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Election 2020 (XIII) : le cirque Trump, un nouveau chapiteau par jour

On n’en a pas terminé avec le Trump Circus étudié dans l’épisode précédent. Chaque jour, on en apprend un peu plus sur ce délire qui s’étire, avec de nouvelles têtes ajoutées au staff délirant de Rudy Giuliani, lui même expédié sur un  lit d’hôpital après avoir choppé le Covid19. A force de demander aux gens de retirer leur masque, ça lui pendait au nez ! Aujourd’hui, au menu, on a un nouvel expert encore plus déjanté que le précédent, et un show façon Lin Wood avec en vedette américaine Sydney Powell venue habillée carrément en veste militaire (pour mieux combattre le Kraken, certainement), plus quelques autres zozos censés défendre Donald, malgré pour l’un d’entre eux son lourd passé de petit délinquant. Et une nouvelle requête à la Cour Suprême, tellement mal formulée que personnene lui a donné l’ombre d’une chance de réussir, à peine formulée (avec un petit calcul derrière comme on va le voir)… Plus une manifestation dans la capitale en forme de dernier baroud d’honneur, peuplée de tout le Petit Monde De Donald… venu une dernière fois à la rescousse.

Un expert vraiment… QAnon !

Et puis il y a ce nouvel expert, en effet, sorti du chapeau de Rudy le magicien, comme note bistrotier de Dripping, Texas (souvenez-vous). Le nouveau s’appelle Bobby Piton.  Il a tenté de se faire élire chez les républicains (mais en se faisant sévèrement tacler par les représentants locaux du parti, le prenant pour un arriviste pas très sérieux (1)).

Sa page Facebook s’appelle Ideas to Make IL Great Again, ce qui donne déjà une petite idée de son évidente discutable partialité. Au bout de deux photos, il affiche une casquette MAGA dédicacée (ici à droite). Bon, on sait donc tout de suite à quoi on a affaire. Ses pages sont toutes à la gloire de Donald (on y trouve ceci par exemple), et son argument « d’expert » (il travaille dans un cabinet conseil, Pre-Active Investments, LLC, créé avec sa femme et chez Total Clarity Wealth Management Inc., à St. Charles, dans l’Illinois) consiste en l’étude de statistiques que l’on trouve facilement sur le net. Un simple bloggeur, quoi, et en rien un expert des mathématiques électorales ! C’est à nouveau très superficiel, et c’est surtout fortement teinté d’influences QAnonistes même pas voilées. Voilà qui ne va pas beaucoup faire avancer le Shmilblick de Rudy, en effet. Le 6 décembre il était en pleine conversation avec la bloggeuse Anna Khait, déjà aperçue ici (en compagnie de Steve Bannon !) : c’est l’ancienne participante de « Survivor » et une grande fan de Donald, encore une référence « intellectuelle », pour sûr… celle-ci se fait appeler depuis quelque temps « Ana Kraken » sur Twitter, c’est vous dire aussi son « impartialité », à elle aussi…

Les sources de Piton sont avant tout celles des QAnonistes, comme celle-ci pour évoquer l’armement de la Chine, utilisé ici dans un site complotiste. Il véhicule allègrement la thèse des six Seals morts en Libye à Benghazi, celle véhiculée par Alan Parrot, qui ressort lui à tout bout de champ du Kurt Weldon dont on sait les goûts pour les régimes musclées. Parrot c’est ce fameux ridicule dresseur de faucons enturbanné, rappelez-vous, ainsi décrit par mes soins en 2010 (et aujourd’hui déguisé en une sorte de Père Noël ici à droite) : « ce n’est pas en s’affublant d’un turban de type sikh qui pourra faire illusion, on est davantage dans Aladdin vu par Disney que dans l’éleveur de faucon, qui de surcroît n’a strictement jamais rien écrit sur le sujet… font remarquer les journaux. » Il avait dit jadis savoir où se trouvait Ben Laden grâce aux faucons de ce dernier… qu’il n’a jamais possédé.

Ce n’est pas sérieux tout ça ! Ces analyses sont foireuses, car toutes émanant de sites complotistes (quand il ne se montre pro-maccarthyste comme ici à gauche !) : il aurait ainsi « identifié » selon lui « entre 120 000 et 306 000 fausses personnes qui ont voté en Arizona aux élections de 2020 grâce à un processus d’identification des électeurs en fonction de leurs préférences idéologiques (républicain » dur », républicain, modéré, démocrate, « démocrate dur ») et les liant à l’âge des gens (0-100 ) ». « En utilisant cette méthode, il dit qu’il y a plus de 980 000 électeurs à part en Arizona. De plus, plutôt que de regarder le nombre total de votes exprimés, il s’est rendu sur les listes électorales et a tenté de déterminer le nombre réel d’électeurs inscrits dans l’État. Parce que, selon lui, si le total des votes comprenait de nombreux votes frauduleux, il n’aurait aucun moyen de savoir sans la base de données originale ceux qui sont réellement habilités à voter. Piton a pu établir une moyenne statistique des résultats d’une élection en fonction du vote de chaque groupe d’âge » (ça se trouve partout dans des sondages !) . « Il a déclaré qu’en faisant cela, il avait découvert qu’en moyenne, environ 63,83% des hommes d’âge moyen + et 58% des femmes d’âge moyen + voteraient en fonction de leurs tendances idéologiques.
Cependant, les jeunes électeurs voteront leur tendance idéologique 94% du temps ».
Des calculs qui sont du vent, car le taux de « conviction » des électeurs est bien plus élevé, sinon nous  n’aurions pas cette bipolarité actuelle si marquée aux USA !!!

A droite, en photo,  il répand aussi l’idée de bulletins trouvés dans une décharge… une légende du net, en citant sa source : le FreeBeacon encore un autre site complotiste pro-Trump encore : il les collectionne, décidément  !!! A noter que Piton avait eu comme supportrice Chanel Rion, de OAN… ce qui en fait automatiquement un gars peu crédible, vu le niveau d’analyse de la demoiselle moult fois décrite ici comme colporteuse de complots divers. Même son compte-rendu sur Twitter de ce qu’a dit Piton est faux ! Avec l’apparition de cette dernière, on note encore une fois qu’on tourne en rond avec toujours les mêmes personnes !!!  Des gens assez bêtes pour ne pas porter de masque et le revendiquer (ici à gauche), tout aussi bêtement, ou pour laisser traîner sur le net des selfies comme celui montant notre homme accompagné par Cyndi Van, la copine de Chad LeVrouw, un instructeur de fitness et danseur, également vétéran des Marines, assistant au meeting de Donald Trump de Kenosha, le 4 novembre dernier, casquette MAGA vissée tous les deux sur la tête… (cf ici à droite). Piton notant que ce soir-là « I was able to meet Ivanka, Don Jr, Eric, Mark Meadows, Kayleigh McEnany and Tiffany’s boyfriend ». En voilà une belle proximité douteuse pour servir de témoin pas du tout téléguidé, aujourd’hui tiens… Bref en deux coups de cuillère à pot, on ruine facilement sa crédibilité, déjà écornée par sa présentation laborieuse sans preuve de ce qu’il avance.

Des chiffres douteux repris aussitôt par le sitThe Daily Fodder, une de ses fameuses sources, justement, fondé en 2019 par John Paluska, un « Viral Marketing Consultant« .  Un site qui fait régulièrement sa une avec le thème de la pédophilie la base de fonctionnement de QAnon et un thème fort »vendeur » chez les gogos on le sait. On le retrouve facilement, celui-là,  couvert d’un couvre-chef bien connu (ici à gauche). Interrogé sur le fond de son site de « réinformation » il avait répondu qu’il était destiné « uniquement à des fins de divertissement et pour découvrir ce que pensent les partisans de Trump. C’est à peu près aussi impartial que de regarder CNN ou Fox News. America’s Voice est essentiellement «Trump News Network». Croyez-le ou non, c’est précisément pour cette raison que j’ai fondé mon propre média. Il n’y a pas assez de points de vente factuels. Une grande partie des nouvelles est de la propagande ou des mensonges ». C’est çà, donc, les sources de notre nouvel expert « impartial »(à droite ce qu’il véhicule comme fausses nouvelles sur la dernière élection) !!! On retrouve aujourd’hui Paluska sur Parler, où il se présente comme « Christian  Conservative » (sur Deezer sa liste de disques présente des Fresh Christian Hits !) avec une page qui ouvre avec une diatribe anti-Soros !!! Un anti-Soros,  donc, comme l’affiche sans hésiter lui-aussi Bobby Piton, dans un de ses posts sur Twitter (ici à droite)…  A gauche ci-dessus la position de Piton sur le même thème de la pédophilie : c’est d’une haute teneur en réflexion ! Décidément, plus on fouille et plus on découvre un bas de plafond d’extrême droite, à l’antisémitisme évident, ne raisonnant pas plus loin que la mire de son fusil.

Mais le plus beau, chez lui, c’est ce cliché ci-contre à gauche dans lequel on reconnaîtra facilement la personne à ses côtés : il s’agit bien sûr de Roger Stone l’homme des coups tordus de Donald Trump !!! Le pire soutien pour l’image de crédibilité que tenterait de promouvoir Bobby Piton !! C’est donc un faux expert, le plus pro-Trump de ceux qui ont défilé, et un de plus, au final, qui finalement révèle également sa fibre QAnoniste flagrante en commentant la célèbre réunion des militaires US et de leurs épouses du 23 octobre 2017 durant laquelle Donald Trump avait dessiné du doigt la lettre « Q » en citant le terme de The Storm, le fameux « orage » soi-disant annoncé par la secte :

Le Lin Wood Show en Georgie

Mais le cirque de Donald, comme celui du temps de Barnum, a plusieurs chapiteaux qui tournent en même temps. Sous un parking couvert à Alpharetta, en Georgie, le 2 décembre  dernier, on a eu droit à un autre grand show du genre avec des vedettes attitrées : Lin Wood, visiblement en pleine forme et de plus en plus déjanté, et la célèbre miss Kraken en personne, Sydney Powell, venue en veste d’allure militaire cette fois : elle adore décidément se déguiser !!! Lin avait choisi le grand show, commencé en arborant une casquette marquée au nom du général Flynn ; son autre idole, pour l’enlever, et enfiler ensuite la MAGA rouge bien connue. Auprès de lui, outre Powell et sa tunique martiale, deux individus à noter. A sa gauche un drôle de zèbre, d’une taille imposante : Vernon Jones, un congressiste d’un genre particulier, puisqu’il est démocrate et a été le Chief Executive Officer de DeKalb County, en Georgie, de 2001 à 2009. Devenu supporter de Trump tardivement, en avril dernier, pour une raison que l’on ignore, à part sa gestion chaotique et contestée dans le Comté de Delkab, il était venu témoigner à la convention républicaine (ici à gauche) et a même participé à un meeting de Trump le 16 octobre à Macon. Son exhibition faisant penser à la « prise » socialiste de Sarkozy en 2007 (le fameux Eric Besson). Le second à la droite de Lin est encore plus suspicieux : il s’appelle Ali Alexander, et il a connu une jeunesse tumultueuse de petit voleur à la tire mais aussi de micheton, proposant ses services sexuels par Internet sur le site Grindr Extra (ici à droite), dont la devise était « meet guys near you ». Ouvertement d’extrême-droite, il a aussi surtout posé en compagnie de… Roger Stone (ici à gauche), que l’on retrouve donc encore une fois à la manœuvre derrière l’opération « Stop The Steal » !  L’homme, qui utilisait avant le pseudonyme d’Ali Akbar. est jugé ici comme étant avant tout un troll, obsédé par la nationalité des parents de Kamala Harris, lui aussi. C’est un proche en pensée de Laura Loomer et de Jacob Wohl, autre troll néo-nazi. Sur un de ses posts compulsifs, il a en effet affirmé à propos de Harris : « she’s not an American Black. Period. » Trump avait re-tweeté l’affirmation, avant de la supprimer vite fait. On l’a vu se pointer au meeting des Proud Boys auprès du fondateur Gavin McInnes. Voilà l’engeance peu recommandable dont s’entourent Wood et Powell : pas sûr que ça puisse convaincre des juges, ça…

Une manif bien réac, noyautée par les évangélistes

Et on le retrouve sans surprise à la manifestation du samedi 12 décembre de « Stop The Steal« , à Washington, restée visible en ligne pendant l’événement, intitulée pompeusement « March for Trump » ou même « Jericho March », c’est selon.  Il y était interviewé au début par des gens de NTD, ce qui n’est pas non plus une surprise. Ce sont en effet les initiales de New Tang Dynasty (NTD) une chaîne du groupe asiatique (chinois) lié au journal dissident d’Epoch Times, un groupe d’extrême droite déclaré, fondé par un opposant chinois comme j’ai pu vous le dire ici déjà, celui du mouvement tortueux du Falun Gong. Cela rassemble quelques milliers de manifestants, comme la précédente présentée faussement comme ayant réuni « un million » de personnes par Kayleigh McEnanySelon le site, quatre mouvements seraient à l’origine de la manifestation : ’ »March for Trump », ‘ »Million MAGA March » , »Let the Church Roar » et « One Nation Under God »  On y a même diffusé en vidéo un discours de  l’évêque Carlo Maria Viganò dont je vous avais aussi parlé au sein du « Petit monde de Donald »: c’est celui qui veut déposer le pape actuel !!! Drôles de catholiques n’est ce pas !!!

Défilé de losers influencés par… Roger Stone !!!

Deux associations religieuses  réactionnaires donc, dans le lot, et dont la vedette principale sur scène s’appelle.. le général Flynn, le QAnoniste !!! Une manifestation qui au final se révèle très orientée religion, avec des chants et des prières entre deux discours… d’énergumènes divers. Un vrai défilé de losers puisqu’on retrouve aussi en vedette américaine l’ineffable Melissa Carone, la reine du show Giuliani du Michigan et de notre épisode précédent, mais nettement moins en forme cette fois.  Sebastien Gorka, proche de Bannon,, aux liens évidents avec les purs fascistes hongrois (son origine) de l’Ordre de Vitéz (ici à gauche, et de l’Historical Vitézi Rend, aperçu à Charlotteville en 2017, ainsi qu’avec la  Magyar Gárda (la Guarde Hongroise, antisémite). Ce conseiller décrié de Donald était en effet présent également, venu parler de « route vers la victoire » de façon fort surréaliste, rappelant dans le désordre la « construction du mur », la « lutte conte la Chine » et que c’était aujourd’hui « le jour ou jamais » (« now and never » aux accents à la Presley)… pour quoi faire, on se le demande : les jeux sont faits. D’autres vedettes étaient annoncées sur le plateau : le pasteur Jonathan Cahn, du Beth Israel Worship Center, pour qui Trump était annoncé dans la Bible (???)  le révérend Kevin Jessip, du Global Strategic Alliance,  supporter lui aussi d’israël ; l’auteur Eric Metaxas, de la Central Presbyterian Church, qui a écrit des livres pour enfants appelés (ne riez pas) « Donald Builds the Wall  » et « Donald Drains the Swamp » (ici à droite) pour la série ao–appelée « Donald the Caveman » !! C’est lui qui fera le lien entre invités durant tout le show pro-Trump ! L’animateur du Trump-Show de Washington ! Un Trump show auquel il n’aura manqué aucun grand malade, car nous y avons découvert aussi juché sur son cheval le fameux  Couy Griffin, de Cow-Boys For Trump (C4T), déjà vu ici, autre même grave qui a déliré  » qu‘un bon démocrate est un démocrate mort »... après voir été reçu dans le bureau ovale !! C’est le cirque façon Buffaalo Bill, cette manifestation !!!

Sans oublier le président de la firme d’oreillers My Pillow, Mike Lindell (ci-dessus à droite), déjà croisé ici chez Steve Bannon, un grand supporter de Donald. Figurait aussi l’ineffable Amy Kremer, la leader de « Women For American First  » qui s’est auto-déclarée comme organisatrice de la manfestation. Comme à son habitude (lire ici), elle a tiré la couverture à elle. Est aussi intervenu via un écran géant l’ultra-réactionnaire Frank Anthony Pavone, un prêtre activiste anti-avortement, pro-israël (il le dit tout seul !), mais aussi des élus républicains, tel Mark Finchem, venu de l’Arizona (et cité déjà ici) : c’est le leader du groupe milicien des Oath Keepers dans l’Etat (!) ou le sénateur Doug Mastriano (viré de Twitter); celui qui a organisé la venue de Giuliani  en Pennsylvanie pour ce faux tribunal grotesque avec la déposition de l’expert-bistrotier. Mais le mieux c’est aussi l’apparition impromptue de… Roger Stone, lui aussi lors d’un enregistrement vidéo (ici à gauche) !!! Le voici encore à la manœuvre !! Incroyable, Trump ne peut décidément pas s’en passer !!!

Une manifestation à base religieuse, mais dans laquelle se sont infiltrés des groupes dangereux. Le premier est celui des Oath Keepers, descendu en force avec plusieurs intervenants mais aussi son responsable, qui rêve toujours d’une guerre civile, on le rappelle. Elmer Stewart Rhodes était en effet présent et il a pris le micro (ici à gauche) avec ses invectives habituelles et sa haine de la démocratie qui transpire par tous ses pores. Au pupitre, puis après au mégaphone comme à son habitude, on a quand même été surpris de retrouver… Alex Jones, d’InfoWars, en invité officiel, donc, lui aussi présent avec sa hargne habituelle (ici à droite) : on le comprend car Donald Trump est tellement devenu son gagne-pain que ce qu’il vient faire là est d’assurer sa survie dans les semaines à venir. Au mégaphone, ça se termine en slogans.. QAnonistes, puisque la foule s’écrit sur la fin « save our children »…. le slogan préféré de la secte, avec son délire pédophile…

Le plus inquiétant étant la forte présence dans la foule des troupes des Proud Boys, ces néo-fascistes machos dangereux (2), bien distinguables avec leur tenue noire et leur foulard jaune. Venus visiblement en masse comme démonstration de force, emmenés par leur leader charismatique, le cubain Enrique Tarrio. Derrière eux se cache à nouveau… Roger Stone selon l’ADL : « le 21 février 2018, une nouvelle vidéo est apparue sur la chaîne YouTube des Proud Boys, montrant Roger Stone, criminel condamné et conseiller de longue date du président Trump, regardant la caméra et récitant l’initiation des Proud Boys: «Salut. Je suis Roger Stone. Je suis un chauviniste occidental et je refuse de m’excuser d’avoir créé le monde moderne.  » Stone entretient une longue relation avec les Proud Boys, posant dans d’innombrables photos avec divers membres, apparaissant dans des vidéos, recevant le soutien du groupe lors de son procès en 2019 et les utilisant même comme sécurité privée lors d’événements. Mais Stone n’est pas le seul lien entre les Proud Boys et l’establishment politique »… A Washington, ils étaient visiblement venus pour en découdre, et la manifestation s’est terminée par des heurts violents en raison de leur présence et de leurs provocations.

C’est assez amusant de constater que Donald qui n’a eu de cesse de parler du « virus chinois » venir se faire soutenir… par une télévision chinoise. Un tweet de Donald a transformé la manifestation en événement officiel… qui va à l’encontre du jugement démocratique des urnes. Le cirque Trump peut donc continuer !!

Un jour sans fin dans le cirque Trump

Dernier avatar de la tournée de cirque, celui qui nous vient du Texas cette fois (où Trump l’a emporté, pourtant !) :  « le président Donald Trump a demandé mercredi à la Cour suprême de bloquer des millions de votes de quatre États-clés qui ont voté pour le président élu Joe Biden. La demande de Trump est arrivée dans un dossier auprès du tribunal demandant d’intervenir dans un procès intenté par le procureur général du Texas, Ken Paxton, visant à invalider des millions de votes exprimés en Géorgie, au Michigan, en Pennsylvanie et au Wisconsin. Le président est représenté par un nouvel avocat, John Eastman (c’est la tête d’ahuri à gauche), connu pour avoir récemment poussé une théorie du complot raciste en se demandant si la vice-présidente élue Kamala Harris était éligible pour le poste parce que ses parents étaient des immigrants. » On peut l’entendre ici lors de sa déposition au sénat de Georgie. Visiblement, c’est encore une flèche, celui-là. Harris est né à Oakland, mais ça semble ne pas lui suffire : c’est le retour des « birthers« , ceux qui avaient prétendu la même chose pour Obama… une croisade complotiste qu’avait largement soutenue Donald Trump, on le rappelle ! 

Paxton, un conservateur évangéliste déjà décrit ici, est lui un vieux partisan du concept républicain de fraude électorale supposée et jamais prouvée. Lors de la pandémie, il avait déjà sévi à sa manière en tentant d’empêcher carrément le vote par correspondance : « au cours de la saison électorale de 2020, qui s’est déroulée au milieu de la pandémie de coronavirus, Paxton a intenté une action en justice contre le greffier du comté de Harris, Chris Hollins pour l’empêcher d’envoyer des demandes de vote par correspondance accompagnées d’instructions concernant l’éligibilité à tous les électeurs inscrits du comté. Paxton a perdu dans le tribunal de première instance et dans la cour d’appel intermédiaire, mais la Cour suprême du Texas a renversé et ordonné au tribunal de première instance d’entrer une injonction. La promotion du vote par correspondance fait partie intégrante de l’ensemble de mesures innovantes de Hollins visant à réduire le risque d’infection au COVID du vote en personne tout en maximisant les opportunités pour tous les électeurs de participer dans des conditions de pandémie. Le Parti républicain du Texas est opposé à l’expansion du vote par courrier et autres accommodements et a déposé ses propres actions en justice cherchant à enjoindre Hollins par ordonnance du tribunal ». C’est également (et obligatoirement) un farouche opposé au parti du masque et à toute mesure de distanciation : lorsque qu’au Texas la ville d’Austin a encouragé les restaurants à tenir des registres des informations de contact, afin d’assurer la recherche des contacts en cas d’épidémie; il a décrit le phénomène comme étant «orwellien» (cf ici à gauche). Pour lui, la pandémie n’est pas une excuse encore assez suffisante pour promouvoir le votre par correspondance qu’il abhorre. «Les bulletins de vote par correspondance basés sur le handicap sont spécifiquement réservés à ceux qui sont physiquement malades et qui ne peuvent pas voter en personne», a déclaré Paxton mercredi. «La peur de contracter le COVID-19 n’équivaut pas à une maladie ou à une condition physique comme l’exige la législature… L’intégrité de notre processus électoral démocratique doit être préservée et la loi établie par notre législature doit être suivie de manière cohérente.» Bref, il préfère voir les gens mourir, en se rendant sur des lieux de contamination potentiels : cet homme adore le risque !!

En avril, Trump avait salué sa décision inique : « les républicains devraient se battre très dur en ce qui concerne le vote par correspondance à l’échelle de l’État », a tweeté le président la semaine dernière. «Les démocrates le réclament. Un énorme potentiel de fraude électorale, et pour quelque raison que ce soit, ne fonctionne pas bien pour les républicains ». Un tweet à la auteur d’un Donald reconnaissant tout seul pourquoi donc les républicains détestent tant le procédé : car ils n’ont pas réussi à convaincre leurs électeurs de s’y adonner, au contraire des démocrates… à force surtout de leur avoir parlé de « fraude », ce mythe qu’ils ont tant alimenté !!! Vous ne pouvez en effet bassiner le gens pendant 20 ans avec la suspicion sur le bulletin de vote et croire que du jour au lendemain qu’ils vont accepter de ne pas le déposer dans une urne, mais dans une boite aux lettres !! C’est ça, la grave erreur du GOP… de Donald, et de ses nouveaux avocats !!!

Trump a envoyé plus de 70 tweets depuis avril dernier ayant pour sujet une fraude supposée. Ici trois exemples : celui du 14 avril évoquant le « ramassage » des bulletins (harvesting), à savoir les dépôts de bulletins dans des boîtes certifiées, vu le peu d’énergie déployé par le nouveau patron de l’US Postal pour le faire (sous les ordres de Donald Trump !), on a vu ici que les Républicains avaient saboté le procédé en fabriquant de fausses boites dépôt. Un autre tweet de juin parlant 4 mois avant, d’une élection qui serait « volée », avec un argument extrêmement bizarre : celui de bulletins qui seraient « imprimés à l’étranger », chose là non plus pas établie et dont on ne voit pas en quoi elle pourrait poser problème, et celui du mois d’août qui présente tout le contraire de la réalité : les démocrates ont toujours demandé le vote par correspondance, pour la simple raison que des noirs se faisaient rejeter ou agresser devant des urnes par les sbires de… Roger Stone, souvenez-vous, je vous ai parlé de cette technique d’intimidation d’électeurs. Trump est vraiment un gars tordu, à présenter les choses à l’inverse de la réalité, avec un aplomb pas possible. Un menteur chronique et invétéré : une maladie chez lui, ostensiblement ! La théorie de la fraude électorale supposée n’est donc pas apparue au lendemain du 3 novembre : les républicains entretiennent depuis plus de 30 ans maintenant…  en 2016, alors qu’il l’avait emporté, Trump avait aussi parlé d’élection volée… « Stop The Steal » n’a donc rien de nouveau ! Comme n’a rien de nouveau le rôle de Roger Stone dans l’opération !

 

Les casseroles accrochées au derrière

Paxton, encore un qui ne comprend pas davantage que Trump comment se répand le virus !! Il se traîne en tout cas des casseroles dont une récente : en octobre 2020, sept de ses principaux collaborateurs ont publié une lettre l’accusant « d’influence inappropriée, d’abus de pouvoir, de corruption et d’autres délits » encore, et ont déclaré « qu’ils avaient fourni des informations aux forces de l’ordre et leur avaient demandé d’enquêter« . Il les a tous aussitôt licenciés, forcés à démissionner ou certains se sont mis en congé. Comme Trump, c’est simple : il ne connait pas le mot pusillanimité.

En juillet 2015, pour la première fois en 32 ans, alors qu’il était procureur général du Texas, il a en effet été inculpé pour « fraude en immobilier » et « non-inscription auprès des autorités de réglementation des valeurs mobilières de l’État »; Paxton avait trompé deux investisseurs dont Nate Paul, en vendant en 2011 des actions de Servergy Inc, une société de technologie, à des investisseurs sans déclarer qu’il avait touché en retour de leur part 100 000 actions (il affirme que c’est un  « cadeau » !). Pour ajouter au grotesque, Paxton a avoué candidement aux enquêteurs qu’il avait eu une liaison extraconjugale avec la femme que Paul avait embauchée un peu plus tard !!!

Malgré cela, il a été aidé par sa propre femme Angela, devenue entre temps sénatrice du Texas, ce bel hypocrite. L’une de ses premières décisions a cette dernière a été en effet de déposer un projet de loi visant à accroître largement le pouvoir de son mari en changeant une loi, celle lui permettant d’exempter les individus des valeurs mobilières de l’État : celle qu’on l’accuse d’avoir violée !!!  La loi n’est pas passée, heureusement. L’autre affaire de 2105 dont s’est emparée depuis le FBI se trimballe depuis lors, en changeant de lieu de jugement entre Fort Worth et Houston et en bisbilles de procédure. Elle traîne toujours, donc, depuis. Comme les immeubles concernés appartiennent à l’Etat , il risque gros, très gros.

Pour le cas de l’élection il fait dans le conspirationnisme le plus pur, évoquant « des valises cachées remplies de bulletins de vote », « un ordinateur portable secret » avec « plusieurs clés USB » selon lui « utilisées pour programmer des résultats démocratiques favorables en Pennsylvanie », ou des vidéos « d’agents du scrutin applaudissant alors que des observateurs du scrutin seraient expulsés des salles de dépouillement ». Jusqu’ici aucun de ces éléments n’a été montré aux juges. Et c’est lui, avec John Eastman, qui a conçu le recours à la Cour Suprême, le deuxième du nom, la première tentative ayant échoué !!! Faut oser (3) !!!

En réalité le dossier est plombé à l’origine : John Eastman  et Ken Paxton ont fondé leurs recours texan à la Cour Suprême sur une loi qui sert à résoudre les conflits entre Etats, ce qui n’est absolument pas le cas ici… Les avocats de la Pennsylvanie, du Michigan, du Wisconsin et de la Georgie lui ont demandé de rejeter la plainte du Texas.  A ce jour, le solliciteur général du Texas, l’avocat représentant l’État devant la Cour Suprême – n’a en effet signé aucun des documents déposés dans ce nouveau recours… même chez les républicains bon teint, on s’interroge : « le sénateur du Texas, John Cornyn, (ici à droite),un républicain qui soutient Trump, a déclaré à Manu Raju de CNN qu’il avait du mal à «comprendre la théorie juridique» derrière le procès. «Numéro 1», a déclaré Cornyn, «pourquoi un État – même un État aussi grand que le Texas – aurait-il son mot à dire sur la manière dont les autres États administrent leurs élections ? » Peut-on lire chez CNN. Il existerait encore des gens censés chez eux ? Mais lesquels et combien ?

Bref, dans le cirque Trump, c’est bien un jour sans fin qui se joue… ça va durer jusqu’au 20 janvier (2), à la date de l’inauguration que Trump menace déjà de spoiler. 

 

 

 

Nota : le temps de vous rédiger ce texte et le verdict est tombé : la plainte ridicule déposée par Paxton a été rejetée par la Cour Suprême. Paxton, ne revanche, à du souci à se faire pour son acabit. D’aucuns ont en effet émis l’idée que juridiquement la plainte pouvait être considérée comme crime fédéral, et pour ne rien arranger, son affaire immobilière douteuse continue à avancer dans le mauvais sens pour lui; avec le FBI désormais. sur le dos. On annonce en effet qu’il risque jusqu’à 99 années de prison… à se demander si la plainte foireuse n’aurait pas été qu’un petit calcul égoïste de la part de Paxton, un Paxton qu’avait salué Donald sur Tweeter. Celui de l’obtention d’un pardon présidentiel, seul moyen pour lui de se sortir du bourbier dans lequel il s’est mis en 2015. C’est cela aussi, la politique, version Trump !

 

(1) « Nous ne sommes pas fans du mandat du président de GOP de Kane County, Ken Shepro, en tant que président du GOP. Mais personne ne peut contester le leadership et le dévouement de Terry Hunt envers le parti. Terry Hunt dirige l’une des organisations GOP du canton les plus prospères du comté. C’est un élu compétent et efficace. Surtout, c’est un conservateur qui travaille dur pour aider notre parti. De quoi pourrions-nous être moins fan que Ken Shepro ? Que diriez-vous des novices politiques égoïstes qui se font passer pour endosser des habits conservateurs ? Des gens comme Bobby Piton. C’est un gars dont le seul don majeur a été de donner 500 $ à Richard Daley. Il n’a JAMAIS voté dans une primaire républicaine. On entend tout ce qu’il fait, c’est critiquer, puis ne propose pas de vraies solutions. Son travail consiste à entrer dans les entreprises et essentiellement à licencier les gens. Bobby a été poursuivi par sa belle-mère pour fraude parce qu’il avait volé leur entreprise familiale. Il a attaqué d’innombrables républicains locaux qui travaillent dur. Maintenant, il veut devenir le meilleur républicain du comté. Nous soutenons Terry Hunt. Nous ne soutenons pas ce mec fou ».

(2) des fêlés d »un autre genre encore selon Wikipédia, une vraie secte en fait : « D’après l’association antiraciste Southern Poverty Law Center et des déclarations de Gavin McInnes, tout homme désirant devenir membre des Proud Boys doit suivre un rite d’initiation hiérarchisé en 4 degrés :

 

  • Degré 1 : L’aspirant doit prononcer la phrase « I am a Western chauvinist who refuses to apologize for creating the modern world » (« Je suis un Occidental chauvin qui refuse de s’excuser pour la création du monde moderne »).
  • Degré 2 : L’aspirant doit donner le nom de 5 marques de céréales pendant qu’il se fait rouer de coups par d’autres membres. Ce rituel s’apparentant à du bizutage (McInnes dit s’être inspiré d’un « jeu » pratiqué dans son lycée aurait pour but, selon McInnes, d’évaluer la capacité de l’aspirant à contrôler son adrénaline et à  se servir de ses facultés mentales même en situation délicate. Il explique :  défendre l’Occident contre ceux qui veulent sa chute équivaut à se rappeler le noms de céréales alors qu’on est sous dix coup de poings.
  • Degré 3 : L’aspirant doit se faire tatouer le logo des Proud Boys et « renoncer à la masturbation ».
  • Degré 4 : Le degré 4 est obtenu après participation à des combats « pour la cause », contre des groupes d’extrême gauche ou antifascistes.« 

Le cubain d’origine Enrique Barrio avait été aperçu à un meeting de Trump, (son dernier de campagne) bien placé sur les photos car juste derrière lui sur une estrade, portant un t-shit « Roger Stone n’a rien fait de mal », aux côtés de… vénézuéliens pro-Trump.  Il avait arboré le même slogan avec le nom de… Pinochet, ce qui donne une idée de ses positions en politique. Le jour de la manifestation, samedi 12 décembre, Barrio (ici à droite au milieu de la photo) a affirmé avoir été reçu en personne à la Maison Blanche : qu’y faisait-il, alors que ses troupes étaient venues pour en découdre juste en face ? Les relations de Donald avec ce groupe, dont il a déjà salué l’action et refusé de condamner la violence est, très, très douteuse… et inquiétante.

 

(3) avec d’autres farfelus, tel Jess Binnall, représentant Trump pour le Nevada, qui évoquait « 400 plaintes pour irrégularités« le 17 novembre. L’Etat a certifié pourtant l’élection 7 jours plus tard avec plus de 33 000 voix d’avance pour Joe Biden. Il est ici à gauche présenté par un spécialiste su trollisme : Jack Posobiec, de OAN, qui s’y connait en coups tordus, comme on a pu le voir moult fois ici. Sa page de présentation de Twitter annonce la couleur : c’est un Trumpiste de plus, cautionnant un admirateur déclaré de QAnon, le général Flynn, et son avocate… Sydney Powell. Retour à la case départ, donc ! Le show peut continuer !

 

Le journal citoyen est une tribune. Les opinions qu’on y retrouve sont propres à leurs auteurs.

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