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Associated Press et le d?bat sur l’assurance maladie aux ?tats-Unis

Les jeunes adultes am?ricains sont point?s du doigt par les assureurs priv?s qui leur reprochent de se croire invincibles ! Qu’est-ce qui leur vaut une telle attaque ? Je vous le donne en mille : il sont plus de 13 millions de moins de 29 ans sans police d’assurance maladie. Le cas d’un de ces 13 millions d’« inconscients » vient de faire l’objet d’une d?p?che d’Associated Press (AP) penchant nettement dans le sens des int?r?ts des assureurs.

Thomas Mahoney avait refus? de faire venir une ambulance et plut?t choisi de se rendre ? l’h?pital avec l’aide de sa petite amie et de sa m?re. Il est ?pileptique et n’a tout simplement pas les moyens de s’offrir une police d’assurance couvrant ses soins. Il faut dire que cela lui co?terait plus de 1,500$ par mois.

On peut s’interroger, comme le fait la Columbia Journalism Review, sur la fa?on dont AP a trait? la nouvelle. Apr?s avoir rapport? le fait que le jeune ?pileptique fait parti des 13 millions de jeunes adultes qui ne s’assurent pas, AP donne beaucoup de place ? la position du secteur des assurances priv?es concernant le ph?nom?ne.

C’?tait pourtant une belle occasion d’approfondir les causes du ph?nom?ne. Mahoney a beau avoir ? peine vingt ans, il ne peut plus ?tre couvert par l’assurance de son p?re parce qu’il n’est plus un ?tudiant ? temps plein. Or, les primes d’assurance offertes par le priv? – il n’y a pas d’assurance maladie publique aux ?tats-Unis pour la grande majorit? des adultes – sont de plus en plus ?lev?es. Le co?t moyen d’une assurance familiale ?tait ainsi de plus de 12,100$ en 2007.

Plus de 43% des Am?ricains de moins de 65% d?boursent 2,000$ et plus par ann?e de leur poche pour les soins de sant? (National Coalition on Health Care. Facts on the Cost of Health Car). M?me ceux qui ont la chance de b?n?ficier d’une couverture offerte par leur employeur n’en doivent pas moins payer en sus divers frais non couverts.

De plus en plus de jeunes salari?s ne peuvent pas profiter d’une assurance offerte par l’employeur, bon nombre d’employeurs refusant d?sormais d’assumer des primes qui ne cessent de cro?tre ann?e apr?s ann?e.

On peut comprendre dans ces conditions que les jeunes adultes soient si nombreux ? ne pas contracter une assurance pour d’?ventuels soins de sant?.

Une solution envisag?e par plusieurs ?tats am?ricains est d’inclure les jeunes adultes dans les couvertures familiales (jusqu’? 25 ou 29 ans selon les ?tats). Interrog? par AP sur cette solution, un porte parole de l’industrie des assurances avertit que les co?ts de tous pourraient subir une augmentation non n?gligeable. AP n’a pas cherch? ? v?rifier aupr?s d’une source non li?e au secteur des assurances quel pourrait ?tre la hauteur des augmentations.

Un « observateur neutre » a bel et bien ?t? approch? par AP. Celui-ci d?fend une position identique ? celle des assureurs. Or, il s’av?re qu’il est ? l’emploi d’une association dont les membres sont les assureurs priv?s. AP ne mentionne pas ce fait.

L’article d’AP va jusqu’? reprendre dans son titre le terme slacker (States are redefining family health plans ; a ’slacker’ mandate ?) (Traduction libre de slacker : « insouciant »), utilis? d?lib?r?ment par les assureurs et que m?me Hilary Clinton a introduit dans un r?cent discours, dans le but ?vident de faire porter le bl?me non pas sur les co?ts ?lev?s des assurances, mais plut?t sur l’attitude de jeunes adultes se croyant immortels.

Pour pasticher Shakespear, il y a quelque chose de pourri dans le royaume d’Associated Press.

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