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Coke en stock (CCCXXIV) : retour au Brésil avec un recyclage raté

Retour au Brésil donc, après cette longue incartade en Afrique de l’Ouest et sur les deux derniers mois de l’année 2020:  le Brésil, là où tout a commencé voici quinze ans maintenant. Quinze années d’usage d’avions dont certains capturés à cette époque déjà, et dont on ne sait plus trop bien quoi faire si on ne s’en est pas occupé : un avion qui ne vole pas s’abime très vite (le Falcon d’Afflelou a fini à la casse, rappelez-vous (1) !). D’où le délicat problème des avions saisis et dont certains pourrissent à l’air libre, faute de place dans les hangars fédéraux. Au Brésil, c’est devenu l’année dernière une polémique grossière, orchestrée par le clan Bolsonaro, qui doit bien trouver un os politique à ronger, vu l’indigence totale de son programme qui consiste à dire que tout est de la faute de ses prédécesseurs, façon Trump ! Au passage, je vous ai trouvé d’autres engins abandonnés, dont des… Falcon Dassault, dont tout le monde semble avoir perdu la trace, constructeur compris !

On brade, on brade…

Le 15 juin, on nettoie les écuries d’Augias, avec une énième mise en vente des biens saisis aux trafiquants du Mato Grosso… dont des avions bien sûr. Ça part d’un bon sentiment et d’une bonne action au départ : « quinze lots d’actifs saisis pour le crime de trafic de drogue seront mis aux enchères et l’estimation est de lever au moins 500 000 Reais pour le Fonds national de lutte contre la drogue (Funad). Environ 40% de ce montant doit être restitué au Secrétariat d’État à la sécurité publique (Sesp-MT) pour une utilisation dans la lutte et la prévention des drogues ». Parmi ce lot figure « un avion modèle EMB-810D d’une capacité de cinq passagers, d’une valeur de 720 000 Reais, mais l’offre initiale est proposée à 360 000 Reais L’avion a été utilisé par le Centre intégré des opérations aériennes (Ciopaer) de Sesp-MT. » L’avion resté plus de 8 ans déjà au service du Centre Intégré des Opérations Aériennes (Ciopaer) est le PT-VEM (810645) un bel Embraer EMB-810D Seneca III. Les deux ventes précédentes dans l’année de biens saisis aux trafiquants ont déjà rapporté 1,5 million de reais. Le Ciopar a déjà vendu un avion Cessna de 1974, resté inutilisé pendant cinq ans et vendu pour 420 000 reais. Il avait été remplacé par le PP-HAR, un Cessna 210N Centurion II  »Evolution » saisi en mars 2018, avec 350 kg de drogue à bord. J’ai relaté ici sa saisie : problème, l’avion présentait des différences avec l’original, pas sûr que l’on air eu affaire au même !Un troisième bel engin est annoncé, un Beech Baron 58, saisi le 25 février 2018 lors d’une opération menée dans les communes de Santo Antônio do Leverger et Denise. L’équipage de l’hélicoptère du Ciopaer avait alors soutenu la police fédérale dans une zone rurale de la municipalité de Denise, où l’avion avait atterri en apportant des stupéfiants. Le Beechcraft Baron 58 concerné est le PR-LON, (le TH-1036, ex N2289T venu de Smithville dans le Tennessee) versé depuis lui aussi au Ciopear. L’avion, en très bon état visiblement (et repeint aux couleurs de l’Etat, car il était rouge foncé est blanc à sa saisie, aperçu ici en 2016 à  l’aéroport de Bacacheri) était alors estimé à 850 000 reais (135  000 euros environ). Ici à droite sa phase de remise en peinture. Le problème étant que ces reventes à bas prix pour désengorger les hangars et faire baisser les coûts d’entretien alimentent aussi le trafic, les narcos achetant au plus bas prix possible, on le sait !

Coup de gueule populiste au Funai

La gestion des appareils saisis aux trafiquants et reversés aux Etats n’est en réalité pas toujours une bonne chose : leur taxes de parking et leur entretien coûtent cher aux Etats… quand ils ne sont pas lentement cannibalisés et deviennent incapables de voler. En juillet, coup de tonnerre avec la nouvelle ministre de la Femme, de la Famille et des Droits de l’Homme qui déboule au nom du Funai (la Fondation Nationale de l’Indien). C’est Damares Alves ministre traditionaliste controversée, devenue la risée du web, qui semble concernée à sa façon par le cas des Indiens, en visitant de façon impromptue la National Indian Foundation et fait constater que les avions abandonnés sur place (ils sont neuf au total) avaient été laissés dans un triste état dans les cours et les hangars d’aéroport. On a alors décidé de tous les mettre à la casse et elle fait constater le gâchis, en en faisant visiblement beaucoup trop devant les caméras : c’est une ancienne pasteur évangélique, rodée pour les effets de scène, qui fait partie du gouvernent Bolsonaro, Et elle fait le show dans le populisme le plus outrancier ! Ce qu’elle montre, ce sont des épaves en fait. Des avions aux pneus crevés (cf ici à droite) qui ne valent plus rien : « les feuilles de calcul montrent que quatre des sept avions dont Funai a l’intention de se séparer ont subi une dépréciation d’environ 250 000 Reais entre l’évaluation réalisée en 2017 et celle réalisée sous la nouvelle direction. Trois ont été identifiés comme irrécupérables il y a deux ans, et ensemble, ils valent 2 635 reais dans l’avis »  dit-elle (moins de 500 euros, c’est beaucoup moins que leur poids en ferraille !). « La faible valeur est justifiée par l’état de dégradation de l’actif ». « Selon le Ministère de la femme, de la famille et des droits de l’homme (MMFDH), les avions accumulent des pertes d’au moins 3 millions de reais avec des locations de hangar impayées. Un avis de vente aux enchères pour ces marchandises doit être lancé dans les 30 jours (espérer gagner de l’argent avec des avions qui ne valent rien ? Cette femme est folle !). « Les avions inspectés par le ministre sont en mauvais état et incapables de voler ».  C’est le moins qu’on puisse dire en effet ! Des avions répartis sur 4 sites différents :

  • Goiânia (3)
  • Brasília (4)
  • Rio de Janeiro (1)
  • Itaituba (PA) (1)

Et la responsable bolsonariste de hausser le ton : «nous avons constaté que des turbines et des moteurs avaient été volés. Il est difficile de déterminer les responsabilités. Dans le cas de l’avion de Rio de Janeiro, on ne sait pas quand il est arrivé. Il y a une chance qu’il soit arrivé en 2013. Nous avons des avions dans des cours privées que la collecte récupère. Ce que nous allons déterminer lors de la vente aux enchères ne paiera pas 20% de ce qui est facturé pour les chantiers privés ». Elle évoquera même ce jour là le mot de « mafia », pour les voleurs de pièces détachées, ce qui marche dans les pas du populiste Ricardo Salles qui venait alors de parler de « mafia des bennes à ordures » dans le pays » (ici la visite télévisée des avions dégradés). C’est l’ex ministre de l »environnement de Bolsonaro, fondateur de l’ultra droitier Movimento Endireita Brasil, débarqué depuis pour cause de  «démantèlement de la protection environnementale» qui a entraîné en particulier la déforestation, les incendies et l’exploitation minière illégale…, au détriment surtout… des Indiens ! « Les avions servaient à soigner la santé des autochtones » a souligné Damares en citant les dommages «incalculables» que la situation représente pour desservir cette population. «C’est une négligence, un Indien peut mourir  faute d’assistance médicale. Ces avions pourraient être là au ministère de la Santé pour la santé indigène et il ont été abandonnés ici depuis 2012», a déclaré le ministre lors de l’inspection à l’aéroport de Brasília. «Ces avions étaient au service de la santé indigène. Lorsque la santé autochtone a quitté Funai et est allée à Funasa il y a des années, ils auraient dû y être envoyés, mais cela s’est souvent heurté au processus bureaucratique. Dire que nous trouverons tous les coupables, nous ne le ferons pas, car nous savons qu’une partie de la faute était la bureaucratie même que le système impose. Mais la négligence est impardonnable « . Ici un petit tour en 2010 dans le vieil Islander PT-FBU exposé qui décolle d’un piste hideuse dans un boucan infernal. C’est un Britten-Norman BN-2A-9, construit en 1971 : il a donc… presque 50 ans et ne vaut donc plus un clou non plus (ici en 2017) ! Il a été pris en photo ici à droite en 2013 sur l’aéroport De Goiânia – Santa Genoveva où on l’a abandonné à ciel ouvert, ses vitres cassées. Il avait été nommé Marechal Candido Rondon, connu pour son exploration du Mato Grosso et de l’Amazonie occidentale. Dix ans plus tard l’avion laissé à l’air libre est devenu une épave, comme les autres.

Effectivement, en 2010, c’est bien un décret signé Luiz Inácio Lula da Silva, qui avait  transféré la responsabilité des actions de santé des populations autochtones au ministère de la Santé, mais les avions desservant Funai n’avaient pas été affectés à cette fin. C’est donc en fait Lula qui est visé via ses avions !!! Evidemment, le lundi qui suivait, le Trump brésilien qui sert de président commentait sur Twitter la vidéo de l’inspection du ministre Damares Alves en la félicitant et en enfonçant la direction du Funaî et en écrivant que «Funai, en règle générale,« s’occupait »de tout, sauf de l’Indien».
Un Bolsonaro qui avait reçu alors le soutien de Franklimberg Ribeiro de Freitas, (un ancien militaire comme lui devenu ministre !) resté pourtant 5 mois président du Funai qui affirme que la décision de se débarrasser des avions n’est pas récente et qu’elle date de la présidence antérieure (dont la sienne ?)… « c’est pas nous, ce sont les autres« , une vieille rengaine populiste aux relents staliniens, ou plutôt la méthode de Kroutchev, envers Staline ! Ou du Trump, on y revient !

Des millions de dollars qui pourrissent sur un parking

Au Brésil c’est fréquent en fait, ces abandons : en 2018, à Maringa, sur l’Aeroporto Regional Silvio Name Junior, vers le sud-est du pays, la télévision a retrouvé une dizaine d’appareils abandonnés, « dont trois provenant d’un même concessionnaire », paraît-il. On parle de « cimetière d’avions« .

Parmi eux un Falcon 10, le PR-EGB (le N°045, de 1975, brésilien  depuis le 17 février 2011 et ex N444CR et C-FTEN,  et siglé  « SION » sous le cokpit (3) ! Il est enregistré au Primera Igreja  Bat.DA Restaur.EM Manaus. A savoir un temple religieux à l’architecture caractéristique de Manaus. Il est ici photographié à Manaus , justement, en 2012 et là à en 2014, à Sorocaba. C’est bien le lettrage en revanche du Grupo Sion, en fait une société de vente dédiée au secteur immobilier, de type pyramidal classique… Particularité passionnante : c’est un société d’origine bolivienne ! Créée par l’ingénieur commercial Mario Franklin Chavez Mendez, elle est devenue une multinationale à succès avec des principes de ventes forcées par la tension créée chez ses vendeurs, selon un principe bien connu de recherches de contrats supplémentaires pour satisfaire un supérieur qui se rémunère lui de cette façon uniquement. Ici un reportage sur ses pratiques forcées d’achats de terrains dans la région de VeraCruz, avec à l’écran le Viceministerio de Defensa al Usuario y Consumido, Guillermo Mendoza. Le groupe, qui semble indéboulonnable, malgré les procès qui s’accumulent, gère notamment les parcs de loisirs Kalomai et le club de foot de Royal Pari FC dans le championnat Clausura. Dans le groupe, on a mis en scène en 2017 une distribution de « cadeaux » (des voitures Suzuki Vitara et Ford Ranger, ainsi que des voyages à Punta Cana et à Duba) aux meilleurs vendeurs comme savent le faire si bien les mouvements pyramidaux.

Une façade complète, qui ignore les petits vendeurs  et les acheteurs grugés. On ignore en revanche pourquoi ce Falcon est resté en plan à Maringa.

Un deuxième du genre le PT-WSF, le N°169 du 25 mars 2008 (ici son cockpit) ; ex 725 et F-GHFB du Groupement International de Commerce et d’Equipement (GICE), photographié encore en bon état à Curitaba en 2102, il était devenu brésilien dès 1997 chez Florida Agrocitros Ltda. Eà leurs côtés un Israel Aircraft Industries IAI-1124 Westwind (PP-JJK), le N°202 Ex N460WC aux nombreux propriétaires, un autre, le PR-STJ, à la très belle allure, le N°300 enregistré le 22 septembre 2009, ex N10MV et N500MD qui avait démarré 4X-CQT en 1980. Il est enregistré chez Top Clin Saude LTDA. Un autre chirurgien dentiste ! Celui-là semblait en pleine forme il y a peu : on l’avait photographié récemment à l’Aeroporto Lauro Carneiro de Loyola début mai 2018, rayonnant malgré ses 40 ans :

Egalement aperçu sur place, un Beechcraft 400XP dont on dissimule l’immatriculation et qui est en fait le PT-XAN (RK-48), ex N48SE, de 1992 (ci-dessous à droite)…  Il est au nom de Alexandre de Andrade Junior (un pilote automobile brésilien) .

Mais aussi (ci-dessus) un Hawker 125-800A  PT-LQP, 258116 de 1988 arrivé au Brésil le 15 février 2008 et marqué « Borges Landeiro » sur l’empennage (le logo de cette entreprise de construction d’immeubles installée à Goiânia, dans le Goiás !). Cet avion est au nom de Carlos Alberto Pereira De Oliveira. Ils ont commencé à être installés sur le parking en 2016, comme le montre la saisie Google Earth, les deux IAI étant amenés en 2017. On distingue aussi à leur côté deux petits monomoteurs de type Embraer, se faisant face, apparemment, entrevus aussi lors du reportage TV. En 2020 ils y étaient encore tous (sauf un qui semble bien être lle Beech 400A !). Selon le directeur du site, certains avions seraient arrivés pour maintenance et ne seraient jamais repartis, faute de paiement.  Un RK-48 Beech 400 N48SE vole de nouveau, entièrement repeint… vu en Arizona en 2018. et ici  sa plus récente photo. C’est lui qui semble avoir été maladroitement maquillé en rouge à partir de la décoration existante aperçue en 2012 par exemple.

Leurs propriétaires, ruinés par la crise économique n’avaient pu régler leur entretien selon le directeur. Ceci pour les jets. Pour les deux plus petits engins on apprend que « deux avions qui sont arrêtés dans la cour de l’aéroport de Maringá provenaient de trafiquants qui ont amené de la drogue des pays voisins au Brésil ».


« Les deux sont des moteurs monomoteurs du constructeur brésilien NEIVA (filiale d’Embraer, ce sont des
EMB-721C Sertanejo -Piper Lance) et ont été appréhendés par la police fédérale pendant les opérations. »  C’est un autre journal télévisé qui a failli nous donner la solution pour l’un des deux : l’avion blanc à filets noir et gris serait le PT-RHZ, bien connu car il a fait l’objet d’un épisode ici en août 2018 : « Coke en stock (CCIX) : la découverte et la chute des fournisseurs d’avions (44) ». Le PT-RHZ (ici à gauche), découvert lors d’une opération de vérification de trafic de matériel électronique, et non de drogue, comme l’avait indiqué le JT télévisé du Paranavai (voir dans l’épisode précédent cité). Un local dans l’aérodrome était rempli de ces appareils ! On notera que les brésiliens avaient une nette préférence pour leur production locale, la filiale d’Embraer, produisant le clone du Piper sous licence. A bien y regarder ce n’est pas pourtant cet exemplaire, mais le PT-RAZ, montré dans un autre reportage télévisé en train d’être visité par des inspecteur de la police : filets gris et bleu, plus l’indispensable tube de pitot en entonnoir cher aux trafiquants, côté pilote, et surtout… l’absence de cône d’hélice : l’Embraer EMB-820C N° 820114  enregistré le 03 mars 1994 et réenregistré le  23 novembre 2001 à Brasíli.

Celui-là est au nom de Base Aerofotog.E Projetos SA, de la photographie aérienne.

Autres exemplaires 

Partis de la contrebande d’objets liés à des taxes surannées, les trafiquants durent s’adapter lors de la baisse de celle-ci, se reconvertissant dans la coke, comme l’avaient fait avant eux leurs collègues mexicains avec leurs Beech Queen Air ou leur B-18 à trois roues. L’aérodrome, nœud du trafic, était celui de Londrina. Il y a en effet continuité directe, car le 5 août 2019 un nouveau réseau est découvert au même endroit (Londrina) et cette fois on est passé à de la cocaïne… avec deux Cessna, le 210 L PT-INQ N° 21059811 du 7 mars 1996 (ci-dessus à gauche) de Jorge Amando Alves et le PR-OLA, de Washington Medeiro Do Prado, le Cessna 210 N°21060555 devenu brésilien en avril 2012 et ex N310DC. celui là est ressorti de sa tombe car le 17 juin 2015 il s’était vautré dans un champ de coton dans la réserve environnementale de Carimã, à 50 km de la ville de Rondonopolis, à 218 km de Cuiabá; très certainement déjà pour un vol de drogue selon la police. L’engin semblait avoir pas mal souffert au passage… On l’avait en prime retrouvé avec des traces de balles et du sang répandu à l’intérieur. Ses occupants avaient été secourus par une camionnette… C’est dans le même secteur que, le 24 octobre 2015, un avion immatriculé PT-EXP s’était fait tirer dessus par un Tucano dont les balles avaient lacéré son aile gauche.  Il s’était posé en catastrophe à l’aéroport de Paranavai Edu Chaves, dans l’état de Parana, à environ 250 kilomètres de la frontière avec le Paraguay (lire ici l’épopée)…

C’est la constatation amère en tout cas de l’échec total du programme « Espaço Livre » lancé en 2011 visant à retirer des aéroports brésiliens les aéronefs qui étaient sous la garde de la justice ou qui ont été appréhendés dans le cadre d’une procédure pénale. « Pour atteindre l’objectif d’élimination des 119 avions qui se trouvent dans ces situations, le Conseil national de la justice (CNJ) avait portant associé en partenariat avec Infraero, le ministère de la Défense (MJ), l’Agence nationale de l’aviation civile (Anac), le Commandement Aéronautique, la Cour fédérale des comptes (TCU), la Cour de justice de São Paulo (TJSP) et le ministère public de São Paulo (MPSP) ». Mais fort peu ont été remis dans le circuit, parmi ceux que l’on a cités. Et les appareils au rebut n’ont même pas été démantelés comme on avait promis de le faire… la faute à la paperasserie, aux fonctionnaires indolents et à la corruption régnant partout qui dilapide chaque jour un peu plus le bien public dans le pays. Pas sûr que le Bolsonarisme, qui détruit par le feu les territoires indiens, soit à même de faire mieux que ses prédécesseurs… Parmi les plus évidents, ce beau Xingu PP-FHE que nous avions croisé à sa remise à l’armée en 2o18 (et qui n’en a donc pas voulu), et dont j’avais qualifié ici le reversement à l’Etat du Mato Grosso et au Funai « d’esbroufe », mettant en cause la ministre du moment, une vraie poseuse (cf ici à droite)  : « Tous n’ont pas été montrés, ce fameux 30 juillet 2012 qui ressemble fort à une opération de com’ de la ministre Eliana Calmon, toute fière de poser devant un Piper Seneca PP-FFP  N°810446 (en 2005, il appartenait à « Imp A.S.Animal »), saisi et fraîchement repeint…  De mauvais esprits critiqueront cette esbroufe, en rappelant que les appareils « offerts » étaient tous trop vieux pour présenter un quelconque intérêt après être restés si longtemps sans voler… » Le pauvre Xingu, qui n’a donc jamais resservi, laissé à l’extérieur ne pouvait que se dégrader (voir les photos de son état dans l’article cité). On venait de remplacer une esbroufe… par une autre esbroufe !!!  Eliana Calmon et Damares Alves, totalement opposés pourtant, même combat médiatique !!! En 2016, le PP-FFP qui était si brillant en 2012 était déjà devenu tout mat, ses pneus dégonflés et avachis… Toute la politique brésilienne résumée en 9 épaves d’avions ! Pendant ce temps, les narcos, eux, les retapent, les Xingu, rachetés à bas prix… pour les brûler après usage, remarquez ! (2) 

Dans le cadre d’Espaco Livre (3), on avait rencontré entre autres à Bahia le Seneca PP-FFP à gauche), à Para le N918DT un Cessna 210, que j’ai déjà évoqué ici, car c’est un des avions vendu par North Atlantic Aircraft Services du fameux « Joao » !)…. notre fameux PP-FHE un Xingu attribué au Mato Grosso, à Piauí le Cessna 172 PT-JDF, qui n’est autre que le vieux Cessna perso de Cabeza Branco, en Amazonas les PT-GAM (un Cessna 210 ci-dessous à droite et le PT-JAM (un beau Navajo), au Paraná, le PT-WSA, versé aux services des transferts de malades, un Beech Baron 58, ci-dessous à gauche, à Acre le PT-DSO, un Cessna 206 au cockpit en parfait état, au Mato Grosso do Sul  le PP-JHC, un Cessna 206 ici à droite, à Rondônia le PT-JKL, stocké dans un hangar de l’aérodrome de Teruel, le long de la BR-163, à Campo Grande, celui de l’Oficina e Recuperaçao de Aeronaves Ltda avec celui de Branco, c’est un Cessna 182, plus notre vieux Britten-Norman déjà répertorié, le PT-FBU, et à Tocantins le PT-FBA, un autre Seneca… versé, justement, tiens, par le Brazilian Department of Justice  à Funai (ci-dessous) !!!

Bref un beau lot d’avions saisis pour la plupart à des trafiquants de drogue ! Sans oublier le le PT-ECL, un Embraer 720025, modèle EMB-720D Minuano – un PA-32 donc), photographié ici au Sorocaba Airport de, São Paulo, dont les 360 ​​kilos de cocaïne, avaient été retrouvés à  Sales de Oliveira (SP) le 25 septembre 2010, à un  poste de péage . Il était enregistré au nom de Valber Melo, Advogados Associados (à Cuiabà) Un schéma (cf ci-dessous) nous avait montré le principe du trafic, partis du Sinop (au nord du Mato Grosso), les avions se posaient sur leur route à l’étape du Venezuela pour charger la coke et filaient ensuite vers le Honduras, alors destination en priorité, en survolant la mer des Caraïbes…

 

(1) toujours indiqué « stored » chez rzjets. Il avait été annoncé comme mis en vente mais n’a pas troué preneur : sa remise en état est trop coûteuse.

 

(2)  détruire des avions car il coûte de les garder en état n’est pas une spécificité du Funai. Le 8 février dernier un autre scandale est survenu avec la destruction à la pelleteuse d’un monument aérien brésilien :  le beau DC-3 de la VARIG, immatriculé PP-VBF,qui avait été longtemps exposé à Aterro Do Flamengo, un grand parc de Guanabara Bay, à côté de l’aéroport Santos Dumont et avait dû déménager ensuite à l’entrée du Galeão International Airport de Rio de Janeiro.

Rongé de partout par la corrosion, refusé par les musées, Varig, ou ce qu’il en reste (la société a cessé ses activité en 2009), a décidé de le détruire en effet.

Il avait effectué son dernier vol le 18 août 1971. On le distinguait parfaitement de Google Earth. Encore un peu de gâchis industriel !

La lise complète des avions reversés est ici : on en dénombre 16 :

3) le logo SION marqué sur le Falcon n’est hélas pas (ça aurait pu) celui de L’Eglise Universelle du Règne de Dieu (néopentecôtiste) du pasteur très médiatique Edir Macedo qui aurait eu largement les moyens de se l’offrir, car il a possédé successivement, outre – un Citation III (VR-CIM), un Falcon 900 (VR-CES aujourd’hui N140FJ), le PT-MLJ (un Embraer 505 Phenom 300) un Global Express (N700ML), le Cessna 750 Citation X PR-MJC et un Falcon 2000EX (PP-MJC) ! Des avions qu’il utilise, disons, à sa façon : « la collecte de fonds agressive de l’église a longtemps été notoire au Brésil, mais jamais plus qu’en juillet 2005. Ce mois-là, João Batista Ramos da Silva, pasteur de haut rang de l’Église universelle servant alors comme membre du Congrès national, était à bord de l’un des les avions privés de l’église à Brasilia lorsque la police a exigé de fouiller l’avion. À l’intérieur, ils ont saisi des valises remplies d’environ 10 millions de reais (5 millions de dollars). Bien qu’il n’ait jamais été inculpé d’un crime lié à cet argent, Batista est maintenant l’un des trois autres à lutter contre les accusations de blanchiment d’argent et de complot avec Macedo – «les mêmes vieilles accusations réchauffées», comme il le dit ».  Le petit Falcon 10 repéré est peut-être bien celui arrêté de jour-là…

C’est un grand supporter de… Bolsonaro qu’il a même baptisé trois fois de suite (?), toujours pour les médias (ici à droite). Comme lui c’est un ultra réactionnaire devenu extrêmement riche avec ses shows religieux télévisés ou ses salles ou des stades bourrés de milliers de fidèles. Il semble l’avoir oublié, mais en 1992 il a passé onze jours en prison en 1992 sur des accusations de charlatanisme !!!

Son Citation X (ici à gauche il ne l’a plus : il lui a été saisi… :« IRS a saisi hier (en 2012) un avion Citation X à Viracopos ». L’avion de plus de 20 millions de dollars américains appartenant à Eglise Universelle du Règne de Dieu ! « en septembre de l’année dernière  (en 2011 donc), le ministère public fédéral de São Paulo a dénoncé l’évêque Edir Macedo Bezerra, chef religieux de l’Église universelle du Royaume de Dieu, pour avoir mis en place, avec trois autres chefs d’église: l’ancien député fédéral João Batista Ramos da Silva, l’évêque Paulo Roberto Gomes da Conceição et la directrice financière Alba Maria Silva da Costa, un gang de blanchiment d’argent de l’IURD, envoyé illégalement du Brésil aux États-Unis via un bureau de change de São Paulo, entre 1999 et 2005. Selon la plainte, rédigée par le procureur de la République Sílvio Luís Martins de Oliveira, l’argent a été obtenu par fraude contre les fidèles de l’IURD, par «l’offre de fausses promesses et de menaces que l’aide spirituelle et économique n’atteindrait que ceux qui se sacrifiaient économiquement pour l’Église ».  Cet été le 2 août; la revente de son Citation saisi a échoué pour la deuxième fois (personne n’en veut) : « L’IRS a collecté 434 000 R $ (69 024 euros !) lors de la troisième vente aux enchères de l’année de produits saisis à la douane de l’aéroport international de Viracopos, à Campinas (SP), la semaine dernière. Encore une fois, l’avion Cessna Citation X 2005, qui avait une offre minimale de 9 millions de reais (1 431 388 d’euros), n’a pas été acheté. C’était la deuxième tentative de l’agence pour vendre le jet. » Dans le procès qui s’est déroulé devant le 19e tribunal civil du tribunal fédéral régional de la 3e région, à São Paulo, et qui a déterminé la vente de l’avion, il y a des informations selon lesquelles le jet a été acheté à Cessna Finance Corporation, aux États-Unis, en février 2010. , pour 11,9 millions de dollars EU, soit 38,9 millions de reais en montants mis à jour. Selon l’Agence nationale de l’aviation civile (ANAC), il n’y a que six appareils de ce modèle au Brésil. Pour acheter un tel avion, vous avez besoin de beaucoup d’argent, y compris l’entretien. Juste pour démarrer le jet, le propriétaire dépensera 4 000 $ US, soit près de 13 000 R $ « …

doc indispensable :

http://www.mpf.mp.br/to/sala-de-imprensa/docs/copy_of_NcleoCompradoreseProdutores.pdf

 

Le journal citoyen est une tribune. Les opinions qu’on y retrouve sont propres à leurs auteurs.

 

 

 

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