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George Orwell et les intellectuels (2)

Il est des créateurs ou des artistes qui ont les pieds sur terre, et non pas la tête dans les étoiles, c’est-à-dire à Berlin, au pied des barrages sur le Dniepr ou dans les savanes de l’Abyssinie. Ce peut être le cas de D.H. Lawrence, digne d’estime, malgré certains égarements idéologiques, car n’ayant pas trahi ses origines en accédant aux classes moyennes (CEJL, I, p. 556)12. Plus intéressant apparaît Henry Miller à qui, bien que presque tout les opposait, Orwell aurait donné le bon dieu sans confession. Orwell regrette assurément que dans un Paris envahi par une kyrielle de «faux artistes, de débauchés et d’imposteurs» en quête d’identité et de succès hypothétique, Miller s’installe douillettement, avec toute la faiblesse tranquille qui le caractérisait dans «le ventre de la baleine»13. Mais ce qui plaît à l’auteur de “Inside the Whale”, c’est que son ami américain postule que l’écrivain bourgeois problématique est condamné au même titre que l’hippopotame. A quoi bon écrire «pour» dans la mesure où la boucherie de la grande guerre a relégué au placard les valeurs sur lesquelles croyait reposer la société occidentale? C’est pourquoi, explique Orwell, Miller préfère franchement se «soumettre» à l’iniquité, à la tyrannie et à l’embrigadement pour atteindre les «limites infran­chissables de l’irresponsabilité». Alors, demandera-t-on, que retient Orwell de positif chez l’individu Miller ainsi que dans son œuvre? Simplement ceci : l’écrivain américain est un homme absolument libre et serein. Et c’est pour cela que ses livres sont beaux et originaux. Ce ne sont pas les «renifleurs d’orthodoxie» qui écrivent les bons romans, pense Orwell, mais les gens qui n’ont pas peur. Peur des discours, peur de la rhétorique. Le créateur libre est, par essence, un libéral, même s’il n’est qu’un fétu de paille dans ce monde caporalisé. Miller est la preuve par l’absurde qu’il n’y a pas de grande littérature quand la cause de la démocratie semble perdue.

Quelques années plus tard, Orwell prendra la défense d’un autre écrivain “irresponsable”, non problématique mais ayant posé problème, P.G. Wodehouse. Alors qu’Orwell a, des années durant, fustigé les intellectuels de gauche, il absout, sur des bases assez inattendues, un écrivain “apolitique” qui s’est fourvoyé chez les Nazis. En effet, au mo­ment où son pays est traumatisé par la guerre-éclair et tandis que de nombreux jeunes Anglais ont péri au combat, Wodehouse, prisonnier, se laisse interviewer sur ses conditions de détention en Allemagne par une radio américaine. Il affirme que l’internement a du bon car — et il n’y a là aucun humour au second degré, il permet de «faire des lectures qu’on a en retard» (CEJL, III, p. 388 sqq.)14. Orwell soutient son confrère parce qu’il est un écrivain non intellectuel, non politisé, irresponsable dans ses propos. Si Wodehouse a accepté de parler à Berlin aussi légèrement, c’est qu’il est «naïf et stupide». Surtout, Orwell prend sa défense parce qu’il trouve un peu facile de s’acharner sur des boucs émissaires alors que les vrais faiseurs d’opinions (comme Lord Beaverbrook) ne sont pas inquiétés. Orwell lui accorde donc le béné­fice de clergie refusé à Salvador Dali, aux “aveugles” de gauche et aux pacifistes de tout poil, tandis qu’il qualifiera de «propagande démagogique» les émissions radiodiffusées de J.B. Priestley pendant la guerre15. Il insultera donc un patri­ote progressiste alors que, par ailleurs, il se montrera magnanime pour les collaborateurs français et même pour certains criminels de guerre fascistes16. Mais il faut dire que la mauvaise foi d’Orwell vis-à-vis des intellectuels fut constante. Elle atteignit peut-être des sommets lorsque, dans un article de Tribune en 1945, il expliquait que la faune littéraire française s’était «extrêmement bien comportée» sous la botte allemande, et donc qu’il souhaitait que les intellectuels anglais se fussent aussi bien tenus en cas d’occupation (CEJL, III, p. 366).

 

Mais qu’est-ce que, pour Orwell, un intellectuel?

Malgré de nombreuses pages de fiction, de journalisme ou d’essais consacrées à l’intelligentsia londonienne, c’est une question que cet auteur ne s’est jamais réellement posé17. On note que ce champion de l’anglicité utilise davantage le concept russe d’intelligentsia que le mot intellectuel, d’origine française, il est vrai. C’est qu’Orwell considère les intellectuels «en bloc», comme une espèce darwinienne, une faune parasitaire à qui il ne souhaite pas de survivre, sans liens organiques authentiques avec le reste de la société. Quand, dans “ The Lion and the Unicorn ” (CEJL, II, p. 74 sqq.), au moment où il écrit sous les bombes d’avions allemands pilotées par d’autres intellectuels, il leur oppose «les bou­tiquiers en guerre», il marque combien cette catégorie socioprofessionnelle — à qui il adresse maints reproches comme celui de ne défendre que ses intérêts corporatistes, est profondément intégrée au tissu social du pays. De la gens intel­lectuelle, il ne distingue que quelques caractères caricaturaux mais qu’il dit représentatifs comme dans la violente apos­trophe de The Road to Wigan Pier où il a l’habileté d’inclure sa personne : «You and I and the Editor of the Times Lit. Supp., and the Nancy Poets and the Archbishop of Canterbury, and Comrade X, author of Marxism for Infants ». C’est l’époque où il “gauchise” sa pensée alors que sa culpabilité n’est pas encore pleinement exorcisée. C’est pourquoi il affirme jouir, aux dépens des travailleurs, des mêmes privilèges que ceux de la tribu qu’il raille : «All of us really owe the comparative decency of our lives to poor drudges underground» (Wigan, p. 31).

Hormis quelques rares développements sur les origines de classe et l’éducation des membres de l’intelligentsia, Orwell s’est peu intéressé à la fonction et à la place précise qu’occupent les intellectuels dans la société. Le principal reproche qu’il leur adresse est — paradoxe!, de vivre avec les idées. Jamais un écrivain anglais n’aurait pu écrire Guerre et Paix, pense-t-il, non par manque de talent, mais par manque de sensibilité et de relations avec autrui. Tolstoï «lived in a great military empire in which it seemed natural for almost any young man of family to spend a few years in the army, whereas the British Empire was and still is demilitarized to a degree which continental observers find almost incredible» (CEJL, II, pp. 223-4). En outre, alors qu’il s’est toujours targué d’aimer la surface des choses, Orwell reproche aux intellectuels leur «manque de profondeur» dû à une méconnaissance volontaire du patrimoine culturel national, de leur éloignement de la common culture, ce concept bien à lui et qu’il affectionnait18. C’est qu’Orwell est traversé par une vision quasi pascalienne de l’intellectuel, celle qu’inscrivait Malraux dans sa fameuse question : «Qu’importe ce qui n’importe qu’à moi?». Le fait est que pour l’auteur de “How the Poor Die” (CEJL, IV, p. 261 sq.) l’intellectuel anglais n’accède pas à la grandeur par manque d’une conscience vraie du réel, parce qu’il croit qu’il peut se soustraire à sa condition corporelle, parce que son esprit n’a pas payé le prix d’une passion de la vie, d’une souffrance vitale, parce qu’il n’a pas franchi les obstacles du bois sacré de l’existence qui, seuls, peuvent faire comprendre combien le poids de la chair est triste. Dans cette optique, Orwell ne conçoit l’intellectuel que comme un visionnaire, un translucide unissant en lui pas­sion et culture, capable de révéler le secret de la vie des objets et des êtres placés «devant le nez» (CEJL, IV) de chacun, capable de révéler, par delà l’intelligence pure, l’essence des choses, parce que sa pensée est généreuse comme celle de Dickens, courageuse comme celle de Henry Miller et morale comme celle de Bertrand Russell.

Se démarquer des intellectuels (alors qu’il en est un lui-même malgré sa différence) autorise Orwell à disserter sur l’image de l’intellectuel dans la société anglaise. En partant du principe (qui, naturellement n’a jamais été démontré, pas par lui, en tout cas) que les Anglais ont la pensée abstraite en horreur et qu’ils sont même capables d’agir sans penser, il postule que la force du peuple anglais réside, pour une bonne part, dans sa méfiance pour les idéologies et son penchant pour les problèmes concrets. Pour Orwell, les gens ordinaires ont une pensée à ce point tonique qu’«au moment décisif ils apparaissent plus intelligents que les malins» (“Inside the Whale”). Ils attaquent les intellectuels, par la droite ou par la gauche : le vocable “intellectuel” est une insulte à la fois pour le Daily Worker et pour Punch. Mais il y a plus sérieux : les marxistes de stricte obédience et les hommes politiques de base méprisent l’homme intelligent ou l’artiste émérite en ce qu’ils sont des intellectuels bourgeois, véhiculant une culture élitiste pour la consommation des classes dirigeantes (“The Lion and the Unicorn”).

Même à l’époque de la guerre où il fallait serrer les rangs, Orwell n’a jamais vraiment cru que les intellectuels pourraient s’agréger aux masses et leur être utiles. Pour lui, l’intellectuel anglais souffre d’une tare rédhibitoire : sa tour­nure d’esprit étant négative, il récrimine mais ne construit pas. De plus, son souci de se démarquer du vulgum pecus par des comportements excentriques (Orwell aime brocarder les «buveurs de jus de fruit chaussés de sandales, les végétariens antialcooliques») ou l’expression de théories arides le ridiculise aux yeux de l’Anglais moyen.

Orwell ne s’en prend jamais au lecturer de base, et rarement aux universitaires de haute volée. Il s’agit là de caté­gories d’individus qui resteront toujours pour lui des étrangers, à l’exception notoire de Freddy Ayer, professeur de logique à l’Université de Londres («a great friend of mine», CEJL, IV, p. 178). Il préfère railler, en généralisant et en cari­caturant, le microcosme des fils de la bourgeoisie bien née, ces jeunes loups fortunés qui glissent avec grâce d’Eton à Cambridge et de Cambridge aux revues littéraires et qui, dans Keep the Aspidistra Flying, empêchent son personnage principal de publier dans les revues qu’ils contrôlent (pp. 39-84). Dans The Road to Wigan Pier, il soutient que pour faire son chemin dans les sphères intellectuelles il faut faire des courbettes dans les cocktails, «baiser le cul de petits lions couverts de vermine», et il regrette dans la foulée que les prolétaires ne puissent accéder à la bourgeoisie qu’en passant par la scène littéraire (p. 144). A maintes reprises, il qualifie les «truands à particules» de l’édition de «Pansy Left». Dans la mesure où il n’a jamais évoqué la «Pansy Right», on peut penser que la féminisation de certains intellectuels de gauche anglais symbolise, derrière un machisme qui ne s’ignore sûrement pas, une légèreté de… pensée pouvant déboucher sur l’irresponsabilité, voire une réelle brutalité d’écriture que son parti pris d’adopter le point de vue de l’avocat du diable n’excuse pas : «To be a highbrow, with a footing in the snootier magazines, means delivering yourself over to horrible campaigns of wire-pulling […]» (Wigan, p. 144).

Dans “Inside the Whale”, Orwell attaque très durement Auden coupable d’utiliser des mots dont il ne sait pas, parce que toute sa vie fut protégée, à quelles réalités ils renvoient. On peut, cela dit, se demander si Orwell n’avait pas vu extraordinairement clair dans la personnalité d’Auden. En effet, un peu avant sa mort, le poète déclarait à Richard Hoggart : «We the middle class are the pivot of society. We keep the shops open while the aristocracy goes shooting and the workers go boozing»19. On note cependant que le seul personnage de fiction correspondant à l’arché­type tant décrié du bourgeois idéaliste frais émoulu de Cambridge, Ravelston, est, dans Keep the Aspidistra Flying, un homme sympathique, un riche socialiste qui sait assumer ses contradictions. Avec Ravelston, Orwell aurait pu réfléchir au rôle du bourgeois de gauche dans la société anglaise, ou encore montrer la société par le regard de ce type d’individu. Mais il est resté en deçà de ses possibilités, sûrement parce que Ravelston était directement inspiré d’un de ses propres amis : Richard Rees20.

Dans un pays comme l’Angleterre, assure le narrateur de Keep the Aspidistra Flying, «on ne peut pas plus accéder à la culture que s’affilier à un club de cavalerie si l’argent fait défaut» (p. 49). Ce type de raisonnement — dont on a du mal à déterminer s’il est marxiste ou poujadiste avant l’heure, supposant que la richesse et le savoir sont les degrés qui permettent d’accaparer le pouvoir, n’est pas fréquent chez l’Orwell des années trente. Mais nous sommes à un mo­ment où, pour reprendre l’expression de Gilbert Bonifas, il est en pleine «carence idéologique»21 et où il se cherche des boucs émissaires. On peut alors lui adresser le reproche qu’il fera à la gauche anglaise quand elle clouera Wodehouse au pilori. L’intellectuel est donc un individu aux manières grotesques et le garant des privilèges culturels et sociaux de la classe dominante. Mais on ne le voit pas à l’œuvre dans les écrits d’Orwell. Que fait-il à part comploter dans les salons contre les écrivains méritants d’origine modeste? De quoi ses livres sont-ils faits? Comment ces livres parlent-ils de la société? Y a-t-il entre la production élitaire et la culture commune des points de rencontre? Ces questions ne sont jamais posées.

A l’époque de la rédaction de The Road to Wigan Pier, le mépris d’Orwell pour ceux qui pensent atteint des sommets. Il expose par exemple qu’après la boucherie de 1914-18 les jeunes affichent, ce qu’il admet fort bien, des idées pacifistes. Mais sa plume glisse rapidement vers l’amalgame et l’insulte : les jeunes raillent le monde inutilement, il est de bon ton de s’afficher “bolcho” et, d’une manière générale, l’Angleterre est submergée par des idées “antinomiennes”, “prédigérées” telles que le pacifisme, l’internationalisme, l’humanisme mis à toutes les sauces, le féminisme, l’amour libre, le divorce, l’athéisme, le contrôle des naissances (Wigan, p. 121). Ce prurit de snobs se croyant révolutionnaires ne dure pas car les jeunes iconoclastes d’Eton vieillissent et jettent leur gourme. Un seul d’entre eux, dans les années vingt, s’enrôle dans la police impériale birmane, sans qu’on sache exactement si, pour lui, cet engagement représente la vraie vie. Tous les autres se regroupent dans les cercles intellectuels des beaux quartiers de Londres. Ce qui renforce l’épanouissement du groupe de Bloomsbury dont Orwell feint d’ignorer totalement la contribution à la réflexion sur l’esthétisme, sur l’écriture, pour ne retenir, dans un écrit de 1940, que le «ricanement mécanique» d’«intellectuels fossilisés». Et Orwell crédite bizarrement des mêmes méfaits, vouent aux gémonies, en les mettant sur le même plan, ces fins intellectuels et les colonels en retraite : «A modern nation cannot afford either of them. Patriotism and intelli­gence will have to come together again» (CEJL, II, p. 96).

 

12 On note qu’Orwell entretient le mythe sur les origines sociales de Lawrence, qui n’était pas, à proprement parler, d’origine prolétarienne, même si lui-même avait fini par le croire. Son père était chef d’équipe et sa mère institutrice. Leur maison avait une fenêtre en baie et une entrée séparée.

13 “Inside the Whale” (CEJL, I, p. 540 sq.).

14 En 1944, Wodehouse revient en Angleterre et le ministre des affaires étrangères, Sir Anthony Eden, confirme, après qu’Orwell et Malcolm Muggeridge ont pris sa défense, que l’écrivain ne sera pas poursuivi. Wodehouse s’expatriera aux Etats-Unis, blessé d’avoir été suspecté de trahison, et prendra la nationalité américaine.

15 CEJL, III, p. 402. L’attaque contre Priestley ne laissait pas de surprendre : socialiste fabien, l’auteur de The Good Companions n’était nullement un fanatique du stalinisme et son attitude pendant la guerre fut irréprochable.

16 “Who Are the War Criminals?” (CEJL, II, p. 363 sqq.). Dans ce très fort texte, Orwell dénonce la connivence des Conservateurs britanniques (Winston Churchill au premier chef) avec le Mussolini des années vingt et trente, celui qui tentait de faire plier l’Abyssinie et qui était, à l’intérieur de ses frontières, le meilleur rempart contre le “bolchevisme”. Il dénonce l’abandon intellectuel et moral de la classe dirigeante anglaise : «When one thinks of the lies and betrayals […], the cynical abandonment of one ally after another, the imbecile optimism of the Tory press, the flat refusal to believe that the dictators meant war, […] the inability of the moneyed class to see anything wrong whatever in concentration camps, ghettos, massacres and undeclared wars, one is driven to feel that moral decadence played its part as well as mere stupidity».

17 Nous retiendrons, quant à nous, la définition de Pascal Ory : «un homme du culturel mis en situation d’homme du politique». “Qu’est-ce qu’un intellectuel?” in ed. P. Ory, Dernières questions aux intellectuels (Paris: Olivier Orban, 1990), p. 24.

18 Ce concept de common culture a peut-être inspiré certaines réflexions de T.S. Eliot dans son essai d’après-guerre Notes Towards the Definition of Culture (Londres: Faber and Faber, 1948) ; les deux hommes s’étaient beaucoup fréquentés pendant la guerre et ils s’estimaient profondément : «It is important to remember that we should not consider the upper levels as possessing more culture than the lower, but as representing a more conscious and a greater specialisation of culture» (p. 48).

19 Conversation particulière (mars 1988).

20 Propriétaire et rédacteur en chef de l’Adelphi, Rees contribua à lancer Orwell comme journaliste. Il est l’auteur du très chaleureux George Orwell: Fugitive from the Camp of Victory (Londres: Gollancz, 1961).

21 Gilbert Bonifas, George Orwell : L’Engagement (Paris: Didier Erudition, 1984).

 

 

Bernard Gensane

*http://bernard-gensane.over-blog.com/

 

 

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