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Le jospinosaure, un ruminant pr?sarkozique qui rumine encore et toujours

Quand Lionel Jospin arr?tera-t-il donc de dire qu?en fait, il aurait d? gagner l??lection pr?sidentielle du printemps 2002?? M?me Val?ry Giscard d?Estaing a reconnu et dig?r??sa d?faite du 10 mai 1981 et n?a pas h?sit? ? poursuivre son action politique d?s 1982 pour apporter ses comp?tences et son ?nergie au service de l?avenir de la France. Au lieu de cela, Lionel Jospin essaie de vendre un livre et ressasse. Pitoyable homme d??tat?!

yartiPSjospin44C?est s?r que l?ancien Premier Ministre Lionel Jospin veut faire acheter son bouquin « Lionel raconte Jospin » qui vient de sortir et dont quelques extraits sont lisibles ici. Alors, il s??panche partout dans les m?dias et est m?me l?unique sujet d?un documentaire ?ponyme r?alis? par Patrick Rotman dont le premier volet sera diffus? sur France 2 le jeudi 14 janvier 2010 ? 22h35 et que Serge Moati d?crit (le 9 janvier 2010) en ces termes 😕??Tous les hommes politiques ont d? demander r?cemment au petit Papa No?l un tel cadeau : un film tout ? eux d?di?, sans questions qui f?chent. Et ?a fait de l?excellente t?l?. Sans secousse, ni surprise, mais passionnant. M?me si, durant ces trois heures, on n?apprend pas grand-chose de neuf, le film colle et ressemble au personnage : la voix de Jospin. Le ton de Jospin. Sa timidit?. Sa pudeur. Son orgueil. Autoportrait en majest? d?mocratique.??.

Il y a cependant un r?el malaise ? ressasser une fois encore son ?chec de 2002 alors que les socialistes ne semblent pas en avoir fini avec la mal?diction de la d?faite. S?agit-il encore d?un homme politique, ou d?une statue de cire du Mus?e Gr?vin??

Jospin entr? dans l?histoire

Lionel Jospin peut s?enorgueillir d?avoir ?t? l?un des trois ou quatre leaders socialistes ? avoir fait gagner la gauche non radicale depuis le d?but de la IIIe R?publique, avec L?on Blum et Fran?ois Mitterrand (et ?ventuellement Guy Mollet, m?me si ce fut plut?t la victoire vol?e de Pierre Mend?s France).

Gagner une ?lection nationale. En permettant la formation d?un gouvernement socialiste.

Lionel Jospin avait en quelques sortes rompu avec la singularit? de Fran?ois Mitterrand. Oui, la gauche pouvait revenir aux affaires normalement, ordinairement, dans un jeu d?dramatis? d?alternances classiques.

Il ?tait revenu de loin. Il avait failli abandonner la politique lors de son ?chec aux l?gislatives de mars 1993. Il voulait r?int?grer le quai d?Orsay. On parlait m?me de lui comme ambassadeur de France en Allemagne. Un poste prestigieux. Mais il n?a pas eu la carri?re de Philippe S?guin (retrait de la politique et excellence dans son corps d?origine). Il est finalement devenu candidat des socialistes presque faute de combattant d?s 1995. Sans espoir de gagner et il avait r?ussi quand m?me l?exploit d?arriver premier au premier tour d?une ?lection qui devait d?partager ?douard Balladur et Jacques Chirac.

Ce bon score du premier tour (sans espoir pour le second tour) l?avait remis en « selle » pour reprendre la direction du PS qu?il avait abandonn?e lors de son entr?e au gouvernement en 1988. Il ?tait l?un des deux dauphins de Fran?ois Mitterrand (avec Laurent Fabius) mais a vite eu besoin de parler du « droit d?inventaire », un terme repris maintenant par Fran?ois Hollande, qui fut ? Lionel Jospin ce que Jospin fut ? Mitterrand.

La dissolution de 1997 et l?impopularit? du gouvernement Jupp? ont suffi ? lui apporter la victoire l?gislative deux ans apr?s son ?chec pr?sidentiel. Matignon au lieu de l??lys?e, donc. Et Chirac inaugura le « septennat de deux ans ».

Pendant cinq ans, Lionel Jospin a donc cru gouverner convenablement, du haut de ses certitudes.

Pourtant, il a fait plein d?erreurs.

Erreurs et fautes politiques du « quinquennat Jospin »

La premi?re, la plus grosse, c??tait les 35 heures. Heureusement que le monde se trouvait alors dans un contexte de prosp?rit? et de croissance. Il est toujours ?tonnant d?entendre encore des socialistes rappeler que le « quinquennat Jospin » correspondrait ? une p?riode de prosp?rit?, de croissance et de baisse du ch?mage. ?tonnant car la conjoncture internationale peu ma?tris?e par les ?tats allait dans ce sens. Au contraire, Lionel Jospin, avec la r?duction du temps de travail, a frein? cette croissance ?conomique. D?ailleurs, la preuve en est que la crise des nouvelles technologies (informatique et t?l?communications) ? partir de 2000 a engendr? une baisse significative de la cr?ation d?emplois et de la croissance. Toujours sous ce m?me gouvernement.

Une autre erreur fondamentale fut l?adoption du quinquennat. Pas l?inversement du calendrier ?lectoral car il n??tait qu?un corollaire du quinquennat. En donnant suite ? la proposition de Val?ry Giscard d?Estaing du quinquennat, Lionel Jospin voulait mettre initialement dans l?embarras Jacques Chirac qui avait toujours refus? une telle r?forme, mais sa volte-face a montr? que le quinquennat pouvait pr?senter un int?r?t pour se repr?senter, apr?s sept ans de mandat et un ?ge d?j? bien avanc? (69 ans).

J?ai ?t? parmi les tr?s peu nombreux (27% des 30%?de votants) ? voter contre le quinquennat au r?f?rendum du 24?septembre 2000. Maintenant, avec presque deux quinquennats de recul, beaucoup de voix commencent ? se faire entendre disant que le quinquennat n?est finalement pas tr?s pertinent, car il rend les d?put?s trop d?pendants de l??lys?e. Cela rend la Pr?sidence « hyperpr?sidentielle ».

Mais les deux principales fautes politiques de Lionel Jospin ne furent pas des actions mais des d?missions?: son refus de s?occuper du douloureux probl?me des retraites par simple l?chet? ?lectoraliste et, par ignorance du monde « r?el », son manque de compr?hension des probl?mes de s?curit?, th?me principal de la campagne pr?sidentielle de 2002 apr?s les attentats du 11 septembre 2001.

?thique et col?gramme

On repr?sente souvent Lionel Jospin comme un homme ? probit? et int?grit? extraordinaires. Il est vrai qu?aucune « affaire » n?est venue lui obscurcir l?horizon. Mais peut-on mettre sur le m?me plan par exemple l?esprit r?publicain incontestable (et reconnu en grandes pompes aux Invalides le 11 janvier 2010 ? 15h00 et au Palais Bourbon le 12 janvier 2010 ? 16h00) de Philippe S?guin et celui de Lionel Jospin?? Pas forc?ment s?r. Ou peut-?tre si, les historiens le diront plus tard. Comme le dit Anne Roumanoff : ??Avec sa voix d?timbr?e et son intransigeance orgueilleuse, Lionel Jospin n?est sans doute pas assez retors pour avoir un grand destin politique.??.

La morale d?un homme se juge aussi sur ses actes. Or, si son ?chec d?s le premier tour du 21 avril 2002 a ?t? pour lui un coup terrible (on l?imagine bien), il a ?t? tr?s d?cevant pour tous ceux qui combattaient les th?ses de l?extr?me droite en refusant d?appeler ? voter au second tour pour son adversaire, Jacques Chirac, et pire, en refusant m?me de se d?placer pour le second tour, imitant ainsi les leaders gauchistes de Lutte ouvri?re consid?rant que Le Pen et Chirac ?taient bonnet blanc et blanc bonnet. Au contraire d?un Dominique Strauss-Kahn, par exemple, qui n?a pas h?sit? une seule seconde ? voter et faire voter Chirac (idem pour les communistes).

Est-on int?gre quand on a fait passer son amertume et son ego devant sa morale politique?? Est-ce de l?int?grit???

L?abandon politique qui a suivi ?tait une cons?quence logique de cette pr?dominance de l?ego sur le combat politique. Depuis, les ?l?phants socialistes restent bien seuls dans leurs querelles.

Suffisance du mammouth ruminant

Un ego assez bien d?velopp? est sans doute la marque ordinaire d?un leader politique de premier plan. Mais malgr? l??chec, peut-on rester avec tant d?autosatisfaction et de suffisance?? ??Quand je regarde en arri?re, c?est le plaisir qui domine, parfois, la fiert?, jamais l?amertume. (?) Je me suis personnellement accompli et j?ai servi mon pays.??.

Alors, entendre Lionel Jospin, en 2010, ruminer encore et toujours sur son ?chec de 2002 et n?avoir aucune capacit? ? faire de l?autocritique est franchement aberrant. Et d?cr?dibilisant. L?entendre dire (comme sur France Inter le?7 janvier 2010 o? son interview a d? ?tre ?court?e en raison de l’annonce du d?c?s de Philippe S?guin) que « normalement », 2002 aurait d? se passer autrement, c?est vouloir refaire l?histoire, refuser le verdict des ?lecteurs, et finalement, c?est toujours faire preuve de mauvais perdant. Il r?p?te en ce moment ce type de phrase?: ??Nous savons tous qu?avec un peu moins de l?g?ret? et d?imprudence ? gauche, le sort de l??lection pouvait ?tre tout autre.??.

Et de marteler avec la m?thode Cou??: ??Je n?ai pas ?t? la cause premi?re de la d?faite.??. Tant mieux pour sa conscience.

Le seul mea culpa, ce fut pour dire du bout des l?vres 😕??J?ai surestim? le rejet de Jacques Chirac, j?ai surestim? la perception positive de mon bilan. J?ai sous-estim? l?impact qu?avait la division de la gauche, j?ai sous-estim? le premier tour. Ma campagne n?a pas ?t? assez offensive.??. Tout en se d?douanant imm?diatement : ??Mais quand l?attelage va ? hue et ? dia, c?est difficile d??tre bon.??.

Pierre Moscovici, ancien ministre jospiniste et candidat ?ventuelle ? la candidature, ne dit pas autre chose en?estimant la p?riode du gouvernement Jospin plut?t positive 😕??L’inventaire doit certes ?tre ?tabli, mais en n’oubliant jamais la force de notre actif : la table rase ne fait pas une politique !?? et en reconnaissant que l’autocritique ??n’est pas, ne sera jamais le fort de Lionel Jospin ? mais apr?s tout, est-ce bien ? lui de le faire, de c?der ? ce qui serait de sa part une auto-flagellation ???.

Les causes r?elles de son ?viction ne sont pas dans la d?sunion de la gauche (ce n?est pas Chev?nement, ce n?est pas Taubira, ce n?est pas Mam?re). Il y a des causes qui proviennent de lui-m?me, de sa mani?re de se comporter avec les citoyens, et de sa politique, comme Vincent Peillon le note le 5 janvier 2010?: ??Les socialistes n?ont toujours pas encore vraiment admis que leur ?chec de 2002 ne fut pas seulement le fait de la division de la gauche, mais aussi le r?sultat de leurs propres carences en mati?re de politique fiscale, de s?curit? ou de rapport ? l?Europe.??. Apr?s huit ans, il serait temps de le reconna?tre.

Toujours le pass?? Et l?avenir, alors??

Alors, Monsieur Jospin, avec tout le respect que je vous dois, je vous propose une alternative?: reprenez le travail que vous avez refus? de faire en 2002, analysez les raisons r?elles de votre ?chec, aidez vos camarades socialistes? ou alors, taisez vos ruminations une fois pour toute et tournez-vous vers l?avenir, faites des propositions pour la France et son avenir, vous qui ?tes si intelligent?!

Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (13 janvier 2010)

Pour aller plus loin?:

Fran?ois Hollande pr?sidentiable??

Dominique Strauss-Kahn pr?sidentiable??

Lionel Jospin se regarde le nombril.

Quelques avis sur le retour m?diatique de Lionel?Jospin.

Un peu plus sur le PS.

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