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Election 2020 (VI) : l’origine de la rumeur « du serveur allemand »

Envoyés au front aux abords de l’hiver, les avocats mandatés par Donald se sont pris des vestes mémorables. La faute au peu de consistance de leurs dossiers et le ridicule profond de leur chef, devenu employé de parking ou représentant en (mauvais) produits cosmétiques (the Giuliani Leaks ?). Les voici déjà en pleine retraite de Russie, condamnés à suivre un chef qui erre de terrain de golf en salon avec téléviseur, ou retranché dans son bunker, en attendant l’assaut final, à écouter la radio ou à insulter tout le monde autour de lui, jusqu’à ses plus fidèles alliés. Voilà qui rappelle des choses, en effet. La Maison Blanche, c’est vraiment devenu la Chancellerie de Berlin en 1945, avec autour un vrai champ de bataille (politique) ! Et des élucubrations autour qui perdurent. Je vous ai retrouvé la plus belle, je pense, et sa fin… en peau de lapin ! Blanc, bien sûr le lapin : « follow the white rabbit » (oui, j’ai appris moi aussi à parler QAnon !!).

L’histoire du fameux serveur « allemand »

Parmi les idioties proférées par le « Legal Team » de Donald, celles de Sydney Powell et Lin Wood valent leur pesant de cacahuètes, car elles sont avant tout infondées et puisent surtout dans le vivier d’activistes de la suppression des listes d’électeurs dont je viens de vous parler. Démonstration ici, avec une vraie enquête sur une manipulation manifeste, reprise par des gens qui ne vérifient rien et amplifiée par d’autres, dont Chanel Rion, de OAN, qui ne vérifie pas plus, on le sait. Elle, elle pose sa chaise, et elle regarde, c’est tout. Pour l’analyse, on peut toujours repasser !

Cela démarre avec un hoax, sur le site Web d’Everylegalvote.com (ici à gauche), qui révèle une étrange carte électorale, qui donne en premier Trump avec 232 votes et 214, comme si on était resté figé dans le temps, et des Etats non comptabilisés avec à côté un bouton interactif affichant «sans fraude électorale» qui donne lorsqu’il est cliqué 318 à Donald Trump contre 220 à Joe Biden. Le site contient aussi un texte affirmant que les bulletins de vote par correspondance « ont été utilisés pour voler l’élection à Donald Trump », et que « des milliers de morts ont voté au Michigan alors qu’ils ne l’ont pas fait », plus d’autres débilités provenant directement des thèses de QAnon, les grands déçus de la défaite de leur champion. «Ils tentent d’installer Joe Biden en tant que président sans procédure régulière», indique le site, en citant les médias, «certains élus» et des « personnes en position de pouvoir, tant aux États-Unis » (ou dans d’autres pays) comme responsables de cette défaite. C’est celle du « Deep State« , promue par Trump en personne en fait !!!

A fouiner dans le site, on découvre qu’il est sponsorisé par Allied Security Operations Group, une société de cybersécurité privée basée à Dallas, l’Economic War Room, un site et une émission de radio tenus par un dénommé Kevin Freeman (avec son émission, qui s’intitule « La sale guerre économique avec Kevin Freeman »),  et le Liberty Center for God and Country (à gauche un de ses slogans actuels sur leur page Facebook, à droite c’est leur position face à la pandémie : ça vole haut chez eux !. Ces derniers, quand ils ne s’en prennent pas au Pape , ils s’en prennent au coronavirus présenté comme une manipulation politique !!! Leur site Facebook est absolument… épouvantable et d’une bêtise abyssale !!! La première a ses contenus gérés par son financier, qui a la particularité d’être… un prétendant républicain, Russell Ramsland, un homme d’affaires qui a bossé à la NASA et au Massachusetts Institute of Technology, qui s’est présenté au Congrès au Texas en tant que républicain en 2016 et a été battu à la primaire par Pete Sessions (61,4% contre 23,7%), sur un programme très réactionnaire lisible ici. Aujourd’hui, il se présente comme « expert en sécurité ». Il est ici à droite, où on le retrouve chez le fort droitier Scott en train de parler sécurité informatique … il y pérorait en racontant que les entreprises de machines à voter étaient privées (il aurait souhaité des nationalisées ???) et que ce qu’il avait découvert est que les votes étaient « dirigés du Texas vers un serveur à Francfort en Allemagne » (il ne citait alors absolument pas Dominion), gérées par une société « espagnole », « barcelonaise », précisait-il (en fait c’est Scytl, qui travaille surtout avec Amazon, a fait en 2010 un audit électoral à Barcelone, en partenariat avec Indra et elle est bien d’origine espagnole, où elle est née en 2001 (1) ), les machines du comté étant selon lui « toutes en réseau » et « gérables ainsi à distance« . Bigre, quelle découverte ! Pensez-donc, le coup de 2004 qui recommence !!! Le problème c’était le flou entourant ses déclarations, purement orales et sans preuves physiques… Car Scytl existe bel et bien, est connue et répertoriée, elle fait partie du groupe Paragon, installé sur la niche internet (marketing par e-mail), qui ne cesse de s’étendre en Europe et dans le monde (à droite un résumé de ces nouveaux contrats). C’est du « Big Data », tout simplement, et comme ça n’est pas américain… ça fait peur aux américains !!!

Le ridicule atteint à … Bastrop (ou partout ailleurs, au Texas !)

Ou ça devient grandiose, comme désinformation, c’est que ce qu’avait « découvert » Ramsand était vrai, mais en partie seulement (c’est le grand art d’un hoax bien fait que de partir d’un fait réel, mais déformé), car en octobre 2016 en effet, la société internationale Scytl avait effectivement organisé le Texas County Election Website Evaluation, sous l’égide de la League of Women Voters of Texas (ou LWV-TX, ici à gauche, un groupe non partisan, c’est-à-dire avec des démocrates comme des républicains, très actif pour inciter les femmes à voter  (2) !). Ramsland avait soit commis un abus de langage, soit n’avait même pas compris ce qu’il avait pu voir en parlant du fameux serveur. Car Scytl avait été clairement mandaté et avait reçu pour mission de tester et détecter à distance les sites électoraux existants de l’Etat où, on le rappelle, Dominion avait été exclu dès 2013 au profit de ES&S (et ses machines sous PC Anywhere pour être pilotées à distance !), pour faire le tri de sites capables au mieux de « fournir aux électeurs un site Web électoral complet et convivial« . L’idée étant de voir comment les gens les percevaient et ce qu’ils avaient compris de leur contenu (c’est tout l’art du Big Data : l’analyse de données !). Evidemment, pour faire ça, fallait que les sites soient en ligne et donc en réseau…

Six des comtés-clients texans de Scytl, utilisant le  module « Voter Education »  (Bastrop, Dallas, Denton, Gregg, Jefferson et Lubbock) – avaient obtenu « un score parfait » et « avaient reçu la récompense Excellence Awards pour avoir fourni des sites Web électoraux exceptionnels. La facilité d’accès aux informations électorales est précisément essentielle pour les citoyens informés qui votent. À cette fin, l’étude entreprise en août 2016 a évalué la disponibilité en ligne et l’adéquation des informations électorales sur les 242 sites Web officiels des comtés du Texas. Sur les 242 sites Web de comté évalués, seuls 15 ont obtenu une note globale parfaite. Parmi ces 15 principaux sites Web de comté, 6 (40%) utilisent actuellement la technologie Scytl Voter Education ».

Ce sur quoi était tombé notre fameux « expert » était en fait un test mené à distance d’utilisation et d’ergonomie de sites, comme il s’en pratique des milliers avec des appels gérés par des robots et des testeurs réels, pour évaluer des sites internet et voir leur pertinence. Une société capitaliste choisissant le mieux offrant c’est Scytel qui avait tout géré… d’Allemagne, où ses serveurs étaient effectivement installés (avec les câbles transatlantiques à fibres, ça va aussi vite qu’en traversant les Etats-Unis !). En Allemagne et non en Espagne en effet. Comme on peut le voir ici sur cet extrait de carte transatlantique de câbles de fibre Ethernet, on passe en effet plutôt par le haut de l’Europe que par l’Espagne, qui ne connecte aux USA que par le nord, et non par Barcelone !! En gros, vaut mieux passer par.. Francfort qui est aussi sans surprise un énorme hub européen d’avions cargos assurant la liaison USA-Europe !!!

Tout ça pour atterrir au fond du Texas :  « comme avec la plupart des administrateurs électoraux, nous voulions faciliter la recherche d’informations électorales pour nos électeurs. Non seulement nous avons été en mesure de fournir à nos électeurs les informations qu’ils recherchent, mais nous avons également pu réduire le nombre d’appels au bureau autour des élections. Scytl Voter Education et Scytl Election Night Reporting ont rationalisé nos procédures électorales et nous n’avons reçu que des commentaires positifs de la part des médias et des électeurs. «  avait déclaré Bridgette Escobedo, l’administratrice des élections du comté de Bastrop (elle dirige aujourd’hui les élections à Travis County). A Bastrop, premier comté du lot dans la liste, on a choisi à nouveau ES&S comme machine préférée pour l’élection de 2020 (ici à gauche). Grâce à une aide de 138 000 dollars, couverte par un prêt fédéral de l’America Vote Act… Donald y a gagné à Ballstrop avec 13 points d’écart (cf ici à droite) !!! Grâce à Scytl et ES&S ???

Le gag étant surtout que Scytl, durant les élections présidentielles américaines de 2016, celles où Trump avait fini vainqueur, avait déjà géré 53 millions d’électeurs enregistrés et des milliers de membres du personnel électoral sur 28 États différents dont le Texas, déjà … tous ceux qui avaient fait confiance à son expertise professionnelle !

Le dénommé Freeman, lui, a été repéré autrement encore : c’est un « chercheur » au  Center for Security Policy, en réalité un Think tank fumeux anti-musulman basé à Washington, selon le Southern Poverty Law Center. Le Center for Security Policy on le connaît très bien en fait : c’est lui qui avait organisé, souvenez-vous, la réunion de Mar-a-Lago d’octobre 2019 dans laquelle Don Jr et sa petite amie (la hurleuse) avaient été payés 50 000 dollars pour quelques dizaines de minutes de présence sur scène. Lors de l »American Priority Live in Miami »… un think tank dédié à la réélection de Trump en 2020 (l’argent provenait de dons du GEO Group. Celui qui gère les prisons aux USA !!!). Le directeur du Center for Security Policy (CSP), l’islamophobe Frank Gaffney (ici à gauche) est un théoricien du complot notoire.

Le troisième larron, le Liberty Center for God and Country, déclare lui vaguement «promouvoir et protéger nos droits et libertés constitutionnels inaliénables et donnés par Dieu» et «soutenir les efforts juridiques qui protègent ces libertés»., on a vu ci-dessus ce que ça donne. Le très réactionnaire American Center for Security Policy et anti-islam, dirigé par Fred Fleitz, a été créé je le rappelle par Michael Ledeen, au parcours néoconservateur bien tortueux, proche du sulfureux Richard Perle (il a signé avec Michael T. Flynn « The Field of Fight : How We Can Win the Global War Against Radical Islam and Its Allies »…

L’histoire reprise et transformée plusieurs fois

On en est là donc, avec des assertions trompeuses d’un prétendu expert incapable de se renseigner sur ce qu’il avait cru comprendre à partir ce qu’il avait cru voir, et ça repart sous une autre forme, ça s’envole et ça décolle à nouveau, car les conspirations sont souvent des histoires de seconde main ou des fusées à deux étages si vous préférez : là, vous allez voir, il y en aura même trois ! Voire quatre !

La seconde intervention, c’est celle d’un désœuvré, qui s’appelle Watkins, plus exactement Ron Watkins. Celui-là a été déniché par une autre enquête, signée Gimlet Media, et faite par PJ Vogt, qui est allé interviewer Fredrick Brennan, le fondateur (handicapé) de 4chan devenu 8chan depuis (crée en 2013, il a été fermé en 2019), le forum au grand n’importe quoi qui a été revendu en 2015 à… Jim Watkins, le père de l’autre, et le roi du porno sur le net. Lui a découvert un lien indubitable : le père (ici à droite chez OAN) et le fils utilisaient sur le forum 8chan une adresse IP qui était la même que celle du site QMap.pub…. derrière laquelle se cachait (mal) QAnon !!! Peut-être pas le fondateur, mais au moins le gestionnaire. Les fondateurs on les a retrouvés, ils figurent en détail ici. Et le fond de l’histoire est un livre d’anarchistes italiens, je vous re rappelle aussi… c’est la société du spectacle constant avec Donald !! A chaque fois que 8chan a été en difficulté (technique ou audience), QAnon a fait de même  : c’est bien la même origine !!!

Désœuvré, car depuis quelque temps le torchon brûlait entre le père et le fils, et le fils s’est inscrit chez Parler, nouveau sésame des extrémistes, sous le code CodeMonkeyZ pour venir y raconter aussitôt que les messages se faisant passer pour Q, celui censé être le leader de la conspiration Q, étaient bien ceux de son père !!! Pour évidemment le démentir le lendemain et crier au vol de son compte, ce qui fichait en l’air la sécurité de Parler et ce qui semble donc bien improbable. Et surtout, au soir du 3 novembre, Ron a subitement démissionné du site, après une énième dispute avec son père et la fermeture du site par Tucows, la société que 8chan utilisait comme registraire de noms de domaine du site. Or ce fameux Ron, ne sachant pas trop quoi faire, est alors tombé sur l’affaire du serveur allemand de Ramsland et s’est empressé de la réécrire à sa façon. C’est devenu dans son galimatias habituel « un raid de l’armée » qui aurait fait fermer un vague « serveur caché sur une base militaire allemande« , et c’est lui qui « aurait manipulé les votes de l’élection 2020 à distance ». Le côté militaire a un double intérêt, voire un triple : cela fait plus organisé, laisse aussi entendre une part de secret, et fait aussi plus « sérieux ». Pour éviter l’écueil de l’opération détournée et « solide », on indique même en note de bas de page que la « CIA ne fait pas partie de l’opération » !!!

Si le nom de la firme est la même que celui de Ramsland (Scytl), le serveur est devenu par miracle un Dominion, dont Ramsland n’avait jamais pourtant parlé (et logique, puisqu’il n’y en avait pas au Texas !). Pourquoi cette firme à ce stade ?  Nul ne le sait encore… à part ES&S, qui aurait joué au concurrent hargneux et aurait cherché à le miner en ruinant sa réputation… comme on l’avait fait pour Diebold. ES&S n’a jamais digéré la décision antitrust de 2010 l’empêchant d’ingurgiter Premier Election Solutions, ex Diebold, par décision du ministère américain de la Justice de vendre PES (à Dominion !) en application de la législation antitrust. ‘Le marché des vendeurs électoraux est petit et la «clientèle» se limite principalement à l’Amérique du Nord et se concentre sur les États-Unis, ce qui signifie que la concurrence est féroce. Le résultat est un petit réseau d’entreprises qui ont des quasi-monopoles sur les services électoraux, comme la construction de machines à voter. Dans tous les domaines, les vendeurs privés ont une longue histoire d’erreurs qui ont affecté les élections, d’empêcher les politiciens et le public de rechercher des informations, de corruption, d’influence étrangère suspecte, de fausses déclarations de sécurité et de malhonnêteté commerciale » écrivait le Guardian en avril  2019. Un marché captif, où tous les coups bas et tous les pots-de-vin surtout son permis ! Et Chuck Hagel, premier patron de la boîte, en prime n’a jamais eu une réputation de tendre non plus. Il se trimballe une belle casserole lui aussi ! Il avait triché pour se faire élire au Nebraska avec un score mirobolant de 83% de bulletins en sa faveur qui avait soulevé bien des questions (3)  !

S’ajoute à ça le site très droitier de l’American Thinker, de Richard Baehr, Ed Lasky et Thomas Lifson, avec Andrea Widburg en hyène déguisée en ménagère (ici à droite), pas avare d’imagination elle non plus, qui fait de Scytl une société « barcelonaise » encore, comme Ramsland, mais qui surtout affirme qu’elle a des liens avec le financier Soros (celle-là comme news arrive toujours de toute façon chez l’extrême droite, il sert à tout !), mais aussi avec Bill Gates et même Vulcan Capital de Paul Allen (ils ont oublié qu’il est décédé fin 2018, ces imbéciles !) et bien sûr les démocrates au bout de la chaîne comme profiteurs finaux !!! Tout ça inventé de toutes pièces !!! Le site en a fait des tonnes sur le sujet depuis, comme ici avec John Keller ! Il héberge aussi Sally Zelikovsky; la fondatrice de Bay Area Patriots, une énième Tea Party girl ayant dévoré le GOP

Ça devient abracadabrant 

Le reste c’est la cavalcade et la tambouille habituelle de la fake news : c’est repris par GeartGame India, le site qui lui a inventé l’hoax du « Coronavirus Bioweapon », une arme biochimique qui aurait été volée à l’armée au Canada, selon lui, le fake qui l’a fait connaître dans le monde entier, selon NewsGuard, qui le qualifie de propagandiste, une info reprise ensuite chez ZeroHedge, créé par un bulgare complotiste pro-kremlin, qui saute aussi sur le coup du serveur, puis a rebondi encore ailleurs (chez le Gateway Pundit bien sûr : dès que l’on ment quelque part, il reprend de volée, cet imbécile ) !) : ne manquait plus qu’une « sommité » pour enfoncer le clou est c’est bien entendu le plus givré des républicains, Louie Gohmert du Texas (il est tombé positif au coronavirus en juin 2020, car il ne portait jamais de masque et comme Trump a pris en remède de l’hydroxychloroquine ). Il est copain, pour ne rien arranger, avec le roquet extrémiste Ben Shapiro, (ci-dessous à gauche) et c’est lui bien sûr qui tombe à pieds joints dans le panneau pour reprendre tout ça et le remélanger à sa façon. Ce n’est pas son seul exploit à cet admirateur de Trump :  lors de l’impeachment il avait fuité le nom du lanceur d’alerte !! Lors de l’audience de Robert Mueller, il s’était littéralement déchaîné contre lui…. en oubliant un point important : « le rapport de Robert Mueller et un précédent acte d’accusation de 12 agents russes ont confirmé que les Russes visaient également des vendeurs privés qui fournissaient des logiciels électoraux. Les Russes ont réussi à violer au moins une entreprise, dont le nom a été expurgé dans les rapports, «et ont installé des logiciels malveillants sur le réseau de l’entreprise», selon le rapport Mueller. » Ah, mais laquelle ? Celle dont les machines restaient branchées sur Ethernet et le net, alors… Voilà qui est passionnant !!

Selon lui, qui visiblement se plaît aussi à broder, il aurait personnellement appris, « d’un ancien membre des services de renseignements« , que “des informations extrêmement convaincantes ont pu être récupérées de Scytl, (…) dont le siège social a déménagé à Francfort“.“Ces informations amassées par Scytl ont pu établir la manière dont les votes républicains ont été échangés contre des votes démocrates“, ajoutait-il. Je sais qu’il y a un tweet en allemand qui explique que lundi, des forces armées américaines se sont rendues chez Scytl et ont saisi leurs serveurs“, déclarait-il également, sans plus de précision. Il reprend en fait des tweets complotistes qui avaient écrit la veille que “quelque chose d’énorme se prépare” (une phrase typique du vocabulaire de QAnon) ; “L’entreprise espagnole Scytl, qui propose un logiciel de truquage des élections à l’échelle mondiale, utilisé dans le cadre de l’élection américaine, s’est retrouvée impliquée : les serveurs utilisés pour la manipulation étaient situés en Allemagne (Francfort). (…)  Ce soir, l’ARMÉE américaine, avec un énorme contingent, a confisqué les surfeurs (les serveurs, ndlr).”  Un autre appuyant l’idée (en la recopiant et l’enjolivant, dans ce milieu, c’est à celui-là qui invente le mieux) : “Le serveur qui a participé aux fraudes électorales est situé à FRANCFORT-SUR-LE-MAIN! !! La nuit dernière, il a été saisi, grâce à de grands efforts (???). Un logiciel a été utilisé pour calculer de combien de votes Biden avait encore besoin pour battre Trump”… c‘est à qui va ajouter sa touche personnelle maintenant dans cette histoire écrite à plusieurs mains. Evidemment, avec un tel matériel aussi et les soins supposés de l’armée, l’ampleur du phénomène n’est plus la même : un obscur blogueur ajoute une dernière goutte d’eau au moulin avec une autre touche toute personnelle : le fameux serveur aurait selon lui fait basculer 2,7 millions de votes de Trump vers Biden, d’un seul coup. Le chiffre est intéressant, car c’est un chiffre apparu dans les première heures de la fin du vote, ceux donnés par des estimations nationales, en faveur de Biden, car aujourd’hui on en est à plus de 5 millions de différence. La rumeur alimente une autre rumeur… et plaît immédiatement à Donald, qui tweete le 12 novembre qu’elle est vraie, bien sûr…

Tout ça finit bien sûr par tomber dans l’oreille de OAN et de Chanel Rion qui présente alors à ses téléspectateurs un « spécialiste en sécurité informatique » pour évoquer la question, et pour vendre cette improbable histoire de « serveur saisi sur une base US en Allemagne « , en oubliant bien sûr de dire qu’il s’agissait de… Ron Hawtkins (ici à droite pendant son intervention chez OAN) !!! C’est déjà de l’info de troisième ou quatrième main mais la miss Pimprenelle, reine des mensonges, n’en a cure, en minaudant toujours autant pour lancer son sujet en speakerine débitant son texte appris par cœur. Les ajouts de Dominion et de l’intervention présumée de l’armée étant acquis comme des vérités bien sûr… sans vérifier ! Si ça a pris une telle ampleur c’est justement grâce à QAnon et donc… à la famille Watkins et à ses racontars infondés : « certaines personnes qui sont des figures centrales du monde QAnon ont contribué à faire passer la théorie du complot du Dominion dans les médias conservateurs favorisés par Trump. La théorie a atteint une masse critique lorsque Watkins a tweeté qu’il connaissait des détails techniques sur la façon dont les votes pourraient être inversés et a proposé d’aider Trump à associer Rudy Giuliani à la découverte de la fraude électorale » écrit ABC News. Trump tombe dans le panneau et écrit que « L’analyse des données révèle que 221 000 votes de Pennsylvanie sont passés du camp présidentiel à celui de Biden. 941 000 votes en sa faveur ont été supprimés. Les Etats utilisant le système de vote Dominion ont fait passer 435 000 votes de Trump à Biden », en citant One America News Network qui n’a eu d’autres sources que Hawkins et QAnon !

La maison-mère des républicains de Pennsylvanie apporte aussi de l’eau à ce moulin en folie, mais en donnant un chiffre intéressant : en Pennsylvanie, seulement 19% du matériel de vote est signé Dominion (c’est cité ici par le républicain Seth  Grove chez Lou Dobbs, ici à droite). Ici, la carte interactive donne par exemple pour celui de Lycoiming County le système (rare) de ClearBallot. Lou Dobbs embrayant sur un autre idée venue du complot, celui des « propiétaires réels de Dominion ». Coinçant alors bêtement le républicain Seth Gove sur… la certification des machines accordée en 2018 par une commission dont les représentants ont été nommés par Trump : grand moment de détournement de regard quand Grove se retrouve à devoir citer des « glitchs » en Georgie mais ne peut citer d’incident notable lié à Dominion dans son propre Etat !! Comment 1/5 eme du matériel d’un Etat aurait-il pu faire basculer à lui seul un Etat sans laisser de traces ? La tête de Seth Grove durant l’interview en dit long : il peine vraiment à convaincre, le gars (cf ici à gauche) ! Pas un mot sur des scores comme ceux de Bedford County où Trump a fait 83,5 % des votes contre 15,8% à Biden. Un score digne d’un chef d’état africain entièrement réalisé sur du Dominion : tablette graphique géante et scanner à poubelle : le must !!!  On y a même utilisé des bulletins papier à « sharpie » (feutre) pourtant… et leur site internet est géré -à distance- de Troy dans le  Michigan  –  par Revize, société de création et de gestion de sites via un soft Content Management System (CMS) !!! Grove, lui, préférant le 21 novembre toujours retweeter une des sources d’information à propos de Dominion sur lui.  Il avait eu si peu à dire chez Lou Dobbs : elle émane de… Rush Limbaugh, le plus réac des hommes de radio existants (avec Jeff Rense !), que Donald Trump a décoré d’une des plus hautes distinctions civiles, ternissant à jamais l’aura de la distinction… c’est désormais Sittin in Limbaugh, plutôt comme mélodie, avec lui un air… conspi. Il vient alors de prendre le train en marche et vient de monter dans le wagon qui déraille le plus : celui de Sydney Powell !!!

L’ami Rush

Rush Limbaugh et Donald Trump se connaissent bien : ils jouent ensemble au golf à Mar-a-Lago. Le 29 septembre tiens, quel hasard, l’un des deux thèmes de l’émission du jour de Limbaugh était une obscure histoire d’affidavit (une déposition sous serment) d’un enquêteur privé à propos d’une fraude électorale, l’obsession depuis des années de la droite. Et Limbaugh de tartiner longuement sur le sujet, bien sûr. Le 9 octobre dernier, Trump est resté deux heures en direct sur sa station pour y asséner par exemple que « nobody has been tougher on Russia than I have ». On peine à le croire !! « Pendant deux heures, Trump et « Rush » se sont renvoyé la balle, Trump conseillant aux Iraniens de pas provoquer les Etats-Unis, « ou alors on vous fera des trucs qui n’ont jamais été faits auparavant ». Il n’a pas dit aux Iraniens : « Ne faites pas de bêtises ». Il leur a lancé : « If you fuck around with us » − « Si vous cherchez à nous baiser ». Les auditeurs ont adoré «  explique ici le Nouvel Obs, qui donne une idée du niveau des débats ; celui d’un président-charretier.. des dires qui ont fait la une du New-York Post, le journal à scandales US, cela qui a étalé l’affaire (fausse) de l’ordinateur de Hunter Biden, refusée par tous les autres médias !!!

Trump est revenu il y a fort peu sur ses menaces contre l’Iran, aiguillonné par Limbaugh, ou quand ce sont des abrutis de talk-show qui font la politique extérieure de la première puissance mondiale…. Sans oublier cette tirade abjecte révélant son terrible cynisme : « et donc ce n’était pas comme si ça allait le faire, comme avec les enfants quand ils l’ont et ils reniflent et ils vont mieux deux jours plus tard, non ? On dirait que ça allait être un gros problème. Et tu sais ce que cela signifie, n’est-ce pas ? Cela veut dire mauvais. Parce que j’ai perdu cinq personnes, au moins cinq personnes qui étaient mes amis. Un en particulier, un gars incroyable qui est entré là-bas. Entré à l’hôpital, il est mort en trois jours. Et je dis simplement que nous avons quelque chose qui va remédier à cela maintenant. Et un remède. Et sans nous, sans l’administration Trump, cela ne serait jamais arrivé « (nota : les 250 000 morts non plus !). « Nous avons investi de l’argent dans ces remèdes, et nous avons versé de l’argent dans les vaccins. Et les vaccins arrivent très bien, Rush. Je veux dire les vaccins, Johnson & Johnson, Moderna, Pfizer. Ils vont tous très bien. Un peu politique, ils ont peur que ça aille trop vite et que j’en aie le mérite avant les élections. » A gauche ce sont Jack Nicklaus, Rush Limbaugh, Rudy Giuliani, Marvin Shanken au PGA National Golf Club du 21 mars 2011 de West Palm Beach, en Floride… derrière Mar-a-Lago !!!

La tirade surréaliste de Limbaugh, complètement illuminé !!!

Ces gens comme Giuliani ou Limbaugh sont délirants, on le sait. Le site critique  Media Matters a bien réussi à se mettre dans la peau d’un lecteur basique de Limbaugh pour en résumer la pensée, au lieu même de chercher à le critiquer : elle l’a simplement laissé parler. Et c’est suffisant pour montrer son insondable connerie  !!! C’est tout simplement surréaliste, ce qu’il raconte en effet le 19 novembre !!! Et c’est entièrement pompé à Sydney Powell !!!  Ce gars est complètetement givré (c’est à écouter ici !!) ; Allons-z-y, accrochez vos ceintures :  « les votes de Trump ont été si accablants que le système truqué n’a pas pu les suivre. Le système conçu pour tricher ne pouvait pas suivre, ils ont donc dû arrêter le décompte. Trump avait 800 000 voix d’avance (on rappelle que les votes par courriers ont été décomptés après les votes du jour, plus favorables à Trump, mais moins nombreux). « Ils ont arrêté le décompte » (nul part ça n’a eu lieu !). « Ils découvrent ce dont ils avaient besoin. Ils devaient comprendre deux choses. Ils ont dû arrêter ces nombres de votes pour Trump et ils ont dû les remplacer par des votes Biden. C’est probablement pourquoi tant de votes Biden ne portaient que le nom de Biden (??? ne cherchons pas à trop comprendre, c’est un délire !).« J’imagine que s’ils avaient eu le temps, ils auraient terminé ces scrutins avec toutes sortes de démocrates sur le bulletin de vote ayant également été votés » (c’est toujours aussi décousu, on ne voit pas bien ce que sa signifie exactement !). « Ils n’ont pas eu le temps. Ils n’ont pas eu le temps. Ils n’ont eu que le temps d’inscrire le nom de Biden sur ces faux bulletins de vote et de les introduire dans le système ». Ce n’est déjà pas mal, non ? Et attendez ce n’est pas fini !! Tout ce galimatias, c’est la reprise de fakes news dont Donald avait fait son menu déjà le 4 novembre, exprimé ici à gauche… Donald, comme Rush d’ailleurs, n’a rien compris au déroulement du dépouillement des bulletins, dans lequel ceux favorables à son adversaire, arrivés avant par courrier, ont tous été dépouillés les derniers. D’où l’impression d’avoir mené, effectivement jusqu’à ce qu’ils arrivent comptabilisés. et le plus souvent en nombre, car provenant des grandes villes… et non des cantons qui l’avaient plébiscité !!!  A la base de la râlerie, il y a une complète incompréhension de ce qui s’est réellement passé, réinterprété sous le prisme déformant du complot absurde.


« Je veux dire, c’était une heure complète, si vous comptez Rudy et ensuite Sidney Powell, puis Jenna Ellis, c’était une heure complète de preuves constantes et accablantes » 
(il commente la conférence délirante de Giuliani) . » Rudy a fait valoir avec force que la fraude était suffisamment importante pour changer le résultat et que les preuves étaient claires » (drôle de vision de la lumière !!!). « Jenna Ellis a déclaré: «Voici notre déclaration liminaire. Nous ne répondons pas aux questions maintenant. C’est une affaire juridique. Ça va prendre du temps. Ces choses ne se produisent pas comme à Law & Order où tout est terminé en 60 minutes.  » Sidney Powell avec la preuve de fraude des machines. Elle a détaillé des preuves de l’argent communiste de Chine, de Russie » (ah bon ?).« Elle a fait valoir que si vous voulez parler d’ingérence étrangère dans nos élections, c’est là que cela s’est produit. Pas en 2016. C’est là que ça s’est passé. Et ils ont un témoin qui a tout expliqué, comment ça marche, l’influence de l’argent communiste de Chine, de Russie, pour truquer les élections » (à qui fait-il référence ? A Ramsland ?. « Et je pense que l’une des choses clés que j’ai entendues, les démocrates et les gens qui dirigent le logiciel de triche, le logiciel Dominion avec Smartmatic, je pense qu’ils ne s’attendaient pas à ce que Trump fasse aussi bien qu’eux, et ils ont dû arrêter de compter. Ils ne pouvaient pas croire que Trump avait augmenté de 800 000 voix en Pennsylvanie. Cela ne se produit pas simplement parce qu’ils ont oublié de compter une ville. Ils n’oublient pas de compter la Pennsylvanie. Et ils n’oublient pas de compter Pittsburgh. Ils avaient 800 000 voix en retard. Souvenez-vous de ces gens de gauche, le Parti démocrate, ils croyaient à leur propre puissance. Ils ont cru leur propre buzz. Ils croyaient qu’ils allaient gagner cela dans un glissement de terrain » (« landslide », victoire par KO). « Ils croyaient que tout le monde détestait Trump. Ils pensaient que Twitter était l’Amérique. Et ils croyaient que tout le monde détestait Trump comme ils le faisaient. Et ils ne se soucient pas des meetings, ils ne se soucient pas du nombre de personnes qui se présentent aux meetings. Ils croyaient que Trump allait être envoyé faire ses valises parce que tout le monde en Amérique déteste Trump comme eux. Et puis ils ont vu le nombre de votes pour Trump, mais ils ne pouvaient pas le croire et ils ont dû l’arrêter. Ils ont dû arrêter le comptage. Pourquoi faire ça ? Pourquoi arrêter le – cela n’a pas été fait. Ce n’est jamais fait. « Eh bien, tu dis ça, Rush, mais ils se sont arrêtés en 2016. » Ouais je sais. Même chose. À l’époque, ces machines n’étaient pas opérationnelles. Ils pensaient qu’ Hillary allait gagner alors dans un grand glissement de terrain (landslide). Ils n’étaient pas préparés à ce qui s’était passé. Ils ont donc arrêté le compte à rebours pendant une heure et demie vers minuit en 2016, et ils recherchent des votes partout où ils peuvent les trouver. Ils ne les ont pas trouvés. Cette année, ils ont pris en compte ce qui s’est passé en 2016. Ils avaient leurs machines logicielles Dominion du Venezuela d’une société détenue et exploitée par Hugo Chavez, RIP, et puis vous avez  Maduro, qui est maintenant son héritier ». Exactement les mots de Sydney Powell, aujourd’hui lâchée par l’équipe, laissant Limbaugh se noyer dans son ridicule !! Et ses délires d’extrême droite !!!

Un très beau premier degré, non ? Le coup du logiciel « pas près pour 2016 », c’est succulent, non ? Mais comment peut-on être aussi… con ? La dernière tirade étant pour Dominion dont il a fait tout un film en plus : « pourquoi ne sont-ils pas là pour défendre leurs machines ? Pourquoi ne sont-ils pas là pour défendre leur système ? Pourquoi ne sont-ils pas là pour expliquer ? « Non, vous nous avez tous mal compris. » Pourquoi leurs bureaux sont-ils abandonnés ? Pourquoi ces gens attrapent-ils des choses dans leurs bureaux et les jettent à l’arrière des voitures et vident le parking, quittant la ville ? Les dirigeants du Dominion sont maintenant MIA » (Missing in Action, le soldats disparus). « Leurs bureaux sont abandonnés et déplacés (??? c’est purement délirant à ce stade !). « Et Sidney Powell a déclaré que le président Trump avait gagné cela par un glissement de terrain (par KO don)  et qu’ils allaient le prouver ». Bien entendu, pas un seul employé de Dominion n’a quitté son bureau comme il le prétend (ils sont pour la plupart en télétravail !) et la direction a fait une mise au point sur ces rumeurs fantaisistes (mis à jour le 21 novembre). Et c’est à ça que l’on a remis (des mains de la première dame !) la plus belle des médailles civiles ? Mais quelle honte !

Le 24 novembre, Limbaugh revenait sur son emballement du 19, en faisant une mise au point pour le moins contrite… et en pédalant très fort en arrière. Celle d’un vrai cocu, berné par les dires extravagants  de Sydney Powell qu’il avait tant applaudis la veille : il s’y était engouffré avec délectation !  Ne comptez pas sur moi pour le défendre aujourd’hui, ce gars a déjà fait assez de tort dans son pays…

Le fan de Chuck soutient la cause

Le 20 novembre, un autre subtil dans le genre monte, d’un ton docte, dans le train du complot : il s’appelle Mike Huckabee (ici à gauche), c’est un ancien pasteur baptiste de l’Arkansas et le candidat malchanceux en 2008 à la Maison Blanche qui appuie l’avis d’un expert, qu’il cite abondamment : c’est Russ Ramsland bien sûr !! (il cite aussi comme source Alan Dershowitz (4), celui mêlé à l’affaire Epstein, de Juste The News, un site hyper-complotiste et John Solomon, ce menteur invétéré, (lire ici)). Comme précédent expert, Huckabee avait sélectionné Chuck Norris en 2008 et avait retenté sa chance en 2016. En fait, c’est sans surprise, car Huckabee a été pris la main dans le sac comme donateur à des supporters affichés de QAnon, comme l’a révélé le 29 octobre 2020 Media Maters for America : « l’organisation politique Huck PAC, contributeur de Fox News, Mike Huckabee, a fait un don à au moins cinq candidats républicains qui ont exprimé leur soutien à la théorie du complot QAnon, dont 5000 $ au candidat au Sénat de l’Oregon et au soutien avoué de QAnon, Jo Rae Perkins (…). Le site Web de Huck PAC indique qu’il a approuvé et fait don de 5 000 dollars chacun à quatre campagnes: la candidate du Sénat de l’Oregon, Jo Rae Perkins; les candidats à la Maison de l’Arizona, Daniel Wood et Joshua Barnett; et Billy Prempeh, candidat à la New Jersey House. (Les quatre candidats républicains sont confrontés à de longues chances de gagner leurs places.) Perkins a à plusieurs reprises loué et défendu QAnon, notamment en déclarant: « Je soutiens Q et l’équipe ». Elle a également dit que « certaines personnes pensent que je suis Q comme je suis Jésus. Q est l’information et je suis avec la ressource d’information. » Perkins a également diffusé du matériel QAnon sur les réseaux sociaux, promu le slogan de QAnon et prêté serment de soutenir QAnon. Wood s’est décrit comme un adepte de QAnon et a fréquemment promu QAnon sur les réseaux sociaux. Barnett a partagé des publications avec le hashtag QAnon sur les réseaux sociaux (il s’est depuis éloigné de QAnon.) Prempeh a fait la promotion de QAnon sur les réseaux sociaux et dans une interview ».

L’hoax « allemand » a continué tout seul après encore son chemin, aidé ou non par Limbaugh qui a beaucoup brodé lui aussi, pour finir par contaminer aussi la dénommée Emerald Robinson, ici à droite, qui se présente comme  » White House Correspondent at Newsmax Media, Inc » : Chanel Rion a donc eu  une concurrente, question imbécilité… (elle vient de OAN, où la rivalité entre les deux a été féroce !). Ex-actrice reconvertie, elle rend les curés tout rouge, visiblement..

Ici, on peut observer à 9’11 » de la conférence de presse de Kaleigh McEnany à Maison Blanche du 30 juin 2020 cette dernière l’appeler « Emerald » et non Mrs Robinson, celle-ci la remerciant d’un « merci Kaleigh », des familiarités qui ne devraient pas exister à cet endroit…. ils auront vraiment tout désacralisé !! Une Chanel Rion bis, que cette Emerald, la chaise en moins ! A comparer avec cette relation relatée le 20 novembre entre la même et une autre journaliste : « l’attachée de presse de la Maison Blanche, Kayleigh McEnany, s’est présentée à un point de presse vendredi, son premier en sept semaines. À la fin, elle a refusé de répondre à une question de Kaitlan Collins la qualifiant de «militante».(nota : elle est de CNN, pourtant issue du Daily Caller de Tucker Carlson, elle avait été écartée déjà en juillet 2018 pour avoir voulu poser une question sur Poutine et en avril dernier lors d’un changement de place de dernière minute sans explication !!!), « Collins a déclaré que les commentaires de McEnany ne l’avaient pas choquée. « Le triste état des choses est que cela ne m’a pas beaucoup dérangé, ni les autres journalistes présents dans la salle, je ne pense pas, parce que nous avons déjà vu quelque chose comme ça à maintes reprises », a déclaré Collins à Stelter ». Un deux poids deux mesures qui en dit long sur la partialité initiée par la fameuse Enany et le maître de maison !!! Il aura vraiment tout pourri, l’animal !!!

Ceci pour la première partie de notre lancement de fusée médiatique, celui de notre élucubration retouchée de partout pour devenir un hoax presque parfait : demain, dans une haute atmosphère bien agitée, nous passerons aux étages suivants de la satellisation. Autant vous dire tout de suite que ce sera un échec… mémorable ! Qui va faire couler beaucoup, d’encre. A moins que ce ne soit de la teinture pour cheveux…

 

(1) « Scytl est le leader mondial de la gestion sécurisée des élections et des solutions de vote électronique. Spécialisée dans les technologies de modernisation électorale, Scytl propose la première plateforme de gestion électorale et de vote de bout en bout, offrant les normes de sécurité et de transparence les plus élevées actuellement disponibles. Scytl a capitalisé sur ses plus de 18 ans de recherche pour développer une technologie de sécurité cryptographique spécifique aux élections protégée par plus de 40 brevets et demandes de brevets internationaux, positionnant Scytl comme la société possédant le plus grand portefeuille de brevets de l’industrie. Les solutions de Scytl ont été utilisées avec succès dans plus de 42 pays à travers le monde au cours des 10 dernières années, dont le Canada, les États-Unis, la France, la Norvège, la Suisse, la Bosnie-Herzégovine, les Émirats arabes unis, l’Inde, l’Islande et l’Australie. Scytl a son siège à Barcelone, en Espagne, avec des bureaux stratégiques aux États-Unis, au Canada, au Brésil, au Pérou et en Grèce, ainsi que des bureaux extérieurs au Royaume-Uni, en Ukraine, au Mexique, en Malaisie, en Inde, au Bangladesh et en Australie. Pour plus d’informations, visitez www.scytl.com »

(2) « La League of Women Voters est une organisation citoyenne qui se bat depuis 1920 pour améliorer notre gouvernement et impliquer tous les citoyens dans les décisions qui ont un impact sur leur vie. Nous opérons aux niveaux national, étatique et local à travers plus de 800 ligues étatiques et locales, dans les 50 états ainsi qu’à DC, dans les îles Vierges et à Hong Kong. Formée à partir du mouvement qui a garanti le droit de vote aux femmes, la pièce maîtresse des efforts de la Ligue reste d’élargir la participation et de donner une voix à tous les Américains. Nous faisons cela aux trois niveaux de gouvernement, en nous engageant à la fois dans des efforts éducatifs généraux et dans le plaidoyer. Nos problèmes sont ancrés dans notre histoire respectée de faire en sorte que la démocratie fonctionne pour tous les citoyens ».

(3) le 3 septembre 2009, un article dénonçait le fait qu’il n’y avait aux Etats-Unis aucune législation générale sur les machines à voter : tout le monde avait en effet le droit d’en fabriquer. « Il n’existe pas de normes ou de restrictions gouvernementales sur les personnes qui peuvent vendre et entretenir les machines et les systèmes de vote. Les étrangers, les criminels condamnés, les titulaires d’une charge, les candidats politiques et les nouvelles organisations de médias peuvent en propres détenir ces sociétés. Il apparaît que ces sociétés sont dominées par des membres du Parti républicain et les investisseurs étrangers. Jack Kemp, un ancien candidat du GOP pour la vice-présidence en 1996 et un candidat possible pour le gouverneur de Californie cette année » (nota il est décédé le à Bethesda, Maryland), « fait partie du conseil d’administration de Election.com, tandis que le sénateur Chuck Hagel (R-NE) est l’ancien président de la société (AIS) qui a compté les votes lors de sa première élection et un investisseur dans l’entreprise (ES & S) qui a compté les votes lors de sa deuxième élection. Au moins quatre sociétés sont sous contrôle étranger : Sequoia (Royaume-Uni), Accenture / Election.com (Royaume-Uni Bermudes), EVS (Japon), et NV Nederlandsche Apparatenfabriek (Pays-Bas). Election.com appartenait auparavant à Osan, Ltd, une entreprise saoudienne. De nombreuses entreprises de machines de vote semblent partager les gestionnaires, les investisseurs et les équipements ce qui soulève des questions de conflits d’intérêt et les pratiques monopolistiques«  expliquait l’article, en revenant sur les deux élections gagnée par le sénateur : la première alors qu’il fabriquait les machines chez AIS, la seconde alors qu’il construisait les machines ES&S, les deux ayant servi lors de ses deux élections gagnées de façon fort surprenante (Hagel a fini chez Obama comme puis secrétaire à la Défense dans l’administration démocrate... Le soupçon provenant d’un fait fort étonnant : « selon Bev Harris de www.blackboxvoting.org, Hagel a remporté pratiquement tous les groupes démographiques, dont de nombreuses communautés en grande partie noires qui n’avaient jamais voté républicain ». Il est cité ici.

La seconde, c’est que Hagel avait remis ça en 2006 semble-t-il : « six ans plus tard Hagel s’est présenté de nouveau, cette fois contre le démocrate Charlie Matulka en 2002, et a remporté une victoire écrasante. Comme son site hagel.senate.gov l’indique, Hagel « a été réélu pour un second mandat au Sénat des États-Unis le 5 Novembre 2002 avec 83% des voix. Cela représente la plus grande victoire politique dans l’histoire du Nebraska. » Ce qu’ouble de dire le site d’Hagel, c’est qu’environ 80 pour cent de ces votes ont été comptés par des machines de vote contrôlés par l’ordinateur mis en place par la société affiliée à Hagel. Construites par cette société. Programmées par cette société ». Vous allez me dire, on a bien dû faire une enquête, sur les trois élections gagnées par Hagel.  Détrompez-vous : « lorsque Bev Harris et The Hill d’Alexander Bolton ont visé le conseiller en chef et le directeur du Comité sénatorial en éthique, l’homme chargé de veiller à ce que les divulgations FEC soient complets, ils lui ont demandé pourquoi il n’avait pas interrogé Hagel en 1995, 1996 et 2001 pour ses défaillances de divulguer les détails de sa participation dans la compagnie propriétaire de l’entreprise de machine à voter quand il a couru pour le poste au Sénat, le directeur aurait rencontré bureau Hagel le vendredi, 25 janvier 2003 et le lundi Janvier 27 juillet 2003. Après la deuxième réunion, l’après-midi du 27 janvier le directeur du Comité sénatorial d’éthique a démissionné de son poste. »

(4) « Alan Dershowitz (cité ici) fit partie de l’équipe qui a conclu une entente avec Jeffrey Epstein, un délinquant sexuel reconnu coupable, emprisonné pendant 18 mois dans des conditions très favorables, une période jugée courte et qui donna lieu à polémique. En  1997, Alan Dershowitz a écrit une chronique d’opinion intitulée « Le viol légal est un concept dépassé ». M. Dershowitz a lui-même été accusé d’abus sexuel par deux des victimes pésumées d’Epstein, Virginia Roberts Giuffre  et Sarah Ransome. Il nie avec véhémence les accusations portées contre lui ; il est partisan de l’abaissement de l’âge du consentement à  15 ans, voire à 14 ans ». (Wikipédia)

 

Référence sur l’état d’esprit actuel : « Trump and the Trumpists » par  Wolfgang Streeck, Director Emeritus and Professor at the Max Planck Institute for the Study of Societies in Cologne (avril 2017).

https://inference-review.com/article/trump-and-the-trumpists

 

 

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3 Commentaire

  1. avatar

    En tant que soutien déclaré a cette escroquerie il serait temps que vous preniez vos nécessaires pour aller jouer avec vos petits camarades a GITMO

  2. avatar

    Un bon torche cul de collabo , magistrale de conneries et surtout un soutien à des fraudeurs, cela ne va pas vous servir dans l’avenir et votre ccrédibilité va atteindre des sommets de profondeur, bien à vous .

  3. avatar

    j’adore les compliments, merci beaucoup… vous pouvez m’expliquer « GITMO » SVP et votre explication toute personnelle de la « fraude » supposée ? merci à l’avance..

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