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Italie : le retour du populisme de gauche, enfin !

LE YETI

Beppe Grillo aura r?ussi en Italie, ce que les ?lecteurs ?utiles? n?ont pas encore permis ? Jean-Luc M?lenchon ou ? Alexis Tsipras de faire dans leurs pays respectifs. Face ? la coalition de droite de Berlusconi et ? la coalition de centre gauche de Barsini, son parti Mouvement cinq ?toiles (M5S) r?ussit le tour de force de devenir le premier parti d?Italie. Au grand dam des antipopulistes primaires.

Les adeptes de ce dernier clan vont pourtant devoir ravaler leurs cris d?orfraie et se faire une raison. Oui, c?est une chose fort remarquable et appr?ciable que le M5S soit un parti populiste. De gauche.

Populisme (du latin ?populus?, peuple)?: ??discours politique favorable aux classes d?favoris?es, et souvent hostile aux ?lites?? (Wiktionnaire)

Chasses et privil?ges gard?s

Les ?lites, surtout lorsqu?elles traversent des p?riodes de tourmente, ont toujours ?prouv? un sombre ressentiment ? l??gard de tout ce qu?elles assimilent au populaire. Qu?on en juge au d?dain qui entoure le mot ?pl?be? (du latin ?plebis?, classe populaire), sans m?me aller jusqu?? parler du ?vulgaire? (du latin ?vulgus?, la foule).

Nos ?lites (et les fid?les serviteurs qui aboient dans leur ombre) ont transform? des mots comme ?populistes? en mots-couperets cens?s disqualifier d?avance tous ceux qui s?en r?clament? et menacent leur pr?-carr? d??lites. On y c?toie p?le-m?le les termes infamants de ?d?magogue? ou de ?complotiste?. On y distribue ? la pelle des points Godwin pour discr?diter de g?nantes comparaisons.

Bref, au bout du compte, il s?agit ni plus ni moins que de baliser le domaine du respectable et de l?admissible (le leur), dans lequel ceux-l? s?adonneront au doux th??tre de la d?mocratie entre gens bien (et de biens), en rejetant d?avance les trublions perturbateurs du commun.

D?ailleurs, que la temp?te se l?ve et les joueurs d?importance cessent instantan?ment leur joute de fa?ade pour se regrouper en coalition d?int?r?ts bien compris. Ainsi en Gr?ce, de la D?mocratie chr?tienne (droite) et du Pasok (socialiste).

Amalgame d?sesp?r?

On remarquera que nos antipopulistes primaires, juch?s sur leur branche de plus en plus vacillante, amalgament sans nuance le populisme de gauche (Grillo, M?lenchon) et le populisme de droite (Berlusconi, Le Pen). En ligne de mire des deux populismes, le peuple, mais non, pas pour les m?mes raisons, ce n?est pas vrai?!

Amalgame finalement assez d?sesp?r? parce que les gens commencent pr?cis?ment ? ne plus ?tre dupes. En Italie, les ?lecteurs de gauche ont ?t? finalement 25,5?% ? se foutre des rodomontades de nos bras cass?s et des injonctions des officines de sondage qui pensaient maintenir l?importun en de?? du cap des 20?%.

En dehors de menacer les int?r?ts d?une coterie de privil?gi?s, qu?est-ce qui fait qu?un populisme de gauche puisse ?tre dangereux?? Son absence de programme. Il paraitrait que celui du signor Grillo ait ?t? un peu plus sommaire que les projets du Front de gauche ou de Syriza.

Toujours les m?mes grosses ficelles

Mais enfin, on y trouve de mesures essentielles comme ce revenu d?existence fix? ? 1?000 euros par mois. Irr?aliste et populiste, braille notre gratin qui ne s??meut gu?re quand les saints patrons augmentent annuellement leurs revenus d?j? obsc?nes de 30?% par an.

Toujours les m?mes grosses ficelles faisand?es?! N?y a-il pas assez de p?tes en Italie pour nourrir toute la population?? Assez de toits pour prot?ger le menu fretin du soleil. Non, disent nos oligarques, ce qui manque, c?est ?les moyens?. Entendez, le pognon.

Eh bien, si l?argent manque, dit le populiste Grillo, on va aller se le chercher l? o? les voleurs l?ont planqu?. En passant ? la nouvelle lire et en enterrant leur euro de malheur.

Rupture b?te et brutale

Ce que marque l??mergence d?un populisme de gauche, c?est la rupture b?te et brutale des citoyens avec ceux qui pr?tendaient garantir leurs int?r?ts et qui ne parviennent m?me plus ? masquer leurs collusions avec la finance en folie. Ah, la claque sur la figure de l?aust?rit? personnifi?e par le technocrate Monti (10,5?%)?!

On renonce ? leur demander en pure perte de revenir ? la raison, de respecter leurs promesses ?lectorales dont on sait d?sormais qu?ils ne le feront jamais. On les vire et on se d?brouille soi-m?me.

Oui, le chemin du populisme (de gauche, je pr?cise encore) est sem? d?emb?ches et de chausse-trappes. Mais bien moins qu?en restant englu? dans un syst?me malfaisant qui vous entra?ne assur?ment vers le fond.

Voil? pourquoi l??mergence d?un populisme de gauche ? la Beppe Grillo est chose bien r?confortante.

Le Yeti

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