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Coke en stock (CCCLX) : de Carlos Ghosn à 1,3 tonne de coke (a)

Cet été a été marqué par une saisie remarquable, celle de 1,3 tonne de cocaïne à bord d’un jet. La dernière fois que l’on avait évoqué ce tonnage record c’était à Roissy,  en septembre 2013, sur le vol Caracas-Paris d’Air France. Derrière le trafic se profilait la ‘Ndrangheta calabraise a-t-on conclu et la mafia turque, omniprésente jusque Belize comme on a pu le constater ici-même ! Le 6 août dernier, sur le tarmac de l’aéroport de Fortaleza d’où était censé partir l’avion on avait pu voir les 24 gros sacs étalés devant les objectifs. Sa destination ? L’Europe, à savoir la Belgique. A son bord un trafiquant… espagnol, dans un avion turc (comme les pilotes). Il ne manquait que des américains et des libanais pour être à l’image d’un autre jet ayant défrayé la chronique quelques mois auparavant, dans un autre jet turc : celui ayant permis la fuite du Japon de Carlos Ghosn… revenons d’abord à cet épisode, voulez-vous… tant elle pleine d’enseignements… et d’étonnantes ressemblances comme vous allez le découvrir !

Celui-là, pour tout vous dire, je l’avais aussi raté. Le gars qui a réussi à nous faire croire que la Nissan Duke (l’horreur sur rues ici à gauche)  est un chef d’œuvre de design, je l’avais en effet enterré vite fait, dans la catégorie chef d’entreprise qui se la pète et qui n’a aucune vision sur le design, moteur essentiel de la vente de voitures, vu qu’elles ont toutes atteint les même capacités techniques désormais  et – hélas- aujourd’hui le même design hyper tourmenté (ah les leds en sapin de Noël et les flancs creusés porteurs de chromes laids ou inutiles : que d’horreurs récentes !). A en faire retourner dans sa tombe Raymond Loewy aujourd’hui, car hélas, la laideur se vend bien !!! Ghosn, et sa Mégane moche et essieu semi-rigide arrière du salon de Francfort 2015… au look de Nissan cacateuse !! Les dégâts du designer Laurens Van den Acker (et Gilles Vidal qui avait déjà auparavant rendu les Peugeot toutes laides, c’est l’auteur de ça, oublié depuis par tout le monde, heureusement celui du  Berlingo dopé à la testostérone et ses vitres à pans ridicules !). Les goûts douteux question style d’un franco-libano-brésilien (Carlos Ghosn est né à à Porto Velho au Brésil). Un homme avant tout porté sur le clinquant, le paraître et l’argent, et non le grand capitaine d’industrie flatté par ses admirateurs complaisants (pas celui lui serrant la main ici et bien au contraire, plutôt.. ah le sourire crispé de requin de l’un et le regard et la moue de l’autre sur ce cliché pris le 8 novembre 2018 à Maubeuge, une photo qui vaut aujourd’hui son pesant d’or !)  .

Un libanais à Versailles le remake de Ridicule ?

L’affaire commence au Japon le  : le patron de Renault-Mitusbishi/Nissan est arrêté par la police nippone, dès sa  descente d’avion, à la stupeur générale ( (et la sienne !). Officiellement pour « dissimulation de revenus » et fausses déclarations auprès des autorités financières et boursières japonaises. On lui annonce d’emblée le (lourd) tarif : c’est une condamnation à une peine de quinze ans de prison qui l’attend et 150 millions de yens (1,24 million d’euros) d’amende. Il est aussitôt écroué à la maison d’arrêt de Kosuge, dans le nord de la capitale. Puis il est relâché, mais assigné à résidence stricte chez lui, à son domicile de Tokyo, dans l’attente de son procès prévu en 2020. On l’a oublié, déjà, mais Ghosn, aux Etats-Unis avait eu aussi aux fesses la SEC, le régulateur américain des marchés financiers, qui lui avait reproché d’avoir dissimulé aux investisseurs 140 millions de dollars prévus comme parachute doré de départ à la retraite, de l’argent qu’il n’avait finalement pas touché après un compromis signé là-bas, lui interdisant également de diriger une entreprise américaine cotée en bourse pendant 10 ans… cela aussi devait être connu de Macron ! D’où sa défiance (et son air) lors de la rencontre de Maubeuge !

Ghosn a berné son monde, grâce à Stéphane…

En France où on ignore dans les médias encore ses déboires US, on se gratte la tête, en se souvenant surtout des fastes de la soirée d’anniversaire des 50 ans de Carole Ghosn, son épouse, à Versailles (ici à droite). Voilà qui a plu, bien sûr, à Stéphane Bern, à part peut-être, pour d’autres, la facture salée de 634 000 euros de la fête, réglée par la filiale néerlandaise Renault-Nissan BV (1) !! Plus d’un demi million d’Euros pour un anniversaire, Carlos ne lésinait pas…sur les fonds de son entreprise ! Ils se connaissent bien en effet ces deux-là : ils se sont rencontrés à plusieurs reprises pour le bal annuel de l’X à l’Opéra. Pour le célèbre Bal des débutantes, soirée incontournable dans la haute société, avec Nadine et Maya Ghosn en 2005, Caroline en 2006, (cf ici à gauche le 25 novembre au 6eme bal annal « Paris Crillon Ball » (Le célèbre « Bal Des Débutantes »); festivités présentées bien sûr par… Stéphane Bern, puis avec le fils Anthony, chevalier de la soirée sept ans après. Car depuis 2009, les « debs » ces princesses new-style arrivaient non pas en citrouille, mais en… Twingo avec Renault comme sponsor (Bern lui roule plutôt en BMW mini) !! En 2019 ça a lieu au Sangri-là, avec un Stéphane Bern en queue de pie ouvrant le bal avec Stella Belmondo (ici à gauche) !! Bern, qui mange décidément à tous les râteliers, avait déclaré être un grand fan de la Renault 5 de sa jeunesse : « elle était juste propre à l’intérieur avec ses sièges rouges défoncés. La seule règle que j’avais instaurée, c’était l’interdiction de fumer. La boule du levier de vitesses me resta cent fois dans les mains » (nota; les premières avaient le levier sur le tableau de bord comme les 4L). Je la remettais n’importe comment et mis donc un temps à savoir où étaient exactement les vitesses. Fin de l’histoire : j’ai embouti une voiture ; les freins avaient lâché. » Pas sûr que ce soit une bonne pub pour la marque.

Et comme Ghosn aime bien les dorures, il a aussi organisé son mariage avec sa seconde épouse Carole à Versailles encore, au Grand Trianon, avec 120 invités.: 50 000 euros de facture, cette fois, alliance non comprise (et sans Bern). Comme aurait pu le dire Seguela, en tout cas, si à 60 balais t’as pas fêté ton anniv’ ou fait ton mariage  à Versailles… la filiale hollandaise déjà citée a aussi été mise au bassinet des séjours au Festival de Cannes de 2015 à 2018, pour le couple et des amis
(parmi deux, deux libanaises les décoratrices Huda Baroudi ou May Daouk), avec facturées plusieurs nuit nuits au Cap-Eden-Roc, l’hôtel le plus cher du Cap d’Antibes, pour une note totale fort salée de… 1,716 million d’euros ! Ah les Renaults Talisman noires (ou l’Espace) rehaussés d’or comme véhicules officiels au pied des yachts…  (après le cinéma et les stars, elles font Tournoi de Pétanque, les bagnoles !).

Sur l’exemple d’El Chapo ?

Voilà donc notre ex-versaillais qui végète enfermé chez lui (c’est déjà ça, non ?), mais qui en douce va préparer une évasion dans les règles de l’art, façon El Chapo mais sans tunnel à creuser, mais avec un avion, un jet pour lui ; on rappelle ici que le trafiquant avait le choix (quatre avions en nom propre) et avait été aperçu, alors encore évadé, en avion léger, un Piper Piper PA-24-180  Comanche (ici à droite) pendant son escapade on vous avait retrouvé l’aérodrome de La Luna, à Villa Juarez, par exemple, où l’on avait saisi pas moins de 28 avions. Et celui par lequel il s’était envolé une fois sorti de son trou ! Il avait le choix en effet : « le cartel de Sinaloa a presque 5 fois plus d’avions que la plus grande compagnie du pays » avait-on appris… El Chapo, qui avait surtout lorgné sur une vieille star du trafic de coke ; un bon vieux Rockwell International Commander 690B de 1978, préféré des trafiquants,  immatriculé N690WT acheté au tout début du mois de mai 2014 (au tarif de 940 000 dollars).

8000 bonnes à faire pour rentrer à la maison (au Liban !) 

Mais pour Carlos, il lui faut autre chose, s’il veut directement se retrouver en son fief libanais : entre Tokyo et Beyrouth il y a… 8 984 km à parcourir !! Il lui fallait donc un grand jet privé : un Boeing Business Jet 777X ou 787, un Bombardier Global 7500  un Gulfstream G650ER voire un Dassault Falcon 8X pour les recordmen du genre, par exemple. Il disposait en fait de ce qu’il fallait, avec un Gulfstream mis au nom de Nissan North America et qui lui servait de bureau, à cet infatigable promeneur du ciel. On le reconnaissait facilement, cet appareil , car il portait l’immatriculation N155AN (ça faisait presque Nissan, graphiquement !). L’avion était un énorme Gulfstream G650 (N° 6187), pouvant effectuer 12 960 km d’une seule traite, qui lui avait été livré le 24 mai 2016. Au tarif d’alors de à 7 milliards de yens (58 millions d’euros). Seulement voilà : si son appareil apparaît à Tokyo, c’est raté, on s’en doute, pour lui. De toute façon il n’aurait pas pu l’utiliser : l’avion dans lequel il avait été arrêté à sa descente des marches à l’aéroport de Tokyo-Haneda (ici à droite) a en effet été vite escamoté et revendu le 11 janvier 2019 (Nissan, vexé, n’avait pas traîné !), rebaptisé N16ZM (pour effacer l’infâme !),a été depuis racheté par DLHPII Aviation LLC (alias « 2LA ») rattaché à Bloomberg FinanceLP et enregistré dans le Delaware, le 30 juillet 2020. Nissan avait mal digéré il semble la découverte de la facture astronomique de 4,4 millions de dollars en carburant et entretien de l’appareil : un bureau volant très utilisé, qui lui était revenu fort cher ! C’est joli un bureau itinérant, mais quelle empreinte carbone il laisse derrière lui !!!

Un avion malgache affrété par un turc au secours du franco-libanais ?

Alors il lui en fallait un autre, avec la même allonge à ce bon Carlos qui s’ennuyait dans sa cage dorée : vite fait; bien fait, dans la nuit de dimanche à lundi 30 décembre 2019, c’est un Ghosn, échappé, libre comme l’air, qui descend discrètement d’un avion à à l’aéroport Rafic al-Hariri international de Beyrouth en provenance de Turquie !!! Surprise assez sidérante !!! L’ex-prisonnier s’est échappé du Japon à plus de 8 000 km de là et déboule en Turquie avant de rejoindre son fief liabanais !! C’est un autre premier appareil qui a fait le plus long trajet : 8  763 km !!! Gag supplémentaire, cet appareil a fait un beau périple pour l’ex filtrer puisqu’il est parti… de Madagascar !!! C’est un autre méli-mélo encore, cette découverte supplémentaire !

S’il a décollé de là, cet jet, ce qui paraît surprenant, c’est pour une bonne raison : « il appartient à à la société malgache Trans Ocean Airways (TOA), filiale du groupe Sodiat, dont le président est Maminiaina Ravatomanga, dit « Mamy », cité dans les Panama Papers et intime du président malgache Andry Rajoelina. En France, Maminiaina Ravatomanga fait l’objet d’une enquête préliminaire du Parquet national financier (PNF), pour « blanchiment de fraude fiscale  » nous précise Wikipedia (on l’a retrouvé à Levallois, pensez-donc si on peut se méfier de lui !). C’est un énorme Bombardier Global Express de 30 mètres  de long immatriculé TC-TSR (ci dessus à droite, c’est le N°9126, il est surtout turc, donc !) qui a décollé le 28 décembre de l’aéroport d’Antananarivo, puis s’est posé à Dubaï pour une courte halte avant de redécoller pour aéroport international de Kansai, à Osaka, lieu où est monté discrètement à bord Carlos Ghosn… (enfermé dans une malle comme on le sait, je n’y reviens pas), direction… Istanbul direct !

L’engin a été acheté  par Maminiaina Ravatomanga le 11 juin 2004 à Qatar Executive où il était A7-AAM. Il est mis en œuvre par la société privée turque MNG Jet, dirigée par Can ŞAŞMAZ (ici à droite), comme celui du second trajet (elle possède donc le second mais pas le premier, et comme on va le voir c’est justement le second qui est plus folichon !). L’évasion a coûté au total de 350 000 dollars à Carlos, côté tickets d’avion (peanuts pour lui), versés à la société turque MGN Jet, un contrat signé la veille de Noël 2019 par le Dr Ross Allen, en réalité très certainement le pseudo d’Okan Kösemen cadre chez MNG Jet. C’est lui qui a falsifié le manifeste des deux avions pour gommer le nom de Ghosn sur les deux vols. Ce dernier a raconté depuis aux policiers avoir agi en raison de s menaces sur sa famille, une accusation d’origine fort obscure et invérifiable. La société MNG a depuis porté plainte contre lui, ce qui semble très facile pour se disculper à peu de frais. C’est le même homme pourtant qui le guidera vers la passerelle du Bombardier Challenger 300 immatriculé TC-RZA; le second avion affété par MNG Jet (voir plus loin). L’argent (de Carlos) a été versé par la mystérieuse entité Al-Nitaq Al-Akhdhar General Trading via sa filiale de la banque américaine Citibank à Dubaï. L’engin est l’ancien M-EDOK de Jarvirne Limited, acheté le 16 mai 2012 par Aviation Enterprises Inc., inscrit à Wilmington (bien sûr !) et revendu le 14 septembre 2012 à MNG Jet (il réserve des surprises vous avez voir). Pour Ghosn, la facture est  bien plus élevée que ses trajets en jet : en s’échappant, il a en effet laissé derrière lui au Japon sa caution de 1,5 milliard de yens (plus de 12 millions d’euros) !!!La liberté, ça n’a pas de prix, c’est bien connu !

Un avion qui aurait dû jouer le sauveteur de Maduro ?

Pour ce qui est du TC-TSR, c’est un avion déjà spécial, disons car ce n’est pas la première fois qu’il défrayait la chronique. En mai 20019, on l’avait été aperçu à Caracas au Venezuela, resté longtemps prêt à décoller, selon la rumeur persistante du départ express du pouvoir de Nicolas Maduro qui s’exilerait alors à Cuba au prétexte « d‘un  coup d’Etat », fomenté par l’opposition vénézuélienne. Un truc assez nébuleux, avec des généraux qui auraient rejoint l’opposition (c’est en mai 2020 seulement que des mercenaires US se feront prendre à tenter un autre coup d’Etat foireux). L’avion  avait quitté la Russie pour Caracas à 7h22 après la libération du chef de l’opposition Leopoldo López de son assignation à résidence, la rue s’apprêtait à mnaifester fortemement, et il était arrivé au Venezuela à 20h04. Le lendemain, le mercredi, il s’était en fait posé un court laps de temps à Punta Cana en République Dominicaine, avant de s’élancer pour un retour à Moscou. Toutes les infos sur ce prétendu exil provenant de Mike Pompeo et de Washington, elles paraissaient assez discutables ou sujettes à caution !!! Pourtant, selon RFI qui reprenant la Maison Blanche, en tout cas c’est la défection prévue et annoncée en cercle restreint du général Padrino, celui qui nous berce de la fables des avions « abattus » depuis des  années, qui ne s’était pas faite au dernier moment et avait remis la fuite orchestrée à une prochaine et hypothétique autre occasion (El Polo Carjaval ayant déjà auparavant trahi lui aussi Maduro et s’était exilé en Espagne, où on vient de l’attraper à nouveau après deux ans de traque).

« Un avion attendait Nicolas Maduro sur la piste de l’aéroport international de Caracas qui, selon Mike Pompeo, devait mener le dirigeant à Cuba. Mais après des heures à attendre, les responsables américains se sont rendus compte que l’avion restait clouer au sol et que Padrino Lopez ne répondait plus aux appels. Au contraire, il venait même de réaffirmer sa loyauté à Nicolas Maduro, suite aux pressions qu’auraient exercée la Russie. C’est à ce moment-là que les États-Unis et l’opposition auraient donc compris que ce plan n’aboutirait pas. Voilà pour la version américaine, même si Moscou et La Havane démentent. » Pourquoi donc cet avion là, à cette place, et dans ce rôle particulier, cela questionne en effet. Sachant que le pouvoir vénézuélien faire dans les trafics, or et drogue, on est en droit de se poser plein de questions sur la présence du jet à ce endroit… particulier, disons !

En fait de TC-TSR, c’est le TC-TTC qui avait déjà fait le trajet auparavant : le 26 janvier 2019, avec les mêmes rumeurs à la clé. « Un jet privé turc a atterri mercredi au Venezuela, suscitant le soupçon qu’il pourrait faire sortir le président Nicholas Madura du pays; L’avion de type Gulfstream G550, qui est vu dans Flight Aware, a d’abord décollé de l’aéroport Atatürk d’Istanbul le 22 janvier et a atterri à l’aéroport de Moscou Vnukovo le 23 janvier. _Le jet privé portant le numéro de queue de TCTTC appartient au milliardaire turc Turgay Ciner, propriétaire du groupe Ciner. Ensuite, l’avion a décollé de Moscou et a atteint l’aéroport international Simon Bolivar du Venezuela, situé à 23 kilomètres de la capitale Caracas, le 23 janvier. « A 19h30, le jet privé TC-TTC a atterri à l’aéroport de Maiquetía Simón Bolívar. L’avion a décollé de Moscou à 14h30 [heure locale]. La question est : venez-vous chercher ou trouver quelqu’un ?  a tweeté Le journaliste vénézuélien @Federico BlackB ». On aurait deux fois tenté la même chose ? Et deux fois avec des avions turcs ?

Maduro-Erdogan, le couple de l’année !

Dans l’entourage de Maduro, on avait tenu à faire savoir « qu’il avait reçu personnellement  un appel téléphonique du président turc Recep Tayyip Erdoğan, qui lui avait promis son soutien« . Et ceux pour répandre l’idée étaient… les russes : « J’ai été choqué par l’attitude (du président américain Donald) Trump (à l’égard de la situation au Venezuela). Il est nécessaire de respecter la personne qui a remporté les élections. Nous nous prononçons contre toute action antidémocratique », a déclaré le site d’information d’État russe TASS ». Un avion dont l a constance à effectuer des trajets Caracas-Moscou faisait de lui un instrument diplomatique davantage qu’un seul jet privé !!! A droite ici c’est Maduro venu faire le mariole en Turquie en endossant le costume de la série TV turque à succès là-bas, intitulée Diriliş Ertuğrul (La résurrection Ertugrul), qu’il avait partagée sur Twitter. Ce qui nous fait en tout cas un point commun étonnant avec l’escapade de Carlos ! Le 26 mai , le même Gulfstream était de retour de Moscou, une nouvelle fois, en  habitué, décidément, du trajet (d’où les possibles « pressions de Moscou » supposées) :

Un avion qui valait de l’or en tout cas !

Et on lui trouvé d’autres occupations à cet intrigant avion dont une assertion ici qui confirme ce qu’on supposait fortement un peu plus haut : « depuis octobre, le jet avait visité Doha, Caracas, Genève, Madrid, Mogadiscio, Moscou et Sotchi. Bloomberg rapporte que le dictateur vénézuélien Nicolas Maduro a utilisé des avions MNG pour expédier de l’or à Istanbul (cf cet article). Dans le même article, le journal affirme que MNG a géré un jet pour Reza Zarrab (ici à droite), le négociant en or emprisonné aux États-Unis depuis 2016 accusé d’avoir contourné les sanctions iraniennes. Rudolph Giuliani est l’un des avocats de Zarrab (ouh là, ça craint d’emblée !!), et le New York Times et le Washington Post rapportent que l’ancien maire de New York a été à l’avant-garde des négociations « d’État à État » avec la Turquie qui aboutiraient à sa libération ».

Zarrab, l’entrepreneur turc qui se prenait pour Cousteau, était aussi le détenteur d’un grand voilier pas très élégant, un 46 mètres estimé 7 millions de dollars, construit chez Royal Craft et inscrit à Malte, naviguant surtout autour de Bodrum, et qui lui a été livré en 2012… (ici à gauche). Un cas passionnant lui aussi que ce Zarrab, venu d’Azerbaïdjan et nationalisé turc (2) : arrêté à Miami, en Floride, pour avoir fait de son commerce d’or une façon pour le gouvernement iranien d échapper aux sanctions -comme Maduro- il bénéficie n 2017 de la sollicitude de l’administration Trump, qui cherche à le ménager.. sous la pression turque. En février 2017, Erdoğan était venu plaider sa cause en acceptant à une réunion secrète avec les avocats de Zarrab,  savoir Rudy Giuliani et l’ancien procureur général Michael Mukasey  !! Il n’était pas venu sans biscuits, proposant aux américains qu’ils libèrent Zarrab en échange de la détention du pasteur américain Andrew Brunson (voir notre épisode sur le sujet : tout s’imbrique parfaitement !).

Zarrab possédait son propre jet, un gros Gulfstream 550, via sa propre compagnie a-t-on dit. Or, vous n’allez pas le croire; mais il possédait avant celui-là un premier jet, qui était de type Challenger 300 : or c’était justement le fameux TC-RZA de l’échappée de Ghosn, selon le journal turc  bien informé Hurriyet,qui l’avait déjà découvert en janvier 2015  ! Incroyable !!! « Au cours de l’enquête sur la corruption, le tribunal a émis une injonction temporaire sur les actifs de Zarrab et il a été révélé que TC-RZA avait été acheté avec un prêt de la banque d‘État Halkbank. L’ancien directeur de Halkbank, Süleyman Arslan, était un autre suspect dans l’enquête ». Pour cet avion acheté au broker US Aviation Enterprises Inc, tout a été rendu complexe exprès pour que le nom de Zarrab n’apparaisse pas : l’engin est acheté par Halk Finansal Kiralama AS, représenté pa Ayden Oz qui loue l’avion à MNG Jet Havacilik AS représenté par Ahmet Tugrul Yildirim, l’Engineering Manager de la société (ici à droite). Quand je vous dit que tout est tordu dans cette histoire invraisemblable ! L’avion d’origine douteuse est ici vu se posant sur l’aéroport Izmir Adnan Menderes  le 14 novembre 2015. Il était alors enregistré chez Aviation Enterprises Inc. dans le Delaware où il était auparavant N284JC !!! Un paravent pratique pour le roi de l’or  (3) !

L’avion oublié de MNG : un avion espion turc !

Autre appareil suspicieux de MNG, estampillé « MNG Aerospace » (?), celui-là, c’est le Bombardier Challenger 604 TC-MJB (ancien bulgare d‘Air Lazur, le Challenger N°5625) devenu en décembre 2020 le T7-RMH, qui était donc passé sous la bannière de Saint-Marina, autrement dit une entourloupe évidente, façon Delaware. C’est celui qui a été imbrinqué dans une histoire complexe d’enlèvement d’opposant d’Erdogan réfugié au Kenya. Le vol avait eu lieu le 5 mai 2021  du Jomo Kenyatta International Airport directement à l’Esenboğa Airport, d’Ankar façon kidnapping et envoi dans un avion  de « rendition » mais Turc !!!  Il s’agissait de ,,, un enseignant de 30 ans et surtout le neveu de l’ennemi juré du président turc. Erdogan a la rancune et la vengeance tenaces: la mise en scène menottée entre deux drapeaux est plutôt honteuse. L’avion avait été loué par l’obscure Black Eagle Havacılık Anonim Şirketi, ex TOA Havacılık Anonim Şirketi, une société appartenant à Tarkan Ser (parfois cité comme « propriétaire » du TC-TSR mais des tweets évoqueront le fait que « Tarkan n’a pas le pouvoir financier d’acheter ou d’exploiter cet avion« ). Un blog fort renseigné (on va y revenir) avait découvert que l’avion était parti de l’Ivato International Airport, à… Madagascar, celui de la capitale. Sans surprise, le même founisseur démontrait aisément que TOA, créé le 17 juin 2019 à Istanbul (et modifié le 12 juin 2020 !) l’avait été par… Maminiaina Ravatomanga !!! En ce sens, Carlos Ghosn avait donc utilisé une boite qui fricotait pas mal avec les espions d’Erdogan (nous verrons après-demain lesquels !).

L’Erdogan connection

Or en 2019, Bloomberg News a affirmé que le président Donald Trump en personne avait exhorté son secrétaire d’État de l’époque, Rex Tillerson, à persuader le ministère de la Justice d’abandonner ses poursuites contre Zarrab… (encore une preuve de l’étrange esprit de conciliation de Donald Trump vis à vis d’Erdogan !). Quel cadeau !  Un vraie trahison vis à vis de la politique anti-iranienne qui prévalait officiellement aux USA… sous Donald Trump, jamais avare de contradiction !!! Une liaison dangereuse que Bolton a nettement décrié  (à lire notamment le passage sur l’inaptitude de Trump à lire un dossier): ce gars était inepte et… dangereux).

Zarrab était en réalité l’homme clé d’un système politico-mafieux :« selon la description très complète qu’en font les correspondants de Médiapart en Turquie et aux États-Unis, les revenus de ces ventes étaient versés à Halk bank, dont l’État turc est actionnaire majoritaire. Puis convertis en or par l’intermédiaire de sociétés appartenant à Reza Zarrab, les lingots étant ensuite exportés de Turquie vers les Émirats arabes unis, avant d’être échangés contre des dollars et des euros lesquels étaient rapatriés en Iran ou utilisés sur les marchés internationaux pour Téhéran » écrit  Slate. « Plusieurs milliards de dollars ont ainsi été blanchis. Et ce sont des pots de vin de dizaines de millions d’euros dont auraient bénéficié plusieurs ministres d’alors dont celui des affaires européennes, Egemen Bagis  et le ministre de l’Économie, Zafer Çağlayan, pour avoir aidé à vaincre les réticences des banques ». Lors du procès, Zarrab avait largement mouillé le président turc, l’accusant alors qu’il était Premier ministre, d’avoir donné ses directives directement  à Ziraat et Vakif, deux banques d’État, pour qu’elles se lancent dans le trafic d’or ! MNG, on le rappelle, n’est qu’une partie de l’empire industriel (le Mapa Group) créé par le milliardaire Mehmet Nazif Gunaln, très proche… d’Erdogan. Celui qui détient aussi, quel hasard, des mines d’or au Liberia et au Burkina Faso (et qui détient aussi le club de foot de Fenerbahçe S.K. ! !!

Des américains dans le coup, mais en lien avec les maronites (chrétiens)

A bord des deux avions de l’échappé, dont notre avion « en or », il n’y a pas que Carlos Ghosn, entré dans le premier appareil dissimulé dans un flightcase de musique, il a aussi deux gros bras : Michael Taylor, un ancien membre des forces spéciales américaines et George-Antoine Zayek, qui est… libanais !! (ici en photo à gauche tous les deux à l’aéroport d’Istanbul, le 30 décembre 2019 et ci-desous à droite le grand flightcase dans lequel Ghosn s’est caché ). Le Liban, mais côté maronite ( et donc chrétienne (4)), le lien flagrant entre les eux selon LCI, qui rapporte alors le Wall Street Journal : « le premier, Michael L. Taylor, né en 1960 à Staten Island, l’un des cinq arrondissements de New York, est un homme bien connu du domaine militaire. Toujours d’après le Wall Street Journal, il aurait ainsi servi pendant quatre années au sein des forces spéciales américaines mais aussi en tant que formateur des forces spéciales libanaises après l’intervention militaire israélienne au Liban de 1982. Il a également longtemps travaillé en Irak et en Afghanistan. Le quotidien américain indique en outre qu’il a fait 14 mois de prison pour obstruction à la justice et fraude.  En 1994, il fonde l’American International Security Corp (AISC), qui emploie d’ex-militaires et d’anciens agents des services secrets ». Bref, un « contractant » là-bas, que l’on appellerait en France … un mercenaire !!!

Son collègue est lui aussi un gars du même tonneau :  « concernant son associé, le Franco-Libanais George-Antoine Zayek, il s’agit d’un vétéran de la guerre civile libanaise reconverti dans le mercenariat, notamment en Irak et au Nigeria. Il est, précise le Wall Street Journal, spécialisé dans la libération et l’exfiltration d’otages et a beaucoup opéré au Mexique ces dernières années. Sur les sites de recherche d’emploi AngelList et Bayt, Zayek indique être un « security manager » et avance ses compétences dans le domaine de la « guerre », des « armes » et de « la sécurité dans les environnements hostiles ». Issu d’une famille de chrétiens maronites, George-Antoine Zayek est le petit frère d’Elias Zayek, combattant des Forces libanaises constituées durant la guerre du Liban. Ce dernier, devenu commandant de l’infanterie, avait été assassiné le 19 janvier 1990, vraisemblablement sur ordre de Samir Geagea, un commandant de ces mêmes Forces libanaises, qui a été condamné plus tard pour avoir commandité l’assassinat ». Or on le sait, les trafiquants utilisent aussi les mêmes personnes, notamment chez les pilotes d’avions transportant de la drogue, car elles font fort peu de cas de l’éthique de leur employeur comme on le sait aussi !! L’exfiltration de Carlos Ghosn présente bien des ressemblances avec ce qu’on a vu ces derniers mois côté trafic de coke (à droite c’est la villa du Liban de Ghosn, dans laquelle il est revenu … sans être ennuyé par les autorités libanaises… littéralement inexistantes !!

« Bonne foi » ?

Le Liban, on y revient, avec un société au nom angélique, soupçonnée par les japonais d’avoir servi de banque familiale déguisée, « Good Faith Investments” (GFI) qui est en effet au cœur d’une fort belle entourloupe signé Carlos Ghosn et sa famille. GFI est dirigé par directeur général de la concession de Renault dans le sultanat d’Oman, d’où ont transité quinze millions de dollars, virés par une filiale de Nissan à la société Suhail Bahwan Automobiles, qui est le distributeur Nissan… à Oman. Un savant montage… familial ! Les fonds seraient ensuite arrivés au Liban via GFI. L’argent versé a ensuite été utilisé en partie par Anthony Ghosn, le fils, pour créer en Californie sa start-up Shogun et surtout par sa mère, placée à la tête de Beauty Yacht PTY, inscrit aux  Îles Vierges britanniques, si pratiques  comme on le sait (ils auront décidément tout tenté !). Elle est en effet la propriétaire d’un yacht de 37 mètres, le Shachou, acheté douze millions de dollars. Question immobilier, ça a été le même principe, c’est encore la filiale hollandaise qui a été mise à contribution (souvenez-vous du texte sur les accusations portées sur la légéreté des banques des Pays-Bas vis à vis du blanchiment de cocaïne !)  :  » une maison a été acquise en 2012 à Beyrouth pour un montant de 8,75 millions de dollars, via une filiale d’une structure néerlandaise, selon L’Express. Ce lotissement aurait coûté à Nissan autour de 6 millions de dollars supplémentaires, notamment en travaux d’aménagement intérieur, via une société-coquille libanaise. »

Les deux les pilotes turcs de l’avion débarqué à Istanbul, Noyan Pasin et Bahri Kutlu Sömek, qui ont été jugés et condamnés à quatre ans et deux mois de prison. Pour l’exemple, ils semble bien, et sans qu’on ne remonte plus loin comme par exemple vers les liens entre MNG Jet et les services secrets turcs, comme expliqué ici : Okan Kösemen, le directeur des opérations de MNG Jet, la société qui gérait et exploitait l’avion appartenant à TOA pour le vol de Ghosn, a également reçu la même peine : voilà un parfait lampiste également (qui aurait palpé u passage 250 000 dollars). On avait même annoncé que les deux hôtesses de l’air présentent risquaient un an de prison pour «non-dénonciation d’un crime» !!! Et au-dessus d’eux… personne (chez MGN) n’a été inculpé ni condamné !

Au total on pense que la machine de guerre financière Ghosn a ponctionné une quarantaine de millions de dollars au groupe Nissan !! Et qu’elle est passée par tous des acteurs vus ici plus souvent comme participant de près ou de loin au trafic de drogue international, voire aux transferts d’or du régime Maduro  (voir ici l’épisode Coke en stock (CCCL) : les étranges vols Caracas-Moscou !!!)  C’est l’ensemble de similitudes que l’on remarque le plus, je pense dans cette affaire rocambolesque !!!.

 

(1) « Renault a versé 2,3 millions d’euros à l’Etablissement public de Versailles pour restaurer le salon de la Paix. En échange, l’entreprise avait droit à des contreparties à hauteur de 25 % de cette somme, soit 575 000 euros, pour organiser des manifestations. Celles-ci n’étaient pas censées bénéficier à une personne privée ».

(2) une nationalité payée au prix fort : « Zarrab a reçu une « citoyenneté exceptionnelle » et est devenu citoyen turc avec la décision rendue par le Conseil des ministres turc le 1er juin 2007. Il a été accusé d’avoir soudoyé 1,5 million de dollars pour obtenir la citoyenneté turque dans l’acte d’accusation« .

(3) il déteignait sur son entourage : avant d’être embarqué dans le scandale turc de 2013 (le mêlant à des pots de vin à des trois  ministres turcsErdoğan Bayraktar, Muammer Güler et  Zafer Çağlayan)) ; «  il y avait déjà des signes que Zarrab s’engageait dans la corruption de fonctionnaires turcs. Par exemple, le chauffeur de Zarrab, Turgut Happani, a été arrêté par l’agence turque de protection des douanes lors de son voyage en Russie depuis la Turquie en 2011 pour avoir transporté 150 millions de dollars en espèces (??????) et a été accusé d’avoir transporté de l’argent illégalement, mais il a ensuite été libéré par les autorités turques ». On notera ici surtout le trajet effectué et les yeux fermés des gendarmes turcs !!

(4)« Les maronites, c’est-à-dire « Ceux de Maroun », sont les disciples de Saint Maron (mort vers 423), moine au Liban dans la région de l’actuelle Homs (Nord du pays). Ces chrétiens de la Syrie historique, issus du Patriarcat d’Antioche, l’un des trois patriarcats de l’Église primitive, avec Rome et Alexandrie, réfugiés dans la montagne libanaise au moment de l’invasion musulmane au VIIe siècle, ont été constitués en Patriarcat en 685. L’Église maronite est une exception parmi les Églises orientales catholiques. Contrairement aux Églises d’Orient, dont l’histoire est marquée par des séparations et des réunifications avec l’Église romaine, l’Église maronite est toujours restée unie à Rome. À l’instar des Églises d’Orient, les maronites sont les témoins de traditions remontant aux premiers siècles du christianisme. Le rite syriaque-occidental de l’Église maronite est l’héritier le plus fidèle du culte antiochien, le plus ancien des cinq familles de rite existant aujourd’hui (c’est-à-dire les rites antiochien, alexandrin, byzantin, syro-oriental ou chaldéen, et arménien). Les chrétiens maronites célèbrent aujourd’hui principalement en arabe. » (en photo le Le patriarche Béchara Raï – Bechara Boutros Rahi).

 

Le journal citoyen est une tribune. Les opinions qu’on y retrouve sont propres à leurs auteurs.

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