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Coke en stock CCLXXXIX : et pendant ce temps-là, au Venezuela… on ment toujours autant

Tous ces avions, ou la majeure partie, décollent du Venezuela, qui, depuis des années maintenant, nous joue un show médiatique régulièrement entretenu pour en minimiser la responsabilité.  Le pays est truffé de pistes clandestines (aux alentours du lac Maracaïbo notamment) que l’armée ne détruit pas, ou dit avoir détruites alors que ça n’est manifestement pas le cas, ses généraux empoignant régulièrement le micro pour tenter de nous faire encore que son aviation les a abattus, alors qu’ils ont été détruits au sol par des trafiquants, quand ce ne sont pas de vraies mises en scène qui s’arrêtent lorsqu’un des fameux militaires est sur le point de dévoiler la vraie immatriculation dissimulée sous un auto-collant qu’il a maladroitement commencé à retirer. Bref, au Venezuela, le pouvoir ment, dans des proportions devenues au fil du temps considérables, à sa propre population en premier et au monde entier ensuite. La raison est simple, à vrai dire  : il participe activement au trafic, c’est une évidence depuis des années maintenant… et des années aussi qu’on vous le dit aussi ici !

 

Des tripatouillages à la pelle

Le Venezuela, pourvoyeur de gros porteurs, n’échappe pas non plus à la nuée des Cessna venus de Colombie qui l’approvisionnent régulièrement, visiblement, ou à ceux qui en décollent pour l’Amérique Centrale ou depuis quelques temps vers le Brésil. On en trouve surtout autour de la lagune de Maracaïbo, dans le Zulia et le Falcon comme états, sur une infinité de pistes clandestines, comme on l’a vu déjà ici  (1). Et un pouvoir en face qui ne fait que constater… quand il n’y participe pas, c’est à dire souvent. Le 4 décembre 2018, on arrête par exemple un colombien porteur d’un pistolet italien venu de Lombardie, de marque « Tanfoflio » (un TA90) et d’une Kalachnikov, tout cela près de Mitare, dans la municipalité de Miranda, dans le Falcon (c’est au nord du pays). Il possédait aussi sur lui une radio (VHF) de marque « ICOM » (serial IC-V8 23293169 nous dit l’article).  L’homme est montré de dos dans le commissariat où on l’a transféré. Le 15 janvier suivant, on trouvera un avion portant une immatriculation américaine, NY81YB, abandonné dans la paroisse de Casigua près de Mauroa (retenons le nom) : « un modèle Centurion II, blanc avec des rayures noires », et « elle était fausse » dit l’article.
« L’avion a été testé positif aux restes de cocaïne. On suppose qu’il venait de la République dominicaine, mais aucune autre information n’a été rapportée. » On a aussi découvert, dissimulé près de l’avion, un campement provisoire qui se résume à une simple toile tendue entre trois arbustes.  Juste de quoi de protéger du soleil (ici à droite). Un autre colombien appelé Perea Luis Eduardo, âgé de 26 ans, est également arrêté.

Le premier colombien arrêté est relié lui à « un autre appareil, lié à des activités de trafic de drogue », « qui porte les initiales américaines N365JK » cette fois, apprend-t-on sans plus de détails (on n’en montrera qu’un  bout ici à droite). Bref, les colombiens sont bien sur place, amenant sur place leur coke ! L’avion est annoncé sur l’ASN comme étant un Piper Navajo, mais Web Paraguana annonce lui un Beechcraft 200.  La photo de l’appareil découvert, recouvert encore de son filet de camouflage (ici à gauche), montre plutôt un bimoteur de type Navajo (à winglets, dont un bien visible sur l’aide droite)… à côté de l’appareil, une machine Caterpillar (bulldozer ou niveleuse ?) et un pick-up Toyota. L’article nous indique que dans le secteur, situé à 50 km à peine au sud de Puerto Cumarebo, il y a au moins trois pistes clandestines dans un un rayon de mois de 2 km. Et effectivement :

Sacré Nestor !

Le 12 juillet 2018, c’est un Beechcraft 90 qui est retrouvé le nez planté au bout d’une aire d’atterrissage clandestine ; il a oublié de freiner, lors de son arrivée, le 11 juin précèdent, à l’évidence. C’est l’ineffable Néstor Reverol qui se fend du communiqué pour l’annoncer : «  le ministre vénézuélien de l’Intérieur et de la Justice, le général Néstor Reverol, a confirmé aujourd’hui dans son compte Twitter qu’un «avion dédié au trafic de drogue a été capturé et ses 2 pilotes de nationalité mexicaine ont été arrêtés dans le secteur de Raya Arriba de la paroisse de Pueblo Nuevo dans la municipalité de Baralt de État de Zulia », dans le nord-ouest du Venezuela et à la frontière de la Colombie.  L’identité des détenus mexicains n’a pas été officiellement divulguée, ni lorsque les événements se sont produits, mais les premiers détails ont été rendus publics hier par le général de division.
Malgré le fait que Reverol ait évité d’entrer dans les détails, deux des trois photographies qu’il a publiées sur son compte Twitter ont montré que l’appareil s’était écrasé dans certains arbres et avait subi des dommages matériels; Il n’a pas non plus indiqué si des drogues avaient été trouvées dans l’appareil »
(aucune comme d’habitude à se demander ce que viennent faire tous ces avions vides ici !!!) « Cependant, il a rapporté que «après que l’avion a été localisé avec les initiales nord-américaines N3695W, les pilotes ont fui l’endroit détenu à proximité du secteur. En l’occurrence, des téléphones satellites, un GPS et d’autres éléments d’enquête ont été saisis. »  En fait d’immatriculation, c’était un bout de papier qui n’a pas supporté le voyage : à l’arrivée il pendouillait – des deux côtés- sur les flancs de l’avion !!! On arrêtera un peu plus tard deux mexicains, Andrés Vargas Flores, 40 ans, et Héctor Rincón Torres, 32 ans, présentés comme étant les pilotes de l’avion.  Mais aucune drogue n’a été retrouvée… encore une fois.

Le 25 juillet 2018, c’est un bimoteur intact qui est trouvé abandonné à Los Cuadrantes (les zones) de Paz, au milieu d’une énorme trouée dans de végétation basse indéterminée (850 mètres sur 30 de large). C’est manifestement un Cessna 421B dans sa version portant encore des réservoirs de bouts d’ailes et affichant l’immatriculation vénézuélienne YV2711, faite comme on peut le constater à l’adhésif (un partie s’est décollée avec la vitesse, on pouvait s’attendre à ce qu’elle soit fausse). Elle a aussi été portée par un Cheyenne II. Aucune drogue ni essence retrouvées, mais l’armée déploie pour lui les grands moyens pour faire de bonnes images à diffuser : une tente est montée pas loin, un large cercle est dessiné au sol pour servir de guide aux hélicoptères, et on met même en marche un drone pour mieux filmer la scène, avec force ralentis et accélérés (visiblement l’armée s’amuse avec son nouveau jouet) : les grands moyens, pour une énième mise en scène organisée de toutes pièces. Une fois les images dans la boîte, on remballe tout et on fait même redécoller l’engin en filmant son départ. The show is finished. Terminado !

Nestor Reverol est alors aux anges et tweete à tout va ! « Des responsables de l’un des Cuadrantes de Paz de l’État de Falcón sont ceux qui ont trouvé la piste clandestine et l’avion Cessna modèle 421c, (en fait c’est un  modèle »B ») utilisé pour le trafic international de drogue, le mercredi 18 juillet. Cela a été signalé par le chef de l’Office national anti-drogue (ONA), le G / D Juan Pedro Grillo González, de la municipalité de Jacura de l’entité, lors du développement de l’opération Boquete, pour la destruction de la piste d’atterrissage ». Mais comment son armée a-t-elle fait pour passer jusqu’ici à côté de cette si imposante piste ? On arrêtera 5 colombiens et 2 vénézuéliens après coup, sans plus.

Plantés ou camouflés

Le 5 octobre 2018, dans la municipalité de Jacura, dans le secteur regroupant Huequito, Araguán et Togogo, avaient été découverts deux avions Cessna abandonnés : l’un portait le sigle N2493 faux, et l’autre l’immatriculation mexicaine en XB-GIG, qui était fausse également. Les deux appareils semblent en bon état technique.

À l’intérieur d’un des avions, 4 fusils, 3 fusils de chasse, un GPS, un téléphone satellite et diverses cartes de navigation avaient été découverts : l’arsenal (ici à droite) habituel des trafiquants !

Ils stationnaient sur une énorme piste clandestine défrichée, d’au moins une cinquantaine de mètres de large et d’une longueur indéterminée. On sait en tout cas pourquoi les avions avaient été abandonnés : l’un d’entre eux avait encore ses roues figées dans la boue  (ici à gauche) !
Encore une fois les trafiquants avaient oublié de consulter la météo avant de se lancer !!!

Le 2 novembre 2018, c’est un autre Cessna encore qui est découvert dans l’Etat de Guarico, près d »un village appellé “El Silbón” dans la municipalité de Mercedes del Llano.  Un appareil intact et en très bon état.. A côté d’une longue piste clandestin, et même deux, proches l’une de l’autre. Il a été comme d’autre placé dans un bosquet, dissimulé sous un filet et des branches de camouflage. L’avion n’a plus qu’un seul siège, même celui de droite (celui du copilote) a été enlevé. Difficile d’imaginer à partir de là qu’il ne soit venu pour apporter de la drogue. Six bidons d’essence on été retrouvés ainsi que les vestiges d’un campement temporaire. Mais ce qui fait de cet appareil somme toute banal un cas, c’est sa double immatriculation : sur le fuselage, il porte en effet N7210, dessiné à la hâte; mais sous ses ailes on a laissé il semble par mégarde une immatriculation vénézuélienne en YV2276, celle, réelle, d’un Cessna 206 photographié ici en 2006 sur l’Arturo Michelena International Airport, au Venezuela !!! Or lui aussi c’était un modèle 206 !!! Et c’est donc fort probablement notre client du jour ! On peut être trafiquant, équipé d’un atelier de peinture performant et manifestement étourdi !!

Communication confuse à Mauroa

Le 20 juin 2019, c’est un grand classique du transport de coke qui est retrouvé intact à Los Pedros, secteur Las Camaroneras, municipalité de Mauroa (retenons le nom, c’est la deuxième fois qu’on le cite ici). Et quand je dis classique, c’est un modèle Panther, reconnaissable à ses hélices quadripales et ses entrées d’air moteur plus grandes.. et son logo noir -une panthère bondissante- comme marque de fabrique. C’était l’avion préféré de Pablo Escobar, rappelons-le ! Seul signe distinctif, de la peinture verte en gribouillage rapide au-dessus du numéro 3 de l’immatriculation US qui semble d’origine (N403D 31-7812100, chez Winstar Aviation LLC, ex N278CC). A bord, on trouve (enfin) 125 paquets de cocaïne. Mais, encore une fois les trafiquants ont réussi à s’échapper… comme à l’habitude, est-on tenté de dire :
« Les 125 paquets ont été transportés dans des camionnettes dont les « caleteros » se sont échappés, a déclaré le CIPC, lors d’une conférence de presse. L’opération a été effectuée le 15 juin par des responsables de la Division des enquêtes sur les drogues qui ont repéré une quinzaine de citoyens à bord des camions, transférant la substance illicite (cocaïne) d’un véhicule noir à l’un des avions » (tiens-donc, il y en avait plusieurs ? Quel est donc le second ?). « Quand ils ont vu l’arrivée de la police, ils ont commencé à lui tirer dessus, fuyant le site et laissant les paquets  de drogue. Les fugitifs sont présumés appartenir à un gang engagé dans le trafic international de drogue, du Venezuela à l’étranger ». La communication à propos de cette saisie semble hésiter et balbutier. On parle peu après de 143 kilos et non plus de 125 (en fait ce sont 125 paquet qui font 143,75 kilogrammes au  total), puis on montre ces paquets étalés, avec trois sièges enlevés à l’avion, les mêmes qui apparaissaient dans le cockpit, recouverts de tissu beige moutonné, des bidons d’essence pleins, de gros tuyaux et un camion Ford 350  à benne à claies comme on en a dans les champs de canne à sucre, deux bouteilles de gaz et deux motos de cross. Bel inventaire. Les paquets de coke sont tous siglés V-0-4.

Une autre image de la même saisie montre ce qui ressemble à un laboratoire de cocaïne en peine brousse (ici à droite). Mais sur la photo de la saisie, on affiche YV-2424 ou YV-2474-1. Le premier étant l’immatriculation d’un Falcon 10 de chez Aeronaves Falcon F-10 C.A, ex N427CJ qui l’avait porté provisoirement en 2016… en papier. Le moins que l’on puisse dire, c’est que ça n’est pas très clair, comme com’… le chef de l’ONA, Alberto Matheus, en rajoutant en déclarant « qu’une organisation criminelle avait l’intention de modifier l’acronyme américain de l’avion avec de la drogue afin de discréditer les politiques énergiques du gouvernement bolivarien contre le trafic de drogue. » On peut sourire en effet… En fait « d’américain », en prime, Matheuz avait tout faux : en cherchant un peu plus qu’à l’habitude, sur un site plus à jour que les habituels indiquant les changements d’immatriculation, on pouvait voir que notre N403D avait changé de propriétaire le 11 juin 2019, 9 jours avant son aventure, en s’inscrivant à Aruba !!!  Il aurait dû s’afficher en P4 comme indicatif !!!

Le Brésil, nouveau client

Le 12 août 2019, c’est toujours le même « classique « Navajo », un Piper PA-31-310 ou plutôt sa version brésilienne Embraer, peut-être bien, qui est retrouvé caché sous des feuillages et un filet noir à El Mpio, près de Piritu, dans l’Etat d’Anzoátegui, dans le nord, qui donne sur la mer des Caraïbes.
Cette fois on aperçoit un officier de police enlever le papier blanc qui recouvre l’immatriculation de l’engin qui est en PR-RHF (ici à gauche). Un peu avant, le 15 mai, par coup de chance, il avait été photographié sur le tarmac de l’aéroport de Belem Julio Cesar  au Brésil : c’est bien lui en effet, même formes et exactement la même décoration. C’est le 31-242 de la série. appartenant à Ortiz Taxi Aaero Ltda de Senador Guiomard, à Acre, au Nord-est du pays et installé aussi à São Francisco (Amazonas). La société de tourisme aérien détient d’autres appareils tel ce Cessna 208B ou ce Piper Seneca.

Fin octobre 2019, du côté de Jacura, toujours dans le Falcon ce sont deux bimoteurs qui sont retrouvés. Dans le secteur d’El Limoncito, près de la municipalité de Jacura, avec en même temps six gros bidons contenant 840 litres de carburant d’avion.  Un Beech Baron, tout d’abord, lui aussi rangé sous un filet noir et sous des branchages comme le fameux Hawker, et immatriculé PR-TXR (et donc encore un avion brésilien !). Lui c’est à coup sûr l’ex N2025W (TE-15), qui a été photographié en janvier 2019 à Boa Vista au Brésil. Il venait juste d’y arriver le 21 après un dernier saut passant par Saint-Georges dans les îles Grenades :

C’est la preuve que ce pays s’approvisionne aussi au Venezuela, le marché brésilien, comme on l’a vu ici, étant en pleine expansion grâce à ses redoutables mafias locales, hyper-structurées. Et pas loin de là, lui aussi dissimulé sous des frondaisons, en bordure d’un bosquet, au bord de sa piste clandestine, un bien plus gros Beechchraft 200 de belle allure et immatriculé (faussement on s’en doute) N787MA (celle d’un Piper Archer de Floride). On en ignore la provenance, mais on peut penser qu’il provenait lui aussi du Brésil. A côté, de même, 12 réservoirs de 70 litres (pleins d’essence) ont été saisis, prêt pour ravitailler le gros Beechcraft.

Un abri de tôle, sorte de hangar pour mécaniciens d’avion a été aussi découvert a proximité. Bref, une vraie base de narco-trafiquants !

 

Comme à son habitude, l’administration bolivarienne est là pour constater les faits, sans plus. Le show de la duplicité habituelle étant mené cette fois donné par le chef de l’Office national anti-drogue (ONA), Alberto Matheus Meléndez, récemment installé en juin 2019 (ici à gauche, « qui a conclu en déclarant que toutes les agences de sécurité au Venezuela, travaillent sans relâche pour empêcher les organisations criminelles colombiennes d’utiliser notre territoire comme pont pour le trafic de drogue vers les États-Unis et l’Europe. » S’il le dit, remarquez ! L’autosatisfaction est de règle depuis si longtemps là-bas… à grand coups de micro, de pupitre et d’exposés Powerpoint, cela fait des décennies que les responsables mentent. Ouvertement, et de façon de plus en plus grotesque, quant ils ne fabriquent pas des fakes…

Une fois l’armée bolivienne passée pour constater une nouvelle fois son impuissance à juguler le trafic (aucune saisie de cocaïne de fait et pas un seul trafiquant arrêté), elle incendie sur place les deux appareils cités plus haut (on ignore ce qui a été fait du gros Beechcraft), comme elle a l’habitude depuis des années. Au moins, cette fois, on n’a pas ressorti la fable des années précédentes sur des avions prétendument abattus par la chasse bolivarienne et ses énormes Sukkhoi d’interception, totalement inadaptés, et qui ne sortent plus ou presque d’ailleurs de leurs hangars, faute de carburant, pour eux.  Pas davantage que les F-16, en manque cruel de pièces détachées comme on s’en doute (2) !  Seuls ses Hogndu K-8W Karakorum peuvent faire l’affaire, mais ils manquent de « pods » à mitrailleuses.  En résumé, l’aviation de Maduro est incapable d’abattre un avion de trafiquant, mais clame le contraire depuis des années !

Plus surprenant encore 

Plus surprenant encore : le soir du 28 avril 2019, un Cessna arborant drapeau mexicain sur son capot, comme c’est la norme là-bas, se pose sur l’aéroport de José Leonardo Chirinos, dans la ville de Coro, dans l’état de Falcón. Il porte une immatriculation évidente, dite « KB-LJF » par la presse qui a confondu pour sûr avec XB-LJF. Un premier cliché plutôt flou le laisse entrevoir pourtant (ci-dessus). Problème, une deuxième photo montre que l’immatriculation a été passée à la bombe à peinture noire, comme l’a été déjà celle de l’aile. Pourquoi donc, mystère. Les deux pilotes mexicains ont été arrêtés, paraît-il, mais devinez pourquoi : pour contrebande d’essence !!! On atteint des sommets, là, chez Padrino et consorts !!! La page d’un site donnant la bonne immatriculation (mexicaine) a été depuis supprimée !!! 

Comment s’acheter une Ferrari : avec de la drogue, ou de l’or ?

En intermède de ces cas pendables, on peut en ajouter un autre. Celui du vénézuélien Roberto Antonio Espejo Camacho, posant ici au Brésil à coté de son véhicule préféré : une Ferrari, pas moins (notez l’emplacement où elle s’est garée, comme le disait Audiard…). L’homme en 2018 avait déjà été soupçonné de contrebande aggravée et de trafic de matériel stratégique, auxquels avaient été ajoutés l’année suivant des soupçons de trafic de drogue. Bref, il était équipé d’un CV bien chargé. Or le 26 décembre 2019, il sera arrêté au Brésil alors qu’il figurait sur la liste rouge de l’Organisation internationale Interpol pour trafic de drogue et blanchiment d’argent seuls. A cette occasion on revient rapidement en arrière, en juin, pour constater qu’il fallait lui ajouter un troisième grief, et même ne plus lui attribuer que celui-là, même en priorité. Les importantes sommes d’argent qui transitaient sur ses comptes, notamment en République Dominicaine, ne provenaient pas de la drogue. C’est sa belle-mère, Estela Gómez de Rodríguez, qui avait révélé la chose, en se faisant bêtement pincer en juin 2019 avec 1 378 178 dollars sur elle, dans un sac, emporté sur un petit avion stoppé sur l’ aéroport de la Romana, en partance pour le Venezuela. L’avion était le petit Beechcraft Baron YV2887 de  la société Transporte Aéreo del Sur, dirigée par César Leonel Díaz González ( à gauche sa flotte de trois Cessna 206 photographiés au Parque Nacional Canaima, aujourd’hui tous saisis). On venait de découvrir que González avait effectué ainsi plusieurs voyages dans les Caraïbes. Et pas pour transporter de la cocaïne, mais de l’or !!!  » Il a été établi que c’est lui qui a financé ces vols. Il les a utilisés pour extraire de l’or du territoire national et le commercialiser illégalement comme je l’ai dit initialement en République dominicaine. Les autres destinations sont Aruba, Curaçao et les îles des Caraïbes telles que Trinidad … », a déclaré le procureur Efecto Cocuyo. Camacho est en effet à la tête d’un réseau international dédié à la contrebande d’or, qui extrayait dans les mines vénézuéliennes et vendait illégalement au Brésil, d’où il était renvoyé à des pays comme l’Inde ou les Émirats Arabes, entre autres, note l’accusation.  » Le groupe criminel, composé de Brésiliens et de Vénézuéliens résidant dans l’État de Roraima, limitrophe du Venezuela, est venu faire passer en contrebande 1,2 tonne d’or entre 2017 et 2019, d’une valeur de 230 millions de reais (environ 57,5 ​​millions de dollars) , selon la police. » On rappelle au passage que lors de la célèbre affaire d’Air Cocaïne, un vol au moins avait été fortement soupçonné d’avoir été un vol de trafic d’or également. Et que l’avion avait été arrêté…en République Dominicaine  !!! En tout cas, au début, à la Môle les gendarmes surveillaient bien un trafic d’or et non de cocaïne !!

Les têtes brûlées mexicaines

Le 4 septembre 2019 c’est au tour d’un avion Cessna type, T-210, blanc et beige, de s’écraser à proximité de la ferme « La Coromoto », dans  le secteur de « Las Cruces », Guanarito, dans l’Eta de Portuguesa (au nord de Ganare, à l’est du lac Maracaïbo. L’appareil, tombé dans région marécageuse, s’est littéralement enroulé autour d’un arbre dans un choc qui a dû être effroyable. Tout a été déchiqueté, occupants compris.  Les deux pilotes sont évidemment morts, et ils sont cette fois mexicains : ce sont David Alejandro Pérez Rubio (38 ans), natif de Sonora et Manuel Arturo Calderón García (24 ans), originaire de Tabasco.. On a retrouvé leurs passeports intacts dans les débris éparpillés (ici à droite). Le crash aurait eu lieu le 29 août 2019 exactement selon les riverains.

Le 18 septembre, nouvelle annonce signée du « Codai-Fan », à savoir le bureau antidrogue officiel (dans un pays où le dirigeant principal est accusé de narco-trafic, ça prête à sourire en effet). Ce sont deux photos juxtaposées, celle d’un peu Cessna rouge, blanc et doré, prise en plein vol, et celle d’un avion au sol, calciné après s’être écrasé dans une brousse indéterminée. Avec les deux tampons dessus apposés « neutralisés ». On ne peut faire pire propagande en effet que ces deux clichés. Aucune preuve que les deux appareils aient été abattus, par les forces aériennes du pays, on l’a dit totalement inaptes à le faire, et que le premier ait pu être mis hors d’état de nuire autrement qu’après s’être posé. Bref, des déductions et des assertions gratuites, sans preuves aucunes, qui révèlent plutôt une faillite totale du système de propagande entretenu en haut lieu.
Le 20 février, un Cessna 206 de narcos, immatriculé XB-ILR, avait certes été contraint à atterrir à Guasave, dans le Sinaloa, au Mexique donc, poursuivi par un Blackhawk de l’armée du pays (ici à gauche). A bord, un pilote du crû. Un des pilotes véritable casse-cou comme le sont les jeunes boliviens déjà décrits ici, et leurs acrobaties dangereuses. Unis dans la confrérie des preneurs de risque à casquette (ici à droite). Les quelques renseignements donnés ailleurs pointent vers le mexicain (encore un) « El Pecas » l’alias d’un dénommé Eduard « N », originaire de Tamazula, âgé de 35 ans, taxi-aéro de formation, dans l’État de Durango (3) dont une photo en qualité de passager d’un petit avion est montrée alors qu’il serait le pilote décédé dans le crash. L’article se terminant dans le flou le plus total : « Bien qu’il ait été révélé que «El Pecas» était l’un des responsables des vols pour transporter des drogues, on sait très peu de choses sur lui, ainsi que sur le temps qu’il a passé dans les rangs du cartel de Sinaloa ». Toujours le même flou ! Dans un autre article, on montre un prétendu pilote de narco, qui volerait sur le Cessna immatriculé XB-HZQ :

Ces fêlés du manche sont souvent jeunes et aussi inconscients que les boliviens déjà décrits ici à deux reprises (ici le compte-rendu de l’incident).  On en a eu fort récemment (le 25 avril dernier) un exemple en direct, filmé du sol, de Villa Adolfo Mateos Sindicatura, endroit mieux connu sous le nom d’El Tamarindo, à Culiacán, dans le Sinaloa. Un endroit où il y a une piste d’aviation qui est en fait celle des avions agricoles d’une grosse ferme voisine (visible sur Google Earth au 24° 53.385’N et 107° 38.975’O. Le nom nous dit quelque chose : en 2014 c’est là « que cinq petits avions qui avaient été sécurisés ont été volés et des jours plus tard et retrouvés sur un ranch de de Villa Adolfo López Mateos, El Tamarindo, à Culiacan » peut-on lire ici.  Cela fait longtemps que le lieu est le fait d’exploits aéronautiques -ou sportifs- divers, un endroit où l’on aime faire la fête il semble bien. Lors d’une cérémonie pour faire valoir le tourisme local, on avait pu entrevoir un bar bien garni, des pompiers et même des membres de la Navy mexicaine. On offrait des tours en hélicoptère ce jour-là. A la fin de la semaine d’animations a surgi un Cessna 210 fraîchement repeint et immatriculé XB-PLV, parti de cette piste, on pense et non de l’aéroport de Culiacan où sont stockés les avions saisis par la Police et, après des passages bas et des dangereuses pirouettes, il est parti en chandelle et en abattée sur la droite dont il ne s’est pas relevé totalement : il s’est écrasé le nez en avant, moteur séparé du reste de l’avion et a fini au sol retourné sur le dos. A bord pas de morts, on se demande encore comment, mais quatre blessés grièvement on s’en doute. Leur âge s’échelonnant de 18 à 23 ans seulement…

Gang de colombiens

Le 13 décembre 2019, c’est une vieille connaissance aéronautique dans le trafic de drogue, qui se fait pincer. Un Rockwell TurboCommander type 690B immatriculé YV1085 vu ici au Portland Int’l Airport dans l’Oregon, le 30 août 2011. Depuis 1977 et sa sortie, il n’a pas changé de propriétaire, c’est Corporacion Centre Comercial:  il a simplement vu a décoration rajeunir. D’où la surprise de le voir ainsi après des années de tranquillité pincé dans son hangar, le N°25 de l’aéroclub de Valencia (ici à droite). L’avion a en effet changé de mains et il appartient désormais au colombien Richard D´Jango Cruz Romero (âgé de 47 ans), sur lequel pesait une alerte rouge d’Interpol depuis janvier 2014, pour son implication présumée dans des assassinats, des lésions corporelles ou pour association de malfaiteurs.

C’est donc la redoutée Sebin qui est intervenue, aidée par la section d’Interpol de Carabobo pour l’interpeller, lui et trois autres hommes. Les biens accumulés par Cruz Romero sont perquisitionnés, dont deux résidences à Guataparo et trois autres à La Trigaleña, situés dans le bâtiment Amalfi Suites, tous détenus par lui (ici à droite).  Son frère José Ángel Cruz Romero est également arrêté; ce serait lui le chef d’un gang de sicarios (assassins) opérant à Punto Fijo, et Darwin Antonio Chirinos Torres, autre membre du groupe (ici à gauche), tous colombiens. L’explication de ses biens importants, on la trouve au Panama , dans les Offshore Leaks dans Django Trading N.V société de blanchiment d’argent sale.  L’homme possédant aussi Creos Servicios Mundiales, SA. A droite la recherche de cocaïne dans son TurboCommander.

Le 15 décembre 2019, on fait à nouveau dans le spectaculaire médiatique, sans que ça ne repose sur quelque chose de grandiose, question saisie… C’est un élégant petit Cessna 340 immatriculé YV2035 qui en fait les frais. Il n’a rien d’un faux appareil, c’est bien le 310R-1630 ex YV-1953P datant de 1979. Parqué dans un hangar de l’aérodrome de San Juan de Los Morros; il reçoit la visite des agents de l’antidrogue. Cela ressemble fort à une dénonciation, ou à une énième mise en scène d’ Alberto Matheus Meléndez qui tente de démonter que ses services (l’ONA) servent  à quelque chose dans ce pays. On inspecte donc l’avion et on découvre sur sa moquette à l’intérieur des « traces » de cocaïne. Bien grosses, bien trop pour être vraies…mais fort visibles à la caméra, ou alors ils sniffaient à fond à bord ! L’opération est amplement filmée on comprend pourquoi. Il s’agit d’annoncer une vague arrestation de gang composé de 4 vénézuéliens et de 4 colombiens.

En temps, le défilé continue, et à défaut d’attraper des avions, on attrape des camions ou des bulldozers, comme celui retrouvé ci-dessus utilisé pour fabriquer des pistes clandestines, avec à ses côté des bâches noires et des filets pour dissimuler les avions… Toute une organisation en place.

Le défilé, et les mensonges…qui continuent eux aussi:  le 7 avril, l’ineffable Vladimir Padrino, ministre de la Défense depuis le 25 octobre 2014, annonce sur Twitter, dont il est un grand utilisateur et un grand disséminateur de fake news aussi, que non décidément « ils ne passent » pas les avions des narcotrafiquants dans son pays, non mais ! Pour cela il annonce pour la énième fois que sa vaillante armée aux avions sans kérosène (vu la pénurie régnant là-bas) a « abattu » ou « immobilisé » plutôt, un avion de trafiquants dans l’Etat de Zulia. On y apprend plus exactement que « début mars, des responsables de la Garde nationale ont détecté un avion portant les initiales américaines et qui serait chargé de 28 fûts en plastique, dans l’État de Falcón après avoir exécuté l’opération Operación Escudo Antidrogas Costa Marítim . À travers son compte Twitter, cette composante militaire suppose que le dit avion était utilisé dans des actions de trafic de drogue. Il était situé sur une piste clandestine, située dans le secteur « Casigua » de la municipalité de Maroa, qui a été désactivé dans l’espace aérien par le Codai-FAN. » Le journal ajoutant « L’opération la plus récente du Codai et du Ceofan est enregistrée après l’annonce faite par le procureur du district sud de New York (États-Unis), Jeff Burman, le 26 mars, lorsque des accusations criminelles ont été révélées contre Nicolás Maduro, pour association de narco-terroristes avec les Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC). » Bref, qu’il s’agit d’un contre-feu tenté par le Venezuela. Un contre-feu fort maladroit : pour illustrer les prouesses de son invincible armée, Padrino n’a rien trouvé de mieux que de réutiliser la photo qu’il avait déjà lui-même tweetée le 5 novembre 2013 (cf ici à droite), montrant un avion déjà prétendument abattu, alors que c’était celle du fameux Hawker XB-MGM (ici à gauche) que les trafiquants avaient réussi à poser sans encombre après l’avoir incendié en plein Apure… ce que des internautes curieux révèlent aussitôt. Le problème avec le mensonge, c’est que dès que l’on commence, on ne peut plus s’arrêter, et c’est bien tout le problème de Vladimir… l’avion étant un Beechcraft, retrouvé en fait… intact, et dont nous allons parler demain bien entendu… si vous le voulez bien !

 

(1) l’office antidrogue (l’ONA, Oficina Nacional Antidrogas) si, si, ça existe paraît-il là-bas, avait annoncé avoir détruit 488 pistes clandestines au 5 décembre 2018.  Le chiffre est colossal !

(2) « L’incapacité du FANB à mettre à niveau ou à maintenir des armes avancées acquises auprès de ses bienfaiteurs en Russie et en Chine reflète un acte de sabotage auto-infligé. Si la FANB ne peut pas maintenir ces systèmes en raison de sa propre complicité dans la corruption économique du régime de Maduro, alors elle se prive de capacités conventionnelles telles que la défense aérienne qui sont nécessaires pour une guerre de défense extérieure », écrit ici  du Georgetown Security Studies Review. En octobre 2019, un des Sukkhoi s’est écrasé tuant le Général de brigade Virgilio Márquez et le Capitaine Nesmar Salazar sur la base Manuel Riis.

(3) Pour ceux qui voudraient se faire une idée de sa profession, s’il a bien existé, il faut se rendre ici sur le blog de « Pilotes Sierreros » de Jorge David Coughnauour Buckenhofer, pilote à  Chihuaha. Impressionnant ! On peut le voir voler dessus El Salto Ángel ​les célèbre chutes d’eau au Venezuela !!! A un moment on aperçoit le Cessna XA-TNK, qui s’est en fait crashé le 23 septembre 2019 en blessant ses cinq occupants ! Il a fini sur le dos ! Coughanour lui, est mort, depuis : assassiné !

 

Le journal citoyen est une tribune. Les opinions qu’on y retrouve sont propres à leurs auteurs.

 

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