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Coke en Stock (CCXLIII) : le chaînon manquant du trafic ou un autre Viktor Bout (d) ?

Dans les épisodes précédents, nous avons vu apparaître un drôle de lascar : un prêtre, d’une congrégation nébuleuse lui ayant servi de paravent, après des activités plus que douteuses au temps des dictatures en Amérique du Sud (en Bolivie et en Argentine notamment).  Nous l’avons retrouvé en train de visiter une région qui va prendre toute son importance dans ce qui va suivre :  l’île Margarita, lieu de perdition s’adonnant ouvertement à la coke et à la prostitution sous le yeux d’un gouvernement brésilien bien conciliant avec les escrocs et les dealers sur place.  De ce lieu, nous allons nous rendre de l’autre côté de l’Atlantique, en Espagne, sur la côte sud, là où sont venus s’amarrer les voiliers remplis de cocaïne venus… de l’île Margarita.  Le lieu, Marbella, nous réserve bien des surprises… c’est là que nous allons en effet rencontrer un marchand d’armes, qui croupit aujourd’hui au fond d’une geôle américaine, piégé dans les mêmes conditions que celles qui avaient permis d’inculper Viktor Bout… (1)

Un curieux épisode vénézuélien : du trafic de drogue à l’horizon ?

Notre « Ordre » ridicule avait aussi voyagé à l’étranger, et pas n’importe où puisqu’il s’était rendu au Venezuela, ou plus exactement sur une île bien « spéciale », celle de Margarita, plus connue comme lieu de débauche que de confession… Le 18 mai 2009 déjà, une sérieuse alerte avait pourtant été émise par le magazine Inrterviu, un magazine espagnol (2) plus à même de mettre en couverture des filles dénudées à l’habitude.  Son récit était très étonnant, et montrait une autre liaison inattendue qui nécessairement aurait dû intéresser la CIA :  selon le magazine, Hugies Royal Finance, l’un des apporteurs d’argent de l’Ordre Bonaria était une « une société financière appartenant à la Maison Royale et Impériale d’Orient, telle que reconnue par l’Ordre Bonaria lui-même en référence à la dynastie créée par Mosquera – le ministère de l’Economie affirme qu’elle « offrait des garanties cybernétiques et des garanties de cautionnement en Espagne « (?), alors qu’elle n’était pas autorisée à le faire.  Hugies – avec la même adresse que Swiss Financial – elle a également Alarcón comme directeur de production, bien que le président et le directeur général soient respectivement les citoyens vénézuéliens José Raimundo Solares Rodríguez et José Francisco Reinoza Tellechea ».  Des vénézuéliens étaient dans le coup, et pas des moindres en effet :  « Comme s’il était roi, Mosquera est arrivé dans l’état de Nueva Esparta (où il y a entre autres lieux paradisiaques, la Isla Margarita) avec tout son entourage pour vendre les projets de l’Ordre Bonaria « dans 140 pays ». »  A Caracas et à Isla Margarita, ils étaient tous dans des hôtels fabuleux, ils ont été escortés et le prince a même reçu une décoration », explique l’un des membres de son service de sécurité qui l’accompagnait ».  Bien entendu, tout cela est rédigé par un sympathisant, personne n’a vu d’escorte ce jour-là.  A gauche Francisco Javier García Gómez, sur la Isla Margarita, avec le sous-commissaire du protocole et des escortes du gouverneur de Nueva Esparta, « collaborateur  pendant dix ans de l’ordre Bonaria » insiste-t-il « . Il est aujourd’hui à Meco, chez Pirimotor, un atelier de mécanique « qui sert de couverture nuageuse à d’autres entreprises » commente celui qui le précise.  L’île Margarita et sa réputation sulfureuse, qui ne semblait pas usurpée !  Celle aussi du relais de la drogue vers l’Europe !  Et qui avait-on vu aussi sur place, dans ce lieu de perdition infesté de coke et de prostituées …  Notre bon curé, bien sûr…. (3)

L’île de la perdition… et de la coke

La photo est parlante en effet, ici à droite. (à droite c’est en effet l’ineffable Mingolla, lui aussi au Venezuela en compagnie de chavistes patentés :  on remarque aisément le tableau derrière lui : que venait-il donc y faire ?).  Or, coïncidence, un mois plus tard, le 11 juin 2007, au même endroit, quel hasard, on découvrait 2,350 tonnes de cocaïne.  Neuf suspects avaient été arrêtés, dont quatre officiers du corps des enquêtes de la police.  Les trafiquants de drogue voulaient envoyer la drogue en Sierra Leone, sur la côte ouest de l’Afrique avait-on appris … et ce, par avion : « le général Marcos Rojas Figueroa, commandant de la Garde nationale, a déclaré que la cargaison de drogue avait été interceptée par des agents du renseignement militaire alors que les trafiquants s’apprêtaient à l’emmener dans un avion privé à l’aéroport international de l’île de Margarita, une destination touristique située sur la côte caraïbe du Venezuela.  Quatre officiers de police qui ont aidé à transporter la drogue sur la piste de l’aéroport ont été accompagnés par quatre étrangers, dont l’un américain, a déclaré Rojas Figueroa à l’agence de presse bolivarienne. La drogue était distribuée dans 2 050 emballages transportés dans 74 sacs. Les paquets contenaient les marques de sept cartels de drogue différents. L’avion privé est arrivé à Margarita, qui était piloté par deux citoyens américains et a changé l’équipage à l’aéroport, de sorte que la livraison a été effectuée par Robert Charles, un américain, Carlos Gaona, un mexicain, Masudi Tarbwe (7), originaire du Congo, et José Acosta, mexicain, tous détenus.  Rojas Figueroa a déclaré que le responsable de la sécurité du terminal, Pablo Díaz, avait également été arrêté parce que l’avion avait été présenté à l’aéroport sans aucune révision ni plan de vol ni indication de la tour de contrôle ».  Un avion qui va bien entendu nous intéresser.  Comme son aéroport d’ailleurs !

Drôle d’aéroport aussi 

Du même aéroport, en juillet 2017, le Gulfstream YV2896 s’était envolé pour s’écraser 40 miles plus loin en pleine mer.  C’était un drôle d’avion, lui aussi, comme j’ai pu vous le dire le 21  décembre 2017 déjà : « une recherche rapide sur le vendeur nous donne vite les noms des personnes derrière l’entreprise.  Elles ne se sont même pas cachées.  On ne peut pas les rater : « Inter State Supply Overseas, Corp, has two directors. They are: De Pinho Hernandez Antonio Jose, De Pinho Johnston Lourdes. » peut-on lire partout !  Or ces deux-là, vous les connaissez bien et moi aussi !  Je vous l’avais précisé et écrit déjà ici le 16 septembre dernier, mais a propos d’un autre appareil :  « L’avion avait été affrété par l’entreprise « Caso Solid Show », dont les gestionnaires, Antonio José De Pinho Hernández, José G. De Pinho Hernández, Lourdes Johnston et Ramón Arcay possèdent aussi les entreprises Interstate Supply Corp, GMS Global Management, Real Broker Int, Medisec LLC et Pinhos Group Corp.  Au Venezuela, Interstate  Supply CA était représenté par Victor A Cairos et De Pinho Hernández.  Inter State Supply avait acheté l’avion à ADP Aviation, inscrit au Delaware sous l’immatriculation N62DK, devenu au Venezuela YV544T. C’est Aeroquest qui gérait en fait l’appareil et fournissait les pilotes. »  En somme, le même schéma que l’achat et la revente du Gulfstream YV-2896 !!!  Depuis, bien sûr, la société a fermé ses portes, le 25 octobre 2015 (mais depuis s’est rééouverte et à la même adresse, « Real Broker International LLC !).  Oui, ce sont exactement les mêmes qui ont été pris la main dans le sac en République Dominicaine avec 450 kilos de coke à bord de leur Learjet YV544T, acheté lui aussi à ADP Aviation, les mêmes  qui ont réussi à fourguer près de 3 millions de dollars un avion aux militaires vénézuéliens !!! ».

Mosquera finalement démasqué 

Retour à nos chevaliers sans peur et sans comptes en banque, arrivés on le rappelle eux aussi sur l’île de l’enfer pour religieux. « Sur l’île Margarita, Mosquera a présenté un projet de traitement des déchets à ciel ouvert au gouverneur de Nueva Esparta, Morel Rodríguez. « Il est vrai que le prince était ici et il est vrai que le système de gestion des déchets est en train de s’effondrer, mais nous n’avons jamais rien signé avec eux », ont déclaré des sources officielles au gouvernement. La société de l’Ordre Bonaria qui serait en charge de l’usine de traitement des déchets serait la Vénézuélienne Higienización Ambiental Hugies, contrôlée par Solares et Reinoza. Malgré tout, Morel Rodriguez a parcouru l’île et a même décoré Mosquera d’un ordre civilo-militaire ». Bien sûr, rien ne sera entrepris.  Mais le même texte anodin raconte aussi comment Mosquera serait devenu religieux :  « Mosquera a toujours expliqué que Saúl Palma Souto, un ancien brésilien connu sous le nom de Saul III, qui prétend être un pro-patriarche de cette église, l’a investi il ​​y a des années en tant que theokrátor et prince de Tadmur.  Sandra Carbonell, une nièce de Saul III,
explique au cours d’une conversation téléphonique que son oncle a envoyé à Mosquera un document ecclésiastique après que Mosquera eut suivi un cours de trois ans – par la poste et par téléphone – pour devenir membre de cette église.  « Mosquera nous a présenté des écrits disant qu’il était un expert en religion et en histoire, ainsi qu’une étude généalogique de ses racines », a déclaré Sandra.  Dans la conversation, la nièce de Saul III a déclaré que son oncle n’était jamais allé au Panama – « il est très vieux et n’a pas quitté le Brésil » -, de sorte que les autorités espagnoles soupçonnent que le document pourrait être un faux.  Toute la stratégie de Mosquera repose sur le fait que le ministère de la Justice a reconnu son église.  Si l’inscription en Espagne de l’église, qui reconnaît tous ses titres, est fausse, toute sa structure est également fausse « …
On ne pouvait mieux conclure sur le personnage :  tout était faux chez lui.  Sur Facebook il était allé jusqu’à se présenter comme « ordre shamanique », descendant de Gengis Khan !  Le 21 juin 2016, c’en était fini de ses élucubrations :  il venait alors d’écoper de 5 ans de prison…

L’ile Margarita, comme un iceberg de coke, avec son roi déclaré, venu de Marbella

Le lien entre l’île Margarita et l’Europe, en particulier le Portugal, c’est un homme resté longtemps fugitif (il l’est toujours) qui le détenait :  Carlos Llorca, (de son nom complet Manuel Carlos Llorca Rodríguez) surnommé le « Blanqueador » (c’est tout dire) : il avait débuté sa carrière assez surréaliste d’escroc de haut vol dans les années 90 à Marbella, en s’échappant de la ville touristique avec la caisse d’un forum (!), où il avait réussi  (patiemment on suppose) à ponctionner 268 804 clients, détenteurs de 393 754 contrats !!  Appelé Forum Philatélique, c’était en fait une entreprise de collecte massive d’argent auprès de petits épargnants (plus de 50 000 euros en majorité alors que seulement 127 000 euros avaient été investis par le Forum dans l’achat des timbres !) avec la promesse d’un rendu élevé car investi dans des titres philatéliques (on promettait une réévaluation de manière constante !), consistant en une série de timbres-poste émis par la Confédération européenne des Postes et Télécommunications (Cept) !!!  Auparavant il était à Londres, où avec un  bagout certain il avait réussi à attirer d »importants clients, à la tête de la Chambre de commerce espagnole de la capitale anglaise.  De là il était parti s’installer à Marbella, haut lieu dans les années 80 de fêtes fastueuses aux bord des plages.  C’est là qu’il a créé aussi Pharus Ibérica, un éditeur papier de livres naturistes !!!  Ses deux villas sont pleines de jolies filles, des mannequins dont il salarie certaines pour qu’elles restent auprès de lui : de la prostitution, mais sans le nom (on l’évoquera quand même – enfin – lors du procès !) !  Le 24 juin 2002, il avait réussi son coup fondamental, en revendant à Londres 148 240 actions du fameux Forum Filatélico, via sa filiale au nom de Jesús Fernández Prada, un acolyte, à une société, « Comercio y Ventas » appartenant à Francisco Briones, qui avait créé en 1988 de « Grupo Unido » (filiale à 100% de Fórum) pour le montant de 4,22 millions d’euros :  du grand art (car Briones est alors également le président du Forum !) !  Du grand art, car tous deux étaient de mèche : en mars 2004, c’est avec cet argent que le groupe de Briones s’est offert 14 fermes valant au total 12 millions d’euros !  Les deux étant en lien avec le narco trafiquant Luigi Protani, et avec un finlandais Aki Kujala (1), lui-même lié au cabinet  Fernando del Valle. L’avocat de Briones s’appelant Silvia Díez Ponce. Elle travaille dans un cabinet qui a pour adresse « Calle Lourdes, 16, Coín (Malaga).  Entreprises Llorca » !  En fait, il n’avait pas pu hériter de la totalité, car sur le compte ouvert à Cajamar, sur la Costa del Sol, où avait été versé 1,99 million d’euros à ce jour, il fallait montrer sa photo, ce qu’il s’était refusé à faire !!!  D’ailleurs il ne se déplaçait jamais : hypocondriaque, il avoir fait installer dans une de ses villas un cabinet de médecin, pour éviter d’avoir à sorti en cas de maladie !!!  Fort logiquement, il s’était pris au jeu de la mode, en lançant des magazines de luxe tel que « Absolute Marbella« , qui verra même Ricky Martin poser dedans, avant d’imprimer «Absolute Madrid» et «Absolute New York»… Et là, bien sûr des fêtes gigantesques avaient suivi « avec son imputation est apparu tout ce qui masquait sous ces têtes sur papier glacé... Beaucoup de « poudre blanche » et pas mal de gens scandalisés » avait relevé la presse.  Comme quoi tout le monde était au courant de sa réelle activité !  AbsoluteMarbella passera ensuite chez Crazyway Ventures, reliée à Alasia Fashions, et Palacio del Mar comme à Promociones Sejas del Mar 2002, toutes opérées par Grupo Unido de Proyectos y Operaciones !!!  Je reviendrai dans l’épisode suivant sur le cas de Marbella…

A feuilleter les témoignages de l’époque, on a de quoi parfois se dire que c’est une histoire sans fin ce trafic, car à ma grande surprise, au détour du compte rendu de l’opération Ballena Blanca…

A Marbella ça sentait fort la poudre dans les années 70-80 !

Marbella était dans les années 70-80, et est encore, un désert côtier mal desservi par des ferrys espagnols sous équipés, comme pouvait l’être Ibiza ou Formentera :  là, on y montait encore les 2 CV « breaks « des routards ou leurs vans Volkswagen par grue directement sur leurs ponts. J’ai eu un pote de Fac qui avait fait ça et avait ramené tout un lot de diapos de ses aventures de l’époque, montrant la montée de sa « deuche » sur un petit cargo, cette-fois avec simplement deux rampes d’acier de garage pour les roues, entre le ponton et le petit navire.

C’est l’époque de More de Barbet Shroeder (musique de Pink Floyd, faut-il le rappeler…). Et L’industrie du tourisme n’avait pas encore bétonné toute la côte (il n’y avait qu’un seul immeuble à étage, un hôtel comme on peut le voir ici à gauche sur des clichés de l’époque) et on y pratiquait ouvertement le nudisme, vu que c’était plutôt désert, comme à Ibiza. Bref, c’était le paradis du baba-coolisme !!!  On n’y dormait pas à l’hôtel cinq étoiles mais dans le camping !  Mais très vite cela allait devenir le rendez-vous incontournable de la jet-set branchée, avec l’arrivée des premières villas à l’allure tapante et outrageuse et le débarquement des stars d’Hollywood ou de la scène rock, auxquels vont se mêler pour s’encanailler les émirs fortunés comme Khashoggi, qui est déjà marchand d’armes (c’est l’oncle du dépecé, on le sait), celui dont je vous avais déjà évoqué la présence dans les lieux (ici à droite),
ou même Grace de Monaco, ci-contre en photo à Marbella avec en fond le port encore minuscule et inadapté, mais déjà un yacht de visible (la famille Rainier ne se déplaçant pas encore en Falcon 50 comme aujourd’hui).  La princesse avait eu droit il est vrai à ses deux yachts, pour se déplacer, le Stalca (devenu Carostefal du nom de ses enfants) et le Deo Juvante II, offert en cadeau de mariage par Onassis (!).  Au seuil des années 80, c’est devenu la Mecque des stars, ou bien des artistes comme Salvador Dali, venu de Cadaqués.  Bien entendu, avec les rock- stars et Hollywood étaient arrivés en même temps les achats de poudre, les beatniks nudistes se réservant le haschich, moins cher.  A Marbella, on déboule donc aussi rapidement en Grumman Gulfstream, la Rolls des avions de l’époque, comme ici encore la même princesse, véritable prototype de la « Princesse sourire » actuelle, en compagnie de Gregory Peck L’avion lui-même semblant également un prototype, avec ses drapeaux affichant encore les pays qui l’ont commandé.  Ici un film très intéressant sur le Marbella des années 70 avec son port de Puerto Banus.  Les premiers pontons pour yachts viennent juste d’y être inaugurés ainsi que le casino, on s’y balade alors  en Mini-moke sur les quais !!!  Aujourd’hui… ben ça n’a pas beaucoup changé, à part le volume de drogue !!!  « Véritable supermarché à ciel ouvert, la Costa del sol est toujours une place incontournable du trafic de drogue où se croisent tous les acteurs de la branche, grossistes, importateurs et logisticiens » conclut ici, fort amer, Libération.

Du béton à la poudre, il n’y avait qu’un pas, à Marbella

A Marbella, il y a une quarantaine d’années maintenant, c’était donc alors le début du grand jeu (et le grand rush) des spéculations immobilières, et Llorca, qui doté d’un flair commercial certain, en était d’emblée devenu le roi, certes pas le premier, mais l’un des  plus efficaces.  Selon AB Economica, « l’une des opérations les plus lucratives pour les accusés a commencé en novembre 2002, lorsque Grupo Unido a racheté Lusoca, une société appartenant à Carlos Llorca, deux domaines situés à Sant Boi et Sant Feliú de Llobregat pour 1,5 million d’euros.  À peine un an plus tard, Grupo Unido a vendu ces propriétés à la société Marbepurple pour 9 millions d’euros. Marbepurple avait été créée en septembre 2002 avec un capital de 3 006 euros et son unique administrateur était la société britannique HG Business, également de Llorca. Le même jour où Marbepurple a été créée, ils ont également créé Marbesquare, une société appartenant à Llorca, qui a acquis en novembre 2002 pour Grupo Unido, une ferme de Marbella pour 11 millions d’euros.  La même pour laquelle avait été payé neuf mois avant 3,2 millions à la société Macoda.  En avril 2002, Grupo Unido a acheté une propriété de Gordon Thomson à Marbella pour un montant de 721 000 euros.  Sept mois plus tard, il l’avait revendue à Kali Properties, une autre société de Carlos Llorca, pour 1,5 million d’euros. »  Idem pour les fermes achetées :  dans le folio 4.680, volume 14, partie BB, de l’acte d’accusation, figurent les ventes des fermes 47806, 47809, 47812 et 47817 « du registre de propriété numéro 3 de Marbella au 29 janvier 2001, à Crazyway Ventures Limited, au prix de 484 619 euros. Marbella 28 a acheté ces fermes à Olivos De Nagueles 98 le 18-04-00, qui les avait achetées à Royal  Marbella Estates 3 mois auparavant, pour finalement les vendre à Unido Group Of Projects (folios 4.750 et suivant dans les 14 pièces BB). Royal  Marbella Estates reçoit également des fonds provenant des prétendus achats de timbres par le Philatelic Forum, comme on le verra. En conséquence, il s’agit d’une autre société où vont les fonds du Philatelic Forum » conclut l’expert juridique !

Les inventeurs des Go-Fast

A Marbella aussi, tiens, quel hasard, c’est là qu’on rencontrera 30 ans plus tard un corse au passé déjà bien chargé :  Thierry Fornasari, qui, après avoir mis 19 attaques de banque à son actif (la première à 17 ans !) était parti s’y installer avec son magot… et aussitôt commencer à trafiquer : on lui attribue pas moins de 7 tonnes de résine de cannabis envoyées en France, de juillet 2002 à novembre 2003 !!! « En cavale à Marbella au début des années 2000, Fornasari avait trouvé une manière de s’approvisionner à bon compte.  Il attaquait les passeurs marocains qui débarquaient sur la côte espagnole. » Arrêté et condamné à 15 ans de prison, il s’était évadé et était reparti aussitôt sur la Costa del Sol, pour à nouveau se faire arrêter en 2007 … pour le même motif, assorti cette fois d’un enlèvement !!!  A sa sortie en Espagne, il avait été extradé et re-condamné en France à 15 ans… sorti en permission en 2017, il était depuis en cavale.  Lors de son procès, on avait eu droit à quelques explications sur le transport de la drogue par route  :  « ce soir-là il est 19 h 50 avenue George-Pompidou à Grasse lorsque le suspect circule au guidon de son scooter.  Les policiers de la brigade anti-criminalité lui font signe de s’arrêter. Le pilote poursuit sa route. Pour échapper au contrôle, il abandonne le deux-roues, enjambe une grille et se débarrasse d’une télécommande avant d’être rattrapé et menotté. La télécommande ouvre un box de la résidence Les Amaryllis dans lequel est stationnée une Porsche Cayenne volée.  À l’intérieur, la BAC saisit 335 000 euros en espèce, un revolver 357 magnum et cinq boîtes d’acide borique, produit de coupage pour la cocaïne. « J’ai été embauché pour remonter de la résine, explique le Cannois prénommé Choukri.  On m’avait proposé de convoyer la drogue pour 15 000 euros mais j’ai refusé car j’ai déjà été condamné.  J’ai conduit la voiture ouvreuse pour 5 000 euros» indique encore le prévenu qui reconnaît deux voyages.  Le premier avec la Porsche Cayenne.  Le second avec une Ford Mondeo. Plus discrète.  « La voiture de monsieur tout le monde, concède le président Marc Joando. Ou, comme quelqu’un l’a dit dans ce dossier, parce que c’est une voiture de blaireau. » Véhicule aménagé de caches, escorté par une voiture qui ouvre et une voiture qui ferme. « Je n’ai été qu’un sbire » « C’est ce qu’on appelle un Go fast » relève le président ».  Son complice Bensafi avait été condamné à six ans, avant d’être abattu à 35 ans le 23 décembre 2008 à Nice.  La cavale de Fornasari s’est terminée en février dernier, en France, dans la commune de Tanneron où une voiture criblée de balles a été retrouvée avec un corps dedans, le sien.  Il avait pour oncle Emile Fornasari, braqueur lui aussi (celui de Choppard à Cannes en 2000) qui avait connu la gloire en s’évadant en 2001 de la prison de Draguignan en hélicoptère !  Il avait aussi commandité l’assassinat d’un rival amoureux, Robert Ludi, un employé de la Ville d’Antibes.

 

On trouvait donc de tout à Marbela, y compris déjà… de l’héroïne

Une (très) grande villa de Marbella avait eu aussi son heure de gloire.  Elle s’appelait le Palacio Mifadil et c’était la résidence du dénommé Monzer (Monsour) al Kassar:  une énorme bâtisse devant laquelle il posait fier de lui avec tout son personnel (ici à droite), pour montrer avec fierté son indéniable réussite.  Un autre sacré « prince de Marbella » que celui-là.  A l’époque, en 2002, il se disait « reconverti dans l’immobilier » , alors que tout le monde l’accusait de vendre des armes, de l’héroïne ou de la coke !  Un autre personnage truculent encore, qui nous offre ici un lien oublié avec l’Argentine de Menem, ce président amateur de Ferrari : « l’argentin nationaliste syrien Monzer al-Kassar, alors accusé de trafic d’armes et de drogue, et son amitié avec l’ancien président Carlos Saúl Menem lui a valu, entre autres avantages, d’obtenir la nationalité argentine presque en un temps record, quelques mois après son arrivée dans le pays avec sa famille – son épouse Raghda Habbal et les trois enfants » expliquait ici Le New-Yorker qui avait retrouvé sa trace depuis son extradition aux USA et sa condamnation de 2008.  En fait, Kassar était surtout tombé amoureux d’Amira Yoma, la sœur de l’ex-épouse de Menem, Zulema.  Son épouse d’alors est la soeur d’Ali Issa Dubah, l’ancien chef des services de renseignement syriens et le proche collaborateur de Rifat Assad, le propre frère de l’ancien président syrien Hafez Assad !!!  (ici à droite un Al Kassar jouant au châtelain à petit caniche pomponné au milieu de ses gardes du corps).  Les parents de Menem, on l’a un peu vite oublié, étaient originaires de la même ville syrienne que ceux d’ Al-Kassar !!!  Les liens s’étaient noués via l’intermédiaire de Munir Menem, le frère de Carlos, ambassadeur de Syrie en Argentine.  « Aujourd’hui, Monzer al-Kassar purge une peine de trente ans d’emprisonnement à la prison de Terre Haute, dans l’Indiana, imposée par le gouvernement des États-Unis pour avoir accepté de vendre illégalement des armes à la guérilla colombienne et de conspirer contre les intérêts des États-Unis.  Al-Kassar était disposé à vendre aux FARC des cargaisons, des armes, des explosifs et des munitions d’une valeur de plusieurs millions de dollars. Il avait promis de fournir un millier d’hommes pour combattre l’armée américaine et faciliter la construction de camps d’entraînement en Syrie pour les Colombiens. »  Ah tiens voilà que ça nous rappelle un autre cas…

Kassar le flamboyant allié de la CIA

Al Kassar, le sulfureux et flamboyant Al Kassar : en 1985, lors de l’affaire de la croisière Achille Lauro, « il avait  était accusé d’avoir fourni des armes au Front de libération de la Palestine, qui s’était emparé du navire pour demander la libération de cinquante de ses combattants arrêtés en Israël et qui avait tué un passager américain d’origine juive, Leon Klinghoffer, lorsque ses demandes avaient été rejetées. La Cour nationale espagnole l’a rejeté « pour manque de preuves » en 1995. » Le juge Garzon qui s’occupait alors de trafic de coke était tombé sur lui et sur une autre filière, celle de l’héroïne provenant de Syrie et du Liban, dans lequel Al Kassar était lourdement impliqué (la mafia italienne et des Balkans a toujours fait ce double trafic).  Selon la presse anglaise, l’héroïne était transportée de la vallée de la Bekaa aux États-Unis à bord de vols réguliers de la PanAm grâce à Al Kassar, mais aussi aussi et surtout avec un gros coup de main de… la CIA !!!  Selon l’un de ses biographes, c’est son frère Ghassan, qui avait commencé à vendre de la drogue à la fin des années 1960, qui l’avait ensuite initié au trafic des armes (Ghassan est resté dans le commerce  jusqu’à sa mort de causes naturelles en 2009). Al-Kassar est devenu un marchand d’armes au début des années 1970, selon lui, lorsque le gouvernement du Yémen lui a demandé d’acheter des fusils et des pistolets à la Pologne (des armes ensuite redistribuées à divers groupes terroristes). Dans les années 1980, c’est ainsi  qu’il était devenu attaché commercial de la République démocratique populaire du Yémen en République populaire de Pologne !!! Dans l’ouvrage « Confession of an Iranian Terror Czar » on affirme que Al Kassar avait été mêlé lui aussi dans le transfert d’armes aux iraniens, sous la direction on le sait du colonel Oliver North et du Général Richard Secord. En 1987 en effet, on découvrira qu’il avait effectivement reçu 1,5 million de dollars de la part du gouvernement américain.  Selon le New Yorker, l’argent provenait effectivement d’un « compte bancaire suisse contrôlé par Oliver North et ses co-conspirateurs ».  Dans l’ouvrage  « The Crimes of a President: New Revelations on Conspiracy & Cover-up in the Bush&Reagan administrations » de Joel Bainerman, on est plus précis en citant simplement deux extraire de journaux US renommés : « c’était le même Monzer Al-Kassar qui avait aidé Oliver North à fournir des armes fabriquées par les Polonais aux Contras nicaraguayens en 1985 et 1986.  Avec ses trois frères, Al-Kassar avait construit un empire militaire à l’Est du pays. Les responsables de l’administration qui ont discuté de ces accords ont déclaré qu’Al-Kassar entretenait des liens commerciaux étroits avec l’organisation terroriste Abu Nidal (Los Angeles Times, 17 juillet 1987).  Les responsables ont déclaré qu’Al-Kassar avait des bureaux à Varsovie et était l’un des principaux intermédiaires de la société d’armement polonaise Cenzin. Le premier achat d’armes par North à Al-Kassar, totalisant un million de dollars, a été envoyé par bateau dans un port des Caraïbes non identifié à l’automne de 1985 et a ensuite été distribué aux combattants des Contras.  En avril de la même année, une deuxième cargaison d’armes polonaises a été vendue à la CIA en tant que partie de cette transaction (Los Angeles Times, 17 juillet 1987).  Dans un autre plan de la transaction, plus de 42 millions de dollars ont été blanchis via des comptes bancaires de la BCCI dans les îles Caïmans. Al-Kassar a gagné plus de 1 million de dollars US (25 octobre 1991). 

Kassar, son rôle vital dans l’affaire des contras 

Avec les transferts d’héroïne, c’état la deuxième fois qu’on le citait comme homme de main de la CIA. C’est exactement le même profil que Viktor Bout : une fois utilisé on emprisonne pour un long moment, le temps que les preuves (ou les témoins) disparaissent.  Al Kassar avait été arrêté sur la demande du -juge Garzon à l’aéroport de Madrid-Barajas, à Madrid, en compagnie du Chilien Yamal Bathich, un associé d’un des fils d’Augusto Pinochet. Garzon étant sur la piste de l’héroïne alors et non des armes.  On rappelle qu’un français (il avait la double nationalité avec l’américaine) appelé Glen Souham, qui dirigeait en France la société de gardiennage Century, âgé de 34 ans, proche de North et ayant ses entrées à la Maison Blanche, était mort dans l’affaire, assassiné dans son hôtel à Paris.  Interrogé, Michael Castine, alors Director of the National Security Council, avait déclaré que « Souham s’était rendu à l’île de la Grenade, dans les Caraïbes, en 1984, pour un voyage parrainé par l’Overseas Private Investment Corp ». « L’OPIC, un groupe quasi gouvernemental qui promeut les investissements américains à l’étranger, avait amené sur le territoire des hommes d’affaires de l’île qui pourraient être intéressés à y investir après l’invasion américaine d’octobre 1983 ». En fait c’était la première grosse divulgation de l’Opération Contras, révélée par un article de militant polonais de la paix . » En utilisant de faux documents fournis par North et la CIA, un train chargé d’armes soviétiques destiné à l’armée polonaise a été détourné d’une jetée polonaise vers l’Allemagne de l’Est, selon l’article. D’Allemagne de l’Est, les armes ont été introduites en contrebande en Allemagne de l’Ouest, après que des agents occidentaux ont versé des pots-de-vin aux autorités locales, puis expédiées dans des entrepôts de Contras au Honduras. L’article ne donnait pas de date pour l’opération. L’assassinat de Souham, qui avait des contacts avec la Maison-Blanche et avait travaillé pour le Conseil d’initiative du secteur privé du président, n’a pas été résolu ».  La thèse est développée dans l’ouvrage  « Intelligences secrètes: Annales de l’espionnage » De Fabrizio Calvi, et Olivier Schmidt.  Les armes étaient payées en retour en cocaïne, comme on le sait et comme l’avait montré Barry Seal. Sans Kassar, pas sûr en effet que les polonais aient refilé leurs Kalachnikov aux Contras…

Le même piège pour Kassar, Bout et aujourd’hui Cardona !!!

Ils étaient descendus ensemble d d’un Learjet provenant ce jour-là de Vienne.  Le Learjet 35A d’Al  Kasssar, immatriculé OE-GBR, était bien connu, car il avait été utilisé en 1986, par Abu Abbas, le chef du FLP pour s’échapper après l’épisode de l’Achille Loro (Abbas ici à gauche) sera arrêté en 2003 à Bagdad, après avoir échappé à l’arrestation le 11 octobre suivant l’attaque, l’avion égyptien dans lequel se trouvaient les quatre pirates de l’air ayant été forcé à atterrir sur la base de l’OTAN à Sigonella, mais l’Italie les avait laissés repartir). On notera que le Learjet avait été laissé libre de circuler durant toue la période !!!  En 2001,  Carlos Menem, qui doit bien mettre du carburant dans sa Ferrari, se retrouve embrigadé dans un douteux trafic d’armes vers la Croatie et de la Bosnie-Herzégovine alors sous embargo.  Un ministre argentin dénoncera Al Kassar comme l’intermédiaire certain de l’opération. Menem c’est sûr, adorait l’argent, au point d’avoir reçu « d’une main inconnue » sur un compte suisse 10 millions de dollars pour ne pas poursuivre les investigations sur l’attaque contre un centre juif (Amia) à Buenos Aires en 1994 (elle avait fait 85 morts).  L’affaire empoisonne toujours la politique argentine des années après : en 2015, un homme, Alberto Nisman a été assassiné après avoir réuni un document de 300 pages accusant la présidente  Cristina Kirchner de continuer à couvrir le rôle présumé de l’Iran dans cet attentat. En 2006, il est cité par le gouvernement irakien mis en place par les américains comme alimentant les insurgés islamistes opposants.  C’est paraît-il à ce moment-là que la DEA aurait conçu un piège pour le coincer (à gauche son arrestation en Espagne).  Baptisée « Operation Legacy » elle sera dirigé par Jim Soiles (ici à droite), de la division des opérations spéciales de la DEA. Un ancien membre de l’organisation palestinienne Septembre Noir, retourné et recruté pour l’approcher, appelé  « Samir », il avait à plusieurs reprises tenté de le contacter sans succès pour finir par le faire en décembre 2006 et lui proposer un autre rendez-vous en début d’année suivante.  Soiles, ancien surperviseur de la lutte contre le trafic de drogue dans les Balkans, s’occupant de 12 pays différents, en sera récompensé.  Il deviendra en 2011 « Senior Executive Service as the Deputy Chief of Operations, Office of Global Enforcement for the Drug Enforcement Administration (DEA) » (ouf). Dans sa citation on l’associe à la capture d’Al Kasssar comme à celle de… Viktor Bout. Preuve que les deux cas sont bien à associer et procèdent de la même manœuvre !
C’est donc bien la DEA qui avait envoyé Kassar à Madrid, en tentant donc de le piéger auparavant comme on le fera plus tard avec Viktor Bout : en février 2007, deux agents de la DEA présentés comme guatémaltèques, avaient en effet filmé à son insu une discussion sur l’envoi d’armes, la même liste à quelques détails près que celle qui piégera Bout et qui vient de piéger notre colombien du jour (une liste de commande destinée au Farcs, pour Kassar et Bout), en lui fixant un rendez-vous en Roumanie où il aurait dû être cueilli au départ, mais Al Kassar s’était  alors ravisé et il s’était rendu en Espagne… pour s’y faire piéger aussi, mais par Gazmon  !!!  Il restera 14 mois en détention avant d’être libéré contre une caution de 7 millions de dollars. Les trois exemples se ressemblent beaucoup trop !!!  Al Kassar avait été accusé en même  temps que Luis Felipe Moreno Godoy, un chilien en relation avec les Farcs qui l’avait assisté.  Un troisième homme, un libanais, appelé Tareq Mousa al Ghazi, avait aussi été cité et condamné de la même façon (il avait été arrêté à Bucarest, en compagnie de Godoy).  Selon le New-Yorker, c’est le besoin d’argent pour son train de vie très élevé qui lui avait fait baisser la garde et sa vigilance en ne sentant pas venir les agents déguisés de la DEA.  Il est ici à droite en photo dans sa prison, mais sans son costume Smalto, désormais .

(1) la réunion avec les agents de la DEA déguisés en commanditaires des Farc, pour lui acheter tout un lot d’armes dont des missiles (Fagot à l’époque) a en effet eu lieu à après une série de contacts tenus dans les Antilles néerlandaises, puis à Copenhague à Bucarest et enfin à Ibiza. Là où se trouvait aussi un certain Pierre Dadak, multimillionnaire franco-polonais, dont on sera amené à reparler, pour sûr en compagnie du dictateur Yahya Jammeh….  Selon Courrier International (…) « Bout travaillait avec tous les camps et, lorsqu’il livrait des armes en Afghanistan, c’était aussi bien au gouvernement et au commandant Massoud qu’aux talibans et à Ben Laden.  Mais pourquoi les Etats-Unis veulent-ils aujourd’hui le récupérer ? Hypothèse surprenante, Itogui invoque des raisons de politique intérieure américaine. “Les démocrates américains ont visiblement besoin de Viktor Bout en tant que témoin principal dans une affaire datant de 2001. Il s’agit de la livraison, à partir de l’Ukraine à destination de l’Iran, de missiles balistiques X-55 capables de porter des charges nucléaires en violation de toutes les conventions internationales. […] Derrière ce contrat pourrait se trouver tout bonnement l’ancien vice-président américain, l’influent républicain Dick Cheney.  Si Bout parle, un nouvel ‘Irangate’ est tout à fait possible.” Et les républicains, coupables d’avoir fourni des armes stratégiques au principal ennemi de l’Amérique et d’Israël, en feraient les frais aux prochaines élections… cette histoire des K-55, j’en ai parlé ici.

(2) Une sorte de « Playboy » à l’espagnole, qui n’a rien à voir avec le Inrerview d’Andy Warhol (en en 1992, avec Daniel Filipacchi, Hardsisson avait lancé le mensuel Interview qu’il avait du rebaptiser un an plus tard Entrevue après un procès pour plagiat perdu intenté par le magazine américain, alors que son modèle était plus proche en contenu du magazine espagnol !) et il vient juste de s’arrêter  : « Interviú a été créé en 1976 – par un groupe dirigé par Antonio Asensio Pizarro paru pour la première fois le 22 mai 1976.  L’éditeur du magazine est Zeta Group, qui a également été fondé par Asensio Pizarro en 1976.  Le magazine est publié chaque lundi. Le siège de l’hebdomadaire est à Madrid. Le magazine est célèbre pour avoir publié des photographies de personnes riches et célèbres  à demi-nues et nudistes, utilisant parfois des séances de paparazzi ou des pictogrammes posés (dans ce dernier cas, normalement des femmes).  Il publie également des articles sur les scandales politiques et économiques et présente des articles d’opinion d’écrivains célèbres.  Son dernier numéro a été publié le 8 janvier 2018.  Zeta Group a expliqué que cela était dû à des raisons financières et à des changements dans la manière dont le public consomme les nouvelles. »

(3) l’île a été l’objet il y a peu de temps d’une campagne de pub d’un genre bien particulier qui sentait fort l’hoax à plein nez. C’est celle qui avait consisté à appâter les gens avec une « croisière » dans laquelle seraient « offerts » des « filles » et de la drogue.  Le procédé était grossier, on avait mélangé différentes images provenant de sources médiatiques nébuleuses, et on avait même évoqué le nom d’un gagnant de moins de 16 ans, qui aurait été d’abord un « colombien » puis un « jeune américain » appelé « Ryan », ailleurs décrit comme « marié« .  La société organisatrice appelée « Good Girls Co » semblait bien en revanche une belle arnaque de phishing sur le net. La même campagne infâme avait eu une autre adresse Instagram appelée  « #sexislandcartagena ». Carthagène en Colombie étant la ville touristique  par excellence ayant pour sainte patronne une vierge en or.  L’hôtel « 5 étoiles », déclaré comme accueillant les invités (l’un des Hoteles Hesperia, ici à gauche) qui déclarera n’avoir jamais organisé ce genre d’événement étant le plus grand de l’île avec son architecture à trois ailes collées autour d’un noyau central.  Le Daily Mail, Fox news, the Sun, le Mirror:  tous les tabloïds étaient tombés dans le panneau... L’hôtel fait partie d’un groupe espagnol au départ, le NH Group qui ne possède 348 répartis sur 28 pays différents. Les touristes, pour venir sur l’île Margarita utilisent  désormais le San Francisco de Asís, un grand ferry en aluminium construit chez Rodriquez à Pietra Ligure (en Italie) et utilisé auparavant pour rejoindre les baléares en 2001 dans la compagnie espagnole Balearia avant d’être repeint chez Gibdock à Gibraltar et abandonner (hélas) son nom précédent celui du poète espagnol Federico García Lorca.

 

Un des documents indispensables sur le Forum Philatélique (le Tome IV de la procédure) ceux de la famille Malaga :

http://perjudicadosforum.com/wp-content/uploads/informe-pericial-tomo-IV.pdf

sur Al Kassar :

http://davidlopezcanales.com/wp-content/uploads/2016/05/ALKASSAR.pdf

sur Bonaria

https://sites.google.com/site/lafalsaordenbonaria/Home

sur l’époque « hippie » de Formentera relire ceci :

https://laboratoireurbanismeinsurrectionnel.blogspot.com/2012/03/ibiza-ile-paradis-hippie.html

« More », en 2015, c’est ça : tourné dans la même maison de Raul Hausman :

https://www.20minutes.fr/cinema/1611791-20150519-tout-change-ibiza-entre-tournage-more-amnesia

« Ibiza est devenue une destination importante pour le tourisme de masse. Même si le paysage où se trouve la maison est resté sauvage, je ne peux m’empêcher d’éprouver le remords d’avoir bien malgré moi contribué à ce désastre… » explique, dépité, Schroeder.

Le journal citoyen est une tribune. Les opinions qu’on y retrouve sont propres à leurs auteurs.

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