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Coke en stock (CCCXX) : l’épicentre de Chetumal

Ce qu’il ressort depuis des mois, c’est que l’essentiel de ce trafic se tient désormais dans un cercle d’à peine 50 km de diamètre, autour de Chetumal, au sud du Quintana Roo, situé stratégiquement aux abords de l’Etat de Belize, là où les jets bourrés de coke ne cessent de se poser depuis des semaines, comme on l’a vu. Le Guatemala n’étant pas très loin non plus.

A Chetumal, c’est fou ce qu’on trouve comme avions que l’on abandonne, comme ça, comme s’il s’agissait d’une vieille voiture qui refuserait d’avancer…

Chetumal, orphelinat pour Hawkers abandonnés

On en était resté souvenez-vous le 24 septembre dernier à Chetumal avec une drôle de scène : un Hawker 800, resté abandonné devant son hangar.

Le pilote et le copilote incapables de présenter aux autorités aéroportuaires leur plan de vol et la documentation de l’aéronef s’étaient tout simplement enfuis, prétextant d’aller déjeuner…  laissant les clés sur le tableau de bord, en quelque sorte (lire ici en note N°2).

Il s’étaient même laissés photographier, le masque anti-covid bien pratique en la circonstance dissimulant leurs traits : ils osent tout, en effet comme on l’a dit ici à plusieurs reprises :

C’était deux jours après seulement que le Hawker de Menesses s’était écrasé. L’avion faussement immatriculé N796CH. Arrivé à Toluca ayant fait avant une escale à Ciudad del Carmen, dans le Campeche. « Selon le journal des activités, le mercredi 23 septembre 2020, il a été vu pour la première fois à 13 h 16 CDT, à Ciudad del Carmen, au Mexique, d’où il est parti pour la ville de Chetumal, où il a atterri à 1 h 41 minutes le même jour. Auparavant, le samedi 12 septembre à 15 h 37 il était à l’aéroport international de Miami d’où il partait pour la ville de Cancun, atterrissant à 16 h 09. Et ce même samedi, à 8 h 43 CDT, il se trouvait à l’aéroport international d’Adolfo López Mateos de Toluca, d’où il a décollé pour se rendre à Miami, en Floride, où il est arrivé à 12 h 59. Il y a quelques semaines, le 11 septembre 2020, il a volé de Mexico à Qintana Roo » écrit Sol Quintana Roo.L’avion N° 258049 serait donc l’ex N93CT vu ici en 1999 au Boeing Field/king County International Airport. C’est un British Aerospace BAE 125 Hawker 800A, construit en 1985.

Le journal précise : « selon l’historique de vol enregistré, le jet abandonné à Chetumal appartenait à quatre compagnies, à savoir les suivantes: en 2004, il effectuait des vols privés pour Palmetto Aviation, comme enregistré dans le dossier du 16 juillet 2004. Il a appartenu également à la compagnie aérienne James C.Richardson, inscrite au registre du 30 juin 2004, ainsi qu’à Pierre Foods, immatriculée le 8 mars 2004 et enfin, à Columbia Hill Aviation, inscrite au registre de 2 janvier 2001. Selon les archives, son propriétaire actuel est Ed Santos & Associates Lcc Trustee de Wilmington,, Delaware, situé au 3511 Silverside RD STE 105, dans la ville de Wilmintong, à New Castle, aux USA. De même, il a été constaté que ledit avion avait Miami-Cancun-Miami comme itinéraire préféré. Par conséquent, à partir d’hier, les autorités ont commencé à mener les enquêtes pertinentes sur l’avion et sur ceux qu’il servait. Il n’est pas exclu que ledit aéronef puisse être lié au trafic de drogue ou simplement être l’un des aéronefs utilisés par les « capodastres » pour se déplacer d’un endroit à un autre ». La société décrite possède des Beech 90 et possédait aussi un autre Hawker, le N375TC. or si les journalistes avaient été un peu plus curieux, ils auraient su que cet appareil n’existe plus : inscrit au nom de OnPoint Avionics LLC, il s’est écrasé le 18 avril 20120 en plein Peten (cf les deux photos ci-dessus) !!!

Le 27 novembre, on était resté plus « classique » disons avec un énième bimoteur à hélices incendié, retrouvé à Maravilla Tenejapa, dans le Chiapas, à la frontière avec le Guatemala. L’avion étant manifestement un Cessna 402C.

Le communiqué officiel repros par la presse nous dit « qu’il était situé à quelques kilomètres de la rivière Jataté, dans une zone de jungle préparée à l’avance. On pense qu’une fois que la drogue a été mise de côté, des fourgonnettes se sont dirigées vers l’autoroute de la frontière sud, où elles ont été perdues en quelques minutes. Des éléments du Bureau du Procureur général de la République (FGR), des experts et des agents du ministère public sont arrivés sur les lieux. La municipalité de Maravilla Tenejapa, adjacente à Ixcán, au Guatemala, une zone comme le Petén et celle d’Alta Verapaz est utilisée par des organisations internationales pour l’atterrissage d’avions légers venant d’Amérique du Sud avec des expéditions de drogue ».  Le 23 c’était un bien classique Cessna à aile haute qui avait été retrouvé du côté de Chilam Balam, vers Laguna Grande, lui aussi incendié sur place.  Le 5 juillet c’était un autre Cessna qui avait été découvert dans le Quintana Roo avec à proximité 390 kilos de cocaïne.

Un nid de départ vénézuélien 

Le 26 septembre c’était un autre biréacteur que l’on retrouvait planté, broyé et incendié au Venezuela, à Catatumbo dans l’Etat de Zulia. Le « célèbre » Nestor Reverol en l’annonçant défigurant les photos avec un siglage ridicule rendant la reconnaissance impossible. Celui-là aura vraiment tout fait pour détourner les pistes et protéger son propre trafic ! Retouchée, l’image (ici à gauche) révèle celle de l’empennage d’un… Gulfstream, et non d’un Hawker ! Le nid de départ des Hawkers et de leurs confrères de suicide retrouvés au Mexique étant bien depuis des mois maintenant l’état de Zulia : et pas que pour les Hawkers, il semble bien, comme on vient de le voir, car on y a aussi retrouvé crashé lui aussi un Challenger CLS 600 immatriculé N100QR, signalé comme vendu à l’Argentine le 18 septembre (il n’avait auparavant pas arboré son immatriculation en LV-CZU, ici à droite). Sur la piste clandestine qu’il avait raté ont été découverts pas moins de 11 000 litres de kérosène disposés en grands fûts bleus. « Le 16, il avait été suivi dans la direction opposée dans un vol qui l’avait conduit du Paraguay à la Guyane, puis vers  la République dominicaine » note Drug Runner sur son Instagram. Ce sont les militaires vénézuéliens qui y avaient mis le feu, comme à leur habitude, et non les trafiquants. Le bloggeur commentant finement : « il faut se demander dans quelle mesure ils sont motivés dans cette bataille – il faut tellement de temps pour localiser, dans l’état habituel de Zulia, une bande suffisamment bien aménagée pour contenir 11 000 litres de carburant d’aviation dans des fûts à disposition. Si mettre le feu à l’avion peut sembler bon pour la presse, les passeurs n’auraient vraiment pas été dérangés par la perte d’un Challenger de 40 ans d’âge (à titre d’exemple, vous pourriez acheter aujourd’hui le N°1013 N16RW pour 275 000 dollars et même une décennie plus récente un 601 -3A pour 550 000 dollars) ». Reverol est donc aveugle, mais ça on le sait ici depuis longtemps… Le 3 décembre 2018, rappelez-vous encore, un autre avion de type Hawker 700 avait été retrouvé abandonné sur la piste de l’aéroport avec une tonne et demie de cocaïne à bord. Cette fois, les membres de l’équipage qui attendaient d’autres trafiquants sur le tarmac, prêts à décoller, avaient fui par la zone ouest de l’aéroport en traversant des grillages prélablement ouverts à la tenaille !! L’avion, depuis, traîne toujours, depuis le 1er décembre 2018 sur le tarmac à Chetumal. Son pilote préféré, pas plus que son propriétaire, ne l’ont depuis réclamé…

Et cette fois, le 27 octobre dernier, c’est encore un Hawker, mais un modèle 800 cette fois, sans aucune immatriculation visible, qui a été retrouvé au petit matin, sur l’une des pistes de l’aéroport international de Chetumal (encore là !) où il avait atterri illégalement entre 5h et 6h du matin. Selon les rapports de police, ce soir-là ils étaient deux d’avions a avoir tenté d’échapper au système radar et aux survols de surveillance effectués par des éléments de la marine et de l’armée de l’air, le second s’étant dirigé en direction du Belize, situé… juste à côté. Cette fois-ci, le  pilote unique (?) avait été capturé à sa descente d’avion, ce dernier vite entouré de Hummers de l’armée pour l’empêcher de redécoller. Fait à noter : l’engin ne présentait aucune immatriculation- à part la lettre « X » de visible !  A l’intérieur; débarrassé de ses sièges, il n’y a plus une place pour une éventuel passager : c’est plein à craquer de grands sacs de toile habituels, remplis de pains de coke : il y en a pour 1,4 tonne !! Un poids record, amené par un seul pilote on le rappelle : de se savoir poursuivi et surveillé avec un tel poids à bord n’a pu dû lui rendre le voyage serein, à celui-là !. Selon les enquêteurs l’appareil serait le XA-RCF (N°258051), lui-même ex XA-OLI, XA-ELM de Aerotransportes Empresariales S.A. (ci-contre à droite les deux appareils) ou ancien N804LX et N851CW; plus 4 autres immatriculations depuis 1986. Les antennes semblent correspondre, et le XA-OLI est effectivement  proposé comme avion charter sur un site bidon appelé « Luxury Aircraft Solutions«  géré d’un hangar de l’Aéroport de Long Island MacArthur…  C’est en fait son intérieur photographie plein de sacs de toile qui confirme que nous avons bien affaire au XA-ELM devenu donc sur le tard XA-RCF (on a simplement enlevé la desserte en loupe d’orme à droite ici de l’entrée et les sièges (le rideau  sur la gauche dissimulant l’espace bagages et son filet de maintien) :

Comme signes distinctifs extérieurs, c’est un des rares Hawker à n’avoir qu’une partie de son dessous peint en gris, autour de l’emplanture de l’aile et pas ailleurs. Plutôt étonnant. L’engin semble surtout avoir été rapidement modifié et repeint : son immatriculation a été maladroitement masquée et grattée (on y distingue en seconde lettre un P semble-t-il et en dernière un F, or ça ne correspond à aucune de des anciennes immatriculations) et ses bandes d’origine de couleur cachés sous une bande adhésive grise qui passe au-dessus du filet noir alors qu’habituellement elles s’interrompent, et en prime, à l’arrière, elle fait des plis visibles (ci-dessus à gauche).  Si c’est de la peinture,  c’est fait à la louche en ce cas !  C’est du camouflage à la sauvette ! Du fake vite fait !

En parlant de fake, on rappelle qu’à Chetumal, un jour de juin 2018, un petit avion (un Cessna 206) s’était posé avec une immatriculation encore vierge sur ses flancs. Et dedans des auto-collants prêts à poser qui n’avaient même pas été mis !!! Abord, il y a avait un colombien et un bolivien !! Les deux nationalités « fournisseuses » représentées dans le même appareil !!! Gag supplémentaire : l’immatriculation pas encore posée était… vénézuélienne !!! On avait du leur laisser croire qu’à Chetumal il y avait une totale impunité pour les trafiquants !!! Le Hawker arrêté aura droit lui à une intervention télévisée du président Andrés Manuel López Obrador (« AMLO »), qui laissera une drôle d’impression de… dérisoire. Il projettera ce jour-là des diapos, comme à la parade, dans une sorte de prêche comme il en a pris l’habitude, ce nouveau Chavez chrétien, pas très loin de Trump qu’il admire beaucoup. Avec bien trop de légèreté, dirons certains. Comme pour le coronavirus. A trop vouloir jouer au messie… on récolte la tempête !

Impossible à reconnaître… et pour cause

Un peu avant, le 5 octobre, dans le Quintana Roo, on se retrouve un peu comme à Belize, avec un avion calciné en plein milieu d’une route. L’avion a bien réussi à se poser, d’après ce qu’on distingue des reins encore fumantes, et il a donc été incendié sciemment après.

Des radars mexicains avaient détecté une activité suspecte le long de la Ribera del Río Hondo et de ses environs. L’appareil est tombé dans une autre ejido, celle de Sergio Butrón Casas. Palcoquintanarroense.om fait le bilan : « avec celui-là, il y a déjà sept avions découverts dans le sud de Quintana Roo, jusqu’à présent cette année, tous liés au trafic de drogue. Un avion a été trouvé sur la Vía Corta menant jusqu’à Mérida, un autre à l’aérodrome de Majahual, un avion dans les montagnes de la communauté de Salamanque, à Morocoy, sur la route de José María Morelos et Pucté » (voir ci notre bilan pour le Quintana Roo). L’incendie de l’avion a été mené « scientifiquement »pour rien n’apparaisse : sur l’empennage par exemple, on a projeté de l’essence pour visiblement supprimer un logo ou une immatriculation, puisqu’en dessous le feu n’a pas pris (la photo de gauche a été très éclaircie)… l’engin est (était) un Hawker 700 en tout cas. Et avec cet appareil, on reste dans un rayon de moins de 25 km autour de… Chetumal : pas loin il y a Orange Walk, de l’autre côté de la frontière, au Belize, où sont arrivés des Hawkers, on le sait, et au nord Bacalar, là où on se pose sur les autoroutes !!! C’est fou ce que ce monde est concentré !!

C’est là aussi que le 22 août on avait assisté à une scène inhabituelle, celle de l’enlèvement du Hawker atterri le 16 juin sur une route du bord du même fleuve Hondo, installé ailes démontées sur une remorque de gros Peterbuilt à 10 roues des années 80:

L’occasion de découvrir une immatriculution dissimulée en N501GF qui avait été légèrement grattée pour la révéler :

J’avais improprement attribué ici même début août l’avion au « N464FG, numéro de fabrication NA0250, datant de 1979″, qui possédait la même déco ou le même design de filets dont le propriétaire avais-je dis possédait aussi N70QB, celui dont on vient aussi de reparler. Autant pour moi, donc : l’avion N501GF (N°257208) est bien un Hawker 700 (reconnaissable à sa quille arrière), de 1984 venu de chez HK Jets Inc, de Tamarac en Floride acheté le 26 septembre 2016 mais revendu on suppose à des mexicains (vie un Trustee) … le 5 avril 2019, juste avant son atterrissage dans la région. En 2015 il avait été un temps… vénézuélien, chez Construamerica. Les trafiquants en imitant la déco extérieure du N464FG avaient bien joué leur coup !!!

Un oiseau rare bourré d’essence !

Le 2 décembre, surprise avec un engin retrouvé sur un champ (une large piste clandestine), juché haut perché sur son train d’atterrissage et automatiquement reconnaissable, du fait. Posé à 18,5 kilomètres de la localité de Pijijiapan, dans le Chiapas. C’est sur la côte sud-ouest du pays, pas loin de la plage (touristique) de Chocohuital.

C’est en effet un Fairchild Swearingen Merlin, immatriculé XB-RFF, une denrée rare dans le secteur du trafic de drogue. L’avion a été retrouvé là, tel quel, abandonné. L’immatriculation est un (habituel) bout de papier adhésif aux lettres irrégulières : ça a été  bricolé à la main et même pas avec une imprimante. L’avion est en parfait état et arbore une livrée en blanc à filets noirs et dorés. L’armée accourue (ce sont en fait des hommes du Secrétariat de la Marine) montent à bord et découvrent dedans… aucune drogue. Mais pas moins de 20 bidons de kérosène pour avions à turbines ou réacteurs, sagement rangés et maintenus par des cordes, sur un plancher qui a été mis à nu, tous les sièges ayant été enlevés. Il y en a pour une tonne, avec ces 20 fûts de 50 litres !! Pour quel usage ? Pas le sien en tout cas : il est manifestement venu donner un coup de main à un confrère, mais on ignore lequel. Ou alors il s’apprêtait à repartir loin… (ainsi lesté il pourrait emporter une tonne de plus, ses réservoirs d’aile faisant 2450 litres).

Retrouver l’avion d’origine ne prend pas beaucoup de temps, vu la rareté de l’offre en la matière. Notre oiseau ravitailleur est à l’évidence le N506GM; un Swearingen SA226-T Merlin IIIB dont la comparaison des intérieurs, comme le dessin de ses filets aux couleurs simplement modifiés ne trompent pas. C’est l’exemplaire T294, ex RKS Leasing Inc. Wilmington Delaware (en 2013) , un ex norvégien (LN-HTD) mis en vente récemment. L’appareil est depuis passé dans… une boîte aux lettres, la Box du courrier de Range Fire Productions, Inc installée à Vero Beach en Floride dont le représentant (ainsi que d’autres boîtes du même tonneau) est un certain Gary Mills et le directeur Edward Morales. La société détenait aussi le Rockwell 690B, de 1979, Serial 11528 immatriculé N15SF. Il est passé le 20 juillet 2018 chez Kolob Canyons Air Services Inc, de Wilmington Delaware. Qui utilise toujours de longs Fairchild SA227-AC Metro III Metroliner (à Toluca) !!! De longs cigares volants qui servent d’avions cargos, les vitres occultées.

Bilan de l’année : 11 tonnes de coke venues par avion !!

Le 13 décembre pour finir l’année, on se retrouve avec une belle prise, dans le Campeche, avec un avion suivi de bout en bout dès son arrivée sur le territoire mexicain : «à la suite de la surveillance effectuée, il a été déterminé que l’avion atterrirait dans la municipalité de Ciudad del Carmen, Campeche, pour laquelle les troupes sous la juridiction du 33e.de la zone militaire, qui se trouvait déjà dans la zone, ont réussi à sécuriser l’avion avec les résultats suivants: un avion de type Cessna avec une immatriculation apparemment fausse; 380 colis contenant une substance présentant les caractéristiques de la cocaïne, pesant environ 350 kilogrammes; quatre armes longues et des cartouches en attente d’être comptées ». L’avion intercepté est un Cessna pressurisé, à petits hublots (Cessna P210) faussement immatriculé N123SK (celle d’un vieux Beech C90) particulièrement bien chargé à l’arrière de cocaïne, maintenue en place par des cordes. Le moment pour la police de faire le bilan de l’année : « la Sedena a réussi à sécuriser, entre autres, les éléments suivants: 81 avions illicites et plus de 11 tonnes de cocaïne. Selon le chef de l’Unité de renseignement financier (UIF), Santiago Nieto, quatre cartels opèrent dans la péninsule du Yucatan: le Jalisco Nueva Generación Cartel, le Pacific Cartel, le Gulf Cartel et Los Zetas. À Campeche, la CRF en identifie trois: Los Zetas avec des opérations à Calakmul, Escárcega, Holpechén et Candelaria. Le Cartel du Pacifique opère dans les municipalités de Calkiní, Tenabo, Campeche, Champotón, Palizada et Hecelchakán. Ciudad del Carmen est en conflit entre ladite organisation criminelle et le cartel du Nord-Est. » L’avion semble avoir été repeint, sur le modèle d’avions existants. Au passage il y a perdu le radar qui équipe habituellement l’aile droite de ce type d’appareil. Le Cessna était en prime lourdement armé, avec un Ar-15, deux kalachnikovs Ak-47 et une arme automatique indéterminée du même type que celle utilisée par le tireur de Las Vegas… un vrai arsenal volant !

Les fous-furieux aux manettes

Au Mexique, comme en Bolivie, les jeunes pilotes de Cessna sont plus que téméraires : ils sont tout simplement sans cervelle. Je vous en ai déjà donné des exemples ici, de leurs voltiges à basse altitude lors de meetings improvisés ou pour saluer leurs amis de leur village d’origine (cf ici à gauche). A se demander comment font-ils pour ne pas provoquer plus d’accidents !!! Eh bien on a eu un autre exemple de ces comportements insensés. Cette fois c’est avec un passage bas, à Guamuchil, dans le Sinaloa, fief des pilotes prenant des risques déments, filmé par téléphone, interrompu brusquement par un bruit sec, hors caméra (l’appareil est alors passé au-dessus de la tête de celui qui filmait) puis une pétarade et la chute de l’avion presqu’à la verticale, avec de la fumée sortant de son moteur. L’avion finit sa course le nez planté dans un champ, un peu plus loin de la scène d’impact entendu: il a réussi à redresser et se poser, mais a cassé son train avant  L’appareil est un, Cessna T206H Turbo Stationair II immatriculé XB-PQU. Raison de sa soudaine chute ? D’avoir heurté des lignes à haute tension, ce qui explique le bruit sec, celui de l’arc électrique, et le cafouillage moteur qui a suivi !! Les occupants seront extraits blessés du crash : mais quelle inconscience !!!

Deux vidéos nous montrent le crash, l’un de l’extérieur et l’autre de l’intérieur… avec un statuette de vierge protectrice sur le tableau de bord qui semble avoir produit son effet  !!! Du délire, tout simplement !! En prime ce n’est pas le seul à avoir connu cette mésaventure… comme ici en mai dernier à Miramar, en Floride, lors de l’atterrissage ; La fin pour lui avait été plus tragique.

Mais au Brésil (où nous reviendrons bientôt) cela s’est produit également. Le 30 janvier 2012 à Campos Lindos, un pilote rate son arrondi à l’atterrissage et heurte des lignes de courant (basse tension cette fois). L’avion, un Piper Seneca vert foncé, doré et blanc, appartenait au député Irajá Abreu (PSD) et le pilote, ancien pilote de l’armée de l’air la retraite, faisait partie de l’équipe du sénateur João Ribeiro (PR) selon Conexão Tocantins, une des hélices à embarqué le câble électrique le saumon d’aile fauche a été arraché lors de las manœuvre de rattrapage d’atterrissage. Or le 7 janvier de l’année 2020, l’avion a fait reparler de lui, posé dans un champ… au Venezuela, à Guasimo Mayita, dans le Cojedes, avec à bord deux hommes, le pilote Luizimar, et le mécanicien Jeferson qui décollaient généralement de l’aéroport de Cáceres, dans le Mato Grosso. L’examen de l’avion montre qu’il contenait cette fois de l’essence mais qu’il avai effectué d’autres trajets avec à bord de la cocaïne !! En réalité, la saisie a été effectuée bien avant, le 16 novembre. Recyclage d’avion accidenté, là aussi une pratique courante !!!

Un Noël blanc venu par mer également

Pour ravitailler les USA via l’Amérique centrale, on l’a vu, il n’y pas que les avions. Le 22 décembre une flèche naviguante semi submersible est coursée par des garde-côtes à partir du large de la région de Tumaco en Colombie (à San Andrés de Tumaco, surnommée « la perle du Pacifique », jusqu’à une pointe du Panama, à Punta Burica, province de Chiriquí.  A bord, pas loin de deux tonnes de coke : 1,830 kilos exactement. L’interception montrée en vidéo révèle une vitesse de déplacement au ras de l’eau vraiment impressionnante, dopée par ses 3 moteurs hors-bord suralimentés !! Une vrai Ferrari des mers Covert Shores rappelle que le 9 décembre c’était le 200 ème engin du genre qui avait été intercepté !!!

Le site l’avait classé lui aussi comme « Low profile vessel, outboard motors, very slender vessel, 8th family ». La 8eme génération (déjà !) de transporteur de coke flottant !!

 

(1) l’un des rares Swearingen Merlin aperçu impliqué dans le trafic de drogue est celui découvert en septembre 2019 au Venezuela. On avait à une époque donné une image de sa poursuite en vol (ici à droite), revendiquée par le pouvoir comme à son habitude. Et retrouvé son épave incendiée baignant dans une mare d’huile après son crash survenu au Venezuela, dans l’Etat de Zulia , le long d’une longue piste clandestine. Aile droite et empennage en flèche (?), moteurs 2 × Garrett AiResearch TPE-331 avec capots s’ouvrant en pétales (ici c’est une Garret de Metroliner du même constructeur), il n’y avait de doute… sur cet objet rare :

L’autre rare autre endroit où un Swearingen Merlin III a servi à transporter de la drogue est l’Australie, en 2014, avec le N224HR de Bernhard Stevermuer qui l’avait acheté 400 000 dollars à Punta Gorda en Floride et avait fait un beau périple avec. Il a été remis à neuf comme avion historique par la Historical Aircraft Restoration Society en 2016. Il faudra songer à y retourner en Australie, tiens… à ce propos !!!

 

Le journal citoyen est une tribune. Les opinions qu’on y retrouve sont propres à leurs auteurs.

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