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Coke en stock (CCXCVII) : les surprises de la periode Covid19

D’autres surprises sont apparues durant cette période exceptionnelle, notamment l’arrestation surprise d’un membre éminent du cercle proche de Nicolas Maduro, piégé au Cap Vert lors du ravitaillement d’un de ses jets privés, avec lequel il sillonne le monde. L’occasion de s’apercevoir aussi que Maduro est aussi le roi du poulet ! Au Honduras c’est une ambulance qui s’est écrasée, plein de coke, et en Equateur c’est un bien étrange crash de monomoteur. Pour finir cette période à part de pandémie par un envoi vraiment exceptionnel de cocaïne vers… Hong-Kong !

D’autres boites en carton

Pendant la crise du Covid19, on en profité pour en coincer quelques uns, remarquez. Celui qui n’a rien vu venir s’appelle Alex Saab; (de son complet Alex Nain Saab Morán) « l’homme de main » de Nicolas Maduro, dont je vous ai déjà parlé ici. Et de son jet personnel; le gros Gulfstream T-7-JIS enregistré à Saint Marin, celui de David Faraco, un ancien lieutenant de l’armée de l’air du Venezuela, propriétaire d’Altair Jet Corp au Panama. Il vole aussi sur les avions N259FG et N456JA (l’avion à la hiéroglyphe).

Ce Saab, au lourd dossier, c’est une grosse prise, lui, le fameux responsable des colis de nourriture distribués au nécessiteux dans le pays, (celles des boîte en carton du CLAP) en réalité une vraie manne financière pour l’Etat et pour lui ! Il a arrêté au Cap-Vert le 12 juin 2020, alors que son je privé était en train de ravitailler au retour de l’Iran (et de Russie !). La veille, la Colombie avait gelé ses avoirs car c’est en effet le fils d’un immigré libanais établi à Barranquilla. C’est lui qui est à l’origine du scandale en 2011 des maisons préfabriquées du Fondo Global de Construcción, promise et vantées par Maduro. Une franche escroquerie : « entre 2012 et 2013, la société a reçu environ 159 millions de dollars américains pour importer des kits domestiques dans le pays, mais n’a livré que des produits équivalant à 3 millions de dollars américains. L‘Équateur a enquêté sur ces exportations, soupçonnant qu’elles étaient impliquées dans le blanchiment d’argent, des opérations fictives et une surfacturation avec la filiale du Global Construction Fund en Équateur, une structure commerciale qui mène à l’île de Malte en Méditerranée, un paradis fiscal.
Cependant, l’affaire a été classée. Le duo Saab et Pulido a conclu des accords alimentaires en 2015, lorsqu’une société nouvellement créée au Panama, Global Foods Trading, que les journalistes ont pu lier à Saab, a signé au moins quatre contrats d’une valeur d’environ 125 $. millions pour fournir du maïs, du blé, du riz et du soja au Venezuela ».
Ceux-là crèvent toujours de faim, on le sait. Et n’ont toujours pas de préfabriqués ! Le relais des fournitures alimentaires du Venezuela est aujourd’hui… la Turquie, via la société  Mulberry Proje Yatirim, qui a ét créée à Istanbul en 2017 par les partenaires de Saab, est qui es devenue le principal intermédiaire pour les importations alimentaires revendues ensuite dans tous les pays d’Amérique latine. A droite, l’arrestation de Saab au Cap Vert.

La bête noire du régime (rappelez-vous comment on avait essayé de la piéger) la procureur générale du Venezuela, Luisa Ortega Díaz, l’avait  désigné en effet comme l’homme derrière Group Grand Limited aux côtés des deux entrepreneurs colombiens, Álvaro Pulido et Rodolfo Reyes. Des envois par containers qui permettent pas mal de choses, comme c’est arrivé le 23 mars 2018, lorsque 422 kilos de cocaïne ont été saisis dans le port de Veracruz, le plus important point maritime commercial du Mexique. Apparemment, la drogue était cachée dans un conteneur de La Guaira à bord du CNP Paita (ici à gauche) l’un des navires utilisés « en principe » pour envoyer des denrées alimentaires solidaires au Venezuela !

A noter que le 14 juin, un avion Gulfstream d’une firme bien connue de mercenaires (Presidential Air, d’Eric Prince, avec le Gulfstream N481SC ici à droite) avait été aperçu effectuant le trajet Opa-Locka vers le Cap-Vert laissant supposer que les américains auraient pu tenter de s’emparer du responsable vénézuélien.Un second appareil plus ancien semblait avoir apporté un renfort du même genre la veille, déjà, le 13 juin : le Gulfstream III N183PA de Sandy Wings LLC (ici à gauche), affrété par Phoenix Air Group (lié comme on le sait à la CIA.). Deux avions déplacés exprès, on espérait donc fort le ramener aux USA, il semble bien ! Les USA avait 18 jours pour formuler leur demande d’extradition…

Ironie du sort, c’est un autre Saab tout aussi connu, Tarek, bombardé procureur général nommé par l’Assemblée nationale constituante (ANC), qui avait demandé aux USA l’arrestation et l’extradition des Vénézuéliens Hjalmar Gibelli Gomez et Fabrizio Della Polla De-Simone,  soupçonnés d’avoir extrait du pays plus de 234 millions de dollars de leur entreprise alimentaire. Le Gibelli en question étant le frère de la célèbre et ancienne miss Venezuela, Viviana Gibelli. Avec eux, et leurs détournements, on avait appris que Maduro faisait aussi dans le poulet : « plus de 214 millions de dollars au taux préférentiel, entre 2004 et 2012 et 4 millions 500 mille en 2014, a reçu de Cadivi et Cencoex la société Servinaca de l’importateur d’aliments pour animaux équilibrés Fabrizio Della Polla, transformés aux États-Unis en blanchiment d’argent grâce à l’assureur Hjalmar Gibelli Gómez, frère de l’actrice et animatrice de télévision Viviana Gibelli« . Deux personnes très liées au pouvoir vénézuélien : « selon les informations, entre octobre 2011 et avril 2015, 173 millions de dollars ont été connectés à un compte à la banque Wells Fargo Advisors de Saint-Louis et 160 millions de dollars, répartis sur plus de 650 virements électroniques, ont été connectés. Gibelli a acheté l’avion pour 1,8 million de dollars en juillet 2012, en utilisant les fonds du compte Wells Fargo, puis a payé 130 000 $ à une entreprise de Floride pour l’enregistrer à son nom. Il a également utilisé 2,8 millions de dollars de Wells Fargo et 4,5 millions de dollars d’un autre compte en 2013 et 2014 pour acheter le Navigante, tandis que Della Polla a payé 6,8 millions de dollars pour la Panacea en 2014 (un Pershing de 24,98m, ici à droite). L’avion a été saisi le 16 octobre 2016, les bateaux en 2016 et 2017.

« Della Polla possède plusieurs fermes de production de poulet dans les États de Guarico et Lara et, selon les dossiers de Cadivi, il a reçu des devises à un taux préférentiel d’un montant de 214 588 000 $ entre 2004 et 2012. Ce n’est qu’en 2012 qu’il a obtenu plus de 70 millions de dollars en 129 demandes pour son entreprise Servinaca Animal Nutrition Services. Alors qu’en 2014, la même entreprise a obtenu plus de 4 millions 500 000 dollars pour l’achat de fournitures et d’équipements pour l’alimentation des poulets. Les données 2013 sont gardées confidentielles par décision du gouvernement vénézuélien, tandis que les données 2014 et 2015 ont été divulguées par la plateforme de journalisme de données La Tabla, grâce à une fuite citoyenne. Pour sa part, l’autre homme, Hjalmar Gibelli est un homme d’affaires dans le domaine des assurances et sa société est C.A. La Internacional Insurance. Bien qu’en 2013 la Surintendance des assurances ait ordonné la cessation de ses activités et sa liquidation, en 2017, elle a été autorisée à fonctionner à nouveau »… L’importateur est également actionnaire de la société H & H Agropecuaria, qui a reçu en septembre 2014 un prêt de 350 millions de bolivars du président Nicolás Maduro. Selon les données, la volaille produirait 5 millions 500 000 poulets par an avec un financement. Il n’y a pas de données sur les résultats de l’investissement, bien que Della Polla conserve plusieurs photos d’immenses hangars en construction publiées sur son compte Twitter ». Aux USA, on les avait en effet arrêtés, et on avait saisi à l’occasion deux de leurs deux yachts, ainsi qu’un jet, aussitôt mis en vente en mars 2018 par GS Auctions, à Fort Lauderdale, par les Marshals US, les domaines locaux. Un Hawker 800, de 1994, immatriculé N304AT, dont on devrait logiquement entendre à nouveau parler avec le tarif de réserve auquel il était indiqué (525 000 dollars). Le même jour on annonçait la vente du N972W (ici à gauche). Il appartient aujourd’hui, depuis mars 2020, à Spatium Entreprise LLC.; société mise en cause… dans notre épisode CCXCVIII avec son Gulfstream N516TR qui vient d’être incendié au Guatemala; le 19 juin dernier ! Encore un autre candidat potentiel pour finir en cendres !

Honduras : l’ambulance pleine de coke et l’avion mystère

Au Honduras, ce 11 mars, en pleine nuit, dans le Colon, près de la localité d’Iriona, à Claura Arriba, au nord-est de Brus Laguna, en bord de mer (au 15° 56′ 00″ nord, 85° 11′ 00″ ouest), qui regroupe une dizaine de villages et pas moins de 57 hameaux, une région largemnt décrite ici -même à plusieurs reprises, avec son « cimetière à épaves », notamment, l’ex secteur prilviégié avant le Belize, les locaux entendent un avion arriver à grande vitesse, et soudain un énorme bruit, puis plus rien. L’appareil qui vient de les survoler vient de se prendre de plein fouet les premiers renforts des collines situées à 2 km à peine de la côte. Sur place, étalées dans une prairie, il ne reste que des petits morceaux éparpillés de ce qui était pourtant un gros avion, un Beechcraft 200 de plus de 5 tonnes à pleine charge. Vision dantesque, il y a des morceaux projetés sur 100 mètres de distance.

Le choc a dû être effroyable et l’avion devait voler à pleine vitesse avant de heurter le sol; qu’il a longuement labouré. Erreur d’altitude, défaut de GPS, on ne sait. L’avion, et ses deux occupants sont déchiquetés. Le plus gros morceau visible de l’avion est le bout d’une de ses ailes ! Au milieu des débris des paquets bruns, de deux sortes, dont certains avec la mention FR et une croix gammée bien visibles, les autres marqués 777.  De la coke, estimée au total à deux tonnes (d’où l’impact encore plus désastreux avec cette charge). Sur des débris on remarque les indications d’un service d’ambulance aérienne, immatriculé HK-5075  : ce sont celles d’un avion bien connu, photographié à plusieurs reprises à Meddelin. L’avion est en effet colombien d’origine, il date de 1981, c’est le BB-801, mais ses pilotes décédés seraient deux vénézuéliens. L’avion appartient à NEOVID S.A.S, qui ne semble pas florissante et dont le manager, Miguel Leonardo Durán Roques, ignore tout de la drogue à bord selon lui. Mais en juin 2019, il avait connu un conflit fiscal avec le secrétaire au Trésor de la commune de Santa Fe de Antioquia pour non paiement de taxe foncière, pour une somme conséquente, menaçant de bloquer ses revenus en banque et de saisie immobilière. L’avion provenait du Panama et serait tombé par manque de carburant selon, les autorités. Il ne restait que fort peu de paquets au sol : au petit matin du 12 mars, la population locale avait déjà embarqué tout le reste !

Autre bel engin ayant visité le 25 janvier le Honduras lors d’un passage express, le Beech 200 vénézuélien YV3323, qui avait décollé de l’aéroport national de Los Tacarigua, situé dans la ville de Maracay, dans l’État d’Aragua, à 10H48 après être venu de Las Roques, et à destination sur son plan de vol originel de l’aéroport national de San Antonio del Táchira. Mais il s’était alors orienté vers une piste clandestine située à Dabajuro, dans l’ouest de l’État de Falcón, pour y charger de la coke, (il avait éteint son transpondeur à 16h26 au desssus de Barinas), redécoller ensuite vers le nord, au dessus du Golfe du Mexique, puis s’orienter vers l’ouest… pour atterrir à à San Pedro Sula, au Honduras, vers 22 h 45. Joli périple, sans avoir aucunement été intercepté (mais que fait donc Padrino ?) ! L’auteur du détournement était un militaire, Omar Reinaldo, capitaine à la retraite de l’AMB, arrêté le 29 janvier dans l’école de la base aérienne de Mariscal Sucre, et qui avait avoué son escapade au Honduras. L’avion est ici en haut à gauche en train d’atterrir à Las Roques. Des internautes avaient suivi son escapade via son transpondeur non éteint, sauf à quelques moments, où il était resté visible sur Flight Radar.

Le 24 juin dernier à San Lorenzo, Valle on a eu le droit à une drôle de scène : un avion venu se poser sur une piste en terre à Catracho, moteurs restés en marche, entouré de dizaines de curieux, un pick-up de la police local semblant l’empêcher de redécoller. Du jamais vu ! Un policier local de la DPI, vêtu d’un habit blanc anti-bactériologique (hazmat suit) est vu en conversation avec un des occupants américains, portant jean et chemise bleus er casquette noire, ornée d’un drapeau US, qui finit par remonter à bord après bien des palabres, sautant la foule en retirant son masque. Surprenante attitude !


Auparavant un collègue en unifrorme militaire a joué au Père Noël avec les enfants en distribuant des colifichets. Ce qui nous a permis d’admirer ses badges, dont un du Huron et l’autre du Homeland Security. Celui de l’épaule, aperçu en couleurs moins voyantes sur le torse d’un de ses collégues interviewé un peu plus loin dans la vidéo, est celui de l’Air & Maritime Opérations (AMO), lié à la  Customs and Border Protection, autrement dit à la surveillance du trafic de drogue, dont la devise est « Tam difficile ne esset » (« Ce ne serait pas si difficile »). 

L’avion est un gros Beechcraft bien connu, décoré à l’ancienne : c’est le Beech C-12C Huron (A200) 76-0165 (BD-22), datant de 1977, qui a déjà été photographié en Amérique du sud et notamment… à Belize (le 14 août 2018). C’est un avion de transport au code radio « SPAR-SAM » (Special Priority Air Resource) ou SAM (Special Air Mission).
Un avion pour des « VIP flights other than Diplomat » (quoiqu’il en balade aussi comme ici Linda Jewell Chargée d’Affaires et Defense and Army Attachée en Equateur. Ici son redécollage poussiéreux.  Pour ce qui est des raisons pour lesquelles il était là ça reste bien mystérieux : donné au départ pour s’être posé pour « raisons mécaniques », une autre version est venue comme quoi il se serait posé pour embarquer quelqu’un, qu’il aurait attendu quelque temps sur place. Juste avant de redécoller, il aurait été rejoint par une « camionette grise » indéterminée. Voilà qui sent bien l’exfiltration d’aviseur en danger ou de narco même !!! Un témoin sur place avait confirmé que l’avion avait déjà tourné au dessus la veille, mais sans se poser cette fois-là. Catracho est une piste officiellement répertoriée en face de Isla de Bahia, celle de Trujillo, longue de 1200 mères et longeant l’Atlantique, pas loin de la Ceiba, sur la côte nord du pays, bien visible de Google Earth :

Détecté mais retrouvé vide

Au Guatemala en février, le 23 exactement, l’armée découvre un Cessna abandonné au bout d’une superbe allée longue de plusieurs centaines de mètres taillée dans les taillis, à Sayaxché, dans le Peten. Il porte une livrée verte fort ancienne qui n’a pas été remise à jour. L’avion avait été recouvert d’une bâche noire et s’apprêtait donc à se dissimuler dans la végétation allentour, le rendant alors quasi invisible à la surveillance aérienne. C’est déjà le troisième de l’année dans la région avec le fameux jet déjà décrit (on ne se lasse pas de son redécollage! Aux côtés de l’appareil les habituels bidons bleus de chlorhydrate (les bidons blancs étant réservés au kérosène). Son immatriculation a simplement été dissimulée par des placards adhésifs blancs. On ne précise pas le volume de coke saisie ce jour-là.

Au Guatemala, outre les appareils abondamment cités ici dont le « fameux » Hawker posé en pleine forêt le 27 janvier en début d’année, c’est aussi un Beechcraft  C-90 bien classique qui a été découvert le 22 juin en plein secteur de Laguna del Tigre, endroit qu’on ne présente plus dans le Peten. C’est dans le parc national, à environ 120 kilomètres de la capitale du département et à six kilomètres seulement de la frontière avec le Mexique. L’avion a été découvert abandonné le long d’une longue piste dans une zone herbeuse, il porte une livrée typique des années 80 et n’a pas pu redécoller, car ces moteurs ont reçu.. des coups de feu. Rivalités entre bandes, certainement, expliquée déjà ici dans notre épisode CCLXXVII; car l’armée est arrivée bien après pour constater que l’avion était vide, bien sûr. Mais on ne pense pas qu’il puisse être venu là non plus en touriste… l’arrivée du vieux bimoteur avait été détectée par le système radar ARSR-I0D3 LR (ici à gauche) de la Force aérienne guatémaltèque (FAG), qui avait aussitôt lancé ses troupes à sa recherche. Aucune indication de donnée par les autorités sur son immatriculation, soigneusement positionnée hors-cadres sur les vues prises sur place.

L’Equateur, relais de la coke bolivienne

Le 30 mars, on se rend en Equateur, dans le Manabi, en plein nuit, ou un avion à l’allure bien connue vient de se planter. C’est dans la commune de Los Manantiales, dans le canton de Montecristi. L’avion porte une immatriculation mexicaine, XB-EJS, c’est un vieux Rockwell 690C Jetprop 840 qui a vu son train gauche prendre une ornière et s’arracher, il est couché sur le côté, hélice du moteur gauche pliée. L’avion a raté son décollage, manifestement: il était plein à craquer de bidons, des blancs pour l’essence, en quantité, pour une longue route, et des bleus pour la coke. En somme, on a évité de peu la catastrophe et l’explosion ! On découvre vite grâce à sa décoration restée inchangée que c’est le XA-TOR d’origine, qui date de 1981. (1) Le XB-EJS existe bel et bien, il s’appelle même « Dora » mais n’a pas la même robe extérieure. L’ex Dempsey Construction Corp de Mammoth Lakes Californie, acheté en 1988 et vendu et exporté au Mexique depuis près de 20 ans (le 25 juillet 2001). Un vieil habitué des cieux mexicains ! A bord, on a aussi trouvé son plan de vol, indique la télévision (cf ici à droite). L’endroit, le Manabi a toujours été un lieu de trafic, mais celui-ci s’est beaucoup renforcé ces derniers mois indique une article de l’année précédente d’El Diario, illustré par une Cessna. et le dessin intelligent de 4 terrains de football côte à côte pour expliquer la longueur des pistes clandestines nécessaires. « Une enquête du renseignement naval de la marine équatorienne révèle que l’arrivée d’avion légers s’est faite à Manabí depuis que les trafiquants de drogue ont réduit les expéditions de drogue par mer vers l’Amérique centrale.Cela a commencé à se produire à partir de novembre 2018, lorsque le gouvernement a signé un accord pour lutter contre le trafic de drogue avec les États-Unis. Depuis lors, l’avion militaire américain Orion-P3 a commencé à opérer pour effectuer des vols de surveillance maritime (de la base de Guayaquil ici à droite). L’avion a réussi à détecter plusieurs cargaisons de drogue transportées dans des vedettes rapides près des îles Galapagos par des pêcheurs de Manta, San Mateo, Crucita et Esmeraldas. L’enquête navale révèle que depuis décembre 2018, les trafiquants de drogue ont établi une nouvelle route aérienne, et en janvier ils ont créé des pistes clandestines à Manabí pour l’atterrissage d’avions légers (…) Depuis lors, la police des stupéfiants pense que les avions arrivent à Manabí avec des armes et de l’argent et repartent chargés de drogue. Cette hypothèse a eu du poids la nuit où l’avion a réussi à partir, car ils ont organisé une opération qui a conduit à neuf détenus, la saisie de 157 000 dollars et onze nouvelles armes à feu à des fins militaires. La police a déclaré que l’avion ne pouvait pas être intercepté parce que les détenus étaient confrontés à des tirs avec des officiers et avaient réussi à décoller. On soupçonne qu’il est parti avec une charge de drogue, car au lieu de l’atterrissage, ils ont trouvé plusieurs sacs qui auraient été utilisés pour le transporter. Les autorités ont indiqué que les avions avaient la capacité de transporter entre 500 et 700 kilos de cocaïne. La drogue part de Manabí« . Comme exemple un moins chanceux, découvert en novembre 2019 à Montecristi, un Cessna littéralement incinéré, occupants compris (dans le reportage on peut observer le passage d’un Tucano de l’armée de l’air équatorienne). En mai 2019, la télé montrait une piste clandestine à San Pedro avec un Cessna appréhendé immatriculé en « CP » (bolivien donc) lourdement chargé de bidons et d’un lot très imposant d’armes récentes (cf les trois clichés ci-dessus dans le texte).

Le 20 mai c’était le Cessna N286TC qui était découvert dans un fossé de en San Lorenzo, Esmeraldas. A bord 240 paquets de drogue. Il a déjà été cité ici…

En mars un autre avion s’était écrasé près du Rio  Bravo et avait entièrement brûlé. A bord, de la coke  un mexicain et un colombien, blessés tous les deux. L’engin, immatriculé N75RC, une existante réellement, aurait très bien pu être celui-ci... en juillet 2019 avaient été jugés les responsables de la grosse saisie le 2 décembre 2017, dans un Cessna (HC-BLT) découvert chargé à ras bord sur l’aéroport de Los Perales, a San Vicente : 582 kilos de cocaïne ! En Equateur, on le rappelle, opèrent quatre cartels mexicains. Le Cartel de Sinaloa, Los Zetas, le Cartel du Golfe et la Famille Michoacana.

Les valises envolées

Incidemment, on avait cru aussi le 8 juin a un avion chargé de drogue qui s’était écrasé à Tumbes, au nord du Pérou, près de la ferme d’El Bendito,(Zapumilia) à la frontière avec l’Equateur. Il n’en était rien, pensait-on. Quoique… C’était un long monomoteur bien reconnaissable, retrouvé complètement broyé, ayant fait plusieurs culbutes sur lui-même, à l’atterrissage (cgf ici à droite), un Piper PA-32 Saratoga Turbo (reconnaissable à son entrée d’air moteur) datant des années 1980 (ou 2000 pour ce modèle). Les passagers à bord, avaient été retrouvés grièvement blessés (on s’en serait douté, à voir l’état de l’épave, l‘un des pilotes, Franklin Lara déclaré « disparu », le second,  Alfredo Fabricio Espinoza Aldás, est mort sur le coup). Les trois passagers visibles à l’hôpital étaient César Rodríguez Fontecilla, Daniel Salcedo Bonilla, dirigant d’H.D.C. Productions, et son amie, une ancienne « miss », Jocelyn Mieles Zambrano, qui avait fini deuxième de miss Equateur en 2017. Elle en avait eu, de la chance lors de ce crash à la voir si peu blessée, apparemment ! Or l’équatorien Salcedo était alors recherché dans une affaire de corruption présumée et détournement de fonds dans l’achat de « fournitures médicales pour des hôpitaux lors de l’urgence du coronavirus » !!! L’achat en réalité de housses pour emballer les cadavres à l’hôpital de la sécurité sociale de Los Ceibos !!! Fontecilla étant assistant de service dans cet hôpital Teodoro Maldonado Carbo, où travaillait Salcedo. Celui-ci, quoique jeune encore, magouillait, avant tout, à l’évidence depuis une paire d’années lié à des politiques. On avait ainsi découvert chez lui par exemple un contrat signé avec lui H.D.C. Productions, sans appel d’offres, d’une valeur de 1 150 000 dollars US (quand même !), signé et approuvé le 20 décembre 2017 par le coordinateur administratif national du gouvernement de Guayas, Darwin Moreno Garcés, le frère du président de la République, pendant le mandat du contrôleur adjoint, Pablo Celi… Auparavant, cet intriguant jouant aux gros bras de salles de musculation, frimeur, adepte de la gonflette, avait aussi été impliqué dans une histoire de prime versée à Raúl di Blasio, il y a des années dans le gouvernorat de Rolando Panchana (lui aussi homme politique corrompu). Fait à charge contre lui, lors de ce voyage au Pérou, il avait emprunté le nom d’Abraham Muñoz Vélez, un des ses proches amis qui travaille dans un gymnase au nord de Guayaquil… En prime, Salcedo, extrait de l’avion placé dans le coma, a été détecté positif au Covid-19 une fois amené à l’hôpital ! A voir les photos du crash, en tout cas, on a une explication plausible à la catastrophe : un trop plein de bagages évident ! Les miss, quand ça voyage, il leur faut tout un gros attirail… rose.

En revanche pas d’explication à la modification flagrante de l’immatriculation de l’avion, appartenant à la famille d’Alfredo Adum Ziadé, homme politique et homme d’affaires qui déclare sans sourciller à la police que son avion de sa Granjas Marinas Doble A, Gramada S. A, « a été volé » par son propre pilote Franklin Lara… en oubliant un détail particulier : au départ il était siglé HC-BLO, or il était devenu incroyablement AO-BCQ (ici à gauche, il avait été repeint vers 2015 – en HC-BLO). La confusion régnait chez le peintre amateur qui avait fait ça en tout cas : le Pérou c’est OA, pas AO comme lettrage d’identification !!! Et étrangement encore, « l’avion était enregistré pour des opérations de fumigation (?), et appartenait à une ferme de crevettes, dont les bureaux sont basés à Guayaquil » selon ElComercio.com. (effectivement, Adum Ziadé fait certes dans la crevette, mais comme avion agricole épandeur, il y a mieux il me semble !!). Ouh là, voilà qui parait bien suspicieux tout cela ! Visiblement; il s’apprêtait à jouer un autre rôle, cet avion ! Et peut-être même le jour de l’accident, car au total ils étaient six à bord et non cinq (le voilà bien plus surchargé encore !) : « selon le rédacteur du journal péruvien El Comercio, Pedro Ortiz, qui l’a déclaré à ceux d’UdlaChannel un homme avait été secouru sur les lieux de l’accident par deux véhicules, une camionnette couleur plomb et un modèle réduit de véhicule Hyundai Elantra rouge. L’homme qui s’est enfui a emporté deux valises avec lui, selon la population locale »… ce quatrième passager « échappé » subrepticement, emmené « par des hommes armés » selon des témoins, photographié ici à droite par une caméra de surveillance de l’aéroport de départ, s’appellerait Andrés Alcívar… l’avion avait déclaré comme plan de vol  Guayaquil- Pista Roble Mar (Isla Puná), ce qu’il n’avait pas suivi. Bref, je vous laisse imaginer ce que pouvaient bien contenir ces deux fameuses valises envolées !!!

Le coup du vieux réacteur de 707 creux

Les trafiquants équatoriens, bien conseillés on le suppose par leurs mentors colombiens, ont en tout cas fait preuve au moins d’ingéniosité durant cette pandémie pour envoyer leur came de l’autre côté du monde. C’est ce que l’on a découvert avec surprise le 25 mai dernier… à Hong-Kong. Une drôle d’histoire en effet. Celle d’un container de 20 pieds arrivé d’Equateur en mars dernier, mais réclamé par personne depuis sur place. L’envoi était destiné à une société commerciale créée après-coup, récemment,  en avril de l’année dernière par le biais d’une société de secrétariat locale, ce qui avait pu augmenter les soupçons sur elle. Surprise, dans le container c’est un gros réacteur en fait qui a été envoyé. Un drôle de truc dont des parties du corps avant avaient été peintes à la va-vite de couleur aluminium pour faire neuf. Un bidule inutilisable !!! C’est un fait un vieux réacteur modèle Pratt & Whitney JT3D Turbofan produit à partir de 1959 (!); reconnaissable à son crucifix d’entrée d’air à nervures et ses trois corps bien distincts dont sa soufflante arrière qui dépasse de l’axe. C’est celui, mythique, du Boeing 707, du KC-135 et du B-52 !!! En fait cet exemplaire  avait une partie avant toute rouillée mais amovible, cachée sous la tôle peinte, constituée de volumes en demi-cercles soudés contenant tout un lot de drogues, pour 271 kg, dont de la cocaïne ! Au total il y en avait pour 32 millions de dollars !

 

 

(1) il a connu des déboires sérieux et une grande frayeur, raconte ici notre fameux « Badges« : « inscrit sous le nom de Dempsey Construction Corporation et immatriculé N840TC, il est entré en collision avec le planeur Grob 102, N22ZB, le 20 septembre 1996 en grimpant à 10000 pieds msl à 4 miles au sud de l’aéroport. Le pilote de l’Aero Commander avait annoncé son départ sur la piste 28 sur la fréquence unicom de 122,8 Mhz en roulage. Après son départ, le pilote a tourné à gauche et se dirigeait vers le sud-est dans une montée. Le planeur avait quitté l’aéroport environ 1 heure plus tôt par remorquage aérien et était en orbite à gauche dans une ascendance thermique. Le pilote de planeur surveillait la fréquence de 123,3 Mhz, une fréquence air-air utilisée par les pilotes de planeur. Quelques instants avant la collision, le pilote de l’Aero Commander réglait une radio de navigation. Il a levé les yeux et a vu le planeur dans son pare-brise, mais n’a pas pu éviter la collision. Le pilote de planeur n’a jamais vu l’Aero Commander. L’aile gauche de l’Aero Commander a heurté l’aile gauche et le fuselage du planeur à environ 9 800 pieds. Les deux pilotes ont pu atterrir en toute sécurité leurs avions à l’aéroport de Truckee après la collision. » Les trois clichés sont ceux de la réparation du planeur Grob.

 

Le journal citoyen est une tribune. Les opinions qu’on y retrouve sont propres à leurs auteurs.

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