Accueil / A C T U A L I T É / Election aux USA : les mensonges de Rudy, la faillite au bout

Election aux USA : les mensonges de Rudy, la faillite au bout

Ah, Rudy, je vous avais dit de vous en méfier : le 11 novembre 2016, je vous l’avais présenté comme étant le véritable président US, vu l’inconsistance de celui en place depuis. « Ça fait longtemps qu’il magouille en douce » avais-je écrit et l’histoire de ces dernières semaines est là pour prouver qu’il n’a jamais arrêté : dossier ukrainien, racontars sur Hunter Binder (démontés ici), contestation de votes ne reposant sur rien de tangible (lire ici et), il aura tout essayé pour maintenir à flot l’homme à la dérive qu’est aujourd’hui Donald Trump, incapable de gouverner, ayant abandonné sa charge pour les plaisirs du golf, symbole de la totale démission de sa fonction présidentielle. Le Titanic trumpien sombre en ce moment même. Les réclamations actuelles ne reposent que sur des mensonges, ceux entretenus par Rudolf Giuliani. Revue des élucubrations de ce dernier…

La dernière apparition publique du calamiteux Rudolf, dit « Rudy », date du 7 novembre, à Philadelphie, dans un décor qui est à lui seul à l’image de ses gesticulations grotesques. Un endroit improbable où il a atterri, un garage sur le parking d’une société d’aménagement paysager appelée Four Seasons Total Landscaping, coincé entre une boutique de vente de littérature porno et un crématorium (le Delaware Valley Cremation Center). Comme seule explication à cette localisation surréaliste de conférence de presse, on a le fait que Rudy s’est tout bonnement trompé d’adresse et a confondu avec le prestigieux hôtel du Four Seasons de Philadelphie, qui aurait en effet offert un autre décor. Ce qu’un tweet moque de façon hilarante en écrivant « je suis désolé de ne pas pouvoir vous suivre: les gens qui ne trouvent pas le bon Four Seasons veulent que vous croyiez qu’ils ont découvert 40 000 bulletins de vote frauduleux à Philadelphie ? » (j’ajouterai la « découverte » de l’ordinateur du fils de Joe Biden !). L’endroit était tellement farfelu qu’il est devenu l’objet d’autres moqueries, dont une assez grandiose grâce à un développeur rigolo (CooperTom) qui l’a inclus en quelques heures dans son jeu mettant en scène des chats (VRChat). Il n’a pas été le seul à se moquer de l’événement : ici on vous en a trouvé 48 à l’avoir fait (et d’autres encore ici ).

Sur cet endroit plutôt minable, avec Giuliani, la défense de Donald a sombré en apothéose !!! Trump avait de plus annoncé l’événement en Tweet (« a lawyer’s Press Conference at Four Seasons, Philadelphia 11 AM”,  » abig press conference ») avant de le supprimer, vu le fiasco en cours…  L’Hôtel visé au départ, avait tenu à rectifier… en Tweet. Le présentateur de MSNBC, Chris Hayes, trouvant la bonne formule pour parler de « clown’s show » (1). Hayes ajoutant au côté absurde cette réflexion plein de bon sens  : «à un niveau, tout cela est hilarant, mais à une autre, il y a une raison pour laquelle les casinos du président ont fini en banqueroute et qu’il a supervisé une des pires réponses au coronavirus dans le monde industrialisé ». Et bing ! Trump, président des ratages et président donc…raté !!!

Un naufrage complet 

Un show encore plus surréaliste avec la  présence comme « témoin » de manipulation de vote d’un individu appelé Daryl Brooks, qui se présente comme délégué républicain présent au dépouillement (ruinant déjà l’idée de Donald comme quoi il n’y en avait pas dans les salles !) mais qui est aussi un homme qui a fait de la prison à 25 ans – trois ans et demi-  en 1990 pour exhibition sexuelle sur mineures de 7 et 11 ans, peut-être pas le genre de gars à placer derrière un podium pour représenter un président. Bref, le four complet que cette « conférence » pour redorer l’image d’un perdant. Une bonne image de naufrage, représentative de la Maison Blanche en mode Titanic depuis le 3 novembre au soir et l’autre conférence hallucinée du 5, d’un Donald hagard, abattu et… incohérent égrenant des chiffres dans le désordre le plus complet. On était presqu’à avoir envie de lui lancer une bouée, tant il était en train de se noyer ce soir-là !

Un nombre « non nul »…

La liste est longue en effet des fausses assertions de Rudy et le Washington Post en a dressé un inventaire à la Prévert justement pour qu’on s’y retrouve un peu par Etat. En Pennsylvanie, par exemple, Giuliani et Trump clament que les républicains ont été bannis des salles de dépouillement. Or c’est faux, ce qu’un avocat de Trump a admis avec une formulation bien à lui : « les observateurs républicains étaient là, après tout. Trump avait «un nombre non nul de personnes dans la salle», a concédé l’un de ses avocats devant le tribunal fédéral jeudi soir ». Admirons l’expression « nombre non nul » pour dire qu’ils étaient bien présents et à plusieurs ! « Je suis désolé, alors quel est votre problème? » nous a demandé Le juge de district Paul S. Diamond, qui a rejeté la demande d’arrêt du décompte. » Comme ça n’a pas marché, Trump a essayé une autre piste auprès du juge de la Cour suprême, Samuel A. Alito Jr., fils -catholique- d’un émigré italien (ah, tiens ?), un réactionnaire (ici à droite) qui avait été choisi en 2005 par George W. Bush et qui a alors ordonné aux responsables électoraux de ne pas retenir les bulletins arrivés après le jour du scrutin, en raison en fait des retards de livraison d’USPS… pourtant provoqués, on l’a vu par Trump !!!

Biden l’a emporté là-bas de 50 000 voix d’avance et les bulletins arrivés durant trois jours après le 3 novembre ne sont que 10 000 au total, ce qui ne fera donc pas changer le résultat, pris en compte ou non. Ils deviendront définitifs dans cet état le 23 novembre seulement : à ce stade Biden devra atteindre 80 000 voix d’avance, lui assurant une victoire indiscutable (elle l’est déjà). Le délai au départ de réception avait été autorisé on le rappelle… par la Cour Suprême, en raison de la pandémie !! Résultat : un coup d’épée dans l’eau pour Giuliani !

Dans une autre procédure de blocage idiot, les républicains ont tenté d’empêcher les responsables électoraux locaux de divulguer les noms des électeurs dont les bulletins de vote par correspondance avaient été rejetés pour des erreurs telles qu’un manque de signature sur leur fiche. En fait, ça n’a rien de délictueux : les comtés locaux publient les noms afin que les électeurs puissent justement corriger les erreurs sur leurs bulletins de vote (comme l’orthographe de leur nom de famille)  !!! Encore faut-il prouver que ça ne nuise qu’aux républicains de pouvoir corriger après coup ces inscriptions:  or eux-mêmes ont été dans le cas et leur bulletin accepté..après coup ! C’est exactement ce qui s’est passé dans le comté de Northampton, en Pennsylvanie, où un juge a demandé aux républicains de prouver que ça ne favorisait donc que les démocrates, ce qu’ils n’on pas pu prouver bien sûr : «En conséquence, cette demande d’injonction doit échouer», a écrit le juge Michael J. Koury Jr », note le journal !

Les deux plaignants dégottés, David John Henry de West Hempfield Twp. de Lancaster County, et Lawrence Roberts de Uniontown, Fayette County s’étaient plaints d »une « élection restée secrète« , ce qui était plutôt vague ! A Northampton, Joe Biden a reçu 3 643 votes (54.41%) contre 2 947 pour Trump (44.01%), la libertarienne Jo Jorgensen en ayant eu 99 avec 7 bulletins ayant un nom de candidat rajouté à la main ! Rudy, pourtant envoyé dans les choux recommençait dès le lendemain à clamer qu’il y aurait « d’autres procédures engagées« . « De nombreuses affaires vont être déposées – certaines grandes, certaines petites. Ce sera finalement un gros cas », a -t-il  déclaré… une énième rodomontade ! Les photos du chapitre ont été prises au Dauphin County Administration Building d’Harrisburg le 3 novembre 2020.  On y voir les volontaires ouvrir les envois de vote par mail et les vérifier… un par un !

O’Keefe saute sur une occasion… ratée

C’est à croire qu’il le fait exprès cet imbécile de O’Keefe du Project Veritas. Je ne vous le présente plus et je vous le résume brièvement : c’est un gars qui passe son temps à fomenter des coups tordus contre les démocrates, par tous le moyens possibles, dont des caméras cachées dont il reprend les vidéos pour leur faire dire le contraire des faits, etc..

Le 9 novembre , ça y est, il le croit, il le tient son scoop qui va « renverser » les médias selon lui !! Il le clame déjà partout et nous présente sa sensationnelle « découverte » le lendemain : Richard Hopkins, 32, ans employé des postes en Pennsylvanie qui affirme avoir constaté une fraude monstrueuse dans un bureau de vote portant sur des milliers de bulletins reçus après le 3 novembre et qui auraient été comptés comme reçus avant, sur ordre impératif de ses supérieurs, tel le Postmaster Robert Weisenbach qu’il cite nommément. O’Keefe en fait tout un plat bien sûr.  Il est aussitôt repris par tous les blogs d’extrême droite qui rebaptisent « héros » le dénommé Hopkins. Et pas qu’eux : Lindsey Graham lui-même, sénateur de Caroline du Sud, très ami avec Trump (très bon ami !), reprend aussi la nouvelle (révélant lui aussi où il puise ses infos !).

Mieux encore, puisque le 11 novembre, Donald en personne se fend d’un Tweet où il l’appelle lui aussi un « brave patriote » dans cette « élection trafiquée« … Les faits sont tels que le FBI alerté descend sur place le vendredi 12 pour enquêter auprès du bonhomme et ses propos gravissimes. Hopkins ne tient pas longtemps devant eux et avoue… avoir tout inventé (ce que le Washington Post avait déjà découvert deux jours avant) !!!  Le comité de surveillance de la Chambre (le Congrès, à majorité démocrate, mis rapidement au courant) a confirmé depuis le rapport du journal dans plusieurs tweets : « Erie, Pennsylvanie. Le lanceur d’alerte de #USPS est complètement revenu sur ses allégations selon lesquelles un superviseur aurait falsifié les bulletins de vote par la poste après avoir été interrogé par les enquêteurs, selon [l’inspecteur général] », a écrit le comité. »Les enquêteurs de #USPS IG ont informé le personnel du Comité aujourd’hui qu’ils avaient interviewé Hopkins vendredi, mais que Hopkins A retiré ses allégations hier et n’a pas expliqué pourquoi il avait signé un faux affidavit », a-t-il ajouté. 

Gag ultime de l’histoire : à Erie County, où bossait Hopkins, il a été reçu… 135 votes par correspondance seulement et pas un de plus : on est très, très loin des « milliers » décrits par l’employé ! Biden en a eu 65 pour lui, Trump 60 (on est loin aussi des « milliers pour Biden » seul !) et la libertarienne Jo Jorgensen 8, plus deux votes avec des noms surajoutés à la main. Ou comment faire d’une goutte d’eau une tempête, la fameuse ‘Storm«  attendue par les QAnonistes, réduite à un faible alizé ou une toute petite brise !!!

Le président des USA était tombé dans le panneau !!! Il venait à nouveau de se ridiculiser complètement ! Mais en même temps avec lui Lindsay Graham et le juge Shapiro de la Cour Suprême, embarqués par Donald dans cette galère : il y a de plus en plus de places sur le pont du Titanic. Et moins en moins de canots de sauvetage !!! Dernier en date à escalader l’échelle de coupée du navire en perdition : William P.Barr, qui a inclus le cas d’Hopkins dans sa liste d’enquêtes autorisées à se poursuivre, et même donc celles bâties sur du vent !!! Quelle maison de fous !!!

Des plaintes refusées car fantaisistes 

Dans le Michigan, idem : là il y a eu trois plaintes de déposées sur le comptage des voix des « absentees » à savoir les votes par correspondance ou sur l’organisation du dépouillement. A Detroit, qui a subi on l’a vu une tentative d’envahissement des bureaux de dépouillement (avec des gens dont certains armés partisans de Trump), la plainte a porté sur « la prétendue « exclusion » des observateurs républicains de la salle. Ils étaient là pourtant et ont même signé leur feuille d’émargement de présence !!! Un racontar ridicule portait sur le « traitement » de bulletins illisibles en leur absence. Une chose prouvée comme non-existante, les observateurs des deux bord assistant aux débats sur les cas litigieux tout au long du dépouillement !!! Un juge a rapidement rejeté la demande comme étant purement fantaisiste. L’un des principaux disséminateurs de la fake news se révèle être Robby Starbuck, déjà décrit ici comme grand fan trumpien, qui re-tweete du O’Keefe bien sûr (ou Breitbart News), l’ auteur de clips vidéos et venu… de Cuba, frange anti-castriste appuyée. Et admiré par Brandon Caserta, un des complotistes de la milice du Michigan. C’est toujours le même petit monde chez Donald !

Dans un autre cas, c’est une partisane du GOP qui a affirmé avoir reçu un obscur post-it d’une « observatrice électorale » républicaine qui a a déclaré qu’elle avait reçu un post-it d’un agent de vote resté anonyme (ah tiens, soudain, il y en avait bien sur place !!) ), alléguant que les bulletins de vote tardifs étaient « mal comptés »... La juge la carrément envoyé paître, en arguant « qu’elle ne pouvait légiférer sur du ouï-dire !!!  » Et vlan ! La juge, Cynthia Diane Stephens. ayant ajouté que la plainte était en prime irrecevable, car «au moment où cette action a été déposée, les votes avaient en grande partie été comptés et que le décompte était maintenant terminé»… Re-bing ! Ça n’avait pas empêché pour autant Ronna McDaniel (ici à droite),  la chef du Republican National Committee, adoubée par Donald, le vendredi suivant, de faire sa conférence à Bloomfield Hills, en citant les actions juridiques encore à venir (c’est celle que j’ai confondu avec Amy Kremer). des actions donc carrément pilotées en haut lieu et en direct par la Maison Blanche !!!

Trump, pompier pyromane

Chez les républicains mauvais perdants, il y a eu aussi un rancœur alimentée par leur propre méconnaissance du processus électoral. Ainsi avec la plainte de deux élus reposant sur le récit d’une femme appelée Jessy Jacob, décrite comme employée du dépouillement de la ville et qui aurait » affirmé qu’on lui avait dit de saisir des données incorrectes dans un système de suivi des électeurs. » D’avoir antidaté des bulletins.  Or ils s’agissait d’un incompréhension du système qu’elle manipulait:  « La secrétaire d’État du Michigan, Jocelyn Benson (ici à droite), a déclaré qu’il n’y avait aucune preuve d’actes répréhensibles: les bulletins de vote étaient effectivement arrivés avant la date limite, mais un greffier avait oublié d’enregistrer leur date d’arrivée dans un fichier informatique, a-t-elle déclaré. «Ce qu’elle appelle le« backdating », c’est simplement des croisements (de données). La date réelle de réception du bulletin de vote était estampillée sur l’enveloppe. Nous avons suivi un processus approprié en inscrivant cette date dans le système », a déclaré David Fink, un avocat privé représentant la ville de Detroit dans le procès. « Le fait que cela ait été fait après la réception du scrutin n’a absolument aucune signification. » La plainte, là aussi a été rejetée.

La responsable d’un grand parti historique qui vient alimenter les rumeurs incendiaires, envoyé par le pompier pyromane de Washington ?  Et oui, hélas :  « lors de sa conférence de presse la semaine dernière, McDaniel a également affirmé que 2 000 bulletins de vote républicains à Rochester Hills, au Michigan, avaient été «remis aux démocrates. . . en raison d’une erreur d’écriture. «  Tina Barton, la greffière du GOP de Rochester Hills, a déclaré dans une vidéo publiée sur Twitter que McDaniel faisait référence à une «erreur isolée qui a été rapidement rectifiée» et a qualifié son allégation de «catégoriquement fausse»… Démentie par sa propre base ! C’est pire que du Giuliani, ça !

En Georgie, la grande surprise de cette élection avec la bascule démocrate (comme l’Arizona, effectivement gagné le 12 novembre !), on a aussi joué sur les mots. Par définition, la Georgie exige que les bulletins de vote par mail arrivent avant la fin du jour du scrutin, (avec des exceptions pour les militaires et les électeurs étrangers). Une plainte a été déposée lorsqu’un agent du scrutin recruté par les républicains a déclaré qu’il « pensait avoir vu des bulletins de vote tardifs mélangés à ceux déposés arrivés à temps ». Comme le dit le journal « même si cela était vrai, ce n’était pas un problème qui changeait les élections: l’allégation concernait un petit nombre de bulletins de vote dans un seul comté ».. Plus drôle, Trump avait demandé d’arrêter de compter les votes en Georgie une fois passé le jour de l’élection, ce qui l’aurait privé du vote des militaires qui, traditionnellement, votent pour le président en place. Mais peut-être pas cette fois-ci : c’est l’autre surprise de cette élection à part !!!

Trump a choisi « l’avocat des damnés » pour se défendre !

Dans ce concert de débilités, Giuliani est bien placé on l’a vu. Mais un autre, pire encore, à émergé depuis. Celui-là, qui nous a gratifié de sa photo au côtés de Donald  Trump dans le bureau ovale me semble nettement plus atteint encore. Il s’appelle Lin Wood et il est avocat (surnommé “The Lawyer for the Damned« , c’est celui, entre autre, du jeune tueur de Kenosha, condamné par Biden dans une vidéo anti-suprémaciste, ou du jeune hautain Nick Sandmann !). La photo est récente, elle a été prise le 11 mars 2020. Et c’est ça qui est très inquiétant, vu les propos qu’il tient depuis quelques jours.

Ça a commencé chez lui avec une drôle de stance sur Twitter le 12 novembre à propos du gouverneur de Georgie Kempf (ici à droite), le grand fan d’armes décrit dans ses colonnes, qualifié tout à coup de « traître » pour avoir commandé des appareils anti-Covid19 à la Chine et d’avoir des liens à partir de là avec le parti communiste chinois (???), plus l’histoire du contrat passé avec la société Dominion, de Denver (Colorado), pour 107 millions de dollars de machines à voter (le chiffre est connu depuis longtemps). Si l’on comprend le grief envers Dominion, lancé par l’extrême droite qui n’a rien trouvé pour expliquer la perte de l’Etat dans lequel les banlieues noires ont voté à fond, ce qu’ils ne reconnaitront jamais, l’attaque « chinoise » paraît vraiment rapportée et semble voisine des injonctions de Trump sur le « virus chinois ».

Le 12 novembre,  il rajoute un Tweet étrange, écrivant que « les américains qui ont participé à ce schéma frauduleux sont des traîtres » et que « c’est la Chine qui a orchestré ça« … (encore ?), puis vient le sommet, un tweet posté le 13 novembre (ici à droite), clamant que que tout ça suit un agenda communiste,  avec d’abord une infiltration du gouvernement depuis 20 ans, en deuxième d’une élection volée par ordinateur de type Dominion et enfin que ces chinois ont lâché une arme biologique, le Covid19, et une fraude électorale, dont ils sont donc aussi responsables. On croit lire la prose d’un véritable… dément !! Et on reste abasourdi : on avait déjà Giuliani, mince! en voilà un autre à la puissance dix ! Il a aussi glissé entre deux un parallèle révisionniste sur l’élection de 2016 dans laquelle on sait que la Russie est intervenue, ce qu’il nie bien sûr, avec celle de 2020 dans lequel selon lui ce serait la Chine cette fois… sans aucune preuve à l’appui !!! C’est… incohérent !

Le 9 novembre également c’est Rush Limbaugh, pas encore décédé, qui nous avait appris que ce gars-là, ce dément, venait justement de rejoindre la « Team » de Donald Trump (la « Hell Team », donc !) , en citant une phrase du Gateway Pundit, pas vraiment le genre de gus à relever le niveau !!  Le texte que propose Limbaugh de son adhésion à l’équipe est en effet très, très inquiétant (le texte, il l’a lu en fait en public, c’est ici devant un parterre conquis ) : « voici comment il a commencé son discours. «J’étais assis mardi soir à regarder les résultats des élections, j’ai aimé la politique toute ma vie, depuis que j’ai voté pour la première fois en 1972. Et j’ai vu ce que j’ai supposé qu’il allait se passer. J’ai vu le président Trump construire ce que je croyais être presque une victoire écrasante historique. Puis tout à coup, tous les réseaux, y compris FOX News, ont commencé à faire ce qu’ils faisaient de mieux – ils ont commencé à mentir au public américain. Et ils ont remporté la victoire de Donald Trump et ils l’ont qualifié de mensonge. Ils ont pris une défaite de Joe Biden et ont menti et ont dit qu’il avait gagné. Et ils vous ont envoyé au lit, désactivant le décompte des votes pour que vous puissiez vous réveiller le lendemain matin comme je l’ai fait et dire «Que s’est-il passé ? « Qu’est-il arrivé ? » … Imaginez Donald en train de lire ça : il ne peut que s’esbaudir, car ça marche exactement dans ses traces de pas !!! Que va donc faire Trump avec un gars qui lorsqu’il se fâche avec d’anciens collègues leur envoie « vous feriez tous mieux de vous mettre à genoux et de prier le Dieu Tout-Puissant pour qu’il me demande maintenant de vous montrer miséricorde,… »  Ouh là, ça promet !

Et ça continue, avec la révélation-inquiétante d’une sollicitation de Trump qui l’aurait donc fait venir pour s’occuper de l’élection dans un Etat particulier : « lorsque le président Trump m’a demandé de l’aider en Georgie et peut-être ailleurs dans ce pays, j’ai dit «oui»… j’ai dit oui parce qu’il y avait un nuage au-dessus de ce pays. Et si nous ne faisons pas les choses correctement et que nous ne comprenons pas ce qui s’est passé cette nuit-là, ce nuage deviendra de plus en plus sombre jusqu’à ce qu’il se transforme en un nuage d’orage et que nous perdions notre liberté. «  S’en suit une colère sur la liberté selon lui volée… « S’ils peuvent changer votre vote, s’ils peuvent annuler votre vote, vous n’avez pas la liberté d’expression ni rien d’autre ». Et pour finir, une définition très complotiste de ce qui vient d’arriver : «Découvrons ce qui s’est passé. Il s’agit de vérité contre mensonges… Si vous ne pensez pas que cela a été planifié, appréciez de perdre votre liberté sous l’administration de Kamala Harris. Et elle ne dirigera pas ce pays. Il y a des gens qui vont diriger ce pays qui sont riches, ce sont des mondialistes, certains ne vivent même pas ici, beaucoup sont impliqués avec des pays étrangers ». Le coup de la main de l’étranger ? Mais c’est du maccarthysme, à la sauce chinoise, chez lui !!! Franchement son arrivée à Washington a de quoi inquiéter !!!

La bataille des feutres (The Sharpie Battle)

En Arizona, devenu définitivement bleu le 12 novembre donc, on a eu droit à deux épisodes épiques : celle du bouton « flippeur » et celle du feutre complotiste, le « sharpie gate ». Le second, qui est une des plus ridicules rumeurs apparues ces derniers jours, a démarré encore une fois avec une vidéo raconte USA Today  : Tout d’abord, une vidéo d’une femme qui prétend avoir vu des agents électoraux remettre aux électeurs des feutres dans le but d’invalider leurs votes est devenue virale. Cette allégation, à Phoenix, a lancé #SharpieGate.Ensuite, la revendication s’est étendue à un autre État du champ de bataille: le Michigan. «Si vous avez reçu un marqueur noir pour remplir votre bulletin de vote, appelez le numéro MI ci-dessous pour signaler votre lieu de vote», lit-on sur une image publiée sur Facebook. « Les machines compteront avec succès votre bulletin de vote mais pas votre vote, parce que les machines ne détectent que l’encre noire ! » Dans la légende, l’utilisateur qui a partagé l’image a écrit: « Standish Township distribuait aussi des feutres !!!!!!! » C’est tellement idiot qu’il a fallu à nouveau répéter comme ici (ou là) que c’était faux et qu’au contraire un feutre noircit beaucoup mieux les cases à cocher qu’un stylo !!! La plainte été due à un seule personne, Laurie Aguilera, qui avait affirmé que « alors qu’elle votait en personne dans un centre de vote mardi, « l’urne n’a pas réussi à enregistrer correctement son vote » après que les agents du scrutin lui aient donné un feutre pour remplir son bulletin de vote, puis un agent du scrutin qui avait consulté le bureau du registraire du comté de Maricopa a refusé de lui fournir un nouveau bulletin de vote ».

Apprendre à noircir correctement une case, voilà aussi à quoi ont été confronté les assesseurs ce jour-là… on doit savoir faire ça à 5 ans je pense, non ?  Thomas Liddy, procureur de Maricopa County (ici à gauche) chargé de l’affaire (il l’a classée vite fait !) avait eu un bon mot dans cet énième bataille dans le vide : « les électeurs ont le droit de savoir que les allégations circulant sur Internet selon lesquelles des Sharpies ont été larguées d’hélicoptères noirs pour tromper les gens hors de leur les votes sont faux. Ce n’est pas vrai, mais cela fait vraiment peur aux gens. Nous devons résoudre ce problème une fois pour toutes…  » ah, le complot…les hélicos, le marais à traîner, la tempête à venir… c’est reparti pour les grandes questions, avec un grand Q !

Le bug qui ferait basculer le vote vers le concurrent 

L’autre étant en fait une erreur connue et déjà rencontrée auparavant en 2018 lors du vote des mid-terms : « la campagne Trump et le Comité national républicain ont intenté une action samedi devant le tribunal de l’État, alléguant que les travailleurs du scrutin ont poussé ou dit à certains électeurs d’appuyer sur un bouton d’une machine de tabulation pour voter, même après que les tabulateurs automatiques aient détecté un «survol» – c’est-à-dire que la machine avait détecté la possibilité que la personne ait voté pour deux candidats ». Le problème de sensibilité du soft, connu, n’avait pu être réglé entre-temps, ce en quoi s’est engouffré par exemple un autre trumpiste bien connu, le responsable de The Charlie Kirk Show, » qui s’est empressé de faire venir sur scène avec lui deux républicains bien réacs. Andy Biggs et Paul Gosar (en haut à droite chez America’Voice), lui aussi fort actif côté déisinformation (un conspirateur invétéré !), pour clamer que l’élection en Arizona avait été volée avant même que le résultat final soit connu. On lui avait aussi largement donné l’antenne chez America »s Voices, chaîne où sévit activement depuis le 3 novembre, on l’a vu, Steve Bannon. Le phénomène, fort exagéré, n’avait au final porté que sur… 180 votes à Antrim County, sur… plus de 3,3 millions de votants !!! Et le « glitch » du soft n’avait en tout cas pas du tout fait basculer le vote de Trump vers Biden, contrairement à ce qu’avait clamé… Ronna McDaniel qui avait parlé de « 6000 bulletins » !!!

Le gag, c’est que l’on avait eu droit aux mêmes accusations, exactement de la même façon, en Pennsylvanie, en 2016, avec à l’époque de « vieilles machines » touch-screen aussi mal calibrées sur leur touche de contact. Elles avaient remplacé celles de 2000, qui avaient tourné à un fiasco inimaginable (dans tout le pays !). En 2106, Trump avait remporté la Pennsylvanie (48,18 contre 47,46 %) avec ces machines pourries. Et aucun républicain n’était venu se plaindre après… La carte interactive ici vous permet de voir quel système de vote est utilisé par Comté : il y en a en en gros cinq différents : Dominion, aujourd’hui mis en cause par Trump, ES&S (vieux routier des déboires d’électoraux !), Unisyn, Car Ballot, et Hart Verity Voting. Les trois derniers on deux générations de système.  Souvent, c’est une sorte de scanner qui lit les cercles noirs des cases fabriquées par le stylo (ou le feutre) pour en faire une opinion de vote, comme ici à droite sur la machine de marque ClearCast (derrière le sac de récupération des bulletins papiers, conservés en cas de litige…

Giuliani vire les militaires sans s’en rendre compte

Au Nevada, à peine l’élection finie, on criait au vol dans le comté de Clark, notamment, celui qui abrite Las Vegas. « C’est inacceptable, et cela donne aux juristes le sentiment que le système est corrompu« , criait alors Richard Grenell… dépêché sur place pour crier au loup… avec d’autres loups vus ici, dont un ancien avocat alcoolique. Ils parlaient une fois encore de « 10 000 votes », selon Giuliani. Pour ce qui est des 10 000, ils ont trouvé à nous exhiber une seule vieille dame, en prime malvoyante, « qui a déclaré qu’elle s’était vu refuser le droit de voter en personne parce que son bulletin de vote avait été volé et rempli par quelqu’un d’autre ». Pas tout à fait ça en réalité : «  Mais, en fait, l’histoire de Stokke était plus compliquée. Les responsables électoraux ont déclaré qu’ils avaient effectivement reçu un bulletin de vote par correspondance de sa part – mais la signature ne correspondait pas à la sienne. Ils lui avaient offert une chance d’annuler ce bulletin de vote par correspondance et de voter à nouveau si elle signait un affidavit (déposition) disant que le bulletin de vote avait été volé. Elle ne l’a pas fait. » (Voir ici le détail).

Comme ça faisait un peu maigre comme grief, rejeté aussi vite par un juge, Giuliani a commencé à raconter « que 3 062 personnes avaient voté de manière inappropriée. Ils avaient joint une liste d’adresses d’électeurs qui, selon eux, avaient déménagé hors de l’État, des informations qui, selon eux, provenaient de la vérification croisée des données des électeurs avec la base de données nationale sur le changement d’adresse. Lors d’une conférence de presse dimanche devant une foule de supporters enthousiastes à Las Vegas, les responsables de la campagne de Trump sont allés plus loin, affirmant que jusqu’à 9 000 non-résidents avaient voté à tort et que le système électoral du comté de Clark était criblé d’autres fraudes, sans offrir de preuves crédibles ». En fait parmi ceux-là il y avait les militaires résidant à l’étranger ou ailleurs dans le pays, qui n’ont pas trop apprécié que Giuliani les montre du doigt comme électeurs douteux ! Le journal citant Amy Rose et son mari, travaillant dans l’US Air Force et qui ont été tous les deux nommés sur la base de Davis en Californie mais qui votent toujours au Nevada, où ils résidaient auparavant ! Et re-re-bing, encore une opinion débile formulée par le staff de Trump !

Plus un rond !

Dans le Wisconsin, on s’attendait à ce que les trumpistes soient encore plus virulents : pensez-donc il ont été battus de 0,6 % des votes exprimés (20 500 voix de plus) !!! De quoi enrager ? Pas vraiment : là-bas la loi électorale est différente des autres états : vous pouvez contester, bien sûr si l’élection est inférieure à 1% des votants. C’est donc le cas ! Mais là y’a un hic supplémentaire : en-dessous de 0,25, c’est à vos frais pour tout recompter. Et le problème, c’est que Donald n’a plus un sou, il a même plutôt… des dettes avec cette élection dans laquelle son concurrent a engrangé beaucoup plus que lui. Les derniers dollars ont servi à faire les meetings, il n’y avait plus de clips vidéo et certains qui avaient coûté cher à faire se sont vus refuser sur Facebook ou consorts pour diffusion de fausses informations; Alors, sans le sou, on laisse faire au Wisconsinn et on ne communique surtout pas dessus !! En prime on ne saura le vrai résultat que le 17 novembre et Trump ne peut attaquer en justice qu’après cette date. Bill Stepien (sur la photo ici à gauche, dubitatif le jour de l’élection), qui a attrapé le coronavirus en octobre, le remplaçant de Brad Parscale, est fort silencieux en effet depuis le 3 novembre…  En 2016 la concurrente du parti vert, Jill Stein, devenue copine de Poutine, avait demandé un recomptage de votes rappelle le Washington Post ; ça lui a coûté 3,5 millions de dollars. Pour rien ! Brad Parscale, l’ancien responsable de campagne lui va mieux (il a échappé au Covid19, pas Corey Lewandoski). Financièrement il va même très bien : i il est sorti de son hôpital psy et a décidé de revendre tout ce qu’il a pompé au parti républicain. La ponction est énorme : plusieurs maisons ou appartements achetés certes à crédit mais avec lesquels il peut faire une belle culbute si ça se fourgue vite.

On ne sait pas ce que pense Donald de cet avenir radieux à l’horizon, lui qui entrevoit l’ombre d’un cachot à sa sortie de protection judiciaire présidentielle…  Il tente en ce moment une ultime razzia avant de prendre ses bagages… de voleur !

 

(1) encore un peu et il aurait fini avec une commande de l’intégrale des Four Seasons, avec Frankie Valli… dont le vrai nom est Francesco Stephen Castelluccio, car il est d’origine italienne par ses (grands) parents, comme Rudy ! Sa fille, Carolyn Rose, ne partage pas du tout l’avis de son père.. Et elle, elle a une preuve photographique de ce qu’elle avance … (ici à droite).

 

 

Le journal citoyen est une tribune. Les opinions qu’on y retrouve sont propres à leurs auteurs.

Commentaires

commentaires

A propos de ghostofmomo

avatar

Check Also

Commissariat du 17e : combien de « brebis galeuses » ?

La révoltante agression dont a été victime Michel Zecler a donné lieu dimanche à un ...

3 Commentaire

  1. avatar

    SANS PAPIER ,malade que vous êtes.

  2. avatar

    Torchon quoi d’autre, les collabos que vous êtes devront un jour en répondre

  3. avatar

    ah, mais voilà qui rappelle les pires heures de l’histoire dites-moi.. vote vocabulaire nazifiant vous trahit… bêtement !

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.