Accueil / T H E M E S / CULTURE / Littérature / anecdotique / Coke en Stock (CCCXLVII) : au Brésil, la coke vient de Bolivie ou du Pérou

Coke en Stock (CCCXLVII) : au Brésil, la coke vient de Bolivie ou du Pérou

Au Brésil, l’activité n’a pas cessé cet été, le fait d’appareils connus, des Cessna 210 et des Beechcraft B58 notamment : on les a rencontrés alternativement, comme l’année précédente, les deux modèles agissant en duo pour venir récupérer un chargement conséquent resté coincé dans un appareil qui s’était écrasé. S’y ajoute l’inévitable hélicoptère Robinson R44, très présent là-bas comme on le sait, avec à la clé un beau cas de figure de policier trafiquant. 

Un récidiviste notoire (et pas le seul)

Autre histoire avec un autre avion monomoteur Cessna, modèle 182P immatriculé PT-IMY (ici à gauche), capturé le 3 juillet dernier à Ituverava à l’intérieur de l’Etat de São Paulo avec un chargement conséquent de chlorhydrate de cocaïne de 243 kilos d’une valeur de 15 millions de Reais, selon le registre disponible en consultation sur le site de l’ANAC (Agence nationale de l’aviation civile), il appartient à un pilote de Corumba nommé Luiz Augusto de Barros Lima, originaire du Mato Grosso do Sul, aujourd’hui âgé de 77 ans, qui a comme particularité d’avoir eu son nom impliqué au moins déjà deux fois dans une histoire de trafic de cocaïne. Ce 3 juillet, l’avion avait été chargé au Paraguay, dont il provenait, attendu sur l’aérodrome par une camionnette (à droite l’incroyable chargement de coke découvert à bord). Or le fameux Luiz Augusto de Barros Lima avait déjà  été arrêté il y a 14 ans, dans une situation très similaire à celui enregistré cette après-midi-là. En 2007, en effet, le propriétaire du Cessna Aircraft 210L, immatriculé PT-JIC avait été surpris, également à l’intérieur de São Paulo, en train de piloter cet un autre monomoteur le 18 octobre, à Guararapes (SP). Dans l’avion transporté par Luiz Augusto, alors âgé de 63 ans, des policiers du Denarc (Département des enquêtes sur les stupéfiants) de l’État voisin avaient trouvé 200 kilogrammes de cocaïne. Le hic, c’est qu’à cette date, Augusto était déjà un récidiviste : en 2002, il avait été condamné à cinq ans et quatre mois de prison parce qu’il avait été arrêté une première fois avec 104 kilos de cocaïne dans la région du Pantanal !!! Le PT-JIC avait alors évalué évalué à 130 000 dollars. L’Etat qui l’avait incorporé un temps dans la police, lui aussi (ici à droite), l’avait revendu après… et cet avion on le connaît bien ici : il a fini ses jours le 13 février 2019 planté net dans une maison de Benguí, à Belém. Son copilote Lucas Ernesto Santos e Santos, 24 ans est décédé à l’hôpital, son pilote casse-cou n’a que 22 ans et il s’appelle Bruno Alencar Wachekowski (ici à droite), qui « traînait derrière lui un lourd CV de (jeune) délinquant » ai-je écrit ici même : en 2016 il avait déjà été impliqué dans un autre crash, son avion étant tombé dans une ferme en Bolivie. À l’époque, il avait 19 ans !!!.  « L’avion avait été retrouvé broyé, posé sur le dos arborant une fausse immatriculation de papier en PT-JKX… «  Il avait remis ça en 2017, avec un autre Cessna encore : en novembre 2017, Bruno et quatre autres hommes qui prévoyaient de reprendre un avion saisi avec près de500 kilogrammes de droguev ont été arrêtés dans la municipalité de Tangará da Serra, à 242 km de Cuiabá » avait-on appris…

Cessna, ou Beechraft… l’un ou l’autre !

Si le Cessna 210 est celui des narcotrafiquants boliviens, l’avion préféré des brésiliens, c’est le Beech Baron on le sait, modèle G58 plutôt (plus spacieux quelle G55 !). On en a retrouvé un le nez planté sur une piste clandestine au milieu d’un bois. Pas loin de là des pick-ups dont un gros Mitsubishi attendaient son chargement. Aucun problème pour l’identifier, celui-là: il gardé son immatriculation d’origine, pense-t-on. Mais l’avion original portant cette indentification n’a pas la même décoration ni les mêmes couleurs : c’est donc bien un cline qui a emprunté le PP-CMS d’un avion officiellement enregistré. C’eût été trop beau et bien trop simple !!!

Il n’est pas rare d’en retrouver donc, des Beechcraft Baron, gars ou broyés dans la forêt amazonienne ou bien ceux ayant échappé à notre vigilance (on ne peut pas être partout !), ou bien un de ses collègues concurrent à aile haute.  C’est le cas de celui-là; un Cessna découvert le 27 octobre 2020, chargé à ras de 400 kilos d’un mélange nouveau de cocaïne et  et de « skunk », une variété de cannabis avec un fort taux de tétrahydrocannabinol (THC) appelé  là-bas « supermaconha  » (« super haschich »). Il s’était posé près de la municipalité  d’Amajari, au nord de Roraima, situé tout au nord près du Venezuela. L’avion est immatriculé PR-ILU, une fois encore celle d’un autre appareil plus récent habitué de Manaus. L’avion a été mené sous des arbres, et àa ses côtés il y a des pcik-ups ayant embarqué les nombreux colis de « supermaconha ». Emilés au commissariat local, les paquets d’un kilo fabriquent tout une mur. Plusieurs arborent une tête de mort genre pirate comme signe distinctif de fabrication. L’engin semblait vétuste et bien fatigué, et paraissait ne ternir ensemble que grâce à la couche de peinture qui le recouvrait. Encore une fois on se demande surtout comment-arrivent-ils à fourrer tous ces paquets dans un aussi petit espace ! Et comment se contorsionne le pilote à l’intérieur !!!

Le sauvetage raté d’une importante cargaison de coke

En 2020, le 16 septembre, on avait ainsi « oublié » un autre Beechraft G55 Baron retrouvé écrabouillé à Issanno, près de Região Sete, en Guyana. Dedans le corps d’un passager, tué net lors du crash. Mais pas trace du pilote. Pas loin de là, à 600 mètres à peine, un autre avion, un Cessna 172 Skyhawk, s’était posé lui aussi, peu de temps après, un avion venu du Brésil cette fois, avec 3 hommes à bord, dont deux brésiliens. Il s’agissait d’une double opération, le second  étant venu assister le premier; il semble bien. Ces trois-là avaient été aussitôt arrêtés. Le premier individu âgé de 38 ans, était de Boa Vista, au Brésil, ; l’autre de 29 ans, de Tumeremo, venait du Venezuela  le troisième  étant un informaticien de 35 ans de la ville de Manaus, capitale de l’Etat d’Amazonas. Le pilote avait déclaré que son avion s’était écrasé (alors que les policiers l’avaient déjà retrouvé intact, c’était le PR-FMJ en effet, bien reconnaissable (ici à droite) !

Comme la région est celle de chercheurs d’or, on pensait au départ à un trafic du genre, mais de gros sacs de cocaïne relevées dans la première épave par les policiers orientaient plutôt sur un trafic de ce genre, sans aucune ambiguïté. Le Beechcraft embarquait en effet pas moins de 390 kg de cocaïne avec lui (ici à droite) ! Les trois lascars avaient tenté de la récupérer tout simplement !!! « Les trois étrangers détenus dans le même quartier d’Issanno restent en détention. La police a déclaré que le trio avait déclaré qu’ils étaient en route pour le Suriname lorsque l’avion a eu des problèmes mécaniques et a dû effectuer un atterrissage forcé. Ce qui est étrange, c’est que les aéroports du Suriname, comme Guyaba, sont fermés et que seuls les vols spécialement autorisés sont autorisés à entrer », a révélé à FolhaBV une source qui a demandé à ne pas être identifiée. « La police a beaucoup à enquêter et à clarifier. Les enquêteurs pensent que l’un des trois hommes était le pilote de l’avion écrasé qui a été retrouvé avec la cocaïne et le cadavre. Il était le seul à avoir subi des blessures compatibles avec un accident, notamment parce qu’il a déclaré qu’il se trouvait dans l’avion qui a effectué l’atterrissage forcé et qu’il n’a subi aucun dommage matériel. La police soupçonne que les deux autres hommes allaient essayer de déplacer la cargaison de l’avion écrasé, mais ils ont été arrêtés à Issanno », a-t-elle ajouté. »

En mai 2021, on avait eu droit à une énième rafle globale, visant une organisation mafieuse narcotrafiquante. Le coup de filet, baptisé Narco Flight, avait été encore une fois saisissant dans le Goias surtout avec la capture de 7 avions, lors de 17 mandats de perquisition :17, dont 12 effectués à Goiás même; 4 mise en cellule d’emblée, des bijoux (non évalués) et de l’argent. Parmi les appareils volants pris dans la nasse, un Embraer de type EMB-710C Carioca le PT-NIA, inscrit en 2008  l’Aéroclub de Goiânia ici à gauche, un hélicoptère de type Robinson R-44 immatriculé PT-YRT dégotté au km 78 de l’autoroute a BR-070 dans la zone rurale de General Carneiro (distante de 450 km  de Cuiabá). Découverte de la police en montant à bord: la plaque d’identification intérieure affichait PT-YRD et non l’immatriculation extérieure PT-YRT !! Encore un clone !

Le PR-YRT (d’origine) avait déjà commis un exploit à sa façon en 2015
en heurtant les fils d’un réseau d’électrification rurale dans la localité de Nova Esperança, PR, et avait fait après un atterrissage forcé dans une zone de plantation de manioc. Son pilote s’était alors échappé discrètement  du site et n’avait pas signalé l’événement à la police !!! Un drôle d’engin déjà, la police remarquant dans son rapport que « l’hélicoptère était couvert de publicités pour boissons couvrant les marques d’immatriculation et de nationalité »…. le pilote, découvert plus tard,  n’avait subi aucune remontrance… ce doit être ça aussi le Brésil !!! L’engin était alors bicolore, doré et noir (ici à gauche). Parmi les saisies de l’opération décrite, un Beechraft Baron G58, dont la police dissimule l’immatriculation (ici à droite), mais dont on retrouve vite l’original en raison de sa décoration peu ordinaire : c’est bien le PR-CCR un Beechcraft Baron B58 de 2005 qui a été saisi. Et pas un clone, cette fois ! Mieux encore puisqu’on le trouve sur un site de vente, qui est à l’origine du cliché de la police, avec son tarif clairement affiché de 3 millions de Reals, soit… 566 482 dollars. C’est le tarif moyen en effet. l’avion n’étant pas si ancien que cela.

La corruption de la police en un seul exemple

Des hélicos, ce n’est pas ce qui manque au Brésil. Des Robinson notamment, vous le savez avec les exploits du pilote brésilien écervelé Tadeu dos Santos dont je vous ai conté ici les exploits en 2018 (voir ses débuts ici). Le 1 er aout dernier, c’est un engin de ce type (modèle 44-II) que l’on découvre brisé, au sol, dans une ferme de Poconé (MT) du Pantanal; dans le Mato Grosso. L’engin immatriculé PT-RMM rouge et doré avait à bord 278,51 kg de chlorhydrate de cocaïne. Les paquets, lors du choc, ont traversé sa verrière. C’est l’ex N506TJ, et N834TJ. comme engin. Le pilote, arrêté est identifié comme étant Alberto Ribeiro Pinto Júnior, c’est un pompier, un employé du service d’incendie militaire de l’État de Rio de Janeiro (pas très grand, il fait 1,60 m !) !! « Il a dit qu’il avait été contraint et forcé de transporter la drogue, mais il n’a pas donné de noms. Pendant le trajet jusqu’au commissariat, il a tenté de convaincre et a offert des avantages [de l’argent] aux pompiers pour qu’ils le libèrent » précise ici le site Plantao  Dos Lagos. Surprise encore, son propriétaire est un… policier, nommé Ronney José Barbosa Sampaio , qui se défend mollement en déclarant qu’il vient juste de le vendre: « j’ai tous les documents pour la vente de l’hélicoptère, j’ai fait le transfert de ma part. Mais ce processus est le même lors de la vente d’une voiture. Si l’acheteur ne s’y rend pas et ne lui fait pas le transfert, il restera à mon nom », a déclaré le policier. «  »Selon l’agent de la police civile DF, l’hélicoptère a été vendu à un homme qui habite dans le Mato Grosso do Sul (MS). La police essaie de contacter l’acheteur, mais le téléphone donné par le policier est éteint. Selon SapaIo « l’hélicoptère n’a pas pu être utilisé, car il n’était pas en état de vol. « Il n’était pas en état de voler et n’était pas autorisé à voler », a-t-il déclaré ».  G1 Globo reste dubitatif à l’entendre : « Je l’ai acheté il y a environ un an. Mais comme je n’avais pas l’argent pour obtenir son document, je l’ai vendu. Le reçu pour la vente de l’hélicoptère a été établi le 25 mai de cette année », raconte l’officier de police civile. Selon le portail de transparence du District fédéral, le dernier salaire de l’officier de police civile en juin était de 19 746,02 R$. Son salaire moyen est d’environ 12 000 R$ (cela fait 1 937,95 euros. Un Robinson 44-II de ce type se vend dans les 250 000 euros (en occasion). Dernière surprise : l’homme est le propriétaire non pas de ce seul hélico mais de quatre autres appareils (3 hélicoptères au total et un ULM) selon les archives de l’Agence nationale de l’aviation civile !!! La presse précise encore que « de tous les appareils le plus ancien a été acheté par le policier en 2002. Depuis lors, le serviteur du District fédéral n’achètera à nouveau des hélicoptères qu’en 2015, mais il n’a pas fallu longtemps pour acquérir le suivant, qui a changé de nom en 2017, 2018 et 2021… » L’ANAC le crucifie enfin en détectant dans ses archives que « parmi eux, trois sont interdits de vol en vertu d’un certificat de navigabilité annulé« . Les engins enregistrés sont le PU-ADH (un ULM, modèle FOX II N°T226, l’ex U3285), le PR-HCM (un Robinson 44 accidenté en 2015) , le PT-YDU (un petit Robinson R22 Alpha, accidenté lui auusi mais en 2010) et le PT-RMM du jour. Plus un hélico de type expérimental modèle EXEC 162F, fabriqué par Mike Seymour. On notera que notre collectionneur a pu racheter ses hélicos à bas prix, car ils étaient souvent accidentés (d’où leur certificat de vol HS), et que son pilote était un pompier, ayant peut-être lui-même intervenu sur les sinistres !!! Un cas… exemplaire, en tout cas, de ce qui peut se tramer tous les jours au Brésil côté magouilles et corruption !! Le dernier gag c’est que le même appareil avait servi récemment à faire le tour d’une cité se voulant exemplaire, Barra do Choça, présentée par Jorge Amorim et  le maire Oberdan Rocha… prônant les mérites de la clinique locale Odontomovel… (ici à droite).

 

Le journal citoyen est une tribune. Les opinions qu’on y retrouve sont propres à leurs auteurs.

A propos de ghostofmomo

avatar

Check Also

Coke en stock (CCCLVI) : retour sur une affaire exemplaire…

Des avions qui circulent avec de la coke dedans, ça se produit tous les jours ...

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *