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FIN DE R?GIME ? QU?BEC – NE TOUCHEZ PLUS ? NOS ENFANTS, MANANTS!

FIN DE R?GIME ? QU?BEC

Jean Charest haussa le ton et sa voix menue fut entendue jusqu?au fond du Salon bleu par les reporters de la presse docile. Ce n?est pas la fin de r?gne qu?il avait souhait?e. La clique de journalistes qui lui sont attach?e comprit qu?ils devaient s?ajuster, car bient?t eux tous devraient servir un nouveau sous-fifre.

Dans ses r?ves les plus fous, Charest s??tait vu quittant la vie publique sous les applaudissements de ses partisans, b?n?ficiant de l?entendement complaisant de ses mandants, hypocrites et soumis, chacun ayant un bon mot pour lui, plut?t que ces chuchotements venant du fond du parlement en ces derniers moments de son gouvernement d?cadent.

Foin de cette gloire ?ph?m?re! Les rues de Montr?al, de Qu?bec, de Sherbrooke, de Gatineau, de Rimouski sont maintenant jonch?es de verre bris?, d?affiches le conspuant, de pancartes le ridiculisant, lui le manant. Les rues de ces cit?s remplies de chiens enrag?s, de chevaux apeur?s, de policiers ameut?s, casqu?s, masqu?s, arm?s, rang?s, boucliers et matraques lev?s, discr?dit?s, d?fi?s par ces milliers et ces milliers d?enfants, d?adolescents, de jeunes et de parents endoloris par ce g?chis. Parents heurt?s certes mais fiers de leur prog?niture – plus d?termin?e que nous ne l?avons jamais ?t? – ? rejeter le diktat des haut plac?s ? des capitalistes milliardaires et de leurs thurif?raires tellement d?sol?s ? non pas d?sol?s de voir nos jeunes matraqu?s, pas du tout ? d?sol?s de se voir g?cher leur sortie de piste apr?s des ann?es de bons et loyaux services au service des riches.

Depuis le d?but de ce conflit le 12 f?vrier dernier, contre ces jeunes malappris, pense-t-il; qu?il traita avec m?pris du haut de sa grandeur l?gitime, pense-t-il; jusqu?? ce chant du cygne de la disgr?ce command? par ceux qui ? Sagard avaient plac? en lui toute leur confiance, aujourd?hui d??ue, pense-t-il.

Ti-Jean, transfuge de Conservateur-lib?ral ? Lib?ral-conservateur, n?a-t-il pas re?u le sceptre du pouvoir des mains de celui qui le d?tient ? N?a-t-il pas re?u l?onction de l?arrogance des mains de ceux qui font les Premiers ministres dans le richissime domaine priv? du haut de la falaise surplombant le fleuve aux grandes eaux ?

R?unie r?cemment au domaine de Sagard, autour de la Table ronde des chevaliers d?industrie et de la finance, ils ont d?sign? le pr?tendant politique vassal qui lui succ?dera. Ti-Jean r?pudi? mais quand m?me d?cid? ? livrer ce qu?il a promis, suit son chemin avant que d??tre cong?di?.

ILS NE VEULENT PAS FAIRE ?LEUR PART? POUR LES RICHES

Ce ne sont que des jeunots d?lur?s, pense-t-il; inconscients et irresponsables, pense-t-il; qui lui ont barr? la route vers un nouveau mandat, pense-t-il; qui refusent de faire ? leur part ? pour sortir les milliardaires de Sagard de la mis?re pense-t-il. Ces jeunes sont convaincus qu?ils ont assez donn? ? particuli?rement leurs parents ouvriers – travailleurs ? ch?meurs ? petit-bourgeois paup?ris?s. Ces jeunes effront?s refusent de verser 1778 $ par ann?e pour le profit de ces milliardaires ? appauvris ? par leurs crises ?conomiques successives; vous savez ces constructeurs de routes, de ponts, d?h?pitaux, de complexes municipaux et autres pr?varications qui sont l?gion en cette fin de r?gime. Le Pr?sident de Rio-Tinto Alcan est pr?sent, qui tend la main et re?oit ses 75 millions de subventions des mains du repr?sentant du gouvernement : il appr?cierait ce Pr?sident que les ?tudiants fassent ? leur part ? pour le b?n?fice de ses actionnaires. Ils sont des dizaines ainsi ? se presser dans l?antichambre de la corruption, ? inciter Ti-Jean l??bouriff? ? ?craser ces jeunes r?volt?s.

TI-JEAN A SON PLAN

Depuis le d?but de ce combat, Ti-Jean l??bouriff? avait esp?r? qu?ils allaient s?essouffler pensait-il; sa tactique avait consist? ? nier. Puis, dix semaines de gr?ve et 300 000 gr?vistes plus tard, il consentit ? discutailler, mais jamais des droits de scolarit?, juste de quoi gagner du temps car, pensait-il, ils allaient s?essouffler. Observant que les jeunes ne s?effondraient pas, il pensa que ses cerb?res allaient leur faire leur affaire ? les limiers de l?ins?curit? enrag?s d?guis?s en Robocop, largu?s par camions, chevaux, autos, motos, bicyclettes, h?licopt?res, ne firent pas dans la dentelle et y mirent tout leur z?le. 1000 arrestations et 800 bless?s et estropi?s plus tard, ils allaient s?essouffler, pensait-il; mais rien n?y faisait, alors Ti-Jean le sortant eut une id?e ? il ?tait ministre de la jeunesse tout de m?me. Il ordonna aux juges et aux tribunaux de se compromettre et de r?aliser par la loi ce qu?il ne parvenait pas ? faire avancer par l?effroi.

L?INJUSTICE DES RICHES

Les juges ? la solde, l?avant dernier rempart de la loyaut? envers les puissants de Sagard, o? quelques privil?gi?s ont ?t? re?us en audience, reconnaissants de pouvoir contempler la L?gion d?honneur du seigneur des lieux, heureux de baiser l?anneau et de ployer le genoux devant le pontife de l?assembl?e des riches. Les juges se mirent vaillamment de la partie et jet?rent de ce c?t?-ci de la balance d?injustice leurs mis?rables injonctions de chiffon, esp?rant stopper la mar?e humaine des indign?s ? outr?s ? d?sillusionn?s ? propos de la justice des milliardaires.

Cinq cents injonctions plus tard, ils allaient s?essouffler, pensa-t-il ! Eh bien non, son dauphin s?approchait d?j? et Ti-Jean n?avan?ait pas d?un pas. S?il ne parvenait pas ? cr?er l?illusion d?une solution, il recevrait une sommation de se pr?senter au ch?teau de Sagard ? devant la table de ses pairs ? rien d?autre en mains qu?une masse de r?volt?s refusant de faire ce que leurs p?res avaient toujours fait avant eux : payer et se la fermer.

?TUDIER PENDANT UNE GR?VE DES ?TUDES ?

Emp?cher les jaunes ?tudiants ? scabs ? de suivre leurs cours pendant une gr?ve vot?e par la majorit? est un devoir pour les Partisans qui doivent faire appliquer les d?cisions de l’assembl?e g?n?rale, co?te que co?te. Sinon, inutile de faire gr?ve comme chaque ouvrier en conviendra. Plut?t qu?une loi anti-scab Ti-Jean a concoct? une loi pour prot?ger les ? scabs ? !

? propos des casseurs – des communistes – des ?trangers malfam?s, infiltr?s, voil? une vieille rengaine chauvine ressortie d?une ?poque ancienne. Cette th?orie paternaliste-journalistique voudrait laisser croire que les Qu?b?cois sont des moutons dociles, soumis, ataviques, r?sign?s, pr?ts ? la tonte; elle voudrait laisser croire que s’il y a de la r?sistance aux injustices et une guerre de classes pour d?fendre le droit ? l’?ducation pour tous, c’est obligatoirement le fait d’?trangers malveillants ? le fait de casseurs infiltr?s – qui ne peuvent pas refl?ter ? nos ? valeurs en la Vierge Marie et au Fr?re Andr? (ce furent des arguties d?clam?es pendant la gr?ve de l’amiante dans les ann?es cinquante).

Vous en conviendrez, cette rengaine des infiltrations est ancienne et elle m?prise notre peuple. Nous sommes ? majorit? des r?volt?s, des opposants enrag?s contre le crime consistant ? nous transf?rer sur le dos le co?t de leur crise ?conomique et de leur faillite. Que Sagard assume sa crise, d?sol? si les profits des Desmarais ne sont pas aussi ?lev?s qu?esp?r?; ceux de Bombardier aussi, et pour les profits des banques et bien tant pis! Que les riches payent et qu’ils se d?brouillent avec leurs crises en rafale, nous ne payerons pas.

RACAILLE JOURNALISTIQUE ET ANALYSTES ? LA SOLDE

Je sais que l?on m?en voudrait d?oublier les chiens de garde du r?gime ? les pr?tres assesseurs ? les Fous des puissants ? cam?ra au poing comme une arme s?lectionnant minutieusement les images capables de faire para?tre coupable le moutard innocent et d?attirer la piti? sur le policier casqu? ? masqu? ? arm? ? blind? ? prot?g? par ses co?quipiers meurtriers.

Derri?re ce comp?re ? la cam?ra aust?re, trottine et vitup?re le reporter ? la langue de vip?re, qu?tant l?aveu de violence de l??tudiant menott?, isol?, presque nu dans les rues de la ville, ?perdu, bloqu?, encercl?, matraqu?, un caillou entre les genoux, ? l?assassin ?. Le reporter a trouv? un enfant pleurant dans un coin, une pierre ? la main, sous un h?licopt?re battant l?enfer ? la voil? la violence des manifestants ?tal?e dans toute sa crudit? ? provocante ? capable d??branler les fondements de cette soci?t? que lui, l?affid? bien pay?, veut tant pr?server. Il a eu tant de mal ? le d?goter cet emploi de journaliste servant, pour ne pas se le laisser chiper par le premier venu plus soumis, plus flagorneur que lui; alors ils crient, le Poirier, le Roy, le Lester, le Mario, le Pratte, le Lapierre, le Martineau et autres mis?rables : ? Qu?on le pende cet enfant, qu?on les pende tous avant qu?ils ne nous aient fait perdre nos emplois fragiles. Voyez, patrons Desmarais, P?ladeau, Charest, Harper, je b?gue plus fort que tous les autres aspirants. ?.

Tous les jours sur les cha?nes t?l?, chaque matin dans les quotidiens, les relayeurs des scribouilleurs sur le terrain, les experts en tout et en rien du tout, faisant fi de leur d?ontologie et de leur feuille de vigne d?objectivit?, se transforment en ?ditorialistes et s?appesantissent sur la ? nouvelle ?, cherchant ? lui faire dire le contraire de ce qu?elle appelle.

? Le gouvernement indiff?rent a tout fait pour s?entendre avec les ?tudiants, disent-ils. Les ?tudiants ont tout fait pour perdre leur session, leur argent et leur avenir. Ils veulent ?tudier ? pour ne pas ?tudier ? et n??tre jamais dipl?m?s, disent-ils. Les jeunes se battent tr?s fort pour la gratuit? scolaire, juste pour faire l??cole buissonni?re, disent-ils; et autres salmigondis, disent-ils ?.

L??TONNEMENT DES BIEN PENSANTS

Comprenez l??tonnement de tous ces bien-pensants. Ces jeunes gens ne respectent ni monsieur le Premier Ministre, ni son excellence le milliardaire en coulisse, ni les d?put?s d?voy?s, ni les juges soudoy?s, ni les journalistes enr?giment?s, ni les policiers arm?s-meurtriers, ni les recteurs surpay?s, ni les sp?culateurs contributeurs, ni les maires pr?varicateurs, ni les analystes enrag?s. Mais ? la fin, qui respectent-ils ces ?tudiants ? Leur p?re ouvrier, leur m?re mortifi?e, leurs camarades solidaires ? gr?vistes pour la justice et contre la hausse des droits de scolarit? – toutes gens inconnues que l?on a jamais vues ? la t?l? de P?ladeau ni dans la grosse Presse ? Desmarais, ni ? Radio-Can ? Harper.

Et ces biens pensants de pontifier : ? Nous, pauvres gens, nous avons toujours ploy? l??chine devant les puissants, pourquoi ces enfants ne peuvent-ils en faire autant ? Ils ne peuvent vaincre les anges de la mort ? nous avons essay? et nous avons ?t? ?cras?s, ils le seront tout autant ?.

Jean Charest sait que sa carri?re politique se termine ici, qu?? Sagard ils ont d?j? d?cid? de le cong?dier pour son incapacit? ? gouverner, qu?il faudra rapidement le remplacer et qu?il ne lui reste que l?indignit? de transmettre ? son successeur cet h?ritage d?sastreux. Pourtant, il doit gagner du temps pour pr?parer la place de son adjudant. Voil? pourquoi il ?dicte sa ? Loi 78 ? pour m?priser ? casser ? ?craser ces jeunes qui pourtant ne peuvent ?tre vaincus.

Dans un mois, dans six mois, dans deux ans, dans cinq ans, ils reprendront le combat, ? moins que la soci?t? qu?b?coise ne se r?signe ? vivre ?ternellement sous cette loi des mesures de guerre qui ne dit pas son nom. Et m?me sous cette loi, la r?sistance est encore possible, le maquis urbain menace tous ces larbins qui demain se demanderont ce qui survient soudain au pays de Maria Chapdelaine, du Survenant, de Ti-Coune Charest et des Partisans.

Ti-Jean pr?tend vouloir assurer l?accessibilit? de l??ducation pour tous et, pour ce faire, il pr?sente une loi ignoble (Loi 78), mais alors pourquoi attaquer l?accessibilit? ? l?enseignement par une hausse des droits de scolarit? qui chassera plus de 7000 ?tudiants par ann?e des universit?s ?

Simple, Ti-Jean, d?cr?te le gel des droits de scolarit? et le tour est jou?. Si ce n?est pas toi ce sera ton Juda qui le fera. Les jeunes peuvent ?tre matraqu?s mais ils ne peuvent ?tre battus.

NE TOUCHEZ PLUS ? NOS DESCENDANTS, MANANTS!
robertbibeau@hotmail.com
(Sign? par un carr? rouge et blanc)

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3 Commentaire

  1. avatar

    Je transmet ce texte à tout notre réseau.

    Bravo!

    Denis G.

  2. avatar

    (Y)

    Épilogue:
    Merci JJC pour avoir permis à ces jeunes de découvrir dans l’action la colle de la toile d’araignée dans laquelle le système les destine hypocritement.
    Ils seront forcés de s’affranchir des chaînes de l’argent dans le remplacement de la « formule Rand » par un outil international moderne; des chaines d’un local physique par l’utilisation de l’immense espace international du « nuage »; du contenu stérile des cursus universitaires par la fréquentation de l’université libre et gratuite disponible universellement par l’Internet dispensée par des Hommes et des Femmes affranchis, ces pères et ces mères jadis empêchés.
    Merci, grand patriote inconscient.

  3. avatar

    Bravo,
    C’est avec plaisir qu’il est commenté sur Les Voix du Panda depuis ce matin.

    Amicalement,
    Le Panda
    Patrick Juan (Y)