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D?truire l?ancien monde pour construire le nouveau

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D?truire l?ancien pour construire le nouveauLe Figaro a publi??dans son ?dition du 14 novembre?un article selon lequel la crise de confiance entre les citoyens et leurs dirigeants s?accentuait. Ce ph?nom?ne toucherait selon son auteur toutes les puissances occidentales. En France, la cote de popularit? de Fran?ois Hollande est au plus bas.

Pour avoir une id?e de la crise du leadership politique, le quotidien conservateur rappelle que?le pr?sident fran?ais a recueilli derni?rement 15 % d?opinions favorables, un r?sultat bien en-de?? de celui de son pr?d?cesseur qui s??tait pourtant distingu? parmi les dirigeants fran?ais les plus impopulaires. Son parti, l?Union pour un mouvement populaire, ne l??tait que par le nom.

Dix-huit mois apr?s son ?lection, Fran?ois Hollande est d?savou? par une majorit? ?crasante de citoyens fran?ais. Mais ce qui est frappant, ce n?est pas tant son tr?s faible niveau de popularit? que la rapidit? avec laquelle la chute est survenue. La crise et ses effets ont bien entendu leur part de responsabilit??: un taux de ch?mage ?lev?, une hausse de la TVA qui touchera principalement les salari?s, la prolif?ration des manifestations dans plusieurs secteurs industriels, etc. M?me le secteur agricole est touch?. Ind?pendamment des critiques envers le gouvernement socialiste, ses adversaires dans les rangs de la droite estiment que la figure-m?me du chef d??tat est contest?e, vilipend?e. Sa capacit? ? prendre des d?cisions strat?giques et son autorit? sont clairement mises en cause?: deux qualit?s que devrait poss?der tout dirigeant.

Certains analystes politiques parlent d?une droitisation de la vie politique fran?aise, r?vant plus ou moins secr?tement du retour de l?UMP au pouvoir? quand ce n?est pas de l?ascension au pouvoir de Marine Le Pen qui ne cesse de gagner le c?ur des media et de la soci?t? en crise de paradigmes.

En Grande-Bretagne, le Premier ministre David Cameron glisse lentement vers les ab?mes, ne recueillant que 39 % d?opinions favorables. Il avait chut? en mars 2013 ? seulement 31 %. Le gouvernement Cameron est marqu? par le?scandale des ?coutes t?l?phoniques?et sa d?faite parlementaire dans sa tentative de faire approuver l?intervention militaire britannique en Syrie, ? la fin du mois d?ao?t 2013. Pourtant, la Grande-Bretagne conna?t un des taux de croissance les plus ?lev?s parmi les pays d?velopp?s? ce qui est une source de joie pr?matur?e pour la bourgeoisie europ?enne. Ce qui est int?ressant ? observer, c?est plut?t l??cart entre la s?rie des bonnes nouvelles relatives ? l??conomie et le fait que les consommateurs ne per?oivent pas d?am?lioration de leur situation personnelle?

L?Allemagne est un cas ? part. La premi?re puissance europ?enne est moins touch?e par le d?senchantement qui s?vit ailleurs sur notre continent. Angela Merkel a ?t? r??lue brillamment en septembre. Elle a connu son apog?e dans les sondages avec 67 % d?opinions favorables. Le principal centre ?conomique du capitalisme europ?en a renforc? son ?conomie alors que les autres puissances ont perdu en comp?titivit?. Quant aux pays les moins d?velopp?s (situ?s pour la plupart en p?riph?rie), ils s?appauvrissent.

Dans un contexte gagn? par l?euroscepticisme, Angela Merkel est l?exception qui confirme la r?gle. La chanceli?re allemande conna?t, contrairement ? ses homologues europ?ens, une popularit? qui n?est jamais tomb?e en-dessous de 60 % d?opinions favorables au cours des derni?res ann?es. Elle a m?me termin? son deuxi?me mandat ? la t?te de la R?publique f?d?rale avec un soutien plus populaire qu?au d?but du premier, en 2005. Ceux qui connaissent Merkel estiment que son style sobre et sa fa?on de gouverner expliquent en partie cela. Mais la principale force de Merkel r?side dans les tr?s bons r?sultats ?conomiques de l?Allemagne. C?est la premi?re puissance ?conomique europ?enne et la quatri?me au monde.
La situation est plus ou moins la m?me outre-Atlantique. Le pr?sident ?tasunien a atteint son plus bas taux de popularit? depuis qu?il est arriv? au pouvoir en 2008. Seuls 39 % des Am?ricains interrog?s d?but novembre par l?institut Quinnipiac approuvaient sa politique, contre 45 % un peu plus t?t. Il semble payer la r?forme du syst?me de sant? et surtout?les dysfonctionnements survenus lors de sa mise en ?uvre. Toujours selon l?institut, ? peine 19 % des sond?s pensent que le syst?me de sant? va s?am?liorer alors que 43 % estiment que la situation s?aggravera au contraire. Le pr?sident payerait ?galement les errements de la politique ?tasunienne en mati?re d?espionnage sous couvert de la lutte contre le terrorisme.

L?impopularit? du leadership politique dans les puissances occidentales n?est pas un ph?nom?ne nouveau. Il est all? en s?accentuant avec la crise ?conomique. Mais les partis politiques traditionnels connaissent surtout une v?ritable crise d?identit?. Et dans cette crise, l??lectoralisme a toute sa part de responsabilit?. Le foss? ne cesse depuis plusieurs ann?es de se creuser entre le discours et l?action politique, alors que le divorce avec la base qui les soutenait jusque-l? semble bel et bien consomm?.

L??tat-providence n?a cess? d??tre malmen? depuis les ann?es quatre-vingt, y compris sous les gouvernements dits socialistes, et le cours des choses semble a priori irr?versible, en d?pit des organisations et des mouvements sociaux toujours ? la recherche d?alternatives politiques et ?conomiques. La d?termination des groupes de pouvoir d?adapter la soci?t? europ?enne, dans son ensemble, au contexte impos? par l?internationalisation des rapports de production capitalistes, est responsable de ce processus.? La construction de l?Union europ?enne sur des bases n?olib?rales en est une des faces les plus visibles.

Cette politique a conduit ? l?effondrement des indicateurs sociaux en Europe. Les taux de ch?mage explosent, et les services sanitaires, l??ducation, les syst?mes de retraite sont partout en souffrance. Aujourd?hui, tous les media s?attachent ? faire de l??lection un enjeu central. Portant, quel que soit le pr?sident ?lu, les plans de rigueur et d?aust?rit? vont se multiplier. Aust?rit? de droite? contre aust?rit? de gauche. Cela fait longtemps que les peuples d?Europe n?ont pas souffert ? ce point. D?aucuns attendent une r?ponse d?mocratique ? leurs probl?mes. Pourtant, la n?cessit? de d?truire l?ancien monde pour construire le nouveau s?impose comme une ?vidence, f?t-ce par tous les moyens. Et ceux qui pourraient s?offusquer feraient mieux de se rappeler que la d?mocratie bourgeoise n?autorise la violence que quand elle est de son l?gitime ressort? c?est-?-dire quand les oppresseurs et leurs instruments d?oppression sont menac?s.

Capitaine Martin

http://www.resistance-politique.fr/article-detruire-l-ancien-monde-pour-construire-le-nouveau-121570500.html

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