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La peuplade m?diatique

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Les fronti?res des pays sont un archa?sme historique dont l’effet sur la conscience est surtout psychosomatique. Si elles permettent de distinguer les langues parl?es, l’apparition des traducteurs instantan?s a eu l’effet de r?duire encore leur pertinence. En fin de compte, ces pays ne sont que des entreprises concurrentes, et ce n’est plus que sur les vagues nuances culturelles que peuvent encore s’appuyer les arguments concurrentiels.

En revanche on observe la cristallisation d’une population m?diatique, qui est compos?e des politiciens, de leurs instruments de propagande et de leurs grands dirigeants comme un peuple ? part enti?re.

D?j? avant ?a, on observe la population am?ricaine comme de plus en plus ?loign?e de la n?tre europ?enne, en particulier au travers de leurs feuilletons de divertissements, qui sont un excellent moyen d’?tude anthropologique. On y observe leurs craintes et les automatismes comportementaux contre lesquels eux-m?mes r?vent de lutter, et ?a nous semble d’un achev? ridicule, d’un risible d?risoire.
Par exemple leur humour tourne autour de la violence psychologique inflig?e ? une petite fille qui ne sait pas s’en d?fendre, mais ? qui le hasard chaotique vient ? la rescousse en poussant son tortionnaire ? se prendre les pieds dans le tapis, ce qui provoque le fameux rire de soulagement qui est sens? ?tre significatif d’une attente.

Bref on ne comprend pas tr?s bien comment ils arrivent ? s’emp?trer dans des angoisses aussi pu?riles, alors que c’est si simple de s’en d?fendre, et m?me, deux cran au-dessus sur l’?chelle spirituelle, de s’en d?fendre par avance, simplement en arr?tant de placer dans la parole ce qui ne devrait figurer que dans les actes (m?me au risque que personne ne s’en rende compte).

Mais bon.

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Et donc, le m?me schisme est observable entre les citoyens de l’ensemble des pays et la classe m?diatique, qui conforme une population ? part enti?re.
Elle est tr?s stup?fiante car elle-m?me scind?e en ce qui peut appara?tre comme la formalisation d’une hypocrisie flagrante, de fa?on ? concevoir une sorte de th??tre de guignol o? deux ennemis semblent ? eux seuls couvrir l’ensemble de la pens?e mondiale, par rapport ? laquelle ils se placent « au-dessus ».

Dans une chaussette tenue de la main gauche il y a ceux qui expriment « la pens?e du syst?me », qui est d?terministe et infl?xible, appuy?e sur des sous-entendus indicibles et inexprimables mais qui semblent ne prendre appui que sur des r?flexes pr?historiques, et dans l’autre chaussette tenue de la main droite ceux qui expriment ce qu’ils sont sens?s penser, ce qu’il est bon de dire ou de faire en fonction de l’?poque, de sorte que le public puisse d’y retrouver.

Ce dernier personnage est tr?s int?ressant car il est d’une qualit? tr?s m?diocre en ce qui concerne sa pertinence et sa justesse, alors que celui qui exprime ce qu’ils pensent vraiment est le bon de l’histoire, celui qui gagne ? la fin, et qui porte un costume de policier.

Et c’est l? tout l’Orwellien de cette ?poque qui se termine, quand on voit que cette bouche est celle de « sp?cialistes », « patrons », chefs de guerre et bien s?r la colonne vert?brale de l’ensemble des m?dias. Au fond leur discours est univoque, il est enti?rement centr? sans oser le dire mais en le sous-entendant de mani?re tr?s insistante, sur l’app?t du gain et la l?gitimit? d’?tre app?t? par le gain.

Et en face, pour pas que les vrais gens du vrai monde aient l’impression d’?tre « gouvern?s par des ?trangers » (pour reprendre l’expression de Roger Salengro) on leur offre de se d?fouler sur des poup?es de chiffon ? qui on confie le r?le d’ignorants bavards et confus, tr?s facilement qualifiables de pro-terroristes.

L’ensemble du spectacle qui est offert est bruyant. A la t?l? il semble que personne n’a encore compris que quand plusieurs personnes parlent simultan?ment le son ne sort que par un seul haut-parleur et devient du coup inaudible. Ou alors ils jouent l?-dessus. Le t?l?spectateur agrippe ? ses chips et attend la fin des tirades simultan?es pour pouvoir finir de les m?cher. Il ne re?oit finalement qu’un vent du d?sert qu’il n’a aucun mal ensuite ? abandonner avant d’aller se coucher.

Et le plus probant dans ce spectacle est la merveilleuse nullit? intellectuelle qui est confi?e aux d?fenseurs de la justice, largement capables de c?der la raison sur des points plus que litigieux pour obtenir le droit de s’exprimer trois seconde dans le silence, moment dont ils profitent pour b?gayer et ne rien dire.

Le fait que ces intervenants soient toujours les m?mes depuis des centaines d’ann?es n’a pas l’air d’?tonner grand monde.

*

Donc de toute ?vidence ce brouhaha n’est pas une confrontation entre des agresseurs et des d?fenseurs (sachant que les agresseurs semblent se d?fendre et les d?fenseur de la justice, passent pour des agresseurs d?sinhib?s), mais un simple Show de chaussettes anim?es par la main d’une civilisation ? part enti?re, qui est tr?s ?loign?es et ne cesse de s’?loigner de la civilisation humaine en g?n?ral.

Les gueux pauvres et effray?s n’ont qu’? peine le droit de r?ver faire partie de ce spectacle affligeant, ce qui m?me peut ?tre consid?r? comme une r?vasserie outranci?re.
En g?n?ral ils baissent la t?te en n’osant pas se comparer aux « grands de ce monde ».

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Ainsi on pourrait consid?rer une nouvelle approche du probl?me, si on d?termine de fa?on limpide que nous sommes, nous peuple habitants de la Terre, face ? une civilisation isol?e qui vit seule dans la for?t, tels ce qui nous appara?t ?tre d’imp?n?trables sauvages.

La civilisation m?diatique place autour de son village ses guerriers dont la mission est de repousser les agressions virales qui viendraient s’aventurer par l?. Leur survie en d?pend car leur construction psychologique est totalement dissoci?e, dans notre all?gorie, de tout rapport ? la nature et ? la beaut?. La moindre de ces choses occasionne chez eux consternation et rejet pathologique instantan?.

(On raconte que ceux qui s’y sont aventur?s n’en sont jamais revenus.)

Il semble pourtant, quand on survole la zone, qu’il n’y ait personne o? ils habitent, ce qui fait na?tre l’hypoth?se qu’ils doivent vivre sous terre ou probablement b?n?ficier d’un portail interdimensionnel.
Il faut dire que devant le myst?re qu’ils repr?sentent les id?es sont un peu confuses.

*

Les recommandations prodigu?es ? ceux qui voudraient s’infiltrer dans la civilisation m?diatique, avec l’objectif de proc?der ? une ?tude scientifique et anthropologique, sont celles-ci?:

Surtout soyez ? la fois tr?s vigilants et extr?mement pr?cautionneux. Usez avant tout de douceur et restez toujours tr?s calmes. Vous pouvez ? l’occasion user de subterfuges pour les app?ter avec des histoires qui exciteront leur imaginaire, mais en tout ?tat de cause veillez toujours ? ne pas vous faire embrigader?!

N’oubliez pas que ce sont des sauvages au sens le plus barbare, qu’ils sont capables d’une virulente violence subite incontr?lable et inexplicable.
Dans toutes les confrontations avec eux, ils placent toujours des guerriers embusqu?s tout autour de vous et dissimul?s dans les feuillages, pr?ts ? intervenir en une seconde en criant des termes zoulous tels que « C?-iha?! Effe Bi-Aille?! » Ils vous sautent dessus ? dix contre un et crient « Hands on the head?! Hands on the head?! » tout en vous ?crasant contre le sol, et ce, au moindre signe qui leur semble suspect, m?me si ? vous il semble anodin.
Ensuite de quoi ils risquent fort de vous emmener dans un cageot isol?, non sans vous avoir enti?rement d?v?tu, arros? d’eau froide, photographi? et proc?d? ? des prises de sang.
Et si jamais vous voyez un de leur religieux venir ? vous en parlant un langage antique, dire des choses comme « habeas corpus exit quidam », alors l? ?a veut dire qu’ils vous ont condamn? ? mort.
(Dans ce cas activez votre balise de d?tresse et on vous exfiltrera.)

Par contre sachez bien comment ils fonctionnent, s’ils vous posent des questions qui vous pousseraient ? leur dire des choses qu’ils refusent pr?cis?ment d’entendre. Ils se montre particuli?rement dociles et ?tonnamment doux si vous leur mentez ?perdument, m?me s’il vous semble que vous mensonges sont grotesques.
Non pas qu’ils ne s’en rendent pas compte, mais dans leur civilisation le mensonge forcen? est une forme de soumission qu’ils appr?cient grandement.
En tout ?tant de cause, quand vous vous adressez ? eux, bandez les reins et faites des phrases simples et courtes, m?me si leur signification est vaseuse, ?a vaudra mieux que de risquer de dire quelque chose de concret en ayant besoin de plus de deux expiration pour la dire.

Une fois infiltr?s, ne vous laissez jamais aller ? la moindre condescendance, contentez-vous simplement de la subir. Chez eux les ?trangers doivent toujours se sentir et faire sentir leur inf?riorit?. De ce fait vous pouvez ais?ment poser de nombreuses questions ? propos de banalit?s de leur vie, et vous verrez qu’ils vous r?pondront avec bienveillance et patience, et m?me une certaine d?lectation.

C’est seulement de cette mani?re et au travers ces discussions courtes et informelles que vous pourrez progressivement en apprendre plus sur leurs m?urs et leurs coutumes, leur langage et leur c?r?monies traditionnelles, tels que les films de Hollywood ou les ?lections de leurs chefs pr?s?lectionnes.

Les premiers moment sont toujours tr?s durs pour nos infiltr?s, les nuits sont courtes et difficiles car la violence psychologique de ce milieu social peut provoquer une douleur lancinante.

Et c’est justement entre le moment o? vous serez accoutum?s et celui o? votre subconscient commencera ? s’impr?gner de leur d?bilit? mentale que, ? la fois, vous serez ? l’apog?e de votre position pour proc?der ? l’?tude anthropologique, et ? la fois le moment sera venu de vous sortir de l?. Souvenez-vous bien qu’une fois la mission d’observation accomplie, il ne faut pas s’attarder, au risque de tomber dans leurs filets d’immoralit?.
Surtout, par exemple, ne pensez jamais « je m’en fous j’ai les moyens » ou, devant une violente insulte ? l’?gard des faibles ? laquelle vous aurez spontan?ment ri, que ce n’est pas grave.

Une fois ce stade atteint, c’est la ligne de non-retour.
Et vous risquez de finir dans le camp ennemi.

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