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Au secours, les gaz de schiste reviennent !

Par?Ivan du Roy?(13 septembre 2012)

Ambigu?t?s minist?rielles, lobbying intensif de l’industrie p?troli?re et gazi?re, appels pressants d’?ditorialistes et de chroniqueurs en faveur de leur extraction, multiplication de permis d’exploration, camions sismiques en attente d’autorisation… Alors que s’ouvre la conf?rence environnementale, les gaz de schiste sont loin d’?tre d?finitivement enterr?s. Retour sur une bataille qui se joue en coulisse depuis un an.

Il est d?j? loin le temps o? les leaders socialistes s’opposaient fermement aux gaz de schiste.??Une fausse bonne id?e aux risques ?cologiques d?mesur?s??, expliquait il y a un an Arnaud Montebourg [1]. Lors du d?bat sur la loi du 13 juillet 2011, interdisant la fracturation hydraulique, le futur ministre du Redressement productif, le futur Premier ministre et le futur Pr?sident – alors dans l’opposition – ont m?me sign? une proposition de loi???visant ? interdire l’exploration et l’exploitation des hydrocarbures non conventionnels, ? abroger les permis exclusifs de recherche de mines d’hydrocarbures non conventionnels et ? assurer plus de transparence dans le code minier??. C’?tait avant d’arriver au pouvoir.

Depuis, tout a soudainement chang??:???Le d?bat n’est pas tranch?, explique Jean-Marc Ayrault le 22 ao?t.???Le 14 septembre va s’ouvrir une conf?rence environnementale et […] il faut qu’on mette sur la table les diff?rentes solutions qui pourraient exister et [?tablir s’il faut ou non] les utiliser???[2]. Arnaud Montebourg s’est ?galement dit pr?t ? reconsid?rer la question, le 11 juillet, ? l’occasion d’une r?union de la Conf?rence nationale de l’industrie. Delphine Batho, devenue ministre de l’?cologie apr?s l’?viction de Nicole Bricq, doit se sentir bien seule.???Je pense que la transition ?nerg?tique, ce n’est pas d’aller chercher de nouveaux hydrocarbures??, a-t-elle d?clar? lors des journ?es d’?t? d’Europe ?cologie – Les verts, ? Poitiers, o? elle ?tait invit?e.

Des permis toujours valides

La loi du 13 juillet 2011, vot?e sous le gouvernement Fillon, interdit bien???l’exploration et l’exploitation des mines d’hydrocarbures liquides ou gazeux par des forages suivis de fracturation hydraulique de la roche???(Article 1). Mais le texte laisse quelques fen?tres ouvertes. D’abord, la fracturation hydraulique – la seule technique d’extraction possible, excessivement gourmande en eau et comportant des risques de pollution chimique (lire notre article) n’est pas clairement d?finie. Ensuite, la loi cr?e une ? Commission nationale d’orientation, de suivi et d’?valuation des techniques d’exploration et d’exploitation des hydrocarbures liquides et gazeux ? en vue ? d’?valuer les risques environnementaux ?. Sa composition a fait l’objet d’un d?cret publi? au?Journal Officiel?le 22 mars 2012 [3], mais la commission n’a toujours pas ?t? install?e. Enfin, la loi autorise la???mise en ?uvre d’exp?rimentations r?alis?es ? seules fins de recherche scientifique sous contr?le public??.

C’est sur ces bases l?gales que trois permis d’exploration de gaz de schiste – les plus m?diatis?s – ont ?t? abrog?s en octobre 2011?: ceux de Nant et Villeneuve-de-Berg (d?tenus par l’entreprise texane Schuepbach) et celui de Mont?limar (Total). Les autres – plus d’une soixantaine – sont pour l’instant gel?s. Pour prospecter, les industriels doivent remettre ? l’administration des rapports???pr?cisant les techniques employ?es ou envisag?es dans le cadre [des] activit?s de recherches??. De Ch?teau-Thierry ? Foix, en passant par Al?s, au moins une dizaine d’autres permis concernant principalement les gaz de schiste auraient ainsi pu ?tre annul?s. En refusant de les abroger, l’ancien gouvernement UMP a-t-il voulu, ? sa mani?re, ne pas clore le d?bat?? Une continuit? dans laquelle semblent s’inscrire les t?nors socialistes du gouvernement.

Des camions sismiques en Ard?che

Sur le terrain, une multitude de compagnies p?troli?res continuent de s’activer, et de saisir les opportunit?s laiss?es ouvertes par la loi. D?but septembre, la soci?t? Mouvoil SA, d?tentrice du permis ? Bassin d’Al?s ?, couvrant une partie de l’Ard?che et du Gard, a ainsi adress? une demande aux pr?fectures pour faire circuler des camions sismiques.???Ce permis vise en particulier de forer ? 1 400 m de profondeur. Il pr?voit ?galement l’utilisation d’une technique de fracturation, ce qui para?t extr?mement risqu? dans cette zone dont le sous-sol karstique comporte de nombreuses failles dans lesquelles l’eau circule??, alerte le collectif ard?chois ??Stop aux gaz de schiste??. Pr?cisons que Mouvoil SA est une soci?t? bas?e en Suisse, dans le canton de Zoug, l’un des paradis fiscaux les plus pris?s. Elle a ?t? fond?e en juin 2008 par d’anciens cadres dirigeants (g?ologues et financiers) de Total et d’Elf, dont un certain Jack Sigolet, bien connu de ceux qui se sont int?ress?s de pr?s ? l’affaire Elf.

??Jack Sigolet, sp?cialiste des ??pr?financements p?troliers?? (avance de fonds aux Etats producteurs de p?trole, contre gage de barils de brut), ?tait aussi dans les ann?es 1990 pr?sident de la FIBA-Banque fran?aise intercontinentale, l’une des banques d’Elf-Aquitaine, g?r?e avec le clan du dictateur gabonais Omar Bongo. Devenu consultant, il a conseill? des responsables du p?trole angolais – via notamment sa soci?t? Crossoil Trading -, ce qui lui a valu d?s 2008 l’attention du juge d’instruction genevois Yves Aeschlimann dans les nombreux d?veloppements de l’affaire dite ??Angolagate??, rappelle le journaliste suisseGilles Labarthe. Dans ces conditions, autoriser d’obscures compagnies p?troli?res, bien abrit?es dans des paradis fiscaux, ? prospecter est-il vraiment raisonnable??

Offensive m?diatique en faveur des gaz de schiste

Qu’importe?!???Profitons de la richesse du sol fran?ais en gaz de schiste?!??, lance Claude Perdriel, dans une tribune publi?e par?Challenges?du 12 juillet, magazine dont il est le propri?taire [4]. Partant du principe que leur extraction profitera ? tout le monde – plus d’emplois, gaz moins cher, ind?pendance ?nerg?tique… Bref, rien ? voir avec l’extraction p?troli?re, c’est promis… -, Claude Perdriel invite ????y r?fl?chir rapidement avant de prendre une d?cision qui engage notre libert?. Rien que ?a.

??N’enterrons pas le d?bat sur les gaz de schiste??, rench?rit un ?ditorial non sign? duMonde, le 26 juillet.???Faut-il vraiment, a priori, renoncer ? cette ressource?? (…) Comment savoir, inventer, progresser si l’exploration m?me est interdite?? Les arguments des scientifiques sont s?rieux, ceux des p?troliers aussi??, interroge le quotidien, qui au passage place sur le m?me plan argument scientifique et argument de businessman. L’?dito s’accompagne d’un reportage favorable ? l’extraction des gaz de schiste [5]. Un reportage qui fait suite ? un voyage de presse au Texas, ? Fort Worth, la ville aux 2 000 puits. Un voyage organis? par… Total, les 17 et 18 juillet. Trois journalistes, du?Monde, du?Point?et deL’Usine Nouvelle, plus un photographe am?ricain, sont partis, aux frais de la compagnie, visiter les installations de son partenaire am?ricain Chesapeake. Une visite s?lective?: ni les bassins de d?cantation, ni le ballet des camions ne sont d?crits. Quant ? aller ? la rencontre des populations qui d?noncent les cons?quences environnementales de l’extraction des gaz de schiste…

D?but juillet, c’est l’in?vitable Claude All?gre qui lan?ait dans?Le Point?son cri du c?ur?:??Monsieur Hollande, n’ayez pas peur des gaz de schiste?!???Selon le g?ochimiste,???la solution, la seule, l’unique???pour retrouver de la croissance???c’est l’innovation technologique, avec comme condition premi?re l’?nergie ? bon march?. (…)???L’attitude responsable, c’est donc ? la fois d’exploiter une richesse utile et de prot?ger l’environnement??, juge-t-il. Depuis la fin de l’?t?, et ? l’approche de la conf?rence environnementale, ??experts?? et repr?sentants de l’industrie p?troli?re se succ?dent sur les ondes et les plateaux pour promouvoir cette ??attitude responsable??.

Vers une guerre de l’information

Cette offensive m?diatique fait ?trangement ?cho aux pr?occupations de l’industrie p?troli?re et gazi?re.???Fermer la porte pour toujours ? l’exploitation de cette ressource serait une erreur majeure??, regrettait G?rard Mestrallet, PDG de GDF-Suez, en avril 2011 [6]. En janvier 2012, le PDG de Total, Christophe de Margerie annonce que le d?bat???va n?cessairement ?voluer??. Au m?me moment, un colloque est organis? ? Paris sous le ? haut patronage ? de Fran?ois Fillon et d’?ric Besson, alors respectivement Premier ministre et ministre de l’Industrie, de l’?nergie et de l’?conomie. Parmi les table rondes?:???L’interdiction fran?aise, comment en sortir????, o? seuls un intervenant de la Direction g?n?rale de l’?nergie et du climat (minist?re de l’?cologie) et des repr?sentants des multinationales p?troli?res et gazi?res prendront la parole.

Sans oublier l’affaire du rapport de l’Association de l’?cole de guerre ?conomique (AEGE). En juillet 2011, ce ? r?seau d’experts en intelligence ?conomique ? publie un rapport intitul???L’int?r?t du gaz de schiste pour la France??. Le texte est initialement pr?sent? comme un ? rapport de mission [confidentiel destin? ? Total] pour une action de contre-information afin de faire basculer l’opinion fran?aise au sujet des gaz de schiste et de leur exploitation ?. Contre-information, le mot est l?ch?. Le rapport propose des???argumentations et ?l?ments de langage???et identifie quatre???cibles strat?giques???: les politiques, les m?dias, les scientifiques, les populations. Il s’agit par exemple de???faire la p?dagogie de la r?alit? de l’exploitation des gaz de schiste aupr?s des populations qui n’en ont eu, jusqu’? pr?sent, qu’une pr?sentation partiale??.

Chantage ? l’emploi

Le rapport est rendu public un an plus tard par le site d’information ind?pendant?whistle.is. L’AEGE d?ment et assure que le rapport a ?t? r?alis????par des ?tudiants de l’?cole de guerre ?conomique, dans le cadre d’un exercice universitaire???et que le document??n’engage en rien Total, qui n’en a jamais eu connaissance???(Lire aussi l’article qu’y a consacr??Arr?t sur images). De son c?t?, le site whistle.is maintient sa version, d?taillant les ??exercices??, sur les OGM notamment, r?alis?s au sein de l’?cole de guerre ?conomique, ??une fabrique d’influence au service des grandes entreprises?? r?put?e ??dans le domaine de la guerre de l’information??.

Quels que soient les commanditaires de cette ?tude, ses pr?conisations constituent aujourd’hui les grandes lignes du dispositif de communication des lobbies p?troliers et gaziers?: ne pas fermer la porte aux gaz et p?trole de schiste?; rouvrir un d?bat ?tay? par des faits pr?sent?s comme ??scientifiques???; insister sur les bienfaits de l’extraction tant en termes d’emplois, de croissance et d’ind?pendance ?nerg?tique, voire de r?duction d’?missions de CO2. Autant d’arguments relay?s par plusieurs m?dias ??mainstream??. Et partag?s par une partie de la haute administration.

Adieu la transition ?nerg?tique??

Le rapport remis en f?vrier 2012 par des ing?nieurs du corps des Mines et du corps des Ponts, des eaux et des for?ts aux anciens ministres de l’?nergie Eric Besson et de l’?cologie Nathalie Kosciusko-Morizet ne pr?conise pas autre chose?:???Il serait dommageable, pour l’?conomie nationale et pour l’emploi, que notre pays aille jusqu’? s’interdire, sans pour autant pr?juger des suites qu’il entend y donner, de disposer d’une ?valuation approfondie de la richesse potentielle???[7]. Si le rapport demeure prudent sur la fracturation hydraulique et appelle ? davantage de concertation locale avant de d?livrer un permis, il pr?conise des exp?rimentations techniques?:???Ces ?tudes et exp?rimentations contribueront ? l’?mergence et ? la formation d’op?rateurs et de sous-traitants nationaux susceptibles de se positionner sur le march? mondial.???De quoi s?duire un ministre du Redressement productif en mal d’imagination, ? l’heure o? les plans sociaux se multiplient.

Rouvrir le d?bat sur les gaz de schiste?: l’objectif est en passe d’?tre atteint. Quelle sera la prochaine ?tape vis?e par l’industrie p?troli?re et gazi?re?? Le gouvernement socialiste enterrera-t-il toute ambition en mati?re de transition ?nerg?tique pour relancer la d?pendance aux hydrocarbures?? Prendra-t-il le risque de susciter de nouvelles mobilisations?? Et de se couper de ses alli?s ?cologistes?? La conf?rence environnementale et la r?forme ? venir du code minier devraient nous livrer des ?l?ments de r?ponse.

Ivan du Roy

Notes
[1] Sur?son blog.

[2] Lire?l’article de Lib?ration.

[3] Voir?le d?cret.

[4] Claude Perdriel est propri?taire du groupe Nouvel Observateur, qui inclut l’hebdomadaire du m?me nom, les magazines?Challenges?et?Sciences et Avenir?et a rachet? d?but 2012 le site Rue 89.

[5]?A lire?dans les archives payantes du quotidien.

[6] Dans?Le Figaro.

[7] ??Les hydrocarbures de roche-m?re en France??, r?alis? par deux administrations fran?aises, le Conseil g?n?ral de l’?conomie l’industrie, de l’?nergie et des technologies (CGEIET) et par le Conseil g?n?ral de l’environnement et du d?veloppement durable (CGEDD).

 

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16 Commentaire

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    Avant de parler d’économie, l’envie de gaz de schiste est politique.
    Le but est de contrer la Russie. Tout part des Usa qui pensent ravir presque la moitié du marché du gaz en Europe.

    L’UE en bon caniche est partante. En jouant la danseuse à la recherche d’alternatives au gaz russe, obligatoirement on devait arriver à l’inneffable gaz de schiste.

    1/ se refaire une santé économique

    2/ affaiblir la Russie. l’objectif inavoué et perpétuel. C’est même à en rire car la Russie se tourne vers l’Asie très demandeuse.

    3/ La France,le meilleur toutou des Usa surtout avec une Gauche russophobe qui joue l’hypocrisie actuellement mais elle y viendra au gaz de schiste tout en devant supporter les réfractaires assez nombreux en France.

    4/ L’Allemagne se démarquera puisqu’elle a beaucoup investi dans les pipelines européens et que de toute manière,elle joue la carte russe pour aller en Asie..certains la voient même quitter le bateau UE.

    5/ Comme la France détient le record européen de crétins politiques..la Gauche en regorge alors les écolos bobos aboieront en roquets pendant un certain temps mais qui sait! Si cela pouvait mettre à bas cette gauche ringarde.. Pourquoi pas!

    Alors vive le gaz de schiste… les gaulois vont trouver par ce biais un moyen de se défouler!

    http://vilistiaarctique.eklablog.com/l-europe-a-la-recherche-d-alternatives-au-gaz-russe-a11732571#

    Les risques écologiques sont connus et peuvent être irréversibles et surtout pour exploiter le schiste..il faut de l’eau, de l’eau et toujours de l’eau.

    Le site le plus réfractaire en France est ici :
    http://nofrackingfrance.fr/blog

    A suivre… La Libye, la Syrie , le gaz de schiste, la monnaie de singe en QE, un troupeau de moutons…La France avance !

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    Énergie américaine
    Publié par Hervé Juvin le 5 septembre 2012
    Énergie américaine

    Des propriétaires de champs d’exploration, des investisseurs en mines ou en énergie, le disaient depuis un moment. Il n’est plus permis d’en douter ; les États-Unis font le choix de l’indépendance énergétique. Mitt Romney l’affirme comme un enjeu de sa présidence ;

    il lèvera l’essentiel des contraintes qui freinent la recherche et l’exploration des ressources de gaz et de pétrole, qu’ils soient conventionnels ou non conventionnels, de manière à ce que les États-Unis deviennent exportateurs nets de gaz et de pétrole en 2020.

    Un article du Wall Street Journal, le 15 août 2012, signé de l’ancien sous-secrétaire à l’énergie de George W Bush, aujourd’hui professeur au MIT, John Deutch, confirme l’analyse diffusée sur Realpolitik en juin dernier ;

    « les massives ressources de l’Amérique du Nord vont faire glisser le pouvoir de marché des mains de l’OPEC et de la Russie vers les pays consommateurs ».

    Et démocrates comme républicains de l’annoncer à l’unisson : l’image d’États-Unis dépendants du reste du monde pour faire rouler leurs voitures et marcher leurs climatiseurs est une image du passé.

    Les chiffres confirment qu’il se passe bien quelque chose dans ce domaine. Les prix du gaz ont été divisés par plus de deux en trois ans et le prix du m3 est descendu à 2,50 $ (contre 10 $ en Europe, 15 $ en Asie !).

    Les États-Unis importent d’ores et déjà moins de 50% de leur énergie (moins de 10% du Moyen-Orient), et la moitié de leur consommation de gaz devrait être couverte par le fameux « gaz de schiste » vers 2020.

    L’enjeu stratégique est manifeste, l’enjeu politique tout autant. Et, dans ce domaine, les intentions comptent sans doute autant que la réalité, car celle-ci pourrait bien s’avérer plus complexe.

    D’abord parce que le terme « indépendance » est trompeur. Nul n’est indépendant à l’égard des cours du marché mondial, notamment parce que, comme la Revue « National Interest » l’analysait l’été dernier, le marché du pétrole et du gaz est comme une piscine que les producteurs remplissent d’un côté, pendant que les consommateurs la vident de l’autre ;

    même les pays qui produisent de l’énergie en abondance ne sont pas indemnes des variations du prix du pétrole – y compris parce qu’une baisse forte du pétrole et du gaz non conventionnels met hors jeu la plupart des nouvelles sources.

    Ensuite, parce que les coûts du pétrole et du gaz non conventionnels sont autres que financiers. Après une période de sécheresse exceptionnelle, la concurrence pour l’eau qui a opposé dans plusieurs États américains agriculteurs et exploitants de gaz de schiste, et aboutit parfois à l’abandon de cultures au profit de la fracturation hydraulique (cultures dont il faut rappeler qu’elles sont de plus en plus détournées de l’alimentation humaine pour servir à la production de carburants) a provoqué un débat ; la régulation par les prix est-elle toujours la meilleure, ou la seule ?

    Certains États semblaient tentés de répondre en sanctuarisant les droits des agriculteurs ! Enfin, et peut-être surtout, parce que les affirmations rassurantes sur l’impact environnemental des nouveaux forages sont simplement fausses. À suivre Mitt Romney, ce sont des centaines de milliers de forages qui seront effectués dans tout le pays, de New York à l’Alaska et à l’Arctique.

    Les impacts sur la qualité de l’eau et de l’air sont d’autant plus redoutés que les sociétés exploitantes sont pour le moins peu coopératives à l’égard des agences de protection de l’environnement, et que les mesures chiffrées, bases d’une régulation efficiente, sont inexistantes, ou manipulées.

    La radicalisation de certains mouvements de défense de l’environnement, très commentée par ceux qui veulent inventer un « terrorisme vert », n’est qu’une conséquence de l’agression des industries minières et de forage actuellement en cours.

    L’ensemble conduit à une seule conclusion : quelles que soient les ressources réellement exploitables, quelque chose change dans les orientations de la politique internationale des États-Unis.

    La volonté d’indépendance énergétique peut être une autre manière d’oublier le Proche et Moyen-Orient, ou bien de recourir à un protectionnisme sans complexe face aux dérives de la mondialisation.

    La vocation exportatrice de gaz célébrée sur tous les tons rappelle que les États-Unis entendent bien être présents sur tous les champs de la puissance.

    Et le message est simple : ceux qui annonçaient le déclin des États-Unis doivent attendre un peu, la puissance se réoriente, mais elle demeure !

    Hervé Juvin

  3. avatar

    les États-Unis étaient de très grands importateurs de pétrole ; de très grands importateurs de gaz ; de très grands dépendants aux sources d’énergies fossiles partout dans le monde.

    Les États-Unis, dans les années à venir, se sont mis dans la situation d’être exportateurs de pétrole ; exportateurs de gaz naturel ; ils pourraient même devenir parmi les plus grands exportateurs mondiaux.

    http://www.dailymotion.com/video/xrwc7q_etats-unis-vers-un-renversement-economique-inattendu_news

  4. avatar

    (©AFP / 11 septembre 2012 21h25)

    Lot-et-Garonne: Un élu convaincu de l’impact du gaz de schiste

    AGEN – L’extraction de gaz de schiste à grande échelle à un impact réel sur la santé et l’environnement, on en est convaincu, a estimé le vice-président du Conseil général du Lot-et-Garonne, membre d’une mission d’information lancée par le département dont le rapport sera présenté devant le Sénat.

    De retour d’un voyage au Québec et aux Etats-Unis, Raymond Girardi, conseiller général du Front de gauche et membre de la majorité PS du département est membre de cette commission crée en mars par le Conseil général à la suite des demandes de permis d’exploration reçues par la préfecture de Midi-Pyrénées.

    M. Girardi a dit à l’AFP avoir pu constater sur place que l’extraction de gaz de schiste à grande échelle a un impact réel sur la santé publique et l’environnement.

    Ca laisse des séquelles qui resteront des dizaines d’années, on en est convaincu aujourd’hui, a-t-il dit.

    Selon lui, les conséquences sur l’environnement sont très importantes car on fait exploser la roche à 2 et 3.000 mètres de profondeur et les forages traversent les nappes phréatiques. Résultat, on retrouve du méthane dans l’eau et différents produits chimiques.

    M. Girardi dit avoir rencontré des médecins spécialistes des maladies pulmonaires lui ayant signalé une recrudescence des problèmes liés à la respiration, des problèmes de thyroïde et sur certaines glandes comme les glandes sexuelles à cause des produits très volatiles utilisés pour la fracturation hydraulique.

    Il tire néanmoins des effets positifs: les retombées économiques sur l’emploi et les finances locales, et ça permet de faire face aux problèmes de pénurie énergétique.

    Selon lui, la question est de savoir si le jeu en vaut la chandelle mais il ne veut pas tirer de conclusion avant la publication de notre rapport dans un mois environ.

    Mais j’ai une très grande inquiétude si une telle exploitation venait à débarquer dans le sud ouest, a-t-il cependant souligné.

    Raymond Girardi participera les 14 et 15 septembre à la Conférence nationale environnementale qui associera à la réflexion et aux décisions, aux côtés de l’Etat, les organisations non gouvernementales, les syndicats de salariés et d’employeurs ainsi que les représentants des élus locaux.

  5. avatar

    La sécheresse aux Etats-Unis gêne l’exploitation du gaz de schiste

    Au Kansas, aux Etats-Unis, les compagnies pétrolières recherchent désespérément de l’eau pour la fracturation. La sécheresse réduit les ressources.

    CNN Money – 15 août 2012

    NEW YORK (CNNMoney) – D’énormes quantités d’eau sont nécessaires pour extraire l’huile, en effet les entreprises utilisent la fracturation hydraulique, « fracking », ce qui nécessite des millions de gallons d’eau , injecté à haute pression pour fissurer la roche de schiste et amener l’huile à la surface.

    Mais actuellement l’Etat prend des mesures de restriction d’eau, ce sont seulement 1,19 pouces de pluie qui sont tombés le mois dernier. Ces pénuries d’eau sans précédent rendent difficile le travail des des foreurs , ils peinent à obtenir l’eau dont ils ont besoin.

  6. avatar

    Le site Pro-schiste finacé par l’UE..par nous!

    Les politiciens crétins de l’UE nous proposent avec nos impôts de creuser notre tombe :

    http://www.gaznonconventionnelseurope.org/?gclid=COfokqnGn7ICFUELfAoddyAAAA

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    C’est pas un pussy riot de Grenoble mais celui-ci, il casse les noix aux financiers…un Flamby..

    http://www.youtube.com/watch?feature=player_detailpage&v=iv-ZjFrU-Gs

  8. avatar

    FRANCE – En février, Nathalie Kosciusko-Morizet met en place une mission sur les enjeux, dont le rapport définitif est attendu pour la fin du mois de mai 2011

    http://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&v=i7r_G-39vEQ

  9. avatar

    FRANCE

    François Fillon prolonge le moratoire sur le gaz de schiste et demande à l’administration de veiller à ce qu’aucun forage ne puisse être réalisé avant la fin juin.

    http://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&v=kCJIcnQ-dzE

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    Laisser le gaz et le pétrole dans le sol, c’est maintenant !

    Par Maxime Combes (14 septembre 2012)

    « Je veux des progrès écologiques irréversibles », ambitionne la ministre de l’Écologie Delphine Batho, qui souhaite que la France soit « en pointe de la lutte contre le changement climatique ».

    Très bien. Mais cela signifie faire certains choix, en particulier laisser les hydrocarbures là où ils sont. Qu’en dira la conférence environnementale ?

    Souhaiter que la France soit « en pointe de la lutte contre le changement climatique ».

    Voici une déclaration de Delphine Batho, ministre de l’Environnement, qui devrait être prise au pied de la lettre [1].
    A condition de s’entendre sur les mots. « Être en pointe » pourrait signifier vouloir être le moins pire des États de la planète en matière de lutte contre le changement climatique. Pas très difficile.
    La ministre réduirait ainsi son ambition à celle d’être la moins mauvaise des cancres du climat qui, de négociations en négociations, conduisent la planète dans le chaos climatique.

    Etre « en pointe de la lutte contre le changement climatique », c’est pourtant tout autre chose. Il s’agirait notamment de satisfaire aux principales exigences établies par les scientifiques pour avoir une chance raisonnable de ne pas basculer dans une situation de réchauffement et d’instabilité climatique qui ne seraient pas maîtrisables.
    L’une de ces conditions est de ne pas dépasser les 2°C de réchauffement climatique global d’ici la fin du siècle.

    Laisser 80% des hydrocarbures dans le sol

    Sur la base d’une étude du Postdam Institute for Climate Impact Research, il ne faudrait pas émettre plus de 565 gigatonnes de CO2 ou équivalents CO2 d’ici à 2050 pour avoir de sérieuses chances de ne pas dépasser la barre fatidique des 2°C.

    La combustion de toutes les réserves prouvées de pétrole, charbon et gaz de la planète engendrerait 2795 gigatonnes de CO2, soit cinq fois plus !

    Si l’on veut respecter les préconisations des scientifiques, ce sont donc 80% de ces réserves qui ne doivent pas être extraites et consommées. Bien entendu, les résultats peuvent être discutés et précisés. Mais les ordres de grandeur sont là.

    Ne pas consommer 80 % des réserves prouvées d’énergies fossiles d’ici 2050, voilà donc une belle ligne directrice pour la transition énergétique.
    Il en sera question lors de la conférence environnementale. Les implications sont nombreuses.

    Cela implique logiquement ne pas chercher à constituer de nouvelles réserves. A quoi bon, alors, forer toujours plus loin et toujours plus profond, avec plus de risques environnementaux ? A rien. Sauf à gaspiller des ressources financières, techniques et humaines qu’il serait bon d’employer ailleurs.

    Delphine Batho semble avoir perçu l’argument et a récemment admis que « la transition énergétique, ce n’est pas d’aller chercher de nouveaux hydrocarbures ».

    Après les paroles, les actes fermes et définitifs sont attendus : gaz et pétrole de schiste doivent rester dans le sol. Le pétrole de Guyane également.

    Un moratoire international sur les énergies fossiles

    Autre implication : tous ceux, ministres compris, qui veulent extraire du pétrole ou des gaz de schiste – et plus largement toute nouvelle source d’énergie fossile – devraient d’abord expliquer publiquement comment ils comptent satisfaire à ces exigences climatiques.

    Il y a ceux qui vont nier le réchauffement climatique et ainsi se décrédibiliser totalement. D’autres pourraient tabler sur la séquestration du carbone ou la géo-ingénierie, autant de projets aujourd’hui portés par des apprentis sorciers.
    Il y a enfin ceux qui vont tenter de noyer le poisson en essayant de rassurer les chaumières sans apporter la moindre réponse. Les débusquer sera facile :

    – sont-ils oui ou non d’accord pour un moratoire international sur toute nouvelle exploration de ressources énergétiques fossiles ?

    Les implications d’une telle ligne directrice vont plus loin. Les valorisations et notations boursières des industries pétrolières et gazières sont notamment basées sur les réserves prouvées d’énergies fossiles qu’elles peuvent inclure dans leurs bilans.

    On comprend alors leur avidité à aller prospecter toujours plus loin et plus profond. Laisser 80 % de leurs réserves dans le sol reviendrait à diminuer leur valorisation boursière d’autant et dégonfler une bulle financière créée autour d’énergies fossiles que nous n’aurons plus le droit d’exploiter.

    Démanteler les multinationales de l’énergie

    Laisser du pétrole dans le sol revient à considérer que nous ne sommes pas confrontés à une pénurie de pétrole, mais à un trop-plein. Un trop-plein que ni les multinationales ni les marchés de l’énergie, s’apprêtant à forer jusqu’à la dernière goutte, ne sont en mesure de respecter.

    Laisser 80 % des réserves d’énergies fossiles prouvées revient donc à démanteler les multinationales de l’énergie pour que les populations et les pouvoirs publics en prennent le contrôle.

    En effet, alors que la possibilité ou non d’assurer une certaine stabilité climatique, bien commun de l’humanité, est en jeu, la recherche et l’extraction de ressources énergétiques fossiles peuvent-elles être laissées à la seule appréciation du secteur privé ? Certainement pas.

    Pour devenir un pays « en pointe de la lutte contre le changement climatique », de nombreuses autres exigences seraient à respecter. En faisant une telle déclaration, Delphine Batho semble audacieuse.
    Reste à concrétiser ces paroles, dès la conférence environnementale. Laisser le gaz et le pétrole dans le sol, c’est maintenant !

    Maxime Combes, membre d’Attac France et de l’Aitec, engagé dans le projet Echo des Alternatives

    Photo : CC US Coast Guard
    Notes

    [1] Lors d’un entretien accordé au mensuel Terra Eco.
    Bastamag

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    ALERTE AFP

    Gaz de schiste: Hollande annonce le rejet de sept demandes de permis

    PARIS – Sept demandes de permis d’exploration d’hydrocarbures vont être rejetées sans attendre du fait des inquiétudes locales sur le gaz de schiste, a annoncé François Hollande vendredi lors de son discours d’ouverture de la conférence environnementale.

    J’ai demandé à Delphine Batho, ministre de l’Ecologie, du Développement durable et de l’Energie, de prononcer sans attendre le rejet de sept demandes de permis déposés auprès de l’Etat et qui ont légitimement suscité l’inquiétude dans plusieurs régions, a déclaré le président de la République, sans préciser quelles demandes étaient visées.

    S’agissant de l’exploration et de l’exploitation des hydrocarbures non conventionnels, telle sera ma ligne de conduite tout au long de mon quinquennat, a-t-il affirmé.

    Le précédent gouvernement avait déjà annulé l’an dernier trois permis déjà accordés –à Total notamment– qui visaient le gaz de schiste, mais d’autres demandes de permis –qui ne visent en principe plus explicitement les hydrocarbures de schiste– sont toujours en cours d’instruction par l’administration.

    Dans l’état actuel de nos connaissances, personne ne peut affirmer que l’exploitation des gaz et huiles de schiste par fracturation hydraulique, seule technique aujourd’hui connue, est exempte de risques lourds pour la santé et l’environnement, a souligné François Hollande.

    Le gaz de schiste soulève bien des questions, a noté le président, qui a dit entendre les arguments économiques et les considérations souvent exagérées sur les gisements.

    TOTAL

    (©AFP / 14 septembre 2012 11h57)

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    GAZ DE SCHISTE : WO 3 : IMPACTS ÉCONOMIQUES – AGRICULTURE – QUEBEC
    http://www.youtube.com/watch?feature=player_detailpage&v=Ksd7kixN8o4

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    Gaz de schiste – Québec – visite guidée installation – vidéo

    http://www.youtube.com/watch?feature=player_detailpage&v=5itRzf1QEkE