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Coke en stock (CCCXXII) : coup de théâtre, la pourvoyeuse d’avions enfin arrêtée !!! (2)

Je vous propose aujourd’hui de vous plonger dans l’effarant listing d’avions ayant servi soit à transporter de la cocaïne, soit simplement à en dissimuler le véritable propriétaire. Des individus en majorité mexicains, comme on va le voir, dont un bon nombre d’avions se sont écrasés… pour se voir dé-enregistrer un an après parfois.  C’est l’une des surprises de ce dossier, phénomène qui éclaire beaucoup les « pannes » de registre constatées depuis des années à propos de ces appareils fantômes. On commence par un premier lot… d’une quinzaine d’avions dont plusieurs ont fait la « une » des journaux et dont une grande partie à mal fini !!!

Un impressionnant listing en forme de réquisitoire à charge

J’ignore donc si le juge Amos Mazzant (ici à droite) est venu relever les noms des avions dans mes épisodes, ou si le FBI l’a fait à sa place, mais l’acte d’accusation détaillé qu’il a fourni recèle les mêmes noms et les mêmes affaires. Il en a relevé une vingtaine (22, exactement, il en manque encore donc !), que l’on va reprendre aujourd’hui, ce qui pourrait figurer comme une révision de ces six dernières années de trafic en fait.

Le lot est en effet… affligeant et accusateur, et vous allez retrouver bien des exemples déjà décrits ici en détail.

L’homme est précis, et il a fourni un travail d’enquête impressionnant, à vrai dire. Devant l’ampleur de la tâche, il ne s’est pas dérobé.  Il commence son réquisitoire par deux appareils, les N8286M un Cessna T210K Turbo Centurion et le N456PF Un superbe Beechcraft (BB-413). Tous les deux ont été enregistrés en décembre 2109 au nom d’Irvin A. Romero Lozano, un étranger clandestin avec un appartement à San Jose, en Californie. Les avions ont été déclarés aussitôt comme opérant principalement siglés en « N » à Guadalajara, Mexique.  Le Beechcraft avait été acheté fort récemment, le 10 février 2020. Lorsqu’il a été saisi,  Lozano a signé un avis d’abandon de l’avion « en déclarant qu’il pensait que son identité avait été volée »… note le juge, plutôt circonspect.  Aircraft Guaranty Corp avait ignoré totalement le fait que l’acheteur n’avait même pas le droit d’habiter en Californie… étant illégalement entré aux USA !

Le second cas est celui de l’appareil immatriculé N260RC, (ex N260RC un beau Learjet à porte cargo (vu en vente chez JetMach).  Lui a été saisi le 31 janvier 2020 à Brownsville, Texas, s’apprêtant ce jour-là à s’envoler vers Monterrey au Mexique. Les papiers habituels à fournir une heure avant le départ étaient manquants, et l’avion donc bloqué sur place. Les inspecteurs avaient découvert qu’il avait été vendu le 15 septembre 2017, par la Mescalero Apache Tribe à une société appelée ITRC, LLC, société dirigée par Rodolfo Camarillo Montemayor, ressortissant mexicain. Il dirige une société de recyclage/broyage de voitures à Monterrey.  Montemayor, lors de l’achat, avait en prime négocié le non versement d’un prime de 6,25% de taxe de L’Etat stipulant que « l‘avion serait immatriculé à Onalaska, Texas » et non à à Apodaca, dans l’Etat de Monterrey au Mexique.  Mais, note le juge, « l’avion est resté à l’extérieur des États-Unis pendant trois ans sans aucun dépôt de dossier d’exportation ».  Ce qui n’avait pas eu l’air d’inquiéter miss Mercer-Erwin.

Crashé dans les taillis mexicains

Le troisième cas est celui du N18BA.  Avec lui on entre dans le dur du trafic. « Le 15 septembre 2014 ou vers cette date, Daniel Regalado Orta a signé un acte de vente pour le N18BA à AGC. Le même jour, AGC a enregistré l’avion auprès de la FAA. Le 24 juillet 2014 ou vers cette date, AGC a signé un contrat de location sans garantie pour l’avion à Orta. Le 13 janvier 2016 ou vers cette date, WBAT (le Web Based Application Tool un logiciel de registre d’aviation) a demandé un duplicata du certificat avec la FAA. Le 10 mars 2019 ou vers cette date, le N18BA s’est écrasé au Mexique, tuant son pilote. Les autorités mexicaines ont saisi 1 215 kilogrammes de cocaïne dans l’avion » explique le juge, en ajoutant aussitôt des précisions : « environ cinq ans plus tôt, en 2014, Connie Wood (décédé en 2019) a placé cet avion dans une fiducie contrôlée par AGC.  AGC a continué de déposer les documents d’immatriculation de cet avion sous la direction de Debbie Mercer et Kayleigh Moffett (nota : c’est la propre fille de la précédente !).  Jusque là, le comportement d’AGC semblait se tenir : « le 21 mars 2019 ou vers cette date, Dawna Peters, employée de l’AGC, vice-présidente exécutif de l’administration des fiducies (c’est la troisième personne de l’entreprise, qui n’en compte en effet que trois !) , a écrit au locataire du N18BA, Daniel Regalado Orta. « Nous avons reçu des rapports selon lesquels N18BA était impliqué dans un accident mortel en Mexique, 10 mars. Veuillez confirmer si cela est exact et, dans le cas contraire, où le N18BA est-il actuellement localisé ? Il s’agit d’une demande urgente, nous sommes interrogés par une entité gouvernementale américaine pour fournir l’emplacement actuel de votre avion, le British Aerospace HS 125-700A, s / n NA0316, N18BA ».

Mais c’est la réponse du propriétaire qui va s’avérer désastreuse aux yeux du juge : « M. Orta a répondu : cette information est fausse. L’avion est actuellement situé dans l’aéroport de Toluca dans le hangar 6A. Il est actuellement en maintenance et donc a été maintenu au sol. Poursuivant son enquête, le Département du commerce a signifié une assignation à AGC.  AGC a fourni une réponse écrite, affirmant que l’avion s’était accidentellement écrasé, a affiché le numéro de queue N18BA, qui appartient à un autre avion d’AGC. L’avion qui s’est écrasé, le Beechcraft (Hawker) 256046, était autrefois immatriculé aux États-Unis sous l’immatriculation N299GS et a été détenu par AGC du 3 octobre 2011 au 29 mai 2014. Le bénéficiaire de la fiducie était Administracion Aeronautica International S.A. de C.V. et Marco Antonio Alvarado Padilla, qui était le directeur de cette société. Selon AGC, l’aéronef a été transféré au bénéficiaire étranger avant l’accident vers le 29 mars 2015, et l’enregistrement de la FAA pour cet avion a été annulé vers le 15 février 2018. AGC et ses co-conspirateurs n’ont déposé aucun dossier d’exportation pour cette transaction. Le 22 janvier 2020 ou vers cette date, Kayleigh Moffett a déposé une mise à jour d’adresse avec la FAA pour le N18BA ».

Lors du crash attribué au N18BA, tout le monde avait noté qu’il s’agissait en fait… du N299GS !!! Et dedans, il y avait encore 1,2 tonnes de cocaïne ! « L’avion a été vendu en dernier par la société « Administración Aeronaútica Internacional, s.a. de c.v.«  de Marco Alvarado Padilla, dont le chef pilote s’appelle Jaime Damian. L’adresse de ses bureaux est en fait celle d’un parking en plein Mexico (ici à droite) !! Il avait été annoncé à la vente au tarif de 600 000 dollars. Une paille, au regard de la tonne deux cents kilos de coke qu’il transportait ! » avais-je écrit ici (en avril 2020).

L’avion de l’exploit

Le suivant, idem, est bien connu, et là encore la duplicité d’AGC ne fait aucun doute : « vers le 5 octobre 2012, le N305AG a été enregistré auprès d’AGC. Le même jour, une déclaration d’opération internationale a été déposée par AGC pour cette avion. Le ou vers le 11 septembre 2018, Kayleigh Moffett a déposé un enregistrement, un renouvellement auprès de la FAA. Le 27 janvier 2020 ou vers cette date, N305AG a été saisi au Guatemala avec environ 1 700 kilogrammes de cocaïne. L’avion a été emmené et gardé au Guatemala , où il est resté depuis (ici à droite). Le 29 janvier 2020 ou vers cette date, des reportages ont publié la saisie. Deux jours plus tard, vers le 31 janvier 2020, Kayleigh Moffett a transféré la propriété de l’avion à Arrendadora THH SA de CV, une société étrangère. AGC et ses co-conspirateurs n’ont effectué aucune exportation pour cette transaction. Le 6 février 2020, une vidéo open source de N305AG volant hors de la jungle Guatémaltèque est devenue virale. Le 20 février 2020 ou vers cette date, Moffett a déposé un acte de vente auprès du FAA et a demandé de désenregistrer l’avion ». Le procédé était en effet grossier, de vouloir après-coup retirer des listings un avion pris sur le fait d’un transfert de drogue !!!

Un autre recordman

On en arrive au N311BD, avec cette fois un contact direct exprimé avec un trafiquant notoire, dont il est resté des traces écrites condamnant la société « enregistreuse ». « Le 16 décembre 2019 ou vers cette date, Kayleigh Moffett a déposé un projet de vente pour le N311BD, qui a transféré l’avion à Gastelum (Calderon) un trafiquant de drogue condamné à Sinaloa, au Mexique. Le même jour, Kayleigh Moffett a déposé pour une déclaration d’opération internationale au Mexique au nom de N311BD en tant que fiduciaire. Le 27 février 2020 ou vers cette date, l’avion a été saisi au Belize avec environ 2 310 kilogrammes de cocaïne. L’avion a été placé sous la garde du gouvernement, où il resté depuis. Les nouvelles ont diffusé cette saisie le 1er mars 2020 ou vers cette date. Quatre jours plus tard, Debbie Mercer a envoyé à Gastelum une lettre indiquant que l’AGC commencerait la réaffectation et le désenregistrement du N311BD. Vers le 14 avril 2020, Kayleigh Moffett a déposé un acte de vente transférant l’avion à Gastelum, malgré le fait que le l’avion était détenu par le gouvernement au Belize. AGC et ses co-conspirateurs n’ont pas fait tous les dépôts d’exportation. En juillet 2020, la FAA a informé Gastelum qu’il ne répondait pas aux exigences de citoyenneté américaine pour immatriculer un aéronef ». Le N311BD étant ce vieux Gulfstream décrit ici, saisi début 2020. Reconnaissable à sa livrée et à ses réservoirs d’ailes caractéristiques. Le recordman de l’import de coke à Belize !!!

Pour le N569LM (ex N246NW, ici à gauche) un Cessna 560 Citation, c’est à nouveau son usage à l’étranger exclusivement qui est en cause par le juge. « Le 16 mai 2016 ou vers cette date, AGC a conclu une convention de fiducie avec Ancheta SA. de C.V. aux fins de la détention de N56LM dans une fiducie. Il a ensuite loué l’avion de retour à Ancehta, SA. de CV. Le 16 juin 2016 ou vers cette date, Kayleigh Moffett a enregistré le N569LM auprès de la FAA. Le même jour, Ancheta, S.A. de C.V., une société mexicaine a vendu N569LM à AGC. Robert Miguel Gonzalez Barragan a signé au nom de Ancheta. Le 16 juin 2016 ou vers cette date, Debra Mercer-Erwin a déposé une déclaration d’International Operations en tant que présidente d’AGC. Le 3 janvier 2020 ou vers cette date, le gouvernement a appris que l’avion se trouvait au Mexique pendant 90% du temps. AGC et ses co-conspirateurs n’ont déposé aucun dossier d’exportation pour cet aéronef. Le 15 janvier ou vers cette date, 2020, Kayleigh Moffett a déposé un changement d’adresse pour le syndic d’AGC. »

Direction la source : le Venezuela

Avec le suivant, on retrouve le chemin de la drogue : c’est le N515BA, un Beechraft 200. Là encore le récit du juge est précis et documenté :  « le 25 juin 2020 ou vers cette date, AGC a conclu une convention de fiducie avec Jorge Alberto Torres Isalas. Ce document a été certifié comme une copie fidèle et correcte par Moffett, note WBAT. AGC a ensuite loué l’avion à Torres Isalas. AGC et ses co-conspirateurs n’ont pas déposé de documents d’exportation pour cet avion. Le 28 juin 2020 ou vers cette date, HSI (le Homeland Security Investigations) a appris qu’un vol suspect quittait l’espace aérien mexicain en violation d’un plan de vol. L’avion a quitté l’espace aérien mexicain et est entré dans l’espace aérien vénézuélien. Les autorités ont localisé le vol et photographié l’avion. Il portait le numéro de queue N515BA (ici à gauche). Les autorités ont continué à surveiller l’avion et ont remarqué que le faux numéro de queue N5674 a ensuite été appliqué à l’aéronef. Le N5674 est lié à un avion radié qui diffère sensiblement en apparence de l’aéronef ciblé. L’armée vénézuélienne a tenté pour forcer l’avion à descendre mais a perdu sa trajectoire près d’une piste clandestine. Le matin suivant un avion détruit était localisé sur la piste clandestine. L’avion détruit est brièvement apparu sur un compte de réseau social et a identifié l’avion comme étant le N515BA ». On note au passage l’euphémisme du juge sur la capacité des vénézuéliens à « poursuivre » les avions de drogue : il n’ y voit pas davantage que moi, visiblement !!! Comme est aussi douteux la surimpression sur les clichés du logo du ministère vénézuélien de Nestor Reverol, rendant les images… incompréhensibles ou illisibles. A dessein !

On continue avec le N770SW, un Canadair CL-604-2B16 Challenger ancien, sorti en 1996 et enregistré à plus de 15 reprises déjà (et donc proposé à bas prix sur le marché, dans les 275 000 dollars, un parfait client pour un usage unique comme son confrère N100Q vendu en Argentine et retrouvé en miettes le 26 septembre aux bords d’un piste clandestine au Venezuela). « Du 5 janvier 2018 au 16 avril 2019 environ, Le N770SW a été enregistré auprès de la FAA comme appartenant à AGC. Le 18 janvier 2019, un acte de vente a transféré la propriété du N700SW à EOLO Air Corp. Ce formulaire était signé par Federico Machado en tant que secrétaire général. Le 20 juin 2019 ou vers cette date, EOLO a déposé une déclaration d’opérations internationales pour que le N770SW vole d’Opa- Locka, Floride à Toluco, au Mexique. EOLO a demandé à la FAA de faxer le fil de vol à WBAT. EOLO Air Corp, était répertorié comme le propriétaire de l’avion. Le 16 avril 2019 ou vers cette date, Kayleigh Moffett en tant que secrétaire de l’AGC (ici à droite) a envoyé à la FAA un acte de vente transférant l’avion à Aircraft Finance Aircorp, Inc. L’acte de vente était daté du 17 avril 2019.  Vers le 17 juin 2019, Federico Andres Machado a déclaré au gouvernement qu’Aircraft Finance Aircorp n’avait pas acheté le N770SW. Un document sur papier à en-tête WBAT a demandé à la FAA de renvoyer tous les documents non enregistrables à WBAT. AGC et ses co-conspirateurs n’ont déposé aucun dossier d’exportation pour cet aéronef ».  Il aurait pu devenir un futur N600AM ou un N100Q ???

L’arrivée de Carlos

Avec le suivant on tombe sur un autre sérieux client en la personne de Carlos Villaurrutia, moult fois cité ici. « Le 10 mars 2017 ou vers cette date, TWA a acheté le N224EA (un Hawker HS-125-700A le 257088. L’aéronef était immatriculé auprès de la FAA sous TWA. Villaurrutia est l’unique propriétaire et président de TWA. Le même jour, Villaurrutia a déposé une déclaration d’opérations de vol d’Internationaux pour l’avion, de Pompano, en Floride, à Cancun, au Mexique. TWA et ses co-conspirateurs n’ont fait aucune demande d’exportation. Le 9 novembre 2018 ou vers cette date, TWA a vendu N224EA à VICA Aviation, Inc. Cette société est détenue à 100% et exploitée par un parent de Villaurrutia. Malgré les déclarations de TWA selon lesquelles elle était propriétaire de l’avion, d’autres entités ont financé et exploité l’aéronef. Vers le 19 décembre 2018, le N224EA s’est écrasé au Honduras alors qu’il transportait de la drogue. Le 7 janvier 2019 ou vers cette date, VICA aviation a demandé la radiation de l’aéronef pour son exportation vers le Mexique ». Ironie du sort, j’avais montré en mars une photo du N224EA « devenu mexicain depuis le 16 janvier 2019… » et qui pour moi était donc sur la liste des futurs crashs à venir… alors qu’il l’était déjà depuis… plus de trois mois ! (à gauche la longue liste des avions de Villaurrutia en 2019).

Le suivant étant aussi un avion de TWA : « le 11 octobre 2018, TWA a acheté le N241CW (ex « Desert Air Ambulance », en Californie, il datait de 1978 c’était en effet un Beech B100 King Air, une espèce devenue plutôt rare !). Le même jour, Villaurrutia a enregistré le N241CW auprès de la FAA sous TWA et a déposé une déclaration d’opérations internationales pour faire voler l’avion de Phoenix, Arizona à Ciudad Juarez, au Mexique. TWA n’a déposé aucun dossier d’exportation. Le 9 décembre ou vers cette date, en 2018, le N241CW s’est écrasé au Venezuela alors qu’il livrait 1200 kilogrammes de cocaïne pour le Cartel de Sinaloa. Le 7 janvier 2019 ou vers cette date, TWA a soumis une demande de désinscription pour son exportation vers le Mexique. » On notera encore une fois la désinscription des registres demandée alors que l’avion n’existe déjà plus !!

On reste toujours chez TWA avec le N322BC. « Vers le 11 janvier 2019, TWA a acheté le N322BC et l’a enregistré auprès de la FAA sous TWA. Le 14 janvier 2019 ou vers cette date, Villaurrutia a déposé une déclaration d’opération internationale pour faire voler l’avion de McAllen, Texas à Monterrey, Mexique. Vers le 11 septembre 2019, Villaurrutia a soumis une demande de radiation pour exportation vers le Mexique. TWA et ses co-conspirateurs n’ont pas fait tous les dépôts d’exportation. Le 19 octobre 2019 ou vers cette date, l’avion a atterri sur un piste d’atterrissage dans le district de Cayo, au Belize, où il a été retrouvé abandonné (ici à gauche). Les sièges avaient été enlevés et l’avion avait été configuré pour le transport de stupéfiants ». Le cas a fait l’objet de cet épisode. J’avais fait remarquer que « notre désormais célèbre vendeur d’avions aux trafiquants de tous poils !!! Il ne l’a gardé chez lui que 17 jours ! Juste le temps de faire la transaction avec les narcos ! » Et c’était donc bien ça, confirmation aujourd’hui !

Et toujours chez TWA, décidément bien prolixe en la matière, comme je n’ai cessé de le dire ici, avec le N465BC. « Le 16 août 2019 ou vers cette date, TWA a acheté le N465BC et l’a enregistré auprès de la FAA sous TWA. Malgré les déclarations de TWA selon lesquelles elle était propriétaire du aéronef, d’autres entités ont financé et exploité l’aéronef. Vers le 19 août 2019, TWA a déposé une déclaration d’opérations internationales pour faire voler l’avion de Memphis, Tennessee à Merida, au Mexique. TWA et ses co-conspirateurs n’ont fait aucun dépôt de formulaire d’exportation dépôts. Le 25 octobre 2019 ou vers cette date, l’avion a atterri sur une piste d’atterrissage clandestine au Guatemala. L’avion était configuré pour le transport de stupéfiants. Ce même jour, TWA a déposé une demande de radiation de l’aéronef en vue de son exportation vers le Mexique ». Le vieux Sabreliner est celui retrouvé au milieu d’une piste en pleine jungle, découvert grâce à un article illustré assez formidablement du Washington Post.

Varier les plaisirs : hélices ou réaction

Dans la foulée, continue le juge, « Le 2 mars 2018 ou vers cette date, TWA a acheté le N530GA et l’a enregistré auprès de la FAA sous TWA. Le 6 juin 2018 ou vers cette date, Villaurrutia a déposé une déclaration des opérations internationales pour faire voler l’avion de Chino, en Californie à Tijuana, au Mexique. TWA et ses co-conspirateurs n’ont déposé aucun dossier d’exportation. Vers le 26 octobre 2019, l’avion a atterri sur une piste d’atterrissage clandestine au Guatemala. L‘avion a été configuré pour le transport de stupéfiants. Depuis le 11 décembre 2020, N530GA était toujours enregistré auprès de TWA »… Là encore, j’ai exposé ici le cas de ce vieux Gulfstream retrouvé incendié et prêt à être enterré... la fosse devant le recevoir déjà creusée pas loin…

Pour le N35531, Villaurrutia a utilisé une de ses sociétés-clones, mais toujours pour faire la même chose : « le 14 février 2019 ou vers cette date, Texton a acheté le N35531 (nota : un bimoteur Piper cette fois, ex Storm Flying Services) mais ne l’a jamais enregistré. Un aéronef non immatriculé ne doit être piloté par personne, et à aucun moment » précise et rappelle le juge. « Du 4 avril 2019 au 13 novembre 2019 environ, la FAA a envoyé des lettres à Texton, notifiant Texton que l’avion n’était pas immatriculé. Le 15 février 2019 ou vers cette date, un plan de vol a été déposé pour N35531. Il a révélé un départ de Fort Worth, Texas pour Tampico au Mexique. Le 6 juin 2019 ou vers cette date, l’avion a été retrouvé abandonné au Guatemala. TWA n’a déposé aucun dossier d’exportation… » Le PA-31P-350 Mojave retrouvé le nez planté dans le sol, arborait la fausse immatriculation N454SC (expliqué ici).

On n’est loin d’en avoir fini avec ce réquisitoire : nous n’avons passé en revue que les 14 premiers appareils ! Le document supplétif sera donc pour l’épisode suivant, si vous le voulez bien…

Article précédent:

Coke en stock (CCCXXI) : coup de théâtre, la pourvoyeuse d’avions enfin arrêtée !!! (1)

 

Le journal citoyen est une tribune. Les opinions qu’on y retrouve sont propres à leurs auteurs.

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