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Coke en stock (CCCXV) : une filière bien française

Le gros ratage de l’enquête que nous étudions depuis deux épisodes est au niveau du rôle de l’aviation dans le trafic, qu’elle aborde pourtant mais dans un bref chapitre. Or le grand changement survenu à partir de 2008 c’est justement cet arrivage massif d’appareils ayant traversé l’Atlantique en partant tous du Brésil, après avoir chargé leur cargaison au Venezuela. Dommage, car ce phénomène mérite plus d’attention et nous intéresse davantage ici en France, car c’est un français qui demeure la clé de l’énigme, comme c’est un français, le trafiquant Erik (Mika) Walter Amegan (1) qui aurait été finalement arrêté à Dakar en 2018 qui était à la base de cet important réseau décidément plein de surprises, lié directement à des colombiens.

Arrive en effet dans l’enquête que nous décortiquons toujours aujourd’hui une évocation historique dont nos deux auteurs ne semblent pas avoir du tout saisi toute l’importance et c’est dommage, car il ne lui ont consacré qu’un bien petit chapitre : « le 12 août 2008 à neuf heures du soir, Zainab Conté, l’épouse du président de la Guinée Lansana Conté, a été arrêtée à la frontière de la Sierra Leone. Elle avait voyagé dans un convoi de trois voitures de luxe transportant plusieurs centaines de milliers d’euros et de dollars en espèce, ainsi que quelques lingots d’or. Craignant un conflit international avec de possibles attaques de l’armée guinéenne, elle a été libérée douze heures plus tard suite à l’appel téléphonique du président guinéen à celui du Sierra Leone. La raison de la visite de Zainab Conté en Sierra Leone : le rachat de la cargaison d’un avion qui avait été laissé sur le tarmac de l’aéroport international de Lungi un mois auparavant. La marchandise a été immédiatement saisie et se composait de 700 kilos de cocaïne, de fusils AK-47, et de munitions. La cargaison appartenait vraisemblablement au trafiquant de drogue et d’êtres humains Ousmane Conté, fils ainé du président guinéen (lire ici). L’avion volait sous une fausse bannière de la Croix-Rouge » précisent les deux journalistes (c’est bien visible ici droite). Le document à la base de ce texte est un fax cité par Wikileaks, lisible ici. Wikileaks la nomme comme une ancienne maîtresse d’un ex-président de Sierra Leone, la femme de Conté s’appelant… Henriette ! L’accent étant mis sur Gibrilla Kamara, comme étant le grand tsar du train de coke dans le pays. Le responsable de l’envoi de 750 kilos de cocaïne saisis à Lungi, en Sierra Leone. La demande avait été faite par le président Koroma (président de la République de 2007 à 2018, l’actuel étant Julius Maada Bio).

Première traversée aérienne 

J’avais relaté cette saisie « fondatrice » du principe il y presque 10 ans, en février 2011, car l’avion avait tout simplement traversé l’Atlantique pour arriver en Sierra Leone: « rien que pour faire le trajet vers le Cap Vert, il y a en effet plus de 4 200 km : le pilote vient de réaliser une véritable prouesse et est donc obligatoirement un pilote chevronné et confirmé. Normalement, le rayon d’action du Conquest ne fait que 2 078 km maxi : lui faire traverser l’Atlantique est une prouesse de pilote-mécanicien de bord, qui doit jongler durant tout le vol avec les robinets à essence entre chaque bidon supplémentaire emporté. Le pilote est nécessairement un gars doué, capable de gérer seul le centrage-décentrage de son appareil lourdement chargé. Le modèle peut embarquer 4 tonnes et en pèse deux seulement. » A bord, le poids de la drogue est largement dépassé par la charge supplémentaire en carburant, l’essence est en cabine, qui a été « désossée » de ces sièges arrière, et la drogue en « bagages », dans le nez et la soute arrière. L’engin est une bombe volante en puissance avec ses 34 bidons blancs de 90 litres à bord : il y en a au total, en effet, pour 3 000 litres de carburant ! Un pilote extrêmement chevronné, un copilote et un mécanicien de bord sont donc nécessaires à sa conduite : le vol est très long et il faut veiller au grain à chaque instant, à brancher les bidons les uns après les autres. D’autant plus qu’il y a une cargaison de valeur à bord. Avec ses 700 kilos de drogue à bord, l’avion vaut en effet plus de 31,5 millions de dollars ! » Autrement dit on venait de lancer une autre pratique narco !!! Une révolution, même, dans le genre !

L’avion étant bel et bien le vénézuélien YV1647 à l »origine, ex N441TF (lire ici) !!! Les trois occupants de l’avion s’appelant George Aritstizabal Archilla, qui est colombien comme ses acolytes, tel Victor Arauzo Lastrato Jr (2). Un troisième est le « mécanicien de bord », le gérant de l’essence en cabine : Julio Cesar Morales Cruz. Bref à ce sujet, nos deux journalistes ont un peu redécouvert la roue… c’est  leur conclusion qui est plus intéressante «  toutes ces infos ont été divulguées suite aux fuites des câbles de l’ambassade américaine en Sierra Leone qui ont fait l’objet d’un rapport de l’ONU. Depuis l’ouverture de la « Highway 10 » en 2006, les cartels de drogue colombiens ont tout fait pour mettre les chefs d’État et les gouvernements africains dans leur poche – et avec succès. » Ses successeurs arriveront en Mauritanie... comme celui-ci (à gauche) : le même type d’appareil ! En 2008 on apportait donc déjà par avion la coke en Afrique de l’Ouest !!! Avec des arrivées directes à Nouadhibou, par exemple (ici à droite) !!! La « Highway 10 » étant le 10 ème parallèle que longent ces avions lors de leur traversée de l’Atlantique.

Le relais d’hélicoptère français

Ce qui est tout aussi inquiétant c’est ce qui avait suivi pour prendre en charge la coke venue par Cessna, après son arrivage. Cette affaire n’a à mon sens jamais étudiée sérieusement  hélas !!! L’enfermement de deux pilotes n’a jamais été vraiment suivie par la presse française, pas plus que leur libération depuis (on l’espère pour eux !). Très vite, à propos du Cessna de Nouadhibou, les enquêteurs mauritaniens avait retrouvé ces autres éléments : « de l’examen du Cessna et de ses instruments de navigation les enquêteurs ont déduit que le bimoteur, lesté de bidons d’essence, avait décollé du Venezuela. La cocaïne devait être stockée dans une villa louée à Nouadhibou puis convoyée vers le nord – en direction du Maroc – probablement par hélicoptère. Les enquêteurs soupçonnent que deux hélicoptères loués en France et qui attendaient sur une plage proche de Nouadhibou allaient servir à l’opération. Officiellement, les appareils revenaient d’une mission humanitaire au Sénégal, un pays voisin. » Nous y revoici déjà, comme dans l’histoire du Boeing, au Sénégal ! N’oublions pas que Africa Air Assistance, mis en cause, en possédait un d’hélico (ici à droite) !!!

Un hélicoptère qui attendait en front de mer, visiblement, l’arrivée du Cessna-relais, ce qu’ont toujours nié les deux pilotes français qui ont été incarcérés (et qui ne semblent pas avoir beaucoup bénéficié de l’aide consulaire si généreusement accordée à d’autres !). Un des deux appareils c’est sûr, avait été en fait loué par Claude Alezra, chargé de mission au ministère sénégalais de la santé, pour une mission humanitaire ! Claude Alezra, le « conseiller », est en réalité le président de la société Jet Azur, installé à l’aéroport de Cannes Mandelieu. Il possède deux appareils, un AS 350 (Mono-turbine) et un plus gros, un AS 355 (Bi-turbines). La société était signalée en redressement à partir du 10 mars 2009 sous son nom originel d’Hélistar. Pour Nouadhibou, Alezra expliquait ainsi le problème : « Nous intervenons lors de grandes manifestations pieuses telles que le Grand Magal de Touba ou le Gamou Tidjane (ici à droite). On vient au secours des blessés et accidentés de la route pendant ces grands événements. D’ailleurs, l’immobilisation de notre appareil en Mauritanie risque de compromettre la qualité de notre prestation lors du prochain sommet de l’OCI à Dakar ». 

« Finir le travail » et remonter la coke vers l’Espagne, puis la France

Selon la presse africaine, ce sont les hélicos français qui devaient « finir le travail » : « deux hélicoptères, arrivés la veille et pilotés par des Français, devaient assurer cette ultime étape. Sept personnes, dont les deux Français, ont été inculpées et incarcérées en Mauritanie. Quant à l’homme politique cité dans cette affaire, Chbih Ould Cheikh Melainine titulaire d’un « passeport pour la liberté », décerné en 2003 par le Parlement européen, alors qu’il était emprisonné par l’ancien dictateur Maaouya Ould Taya (déposé par l’armée en 2005) , il a d’abord été interpellé à cause de ses liens avec le cerveau présumé et les deux pilotes belges de l’avion, mais son cas a été classé sans suite. » Dans le reportage, excellent, de Canal Plus sur l’avion de Nouadhibou, on apprend pourquoi l’opération avait échoué : l’officier de l’armée qui devait « réceptionner » l’appareil réclamait comme dû 430 000 euros ; et il n’en avait reçu que 230 000 !!! Les noms des pilotes étaient sortis dans la presse, pourtant : deux français, pilotes d’hélicoptères, Jean-Pierre Vivenot, qui a travaillé pour le GIGN et son ami et copilote Edy Pagés avaient été incarcérés. Avec seulement une image, montrant Vivenot aux côtés d’une Alouette III de la Gendarmerie, dont il a donc fait partie. C’est la famille du pilote d’hélicoptère incarcéré qui, excédée, lâche le morceau : « tout cela coûte beaucoup de temps et d’argent pour épargner des gens simples comme nous. Les avocats ne sont pas plus rassurants que la presse locale qui semble confondre avion et hélicoptère en présentant Jean-Pierre et Edy comme les pilotes de l’avion dit vénézuelien. » précise Catherine Soupeaux. L’explication donnée par Vivenot de sa rencontre avec , Mohamed Ould Haidalla, (le fils de Mohamed Khouna Ould Haidalla, l’ancien président) responsable du réseau de cocaïne avait, hélas pour lui prêté à sourire avec son histoire de « cabanon de pêche » tiré par les cheveux. A gauche ici, un couple visitant le fameux et minuscule cabanon en 2019. A l’époque aussi une phrase du député français Noël Mamère avait fait bondir tout le monde, accusant nommément le président mauritanien de trafic de drogue ;  « je vous confirme les propos que j’ai tenus concernant le président de la Mauritanie, qui ne font que confirmer ce qui est de notoriété publique » et de préciser le processus en faisant référence aux relations de président mauritanien « avec Hamdi Boucharaya, consul général de Guinée-Bissau, pays aujourd’hui plaque tournante du trafic de la région ». Mamère devra lui faire par la suite des excuses …

Eric Walter, un bien grand rôle pour un petit acteur

Au cœur des débats, le rôle dans ce micmac diplomatique du trafiquant français Erik Walter. Un rôle trouble, très trouble. « né à Paris en 1972, tour à tour présenté comme franco-togolais ou franco-congolais, dénommé parfois aussi Eric « Mika » Walter Amegan continue pourtant à circuler dans la région avec une aisance étonnante. En septembre 2007, des témoins le croisent à la terrasse d’un restaurant bien connu dans la capitale de Guinée-Bissau, pays clé du trafic de cocaïne à l’époque. Un an plus tard, selon une enquête de la chaîne française Canal +, il est vu attablé au bar du Centre culturel français de Nouakchott, avant de repartir dans une voiture de l’administration mauritanienne, alors même qu’il est recherché par la justice du pays. Un trafiquant interrogé par Canal+ affirme, de surcroît, qu’Eric Walter Amegan loge alors dans un appartement appartenant à un colonel des douanes mauritaniennes. Amegan est finalement arrêté en décembre 2008, par des gendarmes sénégalais et des policiers français, en compagnie d’un Colombien, dans la zone touristique de la petite côte sénégalaise, où le Français est officiellement agent immobilier dans la station balnéaire de Saly. »

L’ambassadeur de France en Mauritanie a bien joué un rôle dans cette affaire et pas un petit.. en faisant en fait… libérer Erik Walter, sévèrement condamné à son retour en Mauritanie : ce dernier avait bien été arrêté au Sénégal en 2009, après que l’on ait découvert sa ferme à crevettes sénégalaise dissimulant son juteux trafic (du grand art, la coke étant cachée sous les bassins à crevettes, ici à droite !)  Il avait alors été remis à Nouakchott, conformément à un mandat d’arrêt international émis contre lui par le pouvoir judiciaire mauritanien. C’est la suite qui est devenue ahurissante : « condamné à 15 ans comme sa victime, un décret présidentiel du 15 février 2011 leur accorde une réduction de peine de 5 ans. En profitera, également, Sid’Ahmed Ould Taya, correspondant d’Interpol en Mauritanie durant la période des faits mais dont la peine initiale ne dépassait pas 7 ans (Barikalla  Ould Greimich, est aussi condamné). Il sortira de prison un peu plus tôt. Le 23 février, soit une semaine après la remise, l’ambassadeur de France à Nouakchott s’entretient avec le Ministre de la Justice, Abidine Ould Khaïry. Rien ne filtre de l’entrevue. Un premier pas est franchi, seulement deux mois après le séjour de Antonio Injai à Nouakchott et son audience avec le Président Mohamed Ould Abdel Aziz. Pourquoi s’arrêter en milieu de pente ? Le 13 juillet 2011, Eric Walter et 30 autres sur les 32 prévenus sont acquittés par la Cour d’appel de Nouakchott » s’émeut Adrar Info, qui fait un lien direct entre l’intervention de l’ambassadeur français et la libération d’Eric Walter ! En 2018 donc, bis repetita ; arrêté à nouveau au Sénégal, il est de nouveau renvoyé en Mauritanie… mais le

Le problème étant qu’un hélicoptère bleu orné comme celui d’Alezra ( F-GJRP) avait été aussi retrouvé au Mali, chez notre fameux Eric Vernet, rebaptisé ZS-RKG ! Il avait véhiculé des gens pas très recommandables faisant dans les mines. Il est depuis reparti en Afrique du Sud, quel hasard,  à Cape Town… se faire refaire depuis une peinture gris acier foncé (et être complètement refait et équipé d’un Garmin 500H !) pour travailler désormais pour l’hôtel Anantara Mejumbe Island Ressort, pour des excursions « Life is a journey »... C’est étrange comment tout s’imbrique, soudainement !

Un hélicoptère bleu ?

Le trafic a perduré, donc, et également en Guinée-Bissau. Si bien que parfois, ça continue à prêter à confusion: ainsi avec des images furtives, prises en plein jour par les habitants de Mampata-Fórea dans le sud du pays, qui avaient assisté, le vendredi 12 mai 2017, à l’atterrissage en pleine place du village d’un hélicoptère tout bleu, dont la provenance était inconnue. Selon des témoins, « l’engin a atterri sur la route en plein jour, le personnel à bord pour rencontrer un groupe de personnes à l’intérieur d’une voiture à double cabine ». Aux yeux des gens, les individus ont affirmé que l’aéronef avait été obligé d’atterrir dans cette zone car il devait faire le plein ». L’hélicoptère étant de toute évidence un Aérospatiale monoturbine de type Ecureuil A350 B2, dépourvu de tout signe distinctif. Peu de temps après, un communiqué arrivait, précisant que l‘hélicoptère en question était affrété par la société sénégalaise AELIOCOM, « qui travaille avec les sociétés qui ont remporté l’appel d’offres pour la construction de la ligne d’interconnexion électrique en Guinée-Bissau ». Le projet était bien réel en effet : il consiste en une ligne électrique de 225 kV qui doit relier les villes de N’Zérékoré (en Guinée) et de Sanankoroba (au Mali), s’étendant sur 714 km, dont 127 km au Mali même, un projet payé par la Banque Mondiale et dans lequel on trouve investis Vinci et Eiffage. Il s’était posé pour faire le plein, selon le même communiqué. Ce que l’on peut croire à voir le côté sur lequel ça se fait et le tuyau menant au camion derrière lui.  Le problème étant qu’aucune entreprise de ce nom ne se trouve répertoriée là-bas, mais que l’on trouve une annonce: « en partenariat avec Dakar Air Academy pour la formation des pilotes hélicoptères, Jetazur dispose d’une flotte d’appareils (Ecureil) AS350 mono-turbine et AS355 bi-turbines« , dont l’image est un AS 350 !

La réapparition du Cessna  « portugais »

Ce type d’avion arrivé à Nouadhibou appelle un autre exemplaire voisin de même type aussi fondamental. Ailleurs qu’ici, j’avais écrit un texte qui dans cette continuité prend plus d’importance encore et s’insère dans l’enquête, mais comme élément oublié :  » le 6 septembre 2009, avant même donc que le B-727 ne se pose à Tarkint bourré de coke, un petit bimoteur, immatriculé J5-GTA, un Cessna 402C Utililiner présenté comme malien mais enregistré en Guinée-Bissau, atterrit sur aéroport international de Bamako-Sénou, (au Mali donc)  de retour certainement d’un vol de vérification de l’état de la piste qui devrait être utilisé (certains pensent que c’est plutôt le Beech 200 d’AAA qui a joué ce rôle). »

« Jusque là rien de spécial, sauf que le lieutenant Salif Keïta de la Compagnie de Transport Aérien de la gendarmerie (CTA) remarque que l’avion n’a aucune autorisation d’atterrissage à fournir : son pilote, Eric Vernet, qui est français, n’avait pu montrer aux autorités qu’une demande de permis provisoire mal rédigée et fabriquée à la hâte par Africa Air Assistance, située… au Sénégal. Or l’appareil habituel d’Aero Services Mali, sous lequel s’est d’abord présenté Vernet, est un Piper PA-31-350 Chieftain (cf ci-dessous à gauche) ! L‘appareil arrivé à la place a beau être connu sur place, et avoir été vu à plusieurs reprises par des « spotters » au Portugal, car ce n’est pas sa première visite au Mali, le lieutenant n’en démord pas : il n’a pas ses papiers en règle. Ce lieutenant zélé remet aussitôt un rapport circonstancié aux autorités aéroportuaires du Mali, qui au lieu de classer l’affaire, décident de remonter plus haut, et même carrément de demander la suspension de permis d’exploitation aérienne d’AAA. Ce qui va leur prendre plusieurs mois, bien entendu. La raison peut paraître surprenante mais en fait l’administration malienne avait tout de suite « bloqué » sur le nom du responsable d’AAA : Ibrahim Gueye, réputé mêlé, déjà, depuis longtemps à un trafic de drogue en Guinée-Bissau. AAA est en effet une entreprise possédant à la direction triangulaire, où figurent le français Eric Vernet, Ibrahima Gueye et le directeur local de Go-Voyages, Ben Hacko. Le voyagiste Go Voyages, « classé n°1 en France avec plus de 2,7 millions de voyageurs », et ayant à sa tête Axa Private Equity (du groupe Arnault) qui a racheté depuis 58% des parts » . Hacko et Vernet seront arrêtés et jetés quelque temps en prison, après la découverte (tardive) des ruines calcinées du 727 de Tarkint, Gueye ayant déjà pris la fuite. ATT les fera tous deux libérer… avec Miguel Devesa, l’assassin espagnol de l’équipe !

L’arrivée du Boeing de la coke avait pourtant été annoncée !!!

L’histoire du « Boeing du désert » hante toujours les rédactions, plus de dix ans après les faits. C’est la première fois que l’on évoquait au grand jour une telle quantité de cocaïne transportée (même si on ne l’a pas retrouvée, son transport ne fait plus aucun doute aujourd’hui). En 2016, soir 7 ans après les faits, un journal, Le Combat, un journal malien, remet ça sur le tapis et réuni des éléments accablants contre le régime d’ATT qui a empêché l’enquête sur le Boeing incendié à Tarkint, alors que les américains de la DEA trépignaient, car ils avaient été mis dans la confidence mais interdits d’intervenir :  « l’affaire « Air Cocaïne » n’a pas cessé de faire couler de l’encre. La Direction Générale de la Sûreté de l’État (DGSE), est le service de renseignement malien. Soumeylou Boubeye Maiga, actuellement Secrétaire général à la présidence, était son ancien chef. Le 12 Janvier 2010, il rencontra des conseillers de l’ambassade américaine à Bamako. Il leur donna des copies de documents provenant des autorités de l’aviation civile de l’Arabie Saoudite et de la Guinée-Bissau. Ces documents contenaient des informations sur le Boeing 727 trouvé près de la ville de Tarkint dans le nord du Mali au début de novembre 2009. L’avion provenait du Venezuela avec à bord plusieurs tonnes de drogue. Les trafiquants le vidèrent de son contenu avant de le détruire. Le premier document présenté par M. Maiga était un certificat de navigabilité délivré par l’Autorité Générale de l’Aviation Civile de l’Arabie Saoudite. Le document identifia l’appareil comme un Boeing B727-200 classifié comme un avion de transport avec l’immatriculation HZ-SNE. Le certificat avait été délivré le 12 Novembre 2008 par les autorités saoudiennes. Il expirait le 11 Mars 2009″. Des documents trouvés dans l’épave, et jamais communiqués depuis par le régime d’ATT, qui savait, donc.

L’avion n’avait en fait plus le droite de voler : il n’avait plus de certificat d de navigabilité. « Les autres documents étaient des lettres provenant de l’Agence de l’Aviation Civile de la Guinée-Bissau (AACGB). Une lettre était adressée à M. Ibrahima Gueye, identifié comme le Directeur de Africa Air Assistance (AAA). AAA est une filiale sénégalaise de la société Malaga basée en Espagne. Il opère comme agent pour les grandes entreprises d’entretien et de sécurité aérienne dans le monde. La lettre informa M. Gueye que le Boeing B727-200F avec immatriculation J5-GCU de la Guinée-Bissau n’était plus en état de navigabilité, et demanda des informations pouvant les aider à le repérer. La lettre était datée du 5 novembre 2009. Le Boeing arriva au Sénégal en provenance de l’Arabie Saoudite. C’est avec l’aide de AAA que les documents de l’avion ont été falsifiés permettant ainsi l’obtention d’une nouvelle immatriculation et d’un certificat de navigabilité en Guinée-Bissau. Une fois le nouveau certificat et immatriculation obtenus, l’appareil s’envola vers le Venezuela ».  Bien entendu, cette interdiction était resté lettre morte chez AAA : le J5-CGU n’était pas le bon avion hélas !

En Guinée-Bissau, l’agence nationale de contrôle des vols avait en fait fait son  travail en tout cas, en prévenant les concernés: « AACGB contacta ses homologues de l’aviation civile du Nigeria et du Venezuela les informant que l’avion volait sous un contrat de location signé au Venezuela avec un équipage nigérian. Dans les lettres, AACGB demanda que les autorités de l’aviation civile nigériane et vénézuélienne interdisent le vol du Boeing. AACGB a aussi averti l’Agence Nationale de l’Aviation Civile du Mali (ANAC). Dans cette lettre, AACGB informa ANAC que le Boeing effectuait plusieurs vols entre la Colombie et le Mali. L’Agence demanda à l’ANAC de clouer l’appareil au sol puisque son certificat de navigabilité n’était plus valide. Les autorités bissau-guinéennes suspectaient que l’appareil transportait de la drogue vers l’Afrique de l’Ouest, et au Mali en particulier. Dans son dernier vol, l’avion avait été repéré par les radars Marocains. Si plusieurs pays étaient au courant de ces vols vers le Mali, il est bien possible que les autorités maliennes étaient aussi au courant. Dans son investigation, le gouvernement malien a fait preuve de nonchalance et de négligence. Après la destruction de l’appareil dans le désert, l’équipage nigérian rejoignit Bamako où ils s’envolèrent chez eux sous l’œil des autorités maliennes ».

L’avion venait de se faire virer de son hangar à Dakar

Africa Air Assistance, entreprise dédoublée avec une première partie au Mali, et l’autre au Sénégal (et tous ses avions inscrits en Guinée-Bissau !). « En 2009 cependant, Africa Air Assistance, avec une autre entreprise (Derishbourg-Atis), est interdite d’exercice par les autorités aéroportuaires qui leur reprochaient de « squatter » carrément le hangar de maintenance de l’aéroport international de Dakar. « Sans autorisation, ni agrément » ! Le journal sénégalais qui relate l’affaire est formel : « au moins 3 avions, dont un Boeing 727/230 d’Africa Air Assistance destiné au fret, et deux autres petits avions,  dont un appartenant à la Guinée-Bissau (cf le Cessna « porte-sac de ciment ?), ont été évacués du hangar ». Un feuilleton judiciaire oppose alors Karim Wade, le ministre des Transports, à Ibrahima Gueye, le patron de AAA qui réclame 600 millions CFA de dommages et intérêts. En juillet 2009, le verdict tombe : AAA doit quitter les lieux sans un kopeck de dédommagement. » Il faut dire qu’à Dakar la place manque énormément sur l’aéroport trop étroit de Woff  (le nouveau, Blaise Dagne, bâti à partir de 2011, ne sera inauguré qu’en 2017). Il n’y a en résumé qu’un seul gros hangar, longtemps occupé par trois épaves (dont celle de l’Airbus d’Air Afrique TU-TAS et le Fokker F-27 6V-AHS de Sunu  accidenté en 2003; la photo date de 2005 et non de 2007), et un autre plus petit, de disponibles, plus des hangars qui nécessitent des acrobaties et des virages successifs au sol pour les gros porteurs comme ci-dessus l’A320, ci-dessus qui ne tient pas dedans complètement. L’Airbus A330 a été démantibulé en 2007 : en novembre, il n’en reste plus que des vestiges (en 2005 il était encore complet, ici à gauche. En 1999 il était l’utilisateur unique du grand hangar).

On trouvera devant en 2007, une fois vidé,  le Fokker F-27 de Air Africa Assistance (ou bien celui du gouvernement que AAA réparait, et qui a failli exploser alors que Viviane Wade, l’épouse du chef de l’Etat s’apprêtait à monter dedans, stationné lui à Ouakam plutôt, détruit pour laisser place à la super-statue pharaonique) et le 727 de la Pointe de Sangomar en 2012, visible sur Google Earth (revenu en 2019 et 2020 de Perpignan il couchera dehors, avant de s’envoler vers les USA pour y être revendu).

En fait tout était parti du désir fou de Karim Wade, le fils du président,  de vouloir crée sa propre compagnie d’aviation (Air Sénégal International, qui sera un four complet) et pour ça il lui fallait bien un hangar ! A l’époque Karim était plutôt dans le collimateur… des USA : un terrible câble de Wikileaks du 6 septembre 2009 l’avait nommé comme ayant été arrêté au Maroc à l’aéroport avec du haschich sur lui  !!! A la tête du réseau, un membre du RNI marocain de Mohammed Jouahi, présenté comme le « kingpin » du réseau de haschich (3)… Mais aussi pour ses revenus… d’origine floue : « L’enquête a évoqué une villa à Saint Tropez en France. Karim Wade y prenait régulièrement ses aises et allait dîner au célèbre Nikki Beach.L’enquête a permis d’établir que la villa appartient à l’industriel Jean-Claude Mimran » (il est suisse, israélien et sénégalais !) « qui la lui prêtait. De même, les enquêteurs ont pu établir qu’à son retour à Dakar, après l’élection de Me Abdoulaye Wade, Karim Wade s’était vu offert la rondelette somme de 500 millions de francs Cfa par le même Jean-Claude Mimran, histoire dit-on de l’aider à se faire une santé financière. Cela fait sourire car Karim Wade a déclaré aux enquêteurs qu’il disposait déjà en 2000 d’un patrimoine évalué à 8 milliards de francs Cfa. Il a également été question dans les auditions de la gendarmerie de l’appartement dans lequel vivent les enfants de Karim Wade à l’Avenue Victor Hugo, dans le 16ème arrondissement de Paris. L’enquête a établi que l’appartement est au nom de l’homme d’affaires Abbas Jaber » (le roi du coton). La jet set, fort fréquentée par Karim ici avec Jean-Claude Darmon (le grand copain de Johnny et roi du foot) Alexandre Arcady, Diagna Ndiaye lors de la « Party For ‘Africa 24 »...

On découvrira plus tard que Karim Wade disposait de 30 comptes en Banque à Monaco, l’argent transitant par Jersey, les îles Vierges britanniques en passant par Beyrouth, le Luxembourg, le Panama et Hongkong, un argent géré par le magnat Ibrahim Aboukhalil, aidé par les talents informatiques du hollandais Paul Van Lienden, qui gèrait aussi Aviation Handling Services International ( qui a fini au Tribunal). « Le système des relations financières tel qu’organisé par Ibrahim Aboukhalil apparaît clairement. Cela fonctionne  toujours avec une relation triangulaire, jamais directe entre un débiteur et un créancier (comme normalement). Ibrahim Aboukhalil, lui, fait toujours transiter les sommes d’argent via un compte appartenant à une  tierce personne physique ou morale supplémentaire qui cache la réalité de l’opération sous –jacente. Le véritable créancier ou débiteur d’une opération  n’est jamais le premier mais toujours le second. Cette intermédiation triangulaire est typique des opérations de blanchiment d’argent ». De la place, il lui en fallait aussi pour héberger un appareil qu’il utilisait très souvent mais qui n’était pas le sien . Karim Wade circulait en effet dans le Falcon 50 N°169 F-GUAJ de la société Darta ce qui a provoqué une plainte instruite par le Pôle financier envers Sylvie Darnaudet, fille de Yves Darnaudet, lors du rachat de l’entreprise Darta en 2012 « Entre 2005 et 2010, l’Etat du Sénégal aura payé la rondelette somme de 12,5 milliards de FCFA (19 056 140 d’euros) dans le cadre ce contrat leasing. Les fonds ont été puisés du secrétariat général de la Présidence de la République. » Autrement dit, 19 millions en frais de transport, aux frais du contribuable ! On conçoit qu’alors au Sénégal il puisse se passer d’étranges choses sur ses aéroports !

Impossible à rater, tout le monde était au courant

En somme, pour revenir au Mali, le gouvernement d’ATT (Amadou Toumani Touré) ne pouvait pas ne pas avoir su a quoi servait cet avion incendié, et a pourtant bloqué toute enquête le concernant. Cette énorme responsabilité, que l’on ne peut appeler que complicité, je n’ai eu de cesse de la dénoncer ici, en particulier les gesticulations incompréhensibles de Nicolas Sarkozy à l’époque, venu à plusieurs reprises visiter ATT (et le sermonner), notamment lorsqu‘un de ses agents qui surveillait le trafic est devenu l’otage des amis mafieux du maire de Tarkint responsable local du trafic de cocaïne. A l’autre bout, le gouvernement vénézuélien d’Hugo Chavez à l’époque, déjà sous l’emprise du Cartel de Los Soles, avait lui aussi ét mis au courant, et n’avait rien fait pour bloquer l’avion sur son sol. C’est un trafic international, mais avec des défaillances d’Etat multiples et flagrantes ou plutôt des complicités en plus haut lieu. Ce que dénoncent à nouveau aujourd’hui les deux journalistes!  Idem pour les multiples préparatifs de construction de la piste, obligatoirement visibles de satellite, ou des nombreux voyages de préparation du petit Cessna 402 servant de repérage et de liaison. Preuve de cette surveillance étroite sur place, le crash du DH-8 « espion » américain, immatriculé  N355PH; le 23 novembre 2009 à Tarakigné, un village situé à une trentaine de kilomètres de Kolokani et à plus de 100 kilomètres de Bamako. Les avions espions de ce genre étaient en prime deux sur place (4). L’avion idéal pour « monitorer » le trafic vu du ciel.  En somme, beaucoup savaient ce qui allait se passer avant même que cela ne se produise !

Le blocage de l’enquête par ATT

« Le 25 Novembre 2009, lors d’une réunion avec un responsable politique américain, le directeur adjoint de l’ANAC, Issa Saley Maiga, déclara que, son agence avait la compétence juridique d’enquêter sur les accidents d’aviation. Mais il n’a reçu l’autorisation d’enquêter que le 24 novembre, 3 à 4 semaines après la découverte des débris. Selon lui, jusqu’en fin novembre, la DGSE, était exclusivement en charge de l’enquête. Aucune autre agence ne pouvait faire quoi que ce soit, même la Brigade d’Investigation Judiciaire était exclue. Le gouvernement malien avait aussi refusé de coopérer avec l’Office des Nations Unies contre la Drogue et le Crime (ONUDC). Cyriaque Sobtafo, Représentant régional adjoint de l’ONUDC dit que le gouvernement malien n’avait partagé aucune information sur l’affaire avec l’Office ». Ces documents fournis le 12 janvier 2010 sont ceux évoqués par le câble de Wikileaks du 1 er févier suivant (ici à droite).

Les quatre semaines de délai avaient été utilisées par le régime d’ATT pour prendre soin d’effacer toutes les traces embarrassantes de l’avion dont l’état archi-calciné en avait étonné plus d’un. Cette carcasse a été cannibalisée et incendiée à plusieurs reprises pour se retrouver dans cet état et ne plus pouvoir être reconnue. L’existence d’avions de surveillance US munis de capteurs divers (comme celui cité) laisse en plus hautement improbable la non-détection de ces multiples tentatives d’effacer le maximum de traces. Mis au courant avant son arrivée, il est peu probable que les américains n’aient pas cherché plus tôt à le localiser avec l’arsenal de surveillance dont ils disposaient !!!

Un ATT qui commet en plus une erreur de taille, lorsqu’il libère le trio Devesa-Hacko-Devernet, car dans le même renvoi il lance un mandat d’arrêt international contre deux personnes, citant ainsi (enfin !) les noms des fameux pilotes du Boeing incendié à Tarkint : or ce sont deux colombiens !

Andrés José Solano Gaete et Luis Frenelly Amezquita Acosta; le premier étant donc le pilote du Boeing, un ancien d’Aerosucre, cette société qui pilote ses 727 de bien étrange manière parfois (une tradition chez eux). Ici le 20 décembre 2016, ça s’est terminé en crash, hélas : cinq morts ce jour-là à Puerto Carreño (et un survivant quand même !). L’appareil avait en décollant surchargé arraché une bonne partie de ses volets de l’aile droite et perdant son train droit, en ayant heurté la barrière de fin de piste et un arbre, il n’avait jamais réussi à redresser sa course, se crashant quelques kilomètres plus loin (7,5 exactement). De la folie furieuse ! L’avion était le HK-4544, datant de 1975 et était chargé à 10 tonnes de fret répartis en 9 palettes ! Gaete finira par se faire pincer par Interpol le 25 avril 2013 à l’aéroport International de Tocumen, en provenance de Mexico (ici à gauche). Luis Frenelly Amezquita Acosta semble toujours faire partie des 15 personnes  les plus recherchées par Interpol semble-t-il.

 

(1) voir ici ces tribulations.

https://senego.com/dakar-le-film-de-larrestation-du-celebre-trafiquant-de-drogue-francais-mika_656080.html

Et le long texte ici :

https://archives.politiqueinternationale.com/revue/read2.php?id_revue=139&id=1166&content=texte

(2) Pendant son procès, on découvre que Victor Arauzo Lastrato (Jr), l’un des deux pilotes, avait un oncle, Victor Manuel Araujo Lastreto, mouillé dans une autre affaire de trafic de drogue…au Venezuela ! Le 27 octobre 2008, en effet, un Cessna immatriculé YV2014 avait été contraint à un atterrissage forcé sous la menace des Broncos de l’armée vénézuelienne de la Base Air Rafael Urdaneta, qui avait détecté un vol suspect entre Carora et Barquisimeto. A bord du petit Cessna de la drogue, bien entendu. L’avion appartenait à Victor Manuel Araujo Lastreto, lui aussi trafiquant de cocaïne ! Selon la presse, la drogue était celle d’un « mexicain » surnommé « El-Senor ». Le Mexique, la Colombie ou le Venezuela…

(3) « L’instruction du cas Triha, du surnom de Lamfadel Akdi, un intouchable soupçonné d’être à la tête du réseau, promet des révélations importantes. Pour le moment un ex-député du Regroupement National des Indépendants (RNI), de Mohamed Jouahri, a été détenu. Des 18 arrêtés, cinq contrôlaient la vente de drogues dures, de cocaïne et de l’héroïne provenant de l’Afrique Occidental, sur le marché marocain ; six autres dirigeaient le secteur de l’exportation de hachisch en Espagne par voie maritime en utilisant les embarcations qui démarraient du port improvisé de Marchica près de Nador ; un autre groupe composé de trois était chargé de l’exportation en Europe par voie terrestre, en utilisant des camions TIR de marchandises ; un quatrième groupe de trois barons contrôlait le trafic vers l’Algérie, vers Tunis et vers la Libye, à travers la frontière d’Oujda et d’Errachidia ; et le dernier d’eux était chargé de l’approvisionnement de hachisch à Ketama ». 

Selon les premiers éléments de la recherche, le réseau comptait d’une demi-centaine de poids lourds, qui s’était pratiquement distribué tout le pays. La presse marocaine parle d’un Gouverneur, de plusieurs hauts responsables de l’administration territoriale, d’employés de la Douane et de la Gendarmerie Royale, et de plusieurs magistrats. Selon le journal Al Bayane, l’une des régions importantes par lesquelles transitait « la neige » provenant de l’Afrique de l’Ouest n’est autre que le Sahara Occidental, les « provinces sahariennes » selon la terminologie habituelle marocaine. » Lire ici sur les go-fast méditerranéens.

(4) Le N355PH s’est crashé faute d’essence (?) le 19 novembre 2009 à Tarakigné, à 30 km de Kolokani, au Mali. Officiellement, cet avion de la CIA était loué à une entreprise qui s’appelait « Win Win Aviation » après avoir été utiisé par Horizon Air aux USA et ensuite par L-3 Comms. Les deux pilotes en faisant le plein à Nouakchott n’avaient pas emporté assez de kérosène ! L’appareil avait deux régistrations ; une civile, le N355PH, et l’autre militaire, le 97-0500. Les morceaux résultants du crash ont été stockés depuis au Cotswold Airport de Kemble ( Gloucestershireen Angleterre, chez Air Salvage International (ASI).

 

documents

https://www.lexpress.fr/actualite/monde/afrique/mali-la-guerre-de-la-cocaine_1233028.html

 

https://www.lexpress.fr/actualite/monde/afrique/mali-la-guerre-de-la-cocaine_1233028.html

 

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