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Coke en Stock (CCCII) : les cafards dans le triangle

Tout ce que nous venons de lire depuis l’épisode CCLXI (261) ici peut se résumer à ce titre. Les « cafards » se sont les trafiquants bien sûr, obligés à se cacher et à se déplacer depuis la « guerre à la drogue » déclarée au Mexique par le gouvernement précédent de Felipe Calderon (de 2006 à 2012), et qui, pour y échapper, ont choisi de constamment bouger, en traversant comme bon leur semble trois frontières, celle du Mexique, du Guatemala et de Belize, pour s’installer de façon régulière (ou provisoire, selon le besoin) dans ce que l’on peut appeler un nouveau « triangle d’or de la drogue ». Un peu comme le premier du nom, qui courait entre le du Laos, la Birmanie (Myanmar) et la Thaïlande (et celui plus proche de là, le second, réunissant Chihuahua, Durango et Sinaloa).

C’est là qu’atterrissent désormais des volumes impressionnants de cocaïne, venus par air, une augmentation importante due aussi au renforcement de la coercition navale côté Pacifique comme dans l’arc des du Golfe du Mexique. L’expression « effet cafard » (« cockroach effect ») ayant été inventée par un chercheur qui lui-même a été à le surprise générale récemment accusé de blanchiment d’argent, signifiant que très peu de personnes résistent au flot d’argent que déverse cet immense trafic !

Son implication et son arrestation a fait l’effet d’une bombe en effet novembre 2019. Alors que les Hawker et autres Gulfstream ne cessaient de se poser de façon hebdomadaire avec une régularité de métronome digne d’une espèce de DHL de la coke soit au Guatemala, au Belize ou dans le Campeche et le Quintana Roo, au Mexique, une sommité américaine des chercheurs sur le sujet, Bruce Bagley, originaire de Coral Gables (où siège on le rappelle la CIA, celle impliquée dans les opérations JMWave contre Castro, dans les années 60 !), invité régulier de dizaines de plateaux TV en qualité reconnue d’expert, travaillant pour l’Université de Miami, l’United Nations Development Program (UNDP), le gouvernement US (dont le  Federal Bureau of Investigation-FBI-, et la Drug Enforcement Administration -DEA), ou même pour plusieurs gouvernements  (Colombie, Equateur, Bolivie, Panama et Mexique) a été soudainement arrêté, au motif qu’il avait touché près de 2,5 millions de dollars du Venezuela, à savoir des trafiquants vénézuéliens. Une annonce qui en a sidéré plus d’un, à vrai dire, et moi le premier. C’est l’auteur en effet de louvrage de référence « Drug Trafficking, Organized Crime and Violence in the Americas Today » paru en 2015 !!! Un livre qui avait fait et fait encore autorité sur la question !

« Un acte d’accusation descellé devant la cour fédérale de Manhattan a déclaré que de novembre 2017 à avril, Bagley avait accepté de recevoir environ 14 dépôts de comptes bancaires en Suisse et aux Émirats arabes unis totalisant 3 millions de dollars (…) Selon l’acte d’accusation, Bagley a transféré la majorité de l’argent dans les comptes bancaires d’un co-conspirateur pour cacher la nature, la source et la propriété des fonds. Les autorités ont déclaré que Bagley avait gardé une commission de 10% sur l’argent qu’il avait blanchi. L’Université de Miami a déclaré dans un communiqué que Bagley avait été mis en congé administratif. » selon L’Evening Standard. Sale coup pour la lutte antidrogue ! Celui qui tenait salon ou conférences pour expliquer le trafic en bénéficiait !! Décriant les « cafards » qu’étaient pour lui les « narcos« , il palpait lui-même l’argent sale des mêmes cafards ! Remettant ainsi en cause toutes ces analyses et ses conclusions où les entachants d’un doute, ce qui n’est guère mieux !!! Enorme scandale !!!

Le phénomène repoussé ailleurs seulement

Le rapport d’Academia (« The new hideout of cockroaches? The expansion of the mexican organized crime in the northern triangle of Central America »du chilien Esteban Arratia Sandoval,  à qui j’ai emprunté le titre de cet épisode, est très explicite. Academia est un site Internet de réseau social américain universitaire devenu grand public, destiné aux chercheurs au départ, qui a été lancé en 2008 par Richard Price. Je vous le recommande. Il nous décrit ce fameux triangle d’or des arrivées récentes d’appareils de plus en plus gros comme on l’a vu. Il débute par un constat simple, même s’il utilise une expression (coakroach effect) signée Bagley : le combat du Mexique contre les trafiquants est un échec, qui a débuté en 2006, selon Sandoval, car elle n’a fait que repousser plus loin le problème vers la frontière sud : « la guerre contre la drogue qu’a conduit le Mexique sous le gouvernement de Felipe Calderon (2006-12), a été identifiée comme le principal catalyseur du mouvement du crime organisé dans le Triangle Nord de l’Amérique centrale, du Guatemala, du Honduras et d’El Salvador. Les organisations antidrogue pouvaient être considérées comme étant les gagnantes car elles avaient contraint les organisations de drogue à déplacer une grande partie de leurs opérations hors du territoire mexicain et avaient également provoqué un changement dans les couloirs d’accès au marché américain. Cependant, au niveau régional, ce peut être classé comme une défaillance car cela déborde à la frontière vers la sécurité d’un État  non préparé à lutter contre les gangs criminels ou les activités illégales déplacées du pays d’origine – le Mexique -. En bref, l’effet cafard vers le secteur nord-américain central démontre que l’approche  militarisée peut devenir efficace dans leur tâche de lutte contre la criminalité transnationale organisée au niveau de l’État, mais pas au sous-niveau régional (Servitja Roca, 2012). » Ceci, on vient de le voir ici dans la  douzaine de derniers épisodes est l’évidence même. « Ainsi, le recours aux forces armées dans certains États du Mexique, en particulier aux frontières, a exercé des pressions sur le crime organisé qui y opérait. Cela signifie que la présence militaire y est plus importante, à moins que les postes frontaliers ne facilitent le transit du trafic illicite. et cela provoque un goulot d’étranglement, c’est-à-dire la convergence des routes au sein de quelques routes d’accès et le choc de groupes qui en résulte pour les contrôler ou faciliter le revenu de leurs produits illicites. Pour augmenter les coûts humains et matériels du trafic de drogue le long de la frontière nord du Mexique, ainsi que le degré de danger sur les routes en raison de la violence générée par les différends – ajoutée à la pression croissante des États-Unis pour intercepter les routes des Caraïbes -, les trafiquant devaient chercher des itinéraires alternatifs vers le Mexique en tant que passerelle traditionnelle vers l’Amérique du Nord, générant des incitations pour le transfert de drogue, qui devaient être déplacés à la frontière sud, en utilisant les nations du Triangle du Nord comme point de transit dans le but de contrôler l’itinéraire dans son intégralité, «transformant cette zone en goulot d’étranglement à travers lequel presque toute la cocaïne provenant d’Amérique du Sud, en particulier en Bolivie, en Colombie et au Pérou et destinée aux États-Unis »(Dudley, 2012a, p.10) comme l’illustrent les données de la figure 2 (ici à droite). Le tonnage de coke transféré, qui aurait dû baisser, ne l’a quasiment jamais fait, et au contraire est réparti à la hausse après 2012 pour grimper ene flèche depuis. Ce que vous avez constaté, vos et moi, en effet.

Los Zetas en première ligne dans le Triangle des cafards

Si la géolocalisation des Etats concernés, en position d’entonnoir vers le Mexique, en partant des pays fournisseurs (Pérou, Bolivie, Colombie, Venezuela) est une cause majeure de leur implication dans le trafic, l’autre est une histoire d’argent et coût de revient du produit à vendre, la cocaïne. « La nécessité pour les cartels mexicains d’avoir des centres de production proches, ce qui influe sur la valeur acquise d’une substance sur le marché mexicain par rapport aux prix enregistrés en Amérique centrale. Cela signifie que plus les organisations criminelles aztèques où les drogues sont produites sont proches, plus  elles peuvent acheter moins cher et améliorer leurs profits. Par exemple, le niveau des prix atteignant la cocaïne à Mexico – 18 000 USD / kg – par rapport au prix au Guatemala – 12 000 USD / kg – incite à l’achat dans la deuxième région et à la vente subséquente dans la première, sans aucun doute, en influençant les trafiquants de drogue à se déplacer vers la frontière sud »(Dudley, 2012a, p.11). Selon le rapport « Transnational Organized Crime en Amérique centrale et les Caraïbes: une menace en augmentation, publiée par l’Office des Nations Unies contre la drogue et le crime -UNODC- » en 2012, le Cartel du Pacifique et Los Zetas ont non seulement pris dans le Triangle du Nord 90% de ses opérations pour faire du trafic de cocaïne aux États-Unis ( voir la figure 3), mais leurs batailles pour le contrôle des places situées dans la sous-région, menées par des organisations criminelles locales cooptées par leurs homologues mexicains, constitue le principal problème de contestation de la criminalité qui sévit dans cette zone du sous-continent (Martinez, 2013 ) ».

Bien entendu, le corollaire de ce déplacement du trafic s’accompagne d’une hausse conséquente des homicides dans le secteur. La situation est telle qu’au Guatemala l’Etat lui -même ne se fait plus d’illusions sur ses capacités à gérer le pays. Dans le rapport de l’UNDOC de 2012 on trouvait déjà cette incroyable carte portant la mention « ingouvernables », pour plusieurs régions du pays, dont la très sensible frontière avec le Belize et le Campeche, devenus véritables passoires à « cafards »  (certains affichant même « aucune police » de présente dans certaines municipalités !) :

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Au Guatemala l’emprise d’El Tigre

« Le cartel de Sinaloa opère déjà dans la région du Pacifique au Guatemala. En effet, cette organisation criminelle a établi des liens solides avec les principaux « trasportistas » du Guatemala: les Mendoza (quatre frères en fait : Walter Obdulio Mendoza Mata, ici à gauche en attente de jugement, il a été condamné à 16 ans de prison en mai 2019), Milton Oswaldo, Edwin Alfredo y Haroldo), basés dans la province septentrionale de Petén, qui ont apparemment fourni le cartel mexicain de la drogue pendant plus d’une décennie). La stratégie utilisée par le cartel de Sinaloa pour étendre son influence dans le pays voisin est principalement basée sur un modèle d’entreprise local «en tant que créateur d’opportunités d’emploi, fournisseur de soins de santé, assumant même le rôle du gouvernement pour éliminer les petits groupes criminels dans les zones sous leur contrôle »(TNI, 2012, p.9). Cette action est très différente de Los Zetas, «qui sont basés dans une structure verticale et une force brute, ce qui peut expliquer le succès du cartel de Sinaloa pour empêcher Los Zetas de prendre le contrôle de la province de Huehuetenango» (TNI, 2012, p. 10) domaine crucial pour le trafic de drogue. Pendant ce temps, Los Zetas ont évolué au point de devenir l’une des plus grandes menaces à la sécurité intérieure depuis leur arrivée à Petén en 2007, lorsqu’ils ont établi une alliance avec le trafiquant guatémaltèque Horst Walther Overdick Mejia (nota : alias El Tigre, arrêté le 3 avril 2012 c‘est un des plus « gros » trafiquants guatémaltèque avec Ottoniel Turcios, il est ici  à gauche avec le « Commandant W », ou « William » à sa droite, un autre trafiquant notoire, lors d’une de leurs fiestas en 2011)) . « Ils ont même été identifiés comme la plus grande organisation criminelle à l’échelle nation présence parce qu’environ 75% du territoire guatémaltèque qu’il contrôle (Dudley, 2013a) (…), Los Zetas, dont l’origine est dans un groupe de transfuges de l’ancien groupe des forces spéciales aéronautiques qui ont d’abord été embauchés comme exécuteurs pour le cartel du Golfe dans les années 90, ont établi des liens avec les anciennes unités de commandement des Kaibiles. du Guatemala. Ces anciens officiers ont aidé ce cartel mexicain à fournir une formation militaire intensive en logistique et en armement lourd à de nouveaux membres, ce qui correspond parfaitement à la perspective militaire cultivée par Los Zetas (…). Comme au Mexique, Los Zetas ont été pointés du doigt dans le Triangle Nord pour leur extrême violence, au lieu de cultiver progressivement le soutien de la communauté et de corrompre les fonctionnaires et la police locale, ils ont tenté de prendre le contrôle des routes de la drogue par la force. Un exemple est le massacre de 29 paysans du département de Peten en mai 2011 (dans la finca Los Cocos, à La Libertad, dans le Petén), un épisode qui a été interprété comme une attaque du cartel contre un trafiquant de drogue local opérant dans ce secteur ». Extradé vers les États-Unis pour trafic de drogue le 10 décembre 2012, il y a purgé plus de 6 ans pour trafic de drogue : libéré en avril 2019, il a été renvoyé au Guatemala....

Cela déborde bien sûr au Honduras…

« Atuellement, ils exercent un contrôle territorial sur le commerce de la cocaïne dans les cinq principales provinces du Guatemala -Petén, Huehuetenango, Quiché, Alta Verapaz et Zacapa- à travers la bande connue sous le nom de Lorenzanas sur une route qui traverse le pays de la frontière avec le Honduras à la frontière avec le Mexique comme le montre la figure 5 à droite ici. En outre, quatre autres municipalités adjacentes avec le Honduras et avec l’accès à Pacific-Chiquimula, Jutiapa, Jalapa et Santa Rosa ont été capturées par le groupe local Los Zetas dominant Lions, dont le leadership a été abattu par l’organisation mexicaine de trafic de drogue. Un exemple signalera le démantèlement d’un laboratoire de cocaïne en mars 2011, avec la capacité de traiter une tonne de cocaïne appartenant au cartel mensuel de Sinaloa, qui est nettement plus puissant que son homologue de Los Zetas au Honduras. En fait, il a été émis l’hypothèse que le Honduras a été utilisé par son chef, Joaquin El Chapo Guzman comme une cachette après sa récente évasion » (Gagne, 2015a) (lire ici  » « El Chapo » et les avions (6). Le Honduras, la deuxième patrie d’El Chapo »).  » Un Honduras qui avait été longtemps  auparavant choyé par les américains... El Chapo aurait résidé en effet à El Spiritu, où Miguel Arnulfo Valle Valle avait aussi sa résidence, connue de tous (la ville étant perceu de villas de narcos comm ici à gauche). « Ainsi, le cartel de Sinaloa a établi une voie de transport pour mobiliser de grandes quantités de cocaïne par air et en hors-bord entre la Colombie et le Honduras avant de l’envoyer au nord. La côte des moustiques, située à la frontière avec le Nicaragua, manque de présence de l’État et sert donc de refuge aux groupes locaux coopérant avec le cartel. De telles opérations sont également menées dans d’autres provinces du nord comme Yoro, Atlantida, Colon et Olancho. En effet, l’entente de Sinaloa contrôle la production d’ecstasy et de méthamphétamines – en particulier dans le département d’Olancho – qui sont expédiées en Europe et aux États-Unis. Il a également été signalé que des expéditions de pseudoéphédrine, précurseur de la production de méthamphétamines, en provenance d’Asie et d’Europe occidentale transitent par le Honduras sous la responsabilité du groupe criminel mexicain. Dans ce sens, les agents des douanes ont signalé que le cartel de Sinaloa utilise des routes terrestres qui traversent la frontière entre le Honduras et le Guatemala… »

La situation au Salvador 

« Dans ce pays, les « transportistas » sont responsables de la protection des expéditions de cocaïne provenant de la Colombie et de l’Équateur, à travers l’Amérique centrale jusqu’au Mexique. Ainsi, les principales organisations criminelles salvadoriennes ont des liens étroits avec le cartel de Sinaloa: le cartel du Texas – dont le réseau opère dans le nord-ouest du pays – et Los Perrones – situés à l’est et dans la région – ont des liens avec l’ouest et le groupe criminel aztèque qui remontent au moins à 2002 (Gagne, 2015a). Les membres des deux groupes sont chargés de veiller à ce que la cocaïne introduite en contrebande en provenance d’El Salvador soit transportée en toute sécurité de la côte du Pacifique au Guatemala ou au Mexique, où elle est livrée à l’organisation mexicaine de trafic de drogue. En dehors de cela, les Zetas n’avaient pas encore de présence opérationnelle au Salvador, jusqu’à présent, et ont choisi d’envoyer occasionnellement des membres clés situés au Guatemala. Bien qu’un cas d’épisode de trafic d’armes en 2013 suggère un lien entre eux et le Cartel des Texis pourrait constituer une nouvelle synergie criminelle, car le gouvernement local a accru la pression sur le groupe salvadorien »…

« Une  autre raison réside dans les gangs sporadiques et opportunistes liés à un cartel mexicain spécifique, dans le cas du Guatemala avec Los Zetas au Honduras avec le cartel Sinaloa et le sol salvadorien avec le Texis Cartel ou à défaut à Los Perrones. Comme dans toute économie – les relations, licites ou illicites – avec les fournisseurs, les agents de transport et les acheteurs ne sont pas exclusives, c’est-à-dire que chaque lien est libre de former des liens avec d’autres en l’absence d’une source d’autorité commune ou de partage des fonds. Après tout, dans une chaîne d’approvisionnement commerciale, il est facile de remplacer un maillon. En lien avec cela, le déplacement des opérations criminelles du Triangle du Nord au Mexique a entraîné un changement dans l’économie souterraine des liens car les organisations de trafiquants de drogues ont tendance à utiliser des substances illicites comme moyen de paiement pour leurs membres de gangs de services (Dudley, 2012b), puis ces contractuels consomment ou vendent directement de la drogue dans la rue, ce qui contribue également à leur implication dans les réseaux de trafiquants ».

L’oubli majeur de cet étude étant le cas du Belize, apparu de façon plus crucial, il est vrai, après cette étude parue en 2016. A l’époque, le pays qui tient le haut du pavé des arrivées d’avions est en effet encore le Honduras, comme vous avez pu vous en rendre compte en suivant cette saga.

L’avion représentatif de la tendance

Depuis cette étude, on vient de le voir le fameux triangle s’est déplacé davantage vers les frontières Belize-Guatemala-Mexique avec le Quintana Roo en premier plan (plus le Campeche comme base arrière). L’épicentre actuel se situant à Chetumal, ville frontalière autour de laquelle virevoltent invariablement aujourd’hui des jets bardés de cocaïne, le plus bel exemple récent étant celui de ce Hawker très certainement piloté par un casse-cou bien connu, celui poste les vidéos de ces passages bas sur Instagram, et qui n’ayant pas réussi en décembre 2018 à se poser à Belize a poussé jusque Chetumal, à la limite de ses capacités en essence, après son long trajet venu du Venezuela. Une fois posé devant les opérateurs médusés de la tour de contrôle (il était apparu sans prévenir au moment où les pistes fermes pour la nuit n’avaient pas encore réouvert), il a sagement attendu en bout de piste qu’on vienne le ravitailler en essence, et comme ca n’est pas venu, le Hawker a été laissé en plan, ses deux pilotes s’échappant sur le côté de la piste par le grillage découpé par des complices. Il y aurait eu des coups de feu de tirés à l’arrivée de la police. L’avion avait une immatriculation posée à l’envers (?), et il contenait une tonne et demie de cocaïne. Il empruntait son schéma de peinture au N819WG (on peut vérifier que ce n’est pas lui) ou aux Hawkers de Air 4 Aviation dont le N650TC. L’avion saisi et scellé par la PGR (« asugerado ») était en tout cas bel et bien le N466MM, devenu un temps mexicain sous l’immatriculation XA-UQN. Il avait été vendu le 30 octobre précédent par Projets Inc de Houston, plusieurs fois cité ici comme fournisseur d’avion à des narcotrafiquants. Le nouveau propriétaire s’appelant Louis Alberto Romero Rosales, habitant Jalisco au Mexique, détenteur également du Gulfstream XB-OCC devenu depuis le 15 avril 2015 XB-NXC, ex N102M (ici à droite).

Or ce dernier nous disait bien quelque chose : il figure en effet sur un document de justice vénézuélien évoquant son suvol et son arrivée sans prévenir le 13 avril 2015 sur l’aéroport de la Maquetia, dûment répertorié par les autorités comme étant « le Grumman BG-1159 SERIES No.1112. » Son pilote, débarqué, avait bien tenté de convaincre les autorités qu’il venait « vendre l’avion sur place ». Le jugement à son égard étant sans appel : « la Cour a considéré comme un élément de condamnation avec force à partir de laquelle est présumée que ledit aéronef a été utilisé pour des activités liées au transport de stupéfiants et de substances psychotropes, résultat de la SAMPLE TAKING ACT insérée à la page 7 07) à partir de laquelle il est observé que l’avion a subi une inspection interne par des fonctionnaires affectés au Laboratoire de criminalistique n ° 12, Département des produits chimiques dans lequel cinq (05) échantillons ont été prélevés, résultant en l’échantillon n ° 04 correspondant à l’allée dans laquelle une substance blanche a été collectée sous le siège arrière, le test d’orientation a été réalisé en appliquant le réactif Scout qui a donné une coloration bleue, test positif pour la COCAINE. »  L’avion de Rosales avait alors été tout simplement saisi… l’avion de Chetumal était celui, clairement, d’un récidiviste. Ci-dessous sa page Facebook, qui se résume à ça :

Nul doute que nous aurons à reparler de lui bientôt; comme des revendeurs, toujours les mêmes, de jets à des mexicains, au point de devenir prévisibles, comme TWA International LLC, pr exemple. L’été s’annonçait chargé, dès le début mois de juillet. A la mi-août, on dénombre déjà une belle série de nouveaux arrivages, dont je vais vous faire part dans le prochain épisode, bien sûr…

 

Le journal citoyen est une tribune. Les opinions qu’on y retrouve sont propres à leurs auteurs.

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