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L??re autoritaire

On le savait ill?gitime et inefficace. Le G20 r?uni ? Cannes a aujourd’hui ?galement prouv? qu’il ?tait capable du plus grand cynisme.

Les chefs d’Etats du G20 ont renou? avec leurs promesses de pacotille. Depuis deux ans, le G20 promet de r?guler les paradis fiscaux. Depuis deux ans, rien n’a chang?. Ces nouvelles promesses n’y changeront rien non plus.

Pire, au lieu de lutter contre la crise, le G20 l’aggrave. Il confie aux responsables de la crise, le soin de la r?gler.

Le FMI a fait la d?monstration de l’absurdit? de sa politique en Gr?ce. Pourtant, le G20 veut encore augmenter ses moyens. Il augmente en fait son pouvoir de nuisance et confirme son r?le de gardien du dogme lib?ral. C’est d?sormais l’Italie qui verra sa souverainet? limit?e.

Et alors que la finance est ? l’origine de la crise, le G20 continue son entreprise de blanchiment des sp?culateurs et des banquiers voyous. Il a ainsi d?cid? de nommer ? la t?te du Conseil de Stabilit? Financi?re, un ancien de la banque Goldman Sachs et un ancien responsable de hedge fund.

Autant confier la lutte contre la drogue ? Pablo Escobar.

En Gr?ce, un nouveau protectorat est commenc?. Quelle histoire ! La Gr?ce d?abord a pr?figur? le sort de tous ceux qui se feraient prendre hors des clous du syst?me du Trait? de Lisbonne. A pr?sent elle est le premier ?tat de l?Union qui se voit refuser son auto-d?termination d?mocratique. J?avais parl? d?un coup d?Etat des financiers, en reprenant le vocabulaire des indign?s de Madrid. Le r?le ubuesque des agences de notation comme agent d?ex?cution des diktats du syst?me a ?t? ensuite dix fois ?tal? au grand jour. Mais le rouleau compresseur a poursuivi sa route. La pente autoritaire en Europe est prise et d?j? profond?ment enkyst?e. Le vocabulaire des commentateurs le montre assez. Papandr?ou est ??invit? ? s?expliquer??, Berlusconi est ??convoqu? et ainsi de suite. Le pr?sident fran?ais joue le r?le de l?enthousiaste de service, passeur du plat allemand. Il a pourtant ?t? s?v?rement renvoy? dans ses cordes par les conclusions du pr?c?dent sommet europ?en totalement domin? par les pires conservateurs allemands entr?s en campagne ?lectorale. Jeudi, entre deux s?ances du G20 ce fut l?apoth?ose des brutalit?s. Ou bien Papandr?ou c?dait ou bien il n?aurait pas d?argent. Il c?da. En ?change d?un blanc-seing de la droite de son pays. Deux mauvais coups en un de la part de ce n?ant ambulant du socialisme mondial. Le premier pour avoir avalis? la m?thode des brutalit?s, le second pour avoir donn? comme solution ? la crise la coalition avec la droite.

Le r?f?rendum ?tait sans doute une grande arnaque. D?j? les bons conseils n?avaient pas manqu? pour la r?daction de la question. Les dirigeants socialistes fran?ais ne furent pas les derniers ? proposer l?habituel dilemme qui tue. La question aurait ?t? : ??voulez-vous oui ou non l?Euro??. Avec l?alternative qui se d?duit automatiquement : si vous voulez l?Euro, c?est l?aust?rit? et le pillage du pays, si vous n?en voulez pas, c?est la catastrophe. Un vrai ? d?bat ? comme les aiment les increvables oui-ouistes, surtout en France.

 

Peut-?tre n?avez-vous pas eu le temps de prendre la mesure du z?le qui s?est manifest? de la part de certains ?ditorialistes. Aussit?t a recommenc? la musique sur le th?me ??qui n?aime pas l?aust?rit? n?aime pas l?Europe??, ??est un nationaliste?? et que sais-je encore, d?ball? ? toute vitesse des cartons d?archives de 2005. Evidemment, tout en subtilit?, l?injure a connu ses surench?re habituelles.

Dont le paroxysme est l?in?puisable amalgame de fin de banquet au ? Nouvel Observateur ? : la mise dans le m?me sac de Marine Le Pen et du Front de Gauche. Comme pas une personne n?y croit ni ne peut le croire, on comprend que le but est autre. Il s?agit une fois de plus de d?limiter un ? cercle des raisonnables ? partisan de ? la seule politique possible ? en promettant ? tous ceux qui en sortiraient le pire de ce que craignent Marie Chantal et Jean Patou : l?opprobre et la stigmatisation de la bonne soci?t?, celle qui tient les postes et les honneurs ? distribuer.

Le plus caricatural en la mati?re est le sieur Reyni? directeur de la fondation de l?UMP, repeint en ??politologue sp?cialiste des populismes?? lorsqu?il intervient dans les m?dias. Celui-l? n?est pas arr?t? par les mots. Il n?h?site donc pas ? dire qu?on trouve ? dans le m?me sac ?, litt?ralement, M?lenchon et Marine Le Pen. Cet amalgame nous indigne. Il faut y r?pondre chaque fois qu?on le peut. Expliquer sans rel?che est notre m?thode en toutes circonstances. Sans illusion : le mal sera fait de toute fa?on. Ayons cependant ? l??il que l?effet inverse fonctionne en notre faveur. Chaque heure de calomnie enfonce l?image qui montre tous ces gens d?accord entre eux, coalis?s dans l?injure, de l?UMP aux cercles de la bien-pensance socialiste. Ils se seront eux-m?me attach?s ensemble. Le moment venu ils couleront ensemble.

Mais l??v?nement c?est le retrait du r?f?rendum?davantage que la proposition de Papandr?ou de le faire ou m?me la question pi?g?e qu?il s?appr?tait ? poser. Car c?est dor?navant un symbole immense qui tombe. Dans l?Union Europ?enne, la d?mocratie est un probl?me, pas une solution. Le peuple lui-m?me est un probl?me. Par cons?quent, un peu plus t?t un peu plus tard, la suite est ?crite dans la certitude. Une politique sans alternative, et, qui plus est, impos?e de force fait n?cessairement ?clater le syst?me qui la contient. Si rien ne bouge, cela est aussi certain que le d?faut ? venir de la Gr?ce. La seule inconnue est : o? et quand le d?tonateur fonctionnera-t-il ?

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