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Le cyber-anonymat, sympt?me du mal ENTREPRENEURIAL de notre ?d?mocratie? paradoxale

anonyme sur ordi

PAUL LAURENDEAU?? C’est donc parti. Des cyber-anonymes se mettent ? malicieusement d?masquer d’autres cyber-anonymes. Par del? cette bonne vieille pol?mique interpersonnelle et hargneuse en perte acc?l?r?e de perspective intellectuelle qui est toujours un peu la n?tre, la question tr?s particuli?re du cyber-anonymat reste enti?re et continue de valoir, en soi. Une amie tr?s ch?re, dont je vais taire le nom vous allez deviner pourquoi dans une seconde, est r?ceptionniste au quartier g?n?ral d?une grande entreprise torontoise. Observatrice sagace dans une cage de verre, elle m??crit priv?ment des commentaires truculents sur sa vie de bureau, qui sont ? hurler de rire d?humour et d?intelligence. Je lui ?cris: ?Vous devriez consigner ces observations sur un carnet ?lectronique. Le public devrait pouvoir profiter de l?incroyable justesse d?analyse de vos propos et de votre incomparable humour.?. Elle me r?pond, laconique, que si elle le faisait, il faudrait qu?elle reste ?vasive et op?re une telle chronique ?lectronique sous l?anonymat le plus compact.

De temps en temps on observe un fait similaire sur les carnets publics de journaleux ? la mode dont nous tairont les noms aussi ici, car certain(e)s d?entre eux/elles n?aiment pas trop ?tre associ?(e)s id?ologiquement, de pr?s ou de loin, avec mes propos sulfureux. De temps en temps donc, et toujours hors sujet, des discussions ?clatent sur ces carnets ?lectroniques journalistiques ? propos justement du cyber-anonymat. Un intervenant outr? reproche ? un autre de ne pas signer sa diatribe vitriol?e du moment. La majorit? du peloton des participants, form? quasi exclusivement de cyber-anonymes, vole habituellement ? la rescousse de l?anonyme initialement incrimin? et donne alors ? lire une vol?e de motivations en faveur de l?anonymat sur Internet qui, une fois le baratin auto-justificateur tamis?, se r?sume en fait l?un dans l?autre en un aphorisme ferme et unique : ?je ne veux pas que mon employeur puisse acc?der ? mes opinions?.

Le cyber-anonymat est un ph?nom?ne omnipr?sent qui soul?ve des probl?mes totalement in?dits. En ce moment, sur la lanc?e de son second mandat, le pr?sident Obama embauche. Ses ?quipes de recruteurs exigent des postulants qu?ils remettent la liste de tous les pseudos qu?ils ont utilis? sur Internet, dans le but de d?tecter les propos ?ventuellement politiquement emmerdants des futurs coll?gues. Je ne sais pas si ceux-ci vont appr?cier cette exigence et fournir all?grement une information aussi paradoxalement sensible, mais le seul fait de la r?clamer sans rougir manifeste une surench?re sur un fait de surveillance totalitaire aujourd?hui compl?tement banalis? (ce qui ne le rend pas moins putride et inique): votre employeur, pr?sent ou futur, googlise votre nom sur Internet et retient tout ce qui s?y trouve, d??vidence plus contre vous qu?en votre faveur. Il existe m?me, semble-t-il, des entreprises qui, pour un prix d?amis, passent l?aspirateur dans Internet pour y effacer les traces de votre pr?sence ant?rieure, jug?e implicitement compromettante et automatiquement, comme fatalement, nuisible ? votre avenir.

Le mal profond que le sympt?me purulent du cyber-anonymat r?v?le est clair et net. L?immense majorit? de la population circulant sur la surface ?lectronique ne veut pas que ses opinions, m?mes les plus ordinaires, ne soient associ?es ? son identit?. Une blogueuse canadienne fort spirituelle, sensible et brillante, qui maquille m?thodiquement son identit? et celle de tous les personnages qu?elle met talentueusement en sc?ne, s?auto-d?signe sereinement une femme libre? ?libre? d??crire mais pas trop libre de se montrer, d??vidence. En fait, la ?libert?? d?expression sur Internet n?est pas une libert? individuelle au b?n?ficiaire identifiable. Cette pulsion libertaire n?arrive ? se d?brider (avec tous les d?rapages que l?on conna?t trop bien, notamment sur les carnets journalistiques ? la mode) que si le silence le plus opaque perdure sur QUI s?exprime. Ils sont bien r?volus au demeurant, de par la r?alit? de plus en plus massive du cyber-journalisme, les temps archa?ques o? un journal aurait refus? de publier une lettre anonyme. Aujourd?hui l?anonymat de celui ou celle qui prend la parole et diffuse ?lectroniquement ses propos est respect?, comme il ne l?a probablement jamais ?t? dans l?histoire moderne. Si un propos est jug? trop cru, illicite ou impropre, on le caviarde tout simplement, d?un coup, en bloc, sans jamais r?clamer que son auteur ne s?identifie et prenne la responsabilit? de ses salades. Contrainte technique? Je n?y crois pas trop. Contrainte sociale? Ah, l?, par contre? Si la censure journalistique tol?re le cyber-anonymat et le perp?tue sans oser l?attaquer frontalement, c?est que, visiblement, tout le monde est conscient d?un danger et partage un implicite collectif au sujet dudit danger? Il faut remonter au Moyen Age, ?poque o? le droit d?auteur n?avait pas d?existence juridique, pour retrouver un tel impact, sur l?univers de l??criture, du scribe anonyme. Les choses se d?ploient ici ? une ?chelle naturellement bien plus titanesque et sophistiqu?e, notamment autour de cette question apparemment si sensible de l?expression de l?opinion (le scribe m?di?val ?tait fondamentalement un copiste, m?me s?il glissait souvent ses petites interventions en douce sur le parchemin).

Pourquoi tant d?anonymes, tant de masques sur la toile? Il y a bien l? priorit? de l?expression de soi sur la reconnaissance. Une intimit? toute en esquive prend corps et s?installe dans notre culture. C?est parfaitement captivant et incroyablement nouveau. Que resterait-il de ce corpus de commentaires brillants et de carnets ?lectroniques lumineux si tout le monde d?clinait son identit?? Peu, si peu! Les carnets ?lectroniques, journalistiques ou autres, qui imposent une identification plus explicite (et, de fait, truff?e de faux noms) se survivent ? eux-m?mes, et tout le monde sait que ce n?est pas l? que ?a se passe? ??a (?a, c?est la libre expression des id?es qui percolent), se passe nulle part ailleurs que dans la fosse aux cyber-anonymes! Et, du fond de ce cloaque douteux, on va aller chialer contre la cyberculture des chinois?? et ce, alors que notre propre d?mocratie paradoxale produit un tel consensus, implicite et explicite, de la cagoule et du secret de la pens?e vive? Hol?? Bon, le blogueur et la blogueuse cyber-anonymes invoquent parfois des motivations familiales pour se planquer? C?est le cas notamment, justement, d?une femme libre ? comme si les pairs de cette grande surdou?e na?ve n?allaient pas se reconna?tre automatiquement s?ils tombaient sur ses d?veloppements, si fins, si riches en d?tails, si personnels, si intimes, en un mot (un autre probl?me affleure ici: peut on ?crire intime ou intimiste tout en demeurant confidentiel?). Mais, je le redis haut et fort, l?explication massive et collectivement endoss?e de ce profond consensus en faveur du cyber-maquis se crie et s??crit (je n?invente pas cela): ?je ne veux pas que mon EMPLOYEUR puisse acc?der ? mes opinions?.

Le sympt?me est criant, ouvert, purulent. Notre ?d?mocratie? est une fausset? hypocrite. Notre libert? d?expression est une illusion, serin?e par la propagande intoxidentale. Notre soci?t? civile est constitu?e d?une multitude d?enclaves ouvertement et sereinement fascistes. Ouvrons les yeux une bonne fois. L?empereur est nu. Chacune de ces enclaves ouvertement et sereinement fascistes nous dicte quand aller ? la toilette, comment nous habiller, qui fr?quenter, quelle orientation sexuelle avoir, quand et pourquoi sourire, ? quelle f?te de fin d?ann?e nous pr?senter. Au m?pris de la ci-devant Charte des Droits (cette lettre morte du flatulent tartuffe politique), cette enclave ouvertement et sereinement fasciste tient son petit monde en suj?tion, exerce une menace permanente sur la possibilit? que ledit monde a de se nourrir et de nourrir ses enfants, l?oblige ? rester disponible en permanence au bout du t?l?phone portable, et, aussi, m?prise ses opinions, ses ?motions et sa pens?e au point de l?obliger ? s?parer, cruellement et injustement, son identit? de ses paroles dans l?agora ?lectronique mondial. Inutile de rajouter que cette enclave ouvertement et sereinement fasciste surveille assid?ment Internet.

Mon amie, r?ceptionniste anonyme ? Toronto, capitale inconditionnelle du ?monde libre?, ne peut pas dire publiquement ce qu?elle pense, justement ? cause de cette enclave ouvertement et sereinement fasciste. Cette enclave ouvertement et sereinement fasciste, qui fleurit comme un cancer au sein de notre d?mocratie paradoxale et en fait une coquille vide sans port?e effective, sans substance r?elle, c?est l?entreprise.

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One comment

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    Dr Laurendeau votre non-anonymat honore, anonyme, contrairement à papitibi qui tenait mordicus à son anonymat afin d’en profiter pour faire de la cyberprédation.

    Notez que le blogue no.diffamation n’est pas un blogue anonyme. Le fondateur s’appeller Jean-Luc Massicotte et il permet aux gens de rédiger des billets dont moi Simon Picotte.

    Il serait ridicule de dénoncer un cyber prédateur anonyme sous l’anonymat.

    Un de vos admirateurs non anonyme,

    simon picotte