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Agir pour la fin de la déforestation importée !

Depuis des années, la déforestation générée par la production de biens que nous importons contribue à la déforestation générale du monde, notamment l’huile de palme, le cacao ou encore le soja importé d’Amérique du Sud pour nourrir les animaux des élevages français.

La déforestation importée et la dépendance de la France à ces biens produits dans des conditions désastreuses posent ainsi de véritables problèmes environnementaux, sociaux, économiques et sanitaires… 

La lutte contre la déforestation importée est aujourd’hui un enjeu crucial puisque les forêts comptent parmi les remparts les plus précieux contre les changements climatiques et sont de véritables trésors de biodiversité, abritant 75 % des espèces animales et végétales.

Les forêts rendent gratuitement à l’humanité des services inestimables en contribuant à séquestrer le carbone, à filtrer l’eau et à offrir une protection contre les inondations. De plus, elles constituent un lieu d’habitation pour de nombreuses communautés humaines et, selon l’Organisation des Nations unies, plus d’1,6 milliard de personnes en dépendent pour leur subsistance quotidienne et leur survie à long terme.

Les forêts sont aussi d’importantes barrières contre l’apparition d’épidémies. Si la pandémie de covid-19 ne semble pas liée à la déforestation, la destruction d’écosystèmes a contribué par le passé au développement de maladies infectieuses telles que la malaria ou Ebola.

Le soja, symbole de la déforestation importée

Selon la FAO, la superficie forestière mondiale a été réduite de 129 millions d’hectares, soit deux fois la superficie de la France ou près de huit fois la superficie de la forêt française métropolitaine, sur la période 1990-2015 :

– Une étude de 2013 de la Commission européenne sur l’impact de la consommation européenne sur la déforestation montre que les pays européens sont responsables de plus du tiers de la déforestation liée au commerce international de produits agricoles.

– La consommation de l’Union européenne (UE) représenterait près de 10 % de la déforestation mondiale selon la Commission européenne et la part cumulée de l’UE dans la déforestation importée sur la période 1990-2008 s’élèverait à 36 % du total de la déforestation liée au commerce mondial. Cet impact est particulièrement fort dans les régions tropicales humides où sont cultivées la plupart des denrées susceptibles d’être exportées vers l’UE.

Le soja figure parmi les symboles de cette déforestation importée. La France importe plusieurs millions de tonnes de soja chaque année pour nourrir ses animaux d’élevage. Ces importations, qui ont explosé au cours des dernières décennies en raison de l’industrialisation de l’élevage, proviennent majoritairement d’Amérique du Sud et plus particulièrement de l’Amazonie brésilienne. En effet, le Cerrado et le Gran Chaco, deux écosystèmes forestiers méconnus mais cruciaux, sont détruits pour laisser place à de vastes monocultures de soja génétiquement modifié aspergées de glyphosate, ainsi qu’à des pâturages.

Ces importations sont donc au cœur du système agricole industriel et sont néfastes d’un point de vue environnemental, économique, social et sanitaire. Elles sapent notre souveraineté alimentaire et exposent les agriculteurs à la concurrence d’aliments produits avec des normes bien moins exigeantes que celles mises en place en Europe.

La langue de bois comme seule réponse politique

Emmanuel Macron communique beaucoup sur le sujet et n’a pas hésité à mettre la déforestation au cœur de sa communication lors du G7 organisé à Biarritz en 2019, reconnaissant à l’époque la complicité de la France dans la destruction de l’Amazonie. Il cite régulièrement la dépendance aux importations de soja comme étant l’un des risques majeurs pour l’agriculture européenne et ne cesse de clamer la nécessité de rétablir la souveraineté alimentaire française.

En novembre 2018, la France a été le premier pays européen à adopter une stratégie de stratégie Nationale de lutte contre la Déforestation Importée (SNDI) pour mettre fin en 2030 à l’importation de produits forestiers ou agricoles non durables contribuant à la déforestation. Elle cible les matières agricoles qui contribuent le plus à la déforestation importée telles que le soja, l’huile de palme, le bœuf et ses produits transformés, le cacao, l’hévéa, ainsi que le bois et ses produits dérivés. L’objectif de la SNDI est d’amener chaque acteur (producteurs, entreprises, investisseurs, consommateurs) à faire évoluer ses pratiques pour diminuer la déforestation.

Mais, près de trois ans après l’adoption de ce dispositif, le bilan est famélique. Aucune mesure concrète n’a encore été prise pour mettre réellement un terme à la déforestation importée. La SNDI est ainsi une coquille vide qui ne met en place aucun contrôle sur l’impact des importations françaises et qui repose sur les engagements volontaires des entreprises. Elle ne contraint aucunement les acteurs qui bénéficient de la déforestation importée à changer leurs pratiques.

Plutôt que de s’attaquer au fond du problème en proposant des mesures ambitieuses, le gouvernement préfère prôner de fausses solutions ou afficher son soutien aux industriels. Pendant ce temps, 60 à 70 cargos transportant du soja affluent chaque année dans les ports français : en 2020, la France a importé plus de deux millions de tonnes de soja brésilien, sans aucune garantie que celui-ci n’ait pas contribué à la déforestation. L’élevage français, quant à lui, poursuit son industrialisation.

La réalité de l’inaction du gouvernement contraste ainsi terriblement avec la volonté affichée dans les discours officiels d’Emmanuel Macron. L’hypocrisie du gouvernement sur ce sujet est de taille, et elle rend la France complice de la politique destructrice de Jair Bolsonaro et des autres gouvernements qui saccagent leurs écosystèmes pour doper leur économie.

Après plusieurs mobilisations au cours des deux dernières années (blocage d’un cargo de soja à Sète, action devant l’Elysée, mobilisations dans toute la France), la mobilisation citoyenne doit s’amplifier pour faire pression sur le gouvernement…

Signer la pétition pour la fin de la déforestation importée ICI

 

Albert Ricchi

A propos de Albert Ricchi

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Journaliste citoyen, mon blog est consacré à la politique, la démocratie, l'économie, l'environnement ainsi qu'à plusieurs réformes essentielles à entreprendre aujourd'hui afin de réconcilier les citoyens avec la République et la justice sociale.

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