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S?cheresse : et si la bio avait des r?ponses ? – les producteurs d’Atanka t?moignent

 

Source: http://sos-crise.over-blog.com/article-secheresse-et-si-la-bio-avait-des-reponses-conseils-plantations-agenda-75637180.html

Atanka

Un sol vivant retient plus d’eau

Issu de la d?composition des mati?res organiques, l’humus peut stocker d’importants volumes d’eau… qu’il restitue ensuite aux racines. De m?me, certains micro-champignons se d?veloppent en symbiose avec les racines et am?liorent leur capacit? de captation, de stockage et de restitution de l’eau.

Les Fonts R?sultat : « Si je gratte un peu, mon sol reste humide et frais ! » constate ces jours-ci Didier Lamirand de l’oliveraie des Fonts.

En agriculture conventionnelle, toute cette microbiologie est tu?e par le labour et les pesticides. Le sol devient un simple support min?ral incapable de stocker puis de restituer l’eau.

Alors que la France est le 3?me consommateur mondial de pesticides et le premier consommateur europ?en, il n’y a aucune chaire officielle de microbiologie des sols en France depuis la disparition du secteur microbiologie des sols de l’Institut Pasteur… cherchez l’erreur !

Un sol couvert limite l’?vaporation

Fraisiers sur BRF - Bois Ram?al Fragment? Bien connues des paysans les plus en pointe dans l’agriculture biologique ou naturelle, des techniques telles que le Bois Ram?al Fragment? (BRF ? sol couvert de plusieurs centim?tres de rameaux broy?s) ou le semis sous couvert (on s?me les graines directement sur les restes de la culture pr?c?dente ou sur un tapis de plantes telles que du tr?fle) permettent de ne jamais laisser la terre ? nu. Ce qui favorise la microbiologie du sol (encore !) et limite l’?vaporation.

Ces techniques sont notamment mises en oeuvre par Philippe Amalric (Les Estrets), Julien Taton (la Ferme du Quart Pichet), Robert Salicis

Dans nos campagnes, on voit souvent des hectares de terre ? nu soigneusement labour?e, hers?e et gratt?e… ce qui n?cessite en plus des heures de travail au tracteur en consommant d’?normes quantit?s de gasoil… cherchez l’erreur !

Les engrais « d?connectent » les plantes du climat
et les emp?chent de s’adapter

Comme nous l’explique Julien Taton, « mes plantes n’ont pas besoin de M?t?o France pour savoir le temps qu’il va faire. Cela fait longtemps qu’elles se sont adapt?es au climat de cette ann?e. Elles font moins d’?pis mais pourront les amener ? maturation. Par contre, si on pousse artificiellement les plantes avec des quantit?s d’engrais, on les oblige ? faire autant d’?pis que les ann?es pr?c?dentes, mais il n’y aura pas assez d’eau : r?sultat, tout meurt. » … cherchez l’erreur !

Adapt?es et diversifi?es, les vari?t?s locales r?sistent mieux

80% des l?gumes cultiv?s il y a 50 ans ont disparu. Une douzaine de vari?t?s de pommes sont cultiv?es en France aujourd’hui, il y en avait 1000 il y a un si?cle. On trouve seulement quatre ou cinq vari?t?s de tomates sur le march?, alors qu’il en existe plusieurs centaines… que s’est-il pass? ? L’industrialisation de l’agriculture, les semenciers, les OGM et les r?glementations qui les favorisent sont pass?s par l?.

Tomates ? la Ferme des Bouquets Pourtant, seules les vari?t?s locales sont bien adapt?es ? chaque climat et permettent d’?viter le recours aux engrais ou ? l’arrosage artificiels. De plus, l’utilisation de plusieurs vari?t?s sur une m?me parcelle est l’une des techniques de l’agriculture naturelle mise au point par Masanobu Fukuoka : si une vari?t? souffre plus que les autres, que ce soit de maladies ou du manque d’eau, celles qui r?sistent mieux se d?veloppent plus et prennent sa place.

Ces techniques ?l?mentaires sont utilis?es par des mara?chers tels que M?lissa Mizrahi (la Ferme des Bouquets), Val?rie Tubau (la Ferme de Val?rie) ou encore Robert Salicis.

L’arrosage syst?matique est une aberration

Vigne sans arrosage Si une culture n?cessite un arrosage syst?matique, c’est que cette plante n’est pas adapt?e au climat (le ma?s par exemple, qui est une plante tropicale des zones humides d’Am?rique Centrale) ou que la vari?t? choisie ou les techniques culturales ne sont pas les bonnes.

Ainsi, des domaines viticoles tels que le Pech d’Andr? montrent qu’il est possible de cultiver la vigne et de faire un vin excellent sous le climat de l’H?rault, sans avoir recours ? l’arrosage.

Pourquoi dans ce cas l’installation d’arrosage par goutte-?-goutte dans les vignes est-elle favoris?e et m?me subventionn?e dans cette r?gion ?! Et l’on commence ? entendre parler d’un imp?t s?cheressecherchez l’erreur !

Les arbres favorisent le cycle de l’eau

Agroforesterie au Domaine de Mazy On sait maintenant que les arbres r?g?n?rent les sols et favorisent le cycle de l’eau. M?lant arbres et cultures au sol sur les m?mes parcelles, la technique de l’agroforesterie est d?sormais largement utilis?e en Afrique pour refertiliser des r?gions enti?res… avec succ?s !

En France, certains paysans tels que Fran?ois de Soos (Domaine de Mazy) font partie des pionniers qui exp?rimentent cette technique, mais depuis des dizaines d’ann?es on favorise surtout le d?boisement et l’abattage des haies pour faciliter la m?canisation ? outrance de l’agriculture… cherchez l’erreur !

Le cas particulier de l’?levage

Ferme de Kervy dans le marais de la Bri?re Les marges de manoeuvre et d’adaptation sont beaucoup plus faibles pour l’?levage. En diminuant le nombre d’exploitations il serait plus facile de leur venir en aide en cas de s?cheresse.

Plut?t que de favoriser une alimentation hyper-carn?e ? l’am?ricaine, on ferait mieux de privil?gier les prot?ines v?g?tales (beaucoup plus efficaces en terme de rendement ?cologique) et de limiter l’implantation des ?levages aux terres agricoles difficilement valorisables autrement, comme c’est le cas pour certaines zones mar?cageuses (le marais de la Bruy?re pour la Ferme de Kervy) ou les prairies de moyenne montagne (dans le massif central pour la Ferme des Mille Fleurs).

Pour conclure…

Au final, les agriculteurs conventionnels parlent de catastrophe et de fatalit?, alors que ce sont leurs pratiques qui constituent une v?ritable catastrophe, y compris pour l’agriculture biologique et naturelle qui subit les cons?quences indirectes de ces aberrations.

Une agriculture plus intelligente, plus localis?e et diversifi?e, respectueuse des sols et des cycles naturels permet de mieux faire face aux al?as climatiques.

Alors qu’on nous parle d’imp?t s?cheresse, il faudrait plut?t soutenir cette agriculture biologique et naturelle, qui doit se d?brouiller sans soutien public pour explorer de nouvelles pistes et innover.


http://www.atanka.com/actus/1111.htm

Image Flickr par bernard-paris


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