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?tats-Unis : Un autre volet de la ? guerre contre le terrorisme ? dans la ru?e vers l’Afrique

L’Arm?e am?ricaine a annonc? qu’elle allait d?ployer une brigade de l’arm?e am?ricaine pour mener des op?rations continues sur le continent africain. Selon le rapport de l’Associated Press concernant la d?cision, ce geste fait ??partie d’un effort intensifi? du Pentagone pour entra?ner les pays ? combattre les extr?mistes et pour que les ?tats-Unis disposent d’une force pr?te ? ?tre envoy?e en Afrique si des crises n?cessitant l’arm?e am?ricaine ?mergent??.

La Deuxi?me Brigade, Premi?re division d’infanterie, connue sous le nom de ??Dagger Brigade?? (La brigade poignard), qui comprend environ 3500 soldats, a ?t? d?sign?e pour servir Washington comme version de l’Afrika Corps. Selon le Pentagone, 104 missions s?par?es, qui devraient d?buter en mars prochain, ont d?j? ?t? pr?vues. Le d?ploiement d’unit?s allant de petites ?quipes d’entra?nement ? des bataillons de 800 membres est planifi? dans 35 pays ? travers l’Afrique.

La r?affectation de cette brigade est seulement une part d’un effort pour renforcer le commandement africain du Pentagon, ou AFRICOM, qui a ?t? cr?? en 2007, mais dont le quartier g?n?ral demeure ? Stuttgart, en Allemagne. Jusqu’ici, aucun gouvernement africain n’est pr?t ? lui fournir une base d’op?rations sur le continent.

Depuis, AFRICOM a fait couler le sang en Libye, o? l’organisation coordonnait la guerre ?tats-Unis-OTAN pour le changement de r?gime qui a ?vinc? le gouvernement du colonel Mouammar Kadhafi en octobre de l’an dernier. Il a d?ploy? plus de 100 soldats en Afrique centrale, suppos?ment pour traquer les gu?rillas de l’Arm?e de r?sistance du Seigneur, et a entra?n? les arm?es de plusieurs pays, que Washington esp?re utiliser comme forces par procuration, ou comme chair ? canon, dans la poursuite des int?r?ts am?ricains.

En d?cembre, le chef d’?tat-major, le g?n?ral Raymond Odierno, a dit au quotidien de droite le Washington Times que le renforcement d’AFRICOM faisait partie d’une nouvelle strat?gie militaire mondiale connue sous le nom de ??Regionally Aligned Forces??, que le Pentagone tente de mettre en place alors qu’il continue de puiser dans les forces d’occupation d’Afghanistan, apr?s avoir ?t? contraint de se retirer d’Irak.

??Il faut adopter une force ?volutive et adaptative qui puisse modeler l’environnement dans lequel on ?volue en d?veloppant des partenaires pr?ts au combat, en organisant de l’entra?nement multilat?ral ? ou bilat?ral et en effectuant des d?ploiements de troupes, si n?cessaire??, a dit Odierno.

En d’autres termes, toutes op?rations militaires am?ricaines, du secours lors d’un d?sastre ? la soi-disant aide humanitaire, en passant par l’entra?nement de troupes africaines, servent de moyens pour ??modeler l’environnement??, c’est-?-dire pr?parer le terrain pour une intervention arm?e directe de la part des ?tats-Unis.

En 2007, J. Peter Pham, un conseiller au d?partement d’?tat qui a ?t? un membre permanent du comit? consultatif d’AFRICOM depuis sa cr?ation, a t?moign? au sujet de la mission centrale de ce nouveau commandement du Pentagone. Il a d?crit cette mission en des termes plut?t directs. Il a dit que cela implique de ??prot?ger l’acc?s aux hydrocarbures et ? d’autres ressources strat?giques que l’Afrique a en abondance, une t?che qui consiste ? s’assurer contre la vuln?rabilit? de ces richesses naturelles et de faire en sorte qu’aucun tiers parti int?ress?, comme la Chine, l’Inde, le Japon ou la Russie, n’obtienne des monopoles ou un traitement pr?f?rentiel.?? Cette derni?re consid?ration est devenue de plus en plus d?terminante. Dans un sens tr?s concret, la construction d’AFRICOM est le corollaire du ??pivot?? strat?gique vers le Pacifique par l’administration Obama. Washington cherche ? employer l’encerclement militaire comme un moyen pour contrecarrer la domination ?conomique croissante de la Chine sur cette r?gion cruciale ainsi que la menace de plus en plus grande qu’elle repr?sente pour la position mondiale du capitalisme am?ricain. De la m?me mani?re, en Afrique, Washington cherche ? utiliser la force militaire am?ricaine pour contrer l’influence croissante de la Chine sur le continent.

La Chine a surpass? les ?tats-Unis ainsi que l’Union europ?enne en tant que partenaire commercial num?ro un de l’Afrique. Le commerce bilat?ral, qui ?tait d’? peine 11 milliards $ en 2000, a atteint 160 milliards $ en 2011 et il devrait atteindre 200 milliards $ cette ann?e.

Dans des conditions o? il est pr?vu que les ?tats-Unis d?pendent bient?t de l’Afrique de l’Ouest pour 25 pour cent de ses importations de p?trole, sans mentionner tous les min?raux strat?giques et d’autres mati?res premi?res, la concurrence avec la Chine ainsi qu’avec les rivaux ?conomiques en Europe entra?ne en fait une nouvelle ru?e vers l’Afrique, tout aussi violente et exploitante que sa premi?re conqu?te coloniale.

Cependant, les pr?paratifs pour les actions pr?datrices de militarisme en Afrique se font sous le pr?texte de la lutte contre le ??terrorisme?? et la menace de ??l’extr?misme?? sur le continent.

Le commandant d’AFRICOM, le g?n?ral Carter Ham, a fait une s?rie de discours autant aux ?tats-Unis qu’en Afrique sur cette question. Il a affirm? que des groupes tr?s disparates, qui vont d’Al-Qa?da dans le Maghreb islamique au Mali et en Libye jusqu’au groupe al-Shabab en Somalie et au groupe Boko Haram au Nig?ria, menacent de s’allier et de coordonner leurs activit?s, ce qui pose une menace s?rieuse au ??territoire?? am?ricain. Ni lui ni personne d’autre n’a pr?sent? de preuve montrant une quelconque collaboration entre des mouvements qui ne montre aucune ambition qui d?passerait leur zone nationale.

Plus t?t ce mois-ci, le Wall Street Journal a avanc? le m?me argumentaire dans un article paru ? la une intitul? ??Terror Fight shifts to Africa?? (La guerre contre le terrorisme se tourne vers l’Afrique). Selon le Journal, l’administration Obama ??envisage de demander au Congr?s d’approuver des pouvoirs accrus?? pour mener des op?rations militaires contre de pr?sum?s terroristes en Afrique. Une telle autorisation du recours ? la force militaire a servi de base pour le d?clenchement des guerres en Irak et en Afghanistan.

Cette nouvelle autorisation ??aurait pour but de permettre les op?rations militaires des ?tats-Unis au Mali, au Nig?ria, en Libye et possiblement dans d’autres pays o? les militants ont des liens t?nus, ou pas de liens du tout, avec les quartiers g?n?raux d’Al-Qa?da au Pakistan??, ont confi? des repr?sentants de l’administration au Journal.

En r?alit?, en exploitant le pr?texte d’Al-Qa?da – et d’organisations qui entretiennent des ??liens t?nus?? ou inexistants avec elle – dans ses interventions militaires, Washington a arm? et directement appuy? des groupes v?ritablement li?s ? Al-Qa?da, d’abord en Libye et maintenant en Syrie, comme forces par procuration dans ses guerres visant un changement de r?gime.

? la suite du vote du Conseil de s?curit? de l’ONU autorisant une intervention, le Mali semble ?tre la premi?re cible des ?tats-Unis. AFRICOM pr?pare ouvertement une intervention compos?e de troupes provenant de la Communaut? ?conomique des ?tats de l’Afrique de l’Ouest.

Washington a beau se pr?senter comme le sauveur du Mali, la situation de ce pays appauvri et enclav? d’Afrique de l’Ouest est essentiellement le r?sultat de l’imp?rialisme am?ricain. Ce fut l’intervention des ?tats-Unis en Libye qui fut la cause de la travers?e de forces lourdement arm?es au Mali et ce fut l’Arm?e am?ricaine qui forma le capitaine Amadou Haya Sanogo, le dirigeant du coup d’?tat qui renversa le gouvernement du pays en mars dernier. Le Pentagone l’avait entra?n? sur des bases militaires des ?tats-Unis en G?orgie, en Virginie et au Texas.

Le d?veloppement d’AFRICOM et les pr?paratifs de nouvelles guerres sur le continent montrent clairement que les interventions en Libye et en Syrie ne sont que le pr?lude ? une offensive mondiale qui ne vise rien de moins que la redivision et la recolonisation d’une bonne partie du monde. L’?ruption du militarisme des ?tats-Unis, un sous-produit de la crise historique du capitalisme am?ricain et mondial, va de pair avec les attaques sans cesse plus violentes contre les conditions sociales et les droits d?mocratiques de la classe ouvri?re au pays.

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