident avec le beau lapsus de Copé à la tribune. Alors que pour Didier, c’est un symbole Bonapartiste ! Lors de cette première, les vieux caciques étaient venus donner de la voix, tel Brice Hortefeux venu défendre un Sarkozy, qui venait juste d’être mis en examen. « [L’ancien chef de l’Etat] est un homme qui ne renonce jamais, avait déclaré l’ancien ministre ». Sous-entendu, il reviendra : le credo, dès lors, de Guillaume Peltier qui a pris le wagon en marche !

Une fête tout dédiée au… retour de Sarkozy, en effet, où dans le public on croisera les deux hommes parlant aux oreilles du cheval de retour Sarkozy : Pierre Charron et Brice Hortefeux (ici avec Nihous, Dati et derrière eux les deux jeunots qui piaffent d’impatience de prendre leur place !) : « Le président de l’UMP a assisté à la première Fête de la Violette samedi à La Ferté-Imbault. Une initiative organisée par le courant de la  »Droite Forte », à l’heure où l’UMP rencontre de nouvelles difficultés financières après l’invalidation des comptes de Nicolas Sarkozy.« Peltier et Didier vont en effet accueillir le président de l’UMP dans ce qui ressemble fort à une quête de patronage catholique, version politisée, déguisée en appel du pied au retour prochain de Sarkozy. « Au même moment, Jean-François Copé fait son irruption sous le barnum et sous les acclamations.  « Quand Sarko reviendra, il se retirera », prévoit Emile. « C’est un absent très présent, commente Guillaume Peltier, il est encore présent dans le cœur des gens. Nous avons besoin de son charisme et de son autorité ». Si Jean-François Copé semble être perçu comme le capitaine dans la tempête, Nicolas Sarkozy apparaît comme le sauveur. « Lui seul pour nous sortir de cette misère », assure une militante UMP orléanaise, encore amère après le fiasco de l’élection du président de l’UMP fin 2012″. Sur la fête de la Violette, nous reviendrons plus loin sur ses réalisations suivantes, après ces deux première évoquées ici… A celle-ci en tout cas, pas un mot sur l’affaire Bygmalion, pourtant déjà connue de tous… et qui a pourtant forcé à la démission l’ancien président Jean-François Copé. Son lieutenant et chef de cabinet a en effet tout balancé, un soir à la télévision, 26 mai 2014 sur l’antenne de BFM TV. C’est du lourd, qui a été annoncé, avec un dérapage à plus de 20 millions d’euros …

L’homme de main qui pleurniche à la télé

Des militants LR bernés depuis un bout de temps, désormais, qui renfloueront les détournements de leurs propres responsables, roulés dans la farine par des gens comme Jérôme Lavrilleux, directeur de cabinet de Jean-François Copé, celui qui avait brandi devant les caméras les « preuves » des manipulations du camp Fillon (ici à droite), et qui aujourd’hui ne veut toujours pas rendre son tablier de député européen fraîchement émoulu, alors qu’il a attendu son élection pour faire ses scandaleuses révélations. « On parle aux militants de ce qu’ils vivent tous les jours, de leurs vrais problèmes, sans détour, et c’est ce qu’ils aiment  » affirmera ce dernier, en ayant visiblement oublié d’expliquer à ces mêmes militants le fonctionnement à sens unique du tiroir-caissse de leur parti. Un « cynique » aux larmes de crocodile, quand le besoin s’en fera sentir. Un cynique, capable de tous les coups tordus : on s’apercevra lors de la campagne présidentielle que c’était lui qui avait acheté le nom de domaine « lechangementcestmaintenant » sur Internet, après que l’équipe de François Hollande ait annoncé cela comme slogan. Un tortueux, lui aussi, auteur donc de coups tordus : « Marianne relatait comment Jérôme Lavrilleux « s’amusait à lancer La Marseillaise le plus rapidement possible à chaque fin de meeting, dans l’espoir que François Fillon, pris de court, n’ait pas le temps de rejoindre le devant de la scène pour les photos ». Lors du meeting de la Concorde de l’entre-deux-tours, il avait ordonné à la régie d’envoyer la musique d’entrée de Nicolas Sarkozy, alors que son premier ministre terminait son discours. Une bassesse qu’il reconnaissait dans un sourire narquois. « C’était un ordre de Sarko, qui voulait à tout prix parler avant Hollande, en meeting au même moment. Est-ce de ma faute si ça a couvert les applaudissements pour Fillon ? ». 

Lors de sa séance pitoyable de pleurnicherie télévisée, le sacrifié de l’UMP ira jusqu’à avouer qu’il a fait tout ça pour ne pas voir les « communistes » arriver au pouvoir : un extrémiste de droite de plus, mais à l’apparence beaucoup plus policée que ceux qu’il servait jusqu’au sacrifice personnel. Une extrémiste forçant la dose, comme l’a dit un cadre de Bygmalion en affirmant qu’à chaque meeting il fallait prévoir des groupes électrogènes de location, par crainte de coupures de courant des syndicalistes (« communistes » ?) de chez EDF : des paranos complets, avec à leur tête le plus grand paranoïaque existant !!! Le kamikaze que Sarkozy avait récompensé un jour d’une médaille avec une phrase sibylline  : « voilà un homme qui a le talent de ne pas embêter les personnes pour qui il travaille avec des problèmes qu’elles n’ont pas à connaître »… Aujourd’hui, à son procès, la phrase résonne étrangement !!! Jusqu’où ira le déballage, c’est ça l’enjeu ! Sarko ne pouvait ignorer les tripatouillages, et Lavrilleux en personne vient de le rappeler : «Madame la présidente poursuit Lavrilleux. J’ai fait un calcul simple, il y a eu 44 meetings, dont trois très gros, Villepinte, la Concorde et le Trocadéro. Officiellement, ces 44 meetings ont été comptabilisés dans le compte de campagne 4 millions d’euros. Si on fait une division cela fait exactement 90 909 euros le meeting. Mais qui peut sérieusement croire à un coût aussi dérisoire ? », s’étrangle Lavrilleux à la barre, bras levés au ciel. La commission des comptes n’avait pas besoin selon lui « de faire une grande enquête ». « 90 000 euros pour chaque meeting, ce n’est tout simplement pas possible », assène Lavrilleux, qui indique que le seul déplacement du président à Toulon, en décembre 2011, avait déjà coûté à lui seul 150 000 euros…. » le chiffre total étant … astronomique : « sur ce point au moins, Jérôme Lavrilleux est raccord avec les hommes de Bygmalion, Franck Attal, Guy Alvès et Sébastien Borivent, qui assurent que leurs prestations pour la présidentielle, au lieu des 4 petits millions officiels, ont réellement coûté 16 millions » Les chiffres sont ahurissants !!! On ne prouvait raisonnablement ignorer en haut lieu de telles dépenses !!

Le bon petit soldat récompensé…  après la défaite !

A noter que Nicolas Sarkozy a remis l’Ordre national du mérite à Lavrilleux en 2012 (ici à gauche, la médaille est bien celle-ci à droite) après sa défaite de 2012  en le remerciant pour le travail effectué et sa phrase sibylline de l’homme qui a l’art « de ne pas embêter les personnes pour qui il travaille avec des problèmes qu’elles n’ont pas à connaître » (lourde de sens aujourd’hui car elle signifiait que Sarko était bien au courant, mais faisait comme s’il ne l’avait pas été…).  L’UMP perdante, qui a dépassé le plafond de campagne doit alors rembourser à l’Etat les 10 millions d’euros que celui-ci lui a avancé, plus les 300 000 découverts en dépassement. On découvrira après coup que c’est bien plus que 10 millions, plutôt 20, le double !!! C’est l’hebdomadaire LePoint qui découvre en premier et plus tard le pot aux roses de Bygmalion, avec un procédé commencé avant 2012 !  » « Les juges Serge Tournaire, Renaud van Ruymbeke et Roger Le Loire, qui ont mis en examen la semaine dernière trois anciens dirigeants de Bygmalion et trois anciens cadres de l’UMP, enquêtent sur les factures émises par Bygmalion et sa filiale Event and Cie а partir du début 2012. Cette extension de l’enquête s’explique, comme l’a révélé le JDD, par la découverte de factures émises par Event and Cie début 2012 pour des prestations fournies а l’UMP en 2011, bien avant les meetings de la campagne de Nicolas Sarkozy. Une pratique qui pourrait s’apparenter а du rééquilibrage comptable entre les exercices 2011 et 2012 si les sommes facturées correspondaient aux sommes payées. Or, selon une source proche du dossier, les enquêteurs s’interrogent sur plusieurs factures qui semblent moins йlevйes que la somme réglée« . C’était déjà la cuisine de Copé, ces tripatouillages !!! Avant la campagne !!!

Et Libération qui enfonce le clou dans une grande enquête quelques semaines après, avec le détail des fausses factures révélées, par exemple pour des pseudos conventions de l’UMP à la place des meetings déguisés fort coûteux de la campagne Sarkozy. Des prestations ont été nettement sous-évaluées : un meeting de 600 000 euros a été par exemple facturé à 300 000….  En 2015, Sarkozy déclarera « qu’il n’attachait aucune importance et aucune crédibilité à Jerôme Lavrilleux « , trois ans après lui avoir remis une médaille pour bons et loyaux services : « Souvent Sarko Varie », le voilà donc lui aussi atteint du syndrome de Peltier !! Il est vrai que Lavrilleux venait de lâcher une seconde bombe.  « Je vais vous dire quelque chose que je n’ai jamais dit, et dont j’ai la certitude, conforté par la lecture du dossier aujourd’hui : les comptes de campagne de Nicolas Sarkozy en 2012 ont dérapé, et pas seulement le budget consacré aux meetings. Il ne faudrait plus appeler cette affaire ’Bygmalion’, mais celle des comptes de campagne de Nicolas Sarkozy », déclare le député européen. « Les comptes ont débordé de tous les côtés. Il n’y a que Nicolas Sarkozy pour dire dans sa déposition que cette affaire ne concerne pas sa campagne… C’est un système de défense voué à un échec total. Il adopte le même dans toutes les affaires où il est entendu : ’c’est pas moi, c’est l’autre’. Dans Bygmalion, il dit ’c’est pas moi, c’est Copé’. Il se défausse, il vit dans un monde irréel et ne sait pas assumer. Les grands chefs sont pourtant ceux qui assument. L’ingratitude est la marque des faibles », assène Jérome Lavrilleux, mis en examen dans cette affaire » précise les Echos. A droite, Guillaume Lambert, Nicolas Sarkozy et Jérôme Lavrilleux lors de l’inauguration du QG de Campagne à Paris, le 18 février 2012… Lambert, lui aussi, semble avoir tout oublié en déclarant n’avoir rien vu de suspect passer pour protéger Sarkozy (20 millions d’euros de plus, c’est donc « normal », chez lui ?).

Chez Lavrilleux, c’est net en tout cas : « Nicolas Sarkozy ment », accuse-t-il encore en réponse aux affirmations de l’ancien chef de l’Etat pour qui Lavrilleux était bel et bien au courant de l’état financier de sa campagne présidentielle »… Lors de l’interview, Lavrilleux était devenu plus fébrile en déclarant que « je n’ai pas envie d’apprendre à nager dans 20 centimètres d’eau comme Robert Boulin. J’ai dit à mes proches que si un jour j’avais un accident de voiture, il faudrait faire une expertise. C’était de l’humour noir… quoique », lâche-t-il…. l’ombre de Pasqua rôde toujours autour de Sarkozy, et en lâchant cette phrase, Lavrilleux, à l‘évidence a cherché à se protéger, on ne sait jamais…. Un Jérôme Lavrilleux, parachuté tête de liste aux européennes juste après avoir reçu sa médaille (5) avec l’ineffable Castafiore Morano, sur ordre direct de Sarkozy. Deux incompétents en politique, sur le même niveau que Guillaume Peltier : « l’un des seuls, avec Alain Juppé et François Baroin, à s’opposer un temps à cette hérésie politique aura été l’ancien président de l’Assemblée nationale, Bernard Accoyer » (ici à gauche).

 « En décembre, il pointait l’incompétence crasse des deux impétrants sur la scène européenne et plaidait pour la réinvestiture naturelle des députés sortants, certes bien moins médiatiques mais à la technicité unanimement reconnue » (en réalité une fois à Bruxelles Lavrilleux se montrera une des députés les plus assidus !). Tout cela dans un seul but avait perçu le Nouvel Obs :  « Sarkozy recycle donc les vieilles recettes qui l’ont porté au pinacle en 2007 : s’appuyer sur des kamikazes sans foi ni loi dont la seule vertu est la castagne et dont « l’intelligence contributive au débat » (copyright Michel Rocard parlant de Copé) n’est pas la caractéristique première ; » Une Morano , véritable Madame Sans-Gêne, qui a fait retirer un ancien Tweet personnel, posté au temps de l’affaire Cahuzac affirmant que « pour les menteurs et fraudeurs la sanction doit être exemplaire assortie d’une inéligibilité à vie »…

Pour notre perdreau de l’année tombé de son nid du FN et adopté par l’UMP, ça ne devrait plus tarder non plus. La réponse, on devait l’avoir au prochain congrès de l’UMP, où les trois vieux singes choisis pour garder le temple devaient logiquement s’occuper de son cas. Enfin c’est ce que certains espéraient. D’ici là, il occupera encore les plateaux de télévision, hélas. Image avant tout, qu’importe le propos… 

(1) Selon Rue 89, « L’Association nationale de financement de la Droite forte a été créée le 10 avril 2013. Les statuts ont été signés par Clémence Delebecque (trésorière) et Sophie Houlbrèque (présidente). La première est la belle-sœur de Guillaume Peltier, la seconde travaille visiblement (ou a travaillé) pour La Lettre de l’opinion et donc Com1+. Le siège de l’association, qui a pour but de récolter des dons, a été déménagé le 19 septembre 2013 à Neung-sur-Beuvron. Com1+, qui édite notamment La Lettre de l’opinion, devait au départ s’implanter dans la pépinière d’entreprises installées, ça ne s’invente pas, dans l’ancienne propriété de l’empereur centrafricain Bokassa. Las, il n’y avait pas assez de places pour accueillir ce soudain regain d’activités. Avec son bras droit, Matthieu Spiesser, lui aussi ancien du Mouvement pour la France, Peltier a donc fièrement installé son entreprise en plein cœur du village ».

La société créée (La Lettre de l’opinion) n’a pas tenue longtemps : Peltier en a démissionné le 16 janvier 2017, remplacé par Benjamin Faure. Idem pour Clémence Delebecque, le même jour. Faure en a été le liquidateur le 28 juin 2019. Depuis, c’est assez hilarant, le site portant le même nom (mais en point org) est un site… visible, euh, ici à droite. Ici un résumé de ce qui s’est passé : « Son carnet d’adresses s’étoffe et Guillaume Peltier développe sa petite entreprise. Deux ans après sa fondation, le chiffre d’affaires est déjà de 462 000 euros. En 2011, le business s’accélère et le chiffre d’affaires double à plus d’un millions d’euros. En 2012, celui-ci augmente encore à 1,1 million, avant de retomber en 2013. Cela reste artisanal, nettement en dessous des millions brassés par Bygmalion. La marque Com1+ va s’effacer derrière « La Lettre de l’opinion », une compilation d’analyses de sondages vendue 600 HT pour vingt numéros. Aujourd’hui, ce produit est difficilement trouvable. Son compte Twitter est laissé en jachère, tout comme le site vitrine. Pour une entreprise qui se targue de manier à merveille les outils numériques, c’est vraiment dommage. »

Le siège de COM1+ plus sera perquisitionné le 3 juin 2014 dans le cadre de l’affaire Bygmalion. On verra en sortir un Peltier l’air fort sombre, affichant une tête loin de sa superbe habituelle (ici à gauche). Elle faisait suite à la plainte déposée par l’association de lutte anticorruption Anticor le 18 décembre 2012. « Cette plainte faisait suite à une décision du maire UMP de Menton (Alpes-Maritimes) Jean-Claude Guibal de commander un « audit de communication accompagné de recommandations stratégiques » à la société Bygmalion et de demander une « évaluation », un « accompagnement » et un « suivi des politiques publiques municipales » à la société Com1+, dirigée par Guillaume Peltier. Alertée par deux élus locaux d’opposition, Anticor dénonce alors sur son site internet des décisions qui « n’ont pas été entourées de toute la transparence requise ». « D’une part, le maire s’est abstenu de donner le montant exact de ces marchés. D’autre part (…), il n’a pas fourni le détail des prestations commandées », note l’association. » Mieux que cela quand on décortique la méthode subtile utilisée : « le contrat décroché par les deux entreprises dépassait les 15 000 euros, seuil maximal au-delà duquel un appel d’offres est obligatoire. Bygmalion et Com1+ sont donc soupçonnées de s’être arrangées pour découper le marché en deux parts afin de ne pas dépasser ce seuil, avec l’aval présumé du maire. Pascale Gérard et Renaud Marson, élus PS et membres d’Anticor, avaient donc saisi le procureur de la République de Nice pour « délit de favoritisme » et « prise illégale d’intérêts ».  La perquisition avait donné lieu à un superbe trait d’humour de Maître Eolas sur Twitter (ici à gauche : savoureux !); Aujourd’hui le procès est en cours, dans une belle cacophonie orchestrée pour que l’on ne trouve pas le nom du responsable véritable, dont tout le monde se doute pourtant. Ce dernier devrait bientôt venir témoigner. Et sans doute dire qu’il n’était bien sûr au courant de rien… c’est le festival de la défausse, à l’évidence,  ce procès selon le Canard du 9 juin (à droite le dessin de Aurel, dont il faut à tout prix voir le superbe film d’animation  Josep):

 

2) il tentera de faire la même chose que Marine le Pen avec François Chatillon, qui a été condamné depuis pour ça : « C’est donc de Neung-sur-Beuvron que Guillaume Peltier poursuit ses activités et tente de vendre aux candidats UMP des kits de campagne à 200 000 euros pour les européennes… En mars, il est devenu maire et s’est empressé de faire élire au poste d’adjoint son éternel bras droit, Matthieu Spiesser. Puis il a pris la tête de la présidence de la communauté de communes et s’est porté à la présidence de l’UMP du Loir-et-Cher sans attendre les élections internes ». Le parti de Marine lePen avait été relaxé dans l’affaire.  Le préjudice de l’Etat avait été estimé à quelque 860 000 euros !

(3) encore un petit malin démasqué en 2012 celui-là : « sa notoriété, Madame Michu la doit au compte officiel de Nicolas Sarkozy. Qui a retweetté un de ses messages pendant l’affaire Merah… Depuis, le site anti-Hollande « humoristique » fait un tabac dans le microcosme du gazouillis. « Ce n’est pas vraiment un compte politique. Je fais plus ça pour me marrer ». Sauf que Madame Michu fait des envieux. Certains n’hésitant plus à supplier cette star anti-gauche de retweeter quelques messages. Jean-Baptiste Doat le fait parfois.  Maintenant, il fait campagne pour François Fillon. Comme Bruno Retailleau. Normal? « Je préfère Fillon à Copé comme 80% des Vendéens, je crois », tranche-t-il. Il reconnaît tout de même accompagner le sénateur vendéen sur certains événements: « Au Vendéspace par exemple, c’est moi qui avais le portable de Bruno Retailleau. J’ai fait quelques tweets et quelques photos. D’ordinaire, c’est lui et son équipe qui gèrent ça. «  Démasquée, que compte faire Madame Michu ? Sortir du bois. Sans doute et à l’échelle locale. « Je vais m’occuper de mon compte perso plus régulièrement, dit-il alors qu’il a depuis participé à un tweet-apéro, ces réunions de twittos vendéens. Avant, je faisais attention à pas trop m’exposer pour rester anonyme. » Ici il continue en 2018 en s’en prenant au journaliste Jean Quatremer. Avec ce genre de prose vindicative et de méchanceté gratuite rancunière censée opposer la « Povince » et les autres, ceux « d’en bas » et les autres …. « La France des gilets jaunes est forcément la France des beaufs. Une France qui a le mauvais goût de passer ses samedis à se cailler les fouilles sur un rond point d’une ville sans Starbucks au lieu d’aller comme tout le monde, à une expo de ce dernier artiste lituanien à la mode dont les oeuvres si disruptives évoquent courageusement le combat des transgenres dans le milieu de la finance internationale. Aussi une France qui sent le mauvais vin même pas bio, une France qui clope au lieu de faire du « running ». Une France qui ne comprend pas que la mondialisation est la promesse d’une vie meilleure, où chacun peut parcourir le monde à la recherche de nouvelles opportunités dans des avions bien polluants mais tellement pratiques pour aller visiter un musée d’art contemporain à New York ou un salon des nouvelles technologie à Las Vegas. » Puant, infect !

(4) elle a crié après ça être « ruinée » à nouveau . A se demander ce qu’elle a fait des 800 000 euros depuis 2012…

(5) et qui a pris grand soin dans l’attente de son procès de tisser une image de gars respectable devenu le jouet d’une ambition politique qui l’a dépassé… »au fin fond du Périgord. » Sa Sologne à lui, quoi… il y gère une maison d’hôte désormais, où il joue devant les caméras le gars détaché des fastes passés qu’il a connus et dont il n’a plus « rien à secouer » selon ses propres dires, en passant l’aspirateur. Il encourt toujours 5 années de prison et 375 000 euros d’amende, il est vrai. En compagnie de Fabienne Liadzé directrice financière de l’UMP, Pierre Chassat, le directeur de la communication et César Cesari (le directeur général), ces trois derniers assurant que c’est Lavrilleux qui a donné les ordres…. et donc qu’il n’échappera sans doute pas à une condamnation !

 

Le journal citoyen est une tribune. Les opinions qu’on y retrouve sont propres à leurs auteurs.

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