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Inversion et obstination

Par?Patrick Mignard Il y a du path?tique dans cette affaire de la courbe du ch?mage. Qu’un homme, quel qu’il soit, et?a fortiori?si c’est un personnage public et dou? d’une culture ?conomique incontestable, s’obstine ? nier une ?vidence, interroge plus sur la psychologie du personnage que sur le v?ritable objet de la question. Le pari sur le ch?mage est perdu, du moins dans le temps imparti au Gouvernement. Les deux raisons qui permettent d’?tre aussi affirmatif sont?: ?Une croissance ?conomique atone et qui n’est pas pr?te de repartir. – Une politique de l’emploi fond?e sur la cr?ation artificielle d’emplois aid?s. Tout le monde sait, ainsi que le Pr?sident de la R?publique et le Gouvernement, que ces deux conditions condamnent, en l’?tat actuel de l’?conomie fran?aise, le pronostic d’inversion. La promesse date de plusieurs mois… exactement depuis d?cembre 2012. Toutes les allusions au probl?me du ch?mage par le Pr?sident de la R?publique n’ont fait que confirmer la tenue du pari, et de ce fait l’enfoncer dans une situation intenable et absurde, ? l’?gard de l’opinion publique. Il a de ce fait nourri les illusions de celles et ceux qui croyaient qu’il avait les moyens de changer les choses et a ouvert une autoroute ? des oppositions (droite dite ??r?publicaine??, n?o fascistes en voie de ??d?diabolisation?? et gauche dite ??vraie??) qui ont confort?, par l?-m?me, leur fonds de commerce contestataire. Le pr?sident de la R?publique a fait de cette courbe une affaire personnelle. Il a tort. Non seulement parce qu’il ne pouvait pas gagner ce pari, ? moins de croire ? un renversement total, ? court terme, de la tendance ?conomique mondiale, autrement dit ? un miracle, mais aussi et surtout, parce qu’il n’a pas, ni lui, ni aucun autre, le pouvoir de cr?er les conditions ?conomiques de la relance de la croissance indispensable ? la cr?ation d’emplois dans un syst?me capitaliste fortement lib?ralis?. Les critiques formul?es par les oppositions, l’enfoncent moins qu’elles ne soulignent leurs discours d?magogiques. Il a promis et n’a pu ensuite oser se renier… Alors qu’il suffisait de dire les faits. Les d?g?ts, en terme de perte de cr?dibilit?, auraient ?t? moindres. Cette affaire soul?ve tout de m?me la question du pouvoir politique et de ses limites. Nous avons assist?, et assistons, ? une obstination dans l’erreur qui finit de d?cr?dibiliser le pouvoir. ? ?tre complaisant avec les contraintes impos?es par le capitalisme, on en devient l’instrument… C’est toute la trajectoire de la Gauche depuis un si?cle. On ne peut alors construire son image que sur des faux-semblants, des promesses, qui alimentent ? la fois la d?magogie des autres forces politiques et d?sesp?rent les citoyens qui voient les limites d’un ?tat et imaginent – ? tort – que, beaucoup plus fort, il r?glerait leurs probl?mes. Patrick Mignard 9 janvier 2013 Voir aussi?:?L’emploi et la croissance altermonde-sans-frontiere.com

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