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LA TUNISIE DE L’APRES BEN ALI

Image Flickr par mathew.fisher

Les ?v?nements qu?a connus la Tunisie ces derniers jours ne cessent de soulever les commentaires les plus divers. Pour certains il s?agit l? de la premi?re r?volution dans un pays arabe, pour d?autres c?est un MAI 68 maghr?bin susceptible de servir d?exemple aux r?gimes voisins voire ? plusieurs autres ?tats arabes. Mais ne faut-il pas d?abord attendre la suite des ?v?nements avant de se lancer trop h?tivement dans l?analyse et la port?e d?une conjoncture aux d?veloppements encore incertains??

L?Egypte a connu plusieurs fois des manifestations de rue aussi? sanglantes et beaucoup plus importantes et pourtant le pr?sident Moubarak ne s?est pas enfui comme Ben Ali. Casablanca a v?cu dans les ann?es soixante de chaudes journ?es d??meutes. Cela n?avait pas? chang? pour autant le destin du r?gime marocain.

Plus r?cemment encore en Alg?rie des manifestations succ?dent les unes aux autres. Elles ont les m?mes causes et les m?mes motivations que celles de la Tunisie, ? savoir la dictature de dirigeants impopulaires, la chert? de la vie, la corruption et les d?tournements des richesses nationales au profit d?une minorit? de malfrats. Et pourtant Bouteflika et ses g?n?raux sont? toujours l?.

Si le pr?sident Ben Ali est tomb? c?est qu?il a ?t? l?ch? par les hommes forts de son arm?e. Les militaires qui n?ont rien entrepris pour mater l?insurrection ont du certainement conseiller pour ne pas dire imposer au pr?sident de partir…Leurs services de renseignement ne devaient pas certes ignorer? le degr? d?impopularit? atteint ces derniers temps par le chef de l?Etat et toutes les rumeurs qui circulaient parmi les intellectuels et les jeunes au sujet des malversations commises par la premi?re dame de la Tunisie et les membres de la? famille Trabelsi.

QUEL AVENIR POUR CE ??MAI 68 MAGHREBIN????

Le r?gime de Ben Ali est tomb?. Une partie des Tunisiens crient victoire et entrevoient l?avenir avec optimisme. Pour la jeunesse la chute du ??dictateur?? va ouvrir de nouveaux horizons et permettre enfin l?institution d?un r?gime d?mocratique. Pour beaucoup de Tunisiens plus prudents et surtout plus r?alistes, l?avenir du pays reste tr?s incertain. Le d?part de Ben Ali va entra?ner le retour sur la sc?ne politique nationale de tous les t?nors de l?opposition avec pour chacun d?eux une vision diff?rente quant ? la forme de cette IIIe R?publique. Si Ahmed Chebbi, Moustafa Jaafar,et Ahmed Ibrahim, respectivement chefs des partis?: d?mocratique progressiste, Forum pour le travail et la libert? et Ettajdid, ont accept? de participer au nouveau gouvernement, il n?en est pas de m?me pour Moncef Marzouki leader du Congr?s pour la R?publique qui a qualifi? la nouvelle ?quipe gouvernementale de mascarade et Hamma Hammami chef du parti communiste tunisien qui a tout simplement refus? de reconna?tre le nouveau gouvernement qui comprend en son sein six ministres de l?ancien r?gime. Radhia Nasraoui, militante des Droits de l?homme, consid?re quant ? elle que ce nouveau cabinet est ill?gitime.

Il est donc ais? de constater qu?apr?s moins de vingt quatre heures de sa formation le nouveau gouvernement Ghannouchi est d?j? rejet? par une grande partie de la classe politique tunisienne. Cette situation laisse deviner que les prochaines ?lections si jamais elles sont organis?es, donneront lieu ? une mosa?que de petits partis politiques et groupes sociaux tr?s difficiles ? s?entendre pour former une coalition gouvernementale susceptible d?assurer une stabilit? politique durable.

Il est donc fort ? craindre de voir le pays basculer dans une situation incontr?lable qui pourrait ?tre exploit?e par les Islamistes ou amener les militaires ? s?emparer du pouvoir. Le monde entier attend? avec impatience et curiosit? ce qui va se passer en Tunisie au cours des prochains mois. Le temps va par cons?quent nous apprendre si les Tunisiens se comporteront en peuple m?r, apte ? cohabiter dans un r?gime d?mocratique ou nous montrer au contraire que leur??? Intifada?? n?est qu?un feu de paille, provoqu? par la col?re passag?re d?une jeunesse d?sabus?e par les injustices et la corruption de l?ancienne administration.

Disons enfin que la situation pr?caire qui pr?vaut au Liban, en Irak et entre les diff?rentes fractions palestiniennes, nous fournit le meilleur exemple quant au peu de chance d?instituer dans un Etat arabe quelconque, un r?gime d?mocratique stable.

Mohamed? BOUHOUCH

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2 Commentaire

  1. avatar

    À l’exemple de la mobilisation à Tunis mardi, les manifestations de protestation contre la présence, au «gouvernement d’union nationale», de proches du président déchu Ben Ali, sont restées fortes dans tous le pays.
    Trois ministres ont donné leur démission. Les Tunisiens oscillent entre colère, désarroi et crainte du chaos.

    De notre envoyée spéciale à Tunis

    «On peut vivre avec seulement du pain et de l’eau, mais pas avec le RCD!» La voix cassée d’avoir trop crié, Saber Yousif Handi est à cran. Autour de lui, dans cette artère adjacente au ministère de l’Intérieur, en plein centre de Tunis encore quadrillé par l’armée, la foule est compacte, nerveuse, inquiète. Après une nuit relativement calme, le jeune chômeur tunisien de 27 ans a repris mardi matin, comme des milliers d’autres manifestants dans la capitale, le chemin de la rue.

    Au fil de la journée, la colère a vite déteint en province, notamment à Sousse, Sfax et Sidi Bouzid où les contestataires ont été dispersés par les forces de l’ordre, à coup de matraque et de tirs de gaz lacrymogène. Cette fois-ci, c’est la composition du tout nouveau gouvernement de transition qui a créé la discorde.

    Annoncé la veille, juste avant le couvre-feu, le cabinet temporaire maintient à des postes clefs (Intérieur, Défense, Affaires étrangères et Finances) des membres du RCD (Rassemblement constitutionnel démocratique), le parti du président tunisien déchu, Ben Ali. «Inadmissible!», s’insurge Saber Yousif Handi. Emprisonné de 2007 à 2010 pour appartenance présumée à un groupe islamiste, l’ex-étudiant en ingénierie se considère victime des «chiens de l’ancien régime». Depuis sa libération, il est interdit d’université et aucune entreprise ne veut prendre le risque de l’embaucher. «Le RCD m’a injustement volé ma jeunesse. Pour moi, ces gens sont comme Hitler ou le parti Baas. Pendant un mois, on a risqué notre vie en manifestant contre eux. Des dizaines de gens sont morts au nom de la liberté. Pas question de les laisser nous confisquer notre révolution!», dit-il.

    «Fausse ouverture»

    En fin de matinée, le désarroi des contestataires a vite trouvé son écho dans l’annonce de la démission de trois nouveaux ministres de l’opposition – tous représentants de l’UGTT (Union générale des travailleurs tunisiens), la puissante centrale syndicale, très active au moment des manifestations. Le ministre de la Santé, Mustapha Ben Jaafar, représentant du FDLT décidait lui de «suspendre» sa participation au gouvernement en attendant le résultat de consultations avec le premier ministre. À peine foulé le sol tunisien, après dix ans d’exil, l’opposant Moncef Marzouki, fondateur du petit parti du Congrès pour la République, s’est également empressé de qualifier de «mascarade» et de «fausse ouverture» la nouvelle équipe gouvernementale, dont son parti – tout comme celui des islamistes et des communistes – a été écarté.

    Mais à ces réactions en chaîne, d’autres opposants préfèrent les appels au calme. «Attention au risque de chaos rampant!», prévient Omaya Seddik, un membre du PDP (Parti démocratique progressiste), représenté, lui, au sein du nouveau gouvernement. «Je salue bien évidemment la vigilance et la clairvoyance de la population tunisienne. Il est normal qu’elle s’inquiète d’une continuité de l’ancien régime. Le premier ministre a également fait l’erreur d’écarter certains partis politiques, qui se placent aujourd’hui en victimes. Mais, à ce jour, nous ne pouvons nous permettre de créer un vide politique et un effondrement du gouvernement. Sinon, c’est la reprise en main assurée de l’armée sur la population et c’est très dangereux. Sans compter les risques d’ingérences de nos pays voisins dans nos affaires intérieures. La Libye n’attend que ça et sa capacité de nuisance est énorme. Il faut donc sauver la situation avant qu’il ne soit trop tard», s’inquiète-t-il. La solution? «Aujourd’hui, mon parti appelle à la recomposition immédiate du nouveau gouvernement», nous confiait-il, mardi après-midi, tandis que s’enchaînaient réunions de crise et concertations entre différents partis politiques et associations.

    « On fait avec ce que l’on a»

    En guise de réponse à ces différents cris d’alerte, le président tunisien par intérim, Foued Mebazaa et le premier ministre, Mohammed Ghannouchi, ont fini par répondre dans la soirée, par un geste symbolique: leur démission officielle du RCD, afin de «concrétiser une décision de séparation des organes de l’État et des partis politiques».

    «Nous devons tout faire pour soutenir la fragile transition de notre pays vers la démocratie», confie Slim Amamou, le tout nouveau secrétaire d’État à la Jeunesse et aux Sports. Ce jeune blogueur tunisien revient de loin. Très actif au cours des manifestations, il s’est retrouvé derrière les barreaux pendant une semaine. Ce parfait francophone, encore ému par le courage de ses concitoyens, qui ont fait partir en fumée vingt-trois ans de dictature en l’espace d’un mois, ose rêver d’un modèle tunisien dont pourraient s’inspirer d’autres pays.

    Pour lui, il est également important de tourner les yeux vers les timides signes de vie qui pointent leur nez, de jour en jour: la réouverture des boutiques et des cafés, la queue devant les kiosques à journaux, libérés de la censure, les gerbes de fleurs que les passants offrent aux soldats de l’armée. «Ce qui prime avant tout, c’est le retour progressif au calme. Je dis: la situation n’est pas idéale, mais faisons avec ce qu’on a, afin de préparer de nouvelles élections», prévues dans six mois.

    ==============
    Ce qui démontre que sans rentrer dans la gestion économique de ce pays, nous allons peut-être assister à des manifestations de tailles et violentes qui peuvent entrainer la totalité des pays et du monde arabe.
    Oui tout peut se payer surtout avec 1T 500 d’or volé au peuple
    Mais il ne faut surtout pas se voiler la face, l’Occident laisse faire ce qui l’arrange tout comme en Côte d’Ivoire.
    Ne Pas réagir au moins pas le systéme d’expression en ce qui me concerne c’est de la lacheté.
    Le Panda

    😉 :-[

  2. avatar

    Sources L’Humanité,

    Il est encore pire que Ben Ali, mais combien sont les médias qui ont le courage et la franchise de le contrarer?
    Seule Rama Yade, avait osée dire ce qu’elle pensait de ce FOU DESPOTE.
    Tout le monde sait à présent qu’elle posséde un poste de luxe, quels sont ses tarifs ?
    ==============================
    Proche voisin du président déchu, le leader libyen s’est longuement entretenu avec lui, samedi, et il a même déclaré qu’il pourrait l’accueillir en Libye. Les ingérences libyennes de Kadhafi ne datent pas d’hier.

    C’est un discours totalement décalé qu’a prononcé samedi soir Mouamar Kadhafi. S’adressant au peuple tunisien, le colonel lui a reproché d’avoir «plongé le pays dans un chaos dont on ne voit pas la fin» et cela, «par manque de patience». «Ben Ali vous a dit qu’il partirait dans trois ans, pourquoi n’avoir pas patienté?? Il n’y a pas mieux que Zine pour gouverner la Tunisie. Pour moi, il est toujours le président et son mandat doit durer jusqu’à la fin.»

    Quelques heures avant ce surprenant discours, le «Guide» avait eu un long entretien téléphonique avec le président déchu. Même si rien n’en a filtré, certains en ont conclu que Ben Ali pourrait aller s’installer en Libye, pays frontalier de la Tunisie. Ce qui confirmerait les craintes de ceux qui pensent que Ben Ali et son clan sont prêts à faire feu de tout bois pour revenir au pouvoir.

    Cela d’autant plus que les ingérences libyennes en Tunisie, au nom du panarabisme militant de Kadhafi, ne datent pas d’hier. On se souvient de la tentative avortée d’union entre les deux pays en 1972, puis de l’appui libyen au soulèvement de Gafsa, en 1980.

    Reste à savoir si le discours du «colonel» n’est pas aussi à usage interne. Le régime libyen, par certains aspects, peut se comparer à celui de Ben Ali. Comme lui, Kadhafi est un militaire arrivé au pouvoir par un coup d’État et il est en place depuis encore plus longtemps : quarante-et-un ans. Comme chez Ben Ali, les opposants sont en prison ou en exil, et la liberté de la presse inexistante. La différence tient à la situation économique et sociale, la rente pétrolière et gazière étant répartie en Libye de manière à satisfaire les besoins essentiels de la population. Mais il existe des mécontents, en particulier la jeunesse. Lasse d’un système autoritaire et sclérosé, elle aspire à davantage de liberté, mais aussi de bien-être. La manière dont les gens se sont rués ces derniers jours sur les logements vacants et en construction pour les occuper est le signe d’une certaine exaspération. Même si le «Guide» lui-même les avait incités à le faire, comme pour prendre les devants et conjurer le risque de contagion.

    Françoise Germain-Robin

    Le Panda

    :-O