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AUX SOURCES DU CHAOS MONDIAL ACTUEL – Aux sources du sionisme

Source: Alter Info

« La chose la plus difficile au monde est de suivre ? la trace n’importe quelle id?e jusqu’? sa source. » (Edward Mandell HOUSE) 2?me Partie

V – La th?ocratie ethnique dans le chaudron de l’histoire

« Ne pas se moquer, ne pas d?plorer, ne pas d?tester mais comprendre« . Baruch Spinoza

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1- Sur les traces de la Dulcin?e sioniste
2 – Revue d’effectifs dans le camp palestinien
3 – De l ‘histoire r?v?e ? l’histoire v?cue – herem contre Spinoza
4 – « Ne pas se moquer, ne pas d?plorer, ne pas d?tester, mais comprendre » (Spinoza)
5 – Vent d’Est
6 – La th?ocratie ? J?rusalem apr?s Esdras
7 – Le grand sommeil de la Jud?e
8 – La mont?e en puissance de la civilisation grecque
9 – Alexandre le Grand et la Jud?e
10 – Les Jud?ens hors des fronti?res de la Jud?e
11 – La r?sistance ? l’assimilation face ? la civilisation grecque, puis romaine.
12 – Le d?but des grandes conversions
13 – De la domination grecque ? la domination romaine
14 – Le roi H?rode le Grand (-73 ? -4) . Il est roi de Jud?e ? partir de -37.
15- Les gigantesques contructions d’H?rode le Grand
16 – Conclusion : d’un d?sastre ? l’autre


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Dans la v?ritable guerre de cent ans men?e par les immigrants sionistes contre la population palestinienne autochtone, les bellig?rants des deux camps seraient bien inspir?s de m?diter les principes que le strat?ge chinois Sun Tzu a ?nonc?s dans son Art de la guerre. Car cette guerre n’est pas n?e en 1947, ni m?me ? la fin du XIXe si?cle. Ses armes psychiques ont ?t? forg?es durant les si?cles mythologiques de la pr?histoire religieuse de populations qui occupaient un petit territoire ingrat, coinc? entre deux immenses r?gions fertiles – la M?sopotamie et la vall?e du Nil.

N’ayant pratiquement rien sur la terre qui p?t combler leur instinct de puissance, les hommes de cette tribu se sont appropri? le ciel.

Ce coup d’Etat cosmique fondateur est la bombe nucl?aire mentale qui a donn? aux membres de cette tribu la force de demeurer group?s au fil des si?cles tout en attirant une limaille d’individus et de peuples qui caressaient l’id?e qu’ils ?taient, eux aussi, diff?rents des autres hommes. Mais il est ?galement le talon d’Achille d’un groupe trop peu nombreux pour esp?rer imposer son imaginaire au reste du monde.

En effet, ? l’heure o? les dieux locaux sont devenus des sortes de m?galithiques qu’on peut situer sur l’?chelle de l’arch?ologie mentale de l’humanit?, un dieu archa?que et tribal qui ressortit ? l’anthropologie religieuse, se r?v?le un lourd fardeau. Des dieux sont morts, d’autres sont n?s. Aujourd’hui, un gigantesque dieu aussi universel que vaporeux – la DEMOCRATIE – a surgi des entrailles de la jeune Am?rique. Il a d?j? conquis la terre et impose son r?gne et ses valeurs ? la plan?te enti?re.

Or, c’est derri?re le panache blanc de leur antique dieu local que les sionistes sont partis, sabre au clair, ? la conqu?te de la Palestine. C’est au nom des principes universels du dieu DEMOCRATIE que les Palestiniens r?sistent ? l’assaut.

Mais ni les uns, ni les autres ne le voient clairement, et tous deux croient qu’il suffit d’appliquer sur le terrain les r?gles strat?giques et tactiques classiques , connues de tous depuis la nuit des temps – nombre et positions des troupes, qualit? et quantit? de l’armement, entra?nement, choix du terrain et du moment de l’attaque, etc. Or, en g?nial anthropologue, le g?n?ral chinois plante la fl?che de la lucidit? au coeur de la cible. La victoire, ?crit-il, exige une connaissance autre que mat?rielle : « Je dis que si tu connais ton ennemi et si tu te connais, tu n’auras pas ? craindre le r?sultat de cent batailles. Si tu te connais toi-m?me sans conna?tre ton ennemi tes chances de victoires et de d?faites seront ?gales. Si tu ne connais ni ton ennemi ni toi-m?me tu perdras toutes les batailles. »

La Palestine est aujourd’hui le th??tre d’une guerre des dieux : l’antique dieu local refuse de perdre ses privil?ges et de se reconna?tre vassal des id?aux du nouveau suzerain, persuad? qu’il est qu’en son fief montagneux, il est inexpugnable.

C’est ? ce combat de Titans que nous assistons et c’est de ce combat-l? que les Palestiniens sont les enjeux et les victimes.

1 – Sur les traces de la Dulcin?e sioniste

Dans quelles circonstances historiques et psychiques particuli?res un groupe humain, dispers?, volontairement pour l’immense majorit? de ses membres, dans d’innombrables r?gions du globe terrestre durant pr?s de deux mill?naires et uni par la seule gr?ce d’un imaginaire religieux commun, s’est-il, ? un certain moment, mis en mouvement en direction de la Dulcin?e du Toboso qui logeait dans sa cervelle – sa « terre promise« ?

Le Dieu national d?sir? et cr?? par ce peuple l’aurait, par un de ces retournements myst?rieux dont l’histoire a le secret, reconduit sur les lieux dont il se dit issu, refermant ainsi la boucle mythologique ouverte deux mill?naires et demi auparavant. « Les peuples se donnent les dieux qu’ils m?ritent ». [1]

D’innombrables ?tudes sur le sionisme situent sa naissance en 1897. Ne croirait-on pas que cette id?ologie coloniale a surgi, arm?e et casqu?e, du g?nial cerveau de Theodor Herzl, telle Ath?na la guerri?re du cerveau de Zeus? Le th?oricien austro-hongrois, anti-s?mite dans sa jeunesse et si virulent que le F?rher allemand n’avait eu qu’? puiser dans ses formules-choc, [2] aurait pouss?, dans son non moins g?nial ouvrage inaugural, Der Judenstaat (« L’?tat des Juifs« ), le c?l?bre cri de guerre de la d?esse jaillissant du cr?ne de Zeus ouvert d’un coup de hache du dieu forgeron H?pha?stos. C’est ne rien conna?tre du contexte politique des ?v?nements et ne rien comprendre ? la psychologie des peuples et ? l’?volution des grands mouvements de l’histoire, qui toujours serpentent longuement dans les souterrains des psychismes et du temps avant d’appara?tre ? la lumi?re.

L’ouvrage de Herzl est venu au jour dans un environnement politique sur lequel je reviendrai et au moment o? un sionisme d’essence principalement religieuse existait d?j? puissamment depuis les temps les plus recul?s dans certaines couches de la soci?t? et dans certaines r?gions du globe. Mais, entre le sionisme messianique des proph?tes et le sionisme politique tardif de Herzl, des personnalit?s comme le m?decin polonais L?on Pinsker (1821-1891) auteur en 1882 de la brochure Auto-?mancipation et pr?sident des « Amis de Sion » ou le fondateur du sionisme social, Moshe Hess (1812-1885) ainsi que des rabbins influents comme le Prussien Tsvi Hirsh Kalisher (1795-1874) qui pr?nait un retour ? Sion dans une perspective messianique, ou le Serbe Alkala? Yehouda (1795-1874) ont pr?par? les esprits et labour? le terrain sur lequel Th?odor Herzl a pu semer.

Cependant, celui-ci n’?tait pas arm? pour r?colter et sans l’efficace action politique de Chaim Weizman aupr?s du gouvernement britannique et l’appui d?cisif des financiers de la City et de Wall Street, notamment de Bernard Baruch, ainsi que celui de l’influente loge ma?onnique B’nai B’rith (Les fils de l’Alliance) fond?e en 1843 ? New-York, r?serv?e aux seuls membres juifs, sur les gouvernements am?ricains successifs depuis la cr?ation de la FED, ? partir de 1913, l’ouvrage de Theodor Herzl se serait couvert de poussi?re, oubli? sur un obscur rayon de biblioth?que.

voir : Du Syst?me de la R?serve f?d?rale au camp de concentration de Gaza Le r?le d’une ?minence grise: le Colonel House
Aux sources de l’escroquerie de la R?serve F?d?rale – Le machiav?lisme des h?catonchires de la finance internationale.

2 – Revue d’ effectifs dans le camp palestinien

Il est frappant que, depuis un si?cle, les Palestiniens combattent un adversaire – le sionisme – dont ils n’ont compris ni la mentalit?, ni les objectifs. Pire que cela, ils n’ont m?me jamais pens? qu’il ?tait indispensable de les ?tudier, comme le prouvent les sorties de l’obs?quieux Mahmoud Abbas devant l’AIPAC aux USA, ainsi que sa gestion des affaires palestiniennes depuis qu’il a log? ses petits pieds dans les bottes d’un Yasser Arafat prestement « refroidi« , comme diraient les maffieux. Quant ? l’ancien fonctionnaire du FMI, Salam Fayyad, parachut? Premier Ministre par le gouvernement am?ricain, il n’a pas craint de se muer en historien des religions et en ex?g?te pour reconna?tre officiellement la « validit? du r?cit biblique« !

Ce contexte permet de mieux appr?hender les raisons pour lesquelles les dirigeants du peuple palestinien, et le vieux ra?s Yasser Arafat lui-m?me, se sont d?finitivement fourvoy?s dans la voie sans issue du fameux « processus d’Oslo« , qui les a conduits ? l’impasse et au mur infranchissable sur lequel le mot DEFAITE s’affiche d?sormais en gigantesques lettres lumineuses. Mais, m?me le nez ? un millim?tre de la muraille que l’adversaire isra?lien et son acolyte am?ricain continuent de consolider ? grand renfort de mirobolantes promesses de pots-de-vin colossaux, baptis?s « aide financi?re« , et de livraisons d’instruments de mort de plus en plus performants, ils ne voient toujours pas que jamais ils n’escaladeront cet Everest et que c’est leur propre extermination en tant que peuple qu’ils sont en train de b?tonnner. Ils continuent de chanter ? tue-t?te: « N?gociations ! Trait? de paix ! Deux Etats pour deux peuples! Echange loyal de territoires! Obama, notre p?re qui ?tes au paradis am?ricain, sauve-nous! » et offrent le spectacle d’une nouvelle version de la sc?ne du Colonel d?crit par C?line dans les premi?res pages du Voyage au bout de la nuit, lequel lit imperturbablement ses d?p?ches en faisant les cent pas sous la mitraille de l’ennemi. Stupidit? h?ro?que de l’officier pulv?ris? par une rafale. Stupidit? born?e et tra?trise des Abbas et des Fayyad, les Dupont-Dupont du d?sastre palestinien, qui continuaient de « n?gocier » depuis des lustres sous la mitraille d’une colonisation tant?t insolente, tant?t hypocrite, afin d’obtenir au mieux une ind?pendance de pacotille sur un territoire r?duit ? une poign?e de confettis et qui se retrouvent aujourd’hui « grosjean comme devant« .

Benjamin Netanyahou, Hillary Clinton, Mahmoud Abbas lors de la « conf?rence pour la paix », fin novembre 2010

« La stupidit? born?e, source d’aveuglement, est un facteur qui joue un r?le remarquablement important dans la gouvernance. Elle consiste ? ?valuer une situation en termes de notions fixes pr?con?ues, tout en ignorant ou en rejetant tous signaux contraires. C’est le fait d’agir selon son souhait tout en s’interdisant de se laisser d?vier par les faits.
Cette attitude est r?sum?e dans la d?claration d’un historien au sujet de Philippe II d’Espagne, le plus stupidement born? de tous les souverains : Aucune exp?rience de l’?chec de sa politique ne pouvait ?branler sa foi dans son excellence essentielle. » ( Barbara Wertheim Tuchman , historienne am?ricaine. The March of Folly: From Troy to Vietnam« , ?d. Alfred A. Knopf, New York, 1984).

Le sage indou Patanjali, p?re du yoga, reprenant les paroles de Socrate, disait d?j?, lui aussi, que « l’ignorance est la cause de tous les maux« , car « celui qui ne peut pas voir n’est pas un aveugle, l’aveugle est celui qui ne veut pas voir » .

Mais il existe une troisi?me cat?gorie de politiciens born?s, celle des hypocrites, qui font semblant de ne pas voir parce qu’ils ont un int?r?t personnel puissant ? pers?v?rer dans un aveuglement affich?. Les villas luxueuses et les grosses limousines allemandes aux vitres teint?es rendent les neurones de leurs propri?taires particuli?rement paresseux. Le cocon de « n?gociations ?ternelles » a servi de coussin moelleux ? leur l?chet?. Il leur a permis de mener discr?tement de rentables petits n?goces avec l’occupant en ?change d’une « coop?ration s?curitaire« , synonyme de collaboration et feuille de vigne d’une active chasse aux r?sistants, tout en se lamentant sur la m?chancet? d’un Isra?l qui « pr?f?re la colonisation ? la paix » – ouhhh le vilain, quelle surprise! « Nous nous sommes consacr?s ? des n?gociations sur vingt ann?es, et voici nous tombons aujourd’hui dans le pi?ge d’un processus qui n’a rien chang? ? l?occupation« , g?mit aujourd’hui Saeb Erekat, le principal « n?gociateur » du Fatah, feignant de d?couvrir une situation qui crevait les yeux depuis le d?but. Les c?bles de Wikileaks r?v?lent m?me que la guerre et les massacres de Gaza ont et? express?ment demand?s aux services secrets isra?liens par les dirigeants du Fatah! De la stupidit? ? la trahison, le pas a ?t? franchi.

Voir – La m?tamorphose d’un ?tre humain en vermine

La trahison engendre le m?pris du commanditaire lui-m?me et ses exigences deviennent insatiables. Ainsi, lors de sa participation ? la conf?rence annuelle des ambassadeurs sionistes le 26 d?cembre dernier, Avigdor Liebermann, a violemment attaqu? Mahmoud Abbas lequel, dans un petit sursaut de dignit?, avait os? refuser de reprendre les n?gociations pendant que les colons-termites grignotaient ? belles dents la Cisjordanie. ? L’Autorit? palestinienne est une entit? ill?gale et instable, qui ne poss?de aucune l?gitimit? juridique ?. Enfon?ant le clou de la d?l?gitimation, il a ironis? sur l’?chec de l’ancien comp?re qui a ? perdu aux derni?res ?lections l?gislatives et refuse d’en organiser de nouvelles par crainte de la victoire du Hamas » et il a conclu en forme de coup de pied de l’?ne : « Isra?l ne peut n?gocier avec une autorit? ill?gitime pour une solution de paix durable ?. Le roi est nu.

La fine ?quipe de bras cass?s qui gravite autour du Pr?sident d’une « Autorit? palestinienne » d?pourvue d’autorit?, devrait m?diter ce jugement de Machiavel: « Dans les affaires d?Etat, en les pr?voyant de loin, ce qui n?appartient qu?? un homme habile, les maux qui pourraient en provenir se gu?rissent t?t; mais quand, pour ne les avoir pas pr?vus, on les laisse cro?tre au point que tout le monde les aper?oit, il n?y a plus de rem?de. » (Nicolas Machiavel, Le Prince)

3 – De l ‘histoire r?v?e ? l’histoire v?cue

Mais il ne suffit pas de d?crire les actions des hommes politiques de la fin du XIXe et du XX? si?cle pour comprendre, comme nous le conseille le grand philosophe juif, Baruch Spinoza – frapp? du herem par les siens et oblig? de se prot?ger d’eux en terre batave – de comprendre, dis-je, comment s’est effectu?e la transition entre un sionisme religieux diffus et une id?ologie politique qui a conduit ? l’?mergence de l’Etat sioniste actuel.

Baruch Spinoza Portrait de 1665 tir? de la Herzog-August-Bibliothek

Pour mesurer le degr? d’inculture du personnel politique fran?ais actuel, il faut rappeler qu’au cours du discours prononc? lors du Congr?s juif europ?en le 12 d?cembre 2010, Mme Mich?le Alliot-Marie, ministre d?Etat, ministre des Affaires ?trang?res et europ?ennes a prononc? les paroles ail?es suivantes: « Le destin des Juifs d’Europe a largement contribu? ? l’identit? europ?enne. Destin des Juifs portugais d’Amsterdam qui, fuyant l’intol?rance, apport?rent ? l’Europe le g?nie de SPINOZA. »

Or, en mati?re d’intol?rance, celle dont Spinoza a ?t? victime, au point qu’un fanatique juif a tent? de l’assassiner, est venue de l’int?rieur m?me de la communaut? des fid?les de la grande synagogue d’Amsterdam, situ?e sur le quai du Houtgracht. En effet, le 27 juillet 1656, le philosophe fut ostracis? et frapp? de l’infamie et de la mal?diction du herem [Voir le texte du herem en note 3]. Bless?, heureusement superficiellement, il a conserv? durant de longues ann?es son manteau trou? par le poignard afin de garder sous les yeux les preuves des m?faits de tous les fanatismes, y compris et surtout de celui de ses co-religionnaires. En 1948 Ben Gourion a tent? de faire lever ce « herem », qui maudit le philosophe, y compris post mortem, mais les rabbins de l’Israel actuel s’y oppos?rent. Le philosophe Baruch Spinoza demeure donc, aujourd’hui encore, frapp? de pestif?ration par les rabbins juifs et Mme Alliot-Marie ne le sait pas.

Rabbin Ha?m Sitruk, Mme Mich?le Alliot-Marie, Congr?s juif europ?en, 12 d?cembre 2010, site du CRIF

J’ai suivi scrupuleusement les ?tapes de la maturation d’une Dulcin?e id?ale dans la cervelle des croyants jusqu’? sa m?tamorphose en la Maritorne coloniale crasseuse et belliqueuse qui s’?panouit aujourd’hui en terre palestinienne. Entre l’apparition de Dulcin?e et la d?couverte que, sous ses habits rutilants se cache une grossi?re et brutale fille de ferme, une histoire r?elle de deux mill?naires et demi a d?roul? ses p?rip?ties – et le double environ pour ce qui concerne l’histoire r?v?e et mythologique qui remplit ? ras bords la cervelle des croyants.

C’est pourquoi j’ai d?cid? de remonter le plus haut possible dans le temps r?ellement v?cu – c’est-?-dire le temps de l’histoire effective et non celui de l’histoire biblique r?v?e – du peuple successivement appel? H?breux, Jud?ens, Juifs et enfin Palestiniens au gr? des d?coupages administratifs des empires assyrien, babylonien, perse, grec et romain qui prirent le contr?le de ce petit territoire, et ce jusqu’? sa disparition politique compl?te comme nation en l’an 70 de notre ?re, apr?s la destruction de sa ville-capitale et de son temple par les l?gions romaines de Vespasien et de Titus.

Mon objectif n’est pas de raconter ? ma mani?re une histoire pr?cise de la Jud?e ou du juda?sme, mais de rep?rer les jalons particuli?rement ?clairants qui, dans la courte existence politique de ce peuple ont eu des cons?quences telles sur le contenu des cervelles qu’elles devaient inexorablement conduire ? la politique actuelle de l’Etat sioniste. C’est pourquoi j’essaie, chaque fois que c’est possible, de montrer les rapports entre les ?v?nements ou les prescriptions de l’histoire antique et la politique actuellement men?e en Palestine.

Sortir de la d?ploration, de l’indignation, voire de la haine que cette politique suscite chez certains, afin, comme le conseille le philosophe, de comprendre par quels chemins de traverse, et cependant parfaitement pr?visibles, les Jud?ens du temps d’Esdras ont resurgi d’un n?ant politique de vingt si?cles pour r?appara?tre avec la m?me mentalit?, le m?me psychisme, les m?mes m?urs et les m?mes exigences ethniques. Vingt si?cles d’histoire mondiale ont gliss? sur le contenu des neurones des disciples de la Thora et du Talmud comme l’eau sur la plume d’un canard.

En effet, la recommandation 181 de l’Assembl?e g?n?rale de l’ONU vot?e le 29 novembre 1947 interpr?t?e fallacieusement comme l?gitimant un Etat juif [4],

Voir : De l’inexistence de l’Etat d’Isra?l en droit international

la pluie des soixante-dix r?solutions condamnant leur politique du m?me ONU, et qu’ils ont superbement et impun?ment ignor?es avec une constance remarquable depuis 1947, sont aux yeux de leurs dirigeants un fatras juridique « rituel » destin? ? occuper et ? amuser les gentils.

Ils ont crucifi? Marianne… Les nouveaux exploits de Tartuffe en Palestine

Leurs l?gislateurs sont ailleurs. Josias ou Esdras voil? leurs vrais l?gistes. C’est pourquoi il ?tait capital de remonter aux sources du chaos mondial provoqu? par le d?barquement fracassant dans la modernit?, tant au Moyen Orient que dans l’ensemble de la politique de la plan?te, d’une pr?histoire charg?e jusqu’? la gueule de vapeurs mythologiques.

4 – « Ne pas se moquer, ne pas d?plorer, ne pas d?tester, mais comprendre » (Spinoza)

Les quatre ?tapes pr?c?dentes de mon exp?dition m’ont permis de mettre en lumi?re quelques-uns des grands mythes qui, jusqu’? la fin du XIXe si?cle, voyageaient en vase clos dans les neurones des adeptes du dieu Jahv?. Depuis une vingtaine d’ann?es aucun historien s?rieux, aucun arch?ologue, aucun ex?g?te ne consid?re plus que les r?cits bibliques sont historiques au sens scientifique du terme. Ce sont des textes th?ologiques destin?s ? l’?dification des croyants de la religion du dieu Jahv?. Ils nous renseignent sur la mani?re dont une petite tribu du Moyen-Orient, parfaitement localis?e, a int?rioris? ses relations avec le ciel et avec son environnement politique. C’est pourquoi on y trouve ? fois des personnages historiques r?els comme les souverains des empires voisins auxquels cette tribu a ?t? confront?e; mais on y rencontre ?galement d’innombrables personnages totalement invent?s, mais symboliques et d’ailleurs emprunt?s aux mythologies des Etats voisins, et qui s’expriment ? ce titre – Adam, Eve, No?, Mo?se, Josu?, Abraham, Agar, etc. D’autres personnages, qui eurent une existence historique modeste, ont ?t? transform?s en mythes gigantesques – David, Salomon.

Voir – 1 – La Bible et l’invention de l’histoire d’Isra?l
2 – L’invention du « peuple ?lu » et de la « Terre Promise« 
3 – Isra?l, du mythe ? l’histoire

Tous les mammif?res marquent physiquement leur territoire. Le mammif?re humain marque son territoire symboliquement. C’est pourquoi tous les textes religieux sont des documents historiques ? interpr?ter d’un point de vue anthropologique . C’est ainsi que la Bible fournit des informations pr?cieuses sur la psychologie des habitants de cette petite r?gion, sur la mani?re dont ils ont construit leurs relations de pouvoir entre eux et avec leurs voisins ? travers le dieu-miroir de leur mentalit? qu’ils ont con?u. Les textes bibliques sont donc r?v?lateurs de la mani?re dont la petite tribu des Jud?ens des temps antiques a d?coup? le morceau de ciel dans lequel elle souhaitait se lover et les armes qu’elle s’?tait donn?es afin d’atteindre cet objectif.

A une ?poque o? l’unicit? religieuse des cerveaux des peuples ?tait un mantra politique ind?passable, le particularisme communautaire cr?? par ces mythes a ?t? la cause de nombreuses confrontations violentes avec les populations chez lesquelles s’?taient install?s de nombreux immigrants porteurs d’une identit? d’autant plus inassimilable ? celle de leur environnement que les injonctions m?prisantes et haineuses ? l’?gard des non juifs, appel?s « gentils« , « goys » ou « goyim » concoct?es au fil des si?cles, confinent chez certains rabbins au d?lire pathologique et constituent une ?cole du m?pris et de haine ? l’?gard des voisins chez lesquels ils avaient pos? leurs p?nates depuis les temps les plus recul?s, ? la recherche de situations lucratives. Ils ?clairent certains ressorts profonds de la brutalit? de la politique de l’actuel Etat colonial ? l’encontre des Palestiniens .

Voici, ? titre d’exemples, quelques formulations gracieuses issues du Talmud babylonien, parmi des milliers de recommandations r?dig?es dans le m?me esprit :

Baba Bathra 10b : « Les actes d’Isra?l sont vertueux, mais les Gentils ne sont capables que du p?ch?. »
Kiddushin 49b : « Les isra?lites poss?dent 90 % de toute la sagesse ,les 10 % restants sont dispers?s parmi les Gentils. »
Sanhedrin 58b : « Un Gentil qui frappe un Juif m?rite la mort. Frapper un Juif est aux yeux de Dieu , l’attaque de la Pr?sence Divine. »
Sanhedrin 37a :  » Quiconque d?truit un seul Isra?lite, c’est comme s’il avait d?truit le monde entier  »
Yebamoth 98a : « Tous les enfants de Gentils sont juridiquement des b?tards, puisque les Gentils sont seulement des animaux. »
Baba Bathra 54b : « La propri?t? de Gentils ressemble au d?sert; quiconque arrive l? en premier se l’approprie. »
Sanhedrin 57a : « Si un Gentil vole un Juif, il doit le rembourser. Mais si un Juif vole un Gentil, le Juif peut garder le butin. »
Et aussi: « Si un Gentil tue un Juif, le Gentil doit ?tre tu?. Mais si un Juif tue un Gentil, le Juif doit demeurer libre. »
Sanhedrin 11: « Tous les Isra?lites sont vertueux et h?riteront la vie ?ternelle. »
Baba Kamma 38a : « Les gentils sont ? l’ext?rieur de la protection juridique de la Loi de l’Isra?l. »
Sanhedrin 52b : « L’adult?re n’est pas d?fendu ? avec la femme d’un Gentil, parce que Mo?se d?fend seulement l’adult?re avec la femme d’un ‘voisin’ et les Gentils ne sont pas des voisins. »
etc. etc. ad nauseam

« Ne pas se moquer, ne pas d?plorer, ne pas d?tester, mais comprendre« , conseille Spinoza. Comprendre que les vols de terres, les brutalit?s, les tortures dont sont victimes tous les Palestiniens, petits enfants compris, ne sont pas le fait d’individus isol?s, particuli?rement pervers ou la cons?quence d’une brutalit? coloniale classique et passag?re. Accompagn?es d’une bonne conscience inentamable – « increvable », pour employer le mot de l’?crivain polonais ?migr? en Argentine, Witold Gombrowiz dans son Ferdydurke – ces exactions sont la r?sultante logique d’un syst?me mental qui impr?gne la vie quotidienne des membres les plus actifs de cette tribu religieuse. Il imbibe les cervelles depuis la petite enfance, si bien que les bourreaux n’?prouvent ni honte, ni remords ? tuer, ? voler, ? torturer m?me des enfants, ? les utiliser comme boucliers humains lors d’incessantes op?rations de police, ? exp?rimenter leurs nouveaux m?dicaments sur les prisonniers, ? pr?lever en catimini des organes sur les cadavres provoqu?s des Palestiniens, ? enterrer leurs d?chets radioactifs sur des terres agricoles confisqu?es ou ? contraindre les habitants d’une grande ville comme H?bron ? vivre sous des grillages qui leur masquent le soleil, parce qu’ils sont recouverts des ordures jet?es sur leurs t?tes par une poign?e de fanatiques qui se sont install?s au coeur d’une grande ville palestinienne de plus de cent mille habitants, encourag?s et prot?g?s par des phalanges d’autres fanatiques en uniforme.

Cohorte de « terroristes palestiniens »le plus dangereux est ?videmment le colosse qui se trouve au centre de la photo

Hitzak Rabin : « Brisez-leur les os ! » Et les soldats ex?cut?rent avec discipline l’ordre donn? : briser, avec la crosse de leurs armes, les bras et les jambes des Palestiniens.

« Je n’arrive pas ? imaginer la raison qui motive un bataillon de soldats sionistes arm?s jusqu’aux dents lorsqu »ils poursuivent un petit enfant, le jettent ? terre, le battent, et l’abandonnent sur le bord de la route » , se lamente le p?re d’un enfant de sept ans gravement bless? par la soldatesque de l’arm?e d’occupation. Ce p?re palestinien n’avait pas lu le Talmud!

On comprend mieux, dans cet environnement psychique, le sens des paroles de l’immigrant moldave et actuel Ministre des affaires ?trang?res, Avigdor Lieberman, disant que les Isra?liens « ob?issent ? une autre loi » qu’? celle des lois internationales ou ? une morale universelle.

Comprim? depuis deux mill?naires dans les souterrains de cervelles remplies ? ras bords de ratiocinations talmudiques, de r?ves messianiques et d’un amour id?al pour la Dulcin?e imaginaire d’une « terre promise » offerte par le « dieu » que des Jud?ens s’?taient donn? dans les temps imm?moriaux, le mythe d’un Canaan magique, sorte de paradis sur terre, a d’abord magn?tis? une population originaire des steppes de l’Europe orientale. Il a tr?s rapidement fait tache d’huile sur la plan?te enti?re et provoqu?, en direction de l’Orient, un mouvement migratoire d’une force que l’Occident n’avait plus connue depuis les grandes invasions des IVe et Ve si?cle. Non seulement des occupants originaires d’Ukraine, de Russie, de Pologne, du Minnesota, de l’Alaska, du Groenland, d’Europe de l’Ouest, du Kamchatka , de Patagonie, du d?sert de Gobi et tutti quanti se sentent innocents de piller des biens palestiniens, mais qui plus est, ils se proclament victimes. Ne sont-ils pas contraints de supporter des « intrus » qui ont l’audace de ne pas s’?clipser discr?tement et d’offrir de grand c?ur leurs maisons et leurs terres ? des immigrants auto-proclam?s « peuple ?lu » et « peuple saint« ? De quel droit, des indig?nes impurs se permettent-ils de polluer une « terre juive« , se demandent-ils candidement, en brandissent bien haut le grimoire dans lequel se trouve consign? le r?cit mythologique de leurs tribulations pass?es, auquel ils attribuent la fonction d’un cadastre?

C’est ainsi qu’une dame Arl?ne Kushner, qui se dit « journaliste », d?nonce avec violence sur le site de l’alliance fran?aise, l’attitude laxiste des gouvernements isra?liens successifs qui ont os? « accepter, en th?orie, une certaine notion de droit aux arabes palestiniens ? vivre sur une partie de notre terre« . Cette immigr?e fran?aise est scandalis?e qu' »une certaine notion de droit » – mais pas des droits complets, il ne faut pas exag?rer – soit accord?e ? la population qui vit sur ses propres terres depuis la nuit des temps et qui se trouve expropri?e au b?n?fice d’immigr?s sans titre.[5]

Se glissant habilement dans le puissant mouvement colonial qui, ? la fin du XIXe si?cle et au d?but du XXe avait abouti ? la formation des grands empires coloniaux europ?ens, les mythes politico-religieux de la religion issue des r?formes d’Esdras sont sortis des bo?tes cr?niennes et ont explos? sous la forme d’un puissant mouvement nationaliste pr?par? depuis des lustres, en direction de la conqu?te de la terre mythique de leur texte th?ologique. Un sionisme politique encore balbutiant, mais solidement arrim? ? des racines religieuses dans lesquelles il puisait sa nourriture et sa justification, s’est install? par la violence sur la terre du peuple autochtone. Arm? du fanatisme des z?lotes, encourag? et soutenu par la gigantesque puissance financi?re et politique d’une riche diaspora ?parpill?e depuis des si?cles sur la plan?te enti?re – et notamment en Angleterre, puis aux Etats-Unis – il s’est incrust? en Palestine o?, au vu et au su du monde entier, il se livre impun?ment au sociocide et au g?nocide larv? de la population originaire.

5 – Vent d’Est

Dans cette cinqui?me station de mon voyage aux sources de sionisme, j’aborderai les contr?es peu ou pas explor?es du tout, du m?rissement de cette id?ologie aux confins de l’Asie, apr?s une sorte de travers?e du d?sert de plusieurs si?cles, durant lesquels la soci?t? jud?enne a subi de redoutables tangages politiques que j’?voquerai bri?vement pour m?moire, en ne retenant que ceux qui eurent une influence dans la s?dimentation de l’id?ologie sioniste.

La simple pr?sentation du tableau d’une biographie succincte de tous les Premiers Ministres qui se sont succ?d? depuis qu’un vote de l’ONU a crucifi? les Palestiniens, permet de comprendre au premier coup d’?il pourquoi je dirigerai mes pas en direction des marches de l’Asie plut?t que vers les rives qui auraient sembl? plus accueillantes et plus logiques des bords de la M?diterran?e, ou vers les paysages verdoyants et cl?ments de notre Europe occidentale qui ont connu, elles aussi, de nombreuses implantations juives au cours des si?cles.

On sait, en effet, que toutes les grandes vagues migratoires se sont toujours d?roul?es d’est en ouest. La mythologie juda?que ne s’y est pas tromp?e, puisque les communaut?s de nos r?gions se proclament les descendantes l?gitimes d’anc?tres « chass?s » de la province de Jud?e par les arm?es victorieuses de Vespasien et de Titus lors de la 2?me Guerre des Juifs en l’an 70. Or, il n’en est rien. Aucun des premiers ministres qui ont dirig? l’Etat d’Isra?l ne peut exciper de racines m?diterran?ennes ou occidentales susceptibles de donner une apparence de cr?dit ? cette pr?tention. Tous, sans exception aucune, sont issus des r?gions talmudiques de l’orient europ?en ou des marches de l’Asie. Ce fait n’est ?videmment pas le fruit du hasard.

1 – David Ben Gourion(n? David Gr?n) 16 octobre 1886-1er d?cembre 1973) est n? ? Plonsk en Pologne dans une famille sioniste (son p?re, professeur d’h?breu, ?tait un membre des Amants de Sion). Il ?migre en Palestine britannique en 1906.
2 – Mosh? Sharett (n? Mosh? Shertok) , (15 octobre 1894 – 7 juillet 1965) est n? ? Kherson, dans l’Empire russe (aujourd’hui en Ukraine). Il ?migra en Palestine britannique en 1908.
3 – Levi Eshkol ( 25 octobre 1895- 26 f?vrier 1969) est n? dans un village ? proximit? de la ville de Kiev , dans l’empire russe, aujourd’hui Ukraine. Il ?migre en Palestine ottomane en 1914.
4 – Ygal Allon (n? Ygal Pa?covitch) (10 octobre 1918- 29 f?vrier 1980) est n? Kfar Tabor, au pied du Mont Tavor dans l’est de la Basse Galil?e d’une famille originaire de Roumanie qui ?migre en Palestine en 1901.
5 – Golda Meir ( Golda Meirson, n?e Golda Mabovitz (3 mai 1898 -8 d?cembre 1978) est n?e ? Kiev , au c?ur de l’empire russe, aujourd’hui capitale de l’Ukraine. Sa famille ?migre aux Etats-Unis en 1903, le couple Meirson arrive en Palestine en 1921.
6 – Yitzhak Rabin (Yitzhak Rubitzov , 1er mars 1922 – assassin? ? Tel Aviv le 4 novembre 1995) est n? ? J?rusalem. Ses parents, Nehemiah et Rosa Rubitzov originaires d’Ukraine ?migr?rent d’abord vers les Etats-Unis
7 – Menahem Volfovitz Begin (Mieczyslaw Biegun , 16 ao?t 1913 -9 mars 1992) . Il est n? ? Brest-Litovsk, alors ville polonaise ? majorit? juive, aujourd’hui Bi?lorussie. Il n’arrive en Palestine qu’en 1942.
8 – Yitzhak Shamir (Yitzhak Jazernicki (15 octobre 1915?) , est n? ? Ruzhany, en Pologne, actuelle Bi?lorussie. Il ?migre en Palestine en 1935.
9 – Shimon Peres (Szymon Perski ) Il est n? le 2 ao?t 1923 ? Wisniew (Pologne, actuelle Bi?lorussie). Il ?migre en Palestine en 1934.
10 – Benyamin Netanyahou (n? le 21 octobre 1949 ? Tel Aviv) Petit-fils d’un rabbin ?migr? de Lituanie en Palestine en 1920
11 – Ehud Barak (Ehud Brog, n? le 12 f?vrier 1942 au kibboutz Mishmar Hasharon) Fils d’Israel Brog et d’Esther Godin, immigr?s respectivement de Lituanie et de Pologne.
12 – Ariel Sharon (Ariel Scheinermann (n? le 26 f?vrier 1928 ? Kfar Malal en Palestine) . Son p?re Shmouel Scheinerman est originaire de Brest-Litovsk alors en Pologne, actuellement Bi?lorussie. Sa m?re V?ra est un m?decin originaire de Mohilev en Bi?lorussie.
13 – Ehud Olmert ( n? le 30 septembre 1945 ? Binyamina en Palestine. Son p?re Mordecha? – n? ? Buguruslan en Russie, ?migre en Chine en 1919, ? Harbin, et arrive en Palestine en 1933.

Un simple coup d’oeil suffit ? constater que tous ces premiers ministres sans exception aucune, sont originaires, soit directement, soit par leurs parents, de Russie de Roumanie et surtout de la Pologne prise dans ses fronti?res d’avant la guerre de 1940 – aujourd’hui Bi?lorussie, Ukraine ou Lituanie. C’est donc bien le juda?sme oriental qu’il sera particuli?rement indispensable de suivre ? la trace, afin de comprendre l’influence que ce juda?sme-l? a exerc?e sur le sionisme naissant.

Cette influence persiste de nos jours sur la politique de l’ Etat auto-baptis? « Isra?l », terme directement issu du r?cit religieux (Gn 32,28 et 35,10). C’est un nom propre, l’autre nom donn? ? Jacob. Or, l’Antiquit? politique n’a jamais connu d’ Etat ind?pendant d’ « Isra?l ». Un « Royaume d’Isra?l », appel? ?galement « Royaume de Samarie », a bri?vement exist? au VIIIe si?cle avant notre ?re. Il a connu son heure de gloire avec la dynastie Omride dont la trag?die de Racine, Athalie, d?crit la fin cruelle, mais sa destruction par les arm?es assyriennes du roi Sargon en -722 et la d?portation de la totalit? de sa population, ont sign? sa disparition d?finitive de l’histoire comme Etat autonome.

Voir: – 2 – L’invention du « peuple ?lu » et de la « Terre Promise », 30 mars 2010

Tous les ?v?nements qui se rapportaient aux Samaritains, ont ?t? soigneusement occult?s dans les textes bibliques. Depuis la nuit des temps, le Royaume du Nord ?tait m?pris? par les habitants de la province jud?enne du Sud en raison d’une puret? raciale et religieuse jug?es insuffisantes, et ce, d?j? bien avant le m?lange ethnique impos? par le roi assyrien Sargon II apr?s sa conqu?te de la Samarie. Le yavhisme des Samaritains a toujours ?t? d?nigr? et accus? d’avoir ?t? pollu? par des cultes pa?ens. S’y ajoutait surtout la rivalit? et la jalousie ? l’?gard d’une province plus riche et plus prosp?re. Ces raisons s’additionnaient et expliquaient la haine tenace et active de la part de Juda pour l’?ph?m?re Royaume d’Isra?l et qui a perdur?, toujours aussi violente, durant les si?cles suivants, ? l’encontre des Samaritains.

Les documents assyriens, babyloniens, perses, grecs et romains qui l’ont ?voqu?e d?signent la petite province – en r?alit? une ville-Etat – qui avait J?rusalem pour capitale du nom de Juda, Jud?e, puis Palestine ? partir de la fin de la p?riode hell?nistique et durant les temps d’occupation romaine. Je n’ai pas d?couvert, pour l’instant, les raisons qui ont pouss? les juifs orientaux qui sont ? l’origine de l’id?ologie sioniste, ? r?pudier le nom du territoire qu’ils cherchaient ? investir et ? choisir celui des habitants de la province rivale et ha?e qui, dans leurs ?critures mythiques, font l’objet des pires ex?crations, quasiment ? ?galit? avec les goyims, en vertu de l’adage bien connu selon lequel « on ne se hait bien qu’en famille« . L’homonymie avec le nom du tra?tre – Judas – qui livra J?sus ? la vindicte du sanh?drin y est peut-?tre pour quelque chose.

6 – La th?ocratie ? J?rusalem apr?s Esdras

Le Talmud v?n?re tout particuli?rement le personnage d’Esdras et le consid?re comme le grand restaurateur du juda?sme: « La Torah aurait pu ?tre donn?e ? Isra?l par Ezra, si Mo?se ne l’avait pr?c?d? » (Sanh?drin 21b). On ne peut mieux dire, puisqu’il en est sinon le r?dacteur unique, du moins le compilateur principal. Son combat contre les mariages mixtes, et donc l’instauration d’une th?ocratique ethnique, figure sa r?forme principale.

Esdras est le grand initiateur d’un juda?sme fond? sur la « puret? du sang » des fid?les. La difficult? classique rencontr?e dans l’?talonnage d’une esp?ce est celle de d?terminer une origine de la souche. Les ?critures bibliques grouillent de g?n?alogies cens?es remonter ? plusieurs si?cles. Mais il faut toujours en arriver ? trouver un commencement, d’o? l’invention de la Gen?se et les personnages d’Adam et Eve. Les chr?tiens, plus modestes, n’ont imagin? de faire remonter la g?n?alogie de la m?re de J?sus qu’? la mythique « Maison de David ».

Un h?noth?isme rigoureux (h?no=un), car propre ? la seule ethnie des Jehoudim, a donc r?gn? en ma?tre pendant pr?s de deux si?cles dans la petite sous-pr?fecture jud?enne du grand ensemble de la Trans-Euphrat?ne dirig?e par un P?ha perse. Mais la ville de J?rusalem sommairement reconstruite, puisque les anciens palais imp?riaux n’avaient pas ?t? relev?s, est longtemps demeur?e ? l’?tat de ruines. Tous les habitants vivaient sous la loi exclusive de la Thora et sous la f?rule du Grand Pr?tre d’un temple modestement reb?ti par les artisans ph?niciens, notamment des Tyriens. Un groupe de cent vingt « sages » r?unis dans une « Grande assembl?e » ou « Knesset » ?tait charg? de diriger la vie religieuse du peuple.

Le fait que l’actuel parlement de l’Etat d’Isra?l ait repris ? la fois le nom et le nombre de participants de cette antique assembl?e religieuse, prouve, s’il en ?tait besoin, ? quel point les racines religieuses du sionisme sont profondes et vivantes.

Etalonn?es par rapport ? l’id?al th?ologique et social que repr?sentait la r?forme d’Esdras, les ?volutions impos?es par les empires grec puis romain qui conquirent ? tour de r?le la province de Juda, furent ressenties comme une d?ch?ance. Pour les th?ologiens juifs, la th?ocratie codifi?e par Esdras repr?sentait une mani?re de perfection dans la gestion politique de leur soci?t?. A leurs yeux, l’histoire s’?tait d?finitivement arr?t?e avec cette r?forme, si bien que tout ce qui a suivi fut v?cu comme des b?gaiements informes de l’id?al ancien. L’imp?ratif absolu du refus de tout m?lange avec les autres peuples soup?onn?s de corrompre et d’avilir la puret? « divine » du peuple juif et les manquements aux rituels obligatoires ne servirent qu’? mesurer les degr?s de d?gradation et de corruption des gouvernements et des soci?t?s ult?rieurs.

C’est cet « id?al »-l? que l’Isra?l d’aujourd’hui conserve en point de mire. La purification ethnique est son obsession secr?te. Pendant des ann?es, il a avanc? masqu?. Aujourd’hui, tout se dit et se fait au grand jour. En effet, comme le clament non pas un rabbin isol? particuli?rement raciste, mais un groupe qui comptait d?s l’origine cinquante ?minents repr?sentants du juda?sme, rejoints par une foule de deux cents coll?gues en rabbinat, en brandissant bien haut le texte fondateur du juda?sme: « La Thora interdit de vendre ? un ?tranger une maison ou un champ de la Terre d’Isra?l (Eretz Isra?l) ». Ils explicitent leur position par l’argument d’Esdras du refus « m?lange des esp?ces« : « Quiconque vend ou loue un appartement dans un quartier o? vivent des juifs cause un grand tort ? ses voisins, vu que le mode de vie (des non-juifs) est diff?rent de celui des juifs, qu’ils nous pers?cutent et viennent s’immiscer dans notre existence« . Aucune personnalit? officielle n’a jug? immorale et ill?gale cette d?claration. [6] La « communaut? internationale » – c’est-?-dire occidentale – sourde comme un pot d?s lors que le vent qui porte les paroles souffle ? partir d’Isra?l, n’a pas pip? mot. Il a fallu un Juste, Gid?on L?vy, pour oser ?crire dans un journal isra?lien, le quotidien Haaretz, que « l’apparence d’une soci?t? d?mocratique et ?galitaire s’est trouv?e soudainement remplac?e par un portrait authentique, terriblement nationaliste et raciste » et que le gouvernement « se gausse, comme il le m?rite » d’un « processus de paix » qui n’a jamais exist? que dans l’imagination des aveugles et des sourds. [6b]

La location des appartements n’est pas le seul lieu o? s’exerce un apartheid absolu. Les cr?ches pour les b?b?s ou les ?coles trient, elles aussi, soigneusement les populations. Veaux, vaches, canards, poireaux, salades, oeufs, fromages, tout est ?tiquet? « pur » pour les juifs, « impur » et bon pour les goyims. La Cisjordanie est le seul endroit au monde o? existent des routes r?serv?es ? une ethnie dominante. Que diraient la foultitude des d?fenseurs des « droits de l’homme » et les ligues anti-racistes si cette situation se produisait en Afrique du Sud, en Inde, en Papousie…ou en France et si c’?taient les juifs qui ?taient interdits de circulation sur les autoroutes?

On retrouve la m?me horreur de tout ce qui n’est pas juif dans les cons?quences d’un ?v?nement aussi dramatique que celui qu’ont v?cu les familles des victimes br?l?es vives dans le gigantesque incendie du Mont Carmel des premiers jours de d?cembre 2010. Comme le signale le Yediot Aharonot, du 5 d?cembre 2010, alors que quarante victimes ont ?t? enterr?es en grande pompe, la quarante et uni?me, une adolescente de seize ans, Tanya Lansky, a ?t? inhum?e comme une pestif?r?e dans un coin. En effet, « le rabbinat a refus? de l’enterrer dans la partie principale du cimeti?re, parce que sa m?re n’est pas juive. La m?re ?plor?e, qui s’est d’abord fermement oppos?e ? la d?cision du rabbinat, a finalement accept? d’enterrer sa fille dans le carr? non juif apr?s de nombreuses discussions avec des officiels et l’intervention du maire d’Ashkelon, Benny Vaknin. » M?me les cadavres sont class?s en « purs » et « impurs« . [7]

Le sang impur de Tanya

« Moi aussi, comme Hitler, je crois dans le pouvoir de l’id?e du sang. » [8]

« Un juif ?lev? au milieu des Allemands peut adopter les coutumes allemandes, des mots allemands. Il peut ?tre totalement imbib? de fluide allemand, mais le noyau de sa structure spirituelle restera ? jamais juif, parce que son sang, son corps, son type physique racial sont juifs. » [9]

Ces deux phrases n’ont pas ?t? ?crites par des racistes ? l’esprit perverti par un antis?mitisme malsain. La premi?re figure dans l’ouvrage L’heure pr?sente du po?te national officiel d’Isra?l, Ha?m-Nahman BIALIK – l’inventeur de l’immortelle expression « plomb durci«  qui a connu son heure de gloire en d?cembre 2008 lors des massacres de Gaza – la seconde se trouve dans une lettre du chef du sionisme nationaliste de l’Etat d’Isra?l Zeev Vladimir Jabotinsky. Bialik et Jabotinsky sont originaires des m?mes provinces ukrainiennes que tous les anciens premiers ministres.

C’est avec l’ histoire arr?t?e il y a deux mille ans que l’Isra?l talmudique actuel, incarn? par tous ses premiers ministres successifs, pr?tend renouer; c’est cette histoire fantasm?e qu’il pr?tend imposer au monde. Jamais il n’a eu l’intention de n?gocier l’?tablissement d’un Etat palestinien r?el et autonome. Depuis soixante-cinq ans, il amuse et prom?ne la fameuse « communaut? internationale » dont l’aveuglement volontaire n’est plus ? d?montrer. Son objectif secret et constant depuis l’arriv?e des premiers colons en Palestine au d?but du XXe si?cle est l’?limination physique de ses occupants originels ou le grand coup de balai du nettoyage ethnique purificateur, poussant hors des fronti?res les habitants originels. N’entend-on pas crier de plus en plus fort que la patrie des Palestiniens est la Jordanie?

Voir Isra?l et son cadavre

Il est clair que seule la crainte de voir ses exploits expos?es sur les ?crans de tous les pays du monde ont pr?serv? pour l’instant les Palestiniens de l’extermination totale ? laquelle se sont livr?s les colons des Am?riques sur les Indiens ou les colons britanniques sur les peuples autochtones de l’Oc?anie. [10]

7 – Le grand sommeil de la Jud?e

La ville-capitale de l’apr?s-Esdras grouillait de pr?tres et de l?vites ombrageux qui veillaient ? la stricte application d’un ritualisme rigoureux. Un faisceau de lois innombrables enserrait ? la fois le culte et la vie quotidienne: ?dits sur les f?tes, sur les heures des pri?res ou sur les p?lerinages, lois sur les v?ux, modus operandi des sacrifices fix? dans ses moindres d?tails. Les prescriptions sur les rapports sexuels, les r?gles sur la puret? et l’impuret?, notamment des femmes, les formes et les broderies des habits sacerdotaux, rien n’?chappait ? la vigilance des pr?tres.

La puissance de la pr?trise ?tait telle que de simples manquements aux rituels ?taient sanctionn?s par la mise ? mort du contrevenant. Le sabbat et la circoncision ?taient devenus des obligations absolues. Plus tard, du temps de la domination romaine, le c?l?bre Rabbi Schamma?, une sorte de champion du monde du scrupule religieux, se demandera dans quelle condition il est permis de manger un ?uf pondu le jour du sabbat. (Talm. de Bab., Betza, 16a ; Talm. de J?r. Schabbath, I,8-12). Mais son contemporain, Rabbi Hillel, consid?r? comme un grand spirituel, r?sumait ainsi la Loi: « Ce que tu n’aimes pas pour toi, ne le fais pas ? ton prochain. C’est l? la loi tout enti?re » (Talm. de Bab., Schabbath,31a). Il ne s’agit nullement l? d’une r?volution morale propre au juda?sme. Ce commandement fait partie, en effet, de la sagesse universelle de toutes nations du monde. Au cinqui?me si?cle avant notre ?re, le philosophe chinois Confucius enseignait d?j?: « Agissez envers les autres comme vous aimeriez qu’ils agissent envers vous. »

Or, le commandement talmudique est directement issu du L?vitique : « Tu ne te vengeras pas et tu ne garderas pas de rancune envers les enfants de ton peuple. Tu aimeras ton prochain comme toi-m?me (Lv. 19,18). » Cependant, il convient ajouter ? cette belle sentence un gros b?mol: il ne faut jamais oublier que dans l’esprit des r?dacteurs du L?vitique et de leurs continuateurs, l’application de ce commandement est limit? aux seuls membres de la communaut? des fils de Jahv?. (voir ci-dessus les quelques citations du Talmud ).

En effet, la doxa affirme que les fid?les de Jahv? appartiennent tous, et eux seuls, ? un peuple de justes et constituent une entit? divino-humaine. Ils sont r?put?s unis par le lien d’une sanctification li?e ? leur statut de gardiens de la Loi dite « de Mo?se« , directement dict?e par leur Dieu. C’est pourquoi, dans la parabole du bon Samaritain des ?vangiles chr?tiens, ? un docteur de la loi qui h?sitait sur le p?rim?tre de l’application du commandement et qui lui demandait: « Qui est mon prochain?« , J?sus, en v?ritable spirituel r?volutionnaire, a fait ?clater le carcan ethnique des textes de la Thora et ?largi ? tous les hommes l’imp?ratif de la charit? et de l’amour. Il enseigne que la mis?ricorde ne conna?t pas de barri?res raciales: « Celui-l? qui a pratiqu? la mis?ricorde (?) s’est montr? le prochain de l’homme tomb? aux mains des brigands « . (Luc 10, 25-37) Or, l’homme mis?ricordieux n’?tait pas le Pharisien, qui a pass? son chemin, « le nez dans son br?viaire » et qui a laiss? le bless? agoniser au bord de la route, car il ne voyait pas en lui son « prochain » – son « voisin« . Le mourant a ?t? secouru par un « bon Samaritain« .

Aujourd’hui, les Pharisiens d’Isra?l sont infiniment plus exub?rants que le « pieux Pharisien » d?crit dans les Evangiles. Ils dansotent sur les collines en regardant br?ler Gaza. Barbe au vent ils tr?pignent de joie et sautent d’un pied sur l’autre afin de f?ter l’averse de plomb fondu et de phosphore blanc qui transforme les prisonniers du plus gigantesque goulag qui ait jamais exist? sur la « boule ronde » depuis la nuit des temps, en torches vivantes. Les agonisants, les bless?s, les amput?s, les affam?s, les orphelins de Gaza ne sont ni les « prochains« , ni les « voisins » des Pharisiens isra?liens d’aujourd’hui. Ils ne sont pas non plus les « prochains » de l’immense majorit? de la population de l’Etat sioniste, ou de leurs co-religionnaires r?pandus sur la terre enti?re, ? la fois indign?s et surpris de la r?probation des « gentils« . « Isra?l ne fait que se d?fendre » g?missent-ils crescendo en do majeur, accompagnant leurs lamentations de la harpe de la mauvaise foi et du psalt?rion de la cruaut?, dont chaque corde r?percute en ?cho le mot vengeur, AN-TI-SE-MI-TE, par lequel ils entendent foudroyer les adversaires de la bonne conscience en b?ton arm? du « peuple saint« .

Gaza sous les bombes au phosphore, bonheur des rabbins

8 – La mont?e en puissance de la civilisation grecque

Un sacrifice perp?tuel se d?roulait dans le Temple. Une boucherie permanente n?cessitait un approvisionnement ?norme et constant de ruminants. Les condamnations d’Isa?e sur les mains d?goulinantes du sang des b?tes sacrifi?es par les pr?tres-bouchers ?taient oubli?es depuis belle lurette: seul comptait d?sormais le respect des r?gles et le montant de la d?pense consentie pour le sacrifice. On achetait les faveurs de Jahv? en se pliant ? l’obligation d’apporter une multitude d’offrandes tout en se conformant ? des rituels plus contraignants et plus rigoureux les uns que les autres. Une pi?t? d’apparence envahissait la vie quotidienne et, par r?action, engendrait de plus en plus de petits malins qui essayaient de contourner cet attirail de r?gles en « offrant » des b?tes malades ou estropi?es, comme s’en indignaient les bouchers-sacrificateurs. C’est ? cette ?poque que fut remise en pratique la superstition de l’Azazel: un bouc charg? des fautes de la communaut? ?tait envoy? dans le d?sert o? la pauvre b?te mourait de faim et de soif. L’agonie de l’animal ?tait cens?e purifier l’ensemble des habitants de ses turpitudes.

Tout ?tait pr?t pour le grand sommeil intellectuel: la Jud?e devenue tout enti?re une sorte d’?glise bigote s’?tait repli?e sur elle-m?me. Une th?ocratie v?tilleuse dans laquelle une casuistique scolastique produisait une soci?t? fanatique et intol?rante prouve, s’il en ?tait besoin, que les lois religieuses ne peuvent ?tre appliqu?es ? la gestion d’un Etat normal. Aucune ?uvre artistique, litt?raire ou architecturale de qualit? ne peut ?tre mise au cr?dit de la Jud?e de cette ?poque. Le seul b?tisseur de qualit? connu de cette r?gion fut, beaucoup plus tard, le roi H?rode, qui n’?tait pas un Jud?en, mais un arabe superficiellement converti au juda?sme et membre de l’ethnie honnie des Idum?ens, l’Edom des textes bibliques.

Pendant que la Jud?e difficilement repeupl?e et sommairement reb?tie apr?s l’exil babylonien somnolait sous la poigne du rigorisme dictatorial li? ? la multitude des prescriptions religieuses, une civilisation occidentale ?clatante et f?conde naissait en Gr?ce. Esdras et N?h?mie sont contemporains du si?cle de P?ricl?s qui vit briller Socrate, H?rodote, Eschyle, Hippocrate, Platon.

Le choc entre les deux civilisations se produira lorsqu’Alexandre le Grand surgira dans le grand fracas de ses victoires et de l’effondrement d’un empire perse lointain de la domination duquel les juifs s’?taient parfaitement accommod?s.

Il semble que plus une religion impose d’entraves et de complications quotidiennes aux individus, plus elle se scl?rose et plus elle a de chances de se maintenir dans les esprits simples et ignorants. Le yavhisme spirituel des grands proph?tes se r?veillait sporadiquement. Mais des hommes comme Rabbi Hillel ou Gamaliel, le ma?tre de l’ap?tre Paul, n’eurent pas une influence d?cisive sur l’?volution politique du juda?sme. Un juda?sme ouvert n’a surv?cu que dans des sectes marginales comme celle des Ess?niens. Il ne se manifeste plus aujourd’hui que dans des groupuscules comme celui des Naturei Karta fervents d?fenseurs des Palestiniens et contempteurs de la barbarie sioniste, ainsi que du principe m?me du sionisme. Il a ?t? remplac? par un juda?sme des r?gles et des contraintes centr? sur la s?paration d’avec les non-juifs et la solidarit? communautaire.

C’est ce juda?sme-l? qui a travers? les si?cles et qui a fait le lit moelleux dans lequel s’est couch?, parfaitement ? l’aise, le sionisme politique qui donne sa pleine mesure aujourd’hui en Palestine.

9 – Alexandre le Grand et la Jud?e

Le g?nocide larv? des Palestiniens ne peut ?tonner quiconque a un jour lu dans son int?gralit? les textes de la Thora et pas seulement les fameux commentaires talmudiques. Assassiner les non-juifs sur ordre du dieu semble y figurer une mani?re de sport national obs?dant et ?tre consid?r?e comme une des formes principales de la pi?t? tellement les conseils et m?me la description des moyens ? utiliser abondent, tant dans l’ensemble du Pentateuque que chez certains proph?tes.

Le Talmud (Yoma 69a) raconte comment les notables de J?rusalem firent croire ? un Alexandre le Grand en route vers l’Egypte, que les Samaritains ?taient ses ennemis et qu’il convenait de les exterminer. Apr?s un si?ge de plusieurs mois qui lui a permis de triompher d’une r?sistance particuli?rement inventive et coriace des villes de Tyr et de Gaza, le grand conqu?rant grec aurait fait un d?tour par J?rusalem, dans le seul but d’honorer son grand-pr?tre et de se prosterner ? ses pieds.

Alexandre le Grand, monnaie

« D?s qu’Alexandre vit de loin cette foule en v?tements blancs, les pr?tres en t?te, rev?tus de leurs robes de lin, le grand-pr?tre dans son costume couleur d’hyacinthe et tiss? d’or, coiff? de la tiare surmont?e de la lame d’or sur laquelle ?tait ?crit le nom de Dieu, il s’avan?a seul, se prosterna devant ce nom, et, le premier, salua le grand-pr?tre. Tous les Juifs alors, d’une seule voix, salu?rent Alexandre et l’entour?rent. ? cette vue ; les rois de Syrie et les autres furent frapp?s de stupeur et soup?onn?rent que le roi avait perdu l’esprit ; Parm?nion [un des g?n?raux d’Alexandre], s’approchant seul d’Alexandre, lui demanda pourquoi, alors que tous s’inclinaient devant lui, lui-m?me s’inclinait devant le grand-pr?tre des Juifs ?
– Ce n’est pas devant lui, r?pondit Alexandre, que je me suis prostern?, mais devant le Dieu dont il a l’honneur d’?tre le grand pr?tre. Un jour, ? Dion en Mac?doine, j’ai vu en songe cet homme, dans le costume qu’il porte ? pr?sent, et comme je r?fl?chissais comment je m’emparerais de l’Asie, il me conseilla de ne pas tarder et de me mettre en marche avec confiance : lui-m?me conduirait mon arm?e et me livrerait l’empire des Perses. Aussi, n’ayant jamais vu personne dans un semblable costume, aujourd’hui que je vois cet homme et que je me rappelle l’apparition et le conseil que je re?us en r?ve, je pense que c’est une inspiration divine qui a d?cid? mon exp?dition, que je vaincrai donc Darius, briserai la puissance des Perses et m?nerai ? bien tous les projets que j’ai dans l’esprit.
Apr?s avoir ainsi parl? ? Parm?nion, il serra la main du grand-pr?tre et, accompagn? des pr?tres qui couraient ? ses c?t?s, il se dirigea avec eux vers la ville. L?, montant au Temple, il offrit un sacrifice ? Dieu, suivant les instructions du grand-pr?tre, et donna de grandes marques d’honneur au grand-pr?tre lui-m?me et aux pr?tres. « 
Flavius Jos?phe, Antiquit?s juives

Rien ne semble donc plus naturel ? un cerveau religieux de l’Isra?l contemporain que le g?nocide d’une population enti?re. Le rabbin Ken Spiro, auteur d’un cours d’histoire juive dans le site officiel Lamed.fr, en profite pour ajouter ? l’?pisode romanesque de Flavius Jos?phe quelques interpr?tations de son cr? et invente, avec une l?g?ret? d’alouette, un g?nocide des Samaritains: « Les Juifs ont alors re?u carte blanche [d’Alexandre] pour se d?barrasser des Samaritains, ce qu’ils ont fait promptement, et Isra?l et J?rusalem ont ?t? paisiblement absorb?s dans l’Empire Grec. » [11]

La « promptitude » avec laquelle les Jud?ens de l’antiquit? se seraient « d?barrass?s » – c’est-?-dire auraient proc?d? ? un « prompt » g?nocide de toute la population d’une province – semble ? ce fonctionnaire actuel de son dieu un acte tellement naturel qu’il en para?t b?nin. Il faut reconna?tre que l’accoutumance ? la lecture quotidienne des massacres exp?ditifs dont les ?critures bibliques regorgent ne peut conduire qu’? une corruption du sens moral naturel , ? commencer par ses « guides spirituels« , comme le vieux rabbin Ovadia Yossef, vient encore d’en donner l’exemple. ? Les non-juifs n?existent que pour servir les juifs?, babille le vieux gourou des juifs sefarades isra?liens, alors que des formes de compassion et de protection des petits, y compris d’une autre esp?ce que la leur, sont observables chez certains mammif?res .

Voir Le territoire, les rats et les hommes

Les incitations aux g?nocides « promptement » r?alis?s dont fourmillent les textes bibliques sont incrust?es d’une mani?re si ind?l?bile dans les cervelles qu’ils en deviennent une seconde nature. L’annexe en note fournit un liste non exhaustive des recommandations les plus avis?es et les plus pr?cises qu’un bourreau d?pourvu d’imagination peut trouver soigneusement recens?es dans les textes bibliques afin de r?aliser un petit g?nocide rondement men?. [Voir les nombreuses citations de massacres en annexe]

Mais la l?gende talmudique d’un Alexandre faisant p?nitence ? J?rusalem, qui aurait rendu les honneurs au grand-pr?tre et aurait sacrifi? dans le temple est une pure invention de l’historien Flavius Jos?phe dans ses Antiquit?s juives (XI, VIII, 4,6. La r?volte des Samaritains). Le r?cit biblique est coutumier de ces appropriations intempestives des grands hommes et de ces d?tournements de faits historiques, comme ce fut d?j? le cas au sujet de l’empereur perse Cyrus le Grand par Esdras.

Voir – Comment le cerveau d’un peuple est devenu un bunker

Le m?me ?v?nement relat? par Voltaire dans son Dictionnaire philosophique est vraisemblablement plus proche de la v?rit? historique. En effet, ? la base de cette l?gende, il y aurait eu la soumission du grand-pr?tre de J?rusalem « Yaddu’a » ? Saphein, dans la plaine c?ti?re, non loin de Jaffa. C’est lui qui ?tait venu se prosterner devant Alexandre et non le contraire.

 » Apr?s qu’Alexandre eut vaincu la ville de Tyr, ma?tresse de la mer, les juifs refus?rent de fournir des vivres ? son arm?e. S’ils refus?rent imprudemment des contributions au vainqueur, (?) c’est que les Samaritains leurs rivaux les avaient pay?es sans difficult?, et qu’ils crurent que Darius (l’empereur perse) , quoique vaincu, ?tait encore assez puissant pour soutenir J?rusalem contre Samarie. Il est tr?s faux que les Juifs fussent alors le seul peuple qui conn?t le vrai Dieu, comme le dit Rollin. Les Samaritains adoraient le m?me Dieu, mais dans un autre temple; ils avaient le m?me Pentateuque que les Juifs, et m?me en caract?res h?bra?ques, c’est-?-dire tyriens, que les Juifs avaient perdus. (?) La haine ?tait ?gale des deux c?t?s, ayant le m?me fond de religion. Alexandre, apr?s s’?tre empar? de Tyr par le moyen de cette fameuse digue qui fait encore l’admiration de tous les guerriers, alla punir J?rusalem, qui n’?tait pas loin de sa route. Les Juifs conduits par leur grand pr?tre vinrent s’humilier devant lui, et donner de l’argent; car on n’apaise qu’avec de l’argent les conqu?rants irrit?s. Alexandre s’apaisa; ils demeur?rent sujets d’Alexandre ainsi que de ses successeurs. Voil? l’histoire vraie et vraisemblable. « 
Voltaire, Dictionnaire philosophique

Or, l’historien romain du premier si?cle de notre ?re, et qui v?cut du temps de l’empereur Claude, Quinte-Curce, auteur d’une passionnante et minutieuse histoire des campagnes d’Alexandre, fortement inspir?e de L’Histoire d’Alexandre de Clitarque, un historien grec contemporain du grand conqu?rant et de ses guerres, ne fait pas la moindre allusion ? un d?tour d’Alexandre par J?rusalem, ni m?me ? une rencontre avec une d?l?gation de juifs j?rusal?mites. Furieux d’avoir ?t? arr?t? plus de six mois par la r?sistance h?ro?que des villes de Tyr et de Gaza, il se dirigeait au pas de charge en direction de son objectif: le royaume des pharaons qu’il allait conqu?rir avec la rapidit? foudroyante qui a caract?ris? toutes ses campagnes. Il est surtout fort vraisemblable que la rencontre du conqu?rant grec avec un petit groupe de religieux juifs n’ait pas ?t? consid?r?e suffisamment importante par ces historiens pour m?riter d’?tre mentionn?e.

Itin?raire de l’arm?e d’Alexandre

Quant ? l’historien juif Jos?phe, il a r?dig? son ?pop?e mythologique au premier si?cle – en l’an 93 de notre ?re – du temps de l’empereur romain Titus, soit pr?s de quatre si?cles apr?s les campagnes d’Alexandre et cinquante ans apr?s Quinte-Curce. D’ailleurs, il fait remonter son Histoire des Juifs ? Adam et Eve et se contente de paraphraser la Bible. Voil? qui donne une id?e de la valeur « scientifique » et « historique » de cette fable.

En l’an 66, il avait particip? ? la guerre de r?sistance particuli?rement inventive et h?ro?que de ses co-religionnaires contre les Romains. Ayant r?ussi ? fuir le si?ge de J?rusalem et ?tant pass? dans le camp ennemi, il ?tait devenu un affranchi de la famille imp?riale des Flaviens et avait pris, conform?ment ? la coutume en vigueur, le nom de Flavius qui signait son appartenance ? la famille de ses anciens ma?tres. Comme il avait servi d’interpr?te aux Romains durant les derniers ?pisodes de la guerre de Jud?e, les juifs l’ont, durant des si?cles, consid?r? comme un tra?tre.

Mais pour les Romains non plus il n’a jamais ?t? tout ? fait l’un des leurs, m?me si les empereurs l’ont combl? de faveurs et ce d’autant plus qu’en d?pit de leur tol?rance ? l’?gard de toutes les fantaisies religieuses, ils ont toujours consid?r? que le juda?sme, avec son temple d?pourvu des statues dans lesquels un esprit romain voyait la mat?rialisation de ses divinit?s, repr?sentait une perversit? ?trange, un sectarisme fanatique et une absurdit? politique. On comprend que, dans sa vieillesse, Flavius Jos?phe quelque peu repentant et cherchant ? donner des gages ? ses co-religionnaires, ait reproduit avec le grand conqu?rant grec Alexandre la supercherie qu’avait commise Esdras avec le conqu?rant perse Cyrus le Grand.

L’historien juif n’a ?t? r?habilit? par les siens que r?cemment, avec la naissance de l’Etat sioniste, qui trouve dans son ?uvre romanc?e un moyen de nourrir l’imaginaire national. L’histoire mythique de Flavius Jos?phe prend opportun?ment la rel?ve et la suite de l’histoire mythique des ?critures bibliques arr?t?es.

10 – Les Jud?ens hors des fronti?res de la Jud?e

Mais aucun groupe humain n’est compos? que de h?ros et d’asc?tes, si bien qu’apr?s la conqu?te de l’Egypte par Alexandre le Grand en -333 et la cr?ation de villes nouvelles – notamment Alexandrie ou Antioche – de nombreux juifs, fuyant le pouvoir absolu des grands pr?tres ainsi qu’une vie pauvre et rude, harass?e par les charges qu’imposait l’administration du temple, ?migr?rent en masse dans ces cit?s o? les activit?s commerciales offraient de vastes possibilit?s d’enrichissement d?j? largement exp?riment?es par les exil?s d?finitivement demeur?s ? Babylone.

L’?migration servait de soupape ? une population prolifique qui demeurait n?anmoins en contact spirituel avec J?rusalem et y envoyait son argent. Une forte colonie s’installa ? Alexandrie rejointe par les juifs d?j? pr?sents dans d’autres cit?s ?gyptiennes, o? ils vivaient paisiblement, prot?g?s par les pharaons. Mais ils demeuraient toujours group?s entre eux, formant de petites soci?t?s ferm?es, comme du temps de l’exil de Babylone, dans lesquelles ils continuaient ? pratiquer librement leur religion.

C’est ? l’?poque de la domination grecque que la Thora fut traduite ? Alexandrie ? la demande du roi Ptol?m?e II Philadelphe (-285-246). « On raconte que cinq anciens traduisirent la Torah en grec pour le roi Ptol?m?e, et ce jour fut aussi grave pour Isra?l que le jour du veau d’or, car la Thora ne put ?tre traduite convenablement. On raconte ?galement que le roi Ptol?m?e rassembla soixante-douze anciens, il les pla?a dans soixante-douze maisons, sans leur r?v?ler l’objet de ce rassemblement. Il vint voir chacun et leur dit: « Ecrivez-moi la Torah de Mo?se votre ma?tre en grec. L’Omnipr?sent inspira chacun, et ils traduisirent de la m?me mani?re ». ( Talmud ,Trait? Scribes chap.1, lois 7)

Les sages n’?taient donc pas cinq, mais soixante-douze – d’o? le nom de « Texte des Septante » donn? ? leur traduction. Si celle-ci n’est pas fid?le, comme s’en lamentent aujourd’hui encore les rabbins, c’est que les v?n?rables traducteurs ont volontairement ?dulcor? le texte. Ainsi, dans Deut?ronome 32,21, la traduction de la menace de Jahv?: « Je les irriterai par une nation insens?e » correspond, dans l’original, ? « Je les irriterai par d’inf?mes et vicieux gentils« . Il semble donc que « l’Omnipr?sent  » ait choisi d’inspirer aux v?n?rables traducteurs plut?t la prudence et la courtoisie envers leurs h?tes que la fid?lit? au texte. Les pieux rabbins ont d? subodorer, in petto, que les fameux « inf?mes et vicieux gentils » qui leur offraient l’hospitalit? n’auraient peut-?tre pas appr?ci? ces d?licats qualificatifs.

Durant la p?riode de l’occupation romaine, consid?r?e par les juifs comme une p?riode particuli?rement n?faste, ils ?migr?rent de nouveau en masse et se fix?rent dans pratiquement toutes les villes du bassin de la M?diterran?e. Des inscriptions grecques du 1er si?cle montrent que la Syrie, Chypre, la Gr?ce, les ?les grecques, Cyr?ne, l’Asie Mineure et m?me la Crim?e comptaient de puissantes colonies juives (Voir Renan, t.V, pp. 224-225). La colonie de Crim?e jouera un r?le particuli?rement important dans la conversion du royaume des Kazars.

Damas ?tait devenue une ville plus qu’? moiti? peupl?e de juifs. Dans les notes ?rudites de la traduction des Histoires de Tacite (Ed. Belin, 1882), M. Person pr?cise que m?me ? Rome on en comptait d?j? plus de huit mille. Dans ses Antiquit?s juda?ques (XIV, 7), l’historien juif Flavius Jos?phe, citant le Grec Strabon, ?crit: « Ils ont touch? toute ville, et il n’est pas facile de trouver un endroit de la terre qui n’ait pas re?u cette tribu et n’ait pas ?t? domin? par elle. » Et dans son Contre Apion, le m?me Jos?phe ajoute que « l’opinion universelle ?tait qu’ils professaient une haine f?roce contre celui qui n’?tait pas de leur secte. » (II,10) Ce qui devait arriver arriva, une animosit? violente ?clata entre les populations indig?nes et les immigrants, ph?nom?ne qui se reproduira ? d’innombrables reprises durant les si?cles qui suivront, les m?mes causes produisant les m?mes effets, comme il suffit de le constater de nos jours en Palestine occup?e. Comme l’?crit l’historien anglais Michael Grant (1914-2004), dans son From Alexander to Cleopatra The Hellenic World (p. 75), « The Jews proved not only unassimilated, but unassimilable … Les Juifs ont prouv? non seulement qu’ils n’?taient pas assimil?s, mais qu’ils ?taient inassimilables. » Le site officiel Lamed.fr rapporte ce jugement dans un sens positif et ?logieux.

11 – La r?sistance ? l’assimilation face ? la civilisation grecque, puis romaine.

Apr?s la mort brutale d’Alexandre, l’immense empire qu’il avait conquis fut partag? en quatre royaumes entre ses g?n?raux. Ses successeurs furent, au d?but, si favorables aux juifs que des colonies enti?res en furent utilis?es pour la fondation des villes nouvelles. Mais apr?s une p?riode de tranquillit?, de prosp?rit? et de tol?rance sous la dynastie ?gyptienne des Ptol?m?e, la Palestine, devint un chaudron constamment en r?volte. En effet, tous les territoires de la r?gion conquis par Alexandre le Grand furent spontan?ment s?duits par la civilisation hell?nique. L’Egypte, la Ph?nicie, la Syrie, l’Asie Mineure, l’Italie, Carthage, et m?me l’Arm?nie et l’Assyrie s’hell?nis?rent tr?s rapidement. Seul le juda?sme de Palestine r?sistait obstin?ment dans la partie la plus d?vote de sa population.

Toutefois, la ville de J?rusalem se partageait en deux camps, celui des hassidim hostiles ? la civilisation grecque et celui des ?l?ments les plus jeunes et les plus dynamiques fascin?s par les allures, les v?tements, le langage, les activit?s, le sport, la litt?rature et tous les usages grecs. Cette jeunesse r?vait d’imiter la vie des jeunes ?ph?bes grecs, le th??tre, les bains, le gymnase, les exercices du corps qui se pratiquaient nus et ils allaient jusqu’? se soumettre ? de douloureuses op?rations afin d’effacer la marque honteuse ? leurs yeux de la circoncision.

Le choc entre les juifs lib?raux et les juifs conservateurs connut son acm? entre -169 et -167 lorsque le souverain d’alors, Antiochus Epiphane, d?cida non seulement d’hell?niser par la force les juifs de Jud?e, mais d’abolir purement et simplement le juda?sme. Il inventa la premi?re pers?cution religieuse de l’histoire. Toute ?vocation du culte juif fut interdite sous peine de mort. Et « abomination et d?solation », Jupiter Olympien, un dieu ?tranger, fut install? dans la « maison de Jahv?« , ce qui provoqua une nouvelle ?migration volontaire d’une partie de la population de J?rusalem.

On trouve le m?me balancement dans toutes les religions entre les spirituels, en g?n?ral pros?lytes g?n?reux, ouverts et universalistes, et les rigoristes ?troits qui n’ont pour objectif que l’ex?cution strictement mat?rielle de la loi et du rite, ainsi que le repli sur l’ethnie. On a appel? ces derniers des Pharisiens (de p?roushim, s?par?s).

Or, le rigorisme ritualiste constitue, en effet, ? court terme, une force politique non n?gligeable, car ce sont presque toujours les « durs » qui ont le dernier mot sur le moment. Ainsi, une r?volte violente qui dura plus de vingt-cinq ans contre la domination grecque fut provisoirement victorieuse; mais elle donna naissance ? une nouvelle dynastie royale particuli?rement corrompue, celle des Hasmon?ens dans laquelle le roi ?tait en m?me temps le grand pr?tre. De plus, cette innovation constituait une v?ritable corruption de la tradition religieuse qui exigeait la s?paration de ces deux fonctions. Le nom de cette dynastie viendrait de Hasmona?, un anc?tre de l’instigateur de la R?volte dite des Maccab?es, une famille de juifs pieux compos?e d’un p?re et de ses cinq fils dont le troisi?me, Juda, ?tait surnomm? Maccab?e, le marteau, en raison de sa force physique. Ces hommes se mirent ? la t?te d’une insurrection contre l’hell?nisation pratiqu?e par les souverains de l’?poque et accept?e par une partie importante de la population, mais ?nergiquement refus?e par les Pharisiens.

Cette r?volte, tout en symbolisant depuis lors la r?sistance juive ? des influences ?trang?res jug?es impies, fut en m?me temps une guerre civile larv?e qui opposait les Pharisiens traditionnalistes, aux Sadduc?ens favorables ? l’ouverture au monde moderne de l’?poque et ? l’hell?nisation . Ces derniers regroupaient les riches notables et les jeunes gens ?mancip?s et fascin?s par la civilisation grecque. Les Pharisiens, quant ? eux, ?taient ? l’?poque le parti politique qui b?n?ficiait de l’appui de la masse du peuple pauvre, pieux et ignorant et qui suivait ? la lettre les principes l?vitiques impos?s par N?h?mie et Esdras. Le balancement entre ces deux coteries rivales – les assimilationnistes, en g?n?ral riches et ouverts sur le monde, d’une part, et les s?gr?gationnistes, fervents partisans d’une s?paration radicale des juifs d’avec les autres peuples et de l’observance d’un strict ritualisme, de l’autre – ce balancement, dis-je, est une donn?e fondamentale de l’histoire juive.

La m?me division s’est manifest?e avec violence lors de la naissance politique officielle du mouvement sioniste et des discussions du congr?s de B?le de 1897 qui opposa les « Pharisiens » sionistes et extr?mistes de l’Europe orientale, obs?d?s par un retour sur une « terre promise » concr?te et pour lesquels l’expression « Demain ? J?rusalem » ?tait ? prendre au pied de la lettre, aux communaut?s juives ?volu?es et d?sireuses de s’assimiler aux nations parmi lesquelles ils vivaient en Allemagne, en France ou en Angleterre et peu soucieuses de se lancer dans l’aventure coloniale. Seules les pers?cutions raciales en Europe avant et durant la seconde guerre mondiale en firent changer d’avis un nombre important apr?s 1945.

On retrouve le m?me balancement dans l’actuel Isra?l o? cohabitent aujourd’hui ces deux cat?gories sous l’appellation de « juifs la?cs » et ouverts ? une morale universelle dont certains cr?ateurs, po?tes, cin?astes et grands journalistes comme Gid?on L?vy ou Hamira Hass sont des exemples ?minents, et les juifs ultra orthodoxes, qui vivent en parasites, refusent toute activit? sociale ou militaire et jouent aux f?roces gardiens d’un respect scrupuleux des rites et du sabbat, auxquels il faut ajouter les colons racistes et fanatiques de Cisjordanie et le petit parti Shass dirig? par Avigdor Lieberman, l’actuel ministre des affaires ?trang?res. Elle se manifeste ?galement dans tous les pays qui comptent une importante colonie juive.

On retrouvera les Pharisiens, auxquels s’?tait joint le groupe plus fanatique encore des Z?lotes, ? l’origine des r?voltes contre l’empire romain qui aboutiront ? la destruction de J?rusalem et de son temple et signeront qui la fin politique de la province de Jud?e. C’est pourquoi les « succ?s » obtenus par des coups de force se r?v?lent toujours politiquement d?sastreux ? long terme, ce que Georges Clemenceau r?sumera en une phrase c?l?bre: « On peut tout faire avec des ba?onnettes, sauf s’asseoir dessus ».

Des hommes comme Netanyahou ou Lieberman et son petit parti religieux, les colons extr?mistes de Cisjordanie et de J?rusalem, ainsi que les rabbins pousse-au-crime contre les Palestiniens et gorg?s des pr?ceptes talmudiques dont j’ai fourni un petit floril?ge ci-dessus, sont les repr?sentants actuels de la mouvance qui ne croit qu’? la force et ? la violence afin de se « d?barrasser promptement » des Palestiniens, pour reprendre la formulation du rabbin Spiro rappel?e ci-dessus ? propos des Samaritains. C’est leur intransigeance qui vient d’envoyer au tapis le Pr?sident des Etats-Unis, contraint d’avouer officiellement et piteusement ? la face du monde entier, son impuissance ? obtenir un microscopique infl?chissement des exigences isra?liennes.

Cependant, alors que le train de la colonisation va bient?t ressembler ? la Lison , la locomotive folle d?crite par Zola dans la B?te humaine, un article du journal Haaretz du 5 d?cembre 2010 sign? Adifa Al-Dar, expose les ?tats d’?me chagrins des sionistes. Ils manifestent ouvertement leur inqui?tude. « Le monde entier regarde de plus en plus « Isra?l » comme ill?gitime« , g?missent-ils. Mais il ne leur vient pas ? l’esprit qu’un lien pourrait exister entre leur politique, et notamment leurs massacres de civils ? Gaza ou au Liban ou leur comportement barbare en Cisjordanie, et le jugement que porte sur eux le « monde entier« . Plus ils maltraitent les Palestiniens, plus ils s’auto-victimisent et crient ? tue-t?te que le monde entier est odieusement « an-ti-s?-mi-te« . Personne ne les aime, se lamentent-ils, alors qu’ils sont si intelligents, si ing?nieux, si d?mocrates et qu’ils aspirent si ardemment ? une paix qui leur permettrait de croquer leurs voisins. Tout est de la faute de l’intransigeance des Palestiniens: pourquoi ces intrus leur pourrissent-ils la vie et ab?ment-ils leur r?putation internationale en s’accrochant ? une terre juive comme des moules ? leurs bouchots? C’est d’ailleurs pour cette raison imp?rieuse que le Premier ministre Netanyhou exhorte les « amis d’Isra?l » que sont les Etats-Unis et la plupart des Etats europ?ens, ? « faire pression sur les Palestiniens« ! « Quand les bornes sont franchies, il n’y a plus de limites« , proclamait le Sapeur Camembert, qui avait pr?vu le niveau in?gal? de la chuzpah juive.

Ainsi, faute de se livrer ? une introspection, m?me ?l?mentaire, condition absolue de tout succ?s, comme le d?montre le g?n?ral chinois Sun Tzu, les politiciens isra?liens, s’enferment dans le d?ni des cons?quences funestes de leur politique et se dirigent in?luctablement vers un d?sastre futur. La grande ombre de Nemesis s’est d?j? lev?e ? l’horizon.

12 – Le d?but des grandes conversions

Durant les si?cles agit?s du passage de la domination grecque ? la domination romaine, des roitelets d’op?rette, petits potentats belliqueux, rompirent avec l’axiome originel de la puret? ethnique et se livr?rent ? des conversions forc?es au juda?sme de populations vaincues. Le premier peuple converti dans sa totalit? et en bloc par la force fut, au grand dam des Pharisiens, celui des Idum?ens. C’est ainsi qu’un Idum?en – un Arabe – H?rode, devint roi de Juda.

L’imp?ratif absolu de la puret? ethnique pr?n?e par les N?h?mie et les Esdras ?tait oubli?. L’alternative ?tait le juda?sme ou la mort. Cependant c’est bien gr?ce ? ces premi?res conversions de masse et ? l’apport d’un sang nouveau que la population jud?enne a pu perdurer dans le temps et compenser l’importante ?migration. La conversion forc?e des Idum?ens fut la premi?re d’une longue s?rie que connut l’Afrique du nord, l’Espagne et surtout l’Europe de l’est, comme le prouvent les origines familiales de tous les premiers ministres de l’Etat sioniste implant? en Palestine.

Cependant, et en m?me temps, des conversions spontan?es de plus en plus nombreuses se d?roulaient dans la diaspora parmi laquelle r?gnait un juda?sme beaucoup plus ouvert et donc plus attirant et plus accueillant aux nouveaux convertis. De plus, le sentiment religieux commen?ait d’?voluer dans tout le monde m?diterran?en. Les dieux grecs et romains paraissaient de plus en plus rustiques et d?pourvus de myst?res, si bien qu’? c?t? du succ?s grandissant des cultes orientaux de Mithra, de S?rapis ou d’Isis, la religion de Jahv? attirait de plus en plus d’adeptes. Cette ?volution explique la p?rennit? de la religion yahviste et du groupe humain qui s’en r?clamait durant les si?cles qui suivirent. En effet, sans ces apports exog?nes de populations vari?es la petite ethnie de Jud?ens du temps d’Esdras ou de Josias aurait depuis longtemps fondu ou surv?cu sous forme de groupuscules ?pars sur la plan?te.

13 – De la domination grecque ? la domination romaine

Pendant ce temps, la Jud?e continuait de vivre petitement au rythme des conflits entre le pouvoir royal hell?nis? et les Pharisiens violemment hostiles. Un des derniers souverains Hasmon?ens, particuli?rement cruel, Alexandre Jann?e, en fit ex?cuter pr?s d’un millier tout en festoyant ? la mani?re grecque pendant que les familles des infortun?s ?taient tortur?es. Mais le comble du d?sordre politico-th?ologique fut atteint lorsque, tels les grenouilles qui demandent un roi de la fable de notre Jean de La Fontaine, deux candidaticules fratricides hasmon?ens, briguant le m?me tr?ne et ne parvenant pas ? se d?partager, en appel?rent, en -63 au g?n?ral romain Pomp?e alors occup? ? lutter contre les restes de l’empire grec en Arm?nie.

Comme pr?vu, Pomp?e s’acquitta de sa mission ? merveille, en ce sens qu’il fit main basse sur la province et l’annexa purement et simplement ? l’empire romain, laissant sur le tr?ne la marionnette la plus faible des deux et plac?e entre les mains d’un g?n?ral Idum?en, Antipater. Le domaine de ce roitelet fut r?duit ? la ville de J?rusalem et ? ses faubourgs, toutes les autres villes et territoires environnant de la Jud?e ayant ?t? purement et simplement annex?s ? l’empire.

Les Romains ont ?t? de grands conqu?rants et de grands b?tisseurs d’empire. Rome a fini par conqu?rir toutes les contr?es autour de la M?diterran?e devenue Mare Nostrum.

Empire romain Ier – IIe si?cle (extension maximale)

Le pouvoir effectif en Jud?e fut confi? ? un proconsul si?geant ? Damas, mais la libert? religieuse demeurait garantie. La gestion des questions relatives ? la religion demeura entre les mains d’un grand pr?tre mais nomm? par Rome. Cependant Rome lui retira le pouvoir de condamner quiconque ? mort et donc la permission de commettre des meurtres sacr?s. Six ans apr?s la conqu?te de Pomp?e, l’autorit? du Sanh?drin fut m?me abolie par un d?cret romain.

Rome ?tait tol?rante en mati?re de religion ; cette question ?tait laiss?e ? la libert? de chaque peuple en vertu de l’adage : Cuique genti sua religio; nostra nobis. (A chaque peuple sa religion ; nous avons la n?tre) Mais la tol?rance n’?tait pas gratuite: en contrepartie de la libert? religieuse qui leur ?tait reconnue, les juifs ?taient assujettis ? un imp?t sp?cifique, le fiscus judaicus. Rome avait pour principe de ne pas intervenir dans la gestion des affaires courantes aussi longtemps que les provinces conquises payaient les imp?ts qui leur avaient ?t? impos?s et respectaient les lois de l’empire.

14 – Le roi H?rode le grand (-73 ? -4)

Parmi les souverains jud?ens de l’?poque, H?rode le Grand, fils du g?n?ral Antipater, m?rite une mention sp?ciale due ? la fois ? la dur?e de son r?gne – trente trois ans, le plus long de toute l’histoire de la Jud?e – ? la prosp?rit? exceptionnelle que connut la r?gion pendant cette p?riode, ? la liste impressionnante de massacres qui lui sont imput?s et surtout aux fabuleuses constructions dont il dota la petite province et de nombreuses villes non jud?ennes de la r?gion qui b?n?fici?rent de ses largesses et de son go?t pour l’achitecture grecque.

Cependant, peu de souverains auront ?t? autant ha?s de leur vivant et cette haine s’est prolong?e dans la m?moire collective, bien qu’avec les Hasmon?ens Jean Hyrcan ou Alexandre Jann?e, la Jud?e ait d?j? eu ? supporter des rois particuli?rement cruels et repoussants. Mais, dans l’imaginaire national, H?rode qui n’?tait pas un vrai juif, figure comme une sorte de monstre. En m?me temps toutes les traces architecturales dont se pr?vaut l’actuel Etat d’Isra?l et qui sont cens?es attester la l?gitimit? antique du sionisme, datent de son r?gne.

Ce roi est ?galement c?l?bre dans l’imaginaire des chr?tiens par l’?pisode dit du « massacre des innocents » rapport? par l’?vang?liste Matthieu (2, 13-23). Dans l’?pisode des rois mages venus apporter leurs offrandes d’or, d’encens et de myrrhe ? l’enfant-roi qui venait de na?tre et qu’un ange avait annonc? comme futur « roi des juifs« , ce fou sanguinaire aurait fait tuer, dans Bethl?em et dans la Jud?e enti?re, tous les enfants de moins de deux ans. A partir du moment o? il est prouv? qu’il avait fait ?trangler ses deux fils a?n?s, sa femme et d’innombrables autres personnes, ce crime de masse pouvait passer pour vraisemblable. Mais un tel forfait n’est pas anodin, m?me ? une ?poque gorg?e de sang. D’ailleurs l’historien juif et principal informateur sur ce souverain, Flavius Jos?phe qui, dans ses Antiquit?s juda?ques (L.XIV), n’est pas avare de r?cits sanglants ? son sujet, n’y fait pas la moindre allusion – pas plus, d’ailleurs que les trois autres ?vang?listes, ni aucun autre t?moin pa?en de l’?poque. Or l’alibi d’H?rode le Grand est en b?ton arm?: il ?tait mort depuis quatre ans lorsque J?sus est n?. Il n’a donc pas pu essayer de tuer « le divin enfant » .

Un recensement exig? par les Romains en vue d’imposer une augmentation du tribut ? payer ? l’empire a bien eu lieu en l’an 6. Le souverain r?gnant ?tait alors H?rode Archela?s, ce qui permettrait de conclure, soit qu’il y a eu confusion entre les deux H?rode et que l’?vang?liste a choisi le plus c?l?bre des deux, soit qu’il faut supposer que J?sus serait n? en l’an 6, soit, plut?t, qu’il n’y a jamais eu de boucherie de b?b?s en Jud?e et qu’il s’agit d’un ragot rapport? par Matthieu ou d’une pure invention. C’est bien pourquoi aucun texte de l’?poque – autre que celui de l’?vang?liste – n’y fait la moindre allusion.

C’est ?galement pourquoi il est bien imprudent d’assimiler quelque texte religieux que ce soit ? un manuel d’histoire. Sa fonction est tout autre.

Le portrait psychologico-physique d’H?rode le Grand par Ernest Renan dans son Histoire du peuple d’Isra?l (t.V) est un morceau d’anthologie et de finesse psychologique :

 » H?rode ?tait un superbe Arabe, intelligent, habile, brave, fort de corps, dur ? la fatigue, tr?s adonn? aux femmes. (?) Capable de tout, m?me de bassesses, quand il s’agissait d’atteindre l’objet de son ambition, il avait un v?ritable sentiment du grand ; mais il ?tait en dissonance compl?te avec le pays qu’il avait voulu gouverner. Il r?vait d’un avenir profane, et l’avenir d’Isra?l ?tait purement religieux. (?) Dur, cruel, passionn?, inflexible, tel qu’il faut ?tre pour r?ussir dans un mauvais lieu, il ne consid?rait en tout que son int?r?t personnel. Il voyait le monde tel qu’il est et, nature grossi?re, il l’aimait. (?)
C’?tait en somme, une fort belle b?te , un lion ? qui on ne tient compte que de sa large encolure et de son ?paisse crini?re, sans lui demander le sens moral. (?) Il ne tenait pas ? gouverner le peuple juif plut?t qu’un autre peuple. Souvent m?me il dut trouver que le sort l’avait loti de sujets d?sagr?ables. Les Juifs ?taient ? sa port?e, il voulut ?tre leur roi.  »
Une malveillance universelle de tous les partis hi?rosolymitains accueillit le demi-juif que la nomination du S?nat [romain] venait de leur donner pour roi. (…) Au fond, H?rode n’?tait pas juif de coeur; nous croyons m?me qu’il ha?ssait le juda?sme; c’?tait un Hell?ne, comme Antiochus Epiphane, mais un Hell?ne plus sage, qui ne songea jamais comme le roi de Syrie ? la suppression du juda?sme. Il e?t voulu un juda?sme lib?ral, tol?rant. (…) » (Renan, t.V, pp. 249-250)

Rien, chez ce juif hell?nis?, riche, mondain, qui, hors de Palestine n’observait pas la loi juive, ?levait des temples pa?ens, donnait des f?tes somptueuses, se moquait des grands pr?tres, passait pour m?cr?ant et ?picurien, n’?tait de nature ? plaire aux diff?rents groupes juifs. Et pourtant les Pharisiens ne lui firent pas une v?ritable guerre. Ils s’ignor?rent r?ciproquement.

H?rode le grand est un fabuleux personnage shakespearien. Il regroupe en sa personne tous les grands h?ros du dramaturge anglais. Il est le Jules C?sar qui aime passionn?ment le pouvoir, il adore dominer et inspirer la crainte ? des adversaires dont il voit l’ombre mena?ante partout. Il jouit sans retenue de la fortune que procure la puissance. Il est Coriolan mettant en permanence son pouvoir en sc?ne; il le th??tralise afin d’impressionner et de terrifier. Ainsi, lors de son entr?e dans J?rusalem, un de ses premiers actes fut de faire ex?cuter quarante cinq des partisans les plus en vue d’un rival. Il alla jusqu’? ordonner de secouer les cadavres afin de faire tomber l’or et l’argent qui auraient pu ?tres cach?s dans les v?tements et le linceul des morts. Jaloux de ses fils, il les fait ?trangler. Il est un Othello fou de jalousie qui fait assassiner, ? la suite d’intrigues et de calomnies de sa soeur, l’horrible Salom?, sa femme Mariamme, une princesse Hasmon?enne d’une rare beaut? qui le d?testait alors qu’il en ?tait ?perd?ment amoureux. Il est un Hamlet d?lirant, errant comme un d?ment dans les couloirs de son palais ? la poursuite du fant?me de son amour, puis se jetant dans la d?bauche.

H?rode ?tait ?galement un courtisan assidu ? Rome, toujours en excellents termes avec tous les empereurs successifs, si bien que la Jud?e connut durant son r?gne une prosp?rit? et un ?clat in?gal?s. Sa situation privil?gi?e de carrefour sur la route des ?pices vers l’Arabie, avec les taxes de transit sur les marchandises que cela permettait, la r?putation de ses productions agricoles, notamment de son huile d’olive, le monopole sur l’extraction de l’asphalte de la Mer Morte, qui ?tait utilis? dans la construction navale, un commerce et une industrie florissants, ainsi que l’argent des nombreux p?lerins riches qui affluaient r?guli?rement ? J?rusalem, tous ces atouts additionn?s lui fournirent des revenus consid?rables gr?ce auxquels il s’adonna ? sa passion pour l’architecture.

15 – Les gigantesques contructions d’H?rode le Grand

H?rode couvrit la jud?e de constructions fabuleuses pour un si petit pays. Il fit construire th??tres, amphith??tres, hippodromes dans toutes les villes de Jud?e et aux alentours. Il subventionna m?me les jeux olympiques ? Ath?nes. Comme dans les cirques romains, il y eut des combats de b?tes et des concerts. Malgr? les protestations des Pharisiens, une population bigarr?e, richement v?tue, sans distinction de religion, s’y pressait en foule. Il fit ?galement ?difier de nombreux temples ? la gloire des empereurs romains parmi les plus beaux de l’?poque dans presque toutes toutes les villes de Jud?e et se fit construire ? J?rusalem un palais fortifi? qui passait pour une merveille, avec son parc rempli d’arbres, de ruisseaux, de bassins.

Palais d’H?rode

J?richo fut ?galement g?t?e et se vit gratifi?e d’un hippodrome, d’un th??tre et d’un amphith??tre. Il am?nagea et consolida l’extraordinaire forteresse de Massada dans le d?sert, au sommet d’un piton rocheux, et construisit celles d’Antonia , d’Herodium, d’Alexandrium, d’Hyrcanie et Machero, cette derni?re dans un site d?sertique particuli?rement sauvage. Construite ? proximit? des eaux thermales de Callirho?, au bord de la Mer Morte, ? la fois forteresse inexpugnable et somptueuse r?sidence, une partie faisait fonction de palais et comprenait des chambres d’une beaut? merveilleuse et des citernes in?puisables en plein d?sert. L’ensemble suscitait l’?bahissement et l’admiration universels.

Il reconstruisit Samarie et cr?a un port magnifique ? C?sar?e avec un temple sur une colline, au fond du port qui, vu de la haute mer cr?ait un tableau somptueux.

Plan du port C?sar?e construit par H?rode

Une exp?rience politique r?alis?e par H?rode dans la ville nouvelle de C?sar?e devrait faire r?fl?chir les Candide au coeur sur la main qui, aujourd’hui, pr?nent la cr?ation d’un seul Etat commun aux Juifs et aux Palestiniens. En effet, en bon disciple de la raison grecque, H?rode avait con?u l’id?e de peupler la ville nouvelle de C?sar?e pour moiti? de Juifs et pour moiti? de pa?ens au nom d’une conception de l’amixia qui devait permettre aux deux groupes de vivre c?te ? c?te en toute libert?. Ce fut une catastrophe sociale compl?te, ?maill?e de querelles, de rixes et de massacres terribles, si bien que la purification ethnique se fit spontan?ment, puisque les juifs quitt?rent les lieux.

La construction la plus inattendue de la part d’un roi m?cr?ant comme l’?tait H?rode, fut celle du temple . Un petit ?difice assez mesquin reconstruit par Zorobabel qui, ? la t?te d’une petite colonie, ?tait revenu le premier en Jud?e apr?s la publication de l’?dit de Cyrus le Grand autorisant les exil?s ? retourner dans leurs provinces d’origine, fonctionnait depuis cinq si?cles

voir : IV – Comment le cerveau d’un peuple est devenu un bunker

A c?t? de la majest? du palais et des constructions luxueuses dont H?rode parsemait la capitale, cet ?difice avait piteuse allure et heurtait le sens esth?tique d’un amoureux de la beaut? architecturale. Le roi con?ut donc le projet grandiose de d?molir le vieux b?timent et d’en construire un nouveau somptueux et colossal comme le reconna?t l’historien Flavius Jos?phe auquel nous devons toutes les informations concernant H?rode et ses constructions (Antiquit?s juda?ques XIV ? XX)

Les pr?tres, d’abord violemment hostiles ? ce projet, finirent pas s’y rallier ? condition que le sacrifice ne f?t jamais interrompu. Commenc? en l’an -19 le gros oeuvre des parties principales fut termin? apr?s une dizaine d’ann?es, mais la finition des b?timents, des soubassements, des gigantesques remblais et des murailles d’enceinte ne furent achev?s qu’en l’an 63, sept ans avant la grande r?volte qui aboutit ? la destruction de cette colossale entreprise. Rien n’avait ?t? conserv? des b?timents anciens, mais H?rode avait pris la pr?caution, afin de ne pas susciter l’ire des pr?tres et la r?volte des bigots et des puritains, de conserver toutes les dispositions du temple de Zorobabel, mais consid?rablement agrandies.

La d?dicace fut ? la hauteur de la majest? grandiose du b?timent. C’est ainsi qu’H?rode fit, ? lui tout seul immoler trois cents boeufs. Il r?ussit ? susciter l’enthousiasme des juifs pieux et connut m?me un moment de popularit? dont on trouve l’?cho dans le Talmud (Talm. de Bab., Soucca, 51b; Baba bathra, 4a).

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Maquette du temple construit par H?rode le Grand

Il y eut, pour toutes les constructions de ce roi hell?nis?, un style « h?rodien » qui ressemblait ? un style dorique, mais avec des colonnes corinthiennes pr?cieuses en granit, en porphyre ou en marbre d’Egypte, alors que pour le corps des b?timents et du mur d’enceinte on utilisait le mat?riau fourni par le sous-sol de J?rusalem , appel? « pierre mal?ki » et qui permettait des constructions colossales. En effet, on peut couper la roche en gigantesques blocs de six ? huit m?tres de long.

entr?e d’un tunnel

Le fameux « mur occidental« , appel? ?galement aujourd’hui « mur des lamentations« , seul morceau subsistant d’un mur de sout?nement de cinq cents m?tres de longueur, destin? ? contenir une ?norme esplanade artificielle et construit, non pas par le mythique roi Salomon, mais par le souverain ha?, offre aujourd’hui un souvenir de ce type de construction fait de gros blocs empil?s.

Tous ces somptueux ?difices, le temple mis ? part, laissaient la masse pieuse des Jud?ens de l’?poque de marbre, si je puis dire. Ils n’y voyaient qu’une manifestation ?go?ste de gloire profane contraire ? l’id?al religieux qui ?tait le leur. C’est pourquoi il est ? la fois paradoxal et quelque peu d?risoire de voir que les religieux qui ha?ssaient hier ce souverain et ceux qui demeurent de nos jours dans le m?me ?tat d’esprit ? l’?gard de sa m?moire, soient pr?cis?ment les m?mes qui font de ce lambeau d’un mur d’enceinte d?pourvu de tout caract?re religieux d’un temple qui, achev? en l’an 63 et d?truit en 70, n’a donc ?t? op?rationnel que sept ans, un lieu f?tichis? et consid?r? aujourd’hui comme « sacr?« .

16 – Conclusion: d’un d?sastre ? l’autre

« L’Histoire est la science des choses qui ne se r?p?tent pas » ?crivait Paul Val?ry. Et pourtant…

La courte histoire de la Jud?e se pr?sente sous la forme d’une sinuso?de parfaite dans laquelle la m?me structure politique se reproduit r?guli?rement. Eternel retour du m?me. Depuis le r?gne de Josias et avec une r?gularit? stup?fiante, le David jud?en se lance avec une t?m?rit? folle ? l’assaut du Goliath de l’?poque qui le subjugue… et finit ?cras?. Il se pose alors en victime et accuse le monde entier de chercher ? ?teindre la « lumi?re parmi les nations », comme il se nomme lui-m?me. Chaque fois, ce sont les ?l?ments les plus fanatiquement religieux qui poussent ? l’affrontement et au d?clenchement de guerres v?cues comme des croisades entreprises au nom du dieu Jahv? .

Je ne prendrai pas en compte dans ce qui suit les r?cents massacres peu glorieux de civils ou de groupes de r?sistants faiblement arm?s, ?cras?s par des missiles largu?s du haut des cieux, bien que ces exterminations de civils se situent dans un vaste projet de purification ethnique et de conqu?tes territoriales fond?es sur un arri?re-monde religieux. Il est, en effet, ind?cent de qualifier du nom de « guerre » des bombardements d’infrastructures et de civils, bien que la vaillante r?sistance libanaise ait mis en d?route les meilleures unit?s envoy?es sur le terrain d’une « Tsahal » sur?valu?e et habitu?e ? montrer ses muscles avec arrogance face ? de courageux t?moins aux mains nues ou ? des gamins lanceurs de pierres.

I – La premi?re exp?dition t?m?raire du David jud?en fut celle du grand r?formateur du juda?sme, le roi Josias, se lan?ant ? l’assaut de l’empire ?gyptien et du Pharaon Nechao II. L’arm?e conduite par Jahv? est vaincue, Josias est tu? et la d?solation s’installe dans la province.

II – La seconde tentative follement ?cervel?e fut celle de ses successeurs contre Nabuchodonosor et l’empire babylonien. Cette fois, la d?route fut non seulement compl?te, mais la ville-capitale est d?truite et le temple ras?.

III – Au cours de son troisi?me assaut contre un empire – la r?volte des Maccab?es – le David jud?en combattant au nom de Jahv? ?tait sorti apparemment victorieux de la guerre contre les m?cr?ants d’un empire grec d?cadent. Ce r?sultat avait consolid? le mythe d’une victoire possible de David sur les Goliath qui l’avaient domin? jusqu’alors. La cons?quence catastrophique ? long terme de ce « succ?s » momentan?e fut l’?tablissement d’une dynastie si corrompue qu’un si?cle de malheur s’ensuivit pour la nation et que les derniers rejetons de cette calamiteuse dynastie en appel?rent eux-m?mes ? un nouveau ma?tre, l’empire romain.

IV – La quatri?me initiative guerri?re de David contre Goliath fut la plus folle de toutes. La petite province de Jud?e d?clara la guerre ? l’empire romain en l’an 66. Le rapport des forces est ? peu pr?s celui d’un Luxembourg d?clarant la guerre ? l’ensemble des pays europ?ens. La r?sistance des juifs aux l?gions romaines fut, certes, h?ro?que et l’historien Flavius Jos?phe, qui y participa, fait des combats qui se d?roul?rent dans le palais, le temple et les forteresses ?difi?es par H?rode le r?cit hallucinant . J’y reviendrai dans le chapitre suivant. Une fois de plus le r?sultat de cette initiative d?sastreuse fut dramatique: Judea delenda est . Le palais, le temple, , symbole du juda?sme, ? peine achev?, et tous les b?timents richement reconstruits par H?rode, tout est ras?. J?rusalem est rebaptis?e Aelia Capitolina .

V – La cinqui?me agression du David Jud?en, beaucoup moins connue que les pr?c?dentes datant de l’antiquit?, bien qu’elle soit r?cente, fut l’oeuvre de la diaspora anglo-saxonne. Elle se crut assez puissante pour achever – au sens v?t?rinaire du mot, comme on ach?ve les chevaux – autrement dit, pour donner le coup de gr?ce ? un empire germanique qu’elle imaginait bless? ? mort par un trait? de Versailles, auquel elle avait activement collabor? et qui imposait ? l’Allemagne des clauses territoriales et financi?res l?onines. On n’en conna?t, h?las, que les terribles cons?quences – les camps de concentration et le g?nocide programm? des juifs europ?ens par le IIIe Reich – mais on passe rapidement sur les circonstances qui ont pr?c?d? et nourri les manifestations de la folie antis?mite du F?hrer allemand.

Cet ?pisode est si complexe qu’il est impossible de le traiter succinctement sans susciter des malentendus. Je me contente donc aujourd’hui de rappeler quelques dates-cl?s et de rapporter les principaux titres des journaux anglo-saxons , ainsi que ceux des ?missions de radio de l’?poque.

En effet, le 24 mars 1933 , un quotidien anglais, le Daily Express ?crivait en gros titre ? la une : « JUDEA DECLARES WAR ON GERMANY« , sous titr? « JEWS OF ALL THE WORLD UNITE » (La Jud?e d?clare la guerre ? l’Allemagne – Juifs du monde entier unis dans l’action). Cet ?v?nement est si profond?ment occult? qu’il para?t incroyable au citoyen lambda occidental, form? depuis des dizaines d’ann?es ? admettre le r?cit de la victimisation gratuite de cette communaut? de la part d’un dirigeant fou, durant la seconde guerre mondiale.

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« Judea Declares War on Germany! »Daily Express headline, March 24, 1933.
« Jews of all the World Unite! Boycott of German Goods! Mass Demonstrations! » – These were all headlines in the Daily Express on March 24, 1933.
« The Israeli people around the world declare economic and financial war against Germany. Fourteen million Jews stand together as one man, to declare war against Germany. The Jewish wholesaler will forsake his firm, the banker his stock exchange, the merchant his commerce and the pauper his pitiful shed in order to join together in a holy war against Hitler’s people. » – Daily Express, March 24, 1933.
« Each of you, Jew and Gentile alike, who has not already enlisted in this sacred war should do so now and here. It is not sufficient that you should buy no goods made in Germany. You must refuse to deal with any merchant or shopkeeper who sells any German-made goods or who patronises German ships or shipping…. we will undermine the Hitler regime and bring the German people to their senses by destroying their export trade on which their very existence depends. » – Samuel Undermeyer, in a Radio Broadcast on WABC, New York, August 6, 1933. Reported in the New York Times, August 7, 1933.
Joining with Samuel Untermeyer in calling for a war against Germany, Bernard Baruch, at the same time, was promoting preparations for war against Germany. « I emphasised that the defeat of Germany and Japan and their elimination from world trade would give Britain a tremendous opportunity to swell her foreign commerce in both volume and profit. » – Baruch, The Public Years, by Bernard M. Baruch, p.347 (New York: Holt, Rinehart and Winston, 1960). [Samuel Untermeyer was a Jewish leader and close friend of presidents Wilson and Roosevelt. Bernard Baruch was a presidential adviser to Wilson, Roosevelt and Truman.] « This declaration called the war against Germany, which was now determined on, a ‘holy war’. This war was to be carried out against Germany to its conclusion, to her destruction » (Diese Erkl?rung nannte den Krieg gegen Deutschland, der nun beschlossen sei, einen heiligen Krieg. Dieser Krieg m?sse gegen Deutschland bis zu dessen Ende, bis zu dessen Vernichtung, gef?hrt werden). – Dr. Franz J. Scheidl, Geschichte der Verfemung Deutschlands.
« War in Europe in 1934 was inevitable. » – H. Morgenthau, Secretary of the U.S. Treasury, Hearst Press, September, 1933 (also quoted in « The Palestine Plot » by B. Jenson, p. 11 (printed by John McKinley, 11-15 King Street, Perth, Scotland).
« For months now the struggle against Germany is waged by each Jewish community, at each conference, in all our syndicates, and by each Jew all over the world. There is reason to believe that our part in this struggle has general value. We will trigger a spiritual and material war of all the world against Germany’s ambitions to become once again a great nation, to recover lost territories and colonies. But our Jewish interests demand the complete destruction of Germany. Collectively and individually, the German nation is a threat to us Jews. » – Vladimir Jabotinsky (founder of the Jewish terrorist group, Irgun Zvai Leumi) in Mascha Rjetsch, January, 1934 (also quoted in « Histoire de l’Arm?e Allemande » by Jacques Benoist-Mechin, Vol. IV, p. 303).
« Hitler will have no war (does not want war), but we will force it on him, not this year, but soon. » – Emil Ludwig Cohn in Les Annales, June, 1934 (also quoted in his book « The New Holy Alliance« ).
« We Jews are going to bring a war on Germany. » – David A. Brown, National Chairman, United Jewish Campaign, 1934 (quoted in « I Testify Against The Jews » by Robert Edward Edmondson, page 188 and « The Jewish War of Survival » by Arnold Leese, page 52).
« We want to bring about a deep hatred for the Germans, for German soldiers, sailors, and airmen. We must hate until we win. » – Lord Beaverbrook, quoted in Niemals! by Heinrich Goitsch.
« There is only one power which really counts. The power of political pressure. We Jews are the most powerful people on earth, because we have this power, and we know how to apply it. » – Vladimir Jabotinsky, Jewish Daily Bulletin, July 27, 1935. (trad: Un seul pouvoir compte r?ellement, le pouvoir de la pression politique. Nous, juifs, sommes le plus puissant peuple de la terre, parce que nous avons ce pouvoir et nous savons comment nous en servir.  »
voir: http://guardian.150m.com/jews/jews-declare-war.htm

Pour appr?hender le sens de cette extraordinaire d?cision dans ses multiples ramifications, il faut remonter quelques ann?es en arri?re, au congr?s sioniste de B?le du 29 au 31 ao?t 1897, aux cons?quences de la lettre priv?e de Lord Balfour ? Lord Arthur James Rothschild du 2 novembre 1917 et baptis?e pompeusement « D?claration Balfour » par les sionistes et garder pr?sent ? l’esprit que l’ unique obsession des dirigeants sionistes, pratiquement tous r?sidant en Angleterre et aux Etats-Unis, ?tait d’?tablir un Etat juif en Palestine et, pour cela, de provoquer par tous les moyens l’ ?migration des juifs europ?ens, et notamment allemands, vers le Moyen-Orient.

Je me permets de renvoyer ? mon texte Du Syst?me de la R?serve f?d?rale au camp de concentration de Gaza Le r?le d’une ?minence grise: le Colonel House #10
Ce n’est donc pas un hasard si c’est au repr?sentant de la puissante Maison bancaire Rothschild de Londres, Lord Lionel Walter Rothschild, par ailleurs sioniste militant fervent, que le Ministre des affaires ?trang?res anglais qui avait remplac? Sir Edward Grey, Lord Arthur James Balfour, ?crivit une lettre personnelle « addressed to his London home at 148 Piccadilly« , dans laquelle on peut, certes, voir une ?vidente « d?claration d’amour » du gouvernement anglais de l’?poque ? l’?gard du sionisme ? mais rien de plus.

Cher Lord Rothschild,
Par Lord Balfour Le 2 novembre 1917
J’ai le plaisir de vous adresser, au nom du gouvernement de Sa Majest?, la d?claration ci-dessous de sympathie ? l’adresse des aspirations sionistes, d?claration soumise au cabinet et approuv?e par lui. Le gouvernement de Sa Majest? envisage favorablement l’?tablissement en Palestine d’un foyer national pour le peuple juif, et emploiera tous ses efforts pour faciliter la r?alisation de cet objectif, ?tant clairement entendu que rien ne sera fait qui puisse porter atteinte ni aux droits civils et religieux des collectivit?s non juives existant en Palestine, ni aux droits et au statut politique dont les Juifs jouissent dans tout autre pays. Je vous serais reconnaissant de bien vouloir porter cette d?claration ? la connaissance de la F?d?ration sioniste.
Arthur James Balfour

Ce document ambigu abusivement appel? « D?claration Balfour » refl?te toute la duplicit? de la politique ?trang?re de la « perfide Albion ». Il contredisait la promesse faite en 1916 au Ch?rif Hussein de la Mecque par Kitchener, ministre de la guerre, de former un royaume arabe recouvrant toute la p?ninsule arabique et le Croissant fertile.
Pourquoi le Ministre des affaires ?trang?res de la France n’adresserait-il pas une lettre personnelle au Pr?sident du CRIF, lui promettant un « foyer national juif » en Bavi?re, au Danemark, en Californie ou sur la plan?te Mars?
En effet, en novembre 1917, la couronne britannique n’exer?ait aucun droit l?gal sur un territoire qui d?pendait de l’empire ottoman, dont le d?membrement n’est devenu officiel qu’? la suite du Trait? de S?vres du 10 ao?t 1920. Et quid, en l’esp?ce, du fameux « droit de peuples ? disposer d’eux-m?mes » brandi, mais jamais mis en pratique, ni au Moyen-Orient, ni lors du saucissonnage de l’Europe? Parmi les motivations politiques qui expliquent le reniement de la parole donn?e aux Arabes, il faut ajouter les convictions personnelles des membres du gouvernement anglais et leur adh?sion psychologique au puissant mouvement religieux inspir? par l’Ancien Testament qu’on appelle le « sionisme chr?tien » dans les pays anglo-saxons.

Cette d?cision se situe ?galement dans la continuation de la mani?re dont la pl?thorique d?l?gation am?ricaine, conduite par le Colonel House, a men? les n?gociations de paix avec l’Allemagne ? Versailles et que j’ai succinctement abord?e dans mon ?tude sur ce dirigeant de l’ombre. J’y reviendrai dans un prochain chapitre.
Voir: Du Syst?me de la R?serve f?d?rale au camp de concentration de Gaza – Le r?le d’une ?minence grise: le Colonel House

En effet, les lois raciales de Nuremberg qui mettent en place un syst?me discriminatoire par lequel les juifs sont ?cart?s de la soci?t? allemande ne seront promulgu?es que le 15 septembre 1935, soit deux ans et demi apr?s la d?claration de guerre de la diaspora internationale.
Or, Hitler avait publi? en 1925 le premier tome de l’ouvrage – Mein Kampf – f?rocement antis?mite; le second volume a suivi en 1927. Aussi, lorsqu’Adolf Hitler, l’ennemi jur? des sionistes, fut, le 30 janvier 1933, nomm? Chancelier, la r?action imm?diate des « z?lotes » de la diaspora internationale, obs?d?s par leur projet de convaincre les juifs allemands, particuli?rement r?ticents ? l’?poque, d’?miger en Palestine, fut-elle, deux mois apr?s, le 24 mars 1933, de d?clarer la guerre ? L’Etat allemand, et surtout de pr?ner un boycott mondial de tous ses produits. Cette mesure se r?v?la si efficace et si douloureuse pour l’?conomie d’un pays qui peinait ? se relever, qu’apr?s un mois, les ?changes internationaux de l’Allemagne avaient d?j? diminu? de 10%. Mais tous ces ?v?nements ne sont jamais mis en correspondance.

M?me s’ils n’avaient pas pr?vu dans toute son ampleur la violence de la r?action du dirigeant nazi, son antis?mitisme virulent et une r?action d’hostilit? aux juifs nationaux ne pouvaient que servir les plans des plus durs parmi les sionistes anglo-saxons.

De m?me qu’Esdras avait impos? la dissolution des mariages entre des juifs et des femmes ?trang?res afin de pr?server la « valeur du sang » juif – pour reprendre l’expression du po?te national isra?lien, Bialik – et avait fait expulser les femmes ainsi que tous les enfants issus de ces unions, les lois de Nuremberg ?pour la protection du sang et de l’honneur allemands ? promulgu?es le 15 septembre 1935, soit deux ans et demi apr?s la d?claration de guerre de la diaspora internationale, stipul?rent dans les m?mes termes que ceux d’Esdras, que « les mariages entre Juifs et citoyens de sang allemand ou assimil? sont interdits. Les mariages qui seraient tout de m?me c?l?br?s sont d?clar?s nuls, m?me s’ils sont contract?s ? l’?tranger pour contourner cette loi. »

La machine infernale s’?tait mise en route en Europe, broyant d’innombrables victimes innocentes. Le projet sioniste a ainsi vu le jour sur les cadavres de la colonie p?nitentiaire allemande, avant de se transformer lui-m?me en une nouvelle colonie p?nitentiaire, broyeuse du sang palestinien. Mais les lois de la d?mographie sont impitoyables et le fait que 5 500 000 Palestiniens subsistent sur les terres de leurs anc?tres, en d?pit des conditions infernales qui leur sont r?serv?es depuis soixante quatre ans, signe le v?ritable ?chec en profondeur d’un si?cle de sionisme guerrier et meurtrier.
VI – La sixi?me folle initiative des « Z?lotes » de l’actuel Isra?l sera peut-?tre la guerre qu’ils d?clencheront contre le monde musulman – chiite seulement, esp?rent-ils – dans laquelle l’Etat isra?lien actuel entra?nera ? sa suite au Moyen Orient le sionisme international et tout l’Occident otanis?, ? la mani?re dont les textes ci-dessus prouvent qu’ils ont ardemment travaill? au d?clenchement de la seconde guerre mondiale, activement aid?s, il est vrai, par la m?galomanie des dirigeants allemands. Mais l’Iran mill?naire n’est pas l’Allemagne nazie. Les ?l?ments les plus lucides de cet Etat supplient – mais anonymement par peur des repr?sailles de la part des z?lotes d’aujourd’hui – une « communaut? internationale » ignorante et aveugle de boycotter Isra?l afin de le sauver de lui-m?me et de la course ? l’ab?me dans laquelle ils le voient courir. [12]
Pour conclure, je redonne la parole ? Machiavel : « …Quand, pour ne les avoir pas pr?vus, on laisse les maux cro?tre au point que tout le monde les aper?oit, il n?y a plus de rem?de. » ( Machiavel, Le Prince)
A suivre

Le prochain chapitre sera consacr? ? la fin de l’existence politique de la Jud?e et du juda?sme en Palestine et ? l’expansion du juda?sme talmudique en Europe orientale et notamment en Russie et en Pologne dans leurs fronti?res anciennes.

NOTES

[1] Manuel de Di?guez, Benjamin Netanyahou et l’h?ritage d’Esdras, Qu’est-ce qu’un personnage historique2?
http://aline.dedieguez.pagesperso-orange.fr/tstmagic/1024/tstmagic/philosopher/personnage_his2%20.htm
[2] Th?odore Herzl, Le c?t? antis?mite du sionisme,
http://soutien-palestine.blogspot.com/2010/12/theodore-herzl-le-cote-antisemite-du.html
[3 ] Note sur le herem prononc? le 27 juillet 1656 ? l’encontre de Baruch Spinoza, par le Mahamad d’Amsterdam(l’autorit? juridique propre aux juifs hollandais) . Cette condamnation ? mort ? la fois sociale et religieuse n’a jamais ?t? lev?e. Spinoza continue donc d’?tre pestif?r? aux yeux du juda?sme mondial contemporain.

Le terme «  herem  » signifie beaucoup plus qu’une exclusion de la communaut?, ?quivalente ? une excommunion dans le christianisme. Il induit la « destruction », l' »an?antissement » du ren?gat, au point que le philosophe a ?t? r?ellement frapp? d’un coup de poignard.
 » Les messieurs du Mahamad vous font savoir qu’ayant eu connaissance depuis quelques temps des mauvaises opinions et de la conduite de Baruch de Spinoza, ils s’efforc?rent par diff?rents moyens et promesses de le d?tourner de sa mauvaise voie. Ne pouvant porter rem?de ? cela, recevant par contre chaque jour de plus amples informations sur les horribles h?r?sies qu’il pratiquait et enseignait et sur les actes monstrueux qu’il commettait et ayant de cela de nombreux t?moins dignes de foi qui d?pos?rent et t?moign?rent surtout en pr?sence dudit Spinoza qui a ?t? reconnu coupable ; tout cela ayant ?t? examin? en pr?sence de messieurs les Rabbins, les messieurs du Mahamad d?cid?rent avec l’accord des rabbins que ledit Spinoza serait exclu et retranch? de la Nation d’Isra?l ? la suite du herem que nous pronon?ons maintenant en ces termes:
A l’aide du jugement des saints et des anges, nous excluons, chassons, maudissons et ex?crons Baruch de Spinoza avec le consentement de toute la sainte communaut? d’Isra?l en pr?sence de nos saints livres et des 613 commandements qui y sont enferm?s.
Nous formulons ce herem comme Josu? le formula ? l’encontre de J?richo. Nous le maudissons comme Elie maudit les enfants et avec toutes les mal?dictions que l’on trouve dans la Torah.
Qu’il soit maudit le jour, qu’il soit maudit la nuit, qu’il soit maudit pendant son sommeil et pendant qu’il veille. Qu’il soit maudit ? son entr?e et qu’il soit maudit ? sa sortie.
Que les fi?vres et les purulences les plus malignes infestent son corps. Que son ?me soit saisie de la plus vive angoisse au moment o? elle quittera son corps, et qu’elle soit ?gar?e dans les t?n?bres et le n?ant.
Que Dieu lui ferme ? jamais l’entr?e de Sa maison. Veuille l’Eternel ne jamais lui pardonner. Veuille l’Eternel allumer contre cet homme toute Sa col?re et d?verser sur lui tous les maux mentionn?s dans le livre de la Torah.
Que son NOM soit effac? dans ce monde et ? tout jamais et qu’il plaise ? Dieu de le s?parer pour sa ruine de toutes les tribus d’Isra?l en l’affligeant de toutes les mal?dictions que contient la Torah.
Et vous qui restez attach?s ? l’Eternel , votre Dieu, qu’Il vous conserve en vie.
Ce texte a ?t? affich? dans tous les lieux d’Amsterdam o? vivaient des juifs et envoy? dans les principales villes d’Europe o? il y avait d’importantes communaut?s juives.
En 1948 Ben Gourion a tent? de faire lever ce  » herem « , mais les rabbins de l’Israel actuel refus?rent.

[4] Voir l’excellente d?monstration de Jean-Marie Gl?ntzlen , Analyse de la r?solution/recommandation 181 de l’Assembl?e g?n?rale de l’ONU et quelques autres textes-cl? ? l’origine de la Nakba
http://www.alterinfo.net/Analyse-de-la-resolution-recommandation-181-de-l-Assemblee-generale-de-l-ONU-et-quelques-autres-textes-cle-a-l-origine_a52109.html
[5] Arlene Kushner , Dans quel p?trin on s’est mis ! Publi? le 29 novembre 2010 sur le site alliancefr.com
http://www1.alliancefr.com/arlene-kushner–dans-quel-petrin-on-s-est-mis–news0,31,13507.html http://soutien-palestine.blogspot.com/2010/12/dans-quel-petrin-on-sest-mis.html
[6] Des rabbins isra?liens s’opposent ? la vente de maisons ? des non-juifs D?p?che de l’AFP
http://www.lemonde.fr/depeches/2010/12/07/des-rabbins-israeliens-s-opposent-a-la-vente-de-maisons-a-des-non-juifs_3208_38_44000311.html

[6b] Gid?on L?vy, Isra?l, l’ann?es o? les masques sont tomb?s
http://www.haaretz.com/print-edition/opinion/the-year-of-truth-1.334416#send-friend-popup
[7] Mounadil al Djaza?ri, Sionisme, le racisme m?me apr?s la mort
http://www.ynetnews.com/articles/0,7340,L-3994736,00.html
http://soutien-palestine.blogspot.com/2010/12/sionisme-le-racisme-meme-apres-la-mort.html
On voit que les principes d’Esdras sont toujours vivants dans les t?tes des dirigeants de l’Etat sioniste actuel.

[8] Ha?m Nahman Bialik, surnomm? le po?te national est n? en Ukraine en 1873 et meurt en 1934 ? Vienne. S’est install? en Palestine en 1924.

[9] Zeev Vladimir Jabotinsky , n? en Ukraine le 18 octobre 1880 et d?c?d? le 4 ao?t 1940.

[10] Hassan Abdou La nouvelle variable du sionisme 28 mars 2010
http://www.ism-france.org/archives/article.php?id=13640&fil=%&lesujet=%&lauteur=%&lelieu=%&debut=2010&fin=2010&debutMois=03&finMois=03

[11] Cours d’histoire juive, chap. 27
http://www.lamed.fr/index.php?id=1&art=22 Cours d’histoire juive, chap. 27

[12] Anonyme , S’il vous pla?t, boycottez mon pays, maintenant, vous ?tes notre seul espoir !
http://www.info-palestine.net/article.php3?id_article=9867

Annexe: Les exploits d’un Jahv? chef de guerre g?nocidaire


Note : Les traductions de la Bible sont toutes ?dulcorantes. Ainsi, la pestif?ration des non-juifs, r?guli?rement invoqu?e, est b?nignement traduite par « vou? ? l’anath?me » – sanction religieuse purement verbale, ?quivalente de l’excommunication des chr?tiens – au lieu de « frapp? du herem« , lequel induit les notions de destruction et d’an?antissement physique. (voir ci-dessus le texte du herem qui a frapp? Baruch Spinoza). J’ai choisi la traduction du chanoine Osty, aid? de Joseph Trinquet, r?alis?e ? partir du texte original et qui m’a sembl? moins plate (Ed. du Seuil 1973) que la Bible oecum?nique de J?rusalem ou celle, plus ancienne, de Louis Segond. (traduttore, traditore)
Gen?se
 » Or, le troisi?me jour, tandis qu’ils ?taient souffrants, deux fils de Jacob, Sim?on et L?vi, fr?res de Dina, prirent chacun son glaive, march?rent sur la ville en toute s?curit? et tu?rent tous les m?les. (…) Les fils de Jacob pass?rent les cadavres et pill?rent la ville. » Gn, 34,25-27
Exode
« Josu? d?fit Amaleq et son peuple avec le tranchant du glaive. » Ex 17,13
 » Moi, Jahv?, ton Dieu, je suis un Dieu jaloux, ch?tiant la faute des p?res sur les fils sur la troisi?me et sur la quatri?me g?n?ration. » Ex 20,5
« Jahv? dit ? Mo?se: J’aivu ce peuple, et voici: c’est un peuple ? la nuque raide . Et maintenant laisse-moi, que ma col?re s’enflamme contre eux et que je les extermine. » Ex 32,9-10
« Il leur dit: « Ainsi parle Jahv?, le Dieu d’Isra?l: mettez chacun le glaive ? la hanche. Allez et et venez dans le camp, de porte en porte, et tuez, qui son fr?re, qui son ami, qui son proche. (…) Et du peuple il tomba, ce jour-l?, environ trois mille hommes. » Ex. 32-27-28
L?vitique
« Vous poursuivrez vos ennemis et ils tomberont devant vous par le glaive. Cinq d’entre vous en poursuivront cent, cent d’entre vous en poursuivront dix mille, et vos ennemis tomberont devant vous par le glaive. » Lv 26,7-8
Nombres
« Si tu daignes livrer ce peuple entre mes mains, je vouerai ses villes ? l’anath?me. Jahv? ?couta la voix d’Isra?l et livra les Canan?ens. On les voua ? l’anath?me, ainsi que leurs villes. » Nb 21, 2-3
« Ils firent campagne contre Madian, selon ce qu’avait command? Jahv? ? Mo?se, et ils tu?rent tous les m?les. En plus de leurs victimes, ils tu?rentles rois de M?dian ?vi, R?qem, Sour, Hour et R?ba, cinq rois de M?dian; ils tu?rent par le glaiveBalaam, fils de B?or. Les fils d’Isra?l emmen?rent captives les femmes de M?dian avec leurs enfants et prirent en butin tout leur b?tail, tous leurs troupeaux et toutes leurs richesses. Ils br?l?rent par le feu toutes les villes o? ils habitaient et tous leurs campements. » Nb 31,7-11
« Maintenant, tuez tout enfant m?le, tuez toute femme ayant partag? la couche d’un homme. Mais toutes les petites filles qui n’ont pas connu la couche d’un homme, laissez-leur la vie pour vous. » Nb 31,17-18
Deut?ronome
 » Lorsque Jahv? , ton Dieu, t’aura fait entrer dans le pays o? tu vas entrer pour en prendre possession (…) et qu’il aura d?log? devant toi beaucoup de nations (?) et que Jahv? ton Dieu les aura livr?es ? ta merci et que tu les auras battues, tu les voueras ? l’anath?me, tu ne traiteras point d’alliance avec elles, tu n’en auras point de piti?.  » Dt,7, 1-2
 » Tu d?voreras tous les peuples que Jahv? ton Dieu te livre ; ton ?il sera pour eux sans merci…  » Dt, 7, 16
« Quand Yahv? ton Dieu l’aura livr?e (la ville) entre tes mains, tu frapperas toute la population m?le du tranchant de l’?p?e. C’est seulement les femmes, les enfants et tout le b?tail et tout ce qui sera dans la ville que tu prendras pour toi en butin et tu vivras des d?pouilles de tes ennemis que t’aura donn?es Jahv? ton Dieu. » Dt 20,13-14
 » Des villes de ces peuples que Jahv? ton Dieu te donne en h?ritage, tu ne laisseras rien vivre de ce qui a souffle de vie, car tu devras les vouer ? l’anath?me. » Dt 20,16-17
Cantique de Mo?se
 » ?Quand j’aurai aiguis? mon glaive fulgurant et que ma main saisira le jugement, je retournerai la vengeance contre mes adversaires et je paierai leur d? ? ceux qui me ha?ssent. J’enivrerai mes fl?ches de sang, et mon glaive d?vorera de la chair du sang des tu?s et des captifs.  » Dt, 32, 41-42
Josu?
 » Le peuple monta ? l’assaut de la ville (de J?richo), chacun droit devant soi et ils s’empar?rent de la ville . Il vou?rent ? l’anath?me tout ce qui se trouvait dans la ville, hommes et femmes, enfants, vieillards et jusqu’aux b?ufs, au menu b?tail et aux ?nes, frappant tout du tranchant du glaive. Josu?, 6,21
 » Lors donc qu’Isra?l eut achev? de tuer tous les habitants de A? , dans la campagne, dans le d?sert o? ils les avaient poursuivis et que tous furent tomb?s sous le tranchant du glaive, (?) le nombre de ceux qui tomb?rent en ce jour, tant hommes que femmes, fut en tout de douze mille, tous gens de A?. Josu? ne ramena pas la main qu’il tendait avec le javelot, jusqu’? ce qu’il e?t vou? ? l’anath?me tous les habitants de A?. C’est seulement le b?tail et les d?pouilles de cette ville que les Isra?lites prirent pour eux en butin, selon l’ordre qu’avait donn? Jahv? ? Josu?. Josu? br?la A? et en fit un tell ? jamais, une d?solation ? ce jour. Quant au roi de A?, il le pendit ? un arbre et l’y laiss? jusqu’au soir.  » Josu? 8 , 24-29
Jahv? les habitants de Gaba?n mit en d?route devant Isra?l .(?) Or, tandis qu’ils fuyaient en d?route dans la descente de Bet-Hor?n, Yahv? lan?a du ciel sur eux de grosses pierres jusqu’? Az?qa , et ils moururent. Il en mourut plus par les pierres de gr?le que les fils d’Isra?l n’en tu?rent par le glaive. » Josu?, 10,10-11
 » Quant ? Maqq?da, Josu? s’en empara ce jour-l?, et il la frappa du tranchant de son glaive, ainsi que son roi. Il les voua ? l’anath?me ainsi que tous les ?tres vivants qui s’y trouvaient ; il ne laissa pas de survivant.  » Josu?, 10,28
 » Josu? et tout Isra?l avec lui passa de Maqq?da ? Libna, et il attaqua Libna. Elle aussi Jahv? la livra ainsi que son roi aux mains d’Isra?l qui la frappa du tranchant de son glaive, ainsi que tous les vivants qui s’y trouvaient ; il n’y laissa pas de survivant. »Josu?, 10,29
 » Josu? et tout Isra?l avec lui passa Libna ? Lakich, il campa contre elle et l’attaqua. Jahv? livra Lakich aux mains d’Isra?l , qui s’en empara et la frappa du tranchant de son glaive, ainsi que tous les vivants qui s’y trouvaient , tout comme il avait fait pour Libna.  » Josu? 10, 31-32
Idem Egl?n, Josu? 10-34-35
Idem H?bron, Josu? 10, 36
Idem Debir , Josu? 10,38
« Josu? battit tout le pays : la montagne de Neguev, le bas-pays et les pentes, ainsi que tous leurs rois ; il ne laissa pas de survivant ; tout ce qui avait souffle de vie, il le voua ? l’anath?me, selon ce qu’avait command? Jahv?, Dieu d’Isra?l. » Josu?, 10, 40
« Josu? les traita selon ce que lui avait dit Jahv? : il coupa les jarrets de leurs chevaux et brula leurs chars par le feu. (?) il s’empara de Ha?or et frappa son roi du glaive. (?) On frappa du tranchant du glaive tous les ?tres vivants qui s’y trouvaient, les vouant ? l’anath?me ; rien n’y resta de ce qui avait souffle de vie. Quant ? Ha?or, il la br?la. » Josu? 11, 10-11
 » Toutes les villes de ces rois et tous leurs rois, Josu? s’en empara et les frappa du tranchant du glaive ; il les voua ? l’anath?me, selon ce qu’avait command? Mo?se, serviteur de Jahv?. » Josu?, 11,12
 » Toutes les d?pouilles de ces villes, les fils d’Isra?l les prirent pour eux en butin. Seulement ils frapp?rent tous les hommes du tranchant du glaive ; ils ne laiss?rent rien de ce qui avait souffle de vie. » Josu?, 11,14
Juges
 » Les fils de Juda attaqu?rent J?rusalem et s’en empar?rent, ils la frapp?rent du tranchant du glaive et mirent le feu ? la ville. » Jg 1,8
 » Il leur montra l’acc?s de la ville. Ils frapp?rent la ville du tranchant du glaive. » Jg 1,25
 » Baraq poursuivit les chars et l’arm?e jusqu’? Haroch?t-hag-Go?m et toute l’arm?e de Sisera tomba sous le tranchant du glaive; pas un seul ne resta. » Jg 4,16
 » Son camarade prit la parole et dit: « Ce ne peut ?tre que l’?p?e de G?d?on, fils de Yoach, l’homme d’Isra?l. Dieu a livr? entre ses mains Madi?n et tout le camp. » Jg 7,14
 » Pendant que les trois cents sonnaient du cor, Yahv? fit que dans tout le camp on tourna le glaive l’un contre l’autre. » Jg 7,22
 » Ils march?rent contre La?ch, contre un peuple tranquille et confiant; ils le frapp?rent du tranchant du glaive ; ils br?l?rent la ville par le feu. » Jg 18,27
 » Mais, ce second jour, les Benjaminites sortirent de Gib?a ? leur rencontre et il massacr?rent encore dix-huit mille hommes des Isra?lites. » Jg 20,25
 » Jahv? battit Benjamin devant Isra?l et les fils d’Isra?l firent p?rir ce jour-l? vingt-cinq mille et cent hommes de Benjamin tous ceux-l? tirant le glaive. »Jg 20,35
« Quant aux fils d’Isra?l, ils revinrent vers les fils de Benjamin et les frapp?rent du tranchant du glaive: population m?le des villes, b?tail et tout ce qu’ils rencontraient; ils mirent aussi le feu ? toutes les villes qu’ils rencontraient. » Jg 20,48,
« Alors la communaut? envoya douze mille hommes d’entre les vaillants avec cet ordre: « Allez, et vous frapperez du tranchan du glaive les habitants de Yabech en Galaad, y compris les femmes et les enfants. Voici ce que vous ferez: vous vouerez ? l’anath?me tout m?le et toute femme ayant connu la couche d’un homme, mais vous laisserez la vie aux vierges. » Jg 21, 10-11
1 Samuel
« Il prit vivant Agag, roi d’Amaleq, et il voua tout le peuple ? l’anath?me, en le frappant du tranchant du glaive.  » 1Sam 15,8
« Samuel dit: « De m?me que ton glaive a priv? des femmes de leurs enfants, ainsi entre les femmes, ta m?re sera priv?e de son enfant! » Et Samuel mit en pi?ces Agag devant Yahv? ? Guilgal.  » 1 Sam 15,33
« Ainsi David eut raison du Philistin avec la fronde et la pierre ; il abattit le Philistin et le mit ? mort; il n’y avait pas de glaive dans la main de David. David courut et debout sur le Philistin; il prit son glaive, le tira du fourreau, le mit ? mort et du glaive lui coupa la t?te.  » 1 Sam 17, 50-51
 » Doeg l’Edomite se tourna et frappa lui-m?me les pr?tres. Il mit ? mort ce jour-l? quatre-vingt cinq hommes qui portaient l’?phod de lin. Quant ? Nob, la ville des pr?tres, Sa?l la frappa du tranchant du glaive, hommes et femmes, enfants et nourrissons ; du tranchant du glaive aussi, boeufs, ?nes et menu b?tail. » 1 Sam 22,19
« David dit ? ses hommes: « Que chacun ceigne son glaive! » Ils ceignirent chacun son glaive, David aussi ceignit son glaive, et quatre cents hommes mont?rent ? la suite de David, tandis que deux cents restaient pr?s des bagages. » 1Sam 25,13
2 Samuel
Chacun saisit son adversaire par la t?te et lui plongea son glaive dans le flanc, de sorte qu’ils tomb?rent tous ensemble. On appela ce lieu le Champ des Flancs. Abner le frappa alors au bas-ventre du revers de sa lance et sa lance sortit par derri?re. L? il tomba et il mourut sur place.  » 2 Sam 2,16
« Abner le frappa alors au bas-ventre du revers de sa lance et sa lance sortit par derri?re. L? il tomba et il mourut sur place.  » 2 Sam 2,23
« David dit au messager: « Voici ce que tu diras ? Joab: « Ne te contrarie pas pour cette affaire! Le glaive d?vore tant?t celui-ci, tant?t celui-l?. Pousse avec force ton attaque contre la ville et d?truis-l?. » Ainsi tu lui rendras courage ». 2 Sam 11,25
« Joab attaqua Rabba des fils d’Ammon et il prit de la ville royale. – Joab envoya alors des messagers ? David pour dire :  » J’ai attaqu? Rabba, m?me j’ai pris la ville des eaux. Maintenant, r?unis le reste de l’arm?e, dresse ton camp contre la ville et prends-la, pour que ce ne soit pas moi qui prennent la ville et lui donne mon nom.  » David r?unit toute l’arm?e, vint ? Rabba et la prit. (?) Quant ? sa population, il l’emmena et l’affecta ? la scie, aux pics de fer et aux haches de fer et il la fit travailler avec le moule ? briques. Et ainsi faisait-il pour toutes les villes des fils d’Amon.  » 2 Sam 12, 27-31

Note : j’ai inclus la citation ci-dessus dans la liste, bien qu’elle ne contienne pas de r?cit de massacre. Or de nombreuses traductions anciennes font de cet ?pisode le symbole d’une cruaut? apocalyptique par laquelle un chef de guerre tortionnaire s’y serait pris ? trois reprises afin d’exterminer les habitants particuli?rement coriaces de la ville qu’il venait de vaincre: en les sciant, puis en ?corchant avec des herses ceux, increvables, qui venaient d’?tre sci?s. Toujours pas morts apr?s le passage de la herse, il aurait encore fallu les br?ler dans une sorte de four cr?matoire primitif.
« Il fit sortir les habitants, et il les pla?a sous des scies, des herses de fer et des haches de fer, et les fit passer par des fours ? briques ; il traita de m?me toutes les villes des fils d’Ammon. David retourna ? J?rusalem avec tout le peuple. » 2Samuel 12, 31
Le bon sens ?l?mentaire permet de conclure qu’il s’agit d’une traduction fautive. D’ailleurs tous les massacres cit?s dans la bible – et ils sont nombreux – ont ?t? commis ? l’arme blanche (tant?t traduit par glaive, tant?t par ?p?e) . En l’esp?ce, le r?cit veut signifier que les habitants de cette ville ont ?t? r?duits en esclavage et furent contraints de travailler durement – avec des scies, des herses et des haches – pour leur vainqueur. Ainsi, de nos jours, les Palestiniens sont plac?s sous des scies, des herses et des haches, ? la fois r?ellement et m?taphoriquement.
Voir: http://bible.cc/2_samuel/12-31.htm

« Amasa ne prit pas garde au glaive qui ?tait dans la main de Joab, et celui-ci l’en frappa au bas-ventre et r?pandit ses entrailles ? terre. Il n’eut pas ? y revenir et Amasa mourut.  » 2 Sam 20,10
« Lui se dressa et frappa parmi les Philistins, jusqu’? ce que sa main fatigu?e coll?t au glaive. Jahv? op?ra une grande victoire en ce jour-l?, et l’arm?e ne revint derri?re El?azar que pour d?pouiller les morts.  » 2 Sam 23,10
1 Rois
« Achab apprit ? J?zabel tout ce qu’?lie avait fait et comment il avait massacr? tous les proph?tes par le glaive.  » 1 Rois 19,1
« Celui qui ?chappera au glaive de Haza?l, J?hu le fera mourir, et celui qui ?chappera au glaive de J?hu, ?lis?e le fera mourir.  » 1 Rois 19,17
2 Rois
 » Lorsque J?hu eut achev? d’offrir l’holocauste, il ordonna aux gardes et aux ?cuyers: « Entrez, frappez-les! Que pas un ne sorte! » Les gardes et les ?cuyers entr?rent, les frapp?rent du tranchant du glaive et les jet?rent l?.  » 2 Rois 10,25
« Mais Yehoyada fit sortir les officiers de centaines, qui commandaient la troupe, et leur dit: « Faites-la sortir entre les rangs, et si quelqu’un la suit, qu’on le mette ? mort par le glaive »; car le pr?tre avait dit: « Ne la tuez pas dans le Temple de Yahv?. » 2 Rois, 11,16
2 Chroniques
Idem 2 Ch 23,14
« Tout le peuple du pays ?tait en joie, mais la ville ne bougea pas. Quant ? Athalie, on la fit p?rir par le glaive.  » 2 Ch 23,21
« Yahv? envoya un ange qui extermina tous les vaillants preux, les capitaines et les officiers, dans le camp du roi d’Assyrie; celui-ci s’en retourna, le visage couvert de honte, dans son pays. Comme il entrait dans la maison de son dieu, quelques-uns de ceux qui ?taient sortis de ses entrailles l’y firent tomber sous le glaive. » 2 Ch 32,21
Ez?chiel
« Passez dans la ville et frappez. Que votre ?il soit sans merci, soyez sans compassion : vieillards, jeunes gens, jeunes filles, enfants, femmes, vous les tuerez jusqu’? la destruction. Mais quiconque portera la croix au front, ne le touchez pas. Commencez ? partir de mon sanctuaire. » Ils commenc?rent donc par les vieillards qui ?taient devant la Maison [de Jahv?, donc le temple]. (?) Remplissez les parvis de victimes, puis sortez et frappez dans la ville.  » Ez?chiel 9, 6-7
J?r?mie
« Ce jour est au Seigneur Jahv? des arm?es, jour de vengeance, o? il se venge de ses adversaires. Le glaive d?vore et se rassasie. Il s’abreuve de leur sang. » J?r?mie 46,10
 » Un d?vastateur entrera dans chaque ville et pas une ville n’?chappera ; la vall?e p?rira et le plateau sera ravag? (?) Maudit qui refuse le sang ? son glaive.  » J?r?mie, 48, 8-10
Sophonie
 » Malheur ? la ville rebelle, la souill?e (?) J’ai supprim? des nations, leurs tours d’angle ont ?t? d?vast?es, j’ai ravag? leurs rues, leurs villes sont d?truites, sans un homme, sans un habitant .(?) J’ai d?cr?t? de r?unir les nations? pour r?pandre sur elles mon courroux, toute l’ardeur de ma col?re, quand au feu de ma jalousie sera d?vor?e toute la terre.  » Sophonie 3, 8


Bibliographie

Professor Abdel-Wahab Elmessiri:
The function of outsiders : http://weekly.ahram.org.eg/1999/435/op2.htm
The kindness of strangers: http://weekly.ahram.org.eg/1999/436/op2.htm
A chosen community, an exceptional burden : http://weekly.ahram.org.eg/1999/437/op5.htm
A people like any other : http://weekly.ahram.org.eg/1999/438/op5.htm
Learning about Zionism: http://weekly.ahram.org.eg/2000/476/eg6.htm

Mario Liverani, La Bible et l’invention de l’histoire, 2003, trad. Ed. Bayard 2008

Isra?l Finkelstein et Neil Asher Silberman,La Bible d?voil?e. Les nouvelles r?v?lations de l’arch?ologie, 2001 ,trad. Ed. Bayard 2002

Isra?l Finkelstein et Neil Asher Silberman, Les rois sacr?s de la Bible, trad.Ed.Bayard 2006

Ernest Renan, Histoire du peuple d’Isra?l, 5 tomes, Calmann-L?vy 1887

Douglas Reed , La Controverse de Sion

Shlomo Sand, Comment le peuple juif fut invent?, Fayard 2008, coll. Champs Flammarion 2010

Avraham Burg, Vaincre Hitler : Pour un juda?sme plus humaniste et universaliste , Fayard 2008

Isra?l Shahak, Le Racisme de l’Etat d’Isra?l , Guy Authier, 1975

Karl Marx, Sur la question juive

SUN TZU, L’art de la guerre

Jacques Attali: Les Juifs, le monde et l’argent, Histoire ?conomique du peuple juif. Fayard, 2002

3 janvier 2011


http://aline.dedieguez.pagesperso-orange.fr/mariali/chaos/chaudrons/chaudron.html http://aline.dedieguez.pagesperso-orange.fr/mariali/chaos/chaudrons/chaudron.html

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