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L’Aude à son tour atteinte par la « maladie de l’olivier »

Depuis 2015, la bactérie « tueuse » qui ravage les oliveraies d’Italie du sud a progressivement infecté toute la Corse. En 2019, elle a fait son apparition en région Provence-Alpes-Côte d’Azur, d’abord dans le secteur de Menton, puis dans divers autres lieux. Une troisième région est désormais touchée : l’Occitanie où plusieurs foyers de contamination ont été découverts dans le département de l’Aude

C’est en 2013 que Xylella fastidiosa – nom scientifique de la bactérie « tueuse de l’olivier » – a été identifiée pour la première fois en Europe. En l’occurrence au sud de l’Italie, dans la région des Pouilles, où elle est arrivée par l’intermédiaire de plantes importées dès 2008 du Costa Rica, un pays où cette bactérie est endémique. Une origine qui n’est plus une présomption, mais une certitude établie par les scientifiques après analyse comparée des génomes.

Disséminée d’arbre en arbre par un insecte – soit la cicadelle, soit la philène spumeuse, les avis divergent sur ce point –, Xylella fastidiosa a d’ores et déjà causé, et continue de causer malgré les mesures drastiques de lutte contre la propagation, d’énormes dégâts en Italie méridionale, non seulement dans les oliveraies, mais également dans les plantations de fruits et d’agrumes. Des milliers d’hectares et des millions d’arbres ont, par desséchement, été ravagés par cette redoutable infection qui, d’ores et déjà, a entraîné la perte de nombreuses plantations ancestrales et gravement mis à mal l’économie locale.

L’Italie n’est pas le seul pays touché. Après la péninsule transalpine, c’est l’Espagne qui, depuis 2016, doit faire face à des contaminations par Xylella fastidiosa, notamment aux Baléares, mais également dans la province d’Alicante. Une différence toutefois : ce n’est pas la sous-espèce pauca qui sévit dans ce pays comme en Italie, mais la sous-espèce multiplex. Pour être réputée moins redoutable, celle-ci n’en a pas moins touché des oliviers, des amandiers, des figuiers, des noyers, des mimosas, des lauriers-roses et des lavandes. Quelques cas ont également été constatés au Portugal.

En France, c’est tout d’abord en Corse qu’est apparue Xylella fastidiosa, là aussi sous sa forme multiplex. En PACA, c’est dans les Alpes-Maritimes et le Var qu’ont été détectés des foyers infectieux, principalement dans les zones urbaines. 25 communes de ces deux départements seraient actuellement concernées. Chose curieuse : alors que la souche détectée à Menton était signée pauca, toutes les autres étaient identifiées multiplex. À ce jour, grâce à des mesures drastiques de prévention et d’éradication des végétaux infectés, la prolifération de Xylella fastidiosa semble contrôlée.

Dès lors, comment est arrivée la bactérie en septembre 2020 à Trèbes, dans l’Aude ? Nul ne le sait. Mais cette découverte ne manque pas d’inquiéter : pour la première fois dans notre pays, c’est dans une pépinière, lors d’une inspection de routine, que la sous-espèce multiplex a été détectée sur trois plants de lavandin. Quelques jours plus tard, tous les végétaux de cette pépinière sensibles la bactérie ont été détruits, et un périmètre de sûreté de 2,5 km a été établi autour du lieu de contamination pour prévenir la dissémination.

Cela n’a manifestement pas suffi : à ce jour, 23 foyers de contamination ont été détectés dans 5 communes de l’Aude, principalement autour de Trèbes et de Capendu où le climat s’est nettement tendu dans les populations agricoles. Bien que, sans être inoffensive, elle soit réputée moins menaçante pour les oliviers que Xylella fastidiosa pauca, la sous-espèce multiplex met en effet en danger des dizaines d’espèces végétales, et tout particulièrement les différentes variétés de prunus (abricotiers, amandiers, cerisiers, pêchers, pruniers) ainsi que les lavandes qui comptent parmi les principales ressources agricoles locales.

Par chance pour les viticulteurs et les producteurs de raisin, cette bactérie « tueuse » n’attaque pas la vigne, omniprésente dans différents terroirs d’Occitanie. Mais si ces professionnels peuvent être rassurés, tel n’est pas le cas de leurs collègues arboriculteurs et pépiniéristes chez qui l’inquiétude ne cesse de monter. Leur sentiment est clairement de vivre désormais avec une épée de Damoclès sur la tête.

Précédents articles sur le sujet :

Maladie de l’olivier : la bactérie tueuse gagne du terrain (septembre 2017)

A propos de Fergus

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Autodidacte retraité au terme d'une carrière qui m'a vu exercer des métiers très différents allant d'informaticien à responsable de formation, je vis à Dinan (Côtes d'Armor). Depuis toujours, je suis un observateur (et de temps à autre un modeste acteur) de la vie politique et sociale de mon pays. Je n'ai toutefois jamais appartenu à une quelconque chapelle politique ou syndicale, préférant le rôle d'électron libre. Ancien membre d'Amnesty International. Sur le plan sportif, j'ai encadré durant de longues années des jeunes footballeurs en région parisienne. Grand amateur de randonnée pédestre, et occasionnellement de ski (fond et alpin), j'ai également pratiqué le football durant... 32 ans au poste de gardien de but. J'aime la lecture et j'écoute chaque jour au moins une heure de musique, avec une prédilection pour le classique. Peintre amateur occasionnel, j'ai moi-même réalisé mon avatar.

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