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Coke en stock (XII) : et quand y’en a plus…

Arrivés ce stade, on se rend compte de l’ampleur du système. Et encore, ce n’est qu’un petit bout d’un gigantesque iceberg comme nous allons le découvrir dans les jours à venir encore. La côte Ouest de l’Afrique voit arriver encore en 2010 des avions chargés de drogue toutes les semaines ou presque. A l’autre bout, d’autres pays servent de nouveaux terrains d’atterrissage intermédiaires pour arroser le Mexique, en proie à une violence inouïe, qui va jusqu’à l’assassinat de ministre en exercice déguisé en... accident d’avion. Tuant Juan Camilo Mouriño, le ministre de l’intérieur (le 5 novembre 2208) ! Celui qui s’attaquait aux cartels ! Bref, c’est bien ce que je vous dis depuis plusieurs épisodes : on en est à nouveau au stade des grandes heures de Pablo Escobar, qui n’avait pas non plus hésité à faire sauter des avions en vol. Tous les jours, les scandales apparaissent, dont certains parfois grotesques. Sans que l’opinion mondiale ne s’en émeuve, habituée désormais à l’usage de la cocaïne comme drogue domestique, grâce à un relais de médias ventant partout son usage parmi les gens des plus hautes sphères médiatiques. Le système s’entretien tout seul. Pas une seule fête « réussie », à Paris comme à Bruxelles, Londres ou Milan sans cocaïne ! Et ce n’est pas le présentateur de télévision Delarue, débarqué de l’antenne pour usage de coke qui me démentira… à 10 000 euros mensuels de consommation, on finit par comprendre la noria d’avions que je vous décris depuis douze épisodes maintenant…

 Des bimoteurs, en 2008, il y en a eu donc une palanquée d’arrivés en Afrique de l’Ouest. Mais il y en a eu d’autres aussi, qui n’ont pas tenté la traversée. Et sont restés au Venezuela. Enfin, « restés », ce n’est pas exactement le mot en fait : l’un d’entre eux s’est écrasé (comme beaucoup d’autres). En mai 2008, par exemple, ou un superbe Piper PA-31T2-620 Cheyenne IIXL. L’avion est réputé comme tenant la route et fiable : l’Aéronautique Navale Française en a utilisé de 1973 à 1985 à Fréjus notamment dans sa version 350. Le bimoteur s’est posé en catastrophe sur l’aéroport International José Tadeo Monagas à Maturin, au Venezuela. Une habitude, dans cette enquête que ses atterrissages express, dites-moi ! Sur un petit aéroport situé juste en face des îles Trinidad et Tobago. En 2006 aussi un crash avait eu lieu au Venezuela impliquant un Cessna C-310 numéroté YV-1207P.

A peine l’avion posé, les deux pilotes à bord ont fui vers la sortie, laissant l’appareil au milieu de la piste. Poussé à part dur trafic aérien, l’appareil est examiné par la police vénézuélienne. Qui n’est pas déçue. Il recèle 28 valises remplies de pains de coke et 14 bidons d’essence vides… il y en a pour plus de 700 kilos de cocaïne. L’avion avec ses bidons de carburant vient donc de loin. Mais a mal calculé son essence ! Il est à sec ! Voilà qui n’est pas sans nous rappeler toutes les opérations africaines décrites auparavant ! Une fois déballés, les pains de coke sortis remplissent quatre bonnes tables. D’où viennent donc ces pains ? Et depuis quand la drogue avance-t-elle dans ce sens, à savoir qu’elle vient de l’extérieur du Venezuela, habituellement point de départ de l’exportation colombienne ? D’une, ville, d’un port ? Mais situé où ? Avec l’autonomie de l’appareil et l’essence supplémentaire consommée il y a de quoi faire plus de 3500 km ! Qu’a-t-on cherché à faire ce jour là ? Impliquer le gouvernement de Chavez dans un trafic de drogue ? En venant d’où ? De Colombie, située juste à côté ? Impossible !

L’avion arbore une immatriculation peinte en doré : N395CA. Il n’est pas tout jeune et date de 1984. Il appartient depuis 2003 à Cheyenne Air LLC, une société d’Ellensburg, dans l’état de Washington qui détient aussi un Piper PA-42 n°N727PC de 1981 acheté à la même époque. Près du site, l’aéroport de Bowers Field. C’est près de Seattle, et c’est à la frontière du Canada sur la côte Ouest américaine ! L’avion est-il venu de là avec ses bidons d’essence à l’intérieur ??? Avec de la drogue débarquée de bateau ? Mais quel intérêt en ce cas de retourner à deux pas de son lieu de production ? Un coup de fil au supposé propriétaire et le doute… s’installe : l’avion portant sa livrée verte et son numéro N395CA est toujours sur le parking. Le N395CA qui s’est posé au Venezuela est une fausse immatriculation : un de plus encore. Des comme ça il y en a deux en l’air !!! Mais on ne sait pas quel est son numéro véritable pour autant !

A bord de l’avion des documents attestent que l’avion a été enregistré en réalité au nom d’Aircraft Guaranty, une société créée en 1997 à Houston par le“Doctor” Connie Woods, un ancien Lieutenant Colonel de l’armée. Or Aircraft Guaranty, qui délivre les fameux « N », de la FAA, pour les propriétaires étrangers, a été cité un nombre incalculable de fois comme étant l’affrêteur de vols de « renditions flights » gouvernementaux. Notamment pour l’avion d’Hilliard, le fameux LearJet N35NK vu partout, dans le monde entier ! Bref, en résumé, c’est le seul organisme agréé pour délivrer des autorisations de vol américaines à des avions étrangers qui aurait créé ce faux numéro ? Ou qui n’aurait pas vérifié sa base de données d’appareils existants ? Il paraît qu’elle en a enregistré 600… on comprend beaucoup mieux l’imbroglio des faux numéros des avions de Guantanamo déjà longuement décrit ! L’organisme qui gère le registre glisse dedans ce qu’elle veut ! Des faux ou des doublons ! Idéal pour brouiller les pistes !

Connie Woods plaide depuis toujours pour l’existence de société offshores, installées dans les îles Caïman, notamment. Avec son idée de « l’Aviation Ownership Trust », selon lui, et le gouvernement US qui soutient la démarche, il n’est plus nécessaire de relier directement celui qui signe le document demandant la registration en « N » au véritable propriétaire ! C’est un boulevard ouvert aux pires magouilles ! Tout le montage complexe des « renditions flights » repose sur ces incroyables arrangements avec la loi ! Connie Woods est donc bien un des piliers du système de la CIA ! Et pour ajouter encore à l’imbroglio : c’est aussi chez Aircraft Guaranty qu’est toujours enregistré le deuxième DC-9 immatriculé N120NE, le frère jumeau du DC-9 N900SA de Skyway retrouvé bourré de 5,5 tonnes de drogue à Mexico , et qui devait servir à tester un système qui était une escroquerie industrielle (un système de transmission qui n’est jamais sorti !) ! Ce fameux Navajo saisi au Vénézuela est décidément un indien d’une drôle de tribu !

Ce n’est pas le seul. Ces derniers temps, justement, c’est le deuxième petit avion qui a des ennuis au dessus du Venezuela. Un autre Piper, modèle PA-31-310 cette fois, s’est écrasé… dans un faubourg de Caracas le 28 avril qui précédait. Un Piper immatriculé N6463L. Photographié ici en 2007 dans les Antilles Néerlandaises. L’avion ne s’est pas vraiment raté, d’après le compte rendu photo de son accident. Il s’est littéralement encastré sur le toit-terrasse d’une maison de la banlieue de la capitale, et a entièrement brûlé. Il ne reste que la queue d’inctacte pour l’identifier. A bord, trois personnes : le pilote Mario José Donadi Gafaro, et ses deux passagers : Alfredo José Anzola Jaumotte, et Eduardo Adan Ramirez Mendez. Le premier passager décédé est important : c’est le responsable de la société Smartmatic, qui était parti prenante des machines à voter Sequoia utilisées aux USA (ce qui a permis à Chavez de parler de vol d’élection en Floride, dès 2000 (1) !). L’avion était en route pour l’île de Curaçao. Au total, l’accident a fait 7 morts : les trois membres de l’avion et 4 habitants, dont deux petites filles de 7 et 8 ans.

 Ce qu’on remarqué les attentifs comme Daniel Hopsicker, dans le crash, c’est un détail supplémentaire qui avait échappé à beaucoup, et qui avait été récemment ajouté à l’appareil  : sur la queue, quatre cartes à jouer de dessinées, fort récemment. Quatre as. Or, en Floride, le 19 novembre 2006, une société d’aviation avait été créée s’intitulant « Four Aces Aviation LLC » , dont le siège était à Coral Gables, en Floride…. tiens, c’est la troisième fois que ce nom apparaît ici, dont deux fois déjà propos de la CIA !!! La firme créée est au nom d’un dénommé Roland-Sanchez Medina. Le président de la « Cuban American Bar Association« … créé en 1974, autrement dit les bons vieux anticastristes de Floride… présentés comme les gens les plus ouverts du monde, bien entendu. On vous a dit déjà que Coral Gables regroupe tout ce qu’il y a d’anticastristes et d’agents de la CIA en Floride. L’avion crashé a-t-il un rapport avec ?

Un autre point important est à noter : le pilote, Mario Donadi Gafaro n’aurait pas dû être à bord. Il était logiquement encore en train de purger une peine de prison de huit ans pour trafic de drogue dans une prison vénézuélienne ! Qui l’a sorti de son trou ? Chavez ? Avant d’être emprisonné là-bas, il en avait pris pour 3 ans aux Etats-Unis pour le même motif ! C’est un abonné aux vols de transport de drogues ! Et c’est lui le pilote !

 L’avion nous ramène en fait à une autre histoire tortueuse. Celle du « scandale de la valise » de 2007, surnommé « maletinaz » (chez les vénézuéliens) ou »valijagate » (chez les argentins). Chavez en août 2007 souhaitait rendre visite à sa collègue argentine, qu’il désirait aider à renflouer la dette abyssale du pays. Le 4 août, un avion le précède avec bord Guido Alejandro Antonini Wilson, un entrepreneur à a double nationalité américano-vénézuélienne. Or en descendant de l’appareil, l’homme « oublie » une valise à l’aéroport. Dedans, il y a 800 000 dollars en coupure de 50 dollars. Or dans le pays, les lois (de Chavez) interdisent de sortir plus de 10 000 dollars. Antonini s’éclipse discrètement du pays. Il clamera toujours n’avoir jamais eu ce genre de valise. Et l’avion est discrètement rangé au hangar réservé à la présidence argentine. On l’y photographiera encore le 21 septembre 2009. Lorsque Wilson et ses collègues des ministères vénézuéliens avait passé la douane, celle qui avait manipulé le scanner de détection et demandé à ouvrir la valise est un officier, une femme, une fonctionnaire nommée Maria del Lujan Telpuk. Proclamée aussitôt héroïne aux Etats-Unis, ravis de plomber aussi médiatiquement Chavez ! Plutôt bien fichue, la voilà devenue star locale… qui pose aussitôt pour Playboy ! On ne se refait pas, pour avoir une notoriété (et de l’argent) aux USA ! Drôle de façon de s’étaler dans les cockpits, mais bon…

 Selon la presse américaine (de Floride, qui se déchaîne !) l’argent était bien un « cadeau » d’Hugo Chavez, qui était destiné personnellement à la présidente Cristina Fernandez de Kirchner, qui n’a jamais caché son goût pour le luxe à vrai dire. Elle est alors en pleine campagne électorale. Elle n’est pas la seule dans la pays : on vient juste de découvrir 64 000 dollars de cachés dans la salle de bains d’une de ses ministres ! Le 13 décembre, le FBI s’en mêle, en accusant trois vénézuéliens, notamment Carlos Kauffman et Franklin Duran qui n’en sont pas à leur premier transport de valise à billets, selon eux, au nom de Chavez, et un uruguayen, d’avoir tenté de masquer toute l’affaire : il viennent d’être filmés par le FBI en compagnie d’Antonini Wilson réfugié aux Etats-Unis. L’un d’entre eux, Moises Maionica, charge Kichner et Chavez. Un cinquième larron, apparaît dans l’histoire, un agent des services secrets vénézuéliens, (la DISIP), c’est Antonio José Canchica Gomez, qui a demandé 2 millions de dollars à Wilson pour son silence. Difficile pour lui de le nier, les vidéos le prouvent. Les deux millions auraient été promis par… Kichner. Le 5 octobre 2008, la fonctionnaire argentine, munie de nouveaux implants mammaires (dus à sa nouvelle image à entretenir !) fait une entrée remarquée au tribunal de Floride qui se charge de l’affaire. Pour certains, elle était évidemment appointée au FBI. Lors de son audition, elle confirme que le FBI, en effet, a fait pression sur elle pour attribuer la valise à Antonini Wilson, alors que ce n’est pas lui qui l’a présentée véritablement. Une »preuve » qui s’effondre. L’affaire aurait-t-elle été montée de toutes pièces ?

En tout cas, présentée aux Etats-Unis comme le scandale pouvant faire tomber Chavez, c’est une tempête dans un verre d’eau, et elle se noiera dans les mois qui suivent dans un tourbillon diplomatique, les vénézuéliens et l’uruguayen étant condamnés aux Etats-Unis et Wilson… laissé libre. Priorité à la double nationalité sans doute ! La policière playmate continuant à poser sans s’apercevoir que ses frasques de modèle raté ont enlevé une bonne part de crédits à l’affaire. Pour certains, elle aurait au départ songé à négocier un simple bakchich mais se serait ravisée avec l’offre du FBI, utilisant tout de suite sa notoriété pour gagner plus d’argent grâce aux magazines : elle n’a pas eu tort ! Mais quelques un ont aussi remarqué une chose : l’avion qui a amené tout le monde (avec la valise) en Argentine est un jet Cessna Citation X immatriculé… N5113S. Encore un numéro en « N » décrété par Aircraft Guaranty. Un appareil ayant appartenu un jour à General Motors. Or il appartient à ce moment-là à une firme de Floride, nommé Air Scan, qui est aussi et surtout… un contractant de l’armée américaine. Et pas n’importe lequel. Air Scan a été fondé par deux anciens des forces spéciales, Walter Holloway and John W. Mansur, qui ont beaucoup agi durant la Guerre Secrète menée au Laos, dans les coups les plus tordus. En soutient de la 101 eme Airborne, notamment. » Les aigles hurleurs », présents aujourd’hui en Irak. La firme a engrangé 165 millions de dollars de contrats pour de la surveillance radar et infra-rouge, notamment en Colombie. Or, en 1998, un village sera bombardé à la bombe cluster, par un avion d’Air Scan, tuant 18 personnes.

Une firme spécalisée dans le cover-up qui délivre un avion dont descend une valise douteuse. On peut en penser ce qu’on veut, et Chavez ne jamais avoir caché son goût pour la réélection de Kichner qui devait lui rapporter des contrats pétroliers, l’affaire semble fort douteuse, dans son organisation de départ et ses incroyables protagonistes. Elle s’effondrera progressivement, les médias s’apercevant que tout le monde a tenté des les mener par le bout du nez : les partisans de Bush comme ceux de Chavez ! C’est au départ une affaire foireuse, restée tout au long une affaire foireuse où les conclusions sont impossibles à tirer.

(1) nota : depuis, la société à fait la une des journaux d’une autre manière après l’élection de Joe Biden…

 

Article réédité:

date de parution initiale:  le 5 mars 2011.

 

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