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Donald Trump pris à son propre piège…

C’est l’histoire d’un gars oublié dans une prison russe, celle de Lefortovo, fort célèbre. Un ancien Marines qui y végète depuis plusieurs mois, maintenant (en janvier dernier !), réclamant à corps et à cris des soins pour une hernie non soignée (il devait se faire opérer à son retour aux USA après son voyage d’agrément à Moscou, effectué pour assister au mariage sur place d’un de ses anciens collègues Marines avec une russe). L’homme a bénéficié d’un traitement particulier chez son président dont il est un fervent admirateur : ce dernier, qui twitte on le sait plus vite que ses (quelques) neurones, n’a strictement émis aucun avis à son sujet depuis son arrestation, ce qui est pour le poins surprenant. Pour quelles raisons celui qui modifie les cartes du passage des ouragans au feutre n’a-t-il jamais daigné parler de lui, pas un seul mot, cela reste un mystère. Un mystère qui se clarifie assez vite quand on découvre qui est le personnage emprisonné, quelles étaient ses activités aux USA ou son parcours industriel, et pourquoi les russes l’ont-ils jeté dans un cachot sans avoir donné la moindre preuve de ce qu’ils l’accusent, à savoir d’espionnage… lui faisant encourir 20 ans de prison au minimum. Retour sur celui qui embarrasse bien plus Donald qu’on ne le pense, revue de détail sur l’oublié de l’histoire qui joue aujourd’hui le rôle de sparadrap collé à la semelle d’un Donald… bien empêtré dans ses contradictions.

Un gars pas très net qui finit dans les boîtes de vitesse après avoir été viré de l’armée

Paul Whelan, c’est son nom, aujourd’hui âgé de 48 ans, effectuait depuis des années des voyages en Russie.  On va apprendre bientôt pourquoi.  En 1994, il s’était engagé à 23 ans dans les Marine Reserves mais était retourné dans le civil de jusque 2000, pour se retrouver selon ses dires comme policier à Chelsea (dans le Michigan) et même  comme assistant du shérif à Washtenaw : la police, contactée depuis, a expliqué que de 1990 à 1996, il n’aurait eu qu’un emploi subalterne et qu’elle n’avait aucune trace en tout cas de son activité sur place.  Il avait ensuite tenté sa chance dans le travail temporaire chez Kelly Services. On l’avait ensuite retrouvé de 2003 à 2008 en Irak (ici à gauche), obtenant le rang de staff sergeant au sein du Marine Air Control Group 38, travaillant dans les bureaux comme gestionnaire, pendant l’Operation Iraqi Freedom. Le moins qu’on puisse dire, c’est qu’il n’a pas brillé pour faits de guerre.  Non, ce qu’il a laissé comme trace au sein de l’armée, c’est sa condamnation en janvier 2008 après être passé en cour martiale pour plusieurs chefs d’accusation, notamment celui de vol, la rédaction de chèques sans provision (pour près de 10 000 dollars de préjudice total) et même l’utilisation frauduleuse du numéro de sécurité sociale d’une autre personne.  Il avait aussi tenté de falsifier ses propres dossiers ou ses résultats militaires en pénétrant dans le système informatique de son unité !  Condamné, il avait lors reçu une décharge pour mauvaise conduite comme soldat. Le voici à nouveau dans le civil, engagé de nouveau par Kelly Services, entreprise de travail temporaire créée après guerre, qui fait à peu près tout, mais c’est son passage chez BorgWarner qui va enfin lui donner la chance de sa vie.  Non sans commettre entre deux des écarts de conduite :  ainsi en 2007 où on le cite comme n’ayant pas payé son loyer, alors qu’il était en service actif dans l’armée, ou lorsqu’on découvre une plainte contre lui en date de 2011, déposée par un agent de recouvrement de Norfolk, en Virginie, pour un montant de 1 210,35 dollars. Chez Kelly, il était devenu entre-temps responsable senior de sécurité, et la même chose chez BorgWagner, qu’il a intégré tardivement, en 2017, une société de pièces détachées automobiles spécialisée dans la fabrication de systèmes de transmission, de boîtes de vitesses (la spécialité bien américaine étant la boîte automatique, on le sait), elle fait aussi des turbocompresseurs et elle est installée à Auburn Hills, dans le Michigan. Il a alors commencé à beaucoup voyager, toujours pour s’occuper des problèmes de sécurité.  « L’entreprise possède des sites de production en Allemagne, en Hongrie, en Pologne, en Espagne, au Portugal, en France, en Irlande, en Suède, au Royaume-Uni et en Italie » précise Wikipedia qui remarque qu’il a dû aussi visiter la France : « le site de production français se situe à Eyrein près de Tulle ». Bien entendu, ce ne sont pas les boîtes de vitesse non plus qui l’on rendu célèbre… Mais ses voyages, si.  Enfin l’un d’entre eux, surtout !

Des voyages réguliers en Russie

L’homme, qui vit à Newmarket, en Ontario, au nord de Toronto, a pris goût, visiblement, pendant ces deux dernières années à sillonner l’Europe…en avion, bien entendu. Et même en jet privé, parfois. Fièrement, il l’indique en postant un selfie (ici gauche) à bord d’un jet qui se révèle être un petit Challenger 300, un de ceux à louer appartenant à Net jet ou Liberty Jet, la société de partage d’avions de Christian Deputy, ancien pilote d’American Airlines, dont la robe extérieure est la même sur un bon nombre d’exemplaires, ce qui les rend difficile à distinguer. Des internautes curieux ont remarqué que derrière lui, l’écran LCD fixé à une cloison affiche une carte des grands lacs américains.  Celui qui circule alors dans les environs est le N545FX, mais son aménagement intérieur ne correspond pas exactement.  La photo agrandie de l’appareil montré en blog ne permet pas, même grandie de déterminer si c’est le bon numéro. L’intérieur de Challenger montré dans le site de Liberty est en revanche bien le même  que celui emprunté par notre homme de chez Borg Wagner, à la moquette à petits carreaux près (ici à droite) … chez FlexJet, l’un de leurs Challenger a servi à Buzz Aldrin pour voyager et célébrer le 50 ème anniversaire de l’atterrissage d’Apollo (Aldrin ayant même carrément laissé son compère Collins en plan dans l’affaire). L’avion étant le N540FX, à l’intérieur différent encore, comme on peut le voir.

Notre responsable sécurité s’est visiblement pris de passion pour la Russie, qu’il visite plusieurs fois, en laissant là encore des selfies, notamment, et devant le Kremlin. Mais ses visites n’ont rien à voir avec Borg Wagner, qui ne dispose d’aucune usine là-bas.
C’est par pur agrément, donc. Etrangement, il avait commencé à visiter le pays durant son temps d’armée, en choisissant lors de son programme imposé de congés de repos et de récupération de 15 jours de congé pendant son servie en Iraq, d’aller visiter la Russie, par curiosité selon lui, pour «  faire l’expérience de la diversité de la culture» comme il l’avait dit à son retour. Le voici dont à se rendre à plusieurs reprises à Moscou, jusqu’au 28 décembre 2018, où les russes, ravis sans doute de constater qu’un américain ait autant envie de découvrir leur culture, l’arrêtent brusquement pour espionnage… Il sont comme ça les russes, vous savez. Ils arrêtent sans prévenir (et parfois font pire encore).

Politiquement très à droite et une double vie de vendeur d’armes

Une fois notre personnage d’aspect falot ou anodin arrêté, les médias se penchent sur son passé. Pour découvrir ses penchants politiques, qui sont très à droite en fait.  Il a dit un jour qu’Obama était un imbécile, a applaudi à la journée d’inauguration de Trump et, en mars 2014 lors de l’annexion de la Crimée par la Russie, il a même écrit que «  Poutine devrait avoir l’Alaska, à condition qu’il prenne également Sarah Palin! » (qu’il ne jugeait pas assez à droite, certainement).  On l’a vu aussi arborer un t-shirt du club de football du Spartak de Moscou !  Bref, c’est un chaud partisan à la fois de Valdimir et de Donald, et comme tout partisan, ce ne sont pas ses qualités intellectuelles qui le distinguent. Mais les médias ont découvert autre chose plus trouble le concernant. Visiblement, son salaire chez BorgWagner ne semblait pas lui suffire, car il avait monté une boîte à lui, ou plutôt plusieurs pour arrondir ses fins de mois. Des entreprises qui expliquent en grande partie ses voyages en terre russe.  Il avait créé en effet la firme Kingsmead Arsenal,  dont l’adresse était celle de  son appartement sur Wellington Drive, à Novi, son lieu de résidence habituelle désormais. Une entreprise employant 5 personnes dont le chiffre d’affaires était évalué à 241 403 dollars, ce qui est fort peu, en fait un « gun trust depot ». Une fiducie, une de plus aux USA, d’un caractère bien particulier là-bas explique le site : « comme une fiducie ordinaire, les biens d’une fiducie pour armes à feu sont détenus par une partie au profit d’une autre. Par conséquent, une fiducie pour armes à feu aide vos proches à hériter de vos armes à feu de manière sûre, légale et privée. Il est particulièrement important d’avoir une fiducie pour les armes à feu lorsqu’il s’agit de certaines armes à feu régies par la Loi nationale sur les armes à feu (NFA). GunTrustDepot ™ Gun Trust aide à résoudre les problèmes de conformité, de risque et d’héritage des armes à feu. Les armes à feu réglementées par la NFA sont souvent qualifiées d’armes du titre II ou de la classe 3. Ces types d’armes comprennent les silencieux et les extincteurs, les fusils et carabines à canon court et les mitraillettes (armes automatiques). » Autrement dit, des engins lourds et dangereux tirant en rafale, au point d’être bannis de certains Etats :  «  selon la NFA, une mitrailleuse est définie comme « [une] arme qui tire, est conçue pour tirer ou qui peut être facilement restaurée pour tirer, automatiquement plus d’un tir sans rechargement manuel, par une seule action du déclencheur. » Cette définition inclut tout cadre, récepteur ou pièce permettant de fabriquer une mitrailleuse. L’État de l’Iowa n’autorise pas les mitrailleuses. Exemples: fusil AK-47, fusil M16, fusil M4A1 »… les vendeurs devant donc être dûment répertoriés pour les vendre, et posséder notamment une license FFL (federal firearms license). Ce qui est le cas de notre représentant itinérant en boîtes de vitesses…

Vendeur de Kalachnikov 

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Son entreprise est une des cinq « Class One Dealer » seulement répertoriées dans le Michigan, selon le Bureau of Alcohol, Tobacco, and Firearms. Une société en lien, comme on va le voir,  avec une beaucoup plus grosse, appelée New Frontier Armory, devenu « célèbre » si l’on peut dire car c’est chez elle que le tueur fou de Las Vegas, Stephen Paddock avait acheté la majorité de ses armes automatiques à répétition, ou modifiées pour pouvoir tirer en rafale (1) Whelan est lui-même estampillé « gun dealer », car il vend bel et bien des armes, et pas n’importe lesquelles, en prime. Et ce n’est pas sa seule entreprise : il possède aussi Aquila Arms LLC installé à Hallandale, en Floride (à Miami), Frontier Guns&Ammo, installée à des endroits en Afrique du Sud, et … New Frontier Armory LLC à Las Vegas. Pas n’importe lesquelles, d’armes puisqu’il vendait… des Kalachnikov, interdites d’import pourtant. Mais il avait trouvé une parade : ils les faisait venir en pièces détachées… et les remontait aux USA !!! (voilà qui nous en rappelait d’autres !!!) Ni vu ni connu !!! Les engins étant vendus sois le nom de K-Var Corp, dont l’adresse est la même que celle de New Frontier !!! On est bien dans le bon goût des vendeurs d’armes, pas encore convaincus par le mouvement MeToo il semble… les supporters machos de Donald !!!  K Var organisant même le « Red Oktober Kalashnikov Championship » (admirez le nom !) dans lequel on apprend que les demeurés qui tirent savent au moins compter jusque… neuf (on admirera au passage les décos.. affligeantes. Ces gens sont vraiment des tarés !). Ici la démo de l’AK « Saiga »  410 » SGL 43 une Izhmash (à cartouche .410 comme son nom l’indique, un engin connu aussi sous le nom de « Cossak ».  Voilà qui change des boîtes de vitesse, n’est-ce pas !!! Ici deux beaux représentants des admirateurs de Trump… tirant sur Saiga 12… à la cartouche de chasse !!!  Ces gens sont fous !  En haut à dire les arguments poitrinaires de vente d’un autre vendeur appelé « sherwin’shooting sports » pour promouvoir un saigna 410 : ça vole haut !

La réponse du berger à la bergère ?

  • Visiblement, on imagine mal un tel vendeur de Kalachnikov de modèle récent venant régulièrement s’approvisionner en Russie jouer bêtement à l’espion. Les spécialistes interrogés de la question sont tous affirmatifs : il n’a rien du profil exigé dans le domaine. Alors pourquoi donc les russes, au prétexte d’avoir trouvé sur lui une clé USB « contenant une liste d’officiels russes » l’auraient-ils soudainement arrêté ?  Oh là, la réponse est simple, elle aussi :  son arrestation ne repose sur rien de tangible, à vrai dire, mais c’est la réponse du berger à la bergère, tout simplement, les russes ayant trouvé le pigeon parfait comme monnaie d’échange avec l’un des leurs, ou plutôt l’une, arrêtée par le FBI. Une femme, nommée Maria Valeryevna Butina, condamnée en avril dernier comme espionne (après l’avoir reconnu) qui elle aussi avait été vue pendant des mois arpentant les salons d’exposition d’armes ou les conférences de la NRA… Je l’avais repérée en janvier 2018 déjà, et j’avais mis de côté quelques clichés de ses apparitions bien voyantes et qui semblaient fort programmées. Partisane de l’usage personnel des armes à feu, (elle avait fondé Right to Bear Arms) elle avait posé partout, en qualité de chasseuse (ici à droite)  ou de conférencière, et surtout affiché des liens plutôt gênants. Ceux fort appuyés avec le sénateur du Wisconsin Gov. Scott Walker, contacté via un intermédiaire russe raconte ici Sheperd Est 1982 Express. « Le « maître » de Butina en Russie était Alexander Torshin, un banquier central russe et ancien sénateur proche de Poutine. Pour ceux d’entre nous qui ont compris notre épouvantable espionnage russe en Amérique après des épisodes de «Rocky and Bullwinkle» dans notre jeunesse, imaginez Butina comme Natasha et Torshin comme Boris Badenov. Walker a été considéré comme une prise si importante pour les Russes que Butina et Torshin ont tous deux été photographiés lors de la convention de la National Rifle Association à Nashville, dans le Tennessee, en avril 2015. Dans un billet de blog en langue russe, Butina s’est dite impressionnée que Walker lui a en fait parlé quelques mots en russe et n’a manifesté aucune hostilité à l’égard de la Russie lors de leur rencontre. Walker, l’un des rares candidats à l’élection présidentielle moderne sans diplôme universitaire, a reconnu avoir suivi un semestre de russe à l’Université Marquette. S’il s’agissait d’une théorie du complot promue sur «Fox & Friends», ce serait le cas lorsque Steve Doocy de Fox News se demanderait sagement comment un diplômé d’université est devenu suffisamment doué après un bref cours d’initiation pour communiquer des décennies plus tard avec un espion russe dans sa langue natale. » A noter qu’Alexander Torshin a été accusé par l’Espagne, confrontée au trafic de cocaïne, comme on le sait, d’être membre du crime organisé russe, installé à Majorque . Torshin, lié aux USA avec l’ineffable congressman Dana Rohrabacher, ce député de Californie dont j’ai déjà tracé ici le portrait… peu avenant (il est opposé à la Loi Magnitski instaurée par Obama, alors que le défunt débuté russe vient d’avoir raison à la Cour européenne des droits de l’homme  – CEDH-, hélas de façon posthume). Butina et Torshin, en 2011, avaient même fait fabriqué aux USA par Arsenal Inc. cent éditions limitées d’AK-74 signées de la main même de Mikhail Kalashnikov, ami personnel de Torshin… et offert 100 000 dollars à la NRA-ILA.

Plus étonnant encore, on avait eu droit à un étonnant discours sur le droit des russes à s’équiper d’armes individuelles : il était signé … John Bolton, faucon parmi les faucons US !!! A ce stade ça devenait surréaliste ! Bolton en train de saluer les russes (à condition qu’ils se comportent en américains !), on aura tout vu !!! En échange de bons procédés en septembre  2014, le sénateur Paul Erickson du South Dakota, depuis longtemps soutien de la NRA (et ancien lobbyiste pour le dictateur de la République démocratique du Congo, Mobutu Sese Seko) avait tenu un meeting  au nom de « Right to Bear Arms » à Moscou même… en compagnie de Butina.  Des photos les montrant ensemble avaient alors circulé, les montrant très proches provoquant plutôt l’hilarité dans les rédactions. (2).  Ce pasteur luhérien en effet était risible : « d’après les charges engagées contres Boutina, cette dernière et Erickson vivaient ensemble et avaient une relation à caractère sexuel, qu’utilisait Boutina pour servir les intérêts russes et aurait supposément offert des faveurs sexuelles à au moins un autre cadre appartenant au Parti Républicain. » Comme quoi il n’y a pas qu’Epstein, dans le genre…

Comme de vieux amis… pétroliers

Torshin avait eu un dîner privé avec… Trump Junior, lors de la convention de la NRA durant l’élection présidentielle… sans état d’âme semble-t-il !!! Il n’en a pas plus que son père, il semble bien !!! Torshin, ancien  membre du Russian Anti-Terrorism Committee, lui, depuis, fait profil bas, ce qui ne lui va pas ou n’est pas dans ses habitudes : en général il twitte davantage encore que Trump !!!  : en novembre 2018 il a démissionné discrètement de son poste à la banque de Russie… auparavant il s’était fait porter pâle après pourtant avoir pris des vacances. Pour beaucoup, c’est tout simplement un silovik, un des pontes du renseignement proche de Poutine, apparus dans son sillage une fois ce dernier sorti du KGB-FSB.  Son principal fait d’armes est d’avoir dirigé l’enquête sur l’attaque de Beslan, pour finir par déclarer que les autorités n’avaient commis aucun impair : or tout le monde sait que l’horrible bain de sang final est en grande partie sous leur responsabilité (la CDEH avait condamné Moscou en l’occurrence, la tragédie on le rappelle ayant fait 330 morts, dont 186 enfants, et quelque 750 blessés). En tant que procureur, il avait aussi déclaré vouloir jeter en prison à vie les trafiquants de drogue, oubliant au passage, oubliant au passage ce que les autorités espagnoles lui ont reproché : le blanchiment de l’argent sale du trafic de drogue !!!  Au National Prayer Breakfast, célèbre réunion politique, du 2 février 2017, l’espionne avait réuni du beau linge autour de Donald: un site a répertorié les participants… russes à l’événement. Edifiant !  En photo ici à gauche , y assistaient par exemple Andrey Kolyadin, et Rex Tillerson, lui aussi ancien Boy Scouts of America venu d’Exxon, depuis éjecté lui aussi par Trump.  Les deux compères semblent s’entendre alors parfaitement. Il est vrai qu’Exxon avait tissé des liens avec les russes depuis longtemps et était amis avec Igor Sechin, le patron de Rosneft.  Exxon prospectait pour les russes en mer de Kara où une réserve immense de 750 millions de barils a été découverte en 2014, à la grande satisfaction de Poutine.  En mars 2018, Gardiner Harris, correspondant au State Department du New York Times, prenait à partie Tillerson en l’accusant de ne pas avoir dépensé un seul dollars des fonds alloués pour contrer les intrusions russes.  Au même moment, Trump lui demandait de prendre la porte…(dans un aparté, Tillerson l’avait traité de « moron » – idiot- et il ne supportait plus les intrusions politiques continuelles de Jared Kushner !!!).  Pire encore :  jusqu’en 2017 Tillerson avait utilisé un pseudo, « Wayne Tracker », pour ses correspondances sur le net alors que tout la campagne de Trump avait tourné autour de l’utilisation de compte personnel par Hillary Clinton !!!  Une grande partie des mails consistait à une remise en cause de la théorie du réchauffement climatique !!!

L’espionne entretenue par un proche de Poutine

La rencontre qualifiée de brève aujourd’hui par Walker avait eu lieu lors d’un  meeting de la National Rifle Association meeting dans le Tennessee en 2015. Un cliché mis en ligne dans Our American Revival, le site de la candidature de Walker à la présidentielle US, un ancien Boy Scouts of America, Distancé par Trump, il s’était retiré avant même les primaires. Mais il avait marqué les esprits l’année suivante, en supprimant la limite d’âge (qui était de 10 ans) exigée pour qu’un enfant puisse partir armé à la chasse, à la seule condition d’être accompagné par un adulte (je vous l’ai dit, ces gens sont des fous !). Une décision applaudie bien sûr par le lobby des armes à feu de la NRA, promoteur de cette loi inepte. Une décision ahurissante et pas vraiment payante : Walker sera défait au poste de gouverneur par un candidat démocrate (Tony Evers) dans la foulée… Butina, elle, pour sa campagne américaine, bénéficiant de l’argent fourni par le milliardaire Konstantin Nikolaev, le roi du chemin de fer russe (Global Trans), dont la femme Svetlana Nikolaeva détient la société ORSIS, qui fournit les fusils des snipers de la Garde Nationale russe chargée de protéger Vladimir Poutine (elle dirige aussi Promtechnologies) !!! Elle vend en effet le fusil de précision T-5000 destiné au (FSB), le successeur du KGB. L’engin vaut 380 000 roubles, 5425 euros pièce. Le directeur général de la compagnie, Vladimir Zlobin, a d’ailleurs également travaillé pour le FSB, selon sa biographie. Mieux encore, quand on remarque que leur fils Andrey Nikolaev a été l’un des volontaires recrutés lors de la campagne électorale présidentielle de Donald Trump !!! Il a aussi été aperçu au  Trump International Hotel de Washington durant l’inauguration de janvier 2017, où il y avait donc moins de monde que pour celle d’Obama, mais où il y avait cette fois… des russes ! Andrey est en fait étudiant au Columbia University College, inscrit dans le groupe républicain (CUCR). Comme invités, ce groupe très, très à droite, avait invité Tommy Robinson, activiste fascisant anglais et Mike Cernovich, journaliste d’extrême droite anti féministe, partisan des fakes news, dont le sidérant « pizzagate » qui a fait bien des ravages, malgré son côté ridicule (il est sur le même marché – lucratif- qu’Alex Jones).. Le père d’Andrey dirigeant aussi American Ethane, une compagnie texane de Houston dont Trump est allé vanter les mérites lors d’un de ses voyages en Chine (à la tête de l’entreprise il y a aussi Alexander Voloshin, autre proche de Poutine, mais aussi Roman Abramovitch) !!! A gauche en haut, l’incroyable bannière déployée au meeting cité, avec le NRA accueillant les russes avec cet étonnant « Welcome Comrads » !!!  Sidérant (à droite Cernovich en meeting reçu comme il se doit – doigt ?-…)

Walker, lui, qui s’était bien fait avoir par sa brève rencontre avec Butina, avait eu une drôle de position face aux russes avait note Sentinel, mais avant l’élection de Trump. Or, depuis, il se tait, raconte le magazine : « Walker a tweeté à propos de la Russie près de 20 fois en 2015 et 2016, en écrivant que le président Barack Obama était «écrasé par Poutine» en Syrie. Il a écrit que Hillary Clinton, ancienne secrétaire d’État d’Obama et futur candidate démocrate à la présidence, avait permis à la Russie de pirater les secrets américains. Il a accusé la Russie d’avoir abattu un avion de Malaysia Airlines et a critiqué Poutine pour avoir envahi l’Ukraine. «Sous la doctrine @BarackObama @HillaryClinton, Poutine n’a rien trouvé d’autre que de la bouillie», a tweeté Walker en septembre 2015. Walker ne dit pas si Trump est assez dur avec Poutine ».

Dégâts collatéraux

Butina mise au cachot, la réponse russe avec notre vendeur de Kalachnikov importées au trou, on pense en avoir fini avec la saga.  Pas encore :  en plein été dernier, ultime retombée de l’histoire d’espionnage russe par infiltration de la NRA.  C’est la démission inattendue de David Byrne, PDG depuis 20 ans de la chaîne Overstock, avouant après une enquête menée par Fox News être sorti avec la rouquine déléguée du FSB !!!  Selon lui, il aurait rencontré Maria Butina « à l’occasion d’une convention libertarienne à Las Vegas, en 2015″. Et selon lui toujours  » c’est l’insistance de l’espionne pour qu’il lui fasse rencontrer des membres de la campagne présidentielle de Hillary Clinton et de Donald Trump qui lui aurait mis la puce à l’oreille ». Etrange citation de Clinton, Hillary ayant au lendemain de la tuerie de Las Vegas violemment attaqué la NRA !!! « Le jour de sa démission, hier, dans une interview à CNN, Patrick Byrne a également affirmé que le FBI lui avait demandé, dès l’été 2016, de poursuivre sa relation avec l’espionne. Une affirmation que le directeur du FBI de l’époque, James Comey, a ensuite qualifiée de « ridicule ». » Etrange démission, et étrange propos, davantage destiné à nuire à Comey qu’autre chose. Un James Comey qui, justement, dans son livre « Mensonges et Vérités », dépeint Donald Trump en chef mafieux exigeant de ceux sous ses ordres une fidélité sans limite, à savoir celle d’aller jusqu’à couvrir des actes répréhensibles.  A peine lui avoir indiqué que ce ne serait pas le cas avec lui, le jour même de l’intronisation, Comey allait être viré dans la semaine qui suit, sans qu’on ne lui annonce directement… Trump est un idiot, on le sait, et il n’a aucune élégance, ça on le sait aussi. Dans ce livre, Comey avoue avoir beaucoup appris sur la manipulation grâce à Rudy Giuliani, qu’il a servi également.  Un Giuliani devenu avocat de Donald, sans trop de succès avec ce cas indéfendable !!!

Un Donald (givré au dernier degré, dans ses discours décousus d’halluciné total, on n’en pas assez conscience) au final bien embarrassé par le cas de l’espionne à échanger contre un gars dont il ne peut révéler les accointances douteuses avec un des pires massacres qu’aient connu les Etats-Unis.  Après ce massacre, il avait dit du tireur que « les fils étaient très mal croisés dans son cerveau. Extrêmement mal dans son cerveau. Et c’est un événement très triste. «  Sans incriminer bien sur la législation sur les armes à feu qui lui avaient permis d’acheter pareil stock en si peu de temps (ou de modifier ses armes avec les fameux bump fire stoks). Le vendeur, lui, n’était pas fou. Et c’est bien pour cela que Donald reste muet en ce moment à son propos. Poutine l’a une nouvelle fois berné en beauté, en l’attaquant sur le même terrain fangeux, celui des armes en vente libre, et Trump  ne peut pas faire resurgir le passé obscur ayant alimenté les tueries de celui que les russes ont pris en otage et le proposer en échange pour libérer leur envoyée… maladroite et partisane, elle aussi, d’armer tout le monde (3).

 

(1) Installé dans une suite du 32e étage de l’hôtel-casino Mandalay Bay Resort and Casino il a tiré pendant plusieurs minutes avec des fusils d’assaut, tuant au moins 58 personnes et faisant au moins 527 blessés. Le tireur avait acheté en deux jours seulement un arsenal de 55 armes automatiques chez lui, les amenant démontées dans des sacs de sport ou des valises ordinaires: les vidéos de surveillance des couloirs l’on aperçu . La police en retrouvera sur place 23 éparpillés dans l’étage. Parmi elles 14 AR-15-type de calibre. 223 (Remington, de 5,56 mm), tous modifiés avec des bump fire stock pour les rendre entièrement automatiques, huit AR-10 de calibre .308 (7,62 mm)  et un Ruger American bolt-action de calibre .308. Une partie ayant été équipés de trépieds ou de lunettes de visée.

(2) Selon Wikipédia, « durant la campagne présidentielle de 2016 aux côtés de Donald Trump, Erickson tenta de développer une entente entre la NRA et le gouvernement russe. En mai 2016, il envoya un email au conseiller du candidat Trump, Rick Deanborn dont l’objet était « Kremlin Connexion ». Dans ce courriel, Erickson lui demanda, ainsi qu’au futur sénateur Jeff Sessions, des conseils pour organiser une rencontre entre Donald Trump et le président russe Vladimir Poutine lors d’une convention annuelle de la NRA. Après la victoire de Donald Trump en novembre 2016, Erickson déclara qu’il conseillait alors son équipe de transition. Erickson, Butina et Torchine (Torshin) ont été l’objet d’ une enquête de la part du United States Senate Select Committee on Intelligence à propos des accusations d’ingérences russes dans l’élection présidentielle américaine de 2016. Torchine (Torshin)  à aussi été visé par une enquête par le Federal Bureau of Investigations pour savoir si le gouvernement russe tenta de faire passer illégalement de l’argent à la NRA dans le but d’aider le candidat Trump à gagner les élections. En juillet 2018, Butina a été arrêtée par le FBI et inculpée pour conspiration en tant qu’agent de la Fédération de Russie. Les autorités ont déclaré qu’un Américain dont le nom n’a pas été divulgué, plus tard identifié comme étant Erickson, a œuvré avec Butina pour organiser des présentations avec des personnes influentes sur le sol des États-Unis dans le but de favoriser les intérêts russes ».

(3) des russes qui ont une propension à envoyer des espions rousses (ou teintes) : souvenez-vous de la précédente Anna Chapman de son vrai  nom Anna Kouchtchenko, qui avait commencé sa carrière dans l’aviation, chez NetJets. Elle a été échangée en 2010 contre des espions russes travaillant pour l’occident … sur le tarmac de l’aéroport de Vienne (avec elle Andreï Bezroukov et Elena Vavilova, alias Donald Heathfield et Tracey Foley aux USA). Parmi les russes échangés par Moscou ce jour Sergueï Skripal, ex colonel du GRU. On sait comment il a profité de la liberté octroyé par Poutine… une liberté au Novitchok ! Chapman aurait été elle balancée par Alexandre Poteev, ex chef du Service russe des renseignements extérieurs (SVR) qui ne serait pas décédé comme on l’a cru mais se serait réfugié en Floride.

 

 

Le journal citoyen est une tribune. Les opinions qu’on y retrouve sont propres à leurs auteurs.

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