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Des r?seaux financiers criminels pilotent la crise de l?euro

Par Horizons & D?bats (Z?rich), Mecanopolis

Une des causes profondes de l?actuelle crise financi?re est le fait que la R?serve f?d?rale am?ricaine (FED) d?tient la souverainet? en mati?re de monnaie tout en ?tant un ?tablissement priv? appartenant ? 13 banques dont la plupart font partie des groupes de la haute finance les plus importants du monde. Gr?ce ? la FED, ces banques ont la possibilit? de cr?er de l?argent et elles ont, au cours des 35 derni?res ann?es, multipli? par 40 la masse de dollars bien que le volume des biens ait seulement quadrupl?.

L?escroquerie mon?taire mondiale des propri?taires de la FED

Avec cet argent, elles ont pu acheter les mati?res premi?res mondiales (p?trole, m?taux, etc.), acqu?rir la plupart des participations majoritaires des grandes soci?t?s de capitaux, des monopoles dans des secteurs entiers de la production, des services et des m?dias et, gr?ce ? leur argent et au pouvoir du gouvernement am?ricain, r?gner sur ? le cas ?ch?ant faire chanter ? la plupart des banques centrales du monde occidental, orienter la politique des pays satellites et organiser des r?voltes destin?es ? ?liminer les gouvernements r?tifs (Afrique du Sud, Ukraine, G?orgie et maintenant Afrique du Nord).

La FED peut ainsi sp?culer sur les taux d?int?r?t et accorder sans limites des cr?dits. Dans leur avidit?, les banques propri?taires de la FED ont cr?? de plus en plus de produits douteux et criminels non couverts et les ont vendus, la plupart du temps au travers de fonds, dans le monde entier pour que le volume mon?taire en augmentation ne provoque pas d?inflation aux Etats-Unis. Ainsi, la bulle financi?re en dollars s?est produite pour 80% ? l??tranger et a entra?n? dans le monde entier un boom apparent et un exc?s de liquidit?s.

Cela rappelle les traites de cavalerie. Ces traites sont de plus en plus nombreuses, de plus en plus importantes et de plus en plus r?pandues, mais jamais honor?es. Les gagnants ont ?t? ceux qui les ont ?mises, les groupes am?ricains de la haute finance et leurs banques, telle Goldman-Sachs. (cf. notre ouvrage Der Welt-Geld-Betrug, Unna, 2010).

Protection des banques frauduleuses par leurs serviteurs politiques

Lorsque la grosse bulle financi?re am?ricaine commen?a sous forme de cr?dits immobiliers non couverts et que la premi?re banque (Lehman-Brothers) s?est effondr?e, le ministre am?ricain des finances Paulson, qui avait auparavant dirig? pendant dix ans la banque suspecte Goldman-Sachs, ?vita ? ses coll?gues banksters (banquiers gangsters) le remboursement des produits financiers douteux en annon?ant un plan de sauvetage de 700 milliards de dollars en faveur de leurs banques qui accordait ainsi la garantie de l?Etat ? la crise financi?re, c?est-?-dire en faisait une crise financi?re publique. Il exigea des Etats vassaux qu?ils fassent de m?me, si bien qu?en Europe ?galement un ?plan de sauvetage? reprit les dettes toxiques des banques en les pla?ant dans des ?bad banks? ou gr?ce ? des payements directs aux banques devenues insolvables. Depuis lors, on ne parle plus, dans le monde, de banques peu s?rieuses responsables de la crise financi?re ou de crise bancaire mais de crises d?Etat et de dettes souveraines. Les grandes banques internationales ont ?vit? la faillite en exer?ant un chantage sur les politiques dociles pour qu?ils reprennent leurs dettes sur le dos des citoyens. Depuis lors, les dettes des banques sont nos dettes.

Apr?s la signature de la loi sur le plan de sauvetage, l?ex-pr?sident allemand K?hler a d?missionn? de honte. Les autres politiques ne connaissent pas la honte et se soumettent docilement aux ordres de Washington ou de New York. Et on escroque les citoyens. On leur impose la rigueur (augmentation des allocations Hartz IV de 5 euros seulement) alors que l?on a d?pens? des centaines de millions d?euros pour sauver les banksters internationaux, et cela uniquement pour gagner du temps.

La crise du dollar devient la crise de l?euro

En fait, la cr?ation de dollars par la FED ?tait un probl?me am?ricain. Les Etats-Unis avaient besoin chaque ann?e de plus de 400 milliards de dollars pour financer leurs guerres, leur empire mondial et leur empire financier mondial. Lorsque la nouvelle se r?pandit peu ? peu que les dollars n??taient absolument pas couverts (fiat money) et que d?importants pays exportateurs de mati?res premi?res (p. ex. la Russie) n?acceptaient plus le dollar comme contre-valeur de leurs biens pr?cieux, lorsque, en outre, l?abandon du dollar profita ? l?euro, les Etats-Unis durent stopper ce mouvement de d?saffection. Ils provoqu?rent, au plus fort de ce mouvement, des crises de l?euro, c?est-?-dire qu?ils firent annoncer par leurs banques et les agences de notation qui leur appartiennent des crises de l?euro en d?gradant des pays endett?s de la zone euro (Gr?ce, Irlande, Portugal). Ainsi, ils d?tourn?rent l?attention de la crise du dollar et la crise de l?euro se trouva au centre des probl?mes financiers et le sc?nario de crise se d?pla?a des Etats-Unis vers l?Europe.

Des r?seaux financiers criminels pilotent la crise de l?euro

Le surendettement de la Gr?ce n?est pas r?cent. Elle ?tait d?j? surendett?e lors de son entr?e dans la zone euro. A l??poque, la banque am?ricaine Goldman-Sachs avait ?tabli des bilans falsifi?s et confirm? frauduleusement la solidit? financi?re du pays. Depuis, la Gr?ce ?tait devenue une des plus importantes b?n?ficiaires des subventions de l?UE sans que sa situation ne s?am?liore le moins du monde. Le fait qu?on ait pris subitement conscience de son surendettement est d? ? une man?uvre de Goldman-Sachs et de ses agences de notation visant ? mettre un terme ? la d?saffection envers le dollar au profit de l?euro en faisant appara?tre l?euro comme aussi peu solide que le dollar. Depuis, en Europe, s?accumulent les violations de statuts, de lois p?nales, de trait?s et de constitutions commises sur l?ordre d?une puissance sup?rieure et sans cons?quences pour les responsables:

? A l?automne 2010, la FED, gr?ce ? la cr?ation ill?gale de 600 milliards de dollars destin?e ? compenser l?absence d?apport de dollars en provenance du monde, a sauvegard? la solvabilit? des Etats-Unis. Cet argent est perdu.

? En septembre 2010, la Banque centrale europ?enne, ?? l?initiative? du gouvernement am?ricain et de la FED, a assur? l?apport n?cessaire de dollars jusqu?en avril 2011 en rachetant ill?galement 500 milliards de dollars et ?vit? ainsi les pressions sur le dollar. En r?alit?, il s?agissait l? d?une malversation aux d?pens de l?euro car chacun sait que le dollar ne vaut plus rien. Quand on ?change de l?argent sans valeur contre de l?argent qui a de la valeur, on est complice d?une escroquerie ou on la commet directement. Axel Weber, membre du conseil des gouverneurs de la Banque centrale europ?enne, n?a pas pu emp?cher cela et a protest? en d?missionnant.

? La Gr?ce avait plus de 360 milliards d?euros de dettes surtout aupr?s de banques fran?aises et am?ricaines. Des assurances am?ricaines couvraient encore le d?faut de payement. C?est pourquoi Obama, Trichet et Sarkozy ont contraint agressivement Merkel ? assumer la responsabilit? partag?e des dettes de la Gr?ce par le biais du ?plan de sauvetage? afin d??viter aux banques de devoir faire une croix sur leurs cr?ances. Par cons?quent, l?aide apport?e ? la Gr?ce ?tait destin?e aux banques. La Gr?ce ne s?en trouvait pas lib?r?e de ses dettes. Sans ce chantage, Merkel et le gouvernement allemand n?auraient jamais os? commettre cette violation de la Constitution consistant ? se porter garant de dettes ?trang?res et ils n?auraient pas impos? cela au peuple.

? Les banques fran?aises ?taient les principaux cr?anciers de la Gr?ce et savaient que leurs cr?dits ne valaient plus rien. C?est pourquoi le pr?sident fran?ais a incit? son ancien coll?gue bankster Trichet ? racheter par la BCE pour 60 milliards d?euros d?emprunts grecs alors que c??tait interdit par l?article 123 du Trait? sur le fonctionnement de l?Union europ?enne et constituait une escroquerie au pr?judice des propri?taires de la BCE car ceux-ci ne sauraient que faire de titres sans valeur. La plainte que j?ai d?pos?e contre Trichet n?a malheureusement pas pu ?tre prise en compte par le Parquet car Trichet jouit de l?immunit?. Il a m?me ?t? r?compens? de ses magouilles criminelles par le Karls-Preis ? Aix-la-Chapelle et le Weltwirtschaftspreis ? Kiel.

? Depuis une ann?e, de l?argent allemand et europ?en est vers? ? la Gr?ce pr?tendument pour sauvegarder sa solvabilit? et assainir ses finances. Mais en r?alit?, pendant ce temps, la quantit? d?argent qui a fui la Gr?ce est plus importante que celle qu?elle a re?ue au titre de l?aide, la situation du pays ne s?est gu?re am?lior?e, elle s?est m?me plut?t d?grad?e et les Grecs s?opposent ? la rigueur et au d?sendettement qu?on exige d?eux. L?aide et la garantie financi?res que l?on demande aux citoyens de la zone euro ? en particulier ? l?Allemagne ? n?ont rien am?lior?. On n?a pas apport? d?aide aux Grecs mais aux banques internationales cr?anci?res. C?est une escroquerie aux d?pens des contribuables.

? Depuis qu?Obama l?a morig?n?e au t?l?phone, Merkel estime que l?argent vers? aux banques cr?anci?res de la Gr?ce est l??unique solution possible?. Malgr? l??chec du premier plan de sauvetage, on engloutit de l?argent dans d?autres plans et Merkel aggrave les dettes de l?Allemagne au profit des banques cr?anci?res de la Gr?ce et cela dans un ordre de grandeur tel qu?elles ne pourront pas ?tre rembours?es en une g?n?ration et qu?elles vont encore peser sur l?avenir et les retraites de nos enfants.

? En juillet, les gouvernements europ?ens sont tomb?s d?accord sur une nouvelle ?tape de leur haute trahison sous la forme du M?canisme europ?en de stabilit? (MES). A la demande de celui-ci, ils se sont engag?s de mani?re irr?vocable et sans condition ? mobiliser 700 milliards d?euros (article 8 du Trait? instituant le MES) et, si n?cessaire ? cela ?tant d?cid? par le Conseil des gouverneurs qui n?a pas ?t? ?lu et qui n?est soumis ? aucun contr?le ?, ? augmenter ? sa guise le capital initial (art. 10). Pratiquement, les gouvernements ont ainsi, apr?s l?union mon?taire, sign? l?union de dettes et de garantie et ont m?me abandonn? la souverainet? mon?taire supr?me ? un Conseil des gouverneurs dot? de pleins pouvoirs en mati?re de politique financi?re et ?chappant ? tout contr?le. Le MES peut m?me racheter des emprunts d?Etat, effectuer des manipulations du march? des capitaux, contracter de nouvelles dettes et prendre des mesures de contr?le, toutes choses que notre gouvernement et notre Parlement avaient refus? jusqu?ici, essayant de sauvegarder ce domaine de souverainet?. Merkel, sans demander l?avis du Parlement a, en abandonnant nos derniers et plus importants droits souverains, transform? l?union de dettes et de garantie, contraire ? nos droits souverains, en une union financi?re en inversant les rapports de force ant?rieurs: ce ne sont plus les Etats membres qui d?cident des finances, des dettes et des contr?les financiers de l?UE, c?est le ?Bureau politique? de l?UE, c?est-?-dire le Conseil des gouverneurs du MES, qui fixe les besoins financiers, la reprise des dettes et les exigences envers les Etats membres, qui contr?le la politique financi?re de ces derniers et d?cide librement ? qui on donne et ? qui on prend de l?argent. Il en r?sulte que la souverainet? financi?re des Etats membres est abolie. Gr?ce ? ce Trait?, le Bureau politique de Bruxelles s?est d?finitivement empar? de la souverainet? financi?re des Etats membres et, en m?me temps, les gouvernements des Etats ont commis un crime de haute trahison envers leur Constitution et leurs droits souverains. Reste ? esp?rer que le Bundestag mettra un frein ? cette haute trahison, sinon un gouvernement allemand n?aura jamais l?s? autant son peuple, aucun chancelier n?aura port? autant atteinte ? la prosp?rit? du pays.

Les int?r?ts en pr?sence dans la partie de poker ? propos de l?euro

Plus un ph?nom?ne est absurde plus les int?r?ts qui se cachent derri?re sont puissants:

? Gr?ce ? la crise de l?euro, les Etats-Unis peuvent gagner du temps et d?tourner l?attention de la crise du dollar. L?effondrement du billet vert ferait imploser non seulement leur empire financier mondial mais ?galement leur puissance militaire mondiale (200 bases) et leur puissance ?conomique. Ils subiraient (et cela arrivera) un effondrement identique ? celui de l?empire sovi?tique mais ils n?y croient pas encore et ne songent pour le moment qu?? gagner du temps. C?est pourquoi ils attisent une crise de l?euro chaque fois que la crise du dollar s?aggrave.

? L?industrie financi?re am?ricaine a accord? aux banques de cr?dit des garanties de bonne fin pour les cr?dits en souffrance ? ?galement les cr?dits grecs. Donc si les 360 milliards de cr?dits grecs ne valaient soudainement plus rien, l?industrie financi?re am?ricaine rencontrerait de grandes difficult?s de contre-garantie, voire serait menac?e d?effondrement. C?est pourquoi les cr?dits doivent ?tre maintenus, du moins en apparence, et la Gr?ce ne peut pas se d?clarer en faillite.

? La BCE a plus de cr?dits pourris que de capitaux propres, si bien qu?elle est depuis longtemps une ?bad bank?. Par cons?quent, si l?on pr?sentait les cr?dits grecs comme aussi toxiques qu?ils sont en r?alit?, la BCE serait en faillite et devrait chercher du capital frais aupr?s des Etats membres. C?est pourquoi elle est cat?goriquement oppos?e ? toute responsabilit? solidaire ?priv?e? pour les cr?dits grecs et contre toute faillite d?Etat, car tous les deux d?valoriseraient ses cr?dits.

? Les principaux cr?anciers de la Gr?ce sont les Etats-Unis et les banques fran?aises. En cas de faillite et de d?pr?ciation de la Gr?ce, elles subiraient des pertes si importantes que les Etats devraient les endosser. C?est pourquoi leurs gouvernements luttent si brutalement contre un assainissement de la Gr?ce au moyen d?une d?valuation, la seule solution appropri?e qui d?ailleurs sera un jour in?vitable.

? Les banques allemandes, avant tout des banques publiques, d?tiennent environ 20 milliards d?emprunts grecs. Ici, il faudrait d?valuer, c?est-?-dire que l?Etat devrait intervenir directement. C?est ce que craignent Merkel et Sch?uble bien que cette aide directe ? nos banques serait moins importante que l?argent vers? ? la Gr?ce pour les cr?dits qu?elle a obtenus de banques internationales. Il faudrait mener une enqu?te p?nale visant les anciennes directions pour savoir pourquoi des ?tablissements bancaires publics allemands ont achet? des emprunts grecs alors qu?ils n??taient pas habilit?s ? le faire.

? Le Bureau politique bruxellois essaie de mani?re particuli?rement scandaleuse de profiter de la crise de l?euro pour s?arroger la souverainet? budg?taire et financi?re des Etats membres. Il veut mettre pratiquement la main sur le plus important droit d?mocratique des peuples, la souverainet? financi?re, en exer?ant un contr?le sur les Etats endett?s et, comme l?a d?j? reconnu Trichet, introduire un superminist?re des finances europ?en, des imp?ts europ?ens et des euro-obligations. Il s?agit de compl?ter la centralisation de l?Union europ?enne ? qui a d?j? son arm?e, un minist?re des Affaires ?trang?res, la concurrence europ?enne ? par des finances europ?ennes. Les Etats membres seraient d?grad?s au rang de provinces ob?issant aux ordres du pouvoir central, les parlements nationaux perdraient leur pouvoir et le Bureau politique de Bruxelles acquerrait un pouvoir dictatorial sans contr?le d?mocratique. Le ?haut-parleur? autoproclam? de l?UE Juncker a expliqu? comment le Bureau politique proc?de. ?Nous prenons une d?cision, la faisons conna?tre et attendons de voir ce qui se passe. Si elle ne suscite pas des hauts cris, si elle ne provoque pas d??meutes parce que la plupart des gens ne comprennent pas de quoi il s?agit, nous continuons, pas ? pas, jusqu?? atteindre un point de non-retour.? Voil? comment on proc?de ? la d?d?mocratisation de l?Europe et ? la prise du pouvoir par la Commission politique de Bruxelles.

? Le fait que les chefs de gouvernement des 27 Etats membres de l?UE g?rent eux aussi l?union de dettes et de garantie aux d?pens de l?Allemagne est li? au fait que 20 d?entre eux b?n?ficient durablement des paiements de l?UE provenant de l?Allemagne et que la moiti? d?entre eux ne peuvent absolument pas rembourser les dettes qu?ils ont contract?es en plus et sont donc d?accord parce qu?alors l?Allemagne doit payer et garantir des montants plus ?lev?s. Aussi, lors de la derni?re rencontre des chefs de gouvernement, Merkel ?tait-elle isol?e. Les pays de l?UE ne pouvaient pas comprendre que l?Allemagne ne soit plus dispos?e ? tout payer sans discuter comme au temps de Kohl.

L?union de transfert est une escroquerie au pr?judice de tous les Europ?ens

L?article 125 du Trait? sur le fonctionnement de l?Union europ?enne stipule sans ambigu?t? qu?aucun Etat membre ne doit r?pondre des dettes d?un autre Etat membre. C?est d?ailleurs ce que pr?supposent la plupart des constitutions des Etats. Or les gouvernements soumis aux banques n?ont pas respect? les textes l?gislatifs et se sont mis d?accord sur une mutualisation de la totalit? des dettes, consid?rant qu?il n?y avait pas d?alternative. Merkel a ?t? victime d?un chantage (cf. ci-dessus) et le Bundestag a ?t? contraint d?approuver la mesure sans ?tre inform? ? temps et de mani?re suffisante. A l?instar de tous les autres, nous avons d? accepter cette mutualisation, laquelle ?tait avantageuse pour les pays qui re?oivent l?argent et qui sont de toute fa?on effondr?s, mais catastrophique pour les pays donateurs. L?Allemagne doit non seulement verser toujours la part la plus importante mais ?galement ce que les autres ne peuvent ou ne veulent plus payer. Et cela de mani?re irr?vocable.

Maintenant, les citoyens europ?ens doivent casquer pour des dettes ?trang?res que leurs gouvernements ont accept? de garantir en responsabilit? solidaire sans justification. Ils en seront appauvris quelle que soit la solution adopt?e:

? hausse d?imp?ts dans les pays donateurs,

? d?valuation des dettes au moyen de l?inflation (ce qui entra?ne une d?pr?ciation de la fortune des citoyens),

? r?forme mon?taire qui an?antit en partie la fortune et le revenu des citoyens de la zone euro ainsi que leur assurance-vieillesse.

L?Etat qui prend en charge les dettes d?Etats ?trangers devra de toute fa?on payer un jour et s?appauvrira. S?il prend en charge de lourdes dettes, il les fera supporter aux g?n?rations suivantes.

M?me les Grecs sont flou?s par le maintien des dettes de leur pays impos? par les banques: Si on les laissait assainir la situ?ation au moyen d?une faillite d?Etat, un r???chelonnement de la dette et une monnaie ? eux d?valu?e, ils seraient ? nouveau comp?titifs pour le tourisme europ?en et auraient un avenir. En conservant leurs dettes, ils n?ont plus aucune chance de se refaire une sant? financi?re, d??chapper ? l?appauvrissement et ? l?effondrement de leur ?conomie.

La nouvelle forme de domination financi?re mondiale consiste en ce qu?elle ne soumet et ne pille plus les peuples par la force des armes mais qu?elle leur accorde des cr?dits excessifs afin de les dominer financi?rement et ?conomiquement au moyen des int?r?ts (asservissement aux int?r?ts des emprunts). C?est ce qui s?est pass? avec la Gr?ce. Mais pour ne pas subir de pertes, les banques internationales ont fait en sorte que les pays surendett?s ne puissent pas se d?clarer en faillite et que les pays aux finances saines soient amen?s ? prendre en charge leurs dettes, c?est-?-dire qu?ils tombent ?galement sous l?asservissement de la haute finance am?ricaine. Quand la mutualisation des dettes pr?vue par le M?canisme europ?en de stabilit? (MES) d?cid? en juillet 2011 aura ?t? adopt? par les parlements, les dettes ne seront d?finitivement plus le probl?me des banques cr?anci?res mais uniquement celui des Etats d?biteurs de l?UE, et en particulier de l?Allemagne.

On se rend compte ici que la nouvelle forme d?imp?rialisme et de supr?matie mondiale de la haute finance am?ricaine ne repose plus sur les ba?onnettes mais sur des cr?dits accord?s sans retenue avec de l?argent dop?, donc sur des dettes et leurs int?r?ts. Les int?r?ts sont les tributs pay?s par les pays asservis.

Le syst?me est si intelligemment construit que les citoyens et les pays croient que les mesures sont prises dans un esprit de ?solidarit? europ?enne? alors qu?elles ne profitent en r?alit? qu?? l?imp?rialisme financier. C?est la raison pour laquelle la Gr?ce et les autres pays surendett?s n?ont pas pu se d?clarer en faillite tant que l?union de garantie n??tait pas scell?e. Apr?s il pourra y avoir des faillites parce qu?? ce moment-l?, ? cause de la garantie des pays aux finances saines ? elles ne nuiront plus aux cr?dits de la finance internationale.

Pourquoi avons-nous permis cela?

Dans la grande orgie d?endettement de la partie de poker ? propos de l?euro, on a pr?par? le terrain en vue de la ruine ?conomique future des participants. Les principales victimes ?conomiques de ce jeu seront les citoyens allemands parce que l?argent acquis par leur s?rieux au travail ne servira plus ? financer les r?alisations int?rieures mais ? payer les dettes de pays ?trangers.

Si les citoyens avaient perc? ? jour ce jeu scandaleux, il y aurait eu depuis longtemps dans le pays des manifestations de rue, voire une r?volution. Le fait qu?ils n?aient pas remarqu? ? quel point on mettait en jeu leur avenir est d? ? une man?uvre intelligente de la presse manipul?e par la haute finance am?ricaine. En effet, elle a d?sinform? syst?matiquement les citoyens:

Les politiques n?ont toujours dit qu?une partie de la v?rit?, commen?ant par contester tout ce qu?ils ont accept? plus tard.

En outre, ils ont toujours dissimul? les faits d?sagr?ables derri?re la pr?tendue n?cessit? de la ?solidarit? europ?enne? et la b?tise qui consistait ? se laisser exploiter par les banques nationales et les Etats membres de l?UE a ?t? pr?sent?e comme une d?fense de ?l?esprit europ?en? (Wolfgang Sch?uble). On a d?sinform? la population en lui mentant, en la trompant, en l?induisant en erreur, en d?tournant son attention des probl?mes et par des d?bats compliqu?s. A titre d?exemples mentionnons le premier plan de sauvetage, de 120 milliards d?euros, et le second, de 750 milliards auxquels la presse n?a consacr? que quelques colonnes alors qu?elle a consacr? pendant des semaines des pages enti?res ? la catastrophe locale de Fukushima. Il fallait d?tourner l?attention de l?immense catastrophe financi?re int?rieure au moyen d?une catastrophe ?trang?re beaucoup moins grave, et malheureusement, cela a fonctionn?.

Que conclure?

Au cours de la partie de poker, notre peuple a ?t? tromp? par l?Union europ?enne comme jamais auparavant sans qu?il puisse faire quoi que ce soit:

? En violation de toutes les constitutions nationales et des trait?s europ?ens, on a fait de l?union d?Etats souverains une union de transfert, de garantie et de dettes domin?e par un pouvoir central r?gnant sur des provinces.

? Certains pays, dont l?Allemagne, ont perdu au profit de Bruxelles leurs droits souverains d?mocratiques les plus importants et les pays membres se sont eux-m?mes d?d?mocratis?s, ce qui a permis au pouvoir central de Bruxelles de devenir tout-puissant.

? L?impuissance ou la corruption des politiques europ?ens durant la partie de poker a montr? qu?ils ont depuis longtemps abandonn? leur pouvoir d?cisionnel au profit de l?industrie financi?re, qu?ils ob?issent ? des instructions au lieu de prendre des d?cisions, que le monde occidental surtout n?est plus sous le r?gne de la d?mocratie mais sous celui d?un imp?rialisme financier mondial. Sinon comment les banques, les politiques et les gouvernements pourraient-ils faire en sorte que leurs citoyens prennent en charge les dettes de l?industrie financi?re? Horst Seehofer a ?crit: ?Les d?cideurs n?ont pas ?t? ?lus et les ?lus n?ont plus leur mot ? dire.?

? A l?avenir, les probl?mes budg?taires nationaux et les dettes vont ?tre irr?vocablement submerg?s par la vague des dettes europ?ennes internationales (zone euro: 6000 milliards d?euros). Pendant des d?cennies, nous devrons payer ? des banques internationales sp?culatrices un tribut pour quelque chose que nous n?avons m?me pas re?u et que nos politiques ont d? assumer pour d?autres pays ? la demande de la haute finance.

? Les dettes ?trang?res d?j? reprises ? la suite des ?plans de sauvetage? et qui le seront ? l?avenir par le MES, le soutien de l?euro, l?abandon de la souverainet? financi?re au Bureau politique de Bruxelles, c?est-?-dire au Conseil des gouverneurs du MES, vont in?vitablement entra?ner dans les prochaines ann?es le recours aux imp?ts allemands et p?sera sur la prosp?rit? et le produit social, car il faudra payer des int?r?ts ? la haute finance internationale. Que les pays surendett?s se d?clarent en faillite ou non ? les dettes des pays en faillite devenant celles des pays de la zone euro ? les pays aux finances saines devront de plus en plus casquer pour les pays malades. Les int?r?ts que l?Europe payera ? la finance internationale repr?senteront une charge semblable ? celle qui pesa sur l?Allemagne apr?s la Premi?re Guerre mondiale, laquelle charge entra?na l?effondrement de nos finances publiques, de notre ?conomie, de notre prosp?rit? et de notre soci?t?. Maintenant d?j?, il n?est pas difficile de pr?dire que la reprise par l?Allemagne de toutes les dettes des pays europ?ens aux finances fragiles, comme la Gr?ce actuellement, entra?nera:

? une augmentation des contributions vers?es ? Bruxelles pour le payement des int?r?ts de la zone euro,

? une augmentation des imp?ts des travailleurs et de l??conomie,

? une diminution des recettes de l?Etat et de ses prestations sociales,

? une diminution des profits des entreprises, des licenciements et une baisse des salaires,

? un d?clin de l??conomie, du produit social et des exc?dents d?exportations, et donc

? des luttes accrues pour la r?partition des richesses allant jusqu??

? des ?meutes populaires et ? la r?volution. La tromperie des politiques ? propos de l?euro ? ou plut?t la soumission ? la haute finance internationale en mati?re de mutualisation des dettes ? aura modifi? non seulement la situation ?conomique mais la situation sociale aura chang? de mani?re irr?versible.

? Bien que les politiques parlent toujours du ?sauvetage? de la Gr?ce, de l?Irlande, du Portugal ou de l?Espagne, la mutualisation des dettes ne r?sout en r?alit? aucun probl?me car les dettes de ces pays ne sont en rien diminu?es. Cela ne rend pas superflue la seule solution valable qui consiste dans la faillite d?Etat, cela ne fait que la retarder et emp?che les Etats de se d?sendetter et d?am?liorer leur situation. M?me s?ils se d?barrassent plus tard de leurs dettes par une faillite, ces dettes subsisteront et p?seront alors sur les pays qui ont adh?r? ? l?union de garantie avant la faillite et les entra?nent dans la m?me situation de surendettement.

Des milliers d?Allemands, qui pour la plupart, ne sont m?me pas personnellement concern?s, manifestent contre le projet de gare ?Stuttgart 21?, contre les transports de d?chets nucl?aires, contre la prestation de serment des recrues de la Bundeswehr et d?autres questions sans importance. Or nous aurions d? descendre dans la rue pour protester contre le premier ?plan de sauvetage? des banques internationales. Jamais auparavant les banques n?avaient enregistr? des profits aussi scandaleux et obtenu la permission de faire supporter aux citoyens les pertes de leurs op?rations sp?culatives. Nous devons reconna?tre que le grand capital international pratique sans retenue le pillage de tous les citoyens (? vrai dire avec l?aide de politiques manipul?s ? distance).

Quand le citoyen moyen comprendra qu?il y va ? l?avenir de son niveau de vie personnel, de son appauvrissement, on pourra le mobiliser, les politiques pourront de nouveau exercer davantage de pressions nationales et internationales et nous ?pargner le pire par le refus d?un accroissement de notre endettement d? ? de pr?tendus plans de sauvetage.

Si nous ne pouvons pas mobiliser la population, nous serons bient?t contraints de prendre une mesure radicale, une r?forme mon?taire, et nous assisterons ? l?effondrement non seulement des banques sp?culatrices, mais des pays et des citoyens qui ont pris en charge les dettes de ces banques.

Horizons & D?bats

Sur le m?me sujet, lire Ce n?est pas une crise, c?est une reconfiguration de l??conomie mondiale (deuxi?me partie)

 

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