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Avec Poutine, un sérieux arrière-goût de Guerre Froide (5)

On a vu hier que le sous-marin fouineur de haute profondeur russe avait besoin d’un navire porteur.  

On en a décrit un, voici aujourd’hui le second. Il était en train de s’y accrocher (en-dessous) en juillet 2019 quand un grave accident s’est déclaré. Depuis, les deux engins sont hors-service. 

On craint une irradiation à leur bord et leur avenir est incertain : voilà qui n’est pas pour rassurer Vladimir, qui était si fier en 2018 de nous faire peur avec ses nouveaux jouets guerriers. 

Il en a bien proposé d’autres, remarquez, mais sans vraiment nous convaincre à vrai dire…

 

Nouveau transporteur

La dernière bête à vouloir servir de kangourou porteur est le KC-329 Belgorod (Project-09852), présenté lui aussi comme neuf alors que c’est encore un  Classe Oscar II modifié.

Un vrai monstre celui-là : après le Typhoon, le K-329 Belgorod est en effet le sous-marin le plus imposant au monde (les russes l’ont surnommé le « cuirassé ») :

il fait en effet 184 mètres de long (et 30 000 tonnes immergées, qui peuvent plonger jusque 500 mètres estime-t-on).

Ce n’est pas un engin neuf, même s’il n’a quasiment plus rien à voir avec l’original. Mis en chantier comme d’autres à Severodvinsk en 1992, c’est alors le K-139 avant d’être rebaptisé K-329. Lui aussi est prévu pour abriter sous ses jupes le Losharik :

Mais en 1997, patatras, plus de budget pour le finir. On tente de relancer la construction en 2000, vainement. Pas assez d’argent encore. A Poutine de racler les fonds de tiroir. En 2006, alors qu’il est avancé à 85%, on envisage même de le vendre à l’Inde (qui a acheté des sous-marins de type Akula, ou plutôt loué, avec le Chakra ex Nerpa (K-152) …arrivé en avril 2012 chez eux (et commencé en… 1993 !). L’engin avait connu en 2008 un incendie interne lors de ses essais qui avaient tué 20 marins russes à bord, asphyxiés par le produit injecté pour éteindre l’incendie (du Halon 2402 du Freon R-114B2, du dibromotétrafluoroéthane). Parmi les défauts relevés à son bord à ce moment là, des fuites émanant d’un mauvais acier « provenant de Chine » selon les russes, ce qui est assez risible à vrai dire. L’Inde a payé 670 millions pour 10 ans de location de l’engin qui vaut 2 milliards en fait. En octobre 2016, l’engin a abîmé son radôme de fibre de verre avant sur des fonds en entrant dans le port de Visakhapatnam. Apprendre à conduire un sous-marin, c’est pas du jour au lendemain !

Un sous-marin plein de riches !

Poutine tranche à sa façon (attendue) le 10 février 2012 en décidant… de relancer la construction, qui s’est achevée en 2018… On le lance (enfin) le 23 avril 2019, soit 28 ans après sa première soudure !!! L’engin, qui est vraiment monstrueux (cf ci-dessus dans son dock avant ses changements) possède une autre particularité : sa partie avant a entièrement été refaite (la partie centrale aussi) et à l’avant ses tubes lance-torpilles abritent la nouvelle arme de la Marine russe : une torpille géante annoncée par Poutine lors de sa prestation de 2018 (ici à gauche lors d’une autre présentation militaire). Propulsée par du nucléaire, elle est… colossale, car elle fait 24 de long et 2 mètres de diamètre !!!

On entre là dans une autre dimension avec ce sous-marin géant ! Il possède aussi des particularités non résolues encore, comme ce dôme arrière abritant sans doute un second sonar (ici à droite).  L’engin est d’emblée présenté comme à part.  Ses responsables sont tous du GUGI, l’organisation du Main Directorate Deep Sea Research ou  » Deep Sea Spetsnaz. Bref, il est aux mains des services secrets !!! Les gens les mieux payés de toute la Marine russe : 500 000 – 600 000 roubles par mois (entre 6800 et 8200 dollars, une fortune en Russie : le salaire mensuel moyen y est de 372,28 euros et à Moscou il est de 911,79 euros). Le salaire minimum est de 137,52 euros là-bas. De tous les lancements récents de la marine russe, c’est ben sûr celui-là qui a le plus attiré l’attention : exactement l’effet souhaité par Vladimir, atteint du syndrome de la gloire passée de l’URSS et de ses avancées technologiques antérieures.

Le coup dur de juillet 2019 annihile les espoirs de Poutine

Pour le Belgorod, parti en essais intensifs dès son lancement, tout semblait bien se passer au mois de mai encore. Mais le 1er juillet 2019, un incendie à bord se déclare, alors qu’il est à quai en train d’accrocher sous lui son poisson rémora Losharik. L’incendie en fait provient du Losharik lui-même et il tue 14 officiers, qui, mal équipés en respirateurs top anciens (cf ceux ici à droite !), meurent asphyxiés d’après ce que disent des renseignements, qui les appellent là-bas « hydronautes d’élite ».  Un vrai désastre humain d’abord, et on ne connait toujours pas à ce jour l’étendue exacte des dégâts à bord du petit sous-marin ! Depuis l’engin a été remonté et remorqué à Zvezdochka (Severomorsk) pour y être réparé. Le Belgorod a été photographié depuis, toujours amarré à son quai d’origine avec semble-t-il des personnels autour en tenue hazmat, signifiant une irradiation possible :

On en sait un peu plus, aujourd’hui, néanmoins, sur ce qui s’est passé «l’incendie à grande échelle a été provoqué, selon nos informations, par la dispersion de la chaleur des batteries, qui a été suivie d’une série d’explosions. Le personnel du compartiment avant est mort. L’onde de choc était si puissante qu’elle a même été ressentie sur le vaisseau mère. Au moment de l’explosion, l’appareil [sous-marin] était en train de s’y amarrer » (par le dessous donc). « Les survivants ont scellé le compartiment central, terminé l’amarrage, arrêté le réacteur nucléaire et évacué vers le BS-136 Orenburg » (via la liaison interne, se comportant donc en héros en même temps). « Craignant d’autres explosions et que l’incendie ne se propage au porte sous-marin, l’équipage du vaisseau mère a inondé le sous-marin, et c’est pourquoi le sous-marin était complètement immergé lorsqu’il est arrivé à sa base de Severomorsk.» (on aurait donc sciemment sacrifié ceux restés dedans pour sauver le plus gros !)Bref, on avait failli avoir… l’explosion du sous-marin porteur avec le Losharik transformé en mine véritable accolée dessous !!! Or si les deux s’apprêtaient à partir en mission, cela signifiait que le plus gros disposait certainement d’un armement atomique, ou que de le voir sombrer était aussi voir partir au fond du port deux réacteurs atomiques en fonctionnement ! Le désastre nucléaire  complet aurait été évité de peu… en sacrifiant 14 hommes (ci-dessous) !

« En raison de l’inondation du sous-marin, il a fallu plus de quatre jours pour récupérer 10 des 14 corps des officiers. Le rapport sur les explosions à bord du Losharik corroborerait également une déclaration de l’Autorité de protection de radioactivité norvégienne, selon laquelle les Russes leur auraient signalé une explosion de gaz à bord d’un navire dans la mer de Barents. Le rapport des autorités norvégiennes a été contredit par le Kremlin ». Un an après l’accident, en juillet dernier, la catastrophe résonne toujours autant : « un an après un accident mortel à bord du sous-marin à propulsion nucléaire Losharik, il reste hors service. L’accident a coûté la vie à 14  » hydronautes d’élite »  et endommagé le sous-marin à coque en titane » (ci-dessous).

« Alors que la communauté internationale des sous-marins est unie pour se souvenir solennellement de ceux qui ont péri, les marines occidentales font le point. L’accident aura probablement un effet sur le vaste programme de modernisation de la marine russe. Le plus menacé est le sous-marin Belgorod. Dimanche dernier, une cérémonie a eu lieu au cimetière Serafimovsky de Saint-Pétersbourg. Un monument était alors dévoilé par le vice-amiral Igor Mukhametshin, commandant en chef adjoint de la marine russe ; le sous-marin est, quant à lui, amarré à Severodvinsk dans l’attente de la fin des réparations ». Les observateurs penchent pour un incendie survenu lors du remplacement des vieilles batteries au plomb du Losharik par des batteries au lithium mal conçues : on sait quels ravages produit ce genre de choses à bord d’avions notamment. Le discours de cérémonie commémorative de Sergueï Pavlov, un adjoint du commandant de de la marine russe, a rappelé ce à quoi on avait échappé ce jour-là, avec ce gros engin au-dessus chargé d’engins nucléaires, visiblement déjà : « Ils ont tous partagé le même sort – sauver la vie de leurs camarades, sauver leur navire et éviter une catastrophe de dimension mondiale au prix de leur propre vie ».

 

Ci-dessous l’état des lieux à Severodvinsk, avec aussi sur la gauche le B-90 Sarov datant de 1989, lui aussi interrompu et lancé en 2008 (cf les 3 vues ci-contre), servant de sous-marin testeur depuis. L’engin, à la proue caractéristique, est spécial lui aussi car il est à la fois diesel et nucléaire (il est plus long et plus gros qu’un modèle Kilo) !!! Ces derniers temps il aurait servi à mettre au point la torpille géante Poseidon. Ce qui explique son excroissance avant… 

Le site expliquant en effet l’aspect crucial du problème, aujourd’hui, pour Poutine qui se voit là privé de son plus gigantesque fleuron : « à l’heure actuelle, quatre des mini sous-marins de plongée profonde sont là » (ce sont donc des X-Rray). « Il s’agit notamment du Losharik, et c’est un problème pour la marine russe. Le Losharik, officiellement connu sous le nom d’AS-21, est le seul sous-marin du projet 10831. Le plus moderne et le plus performant du projet, il porte donc les plus grands espoirs. Par ailleurs le Belgorod est spécialement conçu pour le transporter ». La répercussion étant évidente sur son gros porteur: « Le Belgorod devrait être mis en service dans la flotte russe plus tard cette année, bien que cela semble très optimiste. Et, le Losharik indisponible, il n’y aura pas de « mission d’espionnage » significative à tester. Le lancement et la récupération de celui-ci seront logiquement une phase majeure des tests et la deuxième mission de Belgorod, en tant que plate-forme de lancement de l’arme stratégique Poséidon, n’est pas attendue avant 2027. Cela se traduit probablement par un retard dans le calendrier du Belgorod. » Poutine saura-t-il patienter encore … 7 ans ? Certainement pas, le connaissant !!!

La super torpille automatique, vrai danger ou hoax rondement mené

Le Belgorod sans avenir proche, il reste à Poutine de grands espoirs de pouvoir encore amener ailleurs le Losharik.. si on arrive à le réparer (l’explosion a dû endommager une des sphères mais on ignore l’état des autres ou de la structure, comme on ignore la résultante de l’onde de choc produite sur la coque du Belgorod). Un autre géant des mers est prévu comme maman kangourou, on l’a vu : c’est notre fameux Podmoskovye. Le premier a vu toute sa partie avant modifiée pour recevoir de super-torpilles… monstrueuses, les Poseidon.  Or un autre engin est prévu lui aussi pour ne emporter, sans jouer au même temps au kangourou : c’est le Khabarosvsk.

Celui-là est un vrai projet récent (Projet 09851): c’est une sorte de classe Boreïl dont on aurait revu l’usage de façon drastique en lui supprimant tout le compartiment lance-missile, mais sans le rallonger comme les deux autres cités (il ne fait plus que 120 m de long) et en privilégiant son avant, destiné à accueillir les fameux engins de deux mètres de diamètre. L’engin a été commencé en 2014, avant la création du concept de Poseidon, appelée « Status-6 Oceanic Multipurpose System« . Avec lui les russes avaient annoncé les Knyaz Oleg (Borei project), et le Krasnoyarsk (Yasen project) . Prévu comme devant être lancé pour juin 2020, il ne l’a toujours pas été. Lui aussi, semble-t-il, éprouve donc des difficultés à être terminé.  Quand on sait qu’il faut encore un délai de deux ans pour voir un sous-marin lancé devenir opérationnel, cela remet à 2023 minimum, maintenant les espoirs de Poutine de disposer d’un lanceur d’un engin qui effraie tout le monde par ses capacités.

Une torpille bien prétentieuse

Car c’est l’une des véritables annonces de mars 2018, quoique elle est aussi toujours en cours de développement. Dès l’annonce les russes ont fait dans l’intox, en parlant d’un engin « capable d’engendrer une vague haute de plusieurs centaines de mètres par la création d’un tsunami à la position de son explosion », un truc idéal pour raviver les talents des graphistes d’Hollywood et un prochain film catastrophe à succès. Des spécialistes vous diront qu’une telle vague est improbable, selon l’effet Van Dorn. En fait, l’intox a été menée à l’iranienne dirais-je… le , lorsque la station de télévision de la chaîne russe NTV a sciemment fuité un document tenu entre les mains d’un général russe (ici à gauche), la révélant avec en clair les noms des futurs sous-marins porteurs. Pour une réunion « secrète », avouez que c’était.. du pipeau !!! C’est pour sûr un des meilleurs coups de pub de Poutine jamais faits ! Présenté comme une fuite, on y a crû aussitôt partout tel quel, en effet. La fameuse torpille géante, présentée en personne en mars 2018 (trois ans plus tard donc) par Poutine comme l’éléphant blanc de la série des armes nouvelles de l’apprenti sorcier du Kremlin : « capable de se déplacer à de grandes profondeurs – je dirais des profondeurs extrêmes – à l’échelle intercontinentale, à une vitesse plusieurs fois supérieure à la vitesse des sous-marins, des torpilles de pointe et de toutes sortes de navires de surface, y compris certains des plus rapides. C’est vraiment fantastique » (tiens, le vocabulaire restreint de Trump a déteint sur lui !). « Elles sont silencieuses, très maniables et n’ont pratiquement aucune vulnérabilité à exploiter par l’ennemi. Il n’y a tout simplement rien au monde capable de les empêcher. Poutine a ajouté que «la centrale nucléaire de Poséidon est unique pour sa petite taille tout en offrant un rapport puissance-poids incroyable. Elle est cent fois plus petite que les unités qui équipent les sous-marins modernes, mais elle est toujours plus puissante et peut passer en mode combat, c’est-à-dire atteindre sa capacité maximale, 200 fois plus vite ». Bref ce serait un réacteur nucléaire équipé d’un turbo… qui éviterait de fondre en surchauffant (et en vaporisant l’eau autour de lui à ce stade : c’est un vrai réchaud des profondeurs !!). Un réchaud des profondeurs dont les russes parlent depuis… 20 ans ; leur engin de test, le Sarov a été pensé pour cela et il n’est pas tout jeune !!! Et une  torpille, ça coûte moins cher à faire qu’un sous-marin complet !!!

Car l’engin, s’il est massif, présente d’emblée des caractéristiques infaisables : on l’a déjà « vendu » en effet comme équivalent de la Chkval, la torpille à cavitation, alors qu’il ne montre pour l’instant aucun de ces dispositifs sur l’avant. Faire plus de 70 nœuds sous l’eau (130 km/h, un coupé sport de la taille d’un autobus, sous l’eau !) à une telle masse nécessite une énergie phénoménale mais brusque, ce que peut difficilement lui donner une hélice, quand bien même performante et un réacteur nucléaire. Bref, encore une fois il y a énormément de bluff dans ce truc immense. On est sur des termes de rendement qui ne tiennent pas debout !! De l’annonce aussi circuler à 1 000 mètres de profondeur semble surréaliste : à cette profondeur, là aussi, l’hélice peine encore plus et la structure interne devrait être incroyablement épaisse pour ne pas être écrasée : là encore, c’est du flan. Selon le spécialiste Sutton en effet « en bref, c’est la mauvaise forme, la configuration et la mauvaise propulsion pour être une arme de supercavitation, en plus il y a des doutes concernant la profondeur, la navigation et d’autres facteurs. »

Quant à la charge elle-même, pouvant aller selon Moscou à 100 Mt, là aussi on reste dubitatif. C’est le double ou presque de la charge, comme par hasard, de la Tsar Bomba, l’engin qui a failli retourner son Tu-95 largueur au dessus de la Nouvelle-Zemble le 30 octobre 1961. 100 Mt, (3100 fois Hiroshima) c’est le vieil espoir de… Kroutchev, qui menaçait tout le monde de posséder un jour une bombe pareille : encore une fois, Poutine joue à la Guerre Froide d’antan !!! Et rêve éveillé de destruction ou d’annihilation mondiale !!!

Pour mémoire, la Tsar Bomba avait représenté multiplié par vingt-trois l’ensemble des explosifs largués sur l’Allemagne pendant la guerre… (et à elle seule près de 55 % de l’énergie dégagée par la totalité de tous les essais atmosphériques mondiaux). Poutine c’est simple, exagère, encore une fois. Et présente étrangement ses nouveaux jouets avec les mots de son adversaire en face : la meilleure, la plus grande, la plus rapide, etc… C’est un Best Of en tout ce gros cylindre gris ! A c jour, on le rappelle, sans.. lanceur sous-marin ! Ou un seul, pas encore lancé, l’autre étant… contaminé !

Reste le drône sous marin

Bref ce monstre des profondeurs nous laisse dubitatif. Mais le magicien Poutine a d’autres lapins dans son chapeau (on va en découvrir demain encore) et l’un d’entre eux retient davantage notre attention : c’est un Unmanned Underwater Véhicule, autrmement dit un bazar autonome, un drone sous-marin appelé « Harpsichord » aux USA (Klavesin en russe : clavecin). Dessiné dans les bureaux de Rubin Central Design, c’est un mini sous-marin autonome en fait, doté d’un nombre important de petites hélices pour se mouvoir dans tous les sens. Il est prévu de l’emmener lui aussi dans le Belgorod, à partir d’une cavité-garage disposée sur son pont et s’ouvrant par deux trappes (sur la vidéo de mars 2018). Désossé, il révèle une conception modulaire qui se prête facilement aux modifications : voici (enfin) un engin résolument moderne dans l’arsenal russe !!

Pour l’essayer, on a déployé discrètement des navires de « recherches » océanographiques comme le Project 11982 Seliger, fort discret (ici à droite, ou le Krjujs). Pour faire tout aussi discret, on a conçu un « boîtage » fort intelligent qui n’est autre qu’un banal container classique de 12.2m (40 pieds), si bien qu’on peut le balader de port en port sans qu’on sache qui il est. Imaginez la traque à tenter de le découvrir là-dedans…

A lui revient donc aisément la palme de l’innovation… et de l’espionnage !! Plus besoin d’envoyer des plongeurs, plus besoin d’êtres humains sauf.. ces accrochés à leur joystick pour le piloter, quoiqu’on l’a conçu aussi pour qu’il de débrouille seul !!! L’engin a été conçu en prime pour supporter des plongées à 2000 mètres de profondeur… entrant en concurrence directe avec les sous-marins de type X-Ray !!! A noter que lorsque les russes veulent trimbaler un engin marin secret ils l’enferment dans une sorte de bateau-garage comme celui à droite, le Project 22570 « Apartment », une version minimaliste du hangar d’Howard Hughes…

Les drôles de bidules des sous-marins russes

Pour en terminer avec les engins bizarres, on peut aussi noter ceci. Dans le film The Hunt for The Red October, on s’en souvient (on salue au passage l’immense  Sean Connery) c’est un autre principe -fictif- qui avait été montré : celui de la « propulsion magnéohydro-électrique« , appelée « chenille ». A ce jour, aucun sous-marin ne la possède. Hollywood a toujours beaucoup d’imagination (et les bricoleurs qui ne manquent pas de sel, de l’avenir avec cette belle et amusante démo mise en lien !). Les « Kilo » ont aussi des propulseurs dissimulés. D’autres installations secrètes de sous-marin russes, plus réalistes, et photographiées depuis pas mal de temps, positionnés en haut de kiosque, semblent être des capteurs divers des différents produits chimiques (radioactifs ou non, ou les microgrammes laissés par les anodes « sacrificielles« ) que laisse derrière lui le passage d’un sous-marin (ces anodes sont connues surtout sur les bateaux). Cela se présente ainsi, sur la photo de droite et cela semble fort étrange en effet. C’est leur « System Obnarujenia Kilvaternovo Sleda » ou SOKS. Des renifleurs, en quelque sorte ! Des sous-marins de type Akula III en ont équipés il y a pas mal de temps déjà (ici à gauche avec 3 types de capteurs différents dont les 3 cylindres profilés sur le pont). Il semble faire depuis peu davantage école : en 2019, le HMS Talent anglais est apparu à Gibraltar muni de capteurs similaires, positionnés au même endroit, plus sur un îlot sur la plage avant (photo ici à droite). Là-bas, on l’appelle « Wake System » (le « wake trail » étant le sillage laissé derrière dans l’eau par le sous-marin).

Le procédé n’est en fait pas vraiment nouveau, une fois encore : on l’avait déjà repéré en 1969 sur le sous-marin K-14, de la classe November, dans une de ses toutes premières versions. Les suivantes ont été appelées « Kaira » (1978), « Bullfinch-2 » (1979) , « Toucan-1 » (1981) et « Ear » (1982), par les occidentaux. Avant ça, le K-149 (classe Hotel) avait servi de banc d’essai dès 1962  (!) à une foule de capteurs du genre, dont certains n’ont ps été retenus (il est ci-dessus à droite)… les russes ont tâtonné, visiblement, pour mettre au point la bonne formule, mais s’en sont accrochés à l’idée il semble bien et c’est désormais un équipement standard chez eux. Des capteurs qui permettent, on le rappelle de se passer de sonar, dans une certaine mesure, pour repérer l’adversaire. Ci-dessous un exemplaire récent au sommet de la voile d’un Akula (et ici à gauche vu de plus près, extrait d’un film de propagande russe) :

 

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