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Coke en stock (CCCXXXII) : camions et ultimes magouilles

Avions, bateaux, et aujourd’hui camions : car les trafiquants brésiliens jouent depuis toujours sur les trois moyens de transport, les derniers sillonnant à toute vitesse le pays sur des routes pas encore toutes macadamisées, le plus souvent tirant derrière eux des containers, approvisionnés en coke par les avions et déposés tels quels ensuite sur d’immenses cargos… direction l’Europe, avec Anvers en point de mire principal. Au travers du pays, c’est tout une cohorte de petits appareils qui approvisionnent, et qui s’écrasent, avec un régularité de métronome, trop lourdement chargés la plupart du temps…

Les transporteurs : le pays sillonné de camions de coke !

L’homme d’affaires de Pernambouc Valter Paixão Félix dos Santos a été arrêté depuis par la police fédérale. C’est le propriétaire du transporteur Avant Times (ou Avantt) Transportes de Cargas. « A côté de lui, le blog de la  police a confirmé l’arrestation d’Antônio Gilson Ramalho, propriétaire des publications GR. « Valter dos Santos est considéré comme l’une des cibles principales et la deuxième dans la hiérarchie de la branche Pernambouc d’ORCRIM. Selon des sources de PF, son arrestation était une véritable «opération de guerre», avec des véhicules de police entourant tout son immeuble à Boa Viagem. Les habitants se sont même réveillés, effrayés par le mouvement. Sa société de fret, avec une succursale à São Paulo, était chargée de transporter la drogue vers la capitale de Pernambouc, puis de l’envoyer en Europe, de préférence en utilisant le port de Natal, moins visé par la police. L’entreprise millionnaire impliquait deux autres gangs ». Ce n’est pas la seule entreprise de camions qui est accusée !!!  Lui transportait la drogue vers la capitale de Pernambouc, puis l’envoyait en Europe, de préférence en utilisant le port de Natal; les autres par Recife ou Pernambouc : les camions sillonnaient en tout cas le pays tous chargés de coke ! Problème pour les enquêteurs pour retrouver tout ça : les kilos de coke étaient le plus souvent dissimulés dans des containers réfrigérés (comme ici à droite ave leur moteur incorporé), car ils transportaient surtout des fruits !

Les autres transporteurs s’appellent Sergio Luiz da Silva et ses fils, Ricardo Luiz da Silva et Leonardo Luis da Silva, tous deux liés au nom de transporteur Silva e Silva Transportes e Logística Ltda; de Recife. Fernando Ferreira da Silva, Luciano Ferreira da Silva et Ubiraci Francisco da Silva, liés à Transportadora Ferreira LOG, nom commercial de la base nationale de transport d’Eirelli, établie à Jaboatão dos Guararapes (PE) et enregistrée au nom de Luciano, mais détenue par Fernando. Mais aussi Sidnei Augusto Strapasson, responsable de MSS Transportes Ltda. Ou encore Francisco Aparecido Moscardini Junior, lié à Global Movimentações Ltda., avec une adresse bien enregistrée à Escada  (PE), mais qui ne figure nulle part dans le secteur !! Une société fantôme ! Antonio Gilson Ramalho, et Antonio Gilson Ramalho Filho encore, liés à Transportadora Onze de Junho Ltda (Ramalho Group), eux aussi liés à Escada, en relation avec la station-service João Dias Ramalho appartenant à Antonio Gilson Ramalho et Priscilla da Rocha e Silva Ramalho. Pour lui, c’est une vieille histoire qui ne s’est jamais arrêtée : l’homme d’affaires avait déjà été la cible du CPI de l’Assemblée législative de Pernambouc pour fraude fiscale, en l’an 2000 !!

La police a affiché un tableau édifiant des containers saisi avec de la drogue : certains, réfrigérés, contenaient en fait… des melons du Brésil !!! 8,5 kg dans le container TEMU3241780 saisi à Anvers le 17 avril 2018 de Ferreira LOG, 1 200 kilos interceptés à Canapi, le 1er octobre 2018 par le groupe Ramalho, 2 384 kilos dans le container TTNU8274691 saisi à Rotterdam le 6 novembre 2018, un container de chez Avantt. « Comme indiqué dans le rapport, «une inspection des douanes néerlandaises a été effectuée pour certains conteneurs en provenance du Brésil. Au cours de la procédure, dans le conteneur TTNU8274691, à l’origine de Recife, et avec le chargement de melons, environ 2 384 kilos de cocaïne ont été trouvés. La société responsable de l’exportation au Brésil est GENESIS IMPORTATIONS COMERCIAL, CNPJ: 19.714.516 / 0001-56, située dans la ville de Recife« . La MSC étant l’un des transporteurs les plus en vue de la saison du melon brésilien...

Plus 1 245 kg encore le 11 février 2019 dans le CMU513639, saisi dans le port de Natal, un autre Avantt, avec 1 847 kg descendus à Rotterdam dans le container TTNU8962009, le 13 février 2019, encore un Avantt, celui là contenait des mangues du Brésil, qui n’avaient pas empêché un chien renifleur de se fixer raide dessus  !!! Et 2 388 kg encore de chez Avantt, le 17 février 2019 attrapé lui aussi à Rotterdam dans le container SEGU9405210… A droite le cargo ayant transporté les melons…

Le 16 décembre 2019, un autre chargement… de melons du Brésil était arrivé à Ridderkerk via Rotterdam avec… 330 kilos de coke dissimulés dans un container (fort peu, c’était juste derrière la porte !). Bref, un vrai fléau et un circuit qui devient de plus en plus complexe à tracer : le 7 juin 2020 on a ouvert un container à Rotterdam provenant de l’Equateur et contenant des bananes… destinées à la Hongrie !!!  A l’intérieur, il y avait 347 kg de cocaïne ! Le 20 mai c’était 37 kilos de coke, toujours à Rotterdam, dans un container venu de Lima au Pérou, rempli de grenades (le fruit) destination finale… l’Allemagne !

Avion volé ou pas volé ?

On revient aux avions. Le 23 juin 2020, avec encore une drôle d’affaire en plus. Celle d’un beau Van’s, V-10.  Un modèle fort présent au Brésil comme on l’a vu, un appareil blanc et bleu foncé métallisé, avec un mince filet gris, immatriculé PT-ZAH (FVE-1660).  L’engin a d’abord décollé de l’aéroport de Campo de Marte, à Sao Paul, puis il s’est posé pour ravitailler à l’aéroclub de Tatuí, à l’intérieur de l’Etat de São Paulo, vers 13h20 (heure du MS) et puis plus rien… Le lendemain, son propriétaire (qui a construit l’avion lui-même, c’est un kit, rappelons-le) apprend qu’il s’est écrasé du côté du Paraguay, carbonisant au passage son pilote et unique passager. De l’avion il ne reste que le bloc moteur (ici à droite) ! Et le propriétaire de l’avion basé à Cascavel, dans le Paraná, Remi David Cassini Neto, de partir devant les enquêteurs venus le voir dans une violente diatribe contre celui qu’il présente comme un ami qui s’appelait Giuliano Woisky, originaire de Jundiaí (SP), à qui il aurait « prêté » l’appareil en ignorant qu’il volerait avec en ligne droite directe vers Ponta Pora et le Paraguay, parlant plutôt de « vol d’avion » dans son cas, estimant « avoir été trahi par lui », pour le moins. Selon lui encore, il lui aurait prêté l’appareil car il venait d’être licencié d’une société où il était copilote. Il lui avait dit qu’il se rendrait avec à Tolede (PR) et non pas au Paraguay !  Tout aussi inquiétant est l’endroit où l’engin s’est écrasé : c’est à 90 km de Bahía Negra, sur les rives du fleuve Paraguay, dans l’Alto Paraguay, près de la région du Pantanal entre Corumbá et Porto Murtinho. Et plus exactement au-dessus de la ferme Karai Mbarete (ici à droite une de ses productions, elle vend aussi du Carthame des teinturiers (Carthamus tinctorius) connu sous le nom de faux safran, une plante médicinale),  une propriété, qui est, curieux hasard, celle de la veuve du trafiquant de drogue Jorge Rafaat (celui supprimé en 2016 à la mitrailleuse lourde à Pedro Juan Caballero !). L’avion aurait aurait explosé en vol, et aurait pris feu à  (ici à gauche) 400 mètres à peine de la ferme selon le gérant de la ferme qui avait assisté l’accident. On attendait encore plusieurs jours après l’identification du pilote dont le corps avait été complètement carbonisé. Très certainement celui de l’infortuné Weiss !!! « La région où l’avion s’est écrasé est proche des municipalités de Porto Murtinho et Corumbá, sur la route de la Bolivie d’où partent les expéditions de cocaïne pour le Brésil et d’autres pays, utilisant le Paraguay comme itinéraire de ravitaillement et point de stockage des avions. du stupéfiant » conclut la presse. Bref encore, un circuit connu !

La tragédie prévisible

Et cela ne cesse jamais. Le 28 août, vers13 h30, un petit avion s’écrase en début d’après-midi dans un bois, près de l’autoroute BR-343, entre le Parque de Exposições Dirceu Arcoverde, où se déroule alors « Expoapi », et le village de Taboca do Pau Ferrado, au sud-est de Teresina. L’information est sérieuse, elle provient d’OitoMeia et elle est donnée par le major des pompiers, José Veloso. Celui-ci, sur place, ne retrouve qu’un tas de cendres, dont émerge à peine le moteur… et un corps carbonisé encore en train de fumer. Les 240 litres d’essence à bord ont transformé la zone en brasier. L’appareil était le Beechcraft Bonanza (D-2723) enregistré au Brésil pour la première fois le 13 février 2009, le PT-AFN, un vieil engin, qui datait de 1951 : il avait donc 69 ans d’âge ! Un modèle « papillon », donc, obligatoirement !! L’infortuné pilote se nommait Leandro Holdefer, âgé de 32 ans, un débutant « qui aurait suivi un cours de pilote privé à Juiz de Fora et aurait tenté de suivre le cours de pilote professionnel dans un autre endroit » selon un expert local (voir plus bas lequel).  La veille, sur l’aérodrome Nossa Senhora de Fátima, à Teresina dans le Piaui (et sa piste en terre ici à droite !!), il avait eu un comportement déjà suspect : venu pour acheter l’avion paraît-il, et seulement l’inspecter, il aurait démarré le moteur et se serait envolé aussitôt avec !!! A peine décollé, après un virage visiblement trop serré, il a perdu de la portance et s’est écrasé le nez pointé vers le sol : « Il n’a pas cassé beaucoup d’arbres, car il est entré dans le sol «comme un couteau» », raconte le propriétaire de l’aérodrome, de fait le premier concerné  par le crash : c’était le sien, d’avion, en effet, qu’il venait de revendre pour 40 000 rais seulement (6 300 euros ce qui semble impossible c’est certainement 40 000 dollars US ou du moins il faut l’espérer !) à… quelqu’un d’autre que Leandro Holdefer, et qui habite au même endroit que ce mystérieux propriétaire, à Novo Horizonte no Pará.  Or selon Odilon Sena, le chef de la Police, ce vieil avion n’était plus certifié pour le vol et avait également un certificat de navigabilité annulé et des documents manquants : on note surtout qu’il avait déjà été accidenté !  Le propriétaire, le fameux « expert » chargeant le pilote tant qu’il pouvait, était en train de négocier pour sa régularisation, et pire encore, l’appareil était suspecté d’avoir déjà fait des vols emportant de la drogue !!!

Sur le terrain de l’aérodrome vu de Google Earth (au 05 2 01 S 42 42 20 W, ici à gauche) on peut admirer une floppée de Piper-Embraer et de Cessna, deux Beechcraft et un Embraer Bandeirante, l’avion, caractéristique, se distinguait nettement encore il n’y a pas si longtemps, rangé à l’extérieur des hangars (cf ici à droite). A noter que le même avion s’est vendu 34 000 dollars aux USA, et il vole encore... c’est le N687D ! On a aussi une proposition dans le Montana à 29 000 dollars ici, avec sièges en cuir rouge façon Corvette !

Rien dans la cervelle ! 

Deux jours après le crash de l’avion, le propriétaire de l’avion n’avait  toujours pas contacté l’aérodrome. On va comprendre pourquoi peu après. Holdefer, qui n’était peut-être pas si inexpérimenté que le laisse entendre son drôle de vendeur, qui sait, a été enterré discrètement le 5 septembre dans le cimetière principal de Novo Progresso après un bref office à la Chapelle Santa Luzia. Mais la piste du mauvais pilotage revient néanmoins très vite, avec avoir retrouvé  le fameux acheteur invisible : l’avion a été « acheté le 2 juin par l’homme d’affaires Bruno Alencar Wachekowski, enregistré par l’Agence nationale de l’aviation civile (Anac). Le propriétaire actuel de l’avion est également pilote et a été impliqué dans l’accident d’un monomoteur qui a frappé trois maisons à Belém, au Pará, l’année dernière« . Ah tiens, déjà… Le crash, impressionnant, avait eu lieu dans un quartier de Belem, le 13 février 2019 : un Cessna 210L Centurion II immatriculé PT-JIC (le N°21060085) basé à Sorocaba était rentré carrément à l’étage d’une maison (ici à droite) ! Le pilote, le fameux Bruno Alencar Wachekowski, n’avait que 22 ans à ce moment-là, et il a survécu à l’accident.  En revanche, son passager, Lucas Ernesto Santos e Santos, 24 ans, lui, en était mort. L’avion s’était écrasé en panne d’essence, tout simplement. Problème : en décembre 2007 on l’avait photographié cet avion avec une inscription sur le côté : Policia Civil !!!  Et pour une raison simple : en 2007 il avait servi à un trafic de drogue de 210 kilos de cocaïne au Brésil, c’était un avion qui avait été saisi  !!! Quatre hommes avaient été arrêtés, dont un Paraguayen et un colombien. L’avion était alors évalué évalué à 130 000 dollars. L’Etat avait donc dû le revendre après…

Or le Wachekowski en question traînait derrière lui un lourd CV de (jeune) délinquant : « la première arrestation de Bruno Wachekowski remonte à 2016 », raconte ici Amazonia, « lorsque lui et deux autres suspects ont volé un avion monomoteur dans un hangar de l’aéroport Marechal Rondon de Várzea Grande, la région métropolitaine de Cuiabá, et ont été arrêtés par la police fédérale. Le pilote et les suspects ont été mis en examen et jugés par la justice bolivienne, car l’avion, qui appartenait à une chaîne de télévision, a été retrouvé le lendemain du vol, après être tombé dans une ferme en Bolivie. À l’époque, Bruno avait 19 ans ».  L’avion avait été retrouvé broyé, posé sur le dos arborant une fausse immatriculation de papier en PT-JKX… En prime, notre casse-cou est un récidiviste des coups tordus : « dans le cadre d’un autre délit, en novembre 2017, Bruno et quatre autres hommes qui prévoyaient de reprendre un avion saisi avec près de 500 kilogrammes de drogue ont été arrêtés dans la municipalité de Tangará da Serra, à 242 km de Cuiabá.  L’avion était à l’aéroport de la municipalité pour la conclusion des enquêtes de la police fédérale. La drogue avait quitté la Bolivie et devait être distribuée dans la capitale du Mato Grosso ». A droite l’avion au moment où il s’était posé le 16 octobre avant d’être ramené à Tangará da Serra. Incroyable parcours, qui accrédite la thèse de têtes brûlées façon jeunes pilotes boliviens sans cervelles, ceux qui rasent le sol pour jouer les fiers-à-bras, au risque de tuer des enfants… (exemple ici à gauche).

Une affaire pliée

Le 1er septembre 2020, encore une image saisissante avec une grosse grue montée sue camion plateau venue tirer de mauvaise affaire un avion fichu, resté en fort mauvaise posture à Cacoal, pas loin de l’aéroport et Rolim de Moura, aile gauche pliée en arc au bord d’une longue piste de terre rouge (ici la découverte de l’épave en vidéo). A bord ont été découverts pas moins de 423 kilos de cocaïne : on comprend mieux pourquoi il a plié autant ! Sa roue gauche, arrachée de son montant de suspension, traîne encore à quelques mètres de là : l’atterrissage a été rude !!

L’avion accidenté est un Cessna Cessna R182 Skylane RG II classique et pas loin de lui il y avait aussi une Wolkswagen Golf qui l’attendait. Un large auto-collant bleu masque son immatriculation. Mais ses couleurs permettent de retrouver lequel : c’est bien le PR-MSF (N° R18201896) vu ici à Costa Esmeralda en 2012.  Il na pas changé de livrée depuis ! Il est censé appartenir à Strauhs Equipemantos e Fundicao LTDA qui fait dans l’équipement portuaire. La société de Joinville avait aussi le PT-SRP, récupéré depuis par l’aéroclub de Blumenau (Sao Paulo Campo de Marte). Strauhs aurait-elle revendu les deux au même aéroclub ?

Presqu’une demi-tonne dans ça ?

Le 19 novembre 2020 autre arrestation à Carauari, situé à 788 kilomètres de Manaus, carrément dans l’aérodrome municipal, avec un petit Cessna 310 venu justement au départ de Manaus. L’avion, qui date d’après guerre, construit pour la première fois ne 1953, avait été suivi le matin jusque son lieu d’approvisionnement, à savoir le Pérou, pour revenir ensuite à Carauari, plus tard à la fin de la journée, son pilote brésilien de 37 ans, pisté, étant alors arrêté par la police militaire. A l’intérieur du petit appareil bimoteur, 463 kilos de cocaïne en paquets verts répartis dans des sacs blancs (ici à droite) !! A se demander comment on a réussi à fourrer tout ça dans un aussi petit avion, dans ses coffres de fuselage et dans son cockpit même !! C’est à Carauari déjà que le 23 avril 2018 avaient été saisis 458 kilos de coke dans un Piper Seneca immatriculé PT-CMV rappelez-vous. C’était l’avion du trafiquant Wesley Evangelista Lopes. La décoration et le lieu d’attache du Cessna 310Q nous permettent vite de savoir lequel est-ce cette fois : c’est le PT-JDV (N°310Q0779), photographié ici le 1er mai 2019 sur l’aérodrome de Flores, à Manaus toujours, plusieurs fois cité ici comme fief narco du pays. L’avion appartient à Walter Lincoln Pimentel Ribeiro.

Le baron tient à sa réputation

Le Brésil n’oublie pas pourtant son avion phare, le Beechcraft 55 Baron. L’un d’entre eux, on l’a vu, parti du Brésil, a parcouru un long chemin pour rejoindre directement le Belize, le 8 mars dernier. Bourré d’essence, il est arrivé à sec et s’est vautré à Placencia, répandant autour de lui ses 12 bidons de kérosène.  On ignore le poids de coke qu’il a apporté. La semaine suivante, le dimanche 14 mars, un autre Beechraft Baron a été retrouvé, posé intact au milieu d’une large allée de champ de canne à sucre près de Denise, à 206 km de Cuiabá, à Arenápolis exactement, c’est dans le Mato Grosso, quasiment au centre du pays (en direction de la Bolivie). L’occasion pour la police de faire un beau cliché (et de filmer, mais quels boulevards ces larges allées de champs de canne à sucre, on pourrait y faire atterrir un Boeing !) :

L’avion semblait vide, mais à proximité, dissimulée dans 11 sacs verts, se tenait sa cargaison de cocaïne. Il y en avait 450 kilos, comme quoi le Baron continue à tenir son rang au Brésil dans le trafic de drogue. L’appareil, immatriculé PP-LGO n’avait absolument pas changé de livrée.  Il était resté tel qu’on l’avait photographié en janvier dernier, le 22 sur l’aéroport Brasília Juscelino Kubitschek Int’l ou plus au sud-est, le 28 avril 2018 dans un hangar de Marília, dans l’état de SaoPalo, à 443 km de la capitale de la région. Il appartient à Terencio Vasconcelos  Pinheiro. La famille bourgeoise bien en place Vasconcelos Pinheiro est installée dans le secteur agricole dans la société Pinheiro Agropecuaria e Participacoes Ltda, Général Afronegocios Ltda, Pinheiro Agropecuaria et Reflorestamento (forêts), mais aussi le secteur minier (Mineradora Sul America et Calacario Cristalandia Ltda), et l’immobilier (chez Parque Saude Incorporacao Immobiliara SA), et plein d’autres encore en jetons de présence. Rien n’a filtré depuis sur les responsabilités de ce vol bien chargé.

Le retour dans l’actualité des camions

Chargés ou non de drogue, les camions eux-mêmes, les plus gros (voire les monstrueux « double« , façon australienne, comme celui-ci à gauche) ou les plus récents, sont très convoités par les gangs, à Mexico. Le vigilant Insight Crime nous l’apprend le 12 avril : « des dizaines de milliers de camions sur les autoroutes mexicaines sont détournés chaque année pour leur cargaison, les gangs criminels devenant de plus en plus audacieux, sophistiqués et violents dans ces assauts. Environ 36 camions sont détournés ou volés chaque jour au Mexique, selon le média mexicain Eje Central. Et ces attaques sont devenues mieux coordonnées et planifiées ces dernières années, a rapporté Borderland Beat fin mars. Les vols sur route, couramment commis par des bandes de 6 à 8 hommes armés, ont des équipes de surveillance dédiées qui surveillent les mouvements des camions. Les assaillants armés utiliseront plusieurs voitures pour bloquer la trajectoire du camion, et décrocheront sa remorque de chargement et la rattacheront à un autre véhicule, transféreront les marchandises dans leur propre camion ou voleront tout le véhicule » (les gangs se déplaçant parfois dans de véritable chars d’assaut faits maison, comme celui ici à gauche). « Les chauffeurs sont pris en otage pour retarder l’intervention de la police et sont parfois tués. » Résultat chaque trajet devient vite un enfer à organiser pour les sociétés de transport:  « de nombreuses entreprises de fret ont eu recours à l’envoi d’escortes de sécurité coûteuses pour accompagner les chauffeurs. Ces gardes, cependant, sont souvent en infériorité numérique et en armes. Des dispositifs ont également été utilisés pour bloquer les systèmes de navigation des camions afin d’empêcher leur suivi. Dans certains cas, les gangs utilisent des installations de mise au rebut souterraines pour démanteler rapidement les camions volés ». « Les criminels ciblent les véhicules transportant des produits de grande valeur et très demandés. Le secteur des aliments et des boissons représente un tiers du total des articles volés, en particulier les céréales telles que le maïs, le blé et le soja, qui sont considérées comme des «consommables de base attrayants», a rapporté El Universal, citant la Confédération mexicaine des chambres industrielles (Confederación de Cámaras Industriales de los Estados Unidos Mexicanos – CONCAMIN), une association professionnelle ».

Une variante toute récente  est apparue en même temps : « en fait, la pandémie a créé de nouvelles cibles de grande valeur. Au plus fort de la pénurie d’oxygène médical au Mexique en janvier, deux hommes armés ont détourné un camion afin de voler des bidons d’oxygène transportés vers une usine voisine. Avec des points risqués que d’autres : « premièrement, environ 75 pour cent des détournements se produisent sur dix autoroutes, situées principalement dans les États centraux de Guanajuato, Puebla, Querétaro, l’État du Mexique et Jalisco. Plus précisément, la route fédérale 150D, qui relie Mexico au principal port maritime de l’est du pays, à Veracruz, représente près d’un cinquième des vols de marchandises signalés ». Si on ajoute le vol journalier de carburant, on imagine la vie plutôt tendue dans la capitale du pays en période de pandémie… dans un pays au président qui de plus en plus prend les mêmes attitudes négatives d’un Donald Trump d’Amérique Centrale. Et la découverte parfois de scènes dantesques, comme celle de ce camion semi-remorque (ici à gauche) plein de 273 corps: comme au Moyen-Age, il faisait la tournée de ramassage des morts du Covid19 dans les quartiers les plus pauvres…

 

 

Le journal citoyen est une tribune. Les opinions qu’on y retrouve sont propres à leurs auteurs.

 

document vidéo à voir :

https://g1.globo.com/fantastico/noticia/2020/09/20/video-mostra-cacada-aerea-a-traficantes-que-trazem-toneladas-de-cocaina-para-o-brasil.ghtml

 

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