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Vue l’originalité de la vision qu’il propose et son importance historique comme source d’une utopie VRAIMENT RÉALISÉE  -  qui  ne s’est pas effondrée sous le poids de ses contradictions internes, mais a due être détruite par une action militaire de … Lire la suite

LE LIVRE VERT de Mouammar KADHAFI

Vue l’originalit? de la vision qu’il propose et son importance historique comme source d’une utopie VRAIMENT R?ALIS?E ?- ?qui ?ne s’est pas effondr?e sous le poids de ses contradictions internes, mais a due ?tre d?truite par une action militaire de ses ennemis – le Livre Vert m?rite d’etre lu, analys?, compris et discut?. ? ? Les efforts du Systeme capitaliste pour en dissuader la lecture en rendent celle-ci encore plus ?n?cessaire ?Votre ?diteur.

Les r?sum?s?qui suivent sont tir?s de Wikipedia.

Le Livre Vert?est un livre publi? pour la premi?re fois en 1975, dans lequel le colonel Mouammar Kadhafi, ??Guide de la R?volution libyenne??, d?taille sa vision de la d?mocratie et de la politique. Il est divis? en trois parties respectivement parues en 1975, 1977 et 19791. Mouammar Kadhafi y expose les fondements de sa pens?e politique et de sa conception du socialisme. La doctrine kadhafiste expos?e dans cet ouvrage, appel?e par son auteur la troisi?me th?orie universelle, devient l’id?ologie officielle du r?gime de la Jamahiriya arabe libyenne.

Le titre de l’ouvrage fait r?f?rence au Petit Livre rouge du pr?sident Mao. La mention de la couleur verte n’est pas d?nu?e de port?e symbolique?: le vert est per?u comme la couleur de l’islam, et Mouammar Kadhafi entendait faire de son livre le rempla?ant de la sunna comme fondement du droit en Libye ?Le Livre vert devient l’un des principaux symboles du r?gime de Kadhafi?: en 2011, au d?but de la r?volte contre Kadhafi, les exemplaires de l’ouvrage sont publiquement br?l?s ? Benghazi, principal fief des insurg?s

Pour des raisons pratiques, on trouvera ici le r?sum? succinct de chacune des trois parties du livre, suffisant pour ceux qui ne veulen ty mettre qu’une heure pour fin de culture g?n?rale. ?Un lien vers le textes complet ? la fin de chaque rr?sum? permet au lecteur s?rieux de poursuivre sa recherche.

  • Premi?re partie?: La solution au probl?me de la d?mocratie
    • Premi?re section?: Le pouvoir du peuple
    • Deuxi?me section?: Les assembl?es parlementaires
    • Troisi?me section?: Le parti
    • Quatri?me section?: La classe
    • Cinqui?me section?: Le r?f?rendum
    • Sixi?me section?: Le Congr?s populaire et les comit?s populaires
    • Septi?me section?: La loi de la soci?t?
    • Huiti?me section?: Qui contr?le la marche de la soci?t?
    • Neuvi?me section?: Comment la soci?t? peut-elle rectifier son orientation en cas de d?viation de la loi
    • Dixi?me section?: La presse

La premi?re partie du?Livre vert?s’intitule?La solution au probl?me de la d?mocratie.?Mouammar Kadhafi?y pr?sente le probl?me de ??l’appareil de gouvernement?? comme ??le plus important de ceux qui se posent aux soci?t?s humaines??.?Le Livre vert?d?bute par une critique de la?d?mocratie repr?sentative, dans laquelle l’auteur d?veloppe les id?es suivantes?:

  • La?d?mocratie?sous sa forme dominante n’est rien d’autre qu’une dictature de la majorit?
  • La repr?sentation est une imposture, car la d?mocratie suppose le pouvoir du peuple et non le pouvoir d’un substitut du peuple
  • Le?parti?ne repr?sente que les int?r?ts d’une fraction de la population, il est donc de fait un ??appareil de gouvernement dictatorial??. Le?multipartisme?entra?ne une lutte pour le pouvoir peu soucieuse de l’int?r?t g?n?ral.
  • La?classe, comme le parti, est un groupe de personnes partageant les m?mes int?r?ts. La domination d’une classe est donc contraire ? l’int?r?t g?n?ral, et s’assimile ? une?dictature.
  • Le?r?f?rendum?est une illusion car il ne pose qu’une question ferm?e (choix entre?oui?et?non) ce qui en fait un moyen de museler la volont? populaire

Suite ? cette critique,?Mouammar Kadhafi?interroge?: ??Quelle est alors la voie que doivent suivre les soci?t?s humaines pour se d?livrer d?finitivement des ?poques d’arbitraire et de dictature????. La solution ne peut se trouver selon lui que dans un pouvoir du peuple sans substitut ni repr?sentation. Il ?labore alors la ??solution?? suivante?:

  • Les citoyens se rassemblent en congr?s populaires de base et d?signent un secr?tariat ainsi qu’un comit? populaire administratif
  • Ces comit?s populaires sont?politiquement responsable?devant les congr?s populaires de base
  • Les citoyens se constituent en outre en comit?s populaires professionnels ou en?syndicats
  • Congr?s populaires de base, comit?s populaires et unions syndicales ou professionnelles se rencontrent dans le Congr?s g?n?ral du peuple qui se r?unit une fois par an. Les d?cisions du Congr?s g?n?ral du peuple sont ensuite soumis aux comit?s populaires de base pour ?tre adopt?s
  • La?constitution?ne peut pas servir de loi ? une soci?t? car elle d?coule exclusivement des humeurs des dirigeants. Preuve en sont les variations qu’il existe de la constitution d’un pays ? l’autre alors que la libert? de l’homme est partout la m?me. De m?me, la constitution change lorsque le pouvoir change de mains. Elle est donc le produit des humeurs du pouvoirs et de ses int?r?ts. Cet aspect instable et corruptible de la loi demeure tant que la loi est d’origine humaine car elle est susceptible d’?tre r?vis?e et abrog?e au gr? des luttes de pouvoir. La seule loi valable est la loi naturelle, c’est-?-dire la coutume et la religion, car elle est l’expression de la vie naturelle du peuple
  • La soci?t? ne peut ?tre contr?l?e par aucun groupe ou individu?; le peuple est son propre?censeur
  • Le ??probl?me de la?libert? de la presse?? d?coule du probl?me de la d?mocratie?: si toute personne a le droit de s’exprimer il n’en demeure pas moins que son opinion n’est que personnelle. Ainsi la propri?t? priv?e d’un journal est inadmissible car il ne ferait que diffuser l’opinion de ses propri?taires. La seule presse d?mocratique possible est celle publi?e par un comit? populaire qui permet l’expression de toutes les cat?gories sociales et donc de toutes les opinions.

 

  • Deuxi?me partie?: La solution du probl?me ?conomique, Le socialisme
    • Premi?re section?: Les fondements ?conomiques de la troisi?me th?orie universelle
    • Deuxi?me section?: Les besoins
    • Troisi?me section?: La Terre

Dans la deuxi?me partie, intitul?e?La solution du probl?me ?conomique,?Mouammar Kadhafi?reconnait que d’?normes progr?s sociaux ont ?t? accompli depuis la?R?volution industrielle. Cependant, la g?n?ralisation du?salariat?qui en a d?coul? s’assimile selon l’auteur ? de l’esclavage. Une?nationalisation?de l’?conomie ne modifierait en rien l’asservissement du travailleur. La?Troisi?me Th?orie Universelle?propose alors une troisi?me voie apr?s le?capitalisme?et le?communisme?: cette voie ne peut ?tre qu’un retour ? la ??loi naturelle??, r?f?rence unique pour les rapports humains. L’auteur d?veloppe successivement les points suivants?:

  • La ??loi naturelle?? ouvre la voie ? un ??socialisme?naturel?? fond? sur l’?galit?
  • L’accumulation outranci?re de richesses par un individu constitue une entorse ? la loi naturelle. Elle est l’amorce d’une perversion de la vie sociale et le signe avant-coureur d’une?soci?t? d’exploitation
  • La production est redistribu?e ?quitablement entre les travailleurs. C’est le caract?re indispensable de chaque agent de la production qui lui conf?re une ?galit? naturelle
  • Le produit de l’activit? ?conomique doit ?tre r?partie de fa?on ?gale entre les trois facteurs de production?:?mati?res premi?res, moyens de production et travailleurs
  • La d?pendance vis-?-vis d’autrui pour assurer ses besoins entra?ne un asservissement et est une source ?ternelle de conflits. Ce qui rel?ve des besoins fondamentaux, comme le logement, le revenu, o? les moyens de transport, doit ?tre la propri?t? de l’individu et toute location doit ?tre prohib?e
  • L’activit? ?conomique vise la satisfaction des besoins par la production et non la?th?saurisation
  • Chaque travailleur poss?dant son?instrument de travail?produit pour son compte emp?chant ainsi toute exploitation. Cette forme nouvelle de?propri?t? priv?e?coexiste avec la ??propri?t? socialiste?? dans laquelle les producteurs sont associ?s
  • Admettre le?profit?revient ? admettre l’exploitation. Le stade ultime de r?alisation du?socialisme?voit la disparition du?profit?et de la?monnaie.

  • ?Troisi?me partie?: Les fondements sociaux de la troisi?me th?orie universelle
    • Introduction
    • Premi?re section?: Le pouvoir du peuple
    • Deuxi?me section?: La famille
    • Troisi?me section?: La tribu
    • Quatri?me section?: Les avantages de la tribu
    • Cinqui?me section?: La Nation
    • Sixi?me section?: La femme
    • Septi?me section?: Les minorit?s
    • Huiti?me section?: Les noirs, Les noirs r?gneront sur le monde
    • Neuvi?me section?: L’?ducation
    • Dixi?me section?: La musique et l’art
    • Onzi?me section?: Le sport, L’?quitation et les spectacles

La troisi?me et derni?re partie du Livre vert a pour titre Les fondements sociaux de la troisi?me th?orie universelle. Mouammar Kadhafi y insiste sur l’importance capitale du lien social dans l’Histoire. Les liens familiaux, tribaux ou nationaux, sont constitutifs de la nature de l’homme et n?cessaire ? sa survie. Parmi eux, la famille est la structure la plus forte et la plus naturelle. La tribu est une sorte de famille ?largie qui organise la transmission des valeurs et des traditions, tout en garantissant une protection sociale pour ses membres. La Nation est une famille encore plus vaste. Elle est une structure sociale vitale pour l’homme. Un ?tat qui nierait ce facteur social, en rassemblant plusieurs nations sous une m?me autorit? politique, serait vou? ? l’?clatement.

L’auteur revient longuement sur le fait que la femme et l’homme sont ?gaux. Il ?crit en introduction de la section?: ??La femme est un ?tre humain, l?homme est un ?tre humain?; il n?y a en ceci aucun doute ni divergence. Par cons?quent il est tout aussi ?vident que la femme et l?homme sont ?gaux. De ce point de vue, la discrimination entre l?homme et la femme est un acte d?injustice flagrante et injustifiable??. N?anmoins, il d?fend l’id?e conservative selon laquelle l’homme et la femme auraient, en raison de leur diff?rence naturelle, des r?les diff?rents attribu?s dans la soci?t?, ??des r?les naturellement distincts??. L’auteur reprend l’argument classique des menstruations f?minines, qu’il qualifie d’??affaiblissement mensuel??, des grossesses, de l’allaitement, tandis que ??l’homme au contraire ne con?oit ni n’allaite??, pour justifier un r?le diff?rent des hommes et femmes dans la famille. L’auteur, tout en louant la femme comme condition n?cessaire ? toute vie humaine, l’enferme n?anmoins dans un r?le de reproduction, et s’oppose aussi bien ? la contraception qu’? toute interruption de grossesse, comme ??n?gation de la vie humaine??. De plus, le rejet de toute cr?che ou du fait de confier son enfant ? une tierce personne par la m?re am?ne l’auteur ? rejeter l’id?e du travail des femmes comme contrainte qui l’emp?cherait de remplir sa ??fonction naturelle?? ? laquelle la femme doit ?tre enti?rement d?vou?e. En r?alit?, le Livre vert, qui comporte toute une section sur les devoirs des femmes li?s ? leur nature sexu?e, mais non pas sur ceux des hommes, vise ? confiner la femme dans la sph?re familiale derri?re des justifications naturelles, pr?nant le droit des femmes d’accomplir leur r?le naturel, mais faisant en r?alit? de la maternit? la seule condition ? laquelle elles auraient droit d’aspirer. Il n?cessite donc de lire entre les lignes avec pr?caution.

Le texte semble faire de la question de la r?partition sexu?e des r?les dans la soci?t? une question cl?, largement d?velopp?e, et ne s’arr?te pas ? la d?finition du r?le des femmes dans la soci?t? libyenne mais appelle ? une r?volution mondiale?: ??Il faut donc une r?volution mondiale qui mettra fin ? toutes les situations mat?rielles emp?chant la femme d?accomplir son r?le naturel dans la vie et l?obligeant ? effectuer les t?ches de l?homme pour conqu?rir l??galit? des droits??.

Cette troisi?me partie aborde en outre la question des minorit?s?; elles doivent ?tre trait?es comme les ?gales du reste de la population. L’enseignement doit quant ? lui se lib?rer de sa forme obligatoire et standardis?e?: les ?coles et les programmes officiels forment un instrument de domination et d’abrutissement visant ??l’orientation autoritaire des go?ts, du jugement et de l’intelligence de l’?tre humain??. La soci?t? doit, au contraire, fournir des ?coles et des enseignants en quantit? suffisante afin que chacun puisse avoir acc?s librement au savoir, en choisissant ses disciplines.

Enfin, les pratiques sportives doivent cesser d’?tre priv?es et r?serv?es ? quelques joueurs tandis que des milliers de spectateurs assistent passivement au jeu. Le sport n’a de sens que si les foules envahissent les terrains et que chacun participe activement au jeu. Cet objectif ne sera atteint que lorsque les tribunes auront symboliquement disparu.

TEXTE COMPLET DU LIVRE VERT PARTIE III

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