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Le commerce préhistorique (1)

Comme « outils archéologiques » il existe autre chose que les « pierres » et les « potiches ». Il existe une tendance de comportement humain qu’on appelle : « le commerce », datant peut-être, avant-même la « sapience » de l’homo, mais assurément depuis son apparition.

Le « commerce/troc » est aussi âgé que l’existence des « homos sapiens » (et peut-être avant). Notons que l’homme de Néandertal, originaire de la région d’Israël il y a 100,000 ans, était « sapiens ».

Personne ne sait à quelle époque le premier « troc » fut perpétré. Probablement qu’il advint lors de la toute première rencontre entre deux individus; ce qui nous ramène très loin dans la préhistoire; longtemps avant même la montée des niveaux océaniques débutée vers -14,000 av J.C. et terminée vers -9600 av J.C.

À partir de -12,650 av J.C. une accélération de la hausse des niveaux océaniques avait gagné 16 mètres en 350 ans. Mais la montée graduelle des eaux ne cessa que vers -9600 av J.C. À ce moment-là la hausse totalisait plus de 120 mètres depuis le début (vers -14,000 av J.C.) et l’eau inondait dorénavant tous les plateaux continentaux de la planète qui, auparavant, étaient certainement habités par l’homme. Il est donc évident que le « troc » existait déjà sur ces plateaux continentaux océaniques avant leur immersion.

Nous ne savons rien sur les populations disparues de ces plateaux continentaux. Sauf qu’ils ont dû se réfugier sur les « hautes terres »; ce qui est indiqué par une hausse générale « culturelle » et « technologique » vers -9,000 av J.C., incluant l’apparition de l’agriculture. Conséquemment, les populations de ces plateaux océaniques étaient plus « évolués » que les habitants des « hautes terres » et, fort probablement, pratiquaient déjà l’agriculture. Par contre, leur condition de vie dû régresser sérieusement à cause du cataclisme océanique.

Un seul endroit fut épargné de l’inondation générale : le plateau continental de la Mer Noire. Les eaux océaniques haussières y furent bloquées par le barrage naturel du Bosphore qui ne « défonça » qu’en –5600 av J.C.

Mais qu’en est-il de l’apparition d’un véritable système économique structuré, basé sur le « troc »?

Encore une fois, nous revenons à des temps immémoriaux, à une époque où l’obsidienne régnait sur l’économie. Remarquons que ce système économique du « troc » a perduré jusqu’au XIX siècle avec la traite des fourrures qui n’a jamais été autre chose qu’un commerce de « troc »; qu’il fusse fait par les Français, les Anglais sur le continent, ou même par les Russes sur la côte du Pacifique.

L’obsidienne est une roche volcanique vitreuse de couleur grise, verte foncé, rouge ou noire. C’est donc dire qu’une fois polie, cette pierre donne de très beaux reflets. Mais, à l’époque de la préhistoire, c’est surtout sa dureté et sa facilité d’être taillée pour en faire des lames, qui mousse son utilisation. Du fait que l’obsidienne ne se trouve pas partout, ceux qui en possèdent dans leur région la « troquent » pour obtenir ce qui leur manque pour survivre.

Déjà, vers -9000 av J.C., on trouve de l’obsidienne dans des endroits où elle est absente naturellement. C’est donc qu’on l’aurait « troquée » en échange de denrées « spécifiques » existant dans ces régions. C’est ce qui s’appelle : du « Commerce ».

Les « producteurs » d’obsidienne ne furent pas longs à établir des lieux de rencontre « prédéfinis » pour « troquer » leur marchandise. Autrement dit : ils mirent sur pied un « système commercial » appuyé par des « centres de troc ». Et comme l’élevage et l’agriculture n’était pas encore adoptée, ces « centres de troc » évoluèrent en agglomérations importantes et, par la suite, en villes avant même l’avènement de l’agriculture. Ce fut le cas de Jéricho vers -9000 av J.C. et de plusieurs autres sites de la même époque.

En revanche cela ne pourrait qu’être une « apparence » historique, puisqu’on ne sait pas ce qui existait auparavant sur les plateaux continentaux qui venaient d’être inondés à cause de la fonte des glaciers. Une chose est cependant certaine, le degré évolutif de ces « réfugiés » était supérieur à celui des habitants des « hautes terres »; sinon l’essor « culturel » et « technologique » n’en serait pas perceptible archéologiquement.

Le marché de l’obsidienne est donc responsable du plus ancien système commercial « stable » connu chez les humains. Et il est beaucoup plus ancien que l’apparition « officielle » de l’agriculture et de l’élevage.

L’obsidienne fut employée comme lame tranchante bien avant le Néolithique (pierre polie) qui apparait en premier, dans le Croissant fertile de Mésopotamie vers -8,500 av J.C.; mais ce fut son « polissage » qui fit remarquer la beauté des reflets de cette pierre; et la « demande » s’intensifia encore plus au Néolithique, à travers tout le réseau commercial de l’époque.

Il est à noter que le Néolithique n’est pas vraiment l’avènement de la « pierre polie » mais plutôt l’avènement de la sédentarisation humaine. C’est-à-dire que les hommes ne se regroupaient plus, comme auparavant, seulement pour assurer leur sécurité par le nombre contre l’invasion graduelle des immigrants venant des plateaux océaniques, mais dorénavant pour assurer leur subsistance au moyen de l’élevage et de l’agriculture. Cela nous indique également une possibilité que les immigrants étaient déjà « sédentaires » avant l’abandon obligatoire de leur région.

Ce qui fait du Néolithique, le premier pas « reconnaissable » des humains vers ce que nous appelons : « la civilisation ».

Mais, encore là, les hommes d’avant cette « civilisation » n’étaient pas plus « sauvages » ou « barbares » que ceux qui se disaient « civilisés ». La différence n’était qu’au niveau de leur organisation sociale. Les « civilisés » vivaient dans les villes « emmurées », tandis que les « non-civilisés » vivaient ailleurs, dans des villages sans fortifications, ou étaient simplement « nomades ». De sorte que les individus des deux groupes n’étaient pas moins « barbares » les uns que les autres.

En fait, l’histoire nous démontre que plus un groupe est nombreux, donc puissant, plus son comportement est insensé, cruel donc « barbare » comme nous l’entendons de nos jours. Ce qui n’améliore certainement pas le statut d’un « civilisé ». Cependant, à l’époque dont nous parlons, le mot « barbare » n’avait pas du tout la même signification « négative » qu’aujourd’hui. Les concepts derrière les mots changent avec le temps.

Le Croissant fertile, en Mésopotamie, est le centre initial de la civilisation. C’est là qu’un système social « étatisé » apparut pour la première fois. Curieusement, ce système « étatisé » n’était pas composé d’un seul « État » mais d’un ensemble de Cité-états indépendants dont l’intérêt commun reposait sur un système commercial unifié que l’on peut même qualifier « d’international ».

C’est cet intérêt commercial généralisé qui fit apparaître la première civilisation de l’humanité : la civilisation sumérienne.

Les Sumériens sont remarquables à plus d’un égard; mais leur plus grand mystère reste toujours leur « langue ».

Le langage sumérien est un isolat linguistique, c’est-à-dire qu’il n’a jamais pu être, jusqu’à aujourd’hui, rattaché à une famille de langues connues. Notons que pour qu’un « isolat linguistique » puisse exister, il faut, nécessairement, que le peuple qui utilise cette langue, soit « isolé ».

Le sumérien est la plus ancienne langue écrite sous la forme appelée : le cunéiforme. C’est donc la plus ancienne langue dont nous ayons connaissance. Mais on ne parvient pas à trouver d’où cette langue fut originaire.

C’est ce à quoi nous nous attaquerons au prochain article.

Peut-être qu’éventuellement, trouverons-nous où cette langue sumérienne a pu se développer en isolement complet du reste de l’humanité?

André Lefebvre

 

Auteur de:

L’Histoire… de l’univers

Les Hommes d’avant le Déluge (Trilogie – Tome 1:  La Science Secrète)

Les Hommes d’avant le Déluge (Trilogie – Tome 2: Le Mystère Sumérien

Le tout dernier livre, paru en novembre 2016 (version gratuite):

Histoire de ma nation

Tous mes livres sont offerts GRATUITEMENT chez:

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