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LA SITUATION EN EGYPTE et le probl?me du Proche Orient

Image Flickr par sierragoddess

Les jours se succ?dent les uns aux autres? et la situation en Egypte demeure toujours tendue, une situation dont personne n?est encore en mesure, ? l?heure actuelle, d?en pr?voir l?issue. Les rassemblements localis?s au d?but au centre du Caire et Alexandrie, se sont ?tendus ? de nombreuses villes ?gyptiennes dont Suez, Port Sa?d, Isma?lia et bien d?autres localit?s.

Le nombre des manifestants estim?s aux premiers jours ? des milliers de personnes, atteint aujourd?hui voire d?passe les deux millions de personnes?: des hommes et des femmes, des jeunes et des vieux. On a vu m?me des handicap?s, sur leurs fauteuils roulants, brandissant des pancartes hostiles au pouvoir. Toute cette foule, en col?re, vocif?re contre Hosni Moubarak, un pr?sident ??inamovible?? dont les Egyptiens ont assez vu le portrait depuis trente ans. Le m?me leitmotiv, le m?me refrain, la m?me revendication, la m?me exigence?: le d?part de Moubarak.

Seize jours et seize nuits de manifestation. Plus de 300 morts et des centaines de bless?s. Le message du peuple ?gyptien est tr?s clair. Pour le commun des mortels la question est simple. Moubarak doit c?der la place. Mais en r?alit? le probl?me ?gyptien, vu de l?ext?rieur, est beaucoup plus compliqu?. Un changement subit de r?gime dans ce pays risque dit-on d?avoir des cons?quences dramatiques aussi bien sur le plan interne qu?au niveau de tout le proche Orient o? la s?curit? reste encore tr?s pr?caire.

L?avenir de l?Egypte int?resse par cons?quent toute la communaut? internationale et non pas les seuls habitants de ce pays. D?o? la complexit? de la situation qui exige beaucoup de temps,? de la r?flexion et une extr?me prudence. Certes, les revendications du peuple doivent ?tre satisfaites, du moins les plus l?gitimes et les diff?rentes forces politiques doivent ?tre repr?sent?es dans le gouvernement de transition. Comme il est absolument indispensable de chercher, dans la composition de la nouvelle ?quipe dirigeante, ? pr?server un certain ?quilibre entre toutes les organisations politiques, id?ologiques et religieuses autour d?un projet de gouvernement qui puisse prendre en compte aussi bien les exigences d?un peuple qui vit aujourd?hui dans la mis?re,? que la n?cessit? absolue de la paix dans la r?gion.

Il est certain que c?est exactement la solution que cherchent et exigent maintenant les Occidentaux. Mais est-ce que ces derniers savent bien ?ce qui se passe dans l?esprit des milliers de jeunes ?gyptiens rassembl?s depuis le 25 janvier sur les grandes places publiques?? Est-ce que les Am?ricains? et les Europ?ens ont une id?e des masses d?argent vol?es et d?tourn?es par certains chefs d?Etats arabes et plac?es dans des banques ?trang?res ou investies dans de grandes activit?s ?conomiques?? Est-ce qu?ils ont une id?e exacte des injustices sociales dont souffrent les peuples arabes ?Pourquoi les grandes puissances gardent le silence sur de telles anomalies inacceptables qui deviennent ?intol?rables chez eux quand il s?agit de? leurs propres dirigeants? et hommes politiques??

La jeunesse arabe n?est pas, en grande partie, acquise aux id?es islamiques. Mais il faut reconna?tre qu?elle ne les rejette pas en bloc. Si une ?crasante majorit? de jeunes refusent de laisser pousser la barbe ou de porter des habits afghans, il n?en reste pas moins qu?ils sont en totalit? oppos?s au soutien logistique et moral accord? par l?Occident aux dictateurs qui se perp?tuent ? la t?te des pays arabes ou ? un Etat d?Isra?l qui refuse de composer avec ses voisins. Un th?me qui revient en permanence dans les discours des Islamistes.

Depuis le d?but du soul?vement ?gyptien, ?tous les hommes politiques occidentaux, ?ditorialistes, analystes et peut ?tre l?homme de la rue n??voquent et ne d?veloppent qu?une seule et unique question, celle de savoir comment se comporteront les futures dirigeants ?gyptiens face au conflit arabo-isra?lien. Le choix du successeur de Moubarak devrait donc obligatoirement se faire selon eux en fonction de ce seul aspect de la question. M?me Benyamin N?taniahou aurait d?j? fait son choix et opt? pour Omar Souleymane qui n?est d?autre, pour les Egyptiens, qu?une copie conforme de Hosni Moubarak Y a t-il une seule voix en Occident qui s?est ?lev?e pour dire qu?il faut imputer l?impopularit? de l?actuel pr?sident ? sa position ?quivoque dans le conflit du proche Orient?? Y a-t-il un seul chef d?Etat de l?Union Europ?enne qui a os? jusqu?? pr?sent mettre en cause la responsabilit? d?Isra?l sur le blocage des n?gociations de paix avec les Palestiniens?? Tout le monde sait que l?Etat h?breux cherche depuis des ann?es ? esquiver les questions de fond pour le r?glement d?finitif de ce probl?me qui r?side en premier lieu en la restitution aux Palestiniens des territoires annex?s en 1967. Et l?on s?accroche au seul FANT?ME des Islamistes?!

Soyons francs et logiques. Les Islamistes existeront toujours ?mais ne constitueront jamais une majorit? au sein du monde arabe. Pourquoi donc chercher ? voir, ? tout prix, dans toute tentative de r?volution dans la r?gion contre un r?gime corrompu, une menace pour la s?curit? de l?Etat h?breux?? Isra?l est l? et le restera jusqu?? la fin des temps, mais un Isra?l tel que pr?vu par la division du territoire de 1948 par l?ONU, c’est-?-dire sans la partie arabe de J?rusalem .et non pas tel qu?imagin? et voulu par les extr?mistes h?breux, fanatiques porteurs de barbe qui r?vent du GRAND ISRA?L, ?tendu ? une bonne partie du proche Orient. ?Tout le probl?me r?side donc dans la position du pouvoir isra?lien soumis et assujetti ? la volont? d?une minorit? d?orthodoxes et ? des ?quilibres tr?s fragiles de coalition gouvernementale.

Laissons donc l?Egypte et peut ?tre demain d?autres pays arabes, faire librement leurs r?volutions sans essayer d?y voir toujours une volont? quelconque d?envahir Isra?l dont la s?curit? est assur?e par toute la communaut? internationale et par sa propre arm?e super ?quip?e. S?il y a par cons?quent une pression ? exercer actuellement, elle doit l??tre plut?t sur le gouvernement isra?lien pour se retirer de tous les territoires occup?s et en particulier J?rusalem Est. Ce ne sera l? que le respect du droit international et une marque de sagesse politique de la part de dirigeants qui se respectent. Notons d?ailleurs que la Mosqu?e d?Al Qods est un lieu sacr? pour tous les musulmans du monde et non pas une simple? revendication palestinienne. Les grands lobbys juifs de par le monde qui soutiennent Isra?l et influencent les gouvernements occidentaux devront, bien entendu, saisir l?importance de cette question cruciale qui se trouve au centre du conflit du Proche Orient.

Soyons assur?s qu?apr?s une attitude plus souple et plus r?aliste de la part de Tel Avive, il n?y aura plus de guerre isra?lo-arabe. La paix au proche Orient se trouve sous la coupole de la mosqu?e d?Al Qods?.

Mohamed BOUHOUCH

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