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Des premi?res nations ou une seule grande premi?re nation autochtone?

(^) (^) (^) Indiens Canada

Sous l?impulsion des jeunes et des femmes, les autochtones se sont mis en marche dans le cadre du mouvement Idle No More. Ils contestent les dispositions environnementales et les modifications apport?es ? la Loi des Indiens par les lois C-38 et C-45 du gouvernement Harper.

Plus largement, ils posent la question nationale autochtone ? l??chelle du pays. Ce faisant, leur lutte repr?sente un int?r?t strat?gique pour le mouvement ind?pendantiste qu?b?cois.

Une relation de type colonial

Les commentateurs politiques utilisent le mot ??tiers-monde?? pour d?crire la situation abjecte dans laquelle sont confin?s les autochtones au Canada, mais ils en nient l?essence m?me.

Car, si on peut, au-del? des conditions de vie mis?rables, parler de ??tiers-monde?? dans le cas des autochtones et de leurs relations avec le reste du Canada, c?est parce que celles-ci sont de type colonial.

La relation de d?pendance vis-?-vis l?administration canadienne, en vertu de la Loi des Indiens, est parfaitement illustr?e par la fa?on dont on utilise le rapport de la firme Deloitte sur l?administration de la r?serve d?Attawapiskat.

Le gouvernement le plus cachotier, le plus secret, le plus opaque, de l?histoire du Canada exige de la transparence de la part de l?administration de la chef Theresa Spence et les ?ditorialistes embo?tent le pas. Le Globe and Mail accuse m?me Mme Spence, dans son ?ditorial du 10 janvier, de se comporter en ??despote du tiers-monde??!

Personne ne semble vouloir reconna?tre que le probl?me est que la chef Theresa Spence est redevable au gouvernement canadien alors qu?elle ne devrait l??tre qu?? son peuple.

Bien s?r, l?argent vient du gouvernement canadien. C?est l? le c?ur du probl?me. Les autochtones devraient ?tre en mesure de pr?lever eux-m?mes leurs imp?ts et redevances, et adopter les lois qui les r?gissent. Comme ils signent d?j? leurs trait?s, ils exerceraient alors leur autod?termination pleine et enti?re.


L?enjeu?: les ressources naturelles du Nord

La relation coloniale du Canada avec les autochtones ne se limite pas aux aspects administratifs et politiques. Elle est aussi ?conomique et territorial. Le mode d?exploitation du Nord du Canada par les compagnies p?troli?res et mini?res ne se distinguent en rien de leurs pratiques dans le tiers-monde.

Aujourd?hui, les autochtones revendiquent des droits sur le Nord du Canada, sur cette vaste partie du territoire canadien o? ils sont majoritaires.

L?enjeu est de taille. Le Nord est l?objet de toutes les convoitises et de nombreux projets miniers y voient le jour. Citons simplement ? ce sujet, Vincent Marissal de La Presse qui, dans sa chronique du 9 janvier, ??Les Ha?tiens du Nord??, ?crit?: ??Prenez, par exemple, le projet pharaonique de la chinoise MMG, au Nunavut: 5 mines ? ciel ouvert, 350 km de routes, des dizaines de ponts, des logements pour un millier de travailleurs, de gigantesques d?p?ts de mazout et? l?ass?chement d?un lac.??


La cible?: les droits de propri?t? du sol

C?est pour favoriser ce d?veloppement aux profits de multinationales ?trang?res et canadiennes que le gouvernement Harper a apport? des changements substantiels aux lois environnementales et ? la gestion des terres autochtones.

Sur cette derni?re question, la loi C-45 fait en sorte qu?il sera plus facile pour les conseils de bande de ??louer?? des terres appartenant ? des r?serves, en court-circuitant les processus de consultation traditionnels des autochtones.

Dans un texte paru dans le Globe and Mail du 29 d?cembre, Tom Flanagan, le mentor de Stephen Harper sur les questions autochtones, d?fend la loi C-45 qui va acc?l?rer la prise de d?cision des conseils de bande sur la location des terres, en s?appuyant sur la volont? de nombreux chefs et avocats autochtones, d?sireux de conclure des ententes avec les mini?res pour l?exploitation des min?raux ou des p?troli?res pour le passage d?ol?oducs sur le territoire des r?serves.

Le mouvement Idle No More met en lumi?re cette opposition au sein des communaut?s autochtones entre les jeunes et les femmes, plus soucieux des enjeux environnementaux, et certains chefs pr?ts ? s?entendre, en retour de b?n?fices financiers, avec les p?troli?res et les mini?res.

Tom Flanagan est ?videmment conscient de cette lutte de pouvoir larv?e au sein des communaut?s autochtones et entre les communaut?s autochtones. La conclusion de son article permet de comprendre la strat?gie qu?empruntera le gouvernement Harper face au mouvement autochtone.

Selon Flanagan, c?est l?insatisfaction exprim?e par plusieurs ??Premi?res nations?? face ? la ??rigidit? de la Loi sur les Indiens qui a motiv? le gouvernement Harper ? amender la loi afin de ??leur permettre de prendre plus facilement des initiatives pour am?liorer le bien-?tre de leur population??.

??Rien dans ces amendements, ajoute Flanagan, ne requiert l?action des autres Premi?res nations??.


Premi?re nation ou Premi?res nations ?

??En passant, conclut Flanagan, cela est en accord avec la longue tradition d?ind?pendance politique des premi?res nations. C?est pour cela qu?elles se d?nomment ?? Premi?res nations?? plut?t que ?? Premi?re nation??; il y a plusieurs nations, chacune ayant sa propre histoire et sa propre vision de l?avenir. Les consultations requises pour la modernisation et l??ventuelle remplacement de la Loi sur les Indiens ne devrait pas se transformer en camisole de force pour les Premi?res nations qui sont d?j? pr?tes ? d?terminer leur propre avenir ?conomique??.

Autrement dit, permettons ? celles qui veulent s?entendre avec les mini?res et les p?troli?res de le faire!

Quand Tom Flanagan valorise le particularisme autochtone en louant la ??longue tradition d?ind?pendance politique des Premi?res nations??, il faut y voir une man?uvre au service de son objectif politique. Il a consacr? plusieurs ouvrages, dont?First Nations? Second Thoughts,?? la question autochtone. Son approche consiste ? consid?rer les Am?rindiens comme les ??premiers immigrants??, ce qui l?gitimerait le gouvernement canadien ? refuser des droits territoriaux aux tribus indiennes.

Flanagan est l?un des membres de l??cole de Calgary, financ?e par les p?troli?res, qui a servi de think tank au Reform Party et ? Stephen Harper.

Le concept de ??Premi?res nations?? au pluriel permet donc, selon Flanagan, au gouvernement, aux p?troli?res et aux mini?res de s?entendre avec certaines nations et de jouer les Premi?res nations les unes contre les autres. C?est le vieux principe britannique du ??Diviser pour r?gner??.

Le mouvement Idle No More est conscient de l?enjeu. Sur son site Internet, il utilise le singulier lorsqu?il parle de la Nation autochtone. Une Nation autochtone ? la grandeur du Canada qui veut n?gocier de nation ? nation avec le Canada.

Cette approche interpelle les ind?pendantistes qu?b?cois. La reconnaissance d?une grande nation autochtone pancanadienne est bien diff?rente de la reconnaissance de 11 Premi?res nations par le gouvernement du Qu?bec. Elle implique d?importantes consid?rations strat?giques sur lesquelles nous reviendrons.

Pour l?instant, appr?cions ? sa juste valeur ce mouvement de la base dont l?action et la revendication nationale s?attaque aux fondements m?mes du Canada.


Le ??peuple invisible?? est en marche

De leur c?t?, les f?d?ralistes ont fait leur lit. Ils cherchent, comme le Globe and Mail, ? discr?diter le mouvement. D?autres ?ditorialistes et commentateurs, qui ont pourtant des solutions toutes pr?tes pour les conflits en Afghanistan, en Libye et en Syrie, trouvent la question autochtone ??trop complexe?? pour prendre position. Mais cela ne saura tarder.

La Presse a mis la table en publiant, jeudi le 10 janvier, un texte de R?jean Morissette, ??La fable autochtone. Aucune des 11 nations reconnues n??tait pr?sente de mani?re significative, continue et organis?e au Qu?bec il y a 400 ans??. Des immigrants, les autochtones?

R?jean Morissette est l?auteur de l?ouvrage?Les autochtones ne sont pas des pandas.?Morissette est le pendant qu?b?cois de Tom Flanigan.

Le ??peuple invisible??, dont parlait Richard Desjardins est en marche. Aux ind?pendantistes d?en prendre bonne note en mettant fin ? leur indiff?rence annexionniste ? l??gard des Autochtones.

Les ind?pendantistes doivent r?fl?chir aux formes d?alliance que le mouvement souverainiste qu?b?cois devrait proposer aux Autochtones, car nous avons, Qu?b?cois et Autochtones, une cause commune?: le d?mant?lement du Canada.

Pierre Dubuc

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One comment

  1. avatar

    Démantèlement du Canada???

    Le Canada est un « territoire ». Comment démanteler un territoire dites-moi?

    Il n’existe qu’une seule nation Amérindienne et elle se divise en plusieurs associations tribales.

    Il n’existe qu’une seule nation « canayenne » qui a régressé en « nation Québécoise ».

    Il existe aussi une nation « Canadian » qui n’est pas composée de ceux qui s’écrasent devant Londres.

    Les immigrés choisissent le camp qu’ils peuvent ou veulent.

    Les autres sont ceux qui n’ont rien à faire ici mais qui actuellement tentent de tout contrôler en s’accrochant aux guêtres de Londres ou de Washington.

    Replacez-moi tout ça et ensuite on pourra discuter.