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L’agonie tourment?e du progr?s

 

Fethi GHARBI

L?homme moderne est l?esclave de la modernit??: il n?est point de progr?s qui ne tourne pas ? sa plus compl?te servitude

Paul Val?ry

La crise ? laquelle nous faisons face aujourd?hui est au-del? de sa composante ?conomique une crise de civilisation. En effet, depuis quelques ann?es le capitalisme semble engager un combat insens?. La crise financi?re de 2008 a constitu? la preuve irr?futable que cette divinit? factice appel?e capital ?tait dans l?incapacit? de se reproduire automatiquement et de cr?er de la valeur par elle-m?me . Si la plupart des ?conomistes s?accordent sur le fait que le syst?me s?est totalement gripp? depuis les ann?es soixante dix, certains consid?rent que la financiarisation de l??conomie ne constitue qu?un combat d?arri?re garde, un palliatif servant ? prolonger artificiellement la vie d?un mode de production en compl?te d?composition. Cependant, un bon nombre de penseurs voient le ph?nom?ne sous un autre angle. Pour eux la g?n?ralisation de la sp?culation financi?re constitue un syst?me subtil de transfert massif du capital par le biais de la dette. Dans l?incapacit? de se reproduire, le capital joue son va-tout et lance un hold-up ? l??chelle mondiale pour s?accaparer de l?ensemble des biens publics et priv?s. C?est cette fuite en avant qui depuis deux d?cennies plonge l?hyperclasse dans une paraphr?nie fantastique, un d?lire m?galomaniaque fait d?obsession accumulatrice et de tentation totalitaire.

Voila que le syst?me s?affole de nouveau. Des relents fascistes emplissent de plus en plus l?atmosph?re et nous replongent dans le cauchemar des ann?es trente. Voila qu?encore une fois un avatar de l?utopisme totalitaire n? des Lumi?res envahit la plan?te. A l?image du jacobinisme ou encore du nazisme, le n?oconservatisme s?inscrit dans une pens?e chiliaste. il se croit?ainsi investi d?une mission universelle qui assurera ? l?humanit? paix et prosp?rit? au terme d?une bataille apocalyptique contre les forces du mal. Presque tous les philosophes de l?histoire du 19?me si?cle ont succomb? au charme de cette marche triomphaliste de l?histoire sous la f?rule de l?homme blanc. Marx et Engels se sont laiss? prendre eux aussi au pi?ge?de la mission civilisatrice d?un Occident imp?rialiste, consid?rant que le colonialisme permettait aux soci?t?s pr?capitalistes de sortir de leur inertie et de rejoindre l?histoire. On ne peut qu??tre scandalis? par la teneur des ?crits d?Engels ? propos de la guerre coloniale men?e contre l?Alg?rie de l??mir Abdelkader. Son discours n?avait rien ? envier aux th?ses racistes d?un Gobineau. Il faut cependant rendre justice ? Marx qui ? la fin de sa vie a compl?tement chang? de point de vue et s?est ?lev? contre la barbarie du colonialisme. Toutefois, cette pr?tention ? vouloir r?aliser la fin de l?Histoire dans l?Histoire en en for?ant le sens, a pris des formes terrifiantes et a produit les pires des totalitarismes tout au long du XX?me si?cle. Le rationalisme n? des Lumi?res, en substituant la transcendance de la raison ? la transcendance du divin, a fini par ?difier ? son tour sa propre ?glise. Nietzsche fustigeait d?j? toutes ces ??religions de substitution?? que sont le culte de l??tat, l?adoration de l?Histoire et la religion de la science. D?livr? du joug de l??glise, le sujet au lieu de se lib?rer tombe dans l?auto-adoration avec ses diff?rentes manifestations?: individualiste, anthropocentriste, nationaliste et ethnocentriste. C?est cet ?go d?mesur? s?appuyant sur une avanc?e technique de l?Europe qui alimentera toutes les formes de spoliations, d?exactions et de m?pris exerc?s contre le reste de l?humanit? et qui atteint aujourd?hui son stade paroxystique. La pens?e europ?enne reste domin?e dans toutes ses nuances par ce rationalisme subjectif et ?gocentr?. L?authenticit? allemande si ch?re ? Thomas Mann ou ? Oswald Spengler et la modernit? conqu?rante romane et anglo-saxonne ?taient malgr? leur divergences prises dans le tourbillon de cette m?me auto-adoration. Il est ? remarquer cependant que la th?matique de ??l?authenticit? totalement disparue pendant la guerre froide refait aujourd?hui surface m?me dans des pays ? tradition universaliste tels que la France. Elle ne cesse de se propager en r?action ? l?agressivit? du mondialisme unipolaire anglo-saxon.

Ayant conquis son statut d?miurgique, l?homme blanc guidera et s?il le faut tra?nera les humains vers cette fin heureuse et s?cularis?e de l?histoire. C?est le mythe du progr?s, ?rig? en dogme, qui va constituer le moteur de ce mouvement lin?aire de l?histoire. Pierre angulaire de l??difice de la modernit?, le progr?s entame une chevauch?e ?perdue, ? la poursuite d?un futur plein de promesses mais irr?m?diablement insaisissable. Or ce mirage enivrant n?est en r?alit? que la figure euph?mique de ??la croissance ? l?infini?? n?cessaire ? la survie de l??conomie de march?. C?est bien cette confusion de sens qui a servi ? positiver l?aspect purement cumulatif de la croissance. Plus on s?enfonce dans le mode de production capitaliste, plus progr?s et croissance s?imbriquent de telle sorte qu?on a fini par confondre totalement l?aspect qualitatif de l?un et celui quantitatif de l?autre. S?inspirant de l?eschatologie religieuse, l?eschatologie s?culi?re n?e des Lumi?res assimile sa fuite en avant sur la ligne du temps ? une ?l?vation spirituelle. Le mythe du progr?s, en octroyant ? l?accroissement des produits une signification quasi-spirituelle constituera la plus grande mystification de l?histoire moderne. La f?tichisation de la marchandise et du capital seront la cons?quence directe de cette perversion et serviront principalement ? ?luder les rapports de production. ?tre magique, m?diateur entre le capital investi et le capital reproduit, la marchandise se trouve ainsi ?lev?e au rang de divinit? au pieds de laquelle se prosterne toute une soci?t? de consommateurs idol?tres en manque, hypnotis?s par le roucoulement de la publicit? et les leurres de la mode. Le consum?risme, une religion sans transcendance, s?empare du monde et fera les beaux jours d?un productivisme effr?n?, g?n?rateur de plus-value. Telle est la perversion initi?e par le mythe du progr?s . C?est sans doute la premi?re fois dans l?histoire que l?obsession de croissance fait que la production cr?e les besoins et non l?inverse.

Le mythe de la croissance exponentielle, un non sens qui ne cesse de d?sorienter l?humanit? depuis deux si?cles est en compl?te contradiction avec l?ordre immuable de la nature o? toute croissance est suivie de d?clin. C?est ce mouvement cyclique assurant ? la fois l??quilibre et la r?g?n?ration du vivant qui a toujours guid? la sagesse des civilisations anciennes . Or la fureur productiviste dont le parcours endiabl? s?accompagne r?guli?rement de crises de surproduction ne cesse de pousser les nations vers les conflits les plus meurtriers de l?histoire. La derni?re crise ne semble pas d?roger ? la r?gle.

En v?rit?, la crise financi?re de 2008 a ?t? plut?t celle de la politique n?olib?rale venue au secours de la crise de l??conomie r?elle de la fin des ann?es soixante dix. A cette ?poque, pour lutter contre la d?gradation des conditions de profitabilit? du capital, la solution a ?t? d?intensifier la productivit? du travail, tout en freinant voire en bloquant la croissance des salaires r?els. En temps de crise, c?est toujours?!e recours le plus courant pour maintenir ? flot le taux de la plus-value. Une strat?gie de d?mobilisation des travailleurs a alors ?t? mise en ?uvre. La hausse du ch?mage , ? quoi s?est ajout? le d?veloppement du travail pr?caire et contractuel en brisant les solidarit?s auront d?finitivement affaibli la combativit? des travailleurs. Mais cette mise en concurrence des salari?s atteindra son comble lorsqu?elle s?internationalise gr?ce ? la libre circulation du capital. Ainsi, dress?s les uns contre les autres, les pays du centre et ceux de la p?riph?rie se lancent dans la course au moins disant salarial, fiscal et ?cologique au profit des banques et des transnationales. Les profits ainsi amass?s, faute de pouvoir se transformer en capital productif s?orienteront vers la p?riph?rie ouvrant de nouveaux march?s dans les pays dits <<?mergents>>. On assiste en parall?le au d?veloppant d?une industrie de luxe destin?e ? satisfaire une classe privil?gi?e de plus en plus cossue et en mesure de dilapider une partie de la plus-value qu?elle ne peut investir. Mais l?ultime recours de cette politique n?olib?rale aura ?t? le d?veloppement de la sp?culation financi?re. La plus-value non d?pens?e tentera alors de se valoriser sous forme de capital fictif. Il s?agit tout simplement de parier sur les variations de la valeur de produits financiers tels que les titres de cr?dit ou de propri?t?s, les actions, la monnaie, etc. Cela aboutit ? la formation d?une accumulation de?capital purement fictifcompos? de produits d?riv?s de plus en plus sophistiqu?s et dont la valeur fictive se gonfle au gr? d?anticipations souvent d?lirantes. Aujourd?hui ces transactions sur les march?s financiers sont colossales et leur volume est plus de vingt fois sup?rieur au PIB mondial. Cette expansion vertigineuse n?est pas comme on a souvent tendance ? le croire seulement le fait d?organismes bancaires mais aussi des multinationales dont 40% des profits proviennent de ce type de transactions.

La d?r?gulation financi?re impuls?e par les ?tats-Unis et leurs vassaux europ?ens ? la faveur de l?OMC, mais aussi ? la faveur des machiav?liques ??plans d?ajustement structurels?? du FMI et de la Banque Mondiale ? permis en d?finitive de concentrer le capital entre les mains d?une ploutocratie mondiale organis?e en oligopoles. G?ants bancaires, g?ants de l?industrie et g?ants de la distribution travaillent souvent en bonne entente et pr?f?rent parier sur des produits d?riv?s au grand casino des places financi?res au lieu d? investir dans l??conomie r?elle. La crise actuelle montre cependant que l?enjeu politique majeur du n?olib?ralisme est celui de la dette?; celle-ci a envahi depuis un quart de si?cle tous les recoins de la plan?te. Des sommes ?normes sont transf?r?es des d?biteurs aux cr?diteurs ? travers le m?canisme d?accumulation des int?r?ts. A titre d?exemple, la dette des pays du Sud est pass? de 70?milliards de dollars en 1970 ? 3545?milliards en 2009. Ces pays avaient pourtant rembours? l??quivalent de cent dix fois ce qu?ils devaient initialement. En Europe, le Trait? de Maastricht, interdisant aux Banques centrales d?accorder tout type de cr?dit ? leurs propres ?tats, offre par la m?me occasion ce privil?ge aux banques priv?es. Celles-ci r?troc?dent ces m?mes cr?dits aux tr?sors publics ? des taux beaucoup plus ?lev?s. C?est ? partir de ce moment l? que le surendettement public entame son escalade vertigineuse partout dans les pays de l?UE. En France, la dette publique avoisine les 2000 milliards d?euros, ce qui repr?sente plus de 90% du PIB alors qu?en 1978 elle atteignait ? peine 20% de ce m?me PIB. L?objectif de cette financiarisation m?thodique de l??conomie est tout simplement le d?mant?lement syst?matique du secteur public que ce soit dans les pays du centre ou dans ceux de la p?riph?rie. La classe politique complice, ?trangl?e par la dette et le service de la dette s?empresse de vendre ? ses cr?anciers les biens publics tout en appliquant une politique d?aust?rit? jetant ? la rue des millions de ch?meurs. Mais ce capitalisme usuraire ne se limite pas ? vampiriser les ?tats. Assoiff? de profit mais cherchant en m?me temps ? stimuler la consommation, il en vient ? oublier toute prudence en pr?tant ? des salari?s d?munis l?argent qu?il a refus? de leur avancer sous forme de salaires. La crise des pr?ts hypoth?caires?subprimes?a certes ?branl? le syst?me mais elle est loin de l?avoir d?sar?onn?. La marche en rangs serr?s de cette arm?e d?usuriers d?daigne aujourd?hui de s?engraisser uniquement en exploitant le travail imm?diat, elle pr?f?re hypoth?quer l?avenir en s?appropriant le futur des peuples et des hommes accabl?s et culpabilis?s par l?accumulation des int?r?ts de la dette. Victime lui-m?me de l?illusion qu?il n?a cess? d?entretenir, le capital en position de quasi-monopole se met ? croire en son autogamie. De moins en moins productif, il ne vit qu?en parasitant une ?conomie r?elle qui n?arr?te pas de se d?sagr?ger. L? illusion de la profitabilit? crue vient de supplanter le mythe du progr?s, cette autre illusion de la croissance exponentielle propre au capitalisme productif. Toutes ces pratiques usuraires ?rig?es en syst?me constituent-elles simplement une fuite en avant d?un capitalisme aux abois ou alors sont-elles les pr?misses d?une strat?gie concert?e visant l?appropriation du monde par une minorit? de ploutocrates avares et avides de pouvoir absolu??

Si on jette un regard r?trospectif sur la fin du XIX?me si?cle on s??tonne des similitudes que cette ?poque avait avec la notre. La ritournelle mondialiste qui n?arr?te pas d?agresser nos sens n?est en r?alit? que la r?plique d?une vieille chanson de ces temps r?volus. Tout en fredonnant paix et prosp?rit? universelle, elle rythmait la marche des bidasses en route vers les colonies. Seuls les carnages de la premi?re guerre mondiale ont su la faire taire. Guerre imp?rialiste par excellence, celle-ci a permis d?effacer les deux vieux empires ottoman et austro-hongrois et de les offrir d?coup?s en petits morceaux aux empires coloniaux. Pendant la deuxi?me guerre mondiale le rouleau compresseur mondialiste n?a pas r?ussi malgr? l?aide pr?cieuse apport?e par l?Allemagne nazie ? effacer l?Union Sovi?tique. N?anmoins cela a permis quand m?me l?implosion des empires coloniaux fran?ais et britannique. Il a fallu patienter encore quelques d?cennies pour qu?une fois son dernier rival ?limin? apparaisse enfin dans toute sa magnificence l?empire unipolaire. Le mondialisme n?olib?ral n?est donc pas un incident de parcours mais l?aboutissement sinon la continuation d?une logique implacable suivie ? la lettre depuis le 19?me si?cle mais initi?e depuis le si?cle des ??lumi?res??.

Rien n?arr?te le progr?s qui, imperturbable, poursuit sa qu?te m?me si des proph?tes de l?envergure de Francis Fukuyama nous ont annonc? depuis quelques ann?es d?j? le ??happy end?? de l?histoire. Une fois les empires d?faits, Il s?agit maintenant de parachever la dislocation ou alors l?homog?n?isation du monde en s?attaquant aux Etats-nations. A l?Union Europ?enne, on applique la m?thode de la mort douce au moyen du surendettement public, provoquant ainsi la faillite des ?tats et la destruction du tissu social. Si la Gr?ce ouvre la marche, un nombre de plus en plus grandissant de pays de la communaut? europ?enne sont en train de lui embo?ter le pas. En Europe de l?Est, la main de l?Empire a ?t? un peu plus lourde lorsqu?il s?est agi de d?manteler la Yougoslavie que les accords de Dayton de 1995 ont fini par morceler en six nouveaux Etats. La tentative de d?stabilisation de la Russie par la mise en sc?ne des r?volutions color?es n?a cependant pas eu l?effet escompt?.

Dans le monde arabe et islamique, on aura recours ? une recette qui de tout temps a prouv? son efficacit??: l?instrumentalisation syst?matique du religieux ou pour ?tre plus pr?cis du fanatisme religieux. Les britanniques bien avant leurs h?ritiers ?tasuniens sont pass?s ma?tres dans l?art de la manipulation. C?est bien en jouant sur le fanatisme sioniste qu?ils ont r?ussi ? implanter cette entit? isra?lienne en plein c?ur du monde arabe. Ce sont eux aussi qui de peur des vell?it?s nationalistes arabes du Ch?rif de la Mecque ont choisi d?installer les Saoud et les wahhabites ? la t?te de l?Arabie. Depuis, voil? maintenant pr?s d?un si?cle, britanniques et ?tasuniens n?ont eu aucun souci ? contr?ler les gisements de p?trole et de gaz de la r?gion. L?islam politique qui depuis la fin de la premi?re guerre mondiale r?ve du retour du Califat s?est toujours dress? contre tout courant politique nationaliste arabe ou de sensibilit? socialiste. Une aubaine pour l?Empire qui va exploiter ? fond la na?vet? des wahhabites et des fr?res musulmans pour d?stabiliser les r?gimes baasistes et nass?ristes et stopper l?activit? des mouvements de gauche au sein du monde arabe. A partir des ann?es 70, l?enseignement puis l?instrumentalisation d?un islam radical est devenue syst?matique partout dans le monde arabo-islamique gr?ce aux deniers saoudiens et ? la diabolisation de l?URSS qui n?a pas manqu? de tomber dans le pi?ge afghan finement dress? par la CIA. La figure embl?matique des ??moudjahidines?? afghans mais surtout arabes d?fendant l?islam face aux m?cr?ants communistes est glorifi?e par tous les m?dias occidentaux et arabes. Tout un montage m?diatique usant des proc?d?s th??traux de l?identification vont servir ? galvaniser les foules enflamm?es de jeunes islamistes pr?ts ? mourir pour l?Afghanistan. Apr?s l?implosion de l?Union Sovi?tique l?empire allait disposer d?un corps de combattants fanatis?s, une n?buleuse islamiste mall?able et manipulable ? souhait qu?il s?empressa d?utiliser en Bosnie et en Tch?tch?nie. Mais le djihad va progressivement assumer un autre r?le, celui de la mise en ?uvre de la th?orie du ??choc des civilisations?? si ch?re aux n?oconservateurs. Par un jeu subtil d?identification/distanciation, on creuse encore plus profond?ment le foss? s?parant Occident et monde musulman. Actions terroristes par ci, d?nigrements du proph?te par l?, le tout surm?diatis? et le tour est jou?. L?Islam diabolis? vient ainsi remplir le vide laiss? par le p?ril rouge et redonner sa coh?sion ? un Occident en mal d?identit?. Voila que le d?cor est d?finitivement plant?. Il s?agit alors de partir en croisade contre ce mal plein de menaces. Le coup de?World Trad Center?tombe ? point nomm? pour sonner le d?part d?une campagne coloniale d?envergure digne du 19?me si?cle.

Dans cette mise en sc?ne du ??choc des civilisations?? Al-Qa?da assure le r?le d?opposant diabolique lorsqu?il s?agit de justifier des invasions comme celle de l?Afghanistan par exemple. Avec l?av?nement du ??printemps arabe?? les ??terroristes?? ont vite fait de troquer leurs habits d?antih?ros contre ceux de r?volutionnaires au service de la d?mocratie. Ils partent avec la b?n?diction d?El Karadhaoui et de Bernard Henri L?vy ? l?assaut des ??mauvaises dictatures??, n?h?sitant pas ? mettre ? feu et ? sang des pays comme la Libye et la Syrie ? le reste ne saura tarder. Ces r?les contradictoires et souvent concomitants prouvent que ces combattants ne sont que des ex?cutants agissant selon les besoins du moment de l?Empire unipolaire dans sa conqu?te pr?cipit?e du monde. Si le r?le de terroriste sert ? apeurer les peuples occidentaux et l?gitimer de la sorte les invasions, celui de r?volutionnaire de ??l?hiver arabe?? sert ? la destruction syst?matique des ?tats et du tissu social dans ces pays pris dans le tourbillon de toutes ces r?voltes imm?diatement r?cup?r?es. Aujourd?hui, il n?est plus besoin d?engager toute une arm?e de fantassins pour d?truire un pays comme ce fut le cas en Irak. Il est plus subtil et plus rentable d?appliquer une strat?gie d?autodestruction en montant les extr?mistes sunnites contre les nationalistes arabes, la gauche, les chiites, les alaouites, les coptes et le reste des minorit?s religieuses. L?objectif est d?instaurer un ?tat de guerre civile permanent s??tendant de l?Afrique du Nord au Golf. Luttes tribales mais aussi conflits religieux et ethniques finiront bien par d?composer et somaliser l?ensemble du monde arabe. Les fr?res musulmans, bien structur?s et financ?s par les pays du Golf n?ont eu aucune peine ? se hisser au pouvoir en Tunisie et en ?gypte. Ils sont de plus en plus contest?s par la rue et les syndicats mais ?galement par une opposition majoritairement ultralib?rale et toute aussi compradore, l?che-bottes d?une modernit? occidentale ? l?agonie. Une fois au pouvoir, les islamistes ont vite oubli? leurs beaux discours rassembleurs et tentent par tous les moyens de reconstituer l?absolutisme des dictatures pr?c?dentes. Les couches pauvres de la populations de plus en plus mis?rables se sentant trahies se r?voltent alors que les islamistes, aplatis face ? l?Occident, sont somm?s de poursuivre la m?me politique n?olib?rale d?brid?e et de se soumettre aux injonctions de la Banque Mondiale. Alli?s objectifs de l?Empire, ils n?h?sitent pas ? soutenir sa politique d?vastatrice au Proche Orient et en Syrie plus particuli?rement. Leur attitude sans cesse provocatrice et agressive ? l??gard de tous ceux qui s?opposent ? eux dans les pays o? ils exercent le pouvoir n?arr?te pas de faire monter dangereusement la pression et d?instaurer un climat de d?sordre permanent laissant planer le doute quant ? leurs v?ritables intentions?

Cependant, cette instrumentalisation de l?extr?misme religieux lorsqu?elle embrasse une ?tendue g?ographique allant du Maroc jusqu?au Tatarstan au c?ur m?me de la f?d?ration de Russie, elle se transforme tout simplement en arme d?autodestruction massive. Circonscrit au Caucase du Nord, le djihadisme, commence ? s??tendre ? d?autres r?gions de la f?d?ration. Il y a quelques jours, La police russe a arr?t? ? Moscou six membres du parti Hizb al-Tahrir al-Islami. Accus?s de pros?lytisme radical dans plusieurs mosqu?es de la capitale, ces derniers ?taient en possession d?armes et d?une grosse somme d?argent. Fin ao?t, au Daguestan, le cheikh Sa?d Afandi Atsaev, pilier de la confr?rie soufie des Naqshabandi a ?t? tu? avec six autres personnes par une femme kamikaze. Le 19 juillet dernier, ? Kazan, deux leaders musulmans mod?r?s ont ?t? victimes d?une double attaque revendiqu?e sur YouTube par un certain Marat Khalimov, ?mir des moudjahidins du Tatarstan. Il semble que l?effet domino si cher aux n?oconservateurs a commenc? ? porter ses fruits apr?s tant d?ann?es de pr?paration. La m?che allum?e en Tunisie et en Egypte, apr?s avoir embras? la Libye et la Syrie fait saliver l?Empire qui r?ve d??tendre l?incendie ? l?Asie centrale, ? l?Oural et jusqu?au Xinjiang chinois. Zbigniew Brzezinski, dans son livre ??Le Grand ?chiquier?? n?affirme-t-il pas que celui qui tiendrait l?Eurasie serait le ma?tre du monde?pour ajouter ensuite que les ?tats-Unis doivent veiller au respect l?gitime de la primaut? am?ricaine sur cette Eurasie. Tout est dit?

Les islamistes qui en incendiant leurs propres pays contribuent sans h?siter ? la r?alisation de ce nouvel ?ge de l?apr?s nationalisme sont-ils assez niais pour croire que cet empire unipolaire va leur permettre de restaurer le califat?? Comptent-ils sur les protestants ?vang?liques et sur les n?oconservateurs pour les aider ? r?unifier le monde islamique?? Faut-il rappeler ? ceux qui l?ont oubli? ce qui est arriv? aux ??ikhwan?? wahhabites, massacr?s par les britanniques et les Saoud une fois leur mission remplie?! Cependant l?instrumentalisation du religieux ne concerne pas que l?islam radical. Il semble en effet que les anciens masques id?ologiques (civilisateur, humanitaire, d?mocratique) sont irr?m?diablement tomb?s en d?su?tude. La manipulation des vieux d?mons des haines religieuses a beaucoup plus d?impact et forme l??cran id?al derri?re lequel s?op?re cette nouvelle vague colonialiste globalisante. Ce que nous vivons aujourd?hui, ce n?est nullement ??un choc des civilisations?? mais ??un pseudo-choc des fondamentalismes?? islamiste, sioniste et protestant ?vang?lique, tous alli?s objectifs de l?Empire en construction. Si les islamistes ont pour mission de d?truire les r?sistances et d?aplanir le terrain, ouvrant ainsi toutes grandes les portes de l?Eurasie aux envahisseurs, les sionistes juifs et chr?tiens contribuent quant ? eux financi?rement ? asseoir une gouvernance globale qui si l?on se tient aux divagations d?un Jacques Attali aurait pour capitale mondiale J?rusalem. Il semble que le mythe du progr?s en tant que mythe fondateur de l??conomie de march? s?est totalement effiloch? et qu?il n?est plus en mesure d?entretenir l?illusion de la croissance infinie. On pr?f?re aujourd?hui se r?fugier dans des mythes religieux qui privil?gient l??litisme obsessionnel propre au protestantisme et au sionisme. L?oligarchie ploutocratique consciente de l?incapacit? du capitalisme productif ? lui assurer une quelconque plus-value fait en sorte que les ?tats et les salari?s croulent sous le poids des dettes lui permettant ainsi de faire main basse sur l?essentiel des biens publics et priv?s. Depuis plusieurs d?cennies des groupes d?influence plus ou moins occultes pilotent discr?tement l??conomie mondiale(1). Le groupe Bilderberg, la commission Trilat?rale, le C.F.R ?tasunien, la Franc-ma?onnerie Internationale et les Illuminatis coop?rent en vue de parachever la formation de blocs continentaux d?barrass?s de leurs ?tats, n?cessaires ? la constitution d?une gouvernance mondiale. Le bloc Euro-Atlantique ayant ? sa t?te le couple germano-?tasunien tente d?int?grer Isra?l et les pays arabes tout en d?barrassant ces derniers de toute forme de r?sistance nationaliste et religieuse. Il s?agit d?affaiblir et de diviser ces soci?t?s pour leur imposer ensuite une sorte d?islam soft compatible avec les r?gles du mondialisme. C?est aux fr?res musulmans qu??choit cette lourde t?che qu?ils doivent imp?rativement mener ? bien. Apr?s le Vatican II catholique on tente d?imposer un ??Vatican II?? de l?Islam comme le pr?conise l?officier ?tasunien Ralph Peters. Ainsi les deux religions formeront avec le juda?sme une sorte de panth?isme inspir? des lois noachides (2). Cette uniformit? spirituelle permettra aux ??gentils??, une fois les hordes de Gog et Magog an?anties, d??tre pris sous l?aile du peuple ?lu dans le royaume de la fin des temps (3). C?est de cette mani?re que s?est tiss? progressivement cette toile d?araign?e id?ologique que l?empire exploite machiav?liquement pour parachever ses desseins totalitaires . Le projet sioniste-protestant de conqu?te de l?Eurasie s?emboite si parfaitement avec le messianisme sioniste et engage les peuples dans une folle confrontation aliment?e par les agissements de fanatiques de tout bord sponsoris?s par les tenants du mondialisme. Actions terroristes, exacerbation du communautarisme, luttes fratricides dans les pays arabes servent ? justifier des guerre pr?tendument d?fensives que m?ne l?empire du bien jud?o-chr?tien contre les forces du mal. L?offensive qui a commenc? avec le d?clenchement du ??printemps arabe?? culmine actuellement en Syrie. Mais ? la diff?rence de la Libye, ce pays constitue ce n?ud gordien que l?Occident se doit de trancher pour s?emparer de l?Eurasie face ? la Russie et ? la Chine r?solues ? s?opposer aux vis?es unipolaires du bloc Euro-atlantique. Cette contradiction insurmontable est en train d?entrainer imperturbablement le monde vers une quatri?me guerre mondiale. Ayant emport? les trois pr?c?dentes, l?Occident, s?r de sa bonne ?toile, semble ?tre tent? encore une fois par l?aventure. Les majorit?s silencieuses occidentales abus?s par une pr?tendue m?ga-identit? jud?o-chr?tienne, manipul?es par des minorit?s agissantes, n?ayant plus subi les affres de la guerre depuis 1945, sommeillent paisiblement, convaincus que ?a n?arrive qu?aux autres.

Il importe de rappeler que la Deuxi?me Guerre mondiale, partie d?Europe, a effac? d?un coup la puissante machine de guerre europ?enne et a amen? toutes les nations domin?es d?Asie et d?Afrique ? se rebeller et ? se lib?rer du joug colonial europ?en. Cette nouvelle crise n?ocoloniale prouve une fois de plus que le capitalisme occidental est incapable de se d?partir de sa nature pr?datrice, Sa cupidit? aveugle l?a pouss? ? se s?parer de ce qui a fait sa force et consacr? sa domination?: le travail. Aujourd?hui, il ne lui reste que ses tonnes de fausse monnaie et une armada juste bonne ? r?pandre la terreur et la d?solation ? travers la plan?te. Face ? une ?conomie asiatique en pleine expansion gr?ce ? l?appropriation du travail et ? la coop?ration qui unit de plus en plus les pays de ce continent, l?Occident, en poursuivant le projet chim?rique Sioniste-Euro-Atlantique s?enfonce dans la violence, ne r?coltant que de la violence. Le mal n? au 18?me si?cle, s??tant transform? en fl?au ? partir du 19?me, entre aujourd?hui en transe parano-m?galomaniaque. Nemrod, intraitable, n?en d?mord pas?:???Nous arrivons vers l??mergence d?une transformation globale. Tout ce dont nous avons besoin, c?est de LA CRISE MAJEURE et le peuple acceptera le nouvel ordre mondial???dixit David Rockefeller.

Fethi GHARBI

 

1)?http://www.conspirovniscience.com/bilder.php

2) Les 7 lois Noachides?:

d??tablir des tribunaux, de l?interdiction de blasph?mer, de l?interdiction de l?idol?trie, de l?interdiction desunions illicites, de l?interdiction de l?assassinat, de l?interdiction du?vol, de l?interdiction de manger la chair arrach?e ? un animal vivant.

Selon le?juda?sme, tout non-Juif vivant en accord avec ces sept lois est consid?r? comme un Gentil Vertueux et a, par l?observance de ces lois, sa part au?monde ? venir. Les adh?rents ? ces lois sont souvent appel?s B?nei Noah (Enfants de No?) ou Noahides, et peuvent souvent se retrouver dans dessynagogues?juives.

Il est int?ressant de savoir qu?en 1991, le congr?s am?ricain a vot? la loi 102-14 consacrant ces lois noachides sorties tout droit du Talmud de Babylone et non de l?ancien testament . Il importe cependant de pr?ciser que dans la religion h?bra?que les croyants en J?sus sont consid?r?s comme des idol?tres.

3) Appr?ciez les ?lucubrations messianiques sionistes qui pullulent sur la toile, ils parait que ces ex?g?tes sont en mesure de nous fournir une carte g?ographique pr?cise situant Gog et Magog, m?me si celle-ci sent un peu le gaz et le p?trole. Tr?s instructif?:

http://messianique.forumpro.fr/t809-la-bataille-de-gog-et-magog-apres-le-millenium

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