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Derrière l’assassinat de Jovenel Moïse, un trafic d’armes signé

La surprise de l’assassinat du président Haïtien n’en est pas vraiment une. Et encore moins ses auteurs. Jovenel Moïse avait une dette à régler. Celle d’un trafic d’armes juteux dans lequel il était impliqué. Ses commanditaires lui ont simplement rappelé qu’on ne joue pas impunément avec les trafiquants de drogue et d’armes colombiens. Ceux pilotés par celui qui l’a amené au pouvoir, pourtant… A un stade, le sentiment n’existe plus, étant donné les sommes en jeu… (80 millions de dollars !). C’est aussi simple que cela, le meurtre d’un président, en Haïti !!!

En septembre 2016 on découvre une importante livraison d’armes illicites à la douane de Saint-Marc, en Haïti. C’est le point de départ du meurtre d’hier, à bien y regarder.

Entre le 20 juin 2016 et le 6 août 2016, 159 shots guns, 5 AR 15, 2 Glock semi-automatiques et des boîtes de munitions ont été chargés dans un camion de marque Mitsubishi envoyé en Haïti aux environ du 6 août, via la liaison classique d’un cargo de Monarch Shipping Lines, parti du port américain de Palm Beach.

Le déballage de la livraison au sortir du camion sera très impressionnant (cf les deux photos ici). Un juge chargé de l’affaire inculpe vite 9 personnes, dans une enquête qui a vite avancé tant les preuves sont flagrantes. Parmi eux l’ex-directeur général de la PNH Godson Orelus, l’ancien ministre de l’intérieur Réginald Delva, Sandra Thélusma, responsable du dédouanement de la cargaison d’armes, l’ex-directeur Départemental de l’Ouest de la Police, Vladimir Paraison, actuel coordonnateur de la sécurité présidentielle (pour Martelly, donc), l’ancien Directeur Départemental de l’Ouest de la Police Nationale d’Haiti, Jonas André et Ronald Nelson alias « Roro Nelson ». On se doute bien que parmi les 9, il y a un politicien haut placé, mais la justice haïtienne étant ce qu’elle est, il faut prendre patience et attendre plus de deux ans et demi pour que son nom sorte au grand jour.

En février 2019, en effet, on révèle (enfin) le nom du politicien impliqué dans cette affaire de trafic d’armes. Sans trop de surprise il est lui aussi dans l’ombre de « Sweet Micky », qui a été si proche des dealers de coke du pays, comme on le sait, eux-mêmes noyés dans le trafic d’armes, les deux allant toujours de pair. « Depuis l’éclatement du scandale lié à la saisie d’armes à feu dans les douanes de Saint-Marc, certains disaient tout bas qu’un politicien haïtien était impliqué. Toutes les précautions semblent avoir été prises pour ne pas révéler l’identité de ce dernier. Toutefois,  l’un des accusés, Junior Joël Joseph, un ancien sergent du corps des marines des États-Unis d’Amérique, lors du procès ayant abouti à sa condamnation pour « conspiration » aux fins d’exportation d’armes et de munitions vers Haïti, a dévoilé  le nom du sénateur du sud Hervé Fourcand dans le cadre de ce dossier, lors de la tenue de ce procès devant un tribunal fédéral, vendredi 01 février 2019, rapporte le journal américain Miami Herald. » « révèle le journal Loop. L’homme a été trahi par ses massages sur WhatsApp avec l’inculpé Junior Joël Joseph ainsi qu’avec celui que l’on surnomme   « Dollar », un proche de l’ancien chef de la police nationale d’Haïti, Godson Orélus, incarcéré lui aussi dans cette affaire. Les américains avaient alerté les haïtiens sur le fait que la compagnie n’est pas autorisée à exporter des armes et des munitions en Haïti. Ce, en raison de l’embargo de la vente d’armes imposé à Haïti par les Etats-Unis depuis le coup d’Etat militaire perpétré contre l’ancien président Jean Bertrand Aristide en 1991, selon le Miami Herald. On est donc fort étonné de découvrir encore aujourd’hui la fiche Linked’in du sieur Joel Joseph… toujours aussi active !

La liste des gens recherchés par le juge de Saint-Marc Dieunel Luméran, close en décembre 2018, incluait Godson Orélus, Sandra Thélusma, et d’autre dont on remarque de façon flagrante la proximité avec l’ancien président Martelly (alias « Sweet Micky » dans le showbiz) : »les inculpés tous en cavale ; Jimmy Joseph, directeur de  la compagnie Global Dynasty corps, Junior Joël Joseph, Monplaisir Edouard, Ronald Nelson alias Roro Nelson, un bras droit de l’ancien président Michel Joseph Martelly, membre fondateur de PHTK, le parti sous la bannière duquel Jovenel Moise a été élu président de la République d’Haïti, André Jonas Vladimir Paraison, haut gradé de la PNH, ex-coordonnateur de la sécurité générale du palais national, Durand Charles et Réginald Delva, ex-ministre de l’Intérieur et des Collectivités territoriales sous l’administration de Martelly-Lamtothe pour « trafic illicite transnational d’armes à feu et des munitions, contrebande, faux et usage de faux, blanchiment de capitaux et association de malfaiteurs ». En réponse à ces inculpations, dans la nuit du 29 au 30 novembre la résidence du Juge Lumérant est criblée de balles par des individus non identifiés : Sweet Micky n’apprécie pas trop, visiblement qu’on embarrasse ainsi son petit commerce florissant…. Tous les inculpés sont à la fois des proches de Martelly et de Jovenel Moïse !! Ils ne resteront pas longtemps à l’ombre : le 27 février 2019, Godson Orélus est libéré, les autres de même : « rien n’a été fait pour qu’ils se présentent devant la justice et la justice elle-même ne s’est pas donné la peine de s’en enquérir. « Singulier petit pays », conclut, fort amer, Haïti Libertés..

Moïse victime du Galil

L’ombre de Martelly pèse sur ses libérations de copinage et sur le pays.  Son successeur était sa marionnette, tout le monde était au courant. Lui avait fait remplacer à la tête de la PNH Mario Andrésol, qui l’avait dirigée pendant 7 ans (de juillet 2005 à aout 2012). Or ce dernier a fait depuis des aveux plus que troublants sur ce qu’il avait vu à l’époque de Martelly. Ainsi le jour-même de sa prise de pouvoir, où il s’est retrouvé entouré de bien étranges personnes, toutes habillées de noir : »je suis arrivé à l’aéroport un mardi et on devait m’installer comme chef de la Police le vendredi. Les hommes qui étaient venus me chercher constituaient en réalité un escadron de la mort. Je ne le savais pas. Je pensais qu’ils étaient des agents de la SWAT TEAM (NDLR : Unité d’élite) parce que ce sont eux qui portaient l’uniforme noir et des fusils Galil quand j’ai quitté le pays (nota l’arme est assez révélatrice, car le Galil, inventé par Yisrael Balashnikov, « une Kalachnikov revisitée »,  c’est une arme certes israélienne mais elle est produite et donc très répandue en Colombie)… « Quand je les ai vus à l’aéroport, je croyais que c’était une disposition du chef de la police ou bien du gouvernement.  J’ai préféré monter dans la voiture d’un ami qui était aussi venu me chercher. Les hommes en noir bien équipés étaient venus avec des véhicules de police et des gilets pare-balles estampillés Police, ils m’ont frayé le passage dans la rue. Arrivé à l’hôtel Villa Créole, ils l’ont investi et placé des gardes. Deux jours après, ils étaient encore là, et par reflexe, j’ai appelé l’un d’entre eux et je lui ai demandé à quelle promotion il appartenait. Il m’a répondu qu’il n’était d’aucune promotion de la police. Il m’a dit qu’ils étaient des assaillants qui avaient aidé à renverser le président Jean-Bertrand Aristide. C’était des anciens attachés, un groupe hétérogène. Ils n’étaient pas formés mais ils connaissaient le maniement des armes. Quand je me suis mis à les interroger, ils m’ont dit qu’ils étaient au nombre de quarante (40) et qu’on les appelait le « Back Up Delta ». Ils ont dit que là où la police ne peut pas intervenir, c’est eux qui interviennent. Mon prédécesseur (Ndlr, Léon Charles) était au courant. Ils m’ont dit par exemple à Fort National, c’est eux qui étaient intervenus. Ils ont déclaré que, dans ces quartiers, ils ne regardaient pas quand ils tiraient ». Et ils ne faisaient pas que dans la sécurité : « Ils voulaient que je les intègre dans la police. Ils m’ont dit que c’est le directeur de la police qui leur donnait parfois un peu d’argent, le directeur de l’OAVCT (NDLR : l’Office Assurance de Véhicules Contre Tiers) ou bien de l’APN (NDLR : Autorité Portuaire Nationale). Lorsqu’on m’a remis la liste des membres du groupe, j’ai vu que c’était des hommes que j’avais déjà arrêté quand j’étais à la Direction Centrale de la Police Judiciaire. Parmi eux, il y avait des anciens attachés et des anciens policiers impliqués dans la drogue. » Pour revenir sur leurs armes, à ces mercenaires colombiens pour la plupart enrôlés par Martelly pour « protéger » son ministre, le Galil ressemble beaucoup à une Kalachnikov et certains journalistes sont allés un peu vite en besogne en affirmant que ça en était, justement, des Kalachnikov que tenaient les assaillants meurtriers (peut-être bien, était-il dit, reconnaissons-le), les armes aux mains d’assaillants Colombiens (on le sait aujourd’hui, il y en a 26 sur 28 !!!), ceux qui ont assassiné Jovenel Moïse… alors qu’il s’agissait très certainement plutôt de Galil.. fusil d’assaut qui signait toute seule l’origine de leur forfait !!

Il en avait des choses à raconter, Mario !

Et Mario n’en a pas fini avec ses terribles révélations : sa première décision par exemple avait suscité un tollé. Elle est simple, pourtant : il souhaitait munir les voitures de la police de plaques d’immatriculation différentes de celles alors utilisées  ! Et la raison en était évidente : « les plaques d’immatriculation marquées « Police » qui ressemblaient aux autres plaques d’immatriculation étaient source fréquente de corruption. Puisqu’il n’y avait pas beaucoup de voitures dans la PNH, on distribuait les plaques dans les commissariats. Les trafiquants de drogue soudoyaient les responsables de commissariats et louaient ces plaques d’immatriculation 2000 dollars haïtiens par soirée. Donc, lorsqu’on disait qu’on voyait des véhicules de la police qui transportaient de la drogue, c’était vrai. C’était des plaques d’immatriculation louées dans les commissariats. Il n’y avait aucun contrôle.  J’ai identifié le problème et personne ne savait pourquoi j’ai dit : on va avoir de nouvelles  . On va le faire par couleur : Port-au-Prince verte, Cap-Haitien, rouge ; Jacmel, orange ; Nippes, bleu. A ce moment là, les plaques étaient stockées chez moi, mais pas à la logistique de la PNH »…. Selon lui, alors, environ 65% des délits qui arrivaient en Haïti provenaient… de la police !!! L’effet Martelly en quelque sorte… avant même qu’il ne devienne président (dans la continuité de la corruption) ! Un Martelly et ses complices, qui sera plus tard dénoncé par un de ses ministres, Pierre Richard Casimir qui admettra même devant le Sénat avoir détourné, avec la complicité de Laurent Lamothe, les 3,4 millions donnés en aide à Haiti par l’Uruguay » !!! Ils auront tout pillé !!! A droite c’est Mario Andrésol, redevenu civil, posant en mannequin de mode…

Mario a vite compris qui était son président donneur d’ordres et quels étaient aussi ses amis : « Martelly a demandé beaucoup de choses. Il a demandé de réintégrer des individus qui avaient été révoqués de la police pour trafic de drogue. Il y a Féthière qui est sénateur maintenant. Il était révoqué de la police bien avant que je sois directeur, mais je savais pourquoi. Le président a demandé sa réintégration pour ses activités de drogue ». Le dénommé Fethière se fera remarquer le 23 septembre 2019 en sortant son propre pistolet lors d’une manifestation (photo à gauche) et en blessant au passage un journaliste… et un homme de la sécurité !! Aucun manifestant n’était armé ce jour-là !!

Martelly, je vous l’ai expliqué ici, étant étroitement lié à la disparition d’un entrepreneur haïtien, Evinx Daniel, sur fond de commerce de drogue… L’homme a disparu depuis 2014 et n’a jamais été revu depuis.  « Dans le cas de l’affaire de drogue à Port-Salut, Jean Renel Sanon, ministre de la Justice, est intervenu en personne pour libérer les deux trafiquants Woodly Ethéard, alias Sonson (ici à droite) et Evinx Daniel. Avec la superficialité de celui qui revendique la liberté de choisir ses amis comme bon lui semble, le président Martelly s’est associé au présumé trafiquant Evinx Daniel en s’exhibant avec lui au Dan’s Creek hotel de Port-Salut. Dans le collimateur du FBI pour trafic de drogues et blanchiment d’argent, ce dernier serait devenu, semble-t-il, une menace pour le pouvoir » vous avais-je rappelé : voilà comment Martelly se débarrassait de ceux qui pouvaient lui nuire.. même après l’avoir bien aidé !!! Un détail qui ne vous aura pas échappé je suppose : c’est le surnom du gang de Woodly Ethéard !!! C’est celle de l’arme favorite de ses membres:  le Galil… non, ça ne s’invente pas en Haïti !! La spécialité de ce gang bien armé ? Les enlèvements, juteux : « selon le Réseau national de défense des droits humains (RNDDH), le « Gang Galil » a reçu des rançons chiffrées à « un million huit cent quatre vingt neuf mille cinq cents – 1,889,500.00 – dollars américains », des mains de 13 victimes kidnappées sur l’intervalle du 11 janvier 2011 au 18 janvier 2014, dénonce le Rnnddh dans un rapport publié le mardi 18 mars 2014″… Marie Thaissa Mazile, la femme d’Ethéard, pourtant arrêtée elle aussi le mercredi 26 mars, avait été libérée fissa dès  le samedi 29 mars 2014, par le substitut du commissaire du gouvernement de Port-au-Prince, Gérald Norgaisse, « l’épouse du chef de gang Galil ayant quitté la prison à bord d’un véhicule du palais national, alors qu’elle était placée en détention sous mandat du juge d’instruction en charge du dossier » avait-on pu lire… Les amis de Martelly ont droit à des égards princiers !

L’entreprise d’armes illicite

Depuis 2010 et le terrible séisme, le trafic avait en effet pris une ampleur sans précédent nous avait expliqué ici La Presse, au Canada. La désorganisation totale de la police expliquant l’inflation galopante !! Martelly en avait aussi profité pour tenter de créer une milice propre, grâce à un homme de mains nommé à la tête de son service de sécurité :  une fois devenu chef de l’USGPN, Dimitri Hérard, l’ancien  diplômé de l’École supérieure militaire Eloy Alfaro en Équateur, avait en effet pour ça ouvert une boutique d’achats et de vente d’armes, appelée Haïti Ordnance Factory SA, qui avait pignon sur rue, retrouvée par l’annonce de son ouverture dans une déclaration officielle parue dans la presse (ici à gauche) !! Son marché, clairement visé ; l’armée et la police du pays !! Le trafiquant de coke équipant la République en fusils d’assaut, on aura tout vu dans ce pays, décidément !! Il faudra attendre le 4 juin 2020 pour qu’on s’aperçoive au ministère que la création était illégale…  et qu’entre temps une deuxième sur le même modèle avait été créée : « Tradex Haïti SA » qui a les mêmes actionnaires qu’Hofsa », remarque ici le vigilant Le Nouvelliste, à savoir Carl Frédéric Martin, Jude Alix Pierre et… Dimitri Hérard. Tradex Haïti SA déclarant vouloir faire « toutes opérations commerciales se rapportant à l’acquisition, la distribution, la vente et la revente de produits, matériels, équipements et accessoires de sécurité de toutes sortes (incendie, physique, électronique, ect.). Elle pourra offrir des services de protection de biens et de personnes, de gardiennage et de transport de fonds, de formation et réponse et prévention de crime, ect. » Autrement dit, fournir des milices armées au plus offrant (à base de colombiens recrutés ?) !!! Deux entreprises juteuses… dont l’interdiction par le gouvernement de Jovenel Moïse a dû créer bien des rancœurs sinon une  haine tenace…  tiendrait-on là l’origine de l’assassinat d’hier ???

Détail supplémentaire important à retenir : le troisième larron de l’affaire s’appelle, on l’a vu, Dimitri Hérard (ici à droite). Or c’est aussi alors le responsable de l’Unité de sécurité générale du Palais national (USGPN), on l’a vu également, et il l’est resté, à la passation de pouvoir, Martelly ayant laissé tous ses hommes à des postes-clé : c’est celui qui était donc chargé de protéger le président Moïse le jour de sa mort !! Depuis hier, la commissaire du gouvernement de Port-au-Prince, Bed-Ford Claude, a quelques questions à lui poser à lui et à Jean Laguel Civil, le coordinateur de la sécurité du président Jovenel Moïse: « Ils sont les responsables de la sécurité du président. Avec le juge de paix, j’ai passé une journée dans la résidence du président. Je n’ai constaté aucun policier victime, sinon le président et son épouse. Si vous êtes responsables de la sécurité du président, où étiez-vous? Qu’avez-vous fait pour éviter ce sort au président ? … Il étaient tous deux restés visiblement aux abonnés absents le soir du meurtre !

Lorsqu’en 2019, le 24 décembre, la veille de Noël, on avait arrêté un armurier indélicat ayant vendu des armes à feu à des trafiquants, et qui détenait un sacré stock chez lui, y compris des tenues, des gilets pare-balles et des casques, on lui avait trouvé des liens haut placés : « plusieurs documents laissent penser que Frantz Aby Larco (ici à gauche) était un armurier et travaillait pour des institutions publiques. En effet, dans une note publiée le 8 juin 2012 par Pierre Léon St-Rémy Junior, coordonnateur de la sécurité présidentielle, il est souligné que Frantz Aby Larco est le réparateur d’arme de l’Unité de sécurité présidentielle (USP). Le 27 avril 2015, Godson Orélus, directeur général de la PNH, a autorisé Frantz Aby Larco en tant que réparateur des armes à feu. »… Le monde est bien petit parfois; revoilà en effet celui cité dans l’affaire des armes de contrebande de la douane de Saint-Marc !!! L’Etat haïtien se chargeait en réalité ouvertement du trafic illicite d’armes !

Les pieds nickelés de 2019 et les 80 millions envolés

On a oublié aussi ce qui s’est passé avec d’autres mercenaires, de vrais pieds-nickelés ceux-là dont je vous ai conté les aventures désastreuses survenues 16 février 2019. Il avaient déboulé en Hawker 800 (le N500XP, ici à gauche). Payés chacun 10 000 dollars d’emblée et 20 000 si tout s’était bien passé, ce qui n’a pas été le cas. Selon The Intercept, « L’équipe américaine comprenait deux anciens Navy SEALs, un ancien entrepreneur formé par Blackwater et deux mercenaires serbes qui vivaient aux États-Unis. Leur chef, un ancien pilote de Marine C-130 de 52 ans du nom de Kent Kroeker, avait indiqué à ses hommes que cette opération secrète avait été demandée et approuvée par Moïse lui-même. Les émissaires du président haïtien avaient indiqué à Kroeker que la mission consisterait à escorter l’assistant présidentiel, Fritz Jean-Louis, à la banque centrale haïtienne, où il transférerait par voie électronique 80 millions de dollars d’un fonds pétrolier gouvernemental vers un deuxième compte contrôlé uniquement par le président. Dans le processus, les Haïtiens ont dit aux Américains, qu’ils préserveraient la démocratie en Haïti. C’était une trop bonne affaire pour la bande de vétérans militaires semi-employés et d’entrepreneurs en sécurité pour la refuser. » Les marioles puissamment armés (ici à droite un des exemplaires, Chris Mark McKinley,) avaient accueillis à leur arrivée ceux qui leur avait avancé l’argent. Josué Leconte et son partenaire commercial, Gesner Champagne, ceux qui lorgnaient avec Moïse sur le fameux fonds Petrocaribe à 80 millions. En échange, « Moïse avait promis aux deux lascars qu’il donnerait un contrat de télécommunications à l’échelle nationale à Preble-Rish Haiti, la société d’ingénierie et de construction Leconte et Champagne dirigées ensemble, ont déclaré Jean-Louis et Leconte aux Américains » selon The Intercept. Voici deux clients supplémentaires, dans note quête de la responsabilité de la mort présidentielle, si Moïse n’avait pas tenu sa promesse de renvoyer l’ascenseur…. Josué Leconte étant un businessman de Brooklyn proche du président… chez les mafieux, dès qu’on parle d’argent, l’amitié n’existe plus , c’est bien connu ! Quant à savoir ce qu’a fait Moïse des 80 millions… c’est une autre affaire et il n’est plus là pour l’expliquer ! Derrière Petrocaribe, on le rappelle, c’est le Venezuela qu’il y a !! « Entre 2008 et 2018, Haïti s’est ainsi procuré du pétrole à un taux préférentiel tout en bénéficiant de facilités de paiements. En vertu de cet accord, Haïti revendait plus cher une partie du pétrole aux compagnies locales, les bénéfices devant ensuite servir à financer des projets sociaux et de développement. Pourtant, des responsables politiques et des hommes d’affaires haïtiens, en particulier pendant les mandats présidentiels de Michel Martelly et de Jovenel Moïse, ont détourné à leur profit la plus grande partie de ces bénéfices. La plupart des projets sociaux imaginés au départ sont demeurés inachevés »… indique Wikipedia. Au total ce sont 3,8 milliards de dollars qui ont disparu. Assez pour en arriver à assassiner un président, selon moi… (à gauche les armes des mercenaires US interceptés, dans lesquelles ne figure… aucun Galil !).

La thèse (de 572 pages) à lire absolument pour comprendre les enjeux à Haïti

Autre surprise de ce dossier : une thèse remarquable de Géographie (c’est ma formation universitaire, d’or on intérêt !). Celle de Pierre Dit Jorès Mérat, rédigée à Nantes pour sa thèse de doctorat, soutenue le 10 décembre 2018. Elle débute ici en extrait par une saisie retentissante le 1er juin 2016, dont je vous avait déjà fait part ici, justement. « Le navire Lisanne a été une prise énorme par le volume de cocaïne transporté. Dans le sud du pays sur le littoral des bateaux rapides en provenance de la Colombie ou du Venezuela viennent déposer d’énormes quantités de cocaïne. La démarche est simple et rodée : une fois larguée la cargaison est récupérée par des complices déjà sur place ou tout simplement ramassée par la population qui la revendra aux mêmes dealers ou leurs acolytes pour une bouchée de pain. Evidemment les revenus tirés sont sans commune mesure avec ceux tirés de la pêche, du cabotage ou des marais salants. Se faisant la population se fait complice du trafic ce qui a pour conséquence l’affaiblissement de la répression contre ce trafic illicite mais surtout l’enracinement de ce fléau dans les quartiers déjà malades de la misère. » En 2018, comme je l’ai aussi expliqué, l’affaire du cargo Manzanares où, sous le sucre importé de la Colombie par la famille Acra, se trouvaient cachés 100 millions de dollars de cocaïne et d’héroïne, avait fait resurgir les mêmes liens avec le pouvoir, des rivalités flagrantes entre des membres de la DEA américaine, de la brigade de lutte contre les stupéfiants (BLTS) haïtienne et au bout les cartels de la drogue colombiens.

« L’histoire de Flamand la 4e section communale d’Aquin (sud) est révélatrice de la complicité tacite qui s’installe entre la population locale et le trafic de drogue (le détail est raconté ici par la presse).. En effet, dans la nuit du 15 au 16 décembre 2007, une grande quantité de cocaïne, soit environ une tonne, a été déchargée dans la localité selon les déclarations du colonel Antoine Atouriste, directeur du Centre d’Information et de la Répression du Trafic des Stupéfiants. Une nouvelle piste d’atterrissage clandestine a été découverte sur le littoral flamantais. Ce qui porte à 30 le nombre de pistes clandestines déjà répertoriées à travers le pays. Le colonel insiste sur le fait que « que les trafiquants développent de nouvelles techniques pour faire entrer de plus grandes quantités de drogue dans le pays. Ils utilisent des avions de plus grande capacité et les font exploser quand ils ont fini de récupérer leur cargaison.. Ces avions sont munis de dispositif devant les faire exploser après la récupération de la cargaison et des membres de l’équipage. A Flamand, une flotte de véhicules tout-terrain, montés par des individus lourdement armés, les attendait aux fins de récupérer la sale marchandise et les membres d’équipage. Ils se sont ensuite dirigés vers Fonds-des-Blancs, suivant les informations recueillies. Ils ont soigneusement dissimulé certaines pièces de l’aéronef, rendant difficile la poursuite d’une enquête pouvant déterminer la provenance de l’appareil ». Là aussi je vous ai raconté les aventures le 12 février 2019, d’un petit avion privé immatriculé N18GC, un Piper Aztec qui s’était écrasé lui à Môle Saint-Nicolas dans le département du Nord-Ouest d’Haïti. « Les deux pilotes de l’avion étaient des Bahamas : Stephen Hanna Remington 46 ans et Taylor Michael 35 ans. A côté, un pickup Montero Mitsubishi de couleur noire, occupé par quatre hommes : Clerveaux Yvenson le chauffeur, un ex policier de la PNH, équipé sur lui d’un Glock 19 de calibre 9mm, Nelson Markenley 26 ans, un américain, et deux deux haïtiens : Henry Junior Petit 39 ans, et Lucien Junior 45 ans.  Surprise, deux jours plus tard est également arrêté le maire de la commune de Môle Saint-Nicolas, Christian Joseph, élu sous la bannière du Parti OPL (de Jovenel, ici les deux ensemble à un meeting !!!). »

Des trafiquants soutenus par la population !

Continuons donc la lecture de notre thèse de géographie : « le directeur révèle que des membres de la population étaient de mèche avec les narcotrafiquants, ce qui a rendu difficile le travail des enquêteurs : «Les riverains rencontrés ne voulaient pas coopérer avec nos agents informateurs, certains ont déclaré que tout le monde ici, dans cette localité, bénéficie des retombées positives de la drogue. » Il a précisé que les agents de la Brigade de Lutte contre le Trafic des Stupéfiants (BLTS), de la DEA et le Commissaire du Gouvernement d’Aquin qui participaient à cette opération ont dû frayer un passage à travers des barricades pour sortir de la localité. Il confie sans ambages et avec un air de découragement que « A notre sortie de la piste située à un demi-kilomètre de la route principale de cette section communale, des associés locaux des narcotrafiquants ont érigés des barricades à chaque carrefour ».Le problème est connu de tout le monde mais la pratique semble bénéficier à des intérêts tellement puissants qu’il risque de perdurer. Les signes extérieurs de ce trafic sont visibles à travers la présence de nombreux étrangers qui circulent dans les régions côtières du sud sans être en mesure d’expliquer avec cohérence les raisons de leur passage. Ils sont missionnaires, humanitaires, touristes, plaisanciers, aventuriers et navigateurs le jour. Mais la nuit, comme dit lr proverbe haitien « anfannkè la jounen baka aswè », tout ce beau monde laisse tomber les costumes affichés pour des tenues plus adaptées aux mangroves, à la mer et au sauve-qui-peut. La police et la justice locale arrivent tant bien que mal à donner l’impression qu’elles sont présentes. Car des étrangers sont incarcérés sous l’accusation de trafic de stupéfiants et association de malfaiteurs (PNH émission allo la police). Cependant, l’absence de moyens adéquats et surtout le poids du dopage ambiant les rendent inefficaces voire complices passives des forfaits ».

« Une affaire a retenu notre attention celle d’un groupe d’étrangers mis aux arrêts et incarcérés aux Cayes, le chef-lieu du département du sud. Elle est significative car elle témoigne de la faiblesse ou tout simplement la capitulation des autorités locales et des pouvoirs publics en général face aux trafics illicites. En effet, les jamaïcains Mark Reid, Fenton Johnson et Mark Pitt et les cubains Juan Rafael Hidalgo et Alexis Leyva Moreno ont été arrêtés et détenus parce qu’ils étaient soupçonnés d’avoir été impliqués dans des activités de trafic de drogue dans la zone de l’Ile- un -Vache, au large de la ville des Cayes. Les suspects ont nié toute implication dans le trafic de drogue et a affirmé que les autorités haïtiennes se sont trompées à leur sujet, en pensant qu’ils étaient membres des réseaux de trafiquants de drogue Colombiens ».  Ci-dessous un poste de douane brûlé par la population à Anse-à-Pitres, en soutien aux narcos :

« Ce n’est pas la première fois que les narcotrafiquants utilisent le littoral aquinois pour faire entrer de la drogue dans le pays. Deux pistes clandestines ont été détruites en février 2006 à Lozandier et Kamide par les forces spécialisées de la PNH. Et quelques mois plus tard deux cargaisons de cocaïne ont été introduites dans la zone en provenance de l’Amérique du sud (une à Anse-à-Pitre et une autre à Flamand). » (…)  « Ils nous ont arrêtés parce qu’ils pensaient que nous étions Colombiens, étant donné que nous parlons l’Espagnol, mais nous n’étions en possession d’aucune drogue ». « Les arguments de défense sont exposés, les Jamaïcains détenus, Mark Reid et Fenton Johnson, ont dit qu’ils étaient payés uniquement pour assurer le transport des Cubains qui voulaient se rendre en Haïti, tandis que le troisième Jamaïcain, Mark Pitt, qui parle couramment le haïtien, a affirmé qu’il vit dans le pays depuis de longues années. (…) « L’affaire a été facile ou rendue facile pour l’avocat de la défense car les dossiers dans la majorité des cas sont volontairement déficients ce qui facilite la relaxe . La pratique est simple et bien rodée, l’autorité policière procède à des arrestations avec fracas, souvent sous le feu des caméras et des micros de la presse, mais par devant les tribunaux le dossier se révèle souvent vide et vicié. Les accusés rejoignent leur patelin en attendant un nouveau transbordement ou une nouvelle expédition à vingt ou trente kilomètres du lieu initialement incriminé. » En 2008 la presse avait ainsi expliqué le problème de la pression des trafiquants : « le 15 février 2005, un petit avion non identifié qui sillonnait le ciel de Grosse Caye, l’un des îlets d’Aquin, a été incendié après avoir livré sa « marchandise ». Alertées, les autorités locales n’ont pu s’y rendre tout de suite, l’îlet étant relativement éloigné de la côte. Ce n’est que quatre jours plus tard qu’un particulier a mis son petit bateau à moteur à la disposition de la Justice. Arrivées sur l’îlet, les autorités n’ont trouvé que la carcasse de l’aéronef et l’ont fait transporter au commissariat d’Aquin. Le soir même de leur retour, la petite embarcation a été réduite en cendres. Depuis, aucun particulier n’ose plus aider l’appareil judiciaire ».  Pour la seconde piste c’était ça : Le 2 mars 2006, la police et la Justice d’Aquin ont découvert, non sans peine, une piste clandestine d’atterrissage à Lozandier, une localité de Kamide distante de 3 km de la route principale. La piste en béton armé est coriace et difficilement destructible, faute de moyens. Cependant, les autorités en ont pris le contrôle et l’ont à l’oeil. La MINUSTAH a promis de dynamiter la piste, mais rien n’a encore été fait »… 

Martelly, le président narco-trafiquant 

Mais écoutons encore les aveux de Super Mario et maintenant sa très grave accusation  : « j’étais commissaire de Pétionville. Auparavant, il (Martelly) travaillait pour des Colombiens, il transportait de la drogue. Donc, il s’est constitué un réseau dont Sonson La Familia et les autres qui s’agglutinaient autour de lui. Il y avait Fourcand qui est aujourd’hui sénateur du Sud. J’ai détruit au moins cinq kilomètres de pistes dans la zone de Côtes-de-Fer la ville de Martelly (il l’a même chantée  !) . » Des pistes où venaient se poser directement des avions colombiens !!! Des pistes mais aussi un port.  Toute une infrastructure au nom du président narco-trafiquant : « je savais qu’il travaillait pour des Colombiens et ces hommes avaient une marina à Lully. Une fois qu’il est arrivé au pouvoir, il a investi il s’est approprié la marina. Parce que, en général, c’est à la marina qu’ils allaient se cacher, ils l’utilisaient comme une position de transit en face de la Côte des Arcadins. Les petits bateaux disparaissaient dans ces zones-là. De la même façon à Losandieu à Côtes-de-Fer, dans la Grosse Caye (ici à droite) ». Ci-dessous sur l’Ile à Vache, la piste de 1500 mètres de long, visible de l’espace….(juste en face des Cayes !). A gauche ici les travaux menés en 2014 et le résultat aujourd’hui. Une piste très agrandie sous Martelly et Laurent Lamothe , au prétexte de projets touristiques laissés depuis en plan :

Le jardinier cocaïne man du président

Président narco  ? Jovenel n’étant pas en reste, il employait lui-même dans son palais comme jardinier-chauffeur à ses heures, un gars en cavale depuis plus d’une décennie, le dénommé Joseph Lissner Mathieu, arrêté par une brigade spéciale de la police nationale d’Haïti (BLTS) le vendredi 5 mars 2021, à Port-de-Paix, et transféré aussitôt pour être extradé par la DEA américaine qui cherchait après lui depuis 13 ans. Il avait été aperçu participant à côté du futur président à la campagne électorale présidentielle de 2016. Mathieu, alias « Ti-Nwa », lors de son arrestation détenait en effet une carte d’identification lui donnant accès au Palais National (ici à droite), et il était accusé d’ « avoir enfreint les conditions de sa probation de 10 ans lorsqu’il s’est enfui en Haïti en 2008« . Son compère extradé lui aussi, Benjamin surnommé Ti Peter Vilaj étant accusé de tentatives d’enlèvement et d’enlèvement de plusieurs personnes incluant des ressortissants américains !!! « Surprenant, les services de renseignement d’A.N.I. n’ont rien su du passé de celui-ci qui a plaidé coupable en 2006 d’avoir conspiré pour importer de la cocaïne aux États-Unis » note étonné encore, RezoNod News ! Selon le même informateur, des avions se posaient régulièrement dans la propriété agricole Agritrans, projet (capoté depuis) pour lequel Jovenel avait obtenu « un crédit de « 14 millions de dollars  pour monter ce « faux projet de bananes«.  J’ai aussi évoqué le problème ici en montrant l’extension de la piste dans la propriété présidentielle. Un homme avait investi d’importantes sommes d’argent dans l’entreprise de bananes de Jovenel Moïse : c’était… Evinx Daniel !! Mais lui non plus n’est plus là pour nous l’expliquer !

L’assassinat présidentiel n’a donc rien d’une surprise : Jovenel Moïse avait empoché 80 millions de dollars pour lui tout seul et avait oublié de remercier en retour ceux qui l’avaient aidé à les voler.  Il s’était mis aussi à dos les trafiquants d’armes tout simplement, ceux dont le patron n’est autre que son prédécesseur, qui est aussi trafiquant de coke !!! Le trafic de cocaïne et d’armes ont toujours été de pair, on le sait, comme aussi comment se règlent les conflits entre mafieux, dont un avait déjà fait appel pour lui-même à des milices colombiennes, la même apparue dans l’assaut, comme l’a avoué un de ses ex-ministres repenti. Tout pointe vers lui, aujourd’hui, dans la ligne de mire des fusils Galil, pourrait-on même dire (à voir ce qui a été saisi sur les assaillants, cf la photo ci-dessous).

Les américains dont certains sous l’administration Trump avaient apporté leur aide pour piller encore un peu plus le pays souvenez-vous, sont aujourd’hui dans l’expectative, face à un chaos annoncé, après avoir (trop) longtemps soutenu un régime corrompu. Il n’avaient pas bronché quand le juge Jean Serge Joseph, un citoyen canadien qui enquêtait sur la fortune accumulée par Sophia et Olivier Martelly avait été sans doute assassiné, certainement empoisonné (et déclaré décédé de « mort naturelle « !). Chez le voisin dominicain, on a décidé hier de plier bagage prudemment (ici à droite) en rapatriant très vite dans un  CASA C-212, tous les personnels consulaires, le président Luis Abinader ayant ordonné en prime la suspension des vols avec Haïti. Les haïtiens se retrouvant encore plus isolés dans leur malheur et la pauvreté !

PS; évidemment, les services de Poutine fondent sur l’aubaine pour en accuser les seuls américains. Dans Sputnik bien sûr. En évoquant au passage des « liasses de dollars » comme « preuve » de l’implication selon eux. La version soi-disant émanant d’un des deux américains étant celle de personnes limitées au rôle de  » traducteurs. La mission était d’arrêter le Président Jovenel Moïse dans le cadre de l’exécution d’un mandat d’un juge d’instruction, et non de le tuer»…  ce qu’ils ont dit au juge, une théorie abracadabrantesque, comme on sait en pondre dès qu’il s’agît d’ancrer un bout d’actualité à une détestation américaine. Leur source pour l’Amérique du Sud étant le chaviste Romain Migus, dont on peut sérieusement mettre en doute l’impartialité… Il vient lui de twitter que « 26 des 28 impliqués dans l’assassinat du narco-dictateur haïtien Jovenel Moises sont COLOMBIENS. L’opération gedeon où des mercenaires ont débarqué au Venezuela pour tuer Maduro est partie de Colombie. Le directeur de la CIA était en Colombie il y a peu pour une « mission délicate »... ou l’art chez lui d’empiler les dominos (ou d’enfiler les perles) !  Il faudra qu’il se documente sur Martelly et ses hommes de mains… colombiens, je pense, et sur ce que faisaient les neveux de Maduro en Haïti, le jour de leur arrestation…   Ou qu’il reconnaisse que son idole, Nicolas Maduro, trafique bien davantage que le président haïtien assassiné !!! Pour l’instant, c’est loin d’être gagné !

 

 

Nota : les aérodromes à Haïti sont de vrais poèmes. Et le danger y règne aussi, à tous les niveaux. Ainsi celui de Port de Paix (Pòd Pé Haïti) qui est situé au cœur de la ville (c’est sur sur la côte Nord, cf ci-dessus), une piste de terre sur laquelle circulent de façon incessante des motocyclettes qui pensent avoir la priorité (voir ici). Ça donne des situations épiques comme on peut le voir avec le Britten-Norman BN-2A-6 Islander de Star Air Services  T7-IGF (ici à gauche, il a 46 ans !). Les vols vers l’intérieur ne sont pas non plus de tout repos : six jours avant l’attentat contre le président, des humanitaires US évangéliques dont deux membres de Gospel to Haiti ont eu un accident avec le crash de leur avion, le Piper PA-32-260 N8694N de 1971, qui venait juste de changer de mains le 4 avril 2021 précédent. La femme de l’un des deux (Trent Hostelter) avait dû monter avec ses trois enfants dans l’avion suivant car il n’y avait plus de place à bord. Ses pilotes décédés étaient deux jeunes dominicains, Amín Pérez et Ronny Cedeño, quatre autres personnes à bord sont mortes avec eux. Les évangélistes avaient décidé de faire le trajet Port-au-Prince-Jacmel par air par peur des bandes armées sur la route !! En Haïti on peut mourir en voulant échapper à la mort ! Quel pays !

Lecture indispensable : l’article qui suit met en avant l’opposition montante du chef du gang G9, l’ex-policier de l’unité spécialisée UDMO, si décriée, Jimmy Chérizier, alias « Barbecue », qui a appelé il y a peu de temps «  à une révolution contre l’opposition et le Parti Tèt Kale du Président Moïse » selon Insight Crime. Il est très présent sur YouTube, Facebook et sur Twitter… qui semblent toujours ignorer qui il est et quels sont ses crimes !!!

Who Was Behind the Killing of Haiti’s President?

sur le G9:

G9 and Family

Un excellent résumé de l’ère Martely ici .

 

Le journal citoyen est une tribune. Les opinions qu’on y retrouve sont propres à leurs auteurs.

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