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Le kidnapping du Phocea (7) : maquillages de bateaux et fortes suspicions

Voilà donc notre beau Boeing de 50 tonnes posé en Papouasie, après être passé aux Maldives, en provenance du Mali.  Joli périple, et drôle de réunion, à peine posé, avec la venue de ministres du Vanuatu et de Papouasie pour venir parler sur place aux occupants de l’appareil.  Visiblement, cet avion avait quelque chose de particulier.  Mais quoi donc, voilà qui intrigue à nouveau.  Et qui questionne d’autant plus quand on découvre que ses deux seuls passagers viennent juste d’être mêlés à une toute autre affaire… celle du voilier bien connu des français puisqu’il s’agit de celui d’Alain Colas, propriété un temps de Bernard Tapie, avant que la richissime Mouna Ayoub ne le transforme (défigure?) totalement, et ne le revende. Revendu à qui donc, cela aussi mérite attention.  Car depuis lors, c’était le flou intégral sur ce fleuron du yachting français. Etude du sujet du jour; connexe à celui des frères Saken : le trafic de drogue dans le Pacifique…

Les employés de surface d’un Boeing VIP !

Sur place, la police de PNG (Papouasie Nouvelle-Guinée) était vite devenue suspicieuse en effet avec ce biréacteur venu de nul part : « la police PNG est devenu dubitative lorsque les deux frères, d’origine vietnamienne, ont débarqué avec deux grands sacs, en disant qu’ils allaient personnellement nettoyer l’avion. Les autorités de l’aviation de PNG ont refusé une demande d’équipage du 737 pour dormir à bord lors de son escale, ce que Pascal Anh Quan Saken a ainsi défendu :  « L’ingénieur et le capitaine voulaient rester à bord parce que nous avions un problème technique, et nous ne savions pas si nous pouvions voir de l’aide en PNG. Effectivement, les sacs à bord ne contenaient que des déchets – le personnel de manutention au sol à l’aéroport, à ce sujet, le sait « . Toutefois, les responsables ont décidé de retenir les passeports des Saken ainsi que celui de M. Carlot qui était également arrivé à Port Moresby. Le premier ministre de la PNG, Peter O’Neill, affirme que les autorités avaient des raisons de croire que ces gens avaient des antécédents douteux, en demandant un chèque de caution ».  A 10 500 euros l’heure de vol, au minimum (pour un 737 plus classique), il y en effet de quoi se poser des questions, l’avion mettant au moins 20 heures de vol (minimum) pour rejoindre la Papouasie à partir du Mali (l’avion, avec l’escale aux Maldives, mettra 22 heures au total), et les tarifs de location de Boeing Business Jet 737 (BBJ) sont plus élevés encore que chez les autres loueurs : un aller Londres-Abu Dhabi, à vide, est facturé 180 000 dollars)… Que transportait donc l’avion qui vaille un tel trajet et un tel investissement de plusieurs dizaines de milliers de dollars ? Ce n’était en rien un lubie touristique décidée au dernier moment : au Mali, quelque chose de grande valeur avait été chargé à bord !  Il est temps de revenir sur les revenus « officiels » de notre itinérant sur Boeing VIP, car pour prendre pareil avion, il faut être très fortuné.  Or l’examen des affaires de Pascal Vu Anh Saken montre qu’il est loin d’être le millionnaire qu’il prétend. Même s’il affiche partout être le propriétaire du Phocéa, et même d’autres yachts.

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Récupérateur d’épaves ?

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Pascal Saken se présente en effet comme possédant une société spécialisée dans l’entretien et la poncagerénovation de « yachts de luxe » en Asie, avec comme base principale Phuket, en Thaïlande.  Il se vantait aussi dès 2010 de posséder « 10 yachts prêts à être loué en Asie ».  En réalité, c’est un simple gérant d’un tout petit chantier de menuiserie marine, qui a recours parfois à de drôles de zèbres, tel Natan Weyers, qui est à la fois chef de cuisine, ancien prof d’anglais et ponceur émérite (il est ici à droite en train de refaire la cuisine extérieure du Meditation, promène-touriste présenté comme « yacht »).  Cette société est toujours présentée comme étant en charge de refaire le superbe schooner « Angelina », qu’il présente comme étant le sien désormais.  Or ce yacht ne s’est jamais appelé ainsi : c’est en fait l‘ex « Sapphire », une goélette en acier construite en Italie en 1996 par les chantiers Custom et désignée par Angelo Lavranos.  La comparaison de photos entre le Sapphire et la goélette Angelina est frappante.  Ce sont bien les deux mêmes bateaux (ci-dessus la comparaison des ponts, vraiment indubitable).

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dapphireSur son site, il le présente comme le sien en oubliant d’effacer l’ancien nom sur une des images de présentation (ci-contre à droite), et en la présentant aussi comme à louer.  Tout cela dans un amateurisme le plus complet : le bateau était annoncé ailleurs « pas disponible pour le charter »  sous son nom de Sapphire !  D’où sort exactement cet « Angelina » visité ici par la vedette de télévision et gestionnaire de Miss Philippines Cory Quirino ?  Lui appartient-il vraiment ?  Il évoque le fait de l’avoir « acquis le 15 août 2014″…  Et pourquoi cette tentative ridicule sur un de ses sites d’en montrer une image où figure toujours son ancien nom ? Car le Sapphire est également en fait l‘ancien Sean Paquito IV, refait à neuf en 2008 à Lisbonne et proposé alors sur place pour des excursions sur le Tage.  Il avait été proposé à la vente la même année (annoncé à 600 000 euros seulement).  Il était à l’origine enregistré à CapeTown en Afrique du Sud.  En 2009, remis à neuf, il avait été remis en vente 1 372, 940 dollars (une culbute de tentée ?).

Etranges, ces anciens noms restés pour vanter les nouvelles appellations !!! Chez Saken, pourtant, le yacht au nom modifié grossièrement est annoncé comme « construit en 2014 ».  Pour son autre navire, le « Méditation » idem :  sur un de ses autres sites, il indique qu’il venait la même année de recevoir un « refit » pour « 3 millions de dollars« !!!  Il l’annonçait aussi comme étant à louer, 6 000 dollars par jour ! Pas vraiment gêné, comme à son habitude, le fameux « propriétaire » le faisait figurer sur ses brochures avec encore son ancien nom encore écrit en thaï… et non sous le nom de « Méditation » (voir ci-dessous).

Il aurait eu « 3 millions de dollars de dépenses » de travaux sur un bateau et aurait été incapable d’en vanter les mérites autrement qu’avec une vieille photo comportant son ancien nom ???  L’homme n’est pas à une contradiction près, visiblement !!!

 

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mediation3A Phuket, il se présente donc aussi comme gérant le yacht » « Meditation », en fait également une compagnie de croisières touristiques au flou artistique certain (encore en raison des « hôtesses » montrées, tant leur look est à mille lieues de ce qui est annoncé et fait davantage penser à autre chose, voir les deux clichés ci-contre).  Or là aussi l’examen des documents en notre possession indique un flou plus qu’inquiétant.  Le navire est une espèce à part, en acier, imaginé par un chantier qui n’ameditation2 fait que ce modèle à vrai dire : celui d’un architecte naval et d’un chantier dénommé Charin Pongapai, installé à une adresse de Bangkok qui ne répond plus depuis des années.  Fabriqué en 1999, il se veut la copie de yachts de type Benetti alors qu’il n’est que le double des « expéditions yachts » de la région, souvent de bois, eux, ceux qui emportaient les plongeurs équipés de bouteilles pour des randonnées sous-marines, tel ici la Deep Amadan Queen.  Pas vraiment la même qualité, à l’évidence.  Il a subi plusieurs modifications, dont celle de 2004, pour y aménager un spa et un jacuzzi à bord.  Des modifications ayant comme thème la menuiserie de marine, qui portent la signature du chantier de Saken (ci-dessous à droite, un peu plus loin  le jacuzzi installé à bord).

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Un utilisateur d’un des deux chantiers les plus connus (et le moins cher) de Phuket

ratanchai-slipway-with-meditQuatre ans plus tard, une tentative de mise en vente à 4 millions de dollars sera effectuée… sans succès.  Après un entretien dans un chantier bien connu de Thaïlande (avec « l’Asia Marina Shipyard » : celui du « Ratanachai-slipway »… une rampe d’accès créée en 1978 à l’embouchure de la rivière Tha Chin, où sont hissés les navires avec des moyens de fortune (des bers reliés à un cabestan) pour y subir des radoubs de routine ou des modifications.  Une cale d’entretien, louée à très bas prix, que des navires totalement différents utilisent (des yachts, mais aussi des thoniers ou des bateaux d’excursion !). Une image de Google Earth semble montrer un navire de la taille du »Meditation » en 2008, en tout cas le site du « Ratanachai-slipway » le montre bien sur son ber, semble-t-il pour une remise en peinture ou un nettoyage de coque (pour l’entretien de 2014 plutôt ?).  Plus étrange, sur les prospectus de la même date sortis pajacuzzir Saken, les petites photos ne permettent pas de retrouver son nom exact ni son numéro.  Or, un cliché retrouvé de taille plus importante donne un nom… écrit en Thaïlandais (voir ci-dessus).  L’examen des lettres indique le nom de « Kim Tae Han adorée » … le nom d’une vedette de cinéma coréenne !!!  Son ancien nom en allusions à cette vedette laisse entendre un navire ayant eu comme premier propriétaire un coréen (du Sud, évidemment).  Le numéro du navire étant le 4310-00736, bien visible aussi.  Un bateau qui n’a pas de balise « call sign » IMO à bord, si bien qu’on ne sait pas ce qu’il fréquente comme ports.  Ce qui laisse tout entrevoir… y compris les pires suppositions.

Des armes à bord, déjà, en 2008

… tout entremeditation-fillesvoir, disait-on et effectivement, puisque c’est à bord du « Méditation » que se produit la première découverte d’armes à bord d’un bateau appartenant à Vu Anh Saken, le 13 juin 2008…. une découverte saisissante à Phuket même… justement, comme l’avait relevé le Phuket Gazette de l’époque. Le fameux « yacht-planant » nommé « Méditation »(ici à droite les créatures censées attirer le client à bord pour la « méditation »; relevées sur un dépliant du yacht) de 37 mètres de longueur, accosté au quai « customs » d’Ao Makham, avait en effet dissimulé un petit arsenal à son bord, composé d’une carabine de gros calibre à lunette, d’un pistolet automatique, d’un fusil-mitrailleur et de plusieurs boîtes de balles, dont environ 100 balles de M16, 233 de balles de 11,43 mm et 180 de 9 mm, tous trouvés à bord par la police locale.  Le capitaine du navire, Permsin Petsawas, avait avoué aux policiers que les armes « appartenaient à un ami de la propriétaire du yacht », mais la police n’a pas voulu révéler son nom, dans un premier temps.  Un nom finalement donné par un dénommé Preecha Bin Abdullah, qui avait identifié le propriétaire du yacht comme étant le ressortissant français (?) « Pascal Wu ». « Abdullah » faisant alors office de « traducteur » pour Anh Saken.  A bord, les pandores avaient aussi trouvé des cartons pour cibles ayant servis, indiquant que l’on menait de drôles deweapons séances de « méditations » sur le yacht Sacré Pascal « Wu, va » !!!   La présence de ces armes à bord ne dénotait pour sûr, avec le nom même du navire…, pas une très « zen attitude » en fait…  Pour identifier les armes, il faudra attendre un peu.  En février 2015, la police de Phuket arrêtait un dealer de drogue possédant la même arme automatique.  Un M3 de calibre .45 surnommé le « Grease Gun«  (parce qu’il ressemble à un graisseur !)… très répandu en Thaïlande, chez les gangs, depuis la seconde guerre
grease-gunmondiale !!!  A noter que dans un de ses sites pompeux, Saken avait remplacé l’image de son « Méditation » par celle d’un… tout autre (voir ci-dessous), le Just J de Delta Shipyard appartenant à Jay Schottenstein qui fait 30 pieds de plus.  Et qui lui a été annoncé à 29 000 000 de dollars…  Plus de 10 fois la valeur de son navire, pour sûr ! C’est simple, ce gars-là ose tout !

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De drôles de yachts

tango-bepoEt comme rien n’est simple dans cette affaire, c’est un capitaine brésilien découvert sur le net en train de chercher du travail en 2008 qui va nous donner une information importante, que l’on pourra aisément vérifier.  L’homme s’appelle Alexandre Israel, et il est né à Rio de Janeiro au Brésil en avril 1956.  Sur son CV bien fourni, il indique en effet qu’il a navigué « en même temps » sur trois navires différents appartenant au même propriétaire sans le citer (voilà aussi qui est intéressant, de ne pas en avouer le nom !!!).  Et qu’il est passé d’un bateau à l’autre, donc, dans la période allant de 2003 à 2007.

Les trois bateaux étant le « M.Y. Meditation, Tango 80’, de Tango Yachts, le M.V. Bebo, Tango 50’ , de Tango Yachts, et le S.Y. Bojana 66’ un schooner de bois unique« .  Si le troisième est difficile à cerner (1), le premier est en effet le fameux Meditation de Saken, refait à neuf donc une première fois en 2003 sur les chantiers Astilleros Tango situés à Buenos Aires en Argentine.  Une petite entreprise de 20 employés, qui fabrique aussi ses propres bateaux.  Sur le site de Vu Anh Saken, en cache, on découvre vite que les images de ses modèles estampillés « yart » (faits maison ») possédaient presque tous au départ des noms « Tango ».  On y retrouve par exemple un modèle particulier, nommé « Bebo » modèle « Tango 50 ».  On retrouve ainsi trois clichés, depuis remplacés, celle d’extérieur, un navire repeint en argent et doré (ci -dessus à droite), avec un intérieur fort peu élégant.  C’est bien un Astilleros Tango, de modèle 48 chez la firme argentine.  Or ce bateau estampillé « Tango », on le retrouve quelque temps plus tard sous un tout autre aspect.

Le bateau de plaisance d’une armée de parade

Car le fameuferretti500elite-1x Pascal, on le retrouve au même endroit chez « Stealth Marine », (le nom existait déjà pourtant) une société qui a construit un étrange bateau d’observation et d’intervention appelé « Assault 52″… destiné visiblement à l’armée : là encore ce n’est pas à lui, c’est un chantier auquel il a apporté une aide (financière ?), celui de « Yart Carbon », récemment créé (en mai 2014) avec Jaroslav Horejsek, Miroslav Hvalik et Lucas Bondezan (retenez bien ces trois noms, surtout le dernier, on va en reparler très bientôt), une autre firme spécialisée dans la construction de bateaux en carbone, cette fois.  montage-comparatifEtrangement, l’un des ouvriers cité, Jaroslav Horejsek, était auparavant, selon lui-même, responsable d’une boutique à Buggyra Grytech à Dubaï, présenté alors comme un « peintre renommé chez Ferrari » !  On pense au départ au Yart 52 « Stealth » inspiré d’un Ferretti 500 (ci-dessus à gauche) fort mâtiné d’un Princess 52, mais comme on vient de le dire, on s’aperçoit très vite qu’il s’agît bien d’un Tango 48, que les peintres du chantier de « YartMarine » ont repeint une nouvelle fois, en cherchant à imiter les couleurs de camouflage de certains engins de guerre (un thème qui plaît énormément aux fans de customisation en fait !)  ! La comparaison des deux photos est indubitable (ici à droite, c’est bien le même bateau !).  Le chantier « Yart » n’a rien créé de neuf, il s’est contenté de refaire l’intérieur et de repeindre la coque.  On apprend quand même que les deux moteurs Yanmar 6LY3-ETP de 480 hp d’origine ont été remplacés par deux Detroit Diesel MTU 60 de 825 hp (des moteurs de camion au départ), munis de deux turbos Garrett.  L’engin est promis pour 33 nœuds, contre moins, on suppose, pour le précédent.  Mais pourquoi avoir pris cette image de bateau clinquant au départ ?  D’où venait-il, ce navire, avant de se voir présenté comme bateau d’assaut ??  Espère-t-on convaincre une Marine nationale avec ça comme proposition ?  Celle indiquant par exemple que les « hublots » sont blindés alors qu’ils sont fixés sur une structure en plastique transperçable par des balles courantes ?  Ou qu’il sera « fourni avec des jumelles de visée nocturne »?

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La comparaison des aménagements d’origine du modèle 48, de sa version « dorée » présentée un temps dans le site de Saken et retrouvée en cache avec la dernière signée « Yart Marine » semble éloquente : c’est manifestement un bateau qui a vu son intérieur abîmé ou saccagé qui a été refait de façon beaucoup plus simplifiée.  Le bois et les cuirs ont disparu.  On notera au passage le mauvais goût du dessus de lit du modèle « doré et or »…

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D’autres « Tango » sont présentés sur les différentes pages internet mal tenues est mal mises à jour du fameux Pascal Saken.  On trouve le modèle 85, devenu « Achilles Yart Classic 80 » chez lui, « retapé » en 2011 et annoncé comme « fabriqué » en 2014.  Le chantier de Phuket retape ou modifie de drôles d’engins, dont des bateaux « captés » peut-être bien (on pense notamment à la déconfiture française des Mangusta de Rodriguez en 2010 dont Saken s’est vanté d’être le représentant local.  Rodriguez a plongé définitivement en 2014).

Les liens avec le groupe Rodriguez sont chez lui évidents : un de ses électromécaniciens sur place, Eric Preumont, ainsi que son frère Geoffrey, « directeur technique » chez Vu Anh Saken, sont deux anciens de chez Rodriguez cités sur le site !!  Saken se vante aussi d’être « co-propriétaire » des chantiers argentins de Tango. Ce que rien ne prouve non plus à cette date : la firme continuait à produire en priorité son modèle 38 (jusqu’en août 2013 et même jusqu’en 2015 semble-t-il) sans jamais évoquer son nom.  Mais le site en ligne ne propose aussi rien de neuf depuis 2012… (décidément tout tourne autour de cette date).  Selon notre capitaine brésilien qui n’a pas souhaité donner le nom de Saken, le « M/Y Meditation et le M/Y Bebo seraient allés de Buenos Aires à Rio de Janeiro, au Salvador, à Fortaleza et à Trinidad et Tobago, et il aurait aussi amené les capitaines des voiliers avec lui ».  Preuve que des croisières des bateaux de Saken, en tout cas, ont bien existé.

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moteursFait notable encore, sur le site de « YartMarine », le modèle se voit afficher ses numéros de moteurs par ses concepteurs.  On se demande un peu pourquoi, car ce sont ceux remplaçant les Yanmar d’origine.  La raison en est simple : à Phuket sévit depuis longtemps un trafic de moteurs, justement, interrompu récemment par une saisie de la police (le 16 mai 2016 seulement, voir l’image ici du stock de moteurs volés découvert). Visiblement, les responsables du chantier tenaient à ne pas avoir d’ennuis de ce genre.  Mais cela démontrait bien une pratique courante à Phuket: celle d’un approvisionnement illicite, sur place, en pièces de bateau.  Autre source de tracas supplémentaire pour Saken : le 4 septembre 2014 les autorités portuaires de Phuket ont décidé d’imposer l’usage des balises AIS (Automatic Identification System), à partir du class B,  sur tous les navires étrangers arrivant dans les eaux thaïlandaises, afin de décongestionner le Vessel Traffic and Management System (VTMS) installé sur le quai de Chalong.  Or à ce jour, seul celle du Phocea indique la position de ses yachts.  A noter aussi que sur le chantier déjà cité, on trouve toutes sortes de navires en effet, en réfection ou en radoub.  Une image de la construction du « fameux » modèle destinée aux armées à partir de l’engin « bling bling » nous renseigne en effet.  Sous l’arceau arrière du bateau en préparation, on distingue en effet sur sa gauche un vieux… chalutier. Il est chinois (de Taïwan !), et porte le N°CT4-2218.  C’est le Chin Long Cheng N° 18, de Taipei, un thonier de 62 tonnes de Kaohsiung, construit en 1992 et qui avait bien besoin d’un refurbishing en effet !

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Un Mangusta à part

mangusta10511Mais malgré ces découvertes, on continue à nager dans l’esbrouffe la plus totale et la grande mégalomanie : parler aux « billionnaires » avec des sites faits avec trois francs et six sous et des photos fausses fait tâche, c’est le moins qu’on puisse dire !!! « Pascal » est néanmoins un homme qui se montre très affairé, et qui est désormais fort intéressé par l’Afrique, à voir son incroyable périple du début d’année, raconté par lui même, au Congo, au Cameroun, la Guinée-Bissau et au Mali, pour une visite d’une mine d’or celle de Nara Gold, créée en 2004 (on commence à avoir une petite idée des fameux « déchets » possibles à récupérer, à bord de son avion de VIP !).  Le magazine Marianne lui fera la fête en écrivant : « sur une flopée de sites internet, Saken se présente comme fondateur du « Billionaire yacht club » de Shanghai, investisseur international, proprio d’un chantier naval en Argentine… Son roman-photos montre Saken en militaire, Saken avec des diamants, Saken trimballant un sac Vuitton ». one-o-five Sur son site, Saken annonçait toujours 5 Mangusta, pas moins, lui appartenant ou présentés comme tels.  Dont un énorme rebaptisé « Yart Carbon 35 » un Mangusta 105 de 32 mètres baptisé « One Again » (ici à gauche, arborant un tout autre nom visiblement, alors que la photo vient de son site !!!)… un bateau dont on reparlera très bientôt, promis… (dès l’épisode suivant, qui lui sera consacré).  Selon Saken, c’est un Mangusta lui appartenant appelé cette fois « One O Five » qui avait été réquisitionné en septembre 2010 par « Thaitanium« ,rapeurs un groupe de « gangsta rap » americano-thailandais (« featuring Bank Clash« ) pour y tourner une vidéo de promo.  Avec tous les clichés de mauvais goût hypermacho à la clé… Et avec encore une fois, la confusion sur le nom du bateau…  (sur la vidéo, on peut distinguer le nom « One O Five », mais cela semble aussi être un simple … autocollant, apposé sur  l’arrière du Mangusta !).  Pour le titre « Cruising » on les avait privés de bateau, semble-t-il…  A noter que le dénommé Prinya « Way » Entachai de  Thaitanium est décidément le roi du bon goût ! Et sa femme une commerçante dans l’âme !

Le yacht échoué au Cambodge

1429509768_1-orgDes superyachts qui auraient été « captés »?  Parfois, on a de belles surprises, en effet avec les propriétaires d’origine de certains yachts.  En marge de ces affaires, par exemple, le 20 avril 2015, sur la plage de Koh Tang, au Cambodge, à 50km de Sihanoukville, vient s’échouer un superbe yacht de 98 pieds, un modèle Azimuth Leonardo de 2010 à 5 millions de dollars.  On découvre vite qu’il appartient à Sergey Polonsky (ici à gauche), un jeune milliardaire russe recherché par Interpol comme dirigeant de la société Mirax, disparue depuis.  L’homme est alors toujours à bord, et il déclare ironiquement sur Internet que ça lui permet de regarder plus longtemps le soir les étoiles.  En réalité, l’île de Ko Tang lui appartient, avec d’ailleurs sept autres dont celles de Koh Damlong et Koh Dek Koul, cette dernière laissée depuis à l’abandon et contestée par son rival Nicolaï Doroshenko).polonsky  Il était devenu célèbre le jour où Alexandre Lebedev, opposant à Poutine, autre milliardaire russe oligarque (et ancien du KGB), l’avait cogné en public à la télévision officielle NTV en 2011.  Au Cambodge, Polonsky avait déjà risqué en 2013 la prison pour avoir séquestré et menacé avec un couteau les marins qui travaillaient sur le yacht qu’il occupait pour passer les fêtes de fin d’année avec des amis.  La police cambodgienne l’avait alors arrêté, puis relâché.  Le 17 mai 2015, en tenue de plage, tout sourire, il était arrêté et emmené par la police cambodgienne, pour être emmené à Moscou via le Viet-Nam.  Il y était accusé d’être parti avec les versements d’un complexe d’habitation qui n’avait jamais été construit.  Le bateau, sorti de son échouage, avait été saisi par la police.  A-t-il depuis été mis en vente, on l’ignore.

Mines d’or, passeports et selfies

boxing-chmapion-encounterMais il n’y a pas que les yachts.  Notre homme s’intéresse aussi à l’or, a-t-on dit.  A une minuscule mine, Nara Gold, une société dont il est devenu propriétaire à 80%, se vante-t-il (on avait vu sur son site la mise en scène de la signature du contrat).  Il s’intéresse aussi à des mines d’or au Brésil.  En République Centrafricaine, il s’occupe d’une imprimerie, équipée de matériel chinois spécifique pour la fabrication de passeports (de « vrais-faux passeports, donc, ça peut toujours servir en effet, et ça peut aussi devenir une mine d’or comme on l’a déjà vu…).  Aux Philippines, il s’intéresse aussi à la carrière d’un boxeur, Manny Pacquiao, ici à gauche, « le combattant de la décade », selon lui (pas très glamour façon Monaco, ça…). Pacquiao, qui a absorbé de tout étant jeune étant aussi devenu sénateur aux Philippines (et à même réussi à faire pleurer Sputnik) !, qui pourrait lui être bien utile, au cas où… Sa photo avec Pacquiao sentant plutôt la rencontre fortuite d’aéroport, mais bon… saken-marques-vieiraNotre Pascal est donc visiblement un homme fort pressé et fort mégalo surtout, certes fort affairé, mais qui s’habille plutôt comme un titi de banlieue ayant découvert une valise de billets par terre : difficile de croire qu’avec pareil look il va séduire tout Monaco, en effet ! Ça, et le handicap de sa réputation plus que sulfureuse… sur la photo, on remarque en effet une légende annotée par ses soins : « Pascal saken recevant un passeport diplomatique de Guinée-Bissau, délivré par Jose Marques Viera », le chargé d’Affaires de l’Ambassade de Guinée-Bissau en République Centrafricaine… La Guinée-Bissau, pays où les sacs de cocaïne sont appelés « sacs de ciment » tant elle est répandue…. et la circulation de « vrais-faux passeports » un sport national, comme on l’a vu !  Pas vraiment une bonne carte à présenter, ça … fort peu recommandable, en effet !

Le point de vue de la presse : un trafic, mais lequel ?

On comprend la méfiance des policiers du PNG, avec cette réputation.  L’arrivée inopinée du Boeing 737 en Papouasie était au bout d’incroyable périple assez abracadabrantesque pour des signalés à la police pour trafic de drogue (de l’opium, saisi au même moment sur le Phocéa) et de transport illicite d’armes (celles du Meditation comme celles du Phocea).  La presse se pose donc de façon légitime le pourquoi du comment de cette arrivée intempestive de B-737 :« le fait que les deux frères Saken aient décollé du Mali est très suspect car ce pays traverse actuellement un conflit ouvert et de la rébellion. Ce qui est plus intéressant, c’est qu’un grand Boeing 737 est idéal pour transporter des armes à feu ou d’autres contrebandes illicites. On sait que M. Quan a voyagé dans de nombreux points chauds hostiles dans le monde où il a été mis en cause dans des transports illégaux d’armes et des activités de trafic de drogue dans le passé récent, en particulier dans la zone du triangle d’or en Asie du Sud-Est et en Europe centrale et l’Amérique du Sud. Ainsi, il est évident que l’Afrique est désormais son principal objectif.  Ce qui est plus suspect encore, c’est qu’il s’arrête en prime au pays de paradis fiscal des Maldives pour un but d’avitaillement, comme indiqué par le pilote. Toutefois, il est fort probable que les produits illicites peuvent avoir été déposés sur cette île pour éviter d’être détectés une fois qu’ils seraient entrés en Papouasie-Nouvelle-Guinée, ou en faisant escale à Singapour ou en Australie.  Ce n’est pas étonnant car ils auraient dû voler onze heures pour se rendre directement à Port Moresby. » Voilà les Maldives détentrices d’un drôle de chargement secret, en ce cas ! Avec ça et l’extincteur perdu, retrouvé sur une plage, le pays devient passionnant, c’est évident (nota :  on verra plus tard que c’était une fausse piste) !

Encore une fois relâchés ?

walter_north_us_state_dept_photoL’avion, une fois atterri à Port Moresby, était pourtant reparti tranquillement, ce qui avait intrigué la presse, officiellement pour « n’avoir violé aucune loi de ce pays, selon le gouvernement de PNG O’Neill, qui a, comme le gouvernement du premier ministre Kilmandu Vanuatu, l’habitude de permettre aux gens suspects de filer.  Et cela, contre la volonté même de la police du pays ». « C’est une habitude« , au Vanuatu, condamne le journal qui relate l’affaire, évoquant l’incroyable corruption sévissant dans le pays…  Un journal qui avait également révélé une visite peu après du ministre Albert Carlot au nouvel ambassadeur américain en PNG, Walter E.North (ici à droite), pour s’expliquer sur le cas de l’avion… « Ironiquement, une heure après que les ministères respectifs aient fait l’annonce du paiement de l’amende de l’avion et de ses passagers, le Premier ministre Peter O’Neill a publié un communiqué de presse disant qu’une enquête complète serait faite pour cet « atterrissage non autorisé » d’un avion affrété… Les deux membres vietnamiens d’origine du personnel portant des passeports diplomatiques du Vanuatu sont liés à de nombreuses activités illégales dans le monde entier », a déclaré un enquêteur (il s’agît de deux frères Saken qui sont en réalité… français et non vietnamiens).  « Ma première conclusion est qu’ils étaient là pour de la contrebande d’armes à feu et à la contrebande de drogues, cependant, ma dernière conclusion serait pour le blanchiment d’argent., » note un vieil opposant de Carlot.  Voilà une explication qui se tient de l’intérêt de jouer au nettoyeur de cabine ! A noter que North, un ancien de l’USAID, et ancien responsable de CARE en Inde, est ambassadeur US pour la Papouasie Nouvelle-Guinée les îles Solomon mais aussi de… la République du Vanuatu !

Le Mali, terre de drogue, comme on sait

L’avion venait donc en catastrophe du Mali, alors qu’il s’était envolé vers une autre destination que les Maldives.  Or, à peine 6 jours auparavant, avait débuté à cet endroit l’Opération Serval, l’intervention française dans le pays, qui allait en premier lieu… chasser les trafiquants de drogue….(et de carburant !) ou les profiteurs de minéraux ensanglantés de l’Afrique Centrale.  Tous les trafiquants qui s’étaient bâtis des superbes villas (exemple à droite) s’étaient envolés eux aussi comme le vent, dès l’arrivée des français !!! villa-3-e271a Aussi vite que s’ils étaient montés à bord d’un Boeing VIP !  Un bien gros appareil, à vrai dire, pour emmener 2 passagers seulement !  Quelques jours avant, la société de location à laquelle les frères Saken s’étaient adressés pouvait en effet leur fournir un Gulfstream-Aerospace G500/G550 ou un Embraer ERJ-145, et ils avaient choisi un Boeing 737 version VIP (numéro de construction 36090, dont les pilotes prennent grand soin).  Or cet appareil possède aussi une soute cargo de 7,65 mètres cubes, de quoi transporter une belle cargaison discrètement (ou de servir de relais à un autre appareil, bien connu lui aussi).  Un avion VIP, de grande classe, doté d’antennes satellitaires comme on peut le distinguer sur la grande photo fournie (au-dessus du fuselage, le dôme oblong et aplati).  A bord de l’appareil, on note également la présence d’un spécialiste des communications !

Un avion exceptionnel à bien des égards

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Car le magnifique avion n’est pas un appareil ordinaire non plus, loin et de là et même un peu… prédestiné : avant de devenir Jet Club Limited, il appartenait à la Wells Fargo, une banque accusée au Etats-Unis d’avoir été en contact avec les trafiquants de drogue des cartels colombiens, et qui a dû payer une amende colossale pour blanchiment d’argent…. Depuis il semble être passé sous la coupe d’un obscur propriétaire de Hong-Kong : Citic Pacific, Ltd. installé à Hong Kong, une compagnie… minière et en même temps la plus grande aciérie chinoise, pas la plus « réglo » sur le marché paraît-il.  L’avion avait été déjà vu un peu partout dans le monde, notamment à St-Martin, un des hauts-lieux de transfert de cocaïne venant de Colombie ou à Phuket en 2011, déjà, base de répartition du trafic d’héroïne en Thaïlande.  Les documents retrouvés par la presse de Nouvelle Guinée auprès de Jet Club affirmaient que l’avion devait partir du Mali pour rejoindre les Bahamas (d’où il était venu où il sera vu plus tard, le 26 novembre 2013), via le Cap Vert : or il avait effectivement pris la direction inverse exactement, en partant vers les Maldives ! Le plan de vol, s’il a jamais existé (on en a retrouvé un, à Bamako, mais pour la moitié du chemin), avait été modifié en plein trajet !  Au point de vue sécurité des vols mondiaux, l’avion avait été d’emblée hors-la-loi, pouvant causer un danger aérien conséquent ! Incroyable ! Tout autant qu’un MH370 devenu fou ! Qu’est-ce qui avait pu piquer à ce point nos deux compères pour agir ainsi à la va-vite dans ce sens-là, en prenant soin de ne pas l’indiquer au départ (mais en se protégeant en faisant envoyer une « clearence » par l’ambassade de Bruxelles) ???  L’arrêt aux Maldives pour refueling démontrant encore davantage que ça n’a pas été un décollage autrement que dans l’urgence, au Mali : ce Boeing 737 VIP utilisé, est en effet équipé, il faut le savoir, d’un système PATS, à savoir d’une extension de réservoir à kérosène en soute, ici à gauche (disposable de différentes façons) lui permettant de voler beaucoup plus loin encore  !  De se ravitailler semblait nécessaire, certes, malgré l’appoint des réservoirs, mais une autre hypothèse est apparue assez rapidement chez certains pour expliquer ce passage éclair sur les Maldives.  Pourquoi aurait-il été contraint de lepats-3f6f9 faire, cela laisse dubitatif, en effet : pour y laisser en dépôt sur place ce qu’il aurait « extrait » du Mali, la raison essentielle de ce voyage express ?!  Un autre avion ou un navire, un cargo porteur de containers, serait venu rechercher après le « cadeau » déposé.  Le tout couvert par les passeports diplomatiques, qui incluent que les bagages de leurs détenteurs ne sont pas fouillés. Le passage par les Maldives, qui semblait obligé, question autonomie, a peut-être bien servi à autre chose. L’arrivée au Mali aurait été l’occasion d’extraire un volume de cargaison encombrant et conséquent, menacé par l’arrivée des français.  On songe à de la drogue bien sûr : un volume de coke tel qu’un Gulfstream ou un Embraer n’aurait pas suffit pour tout embarquer !  On songe obligatoirement aussi au volume colossal qu’aurait apporté le 727 d’Air Cocaïne, fin 2009, les vols, on le sait, ayant continué après, avec d’autres gros porteurs. L‘appareil pour VIP sillonne en fait le monde, avec sa très grande autonomie, sans oublier des petits « sauts de puce » parfois : exemple le 15 juin 2013 où il avait été aperçu à Toulon (/ Hyeres – Le Palyvestre) alors que le 26 avril 2014, il se posait à Ajaccio, et que le même jour, il passait par… Chambéry-Aix-les-Bains !!!  Dans un monde sans argent, la jet-set a encore de beaux restes il semble !!! A noter que depuis que ce texte a été rédigé, le bel oiseau à changé de volière. Il est devenu le VQ-BLX, acheté le 4 avril 2017 par Gama Aviation une société anglaise installée à Farnborough, temple de l’aviation du pays.

Le précédent du yacht bourré de coke

rajDes volumes de drogue conséquents que l’on retrouve aussi ailleurs. Au Vanuatu, il y a donc des Boeings étranges qui circulent. Mais aussi en effet de grands yachts tout aussi pratiques, dont certains effectuent des croisières très prisées entre l’archipel et l’Australie. Débarquée de Sydney, le 23 août 2013, la police australienne avait saisi à bord de l’un d’entre eux, ancré au Vanuatu même, pas moins de 750 kg de cocaïne d’un coup : il y en avait pour 370 millions de dollars australiens (250 millions d’euros !!!).  Le résultat d’une longue enquête qui avait menée à un bateau, le « Raj », yacht de 24 mètres, en acier, de 68 tonnes de déplacement, amarré au port de la capitale du Vanuatu, Port Vila.  La coke était dissimulée dans son compartiment moteurs et dans sa quille, cette dernière scellée de pierres et de béton !  Preuve que la dissimulation s’était faite sur un chantier naval, seul capable d’accéder ainsi à la quille (pour entrer en sa possession aussi, les trafiquants auraient donc dû également le mettre au sec dans un chantier naval !) ! oke-bateau-vanuatuLe yacht avait déjà changé de nom (tiens, une habitude ?) et s’appelait désormais le « Scope ».  L’Herald Sun australien avait suggéré plein de possibilités, lors de la saisie. L’une d’entre elles résonnait étrangement en évoquant l’arrestation de trois trafiquants :  « le cas des trois hommes est plutôt solide. D’autant plus que les policiers ont trouvé quelque 3 millions de dollars en espèces et un camion de cocaïne lorsqu’ils ont fouillé plusieurs adresses à Bundaberg, à Sydney et dans la Gold Coast (australienne). Pendant ce temps, curieusement, le Raj semblait être échoué à ses amarres à Port Vila. Ne s’en s’approchaient que des mouettes. Quand un propriétaire inconnu résidant en Europe a tranquillement mis le yacht sur le marché cette année, la police a finalement décidé de faire mouvement. Le yacht était devenu un vol à 200 000 $, ce qui inquiétait les chefs de la police. L’idée d’acheteurs innocents naviguant vers le coucher du soleil avec 370 millions de dollars de cocaïne a rendu les hauts fonctionnaires nerveux. Et si les acheteurs étaient des copies de gangsters, le scénario pourrait être encore pire. Et si, par exemple, les méchants rencontraient un navire australien la nuit dans les eaux australiennes et transféraient la contrebande, qui pourrait ensuite être ramenée au port sans avoir à passer les douanes ? Que serait-il arrivé s’ils l’avaient déposée par-dessus bord dans un conteneur étanche avec une bouée facilement localisée par GPS ? Ce sont des scénarios dont les autorités préfèrent ne pas parler. Et ils ne sont pas les seuls à avoir des lèvres serrées sur ces jeux dangereux. » Qui était donc cet « européen » ayant mis le RAJ à vendre sur Internet ?  Qui aurait pu avoir eu le culot de faire ça ?  Un kidnapping avec rançon anticipée, en quelque sorte !!! Et si le RAJ n’avait été qu’un galop d’essai (2) pour le Phocea ?

(1) on pense au schooner décrit ici « construit en 2011 » et résidant à… Langkawi. Le RAJ n’est que le second de la liste !!!

(2) celui des autres tentatives, résumées ici le 26 décembre 2017 par le NZHerald , voici le listing des découvertes de drogue venant du Pacifique :

(avant même les français, il faut le noter, avaient intercepté avec leur patrouilleur La Glorieuse  et un avion de surveillance maritime Gardian de la flottille 25F, 200 kilos de cocaïne dans un voilier battant pavillon canadien, un Hunter 33, le « Megalodon », alors en approche de la zone de la Nouvelle-Calédonie. A droite ici un des trois trafiquants en train de monter à bord du patrouilleur).

-15 novembre 2012: la police tongienne trouve un yacht bloqué sur une île déserte du Pacifique avec un corps en décomposition et 204 kg de cocaïne (d’une valeur allant jusqu’à 116 millions de dollars, ici à gauche). Les enquêteurs ont déclaré que l’envoi était destiné à l’Australie.

– Août 2013: Une opération conjointe australo-américaine découvre un yacht, Raj, Moore à Port Vila, Vanuatu avec environ 750 kg de cocaïne cachés dans les compartiments moteurs et autour de sa quille.

-Novembre 2013: Le skipper Ivan Maria Ramos-Valea est condamné à 25 ans de prison pour l’importation effrontée en 2011 de 300 kg de cocaïne de Vanuatu à Bundaberg, Queensland sur le yacht Friday Freedom. Son épouse Julia Fernandez, qui l’accompagnait dans le voyage, passerait deux ans en prison pour un crime qu’elle n’a pas commis avant d’être acquittée par un jury.

-Août 2015: Cinq hommes sont arrêtés sur la Gold Coast après que la police a saisi plus de 70 kg de cocaïne sur un yacht amarré, le Solay, à Coomera. La police a allégué que le bateau avait quitté le Vanuatu.

-Mars 2016: La marine française intercepte une cargaison de 600 kg de cocaïne au large de Tahiti. La police alléguera plus tard que la cargaison était en route vers les côtes de Downunder.

-Août 2016: le «Modèle » Isabelle Lagacé est arrêtée après avoir tenté de faire passer 30 kg de cocaïne en Australie via un bateau de croisière. Elle plaide coupable d’avoir importé une quantité commerciale de cocaïne (nota : elle était en compagnie de son amir Mélina Roberge et du sexagénaire André Jorge Tamine, un montréalais: « Plusieurs photos des deux femmes avaient été publiées sur les réseaux sociaux durant leur croisière. Sur ces clichés, les Québécoises se mettaient en scène dans des paysages paradisiaques en train de boire des cocktails ou au volant d’un VTT »).

-25 décembre 2016: la police allègue un complot visant à importer 500 kg de cocaïne d’Amérique du Sud, d’une valeur estimée à 360 millions de dollars. La cargaison aurait été découverte sur un bateau à Sydney. Le complot d’importation aurait impliqué un rendez-vous avec un « vaisseau-mère » chilien dans les eaux internationales.

-3 février 2017:  Six hommes sont arrêtés et 1,4 tonne de cocaïne – d’une valeur marchande estimée à plus de 312 millions de dollars – saisie après l’interception du yacht néo-zélandais Elakha (ici à droite) à 370 km au large des côtes de la Nouvelle-Galles du Sud. La police a allégué que le yacht avait rencontré un « vaisseau mère » dans le Pacifique Sud. Les skippers étaient Hamish Thompson, 63 ans, et le Suisso-Fidjien (?) Valentino Fries, 54 ans.

-27 juillet 2017:  Quatre hommes de Lituanie et de Lettonie sont arrêtés par la marine française près des Tonga en train de passer en contrebande une cargaison record de 1,4 tonne de cocaïne sur le yacht Afalina (ici à gauche).

-Octobre 2017: l’AFP saisit 600 kg de cocaïne au large des côtes de la Nouvelle-Calédonie.

-15 novembre 2017: la police intercepte un yacht (ici à droite) supposé être rempli de 700 kg de cocaïne d’une valeur marchande de 245 millions de dollars, au lac Macquarie, au nord de Sydney, et arrête trois hommes âgés de 47 à 68 ans. La police tahitienne est venue après que les autorités aient suivi un navire suspect à travers l’océan Pacifique Sud.

-21 décembre 2017: un touriste français qui, selon les autorités néo-zélandaises, est arrivé sur un bateau de croisière, arrêté à Paihia après la découverte de 24 kg de cocaïne d’une valeur marchande pouvant atteindre 10,8 millions de dollars.( il s’est pris 15 ans de prison et s’appelle Alexander Steeve Yelengwe Yonkwa-Dingom).

Plus le 27 juin 2018 l’arrestation de John Nikolic à bord d’un catamaran, le Shenanigans, emportant de la drogue et des armes aux Fiji.

 

 

 

 

 

 

Le journal citoyen est une tribune. Les opinions qu’on y retrouve sont propres à leurs auteurs.

 

(Texte paru en 2016)

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