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L?humanit? ? un moment d?cisif: 1) L?interd?pendance est totalitaire

FRANCOIS MARGINEAN

L?interd?pendance est totalitaire

?Le monde a un cancer et le cancer est l?homme? ? A. Gregg tel que cit? dans Mankind at the Turning Point (1974)

En 1974, le livre Mankind at the Turning Point: The Second Report to The Club of Rome [1] (L?humanit? ? un moment d?cisif: Le deuxi?me rapport du Club de Rome) a ?t? publi?. Ce rapport indique la n?cessit? de cr?er une soci?t? ?organique? ou v?ritablement interd?pendante comme ?tant la seule fa?on de sauver le monde de la probl?matique mondiale presque sans issue.

Selon le Club de Rome, la probl?matique mondiale est l?ensemble des probl?mes mondiaux interconnect?s, tels que, la surpopulation, la p?nurie alimentaire, l??puisement des ressources non renouvelables, d?gradation de l?environnement, etc. Avec l?utilisation exponentielle de mod?les informatiques absurdes, le d?roulement complet de la soci?t? et peut-?tre de la biosph?re a ?t? pr?dit. Sans surprise, la seule solution capable d??viter la catastrophe mondiale est le d?veloppement d?une soci?t? organique. Comme il sera d?montr?, une soci?t? mondiale organique est seulement un euph?misme pour un gouvernement mondial totalitaire.

Le Club de Rome est un groupe de r?flexion compos? d?environ 100 membres, dont des scientifiques, des philosophes, des conseillers politiques et de nombreux autres personnages qui se cachent dans l?ombre du pouvoir.

La croissance organique

Tir? de Mankind at the Turning Point:

?Dans la nature, la croissance organique proc?de selon un plan directeur?, ?un plan?. Selon ce plan directeur, la diversification les cellules est d?termin?e par les exigences des divers organes, la taille et la forme des organes et, par cons?quent, leurs processus de croissance sont d?termin?s par leur fonction, qui d?pend ? son tour sur les besoins de l?organisme entier.

Un tel plan ?ma?tre? est manquant dans le processus de croissance et de d?veloppement du syst?me mondial.? ? 7

?Le concept de la croissance ?organique? de l?humanit?, comme nous l?avons propos? dans ce rapport, se veut une contribution ? la r?alisation de cet objectif. Si l?humanit? s?engageait sur la voie de la croissance organique, le monde ?mergerait comme un syst?me de pi?ces interd?pendantes et harmonieuses, apportant chacun sa propre contribution unique, que ce soit en ?conomie, les ressources ou la culture.

? Une telle approche doit partir et pr?server la diversit? r?gionale du monde. Des voies de d?veloppement, sp?cifiques ? une r?gion donn?e plut?t que bas?es sur des int?r?ts nationaux ?troits, doivent ?tre con?ues pour aboutir ? un ?quilibre durable entre les r?gions interd?pendantes du monde et l?harmonie mondiale ? qui sera pour la croissance de l?humanit? comme une entit? ?organique? ? partir de son ?tat pr?sent qui est ? peine embryonnaire.?

?Apparemment, le syst?me mondial ?mergeant exige une vue ?holistique? ? avoir en consid?rant le d?veloppement du monde futur: tout semble d?pendre de tout le reste.? ? 21

L?interd?pendance est la fin de l?ind?pendance

Bien que rarement soulev? et souvent d?ni?, le concept de l?interd?pendance des nations implique la fin de l?ind?pendance nationale ou de la souverainet?.

?Et la coop?ration, enfin, exige que le peuple de toutes les nations envisage un aveu qui risque d??tre difficile. Par d?finition, la coop?ration a une connotation d?interd?pendance. L?interd?pendance croissante entre les nations et les r?gions doivent alors se traduire par une diminution de l?ind?pendance. Les nations ne peuvent pas ?tre interd?pendantes sans que chacune d?entre elles renonce ? une partie, ou du moins ? reconna?tre des limites ? sa propre ind?pendance.? ? 111
?? La d?claration reconnue, m?me involontairement, ? l?aube d?une ?re de limites ? l?ind?pendance ? m?me pour le plus fort et plus grand pays du monde.? ? 114

L?interd?pendance est totalitaire

Bertrand Russell, un fervent partisan d?un gouvernement mondial et ?litiste d?une couture ? l?autre, ?crivit dans son livre de 1952 ??L?impact des sciences sur la soci?t? ? [2] que le r?sultat in?vitable d?une soci?t? fond?e sur une philosophie organique ne peut r?sulter que dans le totalitarisme.

Citation de L?impact des sciences sur la soci?t?:

?L?effet le plus ?vident et incontournable de la technique scientifique est qu?elle rend la soci?t? plus organique, dans le sens de plus en plus d?interd?pendance de ses diverses parties ?? ? 42

?Le totalitarisme a une th?orie et une pratique. En pratique, cela signifie qu?un certain groupe, apr?s avoir saisi l?appareil de pouvoir par un moyen ou un autre, en particulier le domaine des armements et de la police, proc?de ? exploiter leur position avantageuse ? l?extr?me, g?re tout dans le but de leur donnre le maximum de contr?le sur les autres. Mais en tant que th?orie, il est quelque chose de diff?rent: c?est la doctrine selon laquelle l??tat ou ?la nation ou la communaut? est capable d?une chose diff?rente que celle d?un individu et qui n?est pas constitu? de tout ce que les personnes pensent ou ressentent. Cette doctrine a ?t? particuli?rement d?fendue par Hegel, qui glorifie l?Etat, et pense que la communaut? doit ?tre aussi organique que possible. Dans une communaut? organique, pensait-il, l?excellence devrait r?sider dans l?ensemble. Un individu est un organisme, et nous ne pensons pas que ses parties distinctes ont des objets distincts: s?il a une douleur au gros orteil, il est celui qui souffre, non pas sp?cialement le gros orteil. Ainsi, dans une soci?t? organique, le bien et le mal appartiennent ? l?ensemble plut?t qu?aux parties. Il s?agit de la forme th?orique du totalitarisme.

? Concr?tement, quand on pr?tend que l??tat poss?de un bien diff?rent de celle des citoyens, la v?ritable signification est que le bien du gouvernement ou de la classe dirigeante est plus important que celui des autres personnes. Une telle vision ne peut avoir de fondement, sauf dans le pouvoir arbitraire.

Plus important que ces sp?culations m?taphysiques est la question de savoir si une dictature scientifique, comme nous venons de consid?rer, peut ?tre stable, ou est plus susceptible d??tre stable qu?une d?mocratie ?

? Je ne crois pas que la dictature est une forme durable de soci?t? scientifique ? ? moins que (mais cette r?serve est importante), elle peut devenir mondiale.? [Caract?re gras de l?auteur] ? 64

Une soci?t? organique ? l??chelle de la plan?te enti?re est exactement ce que le Club de Rome propose.

Vendre le totalitarisme

Il est int?ressant de noter les mots plaisants et apaisants utilis?s pour vendre le concept de totalitarisme: ?biologique?, ?holistique?, ?diff?renci??, ?harmonieux?, ?interd?pendant?, ??quilibr?? et ?durable?. Le m?me ?d?veloppement durable? est ? la mode ces jours-ci. Le d?veloppement durable a ?t? codifi? dans le droit international au cours de la Conf?rence des Nations Unies sur l?environnement et le d?veloppement (connue sous le nom Sommet de la Terre) en 1992. Le Secr?taire g?n?ral et principal organisateur de la conf?rence ?tait Maurice Strong. Selon son propre livre, O?, sur Terre allons-nous? [3], il est un membre ??du Comit? ex?cutif du Club de Rome??.

Cr?ation d?un homme nouveau et interd?pendance mat?rielle totale

Comment pouvez-vous faire la transition vers une soci?t? organique? La partie 2 de cette s?rie examinera les d?sirs du Club de Rome pour changer le syst?me de valeurs de l?homme moderne.

??Une analyse des probl?mes et des crises comme indiqu? dans les chapitres suivants montre que la restructuration(1)? horizontale ? du syst?me mondial est n?cessaire, c?est ? dire un changement dans les relations entre les nations et les r?gions, et (2) autant que la structure ??verticale?? du syst?me du monde est concern?, des changements drastiques dans la strate des normes ? qui sont le syst?me de valeurs et les buts de l?homme ? sont n?cessaires afin de r?soudre l??nergie, la nourriture et d?autres crises, ? savoir, les changements sociaux et les changements des attitudes individuelles sont n?cessaires pour que la transition ? la croissance organique soit possible.?? ?? 54

La derni?re partie de cette s?rie traitera de la n?cessit? d?un contr?le total de toutes les ressources par une autorit? mondiale.

??Le moment est venu d??laborer un plan directeur pour la croissance organique durable et le d?veloppement du monde fond? sur la r?partition globale de l?ensemble des ressources limit?es et d?un nouveau syst?me ?conomique mondial. Dans dix ou vingt ans, il sera probablement trop tard ? ?? [Caract?re gras de l?auteur] ? 69

[1] Citations de Mihajlo Mesarovic et Eduard Pestel, Mankind at the Turning Point: The Second Report to The Club of Rome (1974). ISBN 0-525-03945-7

[2] Citations de Bertrand Russell, The Impact of Science on Society (1952). ISBN 0-415-10906-X

[3] Citations de Maurice Strong, Where on Earth Are We Going? (2000). ISBN 0-676-97364-7

* Texte bas? sur le mat?riel original de Brent Jessop?: ?? Interdependence is Totalitarian ?

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Annexe: Informations suppl?mentaires

Club de Rome

Le Club de Rome est un groupe de r?flexion r?unissant des scientifiques, des ?conomistes, des fonctionnaires nationaux et internationaux, ainsi que des industriels de 53 pays, pr?occup?s des probl?mes complexes auxquels doivent faire face toutes les soci?t?s, tant industrialis?es qu?en d?veloppement.

Pilot?e ? sa cr?ation par Aurelio Peccei, un Italien membre du conseil d?administration de Fiat, et Alexander King, un scientifique et fonctionnaire ?cossais, ancien directeur scientifique de l?Organisation de coop?ration et de d?veloppement ?conomiques, il doit son nom au lieu de sa premi?re r?union ? Rome, ? l?Accademia dei Lincei le 8 avril 1968.

Les notions de d?veloppement durable et d?empreinte ?cologique font du Club de Rome un pr?curseur. Si, au XXIe si?cle, la majorit? s?accorde ? prendre en compte les probl?matiques environnementales, d?autres n?acceptent pas ces analyses qui impliquent beaucoup de remises en question. Ils s?en prennent parfois au Club de Rome, ? l?origine de ce qu?ils pensent ?tre du catastrophisme.

Son comit? ex?cutif est constitu? de treize membres.

Le Club de Rome se fit connaitre mondialement en 1972 par son premier rapport, The Limits to Growth, traduit en fran?ais par l?interrogation Halte ? la croissance??. Son interpellation intervint ? l?apog?e de la p?riode dite des Trente Glorieuses, une p?riode de croissance sans pr?c?dent dans les pays qui se qualifiaient eux-m?mes de d?velopp?s et qui laissait penser que cette croissance ?tait sans limite imaginable. Le concept de croissance z?ro fut ? l?origine de la naissance de l??cologie politique.

En 1993, Aurelio Peccei et Ervin Laszlo ont l?id?e de cr?er le Club de Budapest. Le Club de Rome ?tant constitu? de personnalit?s de tr?s haut niveau des domaines scientifiques, politiques et des affaires, le but ?tait d?instituer un club annexe pour ?quilibrer la pens?e rationnelle dans ce domaine avec l?aspect intuitif qu?apporte la cr?ativit? dans les arts, dans la litt?rature, et dans la spiritualit?, en impliquant quelques uns des esprits les plus connus et les plus cr?atifs de notre temps.[1

Le rapport The limits to growthHalte ? la croissance??

Article d?taill??: Halte ? la croissance ?.

Ce rapport, command? en 1970 et publi? en 1972 par le Club de Rome, fut aussi appel? Rapport Meadows.

Dans ce rapport, quatre ans apr?s la contestation de la soci?t? de consommation de 1968 dans les pays d’?conomie lib?rale, pour la premi?re fois, les vertus de la croissance sont remises en cause par des chercheurs du Massachusetts Institute of Technology au nom d’une prise de conscience d’une p?nurie pr?visible des sources ?nerg?tiques et des cons?quences du d?veloppement industriel sur l’environnement.

Les conclusions du rapport annoncent un futur inqui?tant pour l’humanit?. Beaucoup lui ont reproch? ? l’?poque une certaine exag?ration dans ses pr?visions?: le rapport ne pr?voit aucun ?puisement de ressources ou d’?v?nement catastrophique avant 2010 au moins, m?me dans le sc?nario le plus d?favorable (et ce ne sont alors que les pr?mices de l’effondrement).

Il fut suivi en 1974 d’un deuxi?me rapport au Club de Rome?: ??Strat?gie pour demain ?[2], dont l?approche fut diversifi?e et localis?e selon dix grandes r?gions du monde ayant chacune une situation et des probl?matiques de d?veloppement diff?rentes.

Fran?ois Margineam

Repris d?un texte de l?auteur de ao?t 2010 avec les commentaires apport?s ? l?article original.

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