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Coke en stock (CCCXXXIV) : A Santa Fe, en Argentine, ça fait 15 ans que ça dure

L’article d’Ignacio Mendoza dans Aire Digital est sans ambiguïté : « depuis au moins quinze ans, le sombre complot des vols clandestins de trafic de drogue se répète à plusieurs reprises dans tout le centre et le nord de la province » écrivait-il pour le débuter le 27 septembre 2020. C’est le moins que l’on puisse dire en effet, tant la région autour de cette ville proche de Parana, avec laquelle elle est reliée d’ailleurs par un tunnel subfluvial, concentre les atterrissages d’avions chargés de drogue ces dernière années. C’était le fief en effet des frères Gonzalo et Erwin Loza, assistés de William Weston Millones, un Péruvien de 45 ans… tous trois les rois des bagnoles de sport exportées en Espagne !!! Ils ont été arrêtés récemment, dévoilant l’ampleur du trafic menant directement à… Malaga en Espagne (1) !

« Depuis au moins quinze ans, le sombre complot des vols clandestins de trafic de drogue se répète à plusieurs reprises dans tout le centre et le nord de la province. Le dernier cas est celui mené par Juan Adrián Fleitas González, le 22 février (2020) sur une route rurale du département de San Justo à plus de cent kilomètres de la ville de Santa Fe. Ce jour-là, le Paraguayen nationalisé argentin a écrasé l’avion Cherokee 140, Numéro d’enregistrement ZP-X060 dans lequel on soupçonne qu’il a transféré 200 kilos de marijuana du Paraguay, qu’il a ensuite transportés avec l’aide d’un ancien policier dans la capitale provinciale » ; Je vous ai fait part de cette atterrissage plutôt mouvementé ici-même dans l’épisode CCXCVIII sur le trafic pendant la crise du Covid19. D’emblée, l’article de Mendoza mettait l’accent sur la provenance de la drogue : le Paraguay, pays-relais de la drogue andinen, dont l’importance epliquée ici en détail voici deux ans n’a cessé de s’accentuer.

De l’histoire ancienne, donc, mêlant contrebande classique de haschich et cocaïne, comme ici il y a plus de dix ans déjà :  « pour l’affaire, le procureur fédéral Walter Rodríguez a formulé la demande de renvoi au procès du pilote et de l’ex-en uniforme après avoir compris qu’ils avaient effectué des actes préparatoires au transport de stupéfiants, ainsi qu’un mariage composé de Lorena Melgarejo et Claudio «Pulga» Caso. Les deux fugitifs et avec un mandat d’arrêt sur lequel le parquet fédéral a enquêté n°2 n’est pas nouvelle dans la région, mais elle a déjà une historique d’affaires suivies dont beaucoup ont atteint le stade du procès devant la Cour fédérale et se sont terminées par des condamnations. C’est le cas du Brésilien Waltecio De Matos Barboza (56 ans), arrêté le 1er août 2009 – environ 12 h 20 – dans un champ situé dans la commune de Saralegui (département de San Cristóbal). Il avait été arrêté par des policiers après une enquête menée par le parquet fédéral de Reconquista, dirigée par Roberto Salúm, et qui a révélé comment des avions en provenance de l’étranger contenant des stupéfiants sont arrivés dans une propriété de cette juridiction. Ce jour-là, Matos Barboza, qui était accompagné du Paraguayen Saucedo Giménez (42 ans), avait précipité au sol l’appareil Piper Aircraft Corporation (un Embraer en fait), EMB-710 C, qui appartenait à la société brésilienne Aeronáutica SA et a atterri de force sur le terrain. . Il transportait 237 kilos de marijuana dans des sacs en toile de jute » (visibles ici à gauche extraits des débris de l’avion). « Après l’impact, les deux membres d’équipage ont immédiatement quitté l’avion alors qu’il commençait à prendre feu (cf plus haut ici à gauche). Ils ont donc dû immédiatement retirer le matériel narcotique qu’ils avaient chargé dans une pièce située près de la ville de Capitán Bado, département d’Amambay de la République du Paraguay. Une fois l’incendie éteint, Matos Barboza et Saucedo ont été arrêtés et des années plus tard jugés pour trafic de drogue ». Le récit du crash est à lire ici en (2). L’avion devait au départ atterrir sur une piste clandestine de 800 mètres de large et 50 mètres de large, mais à la suite d’un problème technique, il avait dû se poser en catastrophe. Matos Barbosa était un récidiviste en réalité : il avait atterri en 1998, en express toujours à bord d’un avion chargé de cocaïne à Laguna Imakata (dans le Chaco), et l’avait déjà incendié intentionnellement pour effacer ses traces !!!

Le 21 juin 2016, autre exemple, c’est un Cessna que l’on avait retrouvé abandonné, le nez dans le fossé, après s’être posé en bordure d’un chemin de piste clandestine.  Un Cessna 210Centurion immatriculé ZP-BAF. « Le 30 janvier 2012, trois hommes – un Argentin et un Paraguayen – avaient été arrêtés sur la route provinciale N ° 93 après l’atterrissage d’un avion transportant 254,53 kilos en provenance de la province de Formose. Il s’agit de Javier F., Claudio Gustavo Lencina et Luis Alberto Herrera Aquino, qui ont également été condamnés par le TOF Santafesino à six ans d’emprisonnement effectif lors d’un jugement expéditif. » Leur avion était justement le ZP-BAF.  Un avion qui pratiquait comme ses prédécesseurs : « les cas mentionnés ci-dessus permettent de déterminer une certaine similitude avec la découverte de l’avion Cesna ZP-BAF sur la route rurale de Los Cardos. Cette similitude est évidente dans l’utilisation de plusieurs fûts à carburant, les pistes clandestines et le lien avec les citoyens des pays étrangers voisins ». A noter pour ce qui est des records de distance, celui tenté par le pilote brésilien Cleber Paulo da Silva parti de Foz do Igucau, dans le Parana, direction… Fortaleza.  Un voyage de… 2 865 km en ligne droite, effectuant avec un avion (Cessna 210) dont l’autonomie normale est de 1 668 km maximum…  L’avion s’était écrasé à Asunçao do Piaul, un second l’avait fait à Boa Viagem….

Et Mendoza de citer encore un autre exemple antérieur : « une histoire similaire a vécu deux ans avant Uel Leite de Souza (70 aujourd’hui et également originaire du Brésil), qui savait se faire connaître par ses différents surnoms: « tratorista », « pilot », « veio » ou « virgulino » et pour ayant utilisé un faux nom, celui de Fernando Angelo de Souza, lors de sa détention à Santa Fe. Il a été arrêté le 23 septembre 2007 dans un champ du département du 9 de Julio après avoir écrasé son avion Cessna 210, bleu et blanc, immatriculé ZP-TXV. Après l’accident, De Souza a marché le long de la route 40 jusqu’à ce qu’il soit intercepté par des policiers qui l’ont arrêté. Le pilote a dit aux hommes en uniforme qu’il avait été victime d’un accident d’avion, et il a été emmené sur le pickup de la police et amené sur le terrain où se trouvait l’appareil. Quand ils l’ont fouillé, les policiers ont trouvé une scène que la série Netflix présente actuellement: 36 paquets enveloppés dans des sacs blancs de type toile de jute, certains avec les inscriptions et fermés à leurs extrémités avec du ruban d’emballage dont le contenu n’était rien de plus. et rien de moins que des pains de marijuana. De Souza a été arrêté et mis à la disposition de la justice où il a fait une déclaration et diffusé une série de données clés sur le fonctionnement du crime organisé par voie aérienne. Il a déclaré qu’on lui avait promis le paiement de 5 000 dollars s’il transportait la marchandise et qu’il effectuait généralement de tels voyages dans la ville de Campana (Buenos Aires) et au sud de la lagune de Mar Chiquita (Córdoba) pour livrer des articles électroniques de contrebande. » Bref, une pratique constante dans le secteur, constituée autour d’une contrebande classique se transformant aléatoirement en trafic de drogue selon la demande. Quelque chose de bien classique, aperçu dans les années 70 et 90 en Basse Californie et le Mexique, comme déjà expliqué ici. Un phénomène historique, repoduit au Paraguay, donc.

Le fameux De Souza on le connait bien ici comme délinquant notoire lié à des attaques de banques : « on revient aux découvertes « aériennes » de la Commission parlementaire brésilienne.  Cette fois avec une drôle d’histoire un peu longue et un peu compliquée; mais là encore elle éclaire sur le vécu du moment.  Les gangs s’attaquaient aussi aux banques, à cette époque comme ailleurs.  Et certains étaient prêts à tout pour transporter le fruit de leurs larcins.  Et la Commission est tombée sur l’un d’entre eux. On commence par cet autre appareil tombé dans le collimateur de la CPI.  C’est un Piper PA-31 immatriculé PT-LVT, N° de série 31796, ex PP-EEW; enregistré le 7 juin 1999 au Brésil.  L’avion est au milieu d’un beau mic-mac en fait. La police vient en effet d’arrêter à Presidente Prudente (Sao Paulo) un homme portant sur lui plus de 200 000 dollars US, qui selon lui proviennent de la vente de l’avion à Odarício Ribeiro, un appareil immatriculé PT-LVT.  L’homme s’appelle José Ferreira Da Silva. En fait son vrai nom est Uel Leite de Souza.  Or le même avion avion, immatriculé PT-LVT aurait déjà été « vendu » au Paraguay !  Voici pour le premier volet.  Les enquêteurs découvrent le pot aux roses avec d’autres documents :  l’avion, un Piper PA-31 (3179) ex PP-EEW , immatriculé  PT-LVT a en fait été acheté par Odarício Quirino Ribeiro Neto à Arnaldo Machado Diniz, au prix de 232 400 reals, (65 000 dollars actuels) au moyen d’un contrat d’achat d’aéronefs daté du 22 avril 1999, d’un montant de 50 000,00 reals plus 24 versements d’un montant de 7 600 reals dans des billets à ordre dont les échéances mensuelles commencent le 22 mai 1999 et se terminent le 22 avril 2001.  Comme dans les cas précédents, après l’arrestation d’Uel Leite de Souza, un contrat d’achat et de vente a été conclu pour le même avion, qui aurait été vendu à un avocat paraguayen, un  commerçant de soja, nommé Facundo Jorge Canova Spelling, ayant des adresses à Asuncion et Ponta Pora (on revient toujours dans le même secteur suspicieux vous le remarquez). Acheté par Odarício Ribeiro un peu plus de 200 000 reals (deux cent mille reais) le 22 avril 1999, le même avion aurait donc été vendu à l’avocat paraguayen, le 25 septembre 1999, pour la somme de 200 000 dollars (deux cent mille dollars), en espèces, en monnaie locale. «  Coïncidence », le document présenté à l’appui de cette version a été authentifiée par le notaire de Vila Guilherme, Sao Paulo, exactement le 28 février 2000, la date de l’arrestation d’Uel Leite de Souza… Bref, une belle cavalcade de tentée… les premiers versements étant en monnaie de singe, passer de 200 000 reals (65 000 dollars comme on l’a vu) à 200 000 dollars est une belle culbute !!! »

Le Piper avait en fait participé indirectement à un énorme vol-up, reliant ainsi trafic et mafia armée : « ensuite, dans une autre partie du rapport, c’est l’agent de police Ataide Santo Rodrigues qui prend la suite et qui indique qu’il a trouvé un seul avion sur la piste, ce jour-là, indiquant que c’était un bimoteur d’avion Piper PA 31, de couleur blanche, modèle Navajo, préfixe PT-LVT, et qu’il a trouvé le pilote dans une cafétéria de l’aéroport, en  train de consommer une bière.  Il s’est adressé à lui.  Immédiatement  il a confirmé qu’il était le pilote de l’avion, qu’il n’a pas pu lui montrer les papiers de l’appareil réclamés, mais qu’il a fourni un passeport, au nom de Fernando Angelo de Souza. Il est ensuite  entré dans l’avion avec le policier Gilberto qui y a « trouvé un badge d’identification de vigiles de la société CIT-TGV, au nom de Edilson da Silva et de Transportadora de Valores e Vigilância Ltda., établie dans la ville de Maringa, PR, Mariano, et une clé d’un camion pick-up, la fabrication GM » …  Le policier a ensuite conduit le pilote à cette unité de police et a téléphoné au siège du TGV de la société, étant informé que le badge appartenait au conducteur d’une voiture blindée qui aurait été dévalisée ce matin, vers 9h30, sur l’autoroute PR 170 … Le vol avait été pratiqué par plusieurs hommes fortement armés à l’aide de plusieurs véhicules, s’attaquant à quatre gardes, pour voler 250 000 dollars au Trésor Régional de Banestado à Maringa.  Or dans l’avion même, il y a avait encore quatre revolvers de calibre 38, quatre gilets pare-balles et un fusil de chasse calibre 12 appartenant à la compagnie de transport !!!  Demandant des précisions sur le passeport à Três Lagoas, qui semble posséder de fausses immatriculations, il a alors demandé a l’individu s’il utilisait donc plusieurs faux noms, lequel était donc le vrai, ce à quoi il avait répondu « Uel Leite de Souza » … un nouvel échange confirmant que la personne était bien connue des forces de police, car recherchée par la police fédérale dans l’état de Roraima, indiquant même de la détention préventive contre lui … « il avait un aussi casier judiciaire chargé pour avoir commis un trafic de stupéfiants et de crimes divers, confirmant la délivrance de deux mandats d’arrêt dans une procédure dans l’État de Roraima (affaires 016/99 et 0146/99).  Puis l’autorité de police a déterminé l’arrestation en flagrant délit de l’accusé pour la pratique des crimes de vol et l’utilisation de faux documents » .  Bref, l’homme qui avait tranquillement déposé à la CPI était bien membre d’un gang… qui venait d’attaquer un fourgon blindé !!!

Verdict le 6 novembre 2001 :  « selon Maria Tereza, le CPI de l’État narcotrafic a recueilli les premières informations sur l’affaire de 1998 à 2000. Au cours des enquêtes du député, il a été découvert que les hommes d’affaires avaient même eu des contacts avec la famille Morel. La famille est connue dans le commerce international pour avoir une plantation de marijuana au Paraguay (expliqué ici également avec surtout João Brasiguayo Morel, le précurseur).

« Le juge du 1er tribunal d’Atibaia (SP), Carlos Eduardo Borges Santacini, a condamné les hommes d’affaires Odarício Quirino Ribeiro Neto et José Gomes Filho à 28 ans de prison pour implication dans le trafic de drogue entre le Brésil et le Paraguay. Neuf autres accusés dans le procès ont également été condamnés à une peine moindre. Le juge a également ordonné la saisie de 19 avions utilisés dans le trafic de drogue. Parmi les accusés, outre Ribeiro Neto et Gomes, se trouvent quatre chauffeurs, le propriétaire d’un magasin de voitures à Osasco, Wilson Matias da Silva, l’un des associés des hommes d’affaires Vitor Santo, des parents et employés des hommes d’affaires. Ribeiro Neto et Gomes sont propriétaires des hangars utilisés pour le trafic. La plus petite peine délivrée était d’environ six ans pour le beau-frère et le beau-père de Ribeiro Neto. Les pilotes sont condamnés dans des États comme le Mato Grosso do Sul, Espírito Santo et São Paulo ».

Un avion volé dans un aéroclub 

Une vieille histoire, donc, reprise ici par Mendoza : « Le cas du pilote paraguayen Víctor Granados en est un autre qui a également fait l’objet d’une enquête de la justice fédérale et s’est terminé par leurs condamnations respectives. Cette arrestation a eu lieu après une enquête qui a débuté en 2007 par des agents de la gendarmerie nationale qui ont reçu l’information qu’une organisation dédiée au trafic de drogue allait transporter par avion de la République du Paraguay vers un champ de la ville de Pozo. Pas loin de Santa Fe. Une fois l’enquête avancée, le 17 avril de la même année, les enquêteurs se sont camouflés à proximité de la propriété où la marijuana devait être déchargée. Vers 13h30, le bruit d’un avion entendu au milieu du silence de campagne puis il a atterri. «Arrêtez,  Police!» ont crié Les enquêteurs  alors qu’ils émergeaient parmi les mauvaises herbes, et à bord de voitures, ils se sont dirigés vers le pilote Granados qui tentait de fuir dans l’avion, mais après un tir dissuasif des enquêteurs, le Paraguayen a été immobilisé et s’est retrouvé menotté. De cette procédure, qui s’est également étendue à un ranch situé à un kilomètre de l’endroit où l’avion a atterri, les enquêteurs ont saisi 1 309 550 kilos de marijuana répartis dans leurs pains respectifs. Le pilote arrêté par une enquête judiciaire n’était pas d’origine étrangère mais plutôt argentin et son arrestation n’était pas si loin de la ville de Santa Fe, et s’est déroulée dans le cadre de l’opération «Alas Verdes» qui a eu lieu dans la région des îles Arroyo Aguiar. Pour cette enquête, un ancien militaire de la ville de Posadas (Misiones), identifié comme Juan Carlos Dominici, a été arrêté. Reçu comme pilote à l’école d’aviation de Córdoba, Dominici a été arrêté par des agents de la drogue et les troupes d’opérations spéciales le 23 août 2007 dans un champ découvert situé sur une île difficile accessible seulement à pied. »

« Ce jour-là, les enquêteurs ont attendu l’arrivée de l’avion sur l’île. Cachés dans les mauvaises herbes et dans les bateaux, ils attendaient le passage de l’avion. Vers 15h00, ils l’ont vu, et après avoir marché furtivement un kilomètre et traversé une zone de montagnes avec des arbres et des plantes de différentes espèces, ils ont trouvé un endroit dégagé, au-dessus duquel se trouvait l’avion avec Dominici qui déchargeait 192 kilos de marijuana. (à gauche une piste agricole à Ceres, avec ses deux avions dont un d’épandage). Par cet atterrissage, les enquêteurs ont pris une grande surprise. Le fait est que l’avion dans lequel Dominici avait transporté la drogue était le même que celui qui avait été volé un mois auparavant dans un aéroclub de la ville de Cérès. » (dans le Goias, au 15° 18′ 28″Sud, 49° 35′ 52″ Ouest). L’opération avait eu lieu « le 23 août 2007, vers 11 h 30, avec les troupes d’opérations spéciales de la police de Santa Fe arrivée sur la piste clandestine dans une zone des îles du ruisseau Aguiar, à 70 kilomètres. Au nord de la capitale L’opération s’appelait Green Wings et était le corollaire d’une longue mission d’enquête patiente de la police de Santa Fe ». 

Juan Carlos Dominici, 33 ans, originaire de Posadas, Misiones a été condamné en 2008 à six ans et neuf mois de prison et son assistant et mécanicien Juan Cipriano Pedrozo, 46 ​​ans, à trois ans et trois mois pour trafic de drogue. L’avion décrit était un Cessna 172 blanc et vert foncé immatriculé en Argentine c (cf les deux clichés ici).

 

Le 4 mars 2009, récidive en effet :

Granados, le pilote narco n’est pas le seul, en voici un autre décrit ici encore… au Paraguay, mais qui va lui-même dénoncer le même Granados en fait : « Des questions et des rapports contradictoires surgissent en raison de l’apparition surprise d’un avion au drapeau uruguayen avec l’immatriculation suivante CX-BCH. L’appareil a effectué un atterrissage d’urgence la semaine dernière en raison de problèmes mécaniques sur une ancienne piste déjà fermée, située dans la zone urbaine de Humaitá, département de Ñeembucú. » C’est situé à l’extrême sud-ouest du Paraguay,  avec au sud, côté argentin, la province de Corrientes, et au sud-ouest, la province du Chaco .

« Dans un premier rapport adressé par la Dinac au parquet, Félix Martínez a été cité comme pilote, qui, surpris par la situation, s’est manifesté pour préciser qu’il n’avait rien à voir avec les faits sous enquête. Il a expliqué qu’il l’avait découvert grâce à la publication d’Ultima Hora, dans l’édition du samedi. Désormais, les soupçons sont centrés sur le pilote du navire, qui serait Víctor René Granados Ortiz, qui a deux mandats d’arrêt, avec transfert de drogue  en 2006 et 2008. Le pilote à son arrivée dans cette ville a été reçu par trois personnes qui l’ont rapidement expulsé. du lieu, selon les habitants. Selon le plan de vol, l’itinéraire balisé était Asunción-Encarnación, mais il s’est manifestement terminé dans ce lieu historique (ici à gauche les vestiges de la Fortaleza de Humaitá). L’avion a atterri le mercredi 25 février, mais il n’a pas été communiqué au parquet avant le vendredi 27 février ». La région, fort humide, est ravitaillée par bateau en combustible, via le fleuve. Notez dans le reportage le passage du pétrolier-ravitailleur « Doña Annette ».

Trafiquants ou extraterrestres ?

Au milieu de l’imbroglio des atterrissages à répétition, une voix amusante va s’élever : « Federico Cáceres, maire de Humaitá, est devenu mondialement célèbre pour avoir déclaré que des extraterrestres descendaient dans sa municipalité, au sud de Ñeembucú, il a dit qu’il était courant de voir des OVNIS voler à travers la région et que de temps en temps des voyageurs intergalactiques traversaient Humaitá, comme juste d’ autres touristes. Peu de temps après, un avion uruguayen tombait près de Humaitá, et les OVNIS se sont révélés être de simples narco-avions et les extraterrestres des voyous dans la zone dédiée au trafic de drogue Mais bon, nous avons tous le droit de croire aux extraterrestres, aux mages et à la fée Carabosse. » note, fort amusé, Altermedia Paraguay. Derrière ces propos « surréels, » certains ont vu une technique de la part du maire pour dissimuler le trafic :  » la chose étrange dans le cas de Federico Cáceres est que sa version des événements a été très utile pour le trafic de drogue comme moyen de dissimuler ses vols illégaux de nuit. Y aura-t-il un lien entre Cáceres, ce qui s’est passé à Humaitá et le trafic de drogue dans la région? Pourquoi Cáceres n’a-t-il jamais dénoncé avec empressement le trafic de drogue dans sa région? »… en photo, Federico Cáceres, et Edgar Cabañas, chef de la région. Notre footballeur Diego aussi, gros consommateur de poudre, remarquez, a un jour bien dit qu’il avait lui aussi rencontré des extraterrestres

Ce n’étaient ni des soucoupes volantes ni des martiens en effet : «Sur l’île Ita Pirú (à environ 50 kilomètres de Pilar), ils ont ouvert une piste au milieu de la montagne avec des machettes. Elle fait un peu plus de 400 mètres de long et les avions argentins et brésiliens y descendent », explique un expert du domaine. Deux ou trois vols partent de chaque piste par semaine. Un fait frappant est qu’à Ñeembucú, où c’est un secret criant que, entre autres choses, la marijuana produite par le cartel de Capitán Bado (à Amambay) est exportée, il n’y a pas de bureau du Senad, l’entité gouvernementale paraguayenne chargée de lutter contre Trafic de drogue… » . Bref, pour résumer, cela fait des années que l’on ferme les yeux dans la région !!!

 

Au commandes (et au volant) les frères Gonzalo et Erwin Loza

Derrière toute cette effervescence se dissimulait une organisation bien rodée. En décembre 2018, est tombé (enfin) le caïd du secteur lors de l’opération de police dite Cambalache. Lui et son frère; à la tête tous les deux de garages bien particuliers : »hier après-midi, Erwin a été arrêté à Martínez par la gendarmerie nationale: une enquête transnationale du procureur Diego Iglesias de Procunar et de son collègue Pablo Turano, sous la signature du juge pénal économique Pablo Yadarola, l’a placé au cœur de l’un des complots de narcos les plus fabuleux de l’histoire récente, un projet entre la montagne bolivienne, Buenos Aires et Barcelone, de trafic de cocaïne à l’intérieur de poissons congelés et de voitures de rallye qui a commencé en 2008 et s’est poursuivi jusqu’à ce jour avec des points d’opérations comme l’Irlande et en Angleterre. Erwin n’a pas été le seul à tomber: son frère aîné José Gonzalo Loza, qui avait été arrêté dans une autre affaire de drogue par le Tribunal fédéral n°1 de La Plata il y a 18 ans, a été arrêté à Madrid accusé d’être à la tête du clan. » Associé à l’équipe il y avait un homme d’affaires équestre bolivien Wilson Maldonado Balderrama, impliqué dans un transfert de 267 kilos de coke à à Taco Pozo, Salta. « . Dans cette affaire, l’ancien président du Conseil délibératif de Salvador Mazza Gabriel Maurín (ici à droite) arrêté en 2016, a été condamné en septembre 2018 à 14 ans de prison.

Seul un coup de filet international pouvait mettre en effet fin à leurs activités, car il avait fallu mandater 26  perquisitions en Espagne, dont 19 d’entre elles rien que dans la ville de Malaga (en haut du chapitre à droite), et saisir dans deux pays, deux appartements et trois hôtels, plus 361 mille dollars en espèces sans oublier 38 véhicules, « des voitures de collection et haut de gamme dont la Ferrari trouvée dans le parking d’Erwin à San Telmo«  (nota : un des plus anciens quartiers de Buenos Aires) . Une Ferrari un peu spéciale car elle avait appartenu un temps au footballeur Diego Maradona… (décédé récemment) !!! L’affaire avait commencé sur l’aéroport d’Ezeiza (celui de la capitale argentine) , en novembre 2017, sur le vol Aerolineas Argentinas AR 1133 au départ de Madrid, avec l’arrestation de deux hommes (Bienvenido González Lomeña et Víctor Calvente Cavero) porteurs tous deux de 365 000 euros dans des sacs à double fond : les deux détenus étant liés à un espagnol appelé Francisco González González, connu comme l’un des assistants actifs de José Loza. L’argent représentait une avance versée par l’Italien Di Profio, qui avait derrière lui  un lourd CV de trafiquant de drogue depuis 2006. Un autre larron, Valdemar, le frère d’Erwin et José, avait alors déjà été jeté en prison pour avoir été intercepté à Tapiales avec  1100 kilos de haute qualité de cocaïne pure. Rien que chez lui il en stockait  280 chez lui, à côté de 250 dollars et d’une arme à feu, raconte Infobae. En plantant un micro dans un des hôtels de Loza, les policiers avaient appris comment le trafic se faisait, et avaient pu comparer leurs écoutes aux dires d’un repenti de son équipé passé à table. « Devant les enquêteurs locaux, le repentant a raconté comment l’organisation avait camouflé la drogue, par exemple, dans des conteneurs de poisson congelé qui partaient de Mar del Plata ou de Buenos Aires et qui atteignaient Barcelone. Une autre méthode de trafic racontée par le témoin secret était beaucoup plus frappante: la poudre blanche voyageait à l’intérieur de voitures de rallye qui arrivaient dans le pays par bateau pour une compétition tout-terrain dans le sud du pays. Les voitures étaient conditionnées dans une ferme de San Pedro liée à Erwin, selon la documentation du cas consulté par Infobae, où elles étaient chargées de drogue dans les pneus pour le voyage de retour« . Les voitures transitaient alors par le port de Buenos Aires et étaient acheminées du Terminal 3 vers les Grandes  Canaries. Le système était ben rôdé : une fois que le douanier avait  contrôlé le conteneur et l’avait scellé, un homme infiltré de l’organisation réouvrait proprement le container pour introduire la drogue et le refermer à l’aide des scellés d’origine, ni vu ni connu ! Un autre système encore a été également utilisé, avec un chargement de cocaïne dissimulé dans un véhicule 4×4 venu de Belgique qui traversait en touriste la Patagonie argentine. Les véhicules étaient conservés dans un grand chalet-manoir de San Pedro, Buenos Aires, appartenant à Erwin Loza (ici à droite, pour son entrée, et à gauche).

Ils géraient tout ça en hommes d’affaire avisés et très organisés : « le groupe dirigeait l’entreprise parfaite. Il avait des contacts en Bolivie (pays producteur) et en Espagne (pays acheteur). Ils savaient comment dépenser l’argent de la drogue et utulisaient beaucoup aussi leur sens de l’humour. A tel point que lorsqu’ils ont acheté un corral à Del Viso, ils l’ont baptisé « Good Boys ». »

L’arrestation en 2018 des deux têtes du clan Loza n’a pas pour autant, hélas, fait cesser ses activités. Le 28 septembre 2020, une information indiscrète avait branché la police argentine vers la surveillance de la circulation de trois camions vers Ramallo, vers la ville d’Ybarlucea, à 12 kilomètres de Rosario. Les policiers soupçonnaient le transfert de cocaïne descendue du Pérou vers une ferme située près de l’ancienne route de Funes, sur l’Avenida 25 de Mayo… Une responsable est arrêtée à bord d’un de trois camions : c’est  Adelaila Castillo (ici à droite). Selon Infobae, surnommée « La Tía » ou « Reina Titi », Castillo était une fugitive depuis quatre ans, soupçonnée d’être la fournisseuse de cocaïne du clan Valdemar Loza. L’info était en effet bonne : ce sont 382 kilos de cocaïne qui ont été saisis ce jour-là, extraits des trois camions :

« Titi » opérait déjà dans la clandestinité depuis qu’elle était jeune dans le nord de la province. Elle coordonnait les « bagayeros » qui font passer illégalement des marchandises entre la Bolivie et Salta. Selon Infobae, on soupçonne qu’elle avait des disciples, qu’elle était une formatrice de trafiquants, qui contrôlait même ses propres routes aériennes, un digne rival de l’un des chefs les plus lourds de son domaine, Delfín Castedo. Selon l’enquête de la justice fédérale, la femme était chargée d’organiser les transferts routiers de cocaïne. Elle a donc été arrêtée jeudi, avec sa fille Rocío Estela et le petit ami de la fille, Rodrigo López. » Ci-dessous les trois larrons menottés sur une chaise devant l’étalage de la saisie :

Selon les sources de l’affaire, il s’agit d’un « dossier du Tribunal fédéral de Salta, traité par l’Unité antidrogue de Buenos Aires, avec le soutien de différentes unités d’enquête et des renseignements de Rosario ». « On suppose que la destination était l’Europe. Parmi les tampons sur les pains de coke, on a retrouvé, comme tampon, le visage de Raúl Ruidiaz, footballeur péruvien aujourd’hui dans les Sounders de Seattle. » En plus de la drogue saisie, le matos habituel : « au cours des inspections, ils ont saisi 500 045 pesos argentins, trois armes, onze véhicules (au nom de la femme et de ses proches), des documents présentant un intérêt pour la cause, du matériel de communication VHF, une quantité importante de téléphone portables et d’autres articles d’intérêt ». A gauche des exemples d’armes saisies chez la « Reina Titi ».

Des pilotes hautement spécialisés

C’est donc une vieille histoire datant d’une bonne quinzaine d’années en effet, nécessitant d’excellents pilotes : l’annuaire 2004 de l’Observatoire des drogues de la province de Misiones, dans lequel davantage de drogues ont été saisies cette année, indique qu ‘«il existe des aérodromes clandestins, certains sophistiqués et d’autres très précaires, dans les départements paraguayens d’Itapúa, Alto Paraná, Centre , Misiones, Canindeyú et Ñeembucú. La situation dans ce district est la plus préoccupante, car elle abriterait environ 22 pistes non autorisées, d’où partiraient des vols de marchandises illicites vers différents points en Argentine et en Uruguay. Selon les sources consultées à Ñeembucú, ce panorama n’a pas changé. Ils décollent et atterrissent à toute heure. Aussi la nuit. Un pêcheur a raconté l’autre jour qu’il avait failli être recoiffé par un avion qui est descendu très bas à proximité », a commenté un local. On sait peu de choses sur les pilotes. Ce sont pour la plupart des Brésiliens recrutés par des personnes de confiance issues des factions de la drogue. «Ce sont des gars très loyaux envers leurs employeurs. Malgré tout, ils ne parlent pas », a décrit un agent spécial du Secrétariat national anti-drogue (Senad) à Asunción. « Ils sont très habiles et ils organisent le prix de leur voyage en fonction de la charge et de l’endroit où ils doivent le baisser », a-t-il commenté. » On notera que le CP-1881 ressemble comme deux gouttes d’eau au LV-MPR vu précédemment. Or à la DGAC en Bolivie, ce 172 est présenté comme étant un 206. Ce qu’il n’est manifestement pas ! Ci-dessous, il figure dans l’extrait de la liste des avions jugés « douteux » recensé par la presse bolivienne :

Le record de distance de 2017

Ce trafic va nous offrir en 2017 une prouesse inédite, car il venait de loin, cet avion là…  comme je vous l’ai expliqué ici en juin 2018 : « c’est lors d’une opération baptisée « Concombre » débutée le 25 août 2015  que l’on avait commencé à cerner toute l’équipe : on avait ainsi pu saisir déjà dans les alentours 372 kilos de cocaïne répartie dans des camionnettes. Dans l’une d’entre elle, la police avait surtout relevé  des coordonnées GPS qui avait comme destination le même champ de la localité de Buenos Aires du général Belgrano où, justement, l’avion abandonné avait été retrouvée 2016.  On s’y attendait donc, à avoir à en arriver là un jour où l’autre. Bingo avec la découverte le 14 décembre 2016 du Cessna Centurion II, équipé « Stol » portant l’immatriculation bolivienne CP-2996 (c’est le Cessna N°21060640). L’avion arbore un détail intéressant sur le côté gauche du fuselage, devant la charnière de porte : un tube Venturi, quasiment la marque de fabrique des pilotes « narcos ».  Comme son confrère de Yasy Cany !!! L’avion est bel et bien enregistré à la Dirección General de Aeronáutica Civil (DGAC) bolivienne, comme appartenant à un dénommé Savarain Muñoz Dorado.  Son autorisation de vol avait expiré au 30 septembre qui précédait.  L’avion n’avait en fait plus le droit de voler ! »

Des périples de 3000 bornes !

« Ce que découvrent aussitôt après les enquêteurs, ce sont les incroyables trajets effectués par Machado et ses confrères, car à chaque fois la drogue provenait du Pérou, ou de Bolivie, et il avait donc fallu parfois effectuer plus de 3 000 km à bord du Cessna pour l’acheminer soit vers le Brésil, soit vers l’Argentine, en se servant du Paraguay comme relais de ravitaillement !!!  Une infographie réalisé par le journal Clarin (ici à droite) explique les départs de Puno au Pérou, puis les vols vers Santa Cruz de Sierra en Bolivie, pour un premier saut et ensuite vers… Yasy Cany au Paraguay et Canindeyu comme centre de logistique aérienne et de là vers General Belgrano ou San Salvador, à Entre Rios, comme pour l’avion resté embourbé.  Selon le journal, les avions « modifiés » pouvaient emporter plus de 500 kgs de coke sur des étapes de…1 800 km de long !!!  On comprend un peu mieux les liasses offertes par le trafiquant à ces pilotes auteurs de tels périples effectués à très basse altitude ou au fond des vallées pour éviter de se faire détecter par les radars placés sur les cimes !!! »

Vers le chemin de l’Argentine dès 2012

Des avions qui transportent alternativement haschich paraguayen ou coke bolivienne ou péruvienne : « Ceux qui auraient douté de l’implication des appareils examinés en 2015 au Paraguay et présents un peu comme des trophées un peu trop voyants, en avaient été pour leurs frais avec un appareil, notamment.  Une courte vidéo tournée le 14 mars 2013 l’avait présenté comme ayant été « saisi » et depuis abandonné comme tel sur le côté de l’aéroport de Rosario (en Argentine).  C’était le ZP-BEH.  Or l’appareil avait bien servi effectivement à transporter 286 kilos, mais de marijuana, il avait été pris sur le fait le 21 septembre 2012, retrouvé posé sur une route de Carrizales, situé à 65 kilomètres de Rosario; ville qui se trouve on le rappelle en Argentine.  Selon la police, « Un atterrissage inhabituel dans cette zone.  En général, ces cargaisons, en particulier celles du Paraguay, sont déposées sur des terres situées dans la partie nord de la province et, de là, elles continuent leur chemin à terre. « Nous devons voir maintenant s’il a fait une escale pour faire le plein, et où », a-t-il dit.  Le seul antécédent connu d’un atterrissage dans le sud de Santa Fe date du 5 septembre 2006, lorsque dans la zone rurale de Sanford, à 60 kilomètres de Rosario, un avion Cessna 180 était arrivé avec une charge de 400 kilos de marijuana paraguayenne.  À ce moment-là, cinq hommes avaient été arrêtés ».   Pour l’appareil du jour il arborait un faux enregistrement argentin  (LV-HYZ), un auto-collant masquant l’original paraguayen en ZP-BEH.  Un pilote de 27 ans avait été arrêté qui habitait Formosa.  Problème des deux documents montrés:  les deux appareils en ZP-BEH ne montrent pas la même décoration (et ne sont pas du même type !) !!!  Le second de Rosario aurait-il pu être celui filmé en 2012 ? Encore un bel imbroglio ! »

Bilan des courses : Santa Fe comme épicentre d’un trafic mixte

« Les procédures antidrogue précitées permettent de comprendre que depuis plus de dix ans, la province de Santa Fe coexiste avec l’arrivée de gros cargaisons de stupéfiants. De la marijuana pressée à la cocaïne dans sa pureté maximale, elles voyagent à travers le ciel, l’eau et la terre et sont destinées à la région. Certains afin d’être distribués dans les maillons inférieurs du trafic de drogue, tandis que d’autres comme base jusqu’à leur transfert vers leur destination: l’Europe, entre autres centres de consommation. Les affaires se poursuivent et montrent que la lutte contre les organisations narco-criminelles devient de jour en jour plus complexe ».

Des avions relayés ensuite par des bateaux, dont des pétroliers ravitailleurs très discrets : « la semaine dernière, le juge fédéral n ° 3 de Morón, Néstor Pablo Barral, a poursuivi neuf membres d’une organisation argentine-paraguayenne pour avoir transporté à plusieurs reprises d’importantes cargaisons du pays voisin à bord du navire « Don Juan » et les a déchargées. dans les eaux de la rivière Paraná, puis transféré dans une propriété de la ville de Santa Rosa de Calchines, à 40 kilomètres de la ville de Santa Fe. »

« L’enquête a confirmé que le navire «Don Juan» (nota : c’est le sister ship du Dona Anette vu plus haut !) avait déchargé une cargaison de drogue le 20 juillet, qui a été suivie par terre par plusieurs des accusés. Les agents de renseignement du GNA ont également averti que pendant qu’ils effectuaient des travaux sur le terrain, ils ont pu observer que le navire paraguayen arrivait à ce moment-là à la bouée 649 du fleuve Paraná, à la hauteur du port de traitement. Là, une barge s’est approchée qui a reçu une série de sacs qui ont été jetés de l’autre bateau du Paraguay. « Le bateau a quitté les lieux et est entré et est entré dans la zone de canaux et de contiguïtés qui mènent au territoire de Santa Fe. C’est précisément dans cette position géographique que se situe la ville de Santa Rosa de Calchines, épicentre de l’instruction de l’affaire judiciaire traitée devant le Tribunal fédéral de Barral. Deux mois seulement ont suffi pour que la même séquence se répète dans les eaux du fleuve Paraná ». Une fouille dans une maison de Santa Rosa de Lima révélera 290 kilos de marijuana sur place (ici à gauche) Le 11 septembre, des agents de la gendarmerie et de la préfecture navale argentine ont déployé un total de 16 raids qui ont été demandés par le procureur Marquevich et ordonnés par le juge Barral. Le résultat s’est terminé avec ce que les enquêteurs ont imaginé: depuis l’intérieur d’une propriété de Santa Rosa de Calchines, située à proximité de la route provinciale 1, ils ont saisi un total de 291 kilogrammes de marijuana, pressés et divisés en différents pains. Pendant ce temps, une partie des personnes enquêtées ont été arrêtées, tandis que le reste des membres accusés du réseau criminel ont été arrêtés lors des raids qui ont eu lieu dans la capitale Santa Fe et dans la ville de Recreo. Justement, dans une maison du 1er mai au 3600, à un demi pâté de maisons du boulevard Pellegrini, Curi Huespe, le chef de l’organisation, a été arrêté ». Outre Emilio Honorio Oscar Curi Huespe, chef du gang local, ont été arrêtés Hugo Rodrigo Rolón Valdez et Mauricio Enrique Bogado Leiva; ainsi que le argentins Marcela Guadalupe Leguizamón, Juan Andrés Acosta, Héctor Omar Fernández et Héctor Ernesto Alaniz.

Le cas à part de la coke… russe

Reste en Argentine un autre mystère encore, à moitié élucidé.  Un procès débuté en octobre 2020 à Moscou va-t-il dissiper les doutes sur l’affaire (c’est peu probable !), doutes qui demeurent nombreux…. « Il faut se souvenir de la stupeur causée alors par les annonces venues de Buenos Aires. Nous sommes en février 2018 et la ministre argentine de la sécurité, Patricia Bullrich, annonce le démantèlement d’un réseau de narcotrafiquants opérant depuis l’ambassade russe dans la capitale du pays. La capture de six individus, quatre Russes et deux Argentins, est le résultat d’une coopération de quatorze mois entre les deux pays, dit-on, achevée par un plan magistral : la cocaïne a été remplacée par de la farine et expédiée en Russie, permettant d’y arrêter les opérateurs du trafic. Au même moment sont diffusées des images d’une saisie opérée dans un local de l’école russe appartenant à l’ambassade. Douze valises contenant 389 kilogrammes de cocaïne presque pure, valeur marchande 50 millions d’euros. Détail le plus croustillant : les bagages sont enregistrés comme des « valises diplomatiques » (cette procédure qui permet d’éviter les contrôles douaniers), prêtes à être expédiées comme telles. Selon les enquêteurs, au moins trois envois de la sorte auraient déjà été effectués dans le passé. » Explique le 5 octobre dans le Monde. Le dossier, je l’ai traité ici déjà en détail (ici à l’épisode « Coke en Stock (CCLX) : les prédécesseurs du M-Fish », lire le chapitre « La grosse affaire russe oubliée » .Comme le dit le Monde, le procès, qui a lieu presqu’à la sauvette à Moscou ne va certainement provoquer aucune révélation de taille.  Car il est bien trop sensible, avec une ambassade russe qui a visiblement participé au trafic… organisé par Andrei Kovalchuk, l’homme-mystère derrière ce trafic. Quels étaient ces liens avec Oleg Vorobiev, premier secrétaire de l’ambassade de Russie en Argentine, ou même avec Viktor Koronelli, l’ambassadeur de Russie lui-même, on ne le saura pas davantage je pense. On entre là dans la zone grise des mystères diplomatiques russes en effet.  » Comment l’intendant de l’ambassade (nota : Ali Abyanov), seul membre du personnel diplomatique arrêté et aujourd’hui jugé, a-t-il pu assurer la logistique d’un tel trafic sans être remarqué ? » écrit en conclusion Benoit Vitkine.

(1) c’est à Marbella que c’était réfugié  le trafiquant Carvalho-Wouter, vu dans note épisode précédent. L’Espagne est le fief du trafic depuis des années, à la réception à la fois des containers et des voiliers venant d’Amérique du Sud.

(2) « Des agents des drogues dangereuses sont venus au département de San Cristóbal avec des données de renseignement et à la recherche de ces pistes clandestines. Ainsi, à 12 kilomètres au nord de la route 39, parallèlement à cette route provinciale qui relie les villes de Gobernador Crespo et San Cristóbal, et au milieu d’une montagne épaisse, ils ont localisé l’un de ces endroits propices à la « pluie de marijuana » .« À une extrémité de la piste, il y avait un réservoir chargé de 200 litres de carburant, ce qui nous a fait supposer qu’un avion était sur le point d’arriver et que le matériel devait être ravitaillé et renvoyé au Paraguay, d’où provient la majeure partie de cette drogue », a déclaré le commissaire Hugo Tognoli, chef de la direction des antinarcotiques de la province. Ainsi, pendant quatre jours, les agents ont effectué des tâches d’observation dans la zone et ont attendu l’arrivée de l’avion. Et c’était hier, peu après midi, quand tout s’est déchaîné. «Un Piper Grand Cherokee monomoteur a commencé à tourner autour de la piste et quand il a commencé à atterrir, il a eu une panne mécanique qui a provoqué un incendie qui fait rage. Cela a conduit l’avion à descendre brusquement au milieu du terrain, englouti par le feu, et à environ 5 kilomètres au sud de la piste à laquelle il était destiné », a déclaré le porte-parole. Lorsque les policiers sont arrivés à l’endroit où l’avion s’était écrasé, ils ont pu secourir le pilote (un citoyen brésilien de 43 ans) et le copilote (un Paraguayen de 31 ans) de l’intérieur, tous deux vivant dans la ville paraguayenne. par le capitaine Bado. Ils ont également réussi à sauver des flammes qui ont consommé un total de 258 briques de marijuana, qui pesaient environ 260 kilos ».

 

Le journal citoyen est une tribune. Les opinions qu’on y retrouve sont propres à leurs auteurs.

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